Et s’ils voulaient nous affamer ?

Posté par calebirri le 10 octobre 2010

L’agriculture est notre bien le plus précieux. À une époque où les possibilités techniques offrent au monde l’occasion de pouvoir produire suffisamment pour tous, il s’avère qu’en réalité plus d’un milliard d’êtres humains souffrent de la faim. Le monde produit pourtant plus de nourriture qu’il n’en est consommée, et les gâchis sont énormes. L’inégalité entre les nations, puis à l’intérieur de ces nations elles-mêmes, est telle que des « émeutes de la faim » ont  parfois lieu ici ou là. Ces dernières années, le nombre de personnes ne pouvant pas s’offrir trois repas par jour a augmenté, et ce malgré l’apparition de l’industrialisation, de la production intensive et même des OGM.

 

Pendant ce temps, à force de saccager notre sol, de polluer les cours d’eau et de faire fi du respect du à « notre mère Nature », l’homme est en train de rendre inévitable la course à la productivité, pour enrayer les méfaits du passé, en ajoutant aux dégâts produits d’autres encore plus graves.

 

Les produits qu’on nous propose aujourd’hui sont responsables de graves troubles si ce n’est par leur qualité (les industriels ajoutent des produits augmentant le poids au kilo, des colorants en tout genre, des conservateurs dangereux, des goûts artificiels…), au moins dans leurs emballages (aluminium, plastique…) dont nous connaissons encore mal les effets.

 

Bientôt (et cela commence dès aujourd’hui), il y aura des nanoparticules, des OGM partout, sans garantie de contrôle ni même de traçabilité.

 

De plus, des lois scélérates ont permis la spéculation incontrôlée sur les denrées alimentaires, dont se servent allègrement les grand argentiers de la planète, en appauvrissant momentanément une population, en faisant monter les prix en achetant d’énormes stocks, puis en les revendant une fois les prix élevés.

 

Cette manière de faire est inhumaine, bien qu’elle soit tout à fait logique dans le cadre du capitalisme. Mais il faut faire cesser cela, car il se pourrait bien qu’à terme, quelques personnes mal intentionnées utilisent la faim pour contrôler, réguler et contraindre les peuples. D’ailleurs, un certain monsieur Kissinger, bien connu pour ses idées humanistes, a semble-t-il déjà déclaré : « Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez le pays, mais si vous contrôlez les semences, vous contrôlez l’alimentation. Et celui qui contrôle l’alimentation tient la population en son pouvoir ».

 

évidemment, dirons certains, mais personne ne serait capable de faire une chose pareille ! Vous croyez vraiment ?

 

Regardez ce qui est en train de se passer actuellement. Les OGM sont en train de créer des semences non-reproductives, qui permettent à ceux qui les vendent d’obliger les cultivateurs à en racheter pour chaque récolte, à des tarifs bien évidemment compétitifs. Les champs OGM, qu’on le veuille ou non, sont déjà bel et bien en train de coloniser la planète, et finiront bientôt par anéantir les capacités reproductives naturelles de nos ressources alimentaires. Cela signifie donc qu’à plus ou moins long terme, les cultures deviendront dépendantes de quelques grosses entreprises qui leur vendront leurs semences, sans possibilité de pouvoir recourir au bio ou même au précédent mode de culture.

 

Imaginons maintenant qu’une guerre éclate, et que les ennemis ne puissent plus faire se reproduire leurs récoltes. Même les particuliers, dans leurs jardins, ne sont plus capables de faire pousser quoi que ce soit : c’est la défaite assurée, la capitulation, ou la famine.

 

Bien sûr, on peut accuser cette imagination d’être conspirationniste ou impossible, mais on ne peut pas nier la possibilité technique d’une telle idée.

 

Ensuite, on pourrait évoquer une certaine initiative lancée par les soins de ceux en qui il faudrait avoir une confiance aveugle, ceux qui profitent pleinement d’un système qu’ils auraient tort de vouloir changer : je parle du fameux « coffre-fort anti apocalypse », financé par Bill Gates, Monsanto et Rockfeller (tiens, un ami de Kissinger ?). Une sorte de congélateur géant gardé sous haute sécurité, renfermant un nombre gigantesque de semences « originelles », dans le but officiel de posséder, juste « au cas où », une réserve capable de faire renaître la nature. On peut s’interroger sur les raisons qui poussent ce genre d’individus à imaginer une telle situation, et on peut douter de l’argument selon lequel les apprentis sorciers de Monsanto désirent protéger l’humanité, sachant que c’est bien eux qui sont en train de l’asservir par leurs actions.

