quelques pistes pour une grève générale pas comme les autres…

Posté par calebirri le 2 octobre 2010

Vous voulez que ça cesse ? Vous ne savez pas comment faire, et vous en avez assez de descendre dans la rue pour rien ? Vous voulez créer un mouvement qui ait du poids, de la force, une médiatisation exceptionnelle ?

 

Voici quelques pistes de réflexions pour la mise en place d’une grève générale puissante et non-violente, qui pourrait être réalisée assez rapidement, si toutefois la communication et la diffusion se faisaient largement.

En réalité nous savons très bien qui sont les responsables de nos maux, et nous savons aussi qu’ils ne nous écouteront pas aussi facilement. Alors il faut « frapper » là où ça fait mal, c’est à dire sur les bénéfices injustes et leur soutien étatique.

 

Tout d’abord, répercuter partout une date, assez éloignée pour qu’on ait le temps de s’organiser. Un mois, deux mois, peu importe à vrai dire… réforme des retraites ou pas réforme, là n’est pas la question : elle passera de toutes façons. Il nous faut pouvoir reprendre la main, ne plus avoir toujours un coup de retard. Le principe étant que si nous arrivons à contraindre le gouvernement, nous pourrons rapidement défaire ce qui a été fait. Un ultimatum lancé aux puissants de ce pays serait un signe fort.

 

Ensuite, il faut se préparer : faire quelques réserves de nourriture et de produits de première nécessité, mettre de l’argent de côté quand c’est possible.

Il faut aussi mobiliser. Qu’à la date prévue soient prêts les agriculteurs, éleveurs et producteurs asphyxiés par le système, afin de nourrir et de vendre, en direct, leurs produits, et d’éviter de passer par les canaux habituels de la grande distribution. Se préparer des lieux ou se réaliseront les échanges pendant la période de cette grève générale.

 

Il faut qu’une semaine avant, les routiers se préparent à bloquer le pays, et que les particuliers créent la pénurie en faisant des réserves d’essence, s’organisent pour libérer les transports en commun. Que la grève se fasse non pas au détriment des consommateurs, mais pour eux : gratuité jusqu’à obtention de nos revendications. Y compris pour les péages, et tout ce qui est « géré » par ceux-là même que le gouvernement attaque.

 

Il faut également qu’à un signal donné, tous nous précipitions à nos banques retirer nos espèces, vider nos comptes. Ne rêvez pas, ce n’est pas avec ce que les riches leur rapporte que les banques survivent, mais plutôt avec ce que vous leur laissez, comme agios et frais en tous genre. Puisque le gouvernement veut nous faire sauver (à nouveau) les banques et leurs bénéfices, alors coulons-les. Cessons-d’aller travailler, et employons le temps ainsi libéré non pas à la manifestation inutile et contre-productive, mais échangeons nos compétences entre nous, sans passer par le commerce, c’est à dire par l’Etat. Que les agents d’EDF, de GDF, de France-Telecom se préparent également à faire tourner la machine sans retour financier, pour le bien commun et le soutien aux revendications populaires.

 

Nous devons être capables, le jour dit, de nous mettre tous en grève en même temps, et de nous rassembler tous devant les frontons de nos mairies respectives, en présence de tous les journalistes possibles, étrangers compris. Que des images soient partout prises et rediffusées sur tous les médias possibles, et que toutes les provocations ou exactions policières soient également prises en images. À partir du moment où ce mouvement sera engagé, il faudra pouvoir continuer de rester mobilisés les jours suivants, avec rotation des manifestants, pour que les autres soient capables de faire tourner le mouvement dans sa partie gestion des ressources : car ce n’est pas une grève générale comme les autres qu’il faut organiser. Ce n’est pas cesser le travail que nous devons faire, mais plutôt continuer à travailler, pour nous, et non plus pour « eux ». que certains professeurs fassent grève mais gardent les petits de ceux qui sont occupés, que les femmes de ménage et ouvriers cessent de travailler pour leurs patrons, et utilisent leurs compétences pour les autres, afin que l’on voit bien que sans nous, ils ne sont rien. Et il faut tenir aussi longtemps que la seule revendication valable soit respectée : la démission de ce gouvernement, avec l’instauration d’Etats Généraux, pour une assemblée constituante, avec à la clé un référendum véritablement démocratique. En attendant, privés de gouvernement, le parlement en place ne devra gérer que les affaires courantes, et ne pas voter de lois durant cette période.

