La démocratie vaincue sur tous les fronts

Posté par calebirri le 12 décembre 2015

Nos politiques crachent sur nos morts comme les terroristes l’ont fait sur eux lorsqu’ils étaient vivants. Daesh a gagné sur toute la ligne : nous avons peur et ils nous divisent. Les partisans d’un régime autoritaire ont eux-aussi obtenu ce ce qu’ils désiraient : ils nous divisent et nous suppriment des libertés.

Ils doivent bien se marrer les chefs de Daesh, en apprenant ce que nous avons fait pour lutter contre eux depuis les attaques ; et puis quand on entend que les avions français n’ont plus de bombes ! quelle ironie sordide. Alors qu’il suffirait qu’on ne fabrique plus d’armes pour que les guerres s’arrêtent ! Et ils doivent bien se marrer aussi au gouvernement de menacer de « guerre civile », d’attaques « bactériologiques », de troubles à l’ordre public en même temps qu’ils nous promettent sécurité, rassemblement et confiance, démocratie et valeurs humanistes…

Nos gouvernants (qu’ils soient Français, Russes ou Syriens, Turcs ou Américains…) devraient bien remercier les terroristes pour tout ce qu’ils font pour eux. Tandis que nous, nous avons désormais deux ennemis à combattre : les terroristes obscurantistes ET les modernes dictateurs qui tous deux se foutent pas mal de notre sort -tant que nous ne nuisons pas à leurs petites affaires.

En attendant on s’aperçoit que les plus lucides quittent peu à peu le terrain, désespérés par le climat de plus en plus malsain qui règne ici, ou sont empêchés de s’exprimer lorsqu’ils ne sont pas du même avis que celui autorisé . Ceux qui ont compris que nous n’échapperons pas au chaos ne peuvent plus contiuer à vouloir empêcher l’effondrement d’un monde qui ne tient plus (malgré la peine qu’ils en ressentent). Et en même temps il est très difficile pour eux de se positionner politiquement puisqu’il n’y a pour ainsi dit plus d’alternative à gauche : elle est à reconstruire de zéro.

C’est peut-être cela d’ailleurs le seul côté positif des élections. Face à la victoire (logique) du FN et aux petits arrangements « utiles » qui vont suivre pour le deuxième tour des régionales, face au retour de l’arbitraire et à l’obscurantisme de nos deux ennemis, face à la crise qui n’en finit pas et aux bruits de bottes qui se font de plus en plus proches de l’Europe, face à l’échec annoncé de la COP21 et au cynisme des possédants, au traitement infligé aux réfugiés et aux miséreux, ceux des intellectuels et des citoyens encore démocrates vont être contraints de réagir, de se positionner, de se parler, de se rassembler, pour créer ensemble un nouveau mouvement de résistance à l’oppression, d’où qu’elle vienne. Certains diront qu’il est scandaleux de mettre sur le même plan la dictature de l’organisation Etat Islamique avec celle d’un gouvernement élu comme l’Etat Français mais ce n’est qu’aveuglement de leur part : ces deux entités menacent et la démocratie, et nos libertés fondamentales. Car quoiqu’on en dise et malgré la barbarie des terroristes, nos gouvernants profitent de ces actes affreux en utilisant les peurs de leurs citoyens pour se maintenir ou accéder au pouvoir. Par leurs comportements cyniques, leurs discours de haine et de peur, leurs bombardements incessants, leur ingérence, leur incompréhension des autres cultures, leurs intentions pétrolifères ou gazières, leurs egos, leur cupidité, ils profitent et en même temps favorisent l’émergence des radicalismes qui fleurissent partout en Europe et ailleurs… sans compter les morts innocentes qu’ils provoquent -en plus du ressentiment qu’ils suscitent.

Il faut cesser de regarder sans rien dire les mêmes hypocrites nous expliquer que le FN est un danger après avoir tout fait pour le faire monter… et puis qu’on cesse de nous dire de voter pour les partis de gouvernement au deuxième tour, pour que rien ne change. Si le FN représente un danger pour la démocratie, qu’il n’est pas jugé républicain, alors qu’attend-on pour l’interdire ? Je l’ai déjà dit, le FN est un épouvantail bien utile : regardez, ils sont tellement à court de programme que desormais leur seul programme consiste tout simplement à voter contre le FN ; et ceux qui n’iraient pas voter sont des traitres à la république ? Tu parles ! le programme du FN est celui appliqué par le PS comme LR . Ils se foutent de nous. Tactiquement, leurs seules chances de perpétuer l’alternance est de laisser le FN au premier tour des présidentielles… le Front Républicain, ou « l’union sacrée » (diront-ils sans doute à ce moment) qui lui répondra satisfera bien tout le monde puisque de toutes les manières ils pensent pareil !