 

Certains affirmeront qu’il faudrait qu’ils soient fous pour que nos dirigeants aient intérêt à créer la famine, et ce seront sans doute les mêmes qui défendront l’idée que nous sommes trop nombreux sur cette planète. D’autres diront certainement que les émeutes de la faim font peur à un gouvernement, les mêmes que ceux qui réclament plus de fermeté à l’égard des troubles sociaux.

 

Il faudra bien choisir un jour, et bien réfléchir : soit les hommes qui nous gouvernent veulent notre bien, et alors ils sont incompétents. Soit ils ne le sont pas (incompétents), et alors c’est qu’ils ne désirent pas notre bien. Sachant qu’un affamé ne se révolte que rarement et qu’il ferait n’importe quoi pour qu’on le nourrisse, le meilleur moyen pour un gouvernement de conserver son pouvoir est donc celui d’affamer son peuple, sans qu’il puisse se séparer de la tutelle de son maître, celui qui le nourrit.

 

Toutes les pièces d’un grand puzzle seraient alors en place : un chien ne mord pas la main qui le nourrit

 

Caleb Irri

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Quand l’anti-capitalisme devient rentable…

Posté par calebirri le 9 octobre 2010

Nous vivons vraiment une époque formidable : en moins de trois ans, la lutte (ou l’éveil à cette lutte) contre l’hégémonie du capitalisme a fait de si grands bons que certains idéologues osent à nouveau parler d’un des plus grands sujets de société : le capitalisme.

 

Il faut dire qu’avec la multiplication des « affaires » rendues publiques, de Madoff à Kerviel, en passant par les paradis fiscaux, les parachutes dorées et autres bonus mirobolants, sans oublier madame Bettencourt et monsieur Woerth, le bouclier fiscal ou le renflouement des banques, nous avons de quoi réfléchir au point commun reliant toutes ces affaires les unes aux autres : l’argent.

 

On peut même voir à quel point les journaux, tous bords confondus, et les médias en général, puis les industriels leur emboitant le pas, surfent actuellement sur le sujet, à travers la conjugaison des deux problèmes essentiels de notre monde, c’est à dire l’état de la planète et le partage des richesses : aujourd’hui on nous vend du micro-crédit, de l’éthique, du durable et de l’équitable, du bio et de la décroissance (comme Leclerc qui nous vend le « zéro papier » en se déchargeant de la dépense « publicité papier »).

 

Mais le paradoxe de tout ça, c’est qu’au lieu de faire réfléchir les hommes sur ce que ces notions, leurs imbrications, leurs conséquences et leurs réalisations signifient, cette espèce de mode du « retour moral » anti-capitaliste devient peu à peu un marché comme les autres, c’est à dire axé sur la rentabilité.

 

Et c’est bien là toute la force du capitalisme, qui possède la capacité incroyable d’anéantir toute opposition à son fonctionnement par l’intégration de sa critique dans le système propre où s’effectue cette critique. En d’autres termes, critiquer le capitalisme revient à utiliser le capitalisme pour le dénoncer, ce qui rend cette critique sinon obsolète, au moins sujette à caution.

Ce fonctionnement est une spécificité du capitalisme, et nuit depuis son avènement aux luttes contre son hégémonie, car en définitive celui qui travaille contre en vient inévitablement à le servir, qu’il le veuille ou non. En effet, comment ne pas se soumettre à son pouvoir alors qu’il est tout puissant ? que l’on désire construire un logement, monter une association ou simplement vivre librement, tous les évènements de la vie, même les plus insignifiants, se retrouvent à un moment ou à un autre confrontés à la monnaie, que ce soit par le biais du marché ou celui de l’Etat ( par les impôts, les aides,…)

 

Cette impossibilité de faire sans le capitalisme résout définitivement la fameuse question de savoir s’il vaut mieux combattre le capitalisme de l’intérieur ou à l’extérieur, car en réalité peu importe, ou presque : il n’y a pas (ou plus ?) de « extérieur » au capitalisme.