Nous n’avons plus le choix, il faut faire quelque chose. Bien sûr tout cela n’est pas facile à déterminer en si peu de mots, et quelques idées sont sans doute impossibles à réaliser. Mais la volonté de ce papier n’est pas d’imposer une quelconque marche à suivre… plutôt de lancer des pistes, et de réfléchir à ce qui pourrait être fait pour lutter avec force et conviction contre ceux qui nous oppressent. Car le peuple est à la fois le plus nombreux et le plus utile, il n’y a aucune raison pour qu’il ne soit pas écouté. C’est à lui de prendre ses responsabilités, et de cesser de s’apitoyer sur son sort. Les moyens techniques de diffusion sont à notre portée. Les moyens de se nourrir et de se loger, d’échanger et de décider sont en notre possession. Utilisons-les !

 

Caleb Irri

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la décroissance, une théorie économique bien trop sage

Posté par calebirri le 25 juillet 2010

La décroissance est une théorie attrayante et qui peut paraître censée, et qui même pour certains semble devoir lutter contre le capitalisme. Mais dans la réalité, et malgré la bonne volonté évidente de ses défenseurs, cette théorie sert moins les idées qu’elle défend que celles qu’elle attaque. Partant du principe que les ressources planétaires sont limitées et mis en rapport avec la soif infinie de consommation des êtres humains, certains penseurs philanthropes et raisonnables ont imaginé qu’il fallait que l’homme se restreigne dans ses mouvements naturels, afin de protéger les futures générations du mal qui ronge notre planète, et qui finira par nous engloutir ensuite. Mais si cette idée est fortement teintée d’humanisme, et qu’elle semble parée des meilleures intentions du monde, il ne faut tout de même pas oublier qu’elle prône clairement une baisse de la consommation maintenant, pour ne pas à avoir à faire face à une brutale pénurie, plus tard.

Mais s’il ne fait aucun doute que je considère la surconsommation comme un mal à combattre, et que pour moi aussi le fait de rechercher à tout prix la croissance est cause de notre surproduction et de la surexploitation des ressources, je ne peux me satisfaire d’une théorie qui frustre les désirs et les espoirs d’un monde meilleur, sans lesquels il est vain de vouloir perpétuer l’espèce humaine.

Car il faut discuter de ce que l’on appelle « croissance », à savoir si elle n’est qu’économique ou s’il faut prendre d’autres facteurs en compte. Et si il est assez aisé de définir ce qu’est la croissance économique (augmentation du PIB, c’est à dire de la production dans un temps donné), il est beaucoup plus délicat d’expliquer ce qu’est la croissance « pure », qui n’est en quelque sorte qu’une augmentation sans objet précis, ou une simple vue de l’esprit. Il faut pour qu’il y ait croissance un qualificatif à y ajouter (la croissance « de quelque chose »). C’est ainsi que la théorie de la décroissance se trouve devenir soit une décroissance « économique », soit une décroissance sans objet. Et une décroissance économique, c’est encore du capitalisme, calculé selon des facteurs économiques, à l’intérieur du système que cette théorie dénonce.

Que veulent donc les « décroissants » ? le retour à une vie plus censée, moins tournée vers la rentabilité et le profit, vers moins de consommation, moins de pollution et plus de morale, de raison ? faut-il alors dénoncer la technologie et ses avancées pour retourner en arrière, se passer de la machine à vapeur et de ses mines de charbon pour partager notre misère avec les autres misérables ? faut-il réapprendre à vivre dans des cabanes en bois insalubres, avec des chevaux pour moyen de locomotion et la bougie pour éclairage ?
Non, personne ne peut vouloir cela, car en quittant le monde de la consommation et de la production ce n’est pas seulement la croissance économique et le capitalisme que nous renverserions, mais aussi et surtout l’idée de progrès, idée sans laquelle l’homme ne peut avancer. C’est nier l’homme en même temps que ses désirs, et faire preuve d’obscurantisme, car nous ne réglerons pas le problème des inégalités et de l’injustice sociale en retournant en arrière, ni en abaissant nos prétentions au point de vouloir devenir tous pauvres. L’égalité, la justice ne sont pas des concepts minimums, orientés selon des critères revus à la baisse pour satisfaire au plus grand nombre, mais au contraire l’expression de la volonté des êtres humains d’accéder tous à « plus » d’une part, et à « mieux » d’une autre.