Ce constat une fois posé, il faut prendre du recul et réfléchir à la suite.

D’abord cesser de participer à cette mascarade. Evidemment que je « préfère » un PS qu’un LR, et un LR qu’un FN. Je préfère aussi qu’on me coupe un petit doigt que la main, et qu’on me coupe la main plutôt que le bras. Merci du cadeau.

Ensuite, prendre du recul. Le chaos ne sera pas plus évité parce que je vote ou parce que je ne vote pas. Nous perdons notre énergie à expliquer sans cesse les mêmes choses et cela ne sert à rien. Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’après le chaos il restera des hommes, de ceux qui seront capables de continuer ce que nous, notre génération, auront commencé pour eux. Ils pourront alors, en plus d’être les victimes d’un monde devenu fou , les récipiendaires du travail que les « résistants » d’aujourd’hui auront produit pour eux. Comme ce fût le cas pour le CNR.

Il y a 5 ans l’Assemblée Constituante semblait un rêve utopique éloigné des préoccupations des citoyens car disait-on alors, nous ne souffrions pas assez pour vouloir nous prendre en main. Et bien nous y arrivons très vite, et il devient un devoir impérieux de se rendre compte que ce n’est pas en votant aux élections qui viennent que la situation pourra s’améliorer, mais en changeant nos institutions. Le jour où la Constitution permettra la compatbilisation du vote blanc comme un vote contestataire, ou que le Référendum d’Initive Citoyenne sera instauré, cela par une Constitution que nous aurons approuvée par référendum, nous aurons alors une véritable raison d’aller voter.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

PS : Il existe un forum en « standby » sur la mise en place d’une Assemblée Constituante, qui ne demande qu’à se remplir de contributeurs… il est plus que temps !

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Grèce : NON au Diktat, OUI à l’Europe (mais une autre !)

Posté par calebirri le 6 juillet 2015

Nous avons été nombreux à rêver cet instant : et plus nombreux encore à le craindre… Maintenant nous pouvons dire que nous entrons dans l’inconnu. Bien sûr il y a ceux qui voudront nous faire croire que le résultat du référendum signifie la sortie de la Grèce de l’Europe, mais ils mentent : le peuple grec n’a pas voté pour sortir de l’Euro mais bien pour refuser le diktat de la Troïka. Cela signifie que désormais une « autre Europe » est possible. Lorsque chaque pays de l’Europe mettra à sa tête un homme et une équipe de la trempe de celle de Syriza, alors les peuples pourront enfin exprimer leur véritable volonté : oui nous sommes européens, oui nous voulons l’Europe, mais non nous ne voulons pas celle que nos gouvernants actuels voudraient nous imposer.

J’ai attendu avant d’écrire ce billet, histoire de voir si mon précédent (voir « Non, la Grèce ne fera pas défaut« ) tenait le coup. Et il s’avère qu’en un sens il le tient. Car d’un point de vue strictement légal, il faut attendre encore un peu avant de déclarer que la Grèce est officiellement en défaut de paiement : pour le moment elle n’a seulement pas honoré une échéance, un point c’est tout.

Et avec ce qui vient de se passer aujourd’hui, il apparaît qu’il va devenir difficile pour les « Institutions » de ne pas permettre une négociation plus souple vis à vis d’une Grèce en position de force ; à moins que de prendre clairement le parti de la négation de tous les principes démocratiques. Et il leur sera aussi difficile de nous faire avaler que puisque la Grèce refuse les conditions imposées elle doit sortir. Je crois qu’il est bon de rappeler sans cesse que la sortie imposée de l’Europe n’est pas prévue dans les traités, et que par conséquent il est possible à la fois de dire non à l’austérité tout en restant dans l’Europe.

Ce référendum crée un précédent historique car un gouvernement résolument de gauche (enfin par rapport aux autres qui s’en revendiquent) s’empare enfin de la démocratie pour établir à la face du monde sa souveraineté. Bravo les Grecs, bravo Tsipras ! Et bravo Varoufakis…

Aujourd’hui nous apprenons que le premier ministre des finances grec (Varoufakis donc) annonce sa démission, non pas pour un désaccord avec « son camp » mais pour ne pas « nuire » aux nouvelles négociations qui vont s’ouvrir mardi. Ce sens du sacrifice est tout à son honneur et prouve à quel point un homme politique peut être à la fois un négociateur avisé et un citoyen raisonnable.

