Doit-on tricher pour réussir ?

Posté par calebirri le 2 juillet 2013

Dans « La solidarité contre l’individualisme ou le paradoxe éducationnel« , je dénonçais la dichotomie qui existe entre l’individualisme prôné par le système capitaliste et les valeurs enseignées à l’enfant durant son processus éducationnel : il en ressortait que les plus « adaptés » au monde d’aujourd’hui étaient de fait les plus égoïstes, les plus radins, les plus « agressifs ».

Mais cela ne suffit plus, car aujourd’hui on s’aperçoit -à travers les innombrables « affaires » qui occupent les « grands » de ce monde- qu’en réalité le gouffre est encore plus grand que je ne le craignais : non seulement les valeurs enseignées à l’enfant ne suffisent plus à la « réussite » de ces derniers, mais en plus on apprend qu’il faut tout simplement tricher et mentir, voler ou contraindre par la force pour avoir une chance de ressembler à ceux qui « réussissent ». Comme les gangsters de films sont devenus des modèles pour de nombreux spectateurs, les escrocs modernes sont aujourd’hui des exemples pour bon nombre de nos chères petites têtes blondes (et vides).

Car désormais les vrais héros sont des escrocs (pas les petites racailles de cages d’escaliers non, mais bien ceux qui s’exilent à l’étranger pour éviter l’impôt national ou délocalisent au Bangladesh, ceux qui vous pillent vos « données personnelles » pour les revendre à prix d’or, ceux qui demandent à l’Etat 7 milliards comme ils en demanderaient le double ou la moitié, ou même ceux qui deviennent président en mentant « les yeux dans les yeux » de ceux qui les élisent…) qui ne sont jamais pris, ni ne vont jamais ne prison (ou pas longtemps, et pas dans les mêmes conditions que le petit vendeur de cannabis).

Ceux-là réussissent, tandis que ceux qui suivent les règles voient leurs moindres écarts sanctionnés. Etre individualiste ne suffit plus, il faut être un « requin », un « sniper », c’est-à-dire jouer au plus fin avec les règles, faire la guerre « préventive » à son concurrent, ou même outrepasser les règles si l’on est suffisamment protégé - »too big too fail » comme on dit…

Et puis la Loi elle-même (en même temps elle est faite par ceux à qui elle profite) permet quelques aberrations, comme celle dont bénéficie Apple par exemple, qui ne paye pas d’impôts ou si peu grâce à une « faille » juridique (identifiée mais non réglée), ou le fait de risquer une peine financière maximale dérisoire au rapport des sommes gagnées illégalement…

Faut-il tricher pour réussir, voilà la question qui dorénavant se pose à nos jeunes ; et qui explique le désarroi, la schizophrénie dans laquelle ils sont plongés : d’un côté ils ont ingurgité des valeurs obsolètes pendant un bon paquet d’années (amour du prochain, respect des différences, partage, entraide…), et puis de l’autre ils se rendent compte qu’elles ne valent rien « en capitalisme ». Il faut penser à soi d’abord, et merde pour les autres ! Mais même cela ne fonctionne pas : il y a toujours plus pourri que soi ! Les vrais « winners » ce sont ces types qui planquent leur pognon « offshore » ou applaudissent à l’annonce de licenciements massifs ; et peu importe de savoir comment ils l’ont gagné, sur la sueur ou le sang de qui il a été ponctionné.

il y a ceux qui refusent bien sûr, et ceux qui l’acceptent. Les premiers n’arriveront à rien et les seconds, ceux qui vont « au bout des choses », ont eux-seuls une chance de « réussir » : ce sont les nouvelles règles implicites du système. Mais ces règles ont un inconvénient : si tout le monde se met à les suivre, il risque d’y avoir un problème… Ne pourrait-on pas plutôt, un jour, redéfinir ce qu’est une vie réussie ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Offshore leaks : citoyens, ne vous réjouissez pas trop vite…

Posté par calebirri le 7 avril 2013

Il y a l’affaire Cahuzac. Et il y a l’affaire « offshore leaks ». Et puis il y a aussi l’amnistie fiscale dont les parlementaires Français (et leurs « amis ») vont sans doute profiter bientôt, unis comme un seul homme.

Car ce n’est peut-être pas pour rien que le calendrier des événements est si serré, et qui expliquerait pourquoi monsieur Cahuzac a « tout (?) balancé » juste avant les révélations du « offshoreleaks » : il savait que son nom allait sortir, car cela fait un moment déjà que les journalistes travaillent sur ces listes (12 ou 15 mois je crois). Mais si les journalistes étaient au courant et que monsieur Cahuzac l’était aussi, alors tout le gouvernement savait inévitablement.