 

C’est face à ce mur infranchissable que s’arrêtent la plupart des gens, qui finissent par se rendre, bon gré mal gré, à l’évidence de l’échec de la lutte. A moins que de vouloir se désocialiser totalement, voire mourir de faim, il vaut mieux coopérer. Et puisque l’heure est à la contestation sociale, alors vendons de la lutte, du social, et nous nous enrichirons. Lorsque nous serons riches, nous changerons d’avis sur notre lutte, en même temps que ceux qui y ont participé se désolidariseront de cette lutte. Il se sera fait alors une séparation d’intérêts, désormais divergents, qui fera entrer dans le giron capitaliste un adepte de plus. La lutte sera réduite à néant.  Et le capitalisme aura encore gagné.

Caleb Irri

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organiser la dépendance

Posté par calebirri le 30 septembre 2010

il n’y a pas à dire, les choses bougent vite au royaume de France. Les députés ont du travail, et on ne peut plus dire qu’ils ne méritent pas leurs émoluments ! Bon, il est vrai qu’une petite moitié ne sert à rien d’autre que de paravent démocratique, mais le reste fait du beau boulot : ils votent tout ce que leur demande le roi.

 

Mais trêve de plaisanterie, nous avons quand même changé de régime sans nous en apercevoir !

 

Et ce régime, comme tout régime autoritaire qui se respecte, doit se voir affublé d’une cour servile, du pouvoir sur la justice, sur les médias, sur l’économie, et surtout sur son peuple. Avoir le pouvoir, cela signifie avoir le contrôle sur la masse des individus, une sorte de lien invisible qu’il conviendrait d’appeler « dépendance ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit : à travers la paupérisation et le conditionnement (physique et psychologique) continus de la population, le gouvernement entraîne petit à petit ce dernier sur la voie de sa dépendance envers l’Etat, et ce par l’intermédiaire des moyens qui vont suivre.

 

Parmi les techniques employées par les têtes pensantes de notre belle monarchie, il y a bien sûr l’alliance sans cesse plus solide entre le public et le privé, c’est à dire entre l’Etat et les grands patrons. Cette alliance, appelée « partenariat économique », permet à l’Etat de se séparer tout doucement du contrôle des services publics à travers la privatisation de certaines entreprises, engrangeant ainsi monnaies sonnantes et trébuchantes, tout en gardant sur ces dernières une participation suffisante au maintien de son poids décisionnaire, et par cet intermédiaire également le contrôle et la surveillance des individus. En échange, les entreprises privées concernées par le rachat de ces services se mettent en situation quasi monopolistique, ou au moins oligopolistique. La concurrence faussée qui résulte de leur position dominante et aidés par une législation qui arrange aussi bien les intérêts de l’Etat que les ceux des autres actionnaires, cette alliance les satisfait tous deux pleinement.

Même avec les allocations familiales qui vont baisser, les remboursements de la sécurité sociale qui seront peu à peu remplacés par la hausse des assurances privées, l’allongement de la retraite qui va faire augmenter les tarifs des assurances-vie, la montée du chômage qui va faire baisser les indemnisations… l’Etat continuera de ficher, classer, radier, contraindre son peuple en l’obligeant à toujours plus de démarches administratives, toujours plus de justifications, toujours plus de surveillance.

 

De plus, par son action en faveur des puissants, le gouvernement entraîne peu à peu la population vers la misère, ce qui la pousse à rechercher le soutien et la protection de l’Etat, qui en retour en profitera pour étendre son pouvoir. L’idéal d’un régime autoritaire étant un peuple juste assez misérable pour être dépendant, et pas assez pour se révolter, il est fort probable que la crise actuelle ne soit que le moyen le plus sûr d’étendre la dépendance du peuple envers le pouvoir. Que ce soit par l’intermédiaire de la santé, des aides sociales ou des transports publics, le fait de devoir payer plus cher un service tout en devant se satisfaire d’un dégrèvement social (même faible) incitera donc les pauvres à s’appauvrir tout en réclament l’aide de l’Etat, et les riches à s’en passer.

