Wikileaks, Bankrun 2010, Plan C : ce que nous permet (encore) internet

Posté par calebirri le 1 décembre 2010

Dans un précédent article, j’ai déjà fait mention du potentiel d’internet, un outil révolutionnaire capable de diffuser la propagande gouvernementale partout et tout le temps, comme de permettre l’éclosion d’une révolution des mentalités susceptible de faire trembler la plupart des gouvernements.

 

Or il se trouve qu’aujourd’hui la véritable guerre pour (ou contre c’est selon) la liberté ait déjà commencé sur internet, et qu’elle tourne (pour l’instant du moins) à l’avantage des peuples. Il est à ce propos intéressant de constater à quel point « les peuples » semblent aujourd’hui mener cette guerre sur deux fronts qui se mélangent naturellement, j’ai nommé la classe politique et l’oligarchie financière. L’illusion que ces deux organes travaillent au bien être des peuples est en train de tomber, et il ne m’étonnerait guère que ceux-ci finissent rapidement par se mettre d’accord sur l’adoption rapide de mesures coercitives de surveillance et de contrôle de la toile, comme avec le traité ACTA.

 

Car ce à quoi on assiste en ce moment est tout de même assez incroyable : en quelques jours à peine se rejoignent pour moi les trois facteurs déterminants capables de pousser les peuples à se révolter.

 

Tout d’abord il y a la mise en lumière des mensonges de nos dirigeants à travers l’affaire Wikileaks, qui ouvre la voie à la possibilité d’un grand déballage « protégé », puisque les sources sont (du moins paraît-il) à l’abri de toute menace. Et bien qu’apparemment les révélations diffusées ne concernent que quelques informations « mineures », le fondateur de ce site est désormais un homme « à abattre ». Car au delà de ces révélations, c’est tout le système occulte qui nous gouverne qui se trouve en danger : à partir du moment où ce genre d’actions est possible, les gouvernements ayant peur de voir leurs petites « combines » dévoilées vont se dépêcher d’adopter des législations les empêchant de se reproduire. D’autant qu’à cette occasion on devra aussi sans doute s’interroger sur la « libre circulation des personnes », car ce monsieur qui voyage beaucoup mais dont les infos sont stockées n’importe où est presque insaisissable… comment fermer la porte sans fermer la fenêtre ? Qu’adviendrait-il si les citoyens se rendaient compte qu’il est possible de dénoncer les exactions de leurs dirigeants sans risquer de se voir punir ? ce sont toutes les ficelles du système qui seraient à terme visibles par tout un chacun… ainsi peut-être que la fin de la domination de quelques uns sur le plus grand nombre.

 

Ensuite il y a le fameux « Bankrun » organisé le 7 décembre, et qui en moins de deux mois a déjà franchi de nombreuses frontières. Comment un tel mouvement aurait-il pu se diffuser se rapidement, si loin et si fort sans internet ? Ces réseaux sociaux que tout le monde critique, ces blogs que tout le monde croit éphémères, ces happening que tous jugent stupides, ces twitts que l’on dit inutiles peuvent en fait se révéler être des armes libératrices, pour peu qu’on les utilise en ce sens. Comme une sorte de « bouche à oreille » virtuel, les informations pour le rassemblement citoyen et engagé vont aussi vite que les nouvelles de la rupture de telle ou telle star, et sont véritablement capables de faire changer le rapport de force qui oppose le peuple à ses dirigeants. Et en ces temps de crise, alors qu’on demande d’encore plus grands sacrifices à ceux qui souffrent déjà, l’internet a de quoi effrayer les gouvernements les plus sûrs d’eux.

 

Et enfin on trouve aussi sur la toile de nombreuses initiatives destinées à la mise en place d’alternatives plus ou moins utopiques pour remplacer le système actuel, un peu dans le genre de celles que je voulais voir fleurir ici, et qui ne pourraient exister autrement que grâce à internet. Pour ceux qui me lisent régulièrement, vous devez savoir à quel point la tenue d’Etats Généraux pour une nouvelle constitution me tenait à coeur, et il se peut que le site que j’appelais de mes voeux existe déjà, et depuis un moment : il s’appelle le Plan C, et appelle à la participation de tous à la reprise en main de notre destinée commune, à travers la rédaction d’une nouvelle constitution véritablement démocratique. J’en reparlerai bientôt ailleurs, mais une chose est déjà sûre : c’est que sans le support exceptionnel que nous fournit internet, de telles initiatives seraient impossibles, et nous serions bien alors coincés pour de bon.