Mais nous aussi, les citoyens, nous savons tous que nos politiques sont complices de ce genres d’activités : ce sont eux qui les légalisent, qui les protègent, et qui n’ont jamais rien fait pour les faire supprimer (contrairement à ce qui a été dit).

Aujourd’hui on voit fleurir des articles stupéfaits nous « apprenant » comment fonctionne le système : très bien, mais nous savons cela depuis un bon moment déjà : l’évasion fiscale a été décrite à de nombreuses reprises, par de nombreuses enquêtes qui ont donné lieu à de nombreux ouvrages, des rapports, des scandales… et puis alors ?
Denis Robert nous a déjà tout expliqué par le menu : les paradis fiscaux existent pour blanchir l’argent sale (trafics d’armes, de drogue, d’êtres humains, corruption, jeux, prostitution…), et les chambres de compensation comme Clearstream sont le lieu par lequel TOUTES les transactions du monde transitent : on sait d’où vient l’argent, par où il passe et où il va, et de quelle poche à quelle poche l’argent transite.

Il suffirait donc d’ouvrir les lignes de compte de ces chambres de compensation pour que les masques tombent « définitivement ». Ce que personne dans aucun gouvernement du monde n’a évidemment intérêt à faire : car cela ouvrirait la voie à l’explosion du système en même temps qu’une révolution sociale sans précédent.

Que reste-t-il donc aux peuples pour faire émerger la vérité ?

Le chaos engendré par un bankrun ? Mais même ce moyen de pression lui a été retiré officiellement à l’occasion de la crise chypriote (tiens, un paradis fiscal !)…

La justice alors, dont on apprend qu’elle est entravée (et dénoncée !) par ceux-là mêmes qui sont censés lui apporter des informations ?

Et les journalistes ? peut-on compter sur les promesses d’un offshoreleaks dont on apprend que finalement ils ne sortira rien ? Car je doute que la dizaine de noms promise par le monde, ainsi que la frilosité étonnante des « rebelles » des autres pays nous expliquent comment 50 milliards d’euros s’échappent de France chaque année, et 1000 milliards au niveau de l’Europe ; chiffres incroyables d’ailleurs, juste ce qu’il manquait à nos budgets après qu’on a ponctionné cette somme sur les ménages européens… Et personne ne veut faire de rapprochements ?

Mais au fait, sommes-nous vraiment certains de vouloir savoir ?

Sommes-nous prêts à comprendre que les sacrifices qu’on exige des peuples sont les conséquences de l’accaparement des richesses par quelques uns, que cela constitue un vol, que tous ceux qui organisent, soutiennent et profitent de l’évasion fiscale sont des criminels qu’il faut punir, que tout cela est aberrant et proprement scandaleux, inacceptable ?

Mais posez-vous quand même cette question : à votre avis pourquoi les journalistes ne publient-ils pas les noms qu’ils possèdent, et qu’est-ce qui les en empêche ? Pourquoi les politiques veulent-ils une amnistie fiscale pour leurs collègues et amis ? pourquoi aussi assiste-t-on à cette diabolisation soudaine des paradis fiscaux, juste après la crise chypriote et juste avant l’effondrement total du système ?

Et bien je vais vous le dire moi, ce qui se trame : nos riches ont compris à Chypre qu’ils ne reverront pas tout leur argent, et que les paradis fiscaux sont ceux qui s’effondreront les premiers. Et ils cherchent donc par tous les moyens protéger non pas les petits épargnants mais bien… leur pognon. Et c’est à cela que sert le « Offshoreleaks » : loin d’être un avertissement à l’encontre des voleurs, il est en réalité un signal envoyé à tous les tricheurs, les menteurs et les escrocs qui sont encore une fois en train de nous rouler dans la farine… Les riches de tous les pays savent aujourd’hui qu’il faut au plus vite rapatrier leurs avoirs dans des pays plus « sûrs » avant que le bateau coule par là ou il penche… d’où la proposition de loi sur l’amnistie fiscale !