 

Mais ce ne sont pas les riches qui font peur à l’Etat, car seuls les pauvres, mécontents de leur sort, sont susceptibles de se révolter. Par conséquent, ils ne doivent pas être libres. D’ailleurs, les exemples sont légion pour corroborer cette affirmation : alors que la loi Hadopi (aux dires mêmes de certains « hauts placés ») va « sensibiliser la population » au crime qu’elle est en train de commettre, les riches et les véritables délinquants ne paieront rien ou si peu. Alors que la justice est aussi lente pour défendre le peuple qu’à attaquer les « grands », les petits délinquants passent en comparution immédiate, et les grands payent des amendes moins grandes que les gains permis par leurs délits.

 

Et en parallèle on apprend que désormais, le préfet pourra garder enfermée une personne que les médecins considèrent guérie, et que les « français précaires » pourront perdre leur nationalité (et leurs droits!) si, par exemple, ils se battent contre la police lors des manifestations…

 

les riches amis du roi achètent des journaux, l’AFP arrive sous contrôle de l’Etat, et le service public audiovisuel a déjà été purgé. La démonétisation permet le traçage de toutes les transactions, les lois permettent toutes les écoutes, la technologie la surveillance de tous les instants, en attendant la puce RFID…tout cela sans compter l’éducation qui refait l’histoire, la philosophie qui disparaît. Et pire encore, les OGM qui vont bientôt abolir l’agriculture traditionnelle, et internet qui deviendra notre seul lien vers l’extérieur, ouvert sur les seules images que voudront bien nous laisser voir nos dirigeants, réelles ou pas….

 

Nos enfants vont devenir des idiots incapables de réfléchir, de se nourrir sans semences transgéniques et de se loger, comme les gros chats domestiques que l’on voit aujourd’hui, incapables d’un quelconque retour à leur état sauvage. Dépendants. Comme aux produits qu’on nous vend pour dormir, maigrir, avoir l’air beau ou heureux. Et tout cela s’organise là-haut, presque en plein jour… sommes-nous déjà les esclaves que nous redoutons de devenir, pour que nous ne soyons pas capables de nous prendre en main ?

 

Mais si nous sommes trop lâches pour le faire pour notre propre bien, aurions-nous le droit de l’être aussi pour nos enfants ?

 

Caleb Irri

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Du bon usage du remaniement ministériel

Posté par calebirri le 28 septembre 2010

j’imagine que vous vous souvenez tous de l’annonce faite il y a quelque temps par le président, au sujet du remaniement ministériel : c’était il y a six mois à peine  !

 

Depuis cette date, de nombreux commentateurs y sont allés de leurs pronostics, de nombreuses rumeurs ont gonflé puis dégonflé, et pour tout dire nous ne sommes aujourd’hui pas vraiment plus avancés. Certains diront que toute cette mascarade reflète le trouble, ou même la faiblesse du gouvernement, et d’autres qu’au contraire elle est le signe d’une continuité dans les réformes, une sorte de stabilité nécessaire.

 

Pourtant certains, notamment à « l’ouverture », sont plus que menacés. Monsieur Woerth, avec les affaires dont il est le centre, ne fera certainement pas partie du prochain remaniement, pas plus, si l’on en croit les analystes, que monsieur Fillon. Il est d’ailleurs assez amusant, à cette occasion, de voir en quoi consiste aujourd’hui le métier d’analyste politique, à savoir de faire des pronostics aussi savants que ceux des courses de chevaux (qui paraît-il d’ailleurs sont souvent truquées…).

Mais là n’est pas la question. Car la politique n’implique pas seulement les joueurs ou les jockeys, mais pèse même sur ceux qui ne jouent pas (ou plus). Et un remaniement prévu six mois à l’avance, cela peut vouloir en dire long sur ce qui se trame « là-haut ».

En effet, on peut constater que monsieur Woerth aura été installé juste à temps pour la réforme des retraites, et qu’il disparaîtra juste après celle-ci. qu’entre temps l’affaire qui le concerne aura occulté tout le débat, et qu’après avoir fait « le job » il s’en retournera dans l’ombre, bien protégé par une justice à la solde du pouvoir.