Consommer moins c’est produire moins, c’est travailler moins, c’est gagner moins. On ne brisera ni le capitalisme ni les inégalités par la décroissance, on ne fera que satisfaire aux désirs de ceux qui veulent licencier sans peine. Et si il est effectivement possible que les riches, à terme, soient contraints à moins de consommation par manque de ressources, ce ne sera pas le signe d’une plus grande justice, mais plutôt le constat d’échec de l’humanité qui ne sera pas parvenu à faire profiter des bienfaits de la civilisation à tous.  La décroissance ne peut pas renverser le capitalisme pour sauver l’humanité, mais l’humanité doit renverser le capitalisme pour parvenir à une croissance juste. Ce n’est qu’une fois le capitalisme supprimé qu’une sorte de décroissance pour certains(ou une croissance pour d’autres) pourra être instituée. Elle doit être le résultat de l’éducation à l’inutilité du superflu, de l’inutile et du jetable, comme une philosophie ou une religion dans laquelle la planète serait le Dieu à honorer. Ce n’est pas la croissance qu’il faut donc supprimer, mais sa définition qu’il faut revoir. Une croissance économique est un contresens, alors qu’une croissance « humaniste » exclut la croissance économique. Ce sont les règles du capitalisme qui impliquent la première définition, et pour en sortir c’est le capitalisme qu’il faut détruire, pas l’humain.

Cette erreur d’interprétation  sur la conception décroissante provient en effet d’un diagnostic erroné, que l’on peut résumer par la phrase d’un certain Kenneth Boulding, « celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ». Car aujourd’hui nous savons que le monde n’est pas fini. La croissance infinie n’est pas une croissance économique détruisant les ressources, mais la potentialité d’un univers dont on ne connaît pas le quart du millième, et qui peut nous offrir les ressources infinies dont « l’aventure humaine » a besoin pour son développement. Nous savons comment produire beaucoup et propre, renouvelable et durable, juste et équitable. Nous avons la capacité de nourrir et de loger plus et mieux, sans nuire ni à la planète ni à l’être humain.

Mais nous n’y arriverons pas sans devenir un peu fous, c’est à dire en se donnant la possibilité de devenir sages. Pour parvenir à une croissance infinie en symbiose avec la nature (elle-même infinie), il nous faut avoir suffisamment de rêves et d’imagination pour se séparer des concepts négatifs tels que la croissance (ou la décroissance) économique, pour nous projeter dans autre monde, sans économie, c’est à dire sans argent.

La rareté supposée des ressources sur laquelle s’appuie les décroissants est une illusion capitaliste permettant de rendre « vendable » ce qui appartient en commun à l’humanité, car en réalité les énergies comme l’air, le soleil et l’eau sont quasiment inépuisables, pour peu qu’on passe d’une réflexion économique à une réflexion en accord avec l’être humain. Ce n’est donc pas en utilisant moins sa voiture qu’on sauvera la planète, mais en supprimant le pouvoir de ceux qui nous empêchent d’accéder à une ressource gratuite, afin de pouvoir rouler en voitures solaires tout notre saoul. Cela implique donc de remplacer la rareté par l’opulence, de remplacer l’argent par la gratuité.

Alors à tout prendre, je préfère être considéré comme fou, et appeler de mes voeux non pas la décroissance, non pas la croissance, mais à l’abolition pure et simple de l’argent, seul responsable de tous les maux qui nous accablent, et qui détruisent la planète. La gratuité est le seul moyen d’y parvenir, car elle allierait à la fois croissance infinie et justice, et tout cela sans nuire aux ressources offertes par la Nature.

 

Caleb Irri

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Pour quoi je paye ?

Posté par calebirri le 13 avril 2010

Il n’y a rien à faire, je ne comprends toujours pas. Et même de moins en moins. La bourse, le chômage, le nucléaire iranien, le réchauffement climatique, le racisme, le pouvoir, tout cela est pour moi fatalement lié au système qui les provoque, car à chaque fois que je tente de m’expliquer le mystère d’un phénomène, ma réflexion me conduit inévitablement vers cette seule explication, qui me semble convenir à la logique.