Nous allons donc assister ces prochains jours ou semaines, à des transferts massifs d’argent sortant des paradis fiscaux, précipitant ainsi la chute de tous les paradis fiscaux en difficulté… On légiférera alors pour « punir » les mauvais élèves, et puis le monde s’apercevra qu’il n’y a plus rien là-bas… Les peuples paieront une fois de plus la facture.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Prospectives sur l’avenir : ce qui suivra le TSCG

Posté par calebirri le 3 octobre 2012

Aujourd’hui, à l’heure des cours de la bourse, un journaliste constatait une baisse des cours et analysait celle-ci comme la conséquence de l’absence de demande d’aide officielle de la part de l’Espagne. Les investisseurs seraient « déçus ». Réfléchissons un instant sur ce que cela signifie d’un point de vue économique (pour que la bourse remonte il faudrait donc que l’Espagne s’enfonce un peu plus encore dans la crise!), et regardons ensuite comment ce point de vue éclaire d’un jour nouveau le tableau européen qu’on veut nous imposer : ce n’est pas à la fin de la crise que travaille en réalité l’Europe mais à la formation d’un véritable Empire Européen -comme je l’avais déjà décrit ailleurs.

En réalité la construction européenne n’a jamais été destinée à rassembler les peuples autour d’un projet commun de société, mais simplement à maintenir l’illusion de sa puissance économique auprès des autres grandes puissances de ce monde. Cela fait déjà plusieurs décennies que le retournement du capitalisme a commencé, et ce n’est que par la corruption généralisée des élites qui gouvernent l’Europe qu’Elle a pu se maintenir au niveau des « véritables » grandes puissances. Ce n’est que par la dette, une dette illégitime qu’il lui est désormais impossible de rembourser qu’elle a pu se payer le niveau de vie que nous avons réussi à conserver jusqu’à maintenant.

Aujourd’hui on nous parle du « TSCG », du « MES », de solidarité européenne et de sacrifices inévitables pour retrouver la « compétitivité » (qui nous alignerait sur les niveaux de salaire et de protection sociale des Chinois). Mais l’austérité n’est pas l’objectif visé, en fait elle n’est que le moyen pour parvenir à cet objectif, qui est d’obtenir « légalement » de la part du peuple la formation de facto d’un Empire européen capable de rivaliser à forces égales avec les autres grandes nations du monde, celles qu’on devrait déjà appeler les « émergés » ; tout en dépossédant le peuple de la démocratie comme mode de gouvernance.

Ainsi, ceux qui nous gouvernent aujourd’hui « au nom du peuple » nous imposent par ce traité la création d’un régime non-démocratique au nom de la sauvegarde d’un système qui nous appauvrit, sans que la population ne puisse réagir autrement que par la violence (puisque les solutions « démocratiques » comme le référendum, les grèves et les manifestations n’ont plus de poids). Et ce n’est que « justifié » par cette violence délibérément organisée qu’un pouvoir autoritaire pourra ensuite se mettre légitimement en place et la répression se légaliser.

Car le traité ne réglera pas le problème de la dette, pas plus qu’il ne réduira les profits du monde de la finance. L’essentiel de ce traité n’est pas « l’austérité perpétuelle » (de fait déjà imposée par les marchés), mais bien plutôt la création de facto d’une entité de gouvernance économique européenne non-élue et non-indépendante, qui se sert de la crise pour asservir les peuples sans avoir à leur rendre des comptes une fois tous les quatre ou cinq ans : la stabilité donne confiance aux investisseurs, car les marchés aiment la stabilité politique.

Ce n’est qu’une fois les traités signés et la démocratie enterrée que l’Empire Européen entrera vraiment en action, ce qui lui permettra de discuter à armes égales du sujet qui deviendra alors brûlant dans le monde entier : celui de la monnaie. On nous reparlera alors de la paix, de la solidarité, de la croissance et du bonheur, et surtout du bancor. Ce Bancor que ceux qui se croient de gauche considèrent comme LA solution (car le bancor permettrait actuellement aux pays endettés d’annuler dans les changes une bonne partie de cet « argent qui n’existe pas » ; solution dont les « émergents/émergés » ne veulent pour le moment pas entendre parler), alors qu’il n’est en réalité qu’un autre moyen d’oppression des peuples.

En attendant, la crise entretenue par nos austères dirigeants affaiblira peu à peu les pays émergents qui eux-mêmes seront alors contraints de se résigner (par la force s’il le faut) à accepter cette nouvelle monnaie qui signifiera la fin d’un monde et le commencement d’un autre dans lequel ce ne sont plus les « pays du nord » qui s’affronteront avec « les pays du sud », mais l’application mondialisée d’un régime dans lequel les riches commandent aux pauvres, les forts imposent aux faibles, les maîtres disposent des esclaves.