On peut aussi éclairer cette soi-disant erreur de politique par les différentes polémiques qui ont parcouru l’actualité ces derniers temps, et comprendre ainsi que le remaniement a délibérément été reculé à dessein, c’est à dire dans le but de faire taire tous les contradicteurs potentiels de sa majorité soit en leur faisant miroiter une place, soit en les menaçant de la leur faire quitter.  Si on regarde bien comment les choses se sont passées, on voit bien que rares sont ceux qui, malgré leur désaccord, se sont laissés aller à réagir trop violemment… pris entre le marteau et l’enclume, la carotte et le bâton.

 

Et voilà maintenant que monsieur Fillon, l’ombre du président, entame doucement son recul stratégique, pour mieux préparer son avenir politique. On pourrait contester sa prétendue loyauté au président en lui opposant sa fébrilité à le défendre dans ces moments difficiles, mais la plupart des Français n’y verront goutte : pour l’essentiel, ils retiendront un premier ministre fidèle et taciturne, mais ce n’est pas l’essentiel.

 

L’essentiel est, pour le gouvernement, d’avoir réussi le formidable tour de force de parvenir à conserver l’unité (au moins en façade) de la majorité, et ce malgré tous les dérapages précédents, une côte de popularité déplorable, et des affaires plus que scabreuses.  Et à mon avis, ce retard délibéré de timing dans cet attendu remaniement en est la cause principale. mais si le coup est bien joué de la part du chef de l’Etat, il traduit une fois de plus (comme s’il en était encore besoin) le glissement progressif de notre démocratie vers un autoritarisme oligarchique, avec comme corollaires les lamentables prétentions de certains hommes politiques, prêts à toutes les soumissions pour conserver le peu de pouvoir qu’ils possèdent.  Qu’ils soient d’accord ou non avec les réformes qu’ils défendent importe peu, ce n’est que leur propre position qui les intéresse. Affamés de puissance, ils sont prêts à collaborer au pire, en se réfugiant derrière une loyauté qu’ils renieront dès que le vent tournera.

 

Une chose est cependant certaine, c’est qu’à l’occasion de ce remaniement, quelques masques vont tomber : cette « course à l’échalote » va finir par en agacer certains, et les déçus d’avoir couru pour rien le supporteront difficilement. Les fidèles du président seront vite reconnus, et il se peut fort bien que l’équipe gouvernementale se rassemble autour du noyau dur de la présidence. Les autres, ceux qui cherchent le pouvoir, feront comme monsieur Fillon, et vont tenter de profiter de la faiblesse du président pour tenter de tirer leur épingle du jeu. on pourra alors savoir si l’usage du remaniement aura été bénéfique au pouvoir… ou pas. En tout cas, il se pourrait bien que le gros des réformes liberticides (les plus dures) ait profité de ce long suspens pour passer en douce. Mais si le peuple n’a pas bronché jusque là, il n’y a aucune raison qu’il le fasse maintenant.

Nous nous souviendrons peut-être, plus tard, de ce moment d’histoire que nous vivons. Et nous nous rappellerons alors de ce remaniement si laborieux, qui nous a tant coûté. Et nous regretterons alors de n’avoir rien vu venir. Dommage.

Caleb Irri

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le bancor et le nouvel ordre mondial

Posté par calebirri le 24 septembre 2010

C’est à n’y rien comprendre : d’une part on voit que les pays s’enfoncent un à un dans la crise, et ce malgré tous les plans de sauvetage mis en route, et d’une autre on entend que les bénéfices des grandes multinationales ne font qu’augmenter… comment est-ce possible ?

 

Je veux bien ne pas être un spécialiste, mais il y a tout de même quelque chose d’étonnant dans tout ça. Bien que les Etats se sont mis d’accord pour que les banques se rechargent en fonds propres (ce qui exprime leur relative fragilité),  les prévisions de croissance se font chaque jour plus positives ; et malgré tout cela, les chiffres de l’emploi baissent, et les impôts augmentent…

Et au milieu de toute cette pagaille une idée fait son chemin à petits pas, pour le moment discrètement, parmi les milieux « autorisés » : le bancor.