Enfin maintenant il va falloir que l’Europe négocie. On parle beaucoup du rôle de la BCE pour décider de la sortie ou non de l’Euro, mais ses décisions, même arbitraires, ne peuvent échapper à ce dilemme : tenter de pourrir la situation en assiégeant la Grèce pour la contraindre à la sortie (avec pertes et fracas pour les banques et autres créanciers), mais alors il faudra assumer ce geste. Ou alors négocier pour ne pas que la Grèce sorte ; et c’est se préparer à voir tous les autres pays européens en difficulté « menacer » d’un référendum à plus ou moins brève échéance.

Comme de toutes les manières l’Europe n’a pas vraiment d’autre choix que de continuer à faire « tourner la machine » (ce que la BCE confirme aujourd’hui), et à moins que de créer un autre « précédent historique » en « foutant dehors » la Grèce et tous ses citoyens (ou éventuellement de fomenter un coup d’état en Grèce), nous pouvons raisonnablement espérer qu’in fine un accord tout aussi raisonnable soit trouvé.

Je ne sais pas si cela se trouvera être une solution pérenne ni une « bonne » solution du point de vue des citoyens qui se verront ainsi les récipiendaires des pertes que les banques ne manqueront pas de faire lors de la petite « ristourne » sur la dette grecque, mais il est possible qu’en définitive la Troïka joue maintenant le jeu du « regardez à cause des Grecs la croissance qui redémarrait enfin s’arrête, et on va devoir vous demander quelques sacrifices supplémentaires »…

Quoi qu’il en soit, cela prouve encore une fois que quand la démocratie est respectée, alors le peuple sait très bien exprimer sa volonté.

Il faut désormais que les Grecs poussent leur avantage et que les autres peuples leur emboîtent le pas. Ce n’est pas d’une ristourne que les Grecs ont besoin, mais d’une annulation pure et simple de leurs dettes. Il faut que les banques prennent leurs pertes et que les autres peuples refusent de payer la facture pour les banques.

Et surtout il nous faut transformer l’Europe de fond en comble. Renvoyer tous ces petits dictateurs en herbe qui se croient nos maîtres alors qu’ils ne sont là que par la force de leurs trahisons (ou soumissions) successives.

Faire en sorte que comme en Espagne ou en Grèce de nouvelles forces politiques, plus démocratiques, fassent leur apparition. Faire en sorte que l’Europe redevienne unie et démocratique. Pour montrer qu’il est possible de faire autrement.

Les deux seules solutions qui restent encore aux capitalistes pour empêcher l’effondrement du château de cartes qu’ils ont mis en place est donc soit de faire payer les peuples européens pour renflouer les caisses en risquant d’augmenter encore dette et chômage, ou bien de se rendre à la raison et d’imposer aux banques d’assumer leurs erreurs, à savoir de prêter à des acteurs insolvables en espérant continuellement jouer sur le « too big too fail » pour se faire renflouer « gratos » sous ce prétexte.

Si le référendum grec n’est qu’une manche dans une guerre des peuples contre les banquiers, alors on peut dire que la Grèce a remporté cette manche. Empêchons maintenant la Grèce de sortir et soutenons le peuple grec pour qu’il soit notre point d’horizon à tous. Et que nos dirigeants comprennent enfin que ce n’est pas au peuple de payer pour les erreurs commises par les riches.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Il faut lutter contre le terrorisme d’Etat (islamique ou pas) !

Posté par calebirri le 20 avril 2015

Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Les terroristes nous maintiennent entre deux feux : d’un côté il y a le terrorisme de l’organisation « Etat Islamique », qui à force de conquêtes va bien finir par créer un véritable « Etat », et de l’autre il y a « la réponse » à cette organisation, avec une autre forme de « terrorisme d’Etat » : le contrôle, la surveillance, la censure. Et bien sûr des victimes, civiles toujours, qui d’un côté comme de l’autre subissent des pertes considérables en vies humaines, en droits, en perspectives d’avenir.

Aujourd’hui, quand un enfant nous demande si plus tard, « quand il sera grand », il pourra choisir son travail et ou bien comment sera son téléphone portable, s’il pourra voyager dans l’espace ou si il vivra jusqu’à 100 ans, il devient difficile de ne pas lui mentir… Que sera le monde dans 5 ans, 10 ans ou 50 ans, voilà qui nous inquiète tous plus ou moins sérieusement. Aurons-nous même les moyens de conserver intact le niveau de vie dont nous disposons actuellement, rien n’est moins sûr. Faudra-t-il choisir entre deux terrorismes ?