Le seul point positif dans tout cela, c’est qu’à force de pousser chaque jour un peu plus les peuples à cette révolte qui signera la fin officielle de la démocratie s’ouvrira une sorte de « fenêtre temporelle », à travers laquelle pourront s’engouffrer d’autres courants que celui de la dictature et de l’oppression, comme celui de la révolution citoyenne et de la prise de conscience populaire. Il faudra alors être là, et il faudra être prêts.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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La religion des cons

Posté par calebirri le 21 septembre 2012

S’il y a bien une chose que partagent les croyants de toutes les religions, c’est la connerie ! Il faut me pardonner ce langage quelque peu abrupt (qui reviendra plusieurs fois), mais il y a un moment où les termes classiques ne suffisent plus pour exprimer cette insondable bêtise humaine qui consiste à défendre une religion censée prêcher l’amour universel par la haine des autres religions qui prêchent…. la même chose !

Ce qui est en train de se produire en ce moment dans le monde à propos des différentes obédiences religieuses montre à quel point les partisans de l’une ou de l’autre des religions n’ont rien compris aux messages délivrés par celles-ci, car le Dieu qu’ils croient pourtant tout puissant ne peut décemment être sensible à ce genre de preuves d’affection. Qui peut croire enfin qu’on peut s’offusquer d’une caricature d’un prophète dont l’image n’existe pas, qui peut croire qu’en brûlant un livre on entache la toute-puissance supposée d’un Dieu qui se doit d’être au dessus de ces enfantillages, qui peut croire qu’en attaquant un fonctionnaire d’Etat on puisse défendre une religion qu’on croit attaquée ?

Tout ceci est parfaitement ridicule, et ne fait que participer à décrédibiliser toute la philosophie (commune aux trois religions musulmane, juive ou chrétienne) qui se trouve contenue dans des textes qui professent la tolérance et l’amour de son prochain. Aussi ridicules sont les musulmans qui se croient attaqués par un film stupide que le pape qui prêche la tolérance en refusant de tolérer l’extrémisme (on est tolérant ou on ne l’est pas, que diable !), aussi ridicules sont les catholiques qui se croient attaqués par des musulmans que les musulmans qui se croient attaqués par les catholiques…

Tous autant que vous êtes, vous les partisans des diverses religions auxquelles vous n’avez manifestement rien compris, en réalité vous êtes en train de vous faire manipuler. Pas par les musulmans, ni par les catholiques ni par les juifs non plus, mais bien par des politiques avisés qui de tout temps se servent des religions pour vous conduire à des comportements haineux, voire à la guerre, pour mieux cacher les véritables enjeux qui se trament derrière toute cette propagande scandaleuse. Vous vous croyez plus évolués que les hommes du moyen-âge que l’on faisait partir en croisade, vous vous croyez plus savants que vos semblables d’autres cultures et vous croyez même que votre culture est supérieure à celle des autres ? Mais vous n’êtes que des cons, arrogants et sans aucune culture, sans aucun sens historique, sans aucune réflexion.

A quoi, et à qui croyez vous que le choc des civilisations profite ? A votre Dieu, à vous-même ? Non, bougres d’imbéciles, vous servez les intérêts de ceux qui veulent vous cacher qu’à part la guerre et la violence ils n’ont aucune solution à vous proposer pour améliorer votre quotidien ; parce qu’ils ont tellement piqué dans la caisse que plutôt que de l’avouer publiquement et d’attendre que vous vous révoltiez, ils préfèrent vous arnaquer encore une énième fois en détournant votre attention… et vous tombez encore dans le panneau !? Après tous ces siècles de guerres, de massacres inutiles, vous croyez encore aux sornettes qu’on vous vend pour diriger votre colère contre votre semblable, votre frère humain ?

Quand allez-vous donc comprendre que la guerre est ce que recherchent nos dirigeants à court d’idées pour sauver leur peau ? quand comprendrez-vous que la guerre a toujours été le seul moyen de relancer l’économie sans avoir à rechercher les coupables de la misère engendrée par l’action de ceux qui vous envoient sur les champs de bataille ?