 

Car en effet sans internet libre il devient impossible de s’informer « autrement » (sans la censure), de dénoncer les injustices, de diffuser ces informations, de se rassembler pour réfléchir, et aussi pour agir. En quelques jours nous est démontrée la puissance d’internet, le seul média libre qui existe encore, et qu’il faudra protéger à tout prix. L’internet rend possible d’éveiller les consciences endormies de propagande en les informant des actions de leurs dirigeants, qui ainsi discrédités se voient affaiblis. Il permet ensuite de rassembler les mécontents qui discutent des moyens de revendiquer leurs désaccords avec le gouvernement, et ouvre enfin des perspectives sur la manière d’organiser la société d’une autre manière, plus juste et plus démocratique. Tous les ingrédients d’une révolution citoyenne, pacifique et légitime sont réunis ici, sur internet. Conservons le pouvoir sur ce dernier espace de liberté qui nous est encore accordé, et utilisons-le à bon escient. Mais ne nous réjouissons pas trop vite de nos victoires : la riposte des ennemis de la liberté ne tardera pas…

 

Caleb Irri

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Bankrun 2010 : que va-t-il se passer le 7 décembre ?

Posté par calebirri le 23 novembre 2010

Si vous pensez à la sortie d’un nouveau jeu vidéo, c’est sans doute que vous regardez trop la télé, mais que vous n’avez pas retenu son titre. Mais si vous pensez à retirer votre argent de la banque, c’est qu’alors quelque chose est très certainement en train de se produire. Surtout si vous y pensez non pas pour soutenir le mouvement, mais bien parce que vous commencez à vous demander comment faire si cela se produisait vraiment.

 

Et oui, petit à petit l’idée fait son chemin… par sur mon blog bien sûr, mais ailleurs, un peu partout sur la toile. Mais il se pourrait bien que cette idée se réalise tout de même, et c’est tant mieux !

 

Mais il faut revenir sur cette affaire, qui représente parfaitement le potentiel d’internet et des réseaux sociaux, le ras-le-bol des peuples, la force du nombre, la stupidité du système… et par dessus tout sa fragilité. Car si tout se passe comme je l’avais imaginé, alors la peur seule suffira à créer la panique du système financier, qui pourrait s’avérer fatale non pas du fait des retraits massifs, mais bien plutôt d’une médiatisation qui la rendrait potentiellement « véritable ».

 

Je voudrais cependant attirer l’attention sur « l’après-7 décembre », au cas où une telle initiative marcherait : exiger une banque citoyenne, comme le font les deux auteurs du « manifeste » en question, est à mon avis la plus grosse des erreurs : une banque ne peut pas être citoyenne. Elle peut être moins pire, mais pas « bonne ». Il ne faut pas se tromper de combat. C’est le capitalisme dans son ensemble qu’il faut combattre, car les banques ne sont que les fruits naturels de ce système. Ce qu’il faut donc exiger n’est pas la fin des « méchants » capitalistes, mais la fin du capitalisme tout court. Et nous n’en sommes pas encore là.

 

Car il faut bien se rendre compte des conséquences induites par un tel mouvement : mettre en péril un système financier déjà fragile est une action importante qu’il ne faut pas prendre à la légère. La paralysie créée par ce mouvement n’a pas vocation à fragiliser encore plus les plus faibles, d’autant qu’on ne sait pas encore comment réagiront et les autorités bancaires, et les autorités de l’Etat.  Quand j’évoquais « la peur des banques », il ne s’agissait pas de créer le chaos, mais plutôt d’exercer une sorte de chantage destiné à faire prendre conscience et au peuple de la force qu’ils représentent quand ils sont unis, et aux gouvernants que leur pouvoir et leur argent ne provient que de nous, les « petits ».