Alors qu’une dictature se met peu à peu en place « en Orient », une autre s’installe également « en Occident ». Comme tant de fois par le passé, deux empires se font face et se préparent à nous broyer entre leurs immenses forces brutales. Et quand l’Europe dénonce la fermeture intempestive de sites comme « youtube » en Turquie (qui n’est pas une démocratie), on se prépare en France (dans ce qui est censée en être une) la possibilité légale de le faire sans recourir à la justice. Et après on s’étonne que l’extrême-droite revienne en force en Europe ? Comment pourrait-il en être autrement, à partir du moment où ceux qui se disent démocrates sont capables de détruire sciemment ce qu’il en reste ? Regardez l’exemple fourni par ces bons démocrates : corruption, cynisme, tromperies… Je suis persuadé que la plupart de ceux qui se tournent vers les partis « révolutionnaires » d’extrême-droite aujourd’hui, comme ceux qui se laissent tenter par le discours « révolutionnaire » des djihadistes, sont de ceux qui croyaient le plus en la « démocratie » pour les sortir de la misère et qui, déçus et dégoutés par la manière dont ces « démocrates » la défendent, finissent par considérer qu’en définitive la démocratie ça ne vaut rien : « si c’est ça la démocratie, alors autant essayer « une bonne dictature » ! ».

En face, et pour « lutter » contre ceux qui veulent « empêcher la liberté d’expression », on installe la surveillance pour tous et la censure… Pour lutter contre la violence on en instaure une autre. Pour lutter contre un « isme » on en invente un autre. Les démocraties répondent aux démocraties, les dictatures aux dictatures. Et les terroristes à d’autres terroristes. Le cercle vicieux dans lequel nous nous trouvons provoque une surenchère de la violence, de la peur, de la haine, de l’incompréhension.

Le problème est qu’il semble trop tard pour revenir en arrière. Les pays se réarment, se combattent par pays interposés, et le jeu des grandes alliances a repris. Ceux qui attendent la guerre seront satisfaits, mais pour les autres comment faire ?

A vrai dire c’est là le point central de toute l’Histoire humaine : à chaque dictature qui s’installe n’apparaît pas une nouvelle démocratie pour s’y opposer mais bien une autre dictature d’une nature contraire qui empêche la démocratie d’advenir. La difficulté est donc de se défaire de la dictature présente pour établir une démocratie qui fera naître en réaction d’autres démocraties qui lui répondront. Ces mouvements historiques sont en germe dans des pays comme l’Islande ou le Venezuela, ou en Grèce, mais sont vivement combattus par ceux-là mêmes qui se disent garants de cette démocratie.

Quand on se penche (même de loin !) pour regarder ce qui distingue fondamentalement la dictature de la démocratie, c’est la puissance de la classe capitaliste et le partage des richesses inégalitaire que l’on retrouve à chaque fois…

Il y a pourtant bien une solution pour éviter la dictature sans passer par un massacre historique, et elle se décompose en plusieurs temps :

- dans un premier temps il faut que les associations, mouvements, partis, se rencontrent et se rassemblent autour du rejet des politiques actuelles
- ensuite, elles doivent constater ensemble que le problème est la concentration des richesses entre un très petit nombre de mains
- que cet état de fait est rendu possible par nos institutions qui autorisent « de facto » cette concentration.
- il faut donc changer ces institutions et les remplacer par d’autres : c’est le travail de l’Assemblée Constituante
- pour ce faire il faut dégager une méthode pour que cette Assemblée soit la plus démocratique et donc légitime possible ; d’ailleurs la démocratie devrait être une condition de cette légitimité.
- une fois cette méthode décrite et largement acceptée, il faudra aborder la deuxième partie de notre réflexion commune : la lutte contre le capitalisme : les travaux de Bernard Friot sont révolutionnaires et permettent d’envisager une sortie « sans douleur » du capitalisme en même temps que l’intégration des nouvelles technologies et la sauvegarde de la planète (une fois que l’activité des hommes n’est plus contrainte par la rentabilité tout est possible !)
- cette théorie du salaire à vie ne peut avoir une chance d’exister qu’après que la nouvelle Constitution sera votée. C’est pourquoi il faut profiter du temps de travail de l’Assemblée Constituante pour poser les bases de cette solution, indépendamment de la réflexion menée par les autres tendances économiques, sans préjuger des décisions prises une fois la démocratie retrouvée.
- enfin, il faudra penser à s’unir avec tous les pays qui se trouvent engagés dans un processus similaire pour montrer aux autres comment il est possible de sortir de la dictature « par le haut ».