Vous vous apprêtez encore une fois à salir les valeurs que vous prétendez défendre, et le pire c’est que pour la plupart, ici comme ailleurs, vous n’y croyez qu’à peine à votre Dieu d’amour universel ; car en réalité vous avez oublié ou renié toutes Ses valeurs dont vous vous revendiquez. Le pardon, la fraternité, la paix, l’amour, qu’en avez-vous fait ? La compassion, la générosité, le partage, où sont-ils passés ? Alors que l’objectif avoué de la plupart des êtres qui peuplent cette planète est la réussite financière qui se crée dans l’individualisme le plus « anti-religieux » qui soit, vous voulez faire la guerre au nom de Dieu? Mais ce Dieu « tout-puissant » a-t-il besoin de votre aide pour le défendre ?

Vous n’êtes qu’une bande de cons, vous les défenseurs d’un Dieu qui doit pleurer de rage devant tant d’incompréhension, et vous vous en mordrez les doigts quand il faudra compter les morts, quand les chefs seront restés les chefs et que vous (et « nous » que vous avez entraîné avec) les esclaves, serez restés esclaves, plus misérables après avoir défendu vos soi-disant « valeurs » qu’avant, après avoir envoyé vos fils et vos filles au casse-pipe soit-disant au nom d’un Dieu (qui ne vous les rendra pas), mais en réalité au nom du capitalisme qui vous aura tout pris. Misérables cons.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Des marchés ou des peuples : qui doit avoir confiance en qui ?

Posté par calebirri le 7 septembre 2012

Tout est une question de confiance. Que ce soit en économie ou en politique, en sport ou dans l’art, la confiance est l’élément auto-réalisateur qui permet la réussite de ce que l’on entreprend.

Ce terme provient de « con » (avec, ensemble) et de « fidere » (se fier, croire). Il signifie plus qu’espérer, il touche au sacré : donner sa confiance est un acte de foi. Par extension, il est à rapprocher de l’assurance, de la hardiesse. Avoir confiance en soi-même induit le comportement qui permet à l’objectif désiré d’être réalisé, et il suffirait de la perdre pour rater l’objectif.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer d’un système fondé sur la rationalité de ses acteurs, le capitalisme fonctionne en réalité lui-aussi sur la confiance. Car le crédit est une relation humaine qui met en relation deux individus qui ont besoin l’un de l’autre pour réaliser leur objectif suprême : gagner de l’argent. Il faut donc que l’emprunteur ait confiance en sa propre capacité de remboursement (il s’endette et ne doit pas prendre de retard sur ses échéances, car il s’engage contractuellement). Il faut également que l’emprunteur fasse confiance au prêteur quant à sa capacité à débloquer les fonds, c’est-à-dire à posséder la somme demandée. Et puis surtout que le prêteur donne sa confiance à l’emprunteur pour qu’il puisse à terme recouvrer et la somme prêtée, et les intérêts qui lui servent à faire fonctionner son activité…

Sauf qu’aujourd’hui cela ne fonctionne plus vraiment comme ça : la confiance a été rompue. Aujourd’hui l’emprunteur prend une assurance, le prêteur aussi. Chacun s’assure contre le défaut de l’autre, tout en continuant à prêter et à emprunter. Et puis un jour une rumeur, ou la peur d’une rumeur, enfin la perte de confiance définitive ; et le système risque l’écroulement.

Alors aujourd’hui on nous dit qu’il faut retrouver la confiance. Il faut avoir confiance en ce retour de la confiance. On nous dit qu’il faut avoir confiance en nos dirigeants (enfin ils nous le disent eux…), et puis aussi qu’il faut que les marchés retrouvent confiance, et c’est pour cela qu’il faut accepter l’austérité.

Mais je me pose un question : qui doit avoir confiance en qui ? Doit-on faire confiance aux marchés qui nous volent, aux dirigeants qui nous trompent ou à nous-mêmes qui sommes incapables d’être sinon rationnels, au moins raisonnables…

Ou alors c’est le contraire. Cela fait si longtemps que tous ceux qui nous disent d’avoir confiance en eux nous mentent que je finis par me demander si ce ne sont pas « eux » qui, justement, commencent à douter de la confiance qu’ils ont mise en nous : Jusqu’à quand allons-nous supporter tout ça ?

