crise automobile : et si on baissait les prix?

Posté par calebirri le 4 mars 2009

Baisse des ventes automobiles, restructurations, licenciements, plans de départ volontaires, aides de l’Etat, tout a été essayé pour sauver l’automobile. Tout ou presque, car je m’étonne que personne n’ait évoqué cette possibilité pourtant assez logique: et si les entreprises baissaient tout simplement les prix de leurs produits ?

 

C’est à croire que les lois du marché, si vantées il y a peu, ne sont déjà plus que de mauvais souvenirs…souvenirs dont il me reste cependant quelques traces : lorsque la demande baisse, les prix baissent. Selon ces lois (qui n’ont pourtant pas encore disparu), la rareté fait monter les prix, et l’abondance les fait baisser.

Car lorsqu’on regarde les stocks s’étendre chaque jour un peu plus, on pourrait imaginer que les vendeurs désirent avant tout les écouler ; les soldes ont d’ailleurs été créés à cet effet.

 

Il est vraiment étonnant, voire suspect, qu’avant même de baisser leurs prix les entreprises en soient rendus à licencier sans même tenter cette possibilité. Comment imaginer que des gens ayant perdu leur emploi soient en mesure de consommer, et ainsi de relancer la machine économique ? Et combien de personnes seraient ravies de changer de voiture (pour une voiture plus propre et moins gourmande) si les prix étaient plus abordables ?

 

C’est comme pour obtenir ces satanés crédits bancaires : acheter une voiture en « cash » n’est plus réellement d’actualité, et il faut pour la plupart se résigner à recourir au crédit. Que faire si la banque ne prête pas ?

 

A l’école, les enseignants de l’école pour les petits refusent les inscriptions, car il manque du personnel et des locaux adaptés. Et c’est la crise dans le bâtiment, et on renvoie les fonctionnaires ? Comment croire que ces gens vont consommer s’ils ne reçoivent pas de salaire ? Il y a pourtant une demande ? où est-elle cette fabuleuse trouvaille tant et tant de fois répétée : « la demande crée l’offre » ?

Dans les hôpitaux, les personnels de santé sont submergés par le travail, pourquoi ne crée-t-on pas des emplois ? J’ai toujours entendu dire que la consommation était le moteur de l’économie, et que l’emploi était la priorité de chaque gouvernement successif. le consommateur était il y a peu le héros des temps modernes, car par sa consommation  il favorisait la production, et incidemment de l’emploi, et il en restait même pour les impôts, si utiles à l’aide sociale et au bien public dans son ensemble.

 

Alors que les pauvres rêveraient de pouvoir consommer plus, que la sauvegarde de notre planète devrait être un formidable créateur d’emplois, que nourrir tous les affamés devraient être notre seul souci, nos politiques nous rabâchent sans cesse ces mêmes méthodes capitalistes qu’ils font semblant de dénoncer. Tout est fait en dépit du bon sens. Comme si le résultat de leurs erreurs passées (la crise d’aujourd’hui) n’était rien, ils veulent encore nous faire croire qu’ils vont nous en sortir. Comment ? il n’y a qu’à regarder, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets : c’est écrit dans les livres d’histoire, et ce n’est pas beau à voir.

 

caleb irri

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la belle vie

Posté par calebirri le 28 août 2008

Les prix continuent d’augmenter, de 6,6% en moyenne. Pourtant, le prix du pétrole a fortement baissé, ainsi que celui des matières premières.

Est-ce le fait d’anticipations, ou tout simplement que comme avec l’essence, les distributeurs rechignent à repartir à la baisse ?

 

Mais que pouvons-nous y faire ? sommes-nous trop faibles pour nous rebeller, ou trop exploités pour y même penser ?

 

Pourtant, la force des grands groupes de distribution réside dans ses employés, qui fournissent le travail de production, et qui ensuite le rachètent plus cher qu’il n’a couté à produire.

Alors quoi, cesser le travail pour faire valoir nos droits ?

 

 

Mais il faut bien manger, et puis il y a les délocalisations, les licenciements…

 

Mais on ne peut pas délocaliser la grande distribution, les magasins doivent se trouver sur le territoire quand même !

 

Oui bien sûr ! ce qu’on ne peut pas délocaliser, on peut l’automatiser. N’avez-vous pas encore testé les nouvelles caisses électroniques, celles où vous faites vous-même le travail du distributeur ?

 

Bon, alors on ne peut donc rien faire contre l’augmentation des prix ?

 

Si, manger moins ! cela règlera en plus le problème de l’obésité, elle n’est pas belle la vie?

 

caleb irri

Publié dans consommation, le travail | Pas de Commentaire »

Qui va payer la récession

Posté par calebirri le 18 août 2008

Ca y est, la réalité commence à rattraper les chiffres.