Maintenant, je dois avouer qu’il ne va pas être facile d’en arriver là : il y a peu j’ai tenté une « approche » en écrivant à une quinzaine d’associations ou de mouvements militant pour la mise en place d’une Assemblée Constituante pour savoir s’ils seraient partants pour une « rencontre » sans engagement autour de la question de l’Assemblée Constituante, et seuls deux m’ont répondu.
Les différents forums sur l’Assemblée Constituante sont plus ou moins à l’abandon, et le mouvement « MR6″ semble noyé dans un torrent de soucis. Il serait d’ailleurs utile d’avoir un retour d’expérience sur le sujet, car il apparaît de nombreux problèmes de légitimité : si l’on en croit certains plus de la moitié des membres désignés de « l’arc de gauche » représenteraient 53% de la-dite Assemblée (voir http://www.politis.fr/L-assemblee-est-representative-de,30784.html.

quoiqu’il en soit, et même s’il est sans doute trop tard pour éviter la confrontation des forces historiques qui nous entraînent malgré nous vers le chaos, il faudra bien un jour commencer à se coltiner à ces questions… enfin toutefois si nous voulons un jour pouvoir sortir des dictatures qui se mettent en place

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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De l’Assemblée Constituante à la gratuité… en passant par le salaire à vie ?

Posté par calebirri le 9 avril 2014

Puisque le chaos viendra, un nouvel équilibre naîtra de ce chaos. Et il n’y a pas trente-six solutions, mais seulement trois : la première c’est « 1984″ de George Orwell, la deuxième « le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley (voir ici), la troisième se nomme… démocratie.

La première ne nécessite pas d’utilisation de la monnaie ; la deuxième s’en satisfait ; la troisième se doit de ne pas l’utiliser. C’est devenu pour moi une évidence : la démocratie ne peut être que gratuité.

Car s’il y a bien une chose que les événements actuels nous apprend, c’est que la démocratie est tout simplement incompatible avec le capitalisme -et cela quelle que soit la définition qu’on donne du capitalisme : à partir du moment où le capitalisme nécessite l’utilisation de la monnaie, celle-ci est condamnée à devenir le référent universel de tous les échanges, avec les conséquences que cela implique politiquement, socialement, etc,… ce qui me fait dire qu’un système réellement démocratique doit nécessairement savoir s’en passer. Et c’est ainsi qu’intervient le « gros mot » de la « gratuité ». Car si le capitalisme est bien le problème, la suppression pure et simple de la monnaie doit en être la solution.

En considérant que le capitalisme montre aujourd’hui clairement ses limites en tant que mode de gouvernement servant l’intérêt général, il faut bien soit accepter les injustices qui le caractérisent et tenter d’y trouver son profit, soit le remplacer par un autre que nous n’avons encore jamais tenté. Qu’on ne me parle ni de Thomas more ni des phalanstères du 19ème siècle -ces utopies sont totalement déconnectées du monde présent ; et encore moins du communisme russe ou chinois qui ne sont que des dictatures capitalistes (puisqu’elles utilisent la monnaie).

ET c’est bien là que commencent les ennuis : car à bien y réfléchir, aucun système prenant en compte les données « actuelles » du monde d’aujourd’hui n’a été théorisé à travers le concept « ultime » de gratuité (ni donc de réelle démocratie) en opposition à celui du capitalisme.

C’est que la tâche n’est pas aisée. Car même en admettant qu’une telle théorie existe (après tout, il n’est sans doute pas plus aisé de théoriser un capitalisme moral qu’une démocratie gratuite), il ne fait aucun doute qu’elle n’a dans le système actuel à peu près aucune chance d’être popularisée massivement : le monde entier vit et pense selon les règles imposées par le système dominant.

J’ai déjà à de nombreuses reprises évoqué mon désir de voir s’entamer une réflexion sérieuse et collective sur le « post-capitalisme », et le chaos qui vient aura certainement lieu avant que nous ayons eu le temps de nous y atteler ; mais cela ne doit pas nous empêcher de vouloir dès maintenant envisager le processus qui pourrait conduire une telle transition systémique (plutôt que de s’échiner à « calculer » le prix de la sortie de l’euro), processus qui peut tout-à-fait s’enclencher parallèlement à la mise en place de cette réflexion (j’ai un projet pour cela !)