 

Voilà pourquoi le 7 décembre il ne faut pas gâcher notre « coup d’avance », celui dont je parlais dans « une grève générale pas comme les autres« . Ce mouvement ne doit pas être une fin en soi, mais plutôt le début de « quelque chose ». Il ne doit pas « saboter » un système que nous ne savons pas par quoi remplacer, mais servir au retour de l’imposition de la volonté du peuple, pour qu’on lui trouve une alternative.
Quand nous serons face à notre guichet de banque le 7 décembre, il ne faut pas croire que les banques vont se laisser « détrousser » comme cela, sans réagir : ils peuvent fermer les guichets, sécuriser les entrées, interdire les retraits, pénaliser les découverts… et une fois l’argent retiré, que fera-t-on le mois suivant ? il est un peu trop tôt pour crier victoire et se laisser déborder par ce doux rêve d’un monde où les banques font faillite, car elles nous entraineront avec elles…

 

Alors que bien organisée, cette action peut tout à fait être beaucoup plus productive : imaginez que le 7 décembre ne soit qu’une mise en garde, un ballon d’essai destiné à prendre le contrôle des évènements. Tous allons retirer nos espèces au guichet, mais pas seulement. Il faut prévenir que cette action n’est pas un coup d’épée dans l’eau, mais un avertissement lancé non pas seulement aux banques, mais au gouvernement lui-même. Il faut qu’il sache que nous savons désormais par quel moyen l’attaquer, et que nous pouvons à tout moment reproduire la chose….

 

Il n’y aura qu’à regarder les cours de la bourse ce 7 décembre. Que les centaines de milliers de personnes qui chaque jour subissent les flux et reflux du CAC40 à la télé ou à la radio se réjouissent ce jour-là, pour constater les fruits de leur victoire. Qu’ils comprennent que le jeu du système n’est pas mathématique mais psychologique : nous pouvons leur faire peur, et cette peur peut suffire à les faire tomber.  Et si toutefois ce mouvement se produisait réellement, alors les cours chuteront. Inévitablement. Et cela sera le signe qui permettra d’une part de montrer à tous les peuples des autres nations qu’il est possible de se révolter, et d’une autre que nous pouvons changer les choses nous-mêmes, sans attendre des miracles qui n’arriveront pas.

 

Ce sera alors le moment de faire marcher le chantage dans le sens inverse de d’habitude, et d’exiger du gouvernement ou sa démission, ou de sa soumission aux désirs du peuple. Nous pourrons alors demander l’arrêt des réformes injustes qui nous oppressent de plus en plus, ainsi que la mise en place de comités de réflexion destinés à nous proposer d’autres solutions. Nous pourrons faire valoir nos droits à une véritable démocratie, et réclamer la tenue des Etats généraux, de la création d’une assemblée constituante, pour une nouvelle constitution plus juste et plus humaine. En cas de refus, il sera possible de remettre en route un nouvel appel, avec encore plus de poids.

 

Alors le peuple aura retrouvé sa liberté, et sa dignité : il aura repris sa destinée en marche, et pourra éclairer le chemin des autres, tous ceux qui comme nous, ne veulent plus supporter les injustices du monde comme il va. Le 7 décembre ne doit pas être une fin, mais un commencement.

 

Caleb Irri

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s’enfoncer dans la crise et être candidat à la présidentielle, un pari risqué ?

Posté par calebirri le 20 novembre 2010

La nouvelle ne fait désormais plus aucun doute : la crise n’est pas terminée, et loin s’en faut. comme on le constate avec le cas de l’Irlande, les ennuis des pays riches vont s’approfondir, jusqu’à ce que leurs dirigeants répondent à l’alternative établie par monsieur Leclerc : choisir entre l’insolvabilité de l’Etat, ou celle des banques. Mais comment choisir, c’est bien là tout le problème, que refuse de voir cet excellent analyste : que l’un ou l’autre plonge revient au même, car l’Etat c’est la banque, et réciproquement.

 

En effet, la banque centrale européenne sera bien, à un moment ou à un autre, victime de la maladie évoquée par son papier : une crise du crédit frappant l’Europe, car pas crédible pour un euro. Les pays les plus forts vont devoir payer pour les plus faibles, et c’est bien éviter cela qu’a été tenté le coup d’Etat que j’évoquais l’autre jour. Car en réalité les choses vont se passer ainsi : l’Irlande sera aidée, ses banques renflouées ou nationalisées, son peuple mis à la diète. L’Euro, et donc l’Europe, va en supporter les conséquences élargies, ce qui prélude à de grandes manoeuvres diplomatiques pour dans un premier temps menacer de faire sortir les mauvais payeurs (les plus faibles économiquement). L’Europe ne peut pas se permettre de plonger, et fera tout pour s’en tirer. Je ne sais pas encore de quelle manière, mais il est certain que dans un deuxième temps, et pour faire cesser l’hémorragie, l’objectif soit de  faire accepter de la part des plus risqués leur mise sous tutelle des plus forts, c’est à dire Allemagne-France-Angleterre, et peut-être Italie. Avec pour corollaire tout un tas de mesures anti-sociales.