Je ne suis pourtant pas le seul à entrevoir les choses ainsi! Et pourtant, malgré l’augmentation de la contestation face à cette situation,  rien ne semble devoir changer un jour. Bien sûr quelques nouveaux partis vont se créer, quelques grandes manifestations vont se produire, quelques personnalités vont surgir pour la postérité, et peut-être même quelques mesures seront-elles prises, mais en définitive rien qui puisse enrayer la marche des évènements.  Tous continueront, seuls ou en groupes, à colporter leur bonne parole à qui veut bien les écouter. Tous s’investiront dans une quête au conformisme ambiant, de mauvaise grâce au début, mais en pliant à force de compromis, voire de compromissions. Car se faire élire c’est accepter les règles. Manifester, c’est suivre les règles. Se mettre en avant, c’est oublier les règles. Modifier les règles, c’est quand même jouer au même jeu.

La majorité des êtres humains, qu’ils soient dans l’élite sociale ou non, et moi comme les autres, sont tellement conditionnés par le système qu’il a fini par atteindre jusqu’à notre conscience collective. Ce système qui nous fait croire que rien ne peut changer, que tout a toujours été comme ça, et doit l’être pour toujours. Cette grande machine (le capitalisme donc) que l’homme a construit au fil des âges semble avoir rompu ses liens, et personne n’a l’air de vouloir l’arrêter… mais ceci est une illusion. Ceux qui tiennent les rênes du système sont des démiurges qui ont usurpé notre place en nous faisant croire que nous n’avions ni la force ni le savoir pour le faire. Il suffirait pourtant de se réveiller pour que cesse cette illusion.

Pour arriver jusqu’à ce constat, il n’est nul besoin d’aller très loin, mais juste de se poser cette question simple : « pour quoi je paye ? »

c’est alors en tentant d’y répondre qu’on reste stupéfait, comme tente de le démontrer cette petite liste, bien entendu non exhaustive… :

Je paye des taxes sur les produits que j’achète, qui retournent à l’Etat, ainsi que la marge bénéficiaire du commerçant, et de tous les intermédiaires.
Je paye des impôts pour la construction et l’entretien des routes, l’acheminement de l’eau ou de l’électricité… malgré le fait que je paye également les péages,  mon eau et mon électricité.

Je paye la taxe d’habitation, la taxe foncière si j’ai la chance d’être propriétaire, la redevance…qui servent à financer les chantiers privés, la construction des écoles où l’on conditionne, ou que sais-je encore.

Je paye des taxes sur mes salaires pour la retraite que je ne pourrai pas prendre car je serai mort avant, pour des chômeurs qui ont de moins en moins de droits, pour un service public qui licencie à tour de bras, pour une police qui renvoie les étrangers chez eux ou accompagne le gouvernement qui se protège de son propre peuple.

Je paye une assurance qui se débrouille toujours pour n’assurer que ce qui ne vous arrive jamais, mais jamais ce qui vous arrive.

Je paye aussi pour réparer les erreurs des banques, celles qui nous obligent à travailler plus et plus longtemps.

Je paye un passeport biométrique qui servira à me tracer, des diagnostics « bâtiment » m’obligeant à faire des travaux, une carte bancaire m’autorisant à payer des agios…

Je paye pour tout et tout le temps, et aussi pour rester pauvre et ignorant. Je paye pour rester dans la partie, pour ne pas que je réfléchisse à autre chose que « comment faire pour payer ? »

Et je paye enfin pour enrichir les riches, pour le train de vie de l’Etat, pour la politique qu’il mène,  la construction des centres de rétention, des armes, des voitures qui polluent, pour l’exploitation intensive des ressources,  cultiver des OGMs, fabriquer des nanoparticules, arnaquer les pauvres, pour avoir l’air riche, ou important, instruit ou beau…

En réalité, on comprend pourquoi l’argent est si puissant  lorsqu’on s’imagine sans lui. Car c’est un gouffre pour l’imagination! Cela tétanise : que ferions-nous sans lui ? comment nous entendre, nous parler, échanger, créer, construire ? Voilà le point central de toute cette illusion, la clef de voûte de cette vaste supercherie qui veut nous faire accepter l’état de ce monde comme inéluctable. Car l’indépendance est le pire ennemi du pouvoir : sans l’esclave le maître n’est rien. Et l’argent rend dépendant. A partir du moment où le pouvoir et l’argent se sont liés, la dépendance est devenue totale.