Et cette transition, je crois l’avoir peut-être trouvée : c’est le « salaire à vie » défendu par Bernard Friot, qui est un concept quelque peu différent de celui du « revenu de base » ou « revenu universel » soutenus par d’autres (pour en savoir plus regarder la vidéo). Le salaire à vie se différencie du revenu de base non pas tant dans son fonctionnement que par la philosophie qui l’anime : il nécessite un changement de paradigme dont les problématiques sont assez proches de celles posées par la mise en place de la gratuité, à savoir qu’il renverse complètement la manière de concevoir la société. A travers la redéfinition de l’emploi et du travail, du salaire et du revenu, de la croissance ou de la propriété des entreprises, ainsi que les conséquences de cette redéfinition sur l’obsolescence programmée, la production, l’écologie,l’industrie du luxe, l’utilité, le désir, le besoin… Il faut voir que, comme le dit si bien monsieur Friot, ce n’est pas monsieur Mittal qui fait vivre 20 000 personnes, ce sont 20 000 personnes qui font vivre monsieur Mittal. Voilà qui résume bien la nécessité de la lutte contre le capitalisme.

Mais l’instauration d’un « salaire à vie » nécessite -comme pour la gratuité- la résolution préalable d’un certain nombre de questions comme le rôle de l’Etat, la motivation des individus, les relations internationales, questions qui retournent à la définition institutionnelle des concepts évoqués plus haut. C’est-à-dire à la redéfinition de la Constitution, afin qu’elle permette l’instauration dans les textes institutionnels des conditions de réalisation du salaire à vie.

Et ce n’est donc qu’à travers la mise en place d’une Assemblée Constituante que sera rendue possible la révolution qui conduira au salaire à vie, sans rupture et sans violence, pour dans un second temps aboutir à la gratuité.

Car le salaire à vie, s’il venait à se généraliser, conduirait rapidement à l’obsolescence de l’argent. Il n’est pas une fin en soi mais le début d’une évolution vers la gratuité. Il ne doit pas se concevoir comme un encadrement du capitalisme mais comme un étape vers la destruction du capitalisme.

Et je crois que c’est dans cette direction qu’il faut creuser : il n’y aura pas de démocratie tant que le capitalisme perdure.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
Pour aller plus loin, voir aussi : Le salaire à vie contre le revenu de base

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Ce qui se cache derrière le prétexte Dieudonné

Posté par calebirri le 22 janvier 2014

J’ai regardé – et écouté, ou lu- beaucoup d’analyses sur « l’affaire Valls/dieudonné » depuis un peu plus d’une semaine, en me demandant chaque fois ce qui relie cette affaire à la situation économique et sociale actuelle. Car j’ai vraiment du mal à croire que toute cette affaire n’ait pas d’autre objectif que la défense des opprimés… Ca se saurait ! Et je crois avoir trouvé l’explication qui me satisfait le plus ; je vous l’expose ici :

tout d’abord il apparaît, sans vouloir tomber dans le conflit stérile du « deux poids, deux mesures » qu’on nous ressert à chaque débat (la mort ou la persécution d’un homme, quel qu’il soit et pour quelque raison que ce soit, est un drame un point c’est tout), que ce n’est pas pour lutter contre l’antisémitisme que Valls a mis en scène toute cette mascarade, car en faisant cela il l’attise plutôt qu’il ne le fait disparaître. (voir « La religion des cons » et « Les guerres ne sont jamais de religion »)

Et que ce n’est pas non plus pour préserver la dignité humaine (nos politiques s’assoient dessus quotidiennement, en capitalisme la rentabilité passe avant la dignité humaine), ni pour éviter les troubles publics (ils en sont les principaux responsables).

Ce qui est certain maintenant, c’est que le gouvernement attaque dangereusement la liberté d’expression grâce à cette affaire (Dieudonné n’est que le prétexte qui sert les intérêts du gouvernement), et qu’il s’apprête par ce biais à interdire, même a priori, quiconque se mettra en travers de leur route. Et pas sous le prétexte de l’antisémitisme, comme l’indique l’ordonnance du Conseil d’Etat (enfin redevenu accessible), mais pour atteinte à la dignité humaine. Il faut avouer que cette affaire est un coup de maître, car elle est « tombée » la même semaine à la fois de l’adultère révélé du président, et surtout de l’annonce du « pacte de responsabilité » qui servira clairement à réduire encore un peu plus les aides sociales, appauvrissant un peu plus encore les plus faibles et énervant encore un peu plus les liens sociaux.