Malgré toutes les entourloupes statistiques et autres réformes économiques, le gouvernement français se retrouve face au spectre de la récession.

Il y a beau mettre en cause la conjoncture et assurer les prévisions, il n’y a que très peu de chances que la baisse des prix des matières premières ou de l’euro changent quelque chose à l’affaire : pour 2008 c’est cuit !

 

Ce qui est sûr par contre, c’est que les solutions proposées par le gouvernement pour régler la situation ne feront qu’empirer le mal. A choisir entre la relance de l’investissement et celle de la consommation, il ne fait aucun doute que l’effort sera demandé aux entreprises, sans toucher au pouvoir d’achat. Les entreprises vont demander des allègements de charge en retour, qui même si elles sont acceptées ne relanceront ni l’emploi, ni la consommation.

En réalité tout va se passer comme toujours, et ce seront les pauvres qui payeront la facture. Le pouvoir et ceux qui le protègent (parce qu’il les enrichit) ne vont pas laisser tomber leurs profits pour la mauvaise gestion de leurs gouvernants, et sont prêts à licencier, délocaliser, augmenter les prix, tout ce qu’on voudra tant que les marges ne diminuent pas.

 

Car aujourd’hui ce ne sont plus les grèves qui paralysent le pouvoir, ce sont les patrons. Leur pouvoir sur l’emploi (et tout ce qui en découle économiquement sur la croissance) leur permet d’exiger du gouvernement les allègements qu’ils demandent depuis fort longtemps. La menace de licenciements ou de délocalisation, dans un contexte de crise financière, est une aubaine pour tout employeur désireux d’alléger ses dépenses.

 

Malheureusement pour eux, et pour nous aussi, c’est qu’en fonctionnant ainsi on justifie peut-être la baisse de qualité des conditions de travail, mais on favorise en parallèle et la contestation, et la baisse du pouvoir d’achat.

 

Mais attention aux pauvres, ce sont eux les moteurs de la croissance. Ce sont eux qui dépensent leur salaire jusqu’au dernier sou, ce sont eux qui font marcher les entreprises, par leur travail et par leur consommation des produits qu’ils fabriquent.

Faire des cadeaux fiscaux à ceux qui n’en ont pas besoin ne retourne pas en investissement mais s’en va en épargne. Donner plus à ceux qui en ont besoin retournerait directement dans le circuit par la consommation.

 

caleb irri

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Un monde sans pétrole ?

Posté par calebirri le 24 mai 2008

Face au prix exorbitant du pétrole le premier ministre, adepte des progrès de la civilisation, proposait il y a peu une solution radicalement tournée vers l’avenir : se déplacer moins, ou autrement.

J’ose espérer qu’il ne pensait ni aux chevaux ni aux montgolfières, mais je m’interroge sur ce concept futuriste. Est-ce une tactique pour faire fonctionner les transports en commun ou un sabotage anticipé des revenus de la TIPP ? à moins que ne sorte prochainement la révolutionnaire voiture totalement propre et fonctionnant aux déchets…

Mais l’hypothèse d’une telle voiture ne me semble pas être une bonne affaire pour l’économie.

De telles trouvailles technologiques (comme un carburant infini et non polluant) ont déjà été faites (énergie solaire, hydraulique ou électrique) sans que l’on ai jamais poussé plus loin l’expérience. Quelques prototypes ont certes été réalisés, et j’ai même entendu parler de brevets rachetés par de grandes firmes pétrolières. Mais de projet sérieux, de recherches en voie d’élaboration industrielle (il ne faut pas se leurrer, déjà l’éthanol est très critiqué) rien.

 

Comprenons bien. Le pétrole est une denrée épuisable et présente dans le quotidien de pratiquement toute la planète. Des intérêts financiers colossaux, des millions d’emplois, des myriades de produits sont dépendants de l’or noir. S’en passer signifierait une révolution industrielle tellement gigantesque qu’elle mettrait l’équilibre géopolitique par terre. Les grandes industries pétrolières, dont on sait les liens avec les Etats quels qu’ils soient, n’ont donc ni l’un ni l’autre le désir de se séparer du pétrole, et ce malgré l’inévitable épuisement de cette ressource. Que faire ?

 

Dans un premier temps il faut se positionner activement sur toutes les réserves disponibles (on voit les grands pays s’activer partout dans ces zones d’extraction), et puis mettre des moyens financiers colossaux pour en trouver d’autres. On doit mettre en parallèle quelques recherches en route bien sûr, pour parer à toute éventualité, mais l’essentiel des moyens ne va pas bien sûr pas à cette dernière.