 

Pendant que les grandes manoeuvres se préparent, on pourrait légitimement se demander ce qui pousse nos prétendants au trône de France à vouloir se précipiter dans une bataille qui semble perdue d’avance : quel intérêt « politique » peut-il y avoir à se jeter dans une bataille pour un pouvoir qui n’héritera en 2012 que d’un champ de ruines sociales et économiques ? nos candidats potentiels se croient-ils réellement meilleurs que les autres, ou espèrent-ils seulement se faire une place à l’ombre des avantages que procure la situation ?

 

Quand on y réfléchit, le futur président des Français ne se prépare ni plus ni moins qu’à aller au « casse-pipe ». Comment peuvent-ils être si nombreux à vouloir le poste ?

Et pourtant, depuis le remaniement c’est bien du chacun pour soi! Comme si la place était enviable, c’est jusque dans la majorité présidentielle que les coups bas se trament. Il n’y a qu’à voir comment l’équipe du président s’est resserrée, pour ne garder que le noyau dur de ses partisans. Tout le monde y va de sa petite phrase, de son petit sourire, de sa petite réunion. Le parti socialiste envisage d’avancer les primaires, Strauss-khan et Sarkozy déjeunent ensemble, le Centre se rebiffe, les Verts font alliance, Fillon et Villepin attaquent… N’y voyez-vous pas quelque chose qui cloche ?

 

Mais les choses devraient bien finir par se décanter un peu, car le temps fait son oeuvre. Les différentes affaires, qui mènent toutes au même personnage, arrivent à point pour accélérer le processus. En attaquant le président, les masques vont tomber, ce qui dévoilera un peu mieux le jeu de chacun. Face à la réalité et ses rebondissements, les liens qui unissent les pouvoirs politique et financier vont apparaître, ce qui provoquera des réactions populaires sans doute impulsives : s’apercevant que leurs gouvernants les conduisent dans une impasse, il se peut que le maintien de l’ordre devienne une priorité du futur gouvernement. Pris en tenailles entre la situation économique extérieure et la situation sociale intérieure, il se peut très bien que l’Europe ne devienne qu’une sorte d’Etat Fédéral sous tutelle de quelques uns… bien obligés d’en arriver là : la banque c’est l’Etat, l’Etat c’est la banque !
Et celui qui contrôlera ce gouvernement sera inévitablement, aux vues des évènements qui se profilent, un homme important pour le futur. Le pari est risqué, mais pas si bête… Ceci-pouvant expliquer cela…

 

Caleb Irri

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un président coupable de tout…mais responsable de rien !

Posté par calebirri le 4 novembre 2010

Je viens de lire un article incroyable sur « lemonde.fr« , concernant la vaste fumisterie des sondages. La plainte déposée contre X pour « délit de favoritisme » se trouve classée sans suite, au regard de « l’irresponsabilité pénale dont jouit le président de la République », qui selon l’avis de classement « doit s’étendre aux actes effectués au nom de la présidence de la République par ses collaborateurs ».

 

Bon. Je ne suis pas spécialiste en droit, et j’aimerais bien avoir l’avis de maître Eolas sur le sujet,  mais tout me porte à croire que cet avis est raisonnable, compte tenu du fait qu’il doit être légal. En effet, à l’occasion d’une précédente modification constitutionnelle, le statut pénal du président de la République a bel et bien été modifié, de manière à garantir sa position. Mais la question de la légalité est-elle la seule que l’on doive se poser ?

A cette occasion, il est donc stipulé d’une part que le président de la république jouit d’une « irresponsabilité pénale », mais surtout que ceux de ses collaborateurs qui agissent en son nom doivent également en bénéficier. Je n’imagine pas qu’un tel jugement puisse être considéré comme valable dans la réalité, mais cela indique quand même dans quel état se trouve notre démocratie.

