Des marchés ou des peuples : qui doit avoir confiance en qui ?

Posté par calebirri le 7 septembre 2012

Tout est une question de confiance. Que ce soit en économie ou en politique, en sport ou dans l’art, la confiance est l’élément auto-réalisateur qui permet la réussite de ce que l’on entreprend.

Ce terme provient de « con » (avec, ensemble) et de « fidere » (se fier, croire). Il signifie plus qu’espérer, il touche au sacré : donner sa confiance est un acte de foi. Par extension, il est à rapprocher de l’assurance, de la hardiesse. Avoir confiance en soi-même induit le comportement qui permet à l’objectif désiré d’être réalisé, et il suffirait de la perdre pour rater l’objectif.

Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer d’un système fondé sur la rationalité de ses acteurs, le capitalisme fonctionne en réalité lui-aussi sur la confiance. Car le crédit est une relation humaine qui met en relation deux individus qui ont besoin l’un de l’autre pour réaliser leur objectif suprême : gagner de l’argent. Il faut donc que l’emprunteur ait confiance en sa propre capacité de remboursement (il s’endette et ne doit pas prendre de retard sur ses échéances, car il s’engage contractuellement). Il faut également que l’emprunteur fasse confiance au prêteur quant à sa capacité à débloquer les fonds, c’est-à-dire à posséder la somme demandée. Et puis surtout que le prêteur donne sa confiance à l’emprunteur pour qu’il puisse à terme recouvrer et la somme prêtée, et les intérêts qui lui servent à faire fonctionner son activité…

Sauf qu’aujourd’hui cela ne fonctionne plus vraiment comme ça : la confiance a été rompue. Aujourd’hui l’emprunteur prend une assurance, le prêteur aussi. Chacun s’assure contre le défaut de l’autre, tout en continuant à prêter et à emprunter. Et puis un jour une rumeur, ou la peur d’une rumeur, enfin la perte de confiance définitive ; et le système risque l’écroulement.

Alors aujourd’hui on nous dit qu’il faut retrouver la confiance. Il faut avoir confiance en ce retour de la confiance. On nous dit qu’il faut avoir confiance en nos dirigeants (enfin ils nous le disent eux…), et puis aussi qu’il faut que les marchés retrouvent confiance, et c’est pour cela qu’il faut accepter l’austérité.

Mais je me pose un question : qui doit avoir confiance en qui ? Doit-on faire confiance aux marchés qui nous volent, aux dirigeants qui nous trompent ou à nous-mêmes qui sommes incapables d’être sinon rationnels, au moins raisonnables…

Ou alors c’est le contraire. Cela fait si longtemps que tous ceux qui nous disent d’avoir confiance en eux nous mentent que je finis par me demander si ce ne sont pas « eux » qui, justement, commencent à douter de la confiance qu’ils ont mise en nous : Jusqu’à quand allons-nous supporter tout ça ?

Car c’est en regardant de cet autre côté qu’on explique le mieux le soudain retour de « la confiance » dans le discours des Européens. Avec le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) en ligne de mire, c’est bien de la confiance qu’ils mettent dans notre incapacité à réagir que tout dépend. En annonçant haut et fort que les sacrifices exigés du peuple ne sont pas vains, qu’après la pluie « viendra le beau temps », ils rassurent le peuple avec quelques mesures populaires pour qu’il continue à lui accorder en retour sa confiance… pour mieux l’endormir et faire passer- le plus vite possible (enfin avant qu’on s’aperçoive que « quelques efforts supplémentaires » seront nécessaires d’être fournis par ce même peuple)- ce fameux traité qui condamne l’Europe et ses habitants à l’austérité éternelle.

C’est donc bien au peuple de retrouver la confiance, et en lui-même ! Et mettre à mal celle que nos dirigeants mettent en lui. Car s’il faut avoir confiance en une seule chose, c’est bien dans l’incommensurable cynisme de ceux qui viennent vous chercher pour vous demander de leur accorder votre confiance : ce sont tous des menteurs… Faites moi confiance !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, double coup, La voie des peuples, politique? mensonges | 1 Commentaire »

Crise de la dette : le roi est nu

Posté par calebirri le 4 septembre 2012

Lorsqu’on envisage la situation actuelle à travers l’hypothèse d’une gigantesque mystification concernant l’illusion monétaire, la compréhension des événements devient alors subitement plus aisée, d’un point de vue économique et social comme d’un point de vue géopolitique ; en même temps que les conséquences dune telle découverte ouvrent des perspectives qui effraient jusqu’à l’imagination.

Car s’il s’avère que le tas d’or sur lequel les Occidentaux sont assis depuis des décennies n’est que virtuel, alors c’est tout le passé récent de la domination occidentale qui se trouve ainsi remis en cause, en même temps que tout le discours idéologique qui l’accompagne.

Et c’est peut-être bien cela que ceux qui détiennent actuellement le pouvoir ne veulent pas que nous découvrions : ce