Ce bancor est la seconde possibilité qui se vit proposée après la deuxième guerre mondiale, pour établir la parité des monnaies entre elles ; par un certain monsieur Keynes. Vous pouvez trouver quelques informations sur cet « ovni » économique ici ou , mais à vrai dire on n’en sait que peu à ce sujet.

 

Toujours est-il qu’il est étrange que cette idée resurgisse à ce moment précis de l’Histoire, c’est à dire au moment précis où l’économie des pays dominants s’écroule, et où leur pouvoir vacille.

Qui saurait, aujourd’hui, dire si le bancor est une solution d’avenir pour la planète, ou bien s’il faudrait s’y opposer ?

Face à cette question, il existe deux réponses  : l’une est capitaliste, et permettrait en théorie « d’améliorer le système » ; et l’autre est « communiste », en ce sens qu’elle sera commune à tous, comme le sera le fameux nouvel ordre mondial.

Pour la première, le bancor permettrait, comme je l’indiquais dans un précédent article, de supprimer les dettes des Etats riches en difficulté, par l’intégration dans un plus vaste « panier de monnaies » dans lequel seraient présentes les monnaies chinoises, brésiliennes, indiennes, enfin tout ce qui compte aujourd’hui au niveau de la puissance financière internationale. Comme un compromis entre l’annulation des dettes de certains pays émergents et de celles des Etats riches, avec intégration  à un pouvoir financier « mondialisé », tous seraient d’accord pour voir leur puissance sauvée pour les uns, reconnue pour les autres ; et mettrait un terme à l’insoluble problème du dollar entre la Chine et les Etats-Unis.

Bien sûr, à ce stade de la réflexion on ne pourrait qu’applaudir à l’idée de voir cette politique monétaire se réaliser, mais c’est sans compter les conséquences d’une telle révolution dans le capitalisme. Car il ne faudra plus désormais voir le monde divisé en deux entités nord/sud comme on a eu l’habitude de le faire ces dernières décennies, mais comme il est vraiment aujourd’hui : divisé entre les riches et les pauvres, peu importe le pays auquel ils appartiennent.

Il ne faut cependant pas se leurrer, et  toute proposition qui sera faite en ce sens par les économistes et idéologues des pays riches, et acceptée sans broncher par les pays émergents ne pourra être que nuisible aux intérêts de leurs peuples respectifs : c’est la loi capitaliste.

 

Pour la seconde, on peut envisager qu’à travers ce bancor (qui constituerait une véritable révolution financière) soit à même de faire tomber le capitalisme, pour le remplacer par… le communisme. car si on considère cette transformation radicale sous l’angle de la domination commune des riches sur les pauvres, ce fameux bancor pourrait très bien n’être qu’une sorte de mise en place de « bons » émis par une seule et même grande entité (le FMI par exemple), et tous transiteraient par l’intermédiaire d’une seule et même chambre de compensation… dirigée par qui ? Par une entité politique bien sûr, elle aussi supra-nationale, une nouvelle gouvernance mondiale. Comme il a déjà été dit, cela éviterait le recours aux paradis fiscaux, et permettrait d’équilibrer les échanges sans être ni pénalisé ni aidé par le poids de la balance entre exportations et importations. Cela signifie que tous les échanges devraient donc être « tracés » à travers la chambre de compensation, avec pour conséquence de rendre inutile subventions protectionnistes et autres subtilités juridiques nuisant au libre échange. L’argent lui-même ne finirait-il pas d’ailleurs par devenir inutile ?

On connaît assez les intérêts divergents des pays riches avec les émergents, et il se pourrait que ce bancor, qui sera peut-être imposé par les seconds aux premiers (à moins que ce ne soit le contraire ?), finisse par mettre tout le monde d’accord, en tenant compte non plus des intérêts nationaux, mais de ceux individuels et particuliers : en définitive le monde des riches contre celui des pauvres.