Même lorsque l’on regarde les textes, on s’aperçoit bien vite qu’en réalité le président est intouchable, que ce soit pénalement ou même politiquement. La procédure de destitution du président ne peut être engagée qu’à travers une marche à suivre pratiquement impossible à réaliser, particulièrement dans le cadre de ce « régime présidentiel » fondé sur le quinquennat, et avec un parlement soumis à la volonté de ce même président. J’en veux pour preuve que l’unique raison justifiant la saisine de la Haute Cour, à savoir la notion de  « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat » est, selon le point de vue où on se place, caractérisé à plus d’une reprise si on se réfère au texte de la constitution dont il est censé être le garant.

 

De plus, on comprend mal comment le président peut être destitué pour des actes dont il ne serait pas responsable… mais peut-être tout cela est-il précisé dans une loi organique dont on ne sait qui peut la consulter, ni à combien de ramifications elle conduit, et ni même si elle est actuellement rédigée…

Ainsi donc, et à travers les failles de la Constitution,  le flou juridique entourant le statut du président s’étend désormais jusqu’à ses collaborateurs. On devrait pouvoir s’étonner d’une telle loi dans une démocratie, ou bien se poser des questions quant à la compétence de ceux qui l’ont votée, ou encore réfléchir à l’incohérence des motifs conduisant au classement de cette affaire… et pourtant c’est à peine si cette information a dépassé le statut de « dépêche AFP ».

Comment se fait-il que personne n’exige une logique, ou au moins une définition de ce que signifie la « responsabilité » ? si le président est responsable de garantir la constitution, mais jugé irresponsable au cas où il ne le fait pas, et que sa responsabilité (donc son irresponsabilité) rejaillit sur ses collaborateurs eux-mêmes responsables de l’irresponsabilité des lois qu’ils font voter, alors il y a quelque chose qui ne tourne pas rond…

Le problème n’est donc même plus de savoir s’ils sont coupables (l’Histoire les jugera pour nous), mais seulement de savoir s’ils sont responsables… ou pas. Dans le premier cas ils sont vraiment très forts, et dans le second ils le sont encore plus : coupable sans être responsable, c’est une magnifique double-pensée, et surtout un formidable concept !

 

Caleb Irri

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quand la notion d’intérêt général se contredit

Posté par calebirri le 23 octobre 2010

Pour les uns, la grève est le seul moyen légal d’établir un rapport de force

Pour les autres, elle divise le peuple et sape l’économie.

 

Dans les deux cas, les « pour » et les « contre » s’affrontent à coups d’arguments stériles, se justifiant tous deux par l’intérêt général, c’est à dire une notion très floue qui n’a en réalité que peu de rapport avec l’âge de la retraite, et bien plus avec la somme des intérêts individuels. Cette question n’est pas résolue par l’âge de son départ de la vie active, mais bien plutôt avec ce que l’on fait avant cette date. Ce qui est un tout autre débat, et le coeur inconscient du mouvement qui oppose ceux qui se satisfont de leur sort avec ceux qui ne s’en accommodent pas.

En effet, les opposants à la grève critiquent un mouvement qui leur nuit dans leur quotidien, invoquant pour justifier leur mécontentement les pertes économiques entrainées par le blocage, et les pertes d’emplois qu’il pourrait occasionner. Pour appuyer leur raisonnement, ils regrettent également les violences urbaines, susceptibles de nuire à l’unité nationale et d’attiser les divisions.

En même temps, les grévistes justifient leurs actions  par la défense des intérêts de tous, et estiment avoir assez donné pour le système économique. Les pertes d’emplois sont le fruit du trop grand appétit des actionnaires, et les violences sont la conséquence de la surdité du gouvernement face aux revendications du peuple : l’identité nationale c’est la France qui se mobilise

 

On pourrait s’étonner de trouver le même argumentaire des deux côtés du même concept, mais c’est sans compter sur la double nature de l’homme, capable de toutes les contradictions sans se départir de son sérieux. Pourtant ici, se peut-il que l’un ait complètement tort quand l’autre n’a pas totalement raison ?