Question troubles à l’ordre public, ce « pacte » a quand même tout pour faire exploser la colère du peuple… et c’est bien parce que le pire est encore à venir qu’il faudra donc pour le gouvernement être en mesure de contrôler totalement les prises de paroles de certains « meneurs d’opinion » (pas les humoristes qui gagnent de l’argent en provoquant le gouvernement non) qui luttent véritablement contre le système capitaliste et les aberrations qu’il crée, car avec internet il est trop difficile de supprimer un texte ou une vidéo rapidement : une jurisprudence de censure « a priori » était donc nécessaire. Pour que les critiques les plus engagés n’aient tout simplement pas le droit de parler. Et hop, « à la chinoise » : on coupe le robinet !

Maintenant, quel est le lien avec l’antisémitisme ?

L’accusation « d’antisémitisme » est tout simplement le prétexte par lequel on se prépare à attaquer les véritables « anti-système ». Par un glissement sémantique similaire à celui qu’on utilise avec les musulmans. Je m’explique :

puisque ceux qui luttent pour la « vraie démocratie » luttent nécessairement pour la liberté d’expression (non seulement la leur mais aussi celle des autres – et même les plus odieuses), ils se retrouvent à dénoncer à la fois l’islamophobie et ceux qui l’utilisent à des fins électoralistes, et en retour se voient accusés, par un grossier syllogisme, de défendre l’Islam, ou même… l’islamisme ! Pourtant, ils ne défendent pas des personnes ni ce qu’elles disent mais juste le droit qu’elles ont de le dire. Et c’est bien différent.

Ce qui n’est en revanche pas différent, c’est le mode de fonctionnement de cette « criminalisation » des « libres penseurs » (attention, je ne parle pas de Dieudonné mais des véritables démocrates) : les amalgames ont toujours été utilisés par le pouvoir pour faire passer leurs ennemis pour de dangereux terroristes (d’ailleurs les résistants n’étaient-ils pas considérés par le gouvernement comme tels ?), comme c’est encore le cas avec les musulmans : comme les terroristes sont islamistes et que les islamistes sont musulmans, alors les musulmans sont des terroristes. Et puisque les antisémites n’aiment pas les juifs et que les sionistes sont juifs, alors les anti-sionistes sont antisémites. Par conséquent les défenseurs des Palestiniens sont des antisémites pour les uns, des partisans du Hamas pour les autres.

Et c’est avec de tels arguments qu’on décrédibilise à peu près n’importe qui qui contesterait le pouvoir en place, même intelligemment. En réalité ce n’est donc pas l’antisémitisme ou l’islamophobie qui sont condamnés derrière le « paravent Dieudonné », mais bien la liberté d’expression . C’est tout le sens de de l’ordonnance rendue par le « Conseil d’Etat » (un Conseil composé d’un seul conseiller qui décide démocratiquement tout seul sur les conseils du gouvernement qui l’a nommé si j’ai bien compris), au nom « de la dignité humaine ». C’est que le terme « antisémitisme » aurait empêché une interprétation suffisamment élargie de cette jurisprudence pour pouvoir attaquer à peu près tout le monde sous ce prétexte :
dorénavant, il sera possible de faire interdire a priori l’expression de toute personne « gênante » sous des prétextes de « non respect de la dignité humaine » (avec des mots ou des gestes, pas des actes il faut le souligner) ou de « risque sérieux » de trouble à l’ordre public, se servant sans vergogne de l’atteinte à une liberté fondamentale pour en attaquer une autre. Ces termes sont suffisamment flous pour faire traîner tout recours à des instances européennes supérieures pendant au moins 4 ou 5 ans, tandis que le Conseil d’Etat peut, lui, décider immédiatement.

Du coup, d’honnêtes citoyens contestant un peu trop fort pourront se voir censurés « a priori », et même à tort, sans qu’ils puissent se défendre juridiquement, ni même se défendre tout court :

car comment un homme a qui on interdit de parler pourrait-il répondre à ceux qui l’accusent, et comment ceux qui voudraient vérifier les accusations portées contre lui pourraient-elles le faire si l’accès à ses propos est supprimé ?

Derrière toute cette affaire, qui n’est je le répète qu’un prétexte, il y a la censure de l’expression libre. Et il faut se souvenir que la censure n’arrive jamais par hasard : elle est toujours le prélude à l’instauration de nouvelles règles qui ne plairont pas à tout le monde…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Confiance dans les politiques perdue : et si on faisait sans eux ?