C’est qu’il est très difficile aujourd’hui de s’imaginer un monde fonctionnant sans argent. Il est actuellement impossible à quelqu’un de prétendre vouloir vivre sans argent, à moins que de se vouloir misérable : celui qui compterait vivre correctement sans argent ne le peut pas. L’argent est comme une drogue qui nous aurait rendus accros, en ce sens que nous ne sommes plus capables d’envisager la vie autrement qu’avec lui. Le pouvoir, en quelque sorte, nous en a rendu dépendant, comme avec le crédit, et le renouvelable… le fournisseur est le pouvoir financier, le dealer le pouvoir, les drogués le peuple. Par cette dépendance le pouvoir a pris un ascendant psychologique (il possède l’éducation, la télé, la pub, la presse….) et nous entraîne vers l’acceptation de notre faiblesse vis à vis de leur force.

Mais sans argent, l’illusion prend fin. Plus besoin d’esclaves s’il n’y a plus besoin de maîtres… si nous ne payons plus, nous supprimons d’un seul coup tout le poids de notre propre aliénation, et nous nous retrouvons alors face à nous-même, à nos propres responsabilités.  C’est d’ailleurs sans doute cela qui nous fait le plus peur : comme l’esclave libéré d’une trop longue emprise sur son corps et son esprit, l’homme libéré de l’argent est comme saisi d’un vertige. Il ne sait plus ni où aller, ni comment. Il lui faut réfléchir d’une autre manière, ne plus attendre des ordres, prendre des initiatives, en définitive reprendre en main sa destinée.

Mais qu’on le veuille ou non, c’est une question à laquelle l’homme est confronté, et à laquelle il va falloir qu’il réponde tôt ou tard : pour quoi, et pourquoi payer ? voulons-nous continuer à payer le prix de notre dépendance, ou nous libérer de celle-ci ? préférons-nous la servitude passive ou la liberté active ?

Si la deuxième proposition vous tente plus que la première, il serait grand temps de se mettre au travail. Ne pas avoir peur de la liberté, et laisser tomber les vieilles rengaines économiques, qui ne sont qu’une manière détournée d’accepter cet esclavage, sans en avoir l’air.

Et quand nous aurons tous bien compris pour quoi on paye, nous pourrons alors cesser de payer.

 

Caleb Irri

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Fight-Club, le conditionnement et… la crise

Posté par calebirri le 26 mars 2010

Je repense souvent à ce film. L’histoire d’un homme déboussolé, pris d’une aversion soudaine pour sa vie morose, matérialiste et dénuée de sens. Sa rencontre avec la souffrance humaine, au travers de thérapies de groupes censées lui rendre le sommeil, le pousse à une sorte de dédoublement de personnalité le conduisant petit à petit à la marge de la société, pour finir dans la violence et le chaos, par l’intermédiaire d’un mentor, qui n’est en réalité que la projection mentale de son double dés-inhibé.

Je me souviens à quel point la violence de certaines scènes était réaliste, et de quelle manière ce film fut considéré par la plupart comme une sorte d’apologie du combat, de la destruction, du chaos : le conditionnement dénoncé dans le film avait déjà rempli son oeuvre de sape, et le message éminemment politique de ce film fut largement négligé. La majorité n’en a retenu en effet que le physique de Brad Pitt, et la schizophrénie du héros.

Pourtant, ce film délivre une vision du monde extrêmement aboutie, et préfigure (en 1999 pour le film mais en 1996 pour le bouquin) la folie qui s’est peu à peu emparée de chacun de nous, jusqu’à ne plus être capables de nous regarder en face. Nous-mêmes victimes du conditionnement matérialiste, nous sommes tombés dans le même piège que le héros, à savoir le culte de la violence, le culte du chef, le culte de l’aveuglement et de la soumission volontaire.

En essayant de se libérer de ce monde capitaliste, le héros du film suit une évolution mentale  (à travers son double) qui le conduit inévitablement à la violence, et au conditionnement des autres pour accomplir son oeuvre qu’il pense salvatrice. Au fur et à mesure qu’il se détache de la société qu’il critique (il vit dans un squatt, cesse de travailler, vole, ment, frappe), il finit par tomber dans tous les travers qu’il dénonce lui-même, ceux desquels il a essayé de se libérer. Il met en place une véritable armée de subalternes dévolus aux basses oeuvres de son projet, sans les instruire de celui-ci, sans les éveiller aux raisons qui le poussent à agir ainsi, sans les considérer autrement que des instruments à la solde de sa volonté. Ces exécutants, que peut-être il aurait voulu voir participer volontairement, sont tellement conditionnés par la société qu’ils ne ressentent même pas le besoin, ni le désir de connaître ce projet…en quelque sorte, le simple fait de participer à un mouvement qu’ils considèrent « alternatif », ou « révolutionnaire », leur suffit. S’ils peuvent obtenir un sourire du chef, c’est déjà une récompense.