Si on ajoute à cela une autre contradiction qu’offre un tel sujet, on peut rapidement sombrer dans le désespoir, car tout se complique encore :

Ceux qui réclament contre la grève au nom de l’intérêt général sont ceux-là mêmes qui d’habitude ne jurent que par l’individualisme, tandis que ceux qui la réclament sont ceux-là même qui, en général, se disent vouloir respecter les désirs de tous. Les uns veulent qu’on force les gens à ne plus manifester, tandis que les autres voudraient forcer les autres à ne plus aller travailler. C’est à y perdre la raison. Le gouvernement, après avoir longuement évoqué la négociation sur le sujet des retraites, dit vouloir faire une réforme juste. Les masses françaises opposées à la politique de ce gouvernement, après avoir dit non, exigent une négociation

D’un côté on veut rendre pénalement responsable un enfant de treize ans, et de l’autre on veut l’empêcher de manifester quand il en a seize. D’un côté on veut faire cesser la violence de certains jeunes, et de l’autre on veut faire respecter l’ordre à coups de matraque. D’un côté on se réfère à la constitution pour défendre le droit de grève, de l’autre on s’y réfère aussi pour justifier le passage en force d’une loi qui déplaît. D’un côté on veut un référendum qui suspendrait la réforme sans avoir rien à proposer en retour, de l’autre on le refuse comme on l’a exigé pour l’Europe, sans être en mesure d’en tenir compte….

Face à toutes ces contradictions, il serait temps de se poser la question véritable : « c’est quoi l’intérêt général ? » c’est celui qui correspond à mes propres intérêts, ou celui qui va contre mais que j’estime juste de défendre malgré qu’il me nuit, parce qu’il sert aux autres ? il est difficile de répondre honnêtement à cette question, et c’est bien là tout le problème. Et l’intérêt général d’une nation se trouve-t-il nécessairement favoriser l’intérêt général « global », c’est à dire mondial, celui de l’humanité ?et là, c’est tout le système capitaliste qu’il faut (ou pas, selon le point de vue) remettre en cause. Le système global qui régit notre planète favorise-t-il, au niveau du nombre, l’intérêt général de l’humanité ?  quand on sait qu’un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim, quand on sait que 80% des ressources sont possédés par 20% des gens ?

 

Que faut-il donc faire ? une dictature mettant tout le monde d’accord de gré ou de force, ou une démocratie acceptant les contradictions inhérentes au système qui les favorise ?

Il faut être cohérent à la fin, et cesser de voir les choses à travers la réforme des retraites, au niveau national. Si la dictature est le meilleur moyen de faire fonctionner le capitalisme, une fois atteint ce but c’est le capitalisme qui ne sert plus à rien. Ce n’est donc pas la dictature qu’il faut rechercher, ni la démocratie qu’il faut défendre du capitalisme, mais le capitalisme qu’il faut renverser, pour éviter la dictature et l’illusion démocratique. et peu à peu, c’est bien c’est bien ce qui se passe actuellement : de l’inconscient collectif émerge une conscience citoyenne qui veut se faire entendre, et qui se rend compte des errements de ce monde qui contredit sa volonté d’intérêt général. Ce n’est pas à travers la recherche de la somme des intérêts privés qu’elle sera satisfaite, mais par la recherche du bien commun que les intérêts de chacun seront respectés.

Nous ne sommes qu’à l’aube d’un nouveau monde, et il n’y a qu’à nous de le penser autrement pour qu’il se transforme.

Caleb Irri

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La peur des banques

Posté par calebirri le 12 octobre 2010

Au brésil, une grève des agents de la banque dure depuis quatorze jours, pour exiger des augmentations de salaires. 8000 agences sur presque 20000.  Bien sûr, en France aucun média ne relaie cette information, et pour cause : le pays se trouve actuellement entre deux tours, et commence à souffrir d’une pénurie de liquidités. Il n’y a plus d’argent dans les distributeurs, et les chèques ont du mal à être acceptés.

 

En France, quelques voix commencent à s’élever autour du « buzz » de monsieur Cantona, qui réclame non pas la grève des agents de la banque, mais plutôt celle de leurs clients, qui s’ils retiraient en masse leur argent, feraient s’effondrer le système. J’ai moi-même évoqué plusieurs fois cette éventualité, et je suis bien aise d’entendre enfin certains pointer du doigt les principaux responsables de la crise actuelle, les banques. Mais cette idée, si elle est attrayante, ne suffit pas : c’est tout le système financier qu’il faudrait faire s’effondrer, ou au pire remettre à plat. Comme le disait justement monsieur Lordon, « il faut supprimer la bourse« , pour commencer! A mon avis, il faudrait même supprimer l’argent, mais n’allons pas trop vite, souvenons-nous de la théorie du crapaud ébouillanté ; elle fonctionne dans les deux sens.