Posté par calebirri le 17 janvier 2014

Un nouveau sondage diffusé cette semaine (avec tout ce qu’on peut reprocher à ce genre de sondages) montre que « 60% des Français ne font confiance ni à la droite ni à la gauche pour gouverner le pays ». On pourrait se dire qu’il en reste 40 % qui leur font confiance, ou que 60 % font confiance aux autres partis… Mais ce n’est pas le cas. C’est encore bien « pire » : seulement 11% font confiance aux partis politiques, 23% aux médias et 28% aux syndicats. Autant dire que ça ne fait pas grand monde, avec toutes les marges d’erreur qu’on voudra bien y insérer.

Et pourtant des élections auront lieu bientôt, que ce soit pour les municipales ou les européennes, et plus tard les élections présidentielles. Et près de 80 % des électeurs se déplaceront tout de même alors pour aller voter : comment est-ce possible ?

Pour ma part je rêve du jour où les électeurs se mettront enfin en accord avec leurs convictions : 11% de votants, voilà qui pousserait peut-être nos gouvernants, et nos gouvernés, à envisager quelques changements institutionnels, n’est-ce pas ?

Car comment croire que la situation puisse s’inverser sans de tels changements, voilà ce que je me demande ; et question subsidiaire, comment se fait-il que la simple idée de la mise en place d’une Assemblée Constituante (sans préjuger de savoir si elle sera élue ou tirée au sort ou de ce genre de considérations), ne soit pas plus populaire, ou même tout simplement popularisée par les citoyens ?

Ce n’est pourtant pas d’une pétition dont nous avons besoin, ni d’un autre chef d’Etat, qu’il soit du PS ou de l’UMP, mais bien de nouvelles règles du jeu démocratique ; pourquoi cette évidence ne fait-elle pas recette ?

J’ai bien conscience que l’investissement en temps et en énergie pour mener à bien un tel projet est difficile à faire, mais cela reste encore une des seules activités encore gratuites ! On dirait que les citoyens désirent la démocratie mais sans prendre la mesure de ce que cela implique : un engagement de la part de chacun, une ou deux heures le week-end ou le soir, même une fois par semaine, est-ce si cher payé pour retrouver notre souveraineté (celle du peuple) ?

Créer de nouvelles institutions pour notre propre bien prendra certes du temps, et le processus qui conduit à la rédaction d’une nouvelle Constitution demande quelques connaissances du système institutionnel, mais ces connaissances sont je le crois à la portée de tous.
Seulement je me dis qu’elles ne sont ni données à entendre (offertes à un large public), ni expliquées simplement, et que la raison pour laquelle toutes les tentatives pour faire la promotion de l’Assemblée Constituante échouent se trouve plus dans cette absence de pédagogie (bien qu’Etienne Chouard ou André Bellon s’y attachent du mieux qu’ils peuvent chacun à sa manière) que dans un complot anti-démocratique.

Car c’est la force des choses qui empêche bien plus certainement ce message de passer que l’opposition du pouvoir (je serais bien curieux de savoir combien de députés connaissent Etienne Chouard- à moins qu’ils croient qu’il est un dangereux « complotiste ») et combien sont au courant de ce projet. Et en France, combien de citoyens le connaissent ?

Le problème d’internet est qu’on ne parle en général qu’à ceux qui sont déjà au courant, et de notre avis. Nous ne parlons le plus souvent qu’aux mêmes, et nous ne regardons que ceux qui nous plaisent, pendant que des univers se superposent sur la toile (le web) sans qu’ils ne se croisent jamais, ou presque.

Alors voilà :

je voudrais faire un site dans lequel on trouverait les définitions relatives à l’Assemblée Constituante, et à travers lequel on ne discuterait pas entre « initiés » (ce forum existe déjà et ne demande qu’à se développer),
mais où on répondrait aux questions des internautes, par thèmes et de manière simple, sans rentrer dans de grands discours. A force des synthèses pourraient être proposées et, in fine, une sorte de « guide du citoyen » qui servirait d’introduction et de passage vers la deuxième étape du processus Constituant, le questionnaire.

Pour cela, à aucun moment il n’est nécessaire de se soumettre à une quelconque dépendance vis à vis de l’Etat en place, et un tel projet peut ne rien coûter d’autre que du temps et de l’huile de coude… avec bien sûr une connexion internet (mais ceux qui n’ont pas cette chance peuvent sans doute compter sur leurs proches pour la leur prêter). Je vais essayer de mettre cela en place, mais il me reste encore une question a poser au lecteur : ça vous intéresse ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans la démocratie | 9 Commentaires »

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