Car c’est en regardant de cet autre côté qu’on explique le mieux le soudain retour de « la confiance » dans le discours des Européens. Avec le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) en ligne de mire, c’est bien de la confiance qu’ils mettent dans notre incapacité à réagir que tout dépend. En annonçant haut et fort que les sacrifices exigés du peuple ne sont pas vains, qu’après la pluie « viendra le beau temps », ils rassurent le peuple avec quelques mesures populaires pour qu’il continue à lui accorder en retour sa confiance… pour mieux l’endormir et faire passer- le plus vite possible (enfin avant qu’on s’aperçoive que « quelques efforts supplémentaires » seront nécessaires d’être fournis par ce même peuple)- ce fameux traité qui condamne l’Europe et ses habitants à l’austérité éternelle.

C’est donc bien au peuple de retrouver la confiance, et en lui-même ! Et mettre à mal celle que nos dirigeants mettent en lui. Car s’il faut avoir confiance en une seule chose, c’est bien dans l’incommensurable cynisme de ceux qui viennent vous chercher pour vous demander de leur accorder votre confiance : ce sont tous des menteurs… Faites moi confiance !

Caleb Irri
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Ils veulent nous faire payer deux fois !

Posté par calebirri le 1 août 2012

Pendant que nos dirigeants nous effraient avec la menace d’une explosion de l’Europe (qui n’arrivera pas), les perspectives continuent de s’assombrir et les « plans de sauvetage » s’accumulent sans donner le moindre résultat. Chaque jour les sacrifices exigés des pauvres pour soutenir l’économie augmentent, alors même que la situation se détériore à mesure qu’ils sont successivement acceptés et validés.

Parallèlement, le nombre de « soupçons » concernant l’intégrité des grandes institutions financières (et de leurs dirigeants) se multiplient, du Libor Gate en passant par la HSBC et jusqu’à Mario Draghi (celui qui avait travaillé pour Goldman Sachs et que l’on soupçonne d’avoir contribué à maquiller les comptes de la Grèce), sans oublier le scandale des paradis fiscaux en France ou à l’échelle internationale, ni quelques autres « affaires » qui allongent une liste malheureusement non exhaustive…

Cela va donc bientôt faire 5 ans que la crise perdure, et personne ne semble encore vouloir faire le lien entre ces deux éléments qui pourtant font sens si l’on veut bien se donner la peine d’y réfléchir une minute. Et si les sacrifices que l’on exige du peuple pour sauver un système corrompu n’étaient justement que la conséquence de cette corruption ? Alors que les institutions financières ont créé par leurs pratiques criminelles la situation qui nous a appauvri jusqu’à aujourd’hui, ils exigent en plus ce soient ceux qui en ont déjà pâti une fois qui payent une seconde fois – non pas pour nous sauver « nous »- mais pour se sauver « eux » !

Car ce qu’on nous demande aujourd’hui n’est rien d’autre que de payer une seconde fois. La première enveloppe d’aide aux banques a été forcément été détournée de son objectif affiché, puisque le crédit ne s’est pas détendu, que la croissance n’est pas revenue, que les investissements et l’emploi non plus. La seule chose que nous pouvons constater, c’est que les entreprises du CAC40 ont en 2011 accumulé plus de 70 milliards de bénéfices

Et il n’y a personne dans les rues pour exiger des explications, pas un procès de la part de ces citoyens bernés deux fois, pas une manifestation unitaire ni même une misérable pétition ! Tout le monde semble aujourd’hui s’être résigné à l’inutilité de ces actions, et tout le monde sait bien que tous ces tricheurs sont protégées par la Loi des hommes de paille que sont les dirigeants de nos Etats – grâce à des sommes formidables ; et avec l’argent qu’ils ont volé à leurs victimes.

Rendez-vous compte, non seulement on nous vole une partie des fruits de notre labeur, et en plus on voudrait nous demander d’en donner davantage ; et avec le sourire s’il-vous-plaît.

Mais en acceptant les sacrifices nous ne sauvons pas notre bonheur présent, nous ne faisons que saboter notre bonheur futur. C’est une erreur grave, et sans doute historique.

Et le jour où la BCE aura injecté de l’argent pour les banques, il ne faudra pas croire que l’Europe est sauvée, et nous avec. Au lieu de sauter de joie nous ferions mieux alors de nous inquiéter, car l’argent sera bien pris dans les poches de quelqu’un : le peuple.

Tandis qu’en mettant en prison tous ces tricheurs et tous ces menteurs qui décident pour nous (et contre nous), en rendant transparents les comptes ou en supprimant les paradis fiscaux, nous trouverions aisément l’argent qui nous manque pour conserver notre niveau de vie intact -et peut-être même plus.
N’y a-t-il donc rien d’autre à faire qu’attendre ? Et pourquoi pas, après tout ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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