 

je l’ai déjà dit, la cause principale de l’échec de nos luttes précédentes en est certainement le « coup de retard » systématique que nous entretenons sur les évènements. Comme celui qui mange toujours du pain rassi, pour ne pas « gâcher » : au lieu de se résoudre à jeter le pain de la veille pour en acheter un neuf, il se trouve condamné à toujours acheter son pain le soir, faute de n’avoir pas fini celui de ce matin. Il faut savoir laisser passer un tour, et se rattraper sur le suivant : la partie n’est pas encore finie !

 

Car avec le pétrole comme à la bourse, et contrairement à ce que les lois du marché voudraient nous faire croire, les évènements sont plus le fruit des actions des hommes que de celles des formules mathématiques, et il arrive parfois que  l’humain l’emporte sur les chiffres : nous avons donc notre coup à jouer. Quand les transporteurs décident de bloquer les raffineries, la pénurie se crée d’elle même, par l’intermédiaire de la peur que cette même pénurie provoque. Lorsque une information indique que la bourse s’effondre, la panique qu’elle crée la fait s’effondrer.

 

Cette technique de l’intimidation est le coup d’avance qu’il nous faut prendre à l’égard des banques, et qui permettrait de résoudre le principal problème soulevé par la proposition de monsieur Cantona : si tous les pauvres retiraient d’un coup leur argent…

Mais quel argent ? ils n’ont que des découverts, et c’est bien grâce à ceux-ci que la banque gagne des sous (quand on sait que 40% du chiffre d’affaire des banques est fait sur des services ou des frais de gestion), alors comment faire ?

 

Et bien justement, au lieu de faire sauter les banques comme dans « Fight Club« , si nous faisions peur, mais réellement peur aux banques afin que ce soient les riches qui en viennent à tout retirer ?

 

Imaginons une date, à la date du 19 novembre par exemple. Nous appelons, le 19 octobre, tous les gens déçus de ce gouvernement à réclamer la démission du gouvernement (pourquoi eux ? mais parce qu’ils sont alliés!), sans quoi tous retirerons nos avoirs en banque. Il faut le faire bien sûr, ne serait-ce qu’une petite somme, tous ensemble, comme un happening. Mais l’effet serait bien supérieur du fait même de cette annonce : tous ceux qui ont de l’argent auraient peur, et iraient par sécurité le retirer.

 

Ou encore mieux : le jour dit, tous retireraient ce qu’ils peuvent en liquide, le même jour, à hauteur du maximum du plafond de découvert autorisé. Peut-être vaudrait-il mieux prévoir, d’ailleurs, une date en début de mois, afin que ceux qui se trouvent rapidement en galère puissent participer aussi. Cet argent, il faudra le laisser chez soi, en attendant la réponse du gouvernement : si tous agissons ensemble au même moment, cette espèce de « prise en otage » légale et sans douleur pour le peuple de tous les découverts autorisés débouchera sur la peur des banques, inversant d’un coup le rapport de force. Le mouvement de panique ainsi engendré irait droit au but, c’est à dire  sur tous ceux qui gagnent de l’argent avec nos sous, 24heures sur 24, dans tous les pays du monde, avec nos sous qu’ils ont créé pour nous les prêter, et qu’ils font fructifier pour eux-mêmes. Ils se verraient dans l’incertitude de savoir si les clients retourneraient, un jour, rembourser leurs dettes. Le peuple devra alors conditionner le retour des espèces en banque à la prise en compte de ses exigences, et tenir aussi longtemps qu’elles ne sont pas écoutées…

Ensuite, il suffit d’établir un gouvernement provisoire avec les assemblées, pour les affaires courantes et avec interdiction de voter de nouvelles lois. Mettre en place les Etats Généraux citoyens que tous désirent, former une nouvelle Assemblée Constituante et écrire une nouvelle Constitution, plus juste et plus humaine. La peur aura alors changé de camp, et notre peur des banques se verra remplacée par la peur (de la part) des banques. Il n’y a plus qu’à…

 

Caleb Irri

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