 

Toute cette agitation me laisse sceptique vis à vis des conseils du premier ministre, conseils laissant croire à une prochaine pénurie. Pour ma part j’ai du mal à croire que l’augmentation du prix du baril soit réellement liée à la baisse de la production, ou bien même à l’augmentation des consommations ; la Chine et l’augmentation croissante de ses besoins en pétrole suffit presque à le prouver.

Enfin je n’ai pas l’impression que le prix de l’or noir soit clairement contesté ni par les gouvernements concernés, et encore moins par les entreprises concernées. Pas plus que l’on sermonne les pays fournisseurs, qui semblent eux-aussi satisfaits par cet état de fait. Il me semble que l’annonce d’une pénurie soit quelque peu prématurée. Ou alors il y a réellement un problème.

Car si les investissements réalisés sont à la mesure des réserves recherchées le prix du baril devra baisser rapidement. Et si les réserves sont épuisées, on comprend le prix. Mais à quoi serviraient alors tous ces investissements ?

 

caleb irri

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Le hard-discount ou l’apologie de la misère

Posté par calebirri le 29 avril 2008

Pour permettre la baisse des prix dans les grandes surfaces, le gouvernement propose l’élargissement des possibilités d’implantation de supermarchés dans des zones où la concurrence est mal assurée. Ce qui favorisera l’arrivée de nombreux hard-discounters.

Apparemment les deux types de magasins appartiennent aux mêmes groupes et les profits ne sauraient retomber dans d’autres poches. Mais les prix devraient, à en croire le gouvernement, baisser  inévitablement, du fait d’une concurrence facilitée par la création de nouveaux magasins.

Ce qui me choque le plus n’est pas que l’on préconise encore plus de déréglementation (cela est dans l’air du temps), mais surtout que l’on incite implicitement à croire d’une part que le hard discount est une bonne affaire, et d’une autre que la bonne façon d’acheter consiste à subir les prix sans pouvoir choisir les produits.

La déréglementation, censée stimuler la concurrence, n’a cependant jamais fait baisser les prix, il faut tout de même être honnête : soit les groupes s’allient aux concurrents pour maintenir les prix élevés, soit ils suppriment (dans le cas des industries technologiques) la version précédente d’un produit pour le remplacer par le nouveau modèle vendu au même prix que le précédent. Le modèle basique se vendrait pour rien s’il était encore produit, ou tout du moins si son support n’était pas obsolète. Quand on imagine que le prix de ce produit tient compte de la recherche effectuée pour le passage à la future technologie qui rendra obsolète le produit que nous achetons, cela est tout de même choquant. Mais continuons.

Le hard-discount  n’est pas une bonne affaire ; la seule preuve en est la volonté d’en créer sans cesse de nouveaux, ce qui implique des profits croissants pour les groupes concernés. De plus, on constate dans ces magasins des tarifs parfois supérieurs à ceux des supermarchés, avec une offre de produits restreinte, des conditionnements en grande quantité et une date de péremption raccourcie.  Au bout du compte, le hard discount est peut-être le moyen le plus avantageux pour les grands groupes de se débarrasser des surplus ou invendus, par l’intermédiaire de pratiques commerciales attractives leur revenant moins cher que la destruction. Ils y gagnent à tous les coups. D’autant que le reste des courses est à effectuer dans les supermarchés classiques, car pas moyen de tout trouver chez les hard-discounters.

Résultat, des courses qui deviennent un parcours du combattant, obligeant les consommateurs à jongler avec une calculette, des volumes plus importants pour payer moins cher et des dates de consommation à respecter rapidement : on consomme donc plus et plus mal. Car il ne faut pas se leurrer, le jambon premier prix du hard discount n’est pas de la même qualité que celui du boucher ; pas besoin d’être gastronome pour s’en apercevoir.

Ce qu’il y a de plus critiquable à mon avis, c’est le mode de pensée définitivement accepté par le peuple. Au lieu de permettre à chacun de prétendre aux prix pratiqués en « grande surface », le gouvernement préfère privilégier l’achat de produits moins chers. Et tant pis pour la qualité. Ceux qui pourront se le permettre achèteront plus cher, les autres mangeront moins bien. Moins de viande ou moins de légumes frais, et plus de coca ou de nutella. Des couches irritantes et des lessives bas de gamme qui détériorent les machines, voilà le futur supermarché pour les pauvres. Pas sûr que la santé publique ne s’en ressente un jour ou l’autre, et encore moins sûr que le portefeuille s’en trouve mieux. Peut-être qu’en achetant 30 yaourts je paierai moins cher l’unité, mais si je dois les consommer plus vite, je varierai moins mes desserts.

Et tant pis pour le goût, tant pis pour l’équilibre alimentaire. Puisque je suis pauvre. Et qu’apparemment je le resterai.

caleb irri

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