En définitive, que la première ou la deuxième solution soit retenue importe peu, la seule chose certaine étant qu’elle nuira aux plus fragiles, comme il en a toujours été : les riches n’ont aucun intérêt à se défaire du pouvoir qu’ils possèdent, et ils ne peuvent qu’avoir la volonté de les augmenter. Toute proposition semblant aller conte ce principe est un mensonge, et il faudra bien y repenser le jour venu : le bancor est de la poudre aux yeux, qui cache le fonds du problème sans le régler. C’est encore du capitalisme, ou pire.

Maintenant, imaginons qu’on veuille à tout prix établir cette nouvelle donne économique, et éclairons cette volonté par l’actualité : la crise augmente, car les multinationales se gavent tant qu’elles le peuvent aujourd’hui, en précipitant le système financier dans un gouffre tel que la seule solution sera…. de changer le système, avec l’apparition, par exemple, de ce fameux bancor… on oublie tout, et on recommence, en pire bien sûr : c’est sans doute ça le nouvel ordre mondial.

 

Caleb Irri

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La concurrence est une (double) illusion

Posté par calebirri le 31 août 2010

le système capitaliste fonctionne selon des lois, appelées « lois du marché ». Elles régissent les échanges en fonction de l’offre et de la demande, et sont censées assurer la « libre concurrence », c’est à dire de permettre à tous les acteurs économiques de se présenter sur un marché sans entraves, et d’avoir la possibilité de développer son activité sans souffrir de la puissance des acteurs déjà présents sur ce marché.

Il est intéressant pour commencer de s’interroger sur la contradiction évidente qu’annoncent deux termes qui s’opposent en tout (mais qui n’ont pourtant pas l’air de choquer outre mesure), à savoir « LIBRE-concurrence » et « LOIS du marché ». Cette contradiction sonne comme un aveu de la pente naturelle que porte en lui le capitalisme, à savoir la concentration des richesses en un petit nombre de mains, et cela signifie que sans lois préalables, le système ne peut pas par lui-même permettre les conditions de cette « concurrence libre et non faussée ». La satisfaction de l’intérêt individuel se traduisant par la nécessité de l’accumulation, les rapports des différents acteurs sont conditionnés par leur position lors de l’échange, c’est à dire par leur force respective, déterminée par le niveau d’accumulation de chacune des parties : le plus riche se trouve alors toujours en position dominante, et possède plus de chances de remporter la partie (c’est à dire le profit, la plus-value réalisée lors de la transaction, de l’échange). La concurrence ne pouvant absolument pas être « libre » librement, c’est donc dans le soucis idéologique de satisfaire au fumeux concept de « main invisible » (comme une sorte de morale sauvée) que des lois ont été adoptées pour « réguler » le marché, un peu à la manière dont les lois du droit commun sont faites pour équilibrer le désir de liberté des hommes avec la nécessité pour eux de vivre en société.

C’est ce rôle d’équilibriste si délicat qu’ont joué durant des décennies nos politiques de tous bords, oscillant entre plus de liberté ou plus de contraintes, tentant de préserver sur le fil ce qu’on appelle le « pacte social » (qui détermine en gros une sorte de limite à partir de laquelle le peuple peut se révolter). Bien sûr, la concurrence « pure et parfaite » ne pouvait être qu’un objectif théorique, et les principes de régulation étant largement contournables (et contournés) par tout un arsenal d’exceptions, cette première illusion permit aux grandes entreprises des pays dits développés d’augmenter leurs parts sur tous les marchés internationaux, à travers une mondialisation des échanges dans laquelle elles ont acquis une position dominante. Et c’est seulement une fois cette position acquise que les monopoles ou oligopoles se sont pris à redouter ce libre échange qui les a jusque-là avantagé, car il peut menacer leur pouvoir. Car à force de dérégulations, de mondialisation, les rapports de force se sont transformés, et les Etats les plus riches se trouvent aujourd’hui en proie à des dettes colossales, à un climat social tendu, et surtout à une perte d’influence inévitable (voir retournement du capitalisme) : les pays émergents veulent aujourd’hui profiter eux-aussi du système de libre-échange, et leurs ressources en matières premières, en forces de travail, sont encore largement exploitables… ils deviennent des concurrents sérieux (on a bien vu le nombre d’entreprises rachetées par de nouveaux groupes étrangers).