Je ne sais si le héros utilise ces hommes comme des instruments par mépris (du fait que le but ne les intéresse même pas, ils veulent juste l’action), ou bien s’il décide volontairement de les conditionner à  devenir des instruments pour parvenir à réaliser son objectif (car en définitive, si le Fight-Club se développe, c’est parce que personne ne respecte le silence pourtant imposé), mais toujours est-il qu’il ne les considère pas comme des êtres humains à part entière. Comment a-t-il pu en arriver là ? libérer les hommes de leur asservissement matérialiste en les asservissant d’une autre manière est-il meilleur que de libérer des hommes qu’on ne considère pas valoir cette liberté ?

Voilà bien toute la contradiction de la révolution, et la véritable question qui doit être posée lorsque l’on évoque la transformation du monde. Car c’est à une véritable transformation du monde que travaille le héros du film. Je ne sais pas si vous vous rappelez, mais son but ultime est tout simplement de faire sauter tous les grands centres financiers. Plus de banques, plus de compte, plus de dettes, plus de bonus, plus de capitalisme. C’est sur cette image que se termine ce film. Le héros a réalisé son oeuvre, appelé « projet Chaos ».

Et c’est ici que nous nous retrouvons avec la crise. Car si le film se termine ici, sans suite, sans projet derrière ce coup de force, nous sommes nous, dans le monde réel, confrontés à un bien plus vaste problème : que se passe-t-il après la fin des banques ? les pillages, la violence, la guerre, la misère, le chaos ?

Il est bien beau de vouloir se séparer d’un système, encore faut-il en avoir un autre à proposer derrière…
Pour éviter le chaos, et pour supprimer le capitalisme, la violence est la dernière des choses à faire. Eveiller les consciences aux hommes au lieu de les conditionner à accepter la révolution, voilà qui devrait suffire à faire tomber les banques sans avoir à les faire sauter. Les rendre obsolètes par notre volonté éclairée de ne plus nous soumettre, après avoir préparé ce qui suivra leur obsolescence, voilà la seule possibilité de changer ce monde.

 

Caleb Irri

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le besoin et le désir

Posté par calebirri le 24 janvier 2010

Nous avons tous et des désirs, et des besoins. Mais il ne faut pas les confondre. Si nous avons tous besoin de désirer, nous ne désirons pas avoir besoin.

Le besoin est une nécessité vitale, une sorte d’instinct qui détermine ce qui nous manque pour rester en vie. Alors que le désir, contrairement à ce qu’on entend parfois, n’est pas une nécessité vitale. Le désir est une envie créée par notre imaginaire qui n’a pour objectif que le plaisir. Mais la satisfaction de ce désir n’est pas dans sa réalisation, mais dans l’attente. Le fait que l’on confonde désir et besoin est la source de bien des malheurs humains : croyants que leur désir est « vital », ils imaginent qu’il est un besoin qu’il faut à tout prix satisfaire, sans se rendre compte qu’une fois réalisé, il ne reste plus rien d’autre que le besoin de désirer.

Lorsque l’homme aura compris qu’avoir envie n’est pas avoir besoin, alors seulement il pourra commencer à penser autrement. Car une fois bien établie cette différence, nous serons en mesure de définir clairement en quoi la satisfaction des besoins est primordiale, et ainsi de commencer à chercher comment y pourvoir.

Car c’est bien d’économie, et de politique dont il s’agit : en nous faisant prendre les désirs pour des besoins, c’est toute la société de consommation qui se trouve remise en question. Si nous cessons de les confondre, alors nous cesserons de croire que le superflu est essentiel. Nous apprendrons que l’attente que provoque le désir est plus plaisante que sa réalisation, et il deviendra difficile de nous faire rêver avec cette entourloupe. S’il est compris que la mode, l’esthétique ou le « bling bling » ne sont liés qu’à des caprices, alors il nous sera permis de penser autrement. C’est tout un système de valeurs qui s’effondrerait.

En se focalisant donc sur la satisfaction des besoins, il serait possible de déterminer clairement, (constitutionnellement en quelque sorte), qu’une société qui fonctionne est une société qui remplit les besoins de chaque individu. On ne saurait s’arrêter là bien sûr, car je le disais plus haut : le fait de désirer est un besoin. Pas celui de désirer la liberté (c’est justement un besoin, pas un désir). Mais une société qui ne désire pas n’avance pas. il lui faut des rêves et des objectifs.

il ne s’agit donc pas de nier le désir, mais de le relativiser. Le besoin d’une société meilleure et plus juste ne doit pas amoindrir le désir, mais le consacrer pour ce qu’il est : un bien à rechercher une fois les besoins satisfaits.

en économie, on parle de besoins primaires, et de besoins secondaires. mais cette distinction existe là aussi pour brouiller les pistes, et fait croire que des objets de consommation sont essentiels ; tout cela dans le but de nous faire consommer, et participer au système.

 

Mais imaginons par exemple que l’épargne soit considérée comme ce qui reste de superflu une fois les besoins remplis. On pourrait sans conteste établir ce résidu comme non essentiel et devant être attribué à ceux dont le besoin n’est pas comblé.

 

Si chaque individu était mû par ses besoins plus que par ses désirs, il cesserait à un moment de vouloir consommer, ou même d’épargner. Les bons élèves du système capitaliste se trouvent être paradoxalement les pauvres, car ils ne visent qu’à la satisfaction de leurs besoins. Et ceux qui les remplissent aisément sont ceux qui ne sont jamais satisfaits, car ils ont définitivement perdu la notion du besoin : à force de désirer sans s’occuper de leurs besoins, ils ont fini par croire qu’amasser de l’argent va les aider à les satisfaire… et courrons toujours après l’un sans contenter l’autre.

 

Caleb Irri

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Cyril Lignac et le capitalisme

Posté par calebirri le 21 janvier 2010

J’ai déjà parlé de la possibilité d’un nouveau système. Persuadé qu’il est nécessaire de passer par l’éducation pour parvenir à un changement des mentalités, et conscient du fait que les institutions actuelles ne souhaitent ni ne permettent ce changement, je voudrais revenir sur une notion largement dévoyée de sons sens premier (pas tant dans son concept que dans son application) : la solidarité.

La solidarité provient du latin « solidus » qui signifie « entier », « consistant ». Ce terme exprime les liens qui unissent pour former une sorte de « tout ».  Pour exprimer cette notion, on pourrait rapprocher ce terme « d’entraide » . La solidarité est en quelque sorte la faculté de créer des liens dans un but commun.

Par exemple, et pour coller à l’actualité, la « solidarité » avec Haïti n’en est pas une : cette généreuse action qui consiste à donner de l’argent pour aider à la reconstruction du pays s’appelle de la charité, car il n’y a pas de liens créés entre les deux parties. Pour qu’il y ait solidarité, il faut qu’il y ait une union, un lien qui ne peut être créé que par la participation des deux parties au même objectif.

Pour que ce lien se crée, il faut tout d’abord que les différentes parties se rencontrent pour apprendre à se connaître. Se connaître pour pour avoir envie de s’entre-aider, de participer de façon solidaire, en une union solide. Pour avoir une volonté en commun.

J’ai regardé l’autre jour une émission sujette à de nombreuses critiques s’intitulant « le chef contre-attaque ». ce n’est pas la première fois que je regarde cette émission, et je dois avouer que j’aime bien ce monsieur Lignac. Pas la cuisine, dont à vrai dire je me fiche pas mal, mais l’homme, l’être humain. Dans ce dernier épisode, ce monsieur se proposait de remettre une ville à la cuisine, afin non seulement de leur permettre de s’alimenter « sainement », mais surtout de pratiquer la solidarité.

Jouant sur sa notoriété pour intéresser le public à sa démarche, monsieur Lignac n’a pour seul pouvoir que de parler avec son coeur, et comme qualité principale celle de son instinct.

On peut facilement critiquer ce type d’émissions, mais force est de constater une chose : si une solidarité comme celle qu’il préconise dans cette émission était réellement mise en place, le capitalisme aurait du soucis à se faire.