Cette nouvelle situation fait peur au pouvoir politique comme au pouvoir économique, et c’est tout naturellement que leurs liens se sont à cette occasion resserrés. Cette alliance est ce qu’on appelle une relation « gagnant-gagnant », car d’un côté les grosses firmes font élire le pouvoir politique, et de l’autre l’Etat s’engage à subventionner, protéger et servir les intérêts financiers de ces gros groupes. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir le nombre d’individus travaillant successivement dans l’une ou l’autre de ces branches pour imaginer le nombre de conflits d’intérêts possibles. Et lorsque le président se déplace à l’étranger avec les grandes entreprises, il assume ainsi deux casquettes : à son poste officiel de représentant du peuple s’ajoute le rôle du VRP, car d’une part il touche une inévitable commission (peu importe sa nature), et d’une autre des contrats qui remplissent les poches de l’Etat.

Désormais, les puissances financières doivent arrêter de se cacher derrière leur petit doigt, et sortir de cette notion contraignante de concurrence libre-et non faussée : là où autrefois la corruption et les failles juridiques devaient permettre l’accumulation malgré les lois en vigueur, on doit se préparer aujourd’hui à réformer la justice, modifier le code du travail, redéfinir l’aide sociale, contrôler l’immigration, afin d’assumer pleinement l’injustice du système capitaliste, et surtout de conserver une position dominante, conjointement avec l’Etat qui prépare les règles et le positionnement futur sur de nouveaux marchés (comme la guerre). D’ailleurs, il serait intéressant de jeter un coup d’oeil sur les actions détenues ensemble par ces deux pouvoirs (politique et financier), car on y trouverait sans doute un intérêt particulier porté sur les technologies utilisables en matière de renseignement, de transport ou d’armement…

Cette volonté de supprimer la notion de « libre concurrence » a d’ailleurs été appliquée au traité européen, dans lequel elle ne figure plus comme objectif (voir article). Jouant sur la contradiction originelle de cette notion, c’est jusqu’aux opposants des capitalistes qui se sont faits berner, et même quelques grands chefs d’entreprise… mais il ne faut pas s’y tromper, les lobbies industriels et financiers sont bien trop puissants pour ne pas avoir eux-mêmes exigé cette disparition du texte, qui leur sert plus qu’elle ne leur nuit.

Car en réalité, et même si la « libre » concurrence n’a jamais véritablement existé, en supprimant la notion de «concurrence  libre et non faussée », on permet ainsi aux entreprises déjà très puissantes de se protéger derrière les règles d’une concurrence qui se trouve par définition être « non-libre et faussée » (c’est à dire clairement déloyale). Après s’être rassasié de profits durant toute leur croissance, les entreprises parvenues au stade quasi monopolistique veulent pouvoir pleinement profiter des règles d’un capitalisme non libre, c’est à dire en réalité plus pur, moins moral et moins juste. A la mondialisation ils préfèrent désormais le protectionnisme, des droits de douane ou une politique monétaire avantageuse. Au lieu de profiter des paradis fiscaux pour se protéger des impôts, ils préfèrent le bouclier fiscal. Ils voudraient voir les rétro-commissions illégales devenir légales, l’abus de position dominante financé par le contribuable, les « fusions-acquisitions » décidées et institutionnalisées par l’Etat, l’entente sur les prix déterminée par la rentabilité, les brevets protégés par le secret-défense…en bref éteindre tous les contre-feux qu’ils avaient eux-mêmes allumés pour nuire au développement de leurs concurrents, désirant aujourd’hui pérenniser à tout prix leur domination, c’est à dire leurs profits mis en péril par l’émergence d’entreprises étrangères.

En définitive, nous allons passer d’une libre concurrence déjà biaisée (il n’y a qu’à voir comment les brevets sont utilisés pour s’accorder un monopole à court ou moyen terme – et ce même au détriment de millions de médicaments génériques capables de soigner des millions de malades), à une concurrence « faussée », qui sera encore plus injuste mais plus assumée.

Mais en même temps que faire d’autre, puisqu’ici tout le monde a l’air de croire qu’il faut des lois contraignantes pour garantir la liberté !….

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, double coup, mondialisation, politique? mensonges, relations internationales, sarko | 3 Commentaires »

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