En effet, une des voies explorées par le chef est celle de la préparation, en communauté, de repas en grandes quantités, pour peu de frais, et pour toute la semaine.  Au delà du service rendu à ceux qui y participent, les relations entre voisins ont ainsi une chance de se nouer, des incompréhensions de s’expliquer, des sentiments se créer. C’est beaucoup plus que la cuisine qui est en jeu : c’est le début de la solidarité. Et le contraire de l’individualisme concurrentiel prôné par le capitalisme. Alors que la charité (qui est un « bienfait » autorisé par le système) crée un rapport sinon de dépendance, au moins d’acceptation de la faiblesse de celui qui reçoit, la solidarité va beaucoup plus loin.  En imaginant ainsi la création de rapports humains entre ne serait-ce qu’un voisinage proche, il devient alors possible de connaître, et donc d’aimer. de la même manière qu’on aime son frère ou son conjoint parce qu’on le connaît, avec ses défauts et ses qualités, (et non juste parce qu’il est le frère ou le conjoint), les relations humaines sont de ce point de vue « anti-capitalistes » : car le contrôleur des impôts qui frappe à la porte de son voisin et constate des irrégularités sera humainement plus réticent à lui faire des remontrances s’il a cuisiné avec ce dernier la semaine passée, et partagé avec lui les repas concoctés ensemble.

C’est d’ailleurs pour cette raison que certaines grandes firmes sont réticentes à la création de liens affectifs au sein de l’entreprise : un DRH qui « fricotte » avec les employés aura plus de mal à les licencier que lorsque ce dernier est simplement considéré comme un « numéro ».

Dans une deuxième partie de l’émission, Cyril Lignac souhaite mettre en place une sorte de restaurant « municipal », où les participants préparent pour quelques dizaines de personnes des repas équilibrés, bons et à faible coût. On constate évidemment que la participation des autorités locales est absolument nécéssaire en terme d’infrastructure (avec la caméra les réponses favorables sont plus sûres…), mais également que le choix des organisateurs de ce genre d’initiatives se doit d’être bon :  le choix des « chefs » étant primordial à la réussite de tels projets. Je ne sais pas comment est réalisée cette émission, mais force ést de constater que monsieur Lignac ne s’était pas trompé dans son choix.

Son choix qui se trouve aussi être le bon dans le cadre de la troisième partie de l’émission : après avoir pris exemple sur des « jardins solidaires » aux Etats-Unis, il est proposé d’en créer un dans la ville où se déroule l’émission. il ne doit pas être trop difficile  de trouver un terrain et quelques graines (sponsoring ?) dans quasiment chaque commune de France, et avec un peu de bonne volonté, il doit être possible de faire pousser rapidement quelques denrées disponibles pour tous. D’ailleurs, si l’on en croit les témoignages, il est rare de voir ce genre de parcelles saccagées, et les profiteurs s’accaparer le fruit du travail des autres sans aucune contrepartie.

Si on considère tous les bienfaits potentiels d’une telle action, on s’aperçoit qu’il est possible d’apprendre aux enfants, de manière pédagogique, comment la nature fonctionne. Et également le goût des aliments, la manière de les préparer ou le bon moment passé à l’air libre. Mais c’est aussi une source de travail physique récompensée à force de patience, un moment partagé à plusieurs, le plaisir de voir la nature se développer, la possibilité d’offrir de son temps, de sa force, de son savoir, de son esprit de solidarité.

En imaginant la diffusion de telles pratiques, il est possible de croire que le chapardage devienne inutile (pourquoi prendre des produits qui se périment rapidement, et qu’il est possible de trouver dans chaque quartier ?). mais pas seulement : à grande échelle, une telle action permettrait de réduire sensiblement les marges pratiquées par la grande distribution, et peut-être de remplir le ventre de quelques affamés.

On va sans doute me parler après cela des producteurs de légumes, du transport, de la mondialisation et des salaires, de rentabilité… Mais pourquoi parler de rentabilité ? car si la solidarité entrait réellement dans la manière de vivre des gens, on s’apercevrait rapidement qu’avec peu de travail, s’il est divisé en grand nombre et considéré solidairement (le bien que j’apporte aux autres est en même temps le bien que je m’apporte à moi-même par l’action que je mène), on pourrait aisément satisfaire les besoins les plus essentiels des hommes : manger à sa faim, et avoir un toit pour dormir.

Car pourquoi ne pas étendre la réflexion au bâtiment ? chaque individu est plus ou moins capable de réaliser une tâche propre à l’habitation, et ceux qui n’aiment pas travailler la terre pourraient construire ou rénover. Ceux qui aiment la terre continueront à la travailler, et ceux qui aiment faire de la route, ils transporteront autre chose.
Une fois les besoins essentiels de tous satisfaits, il ne fait pas de doute que le reste suive. La mondialisation ne serait plus alors celle de l’exploitation des uns pour satisfaire aux autres, mais la solidarité des uns avec les autres.

 

Caleb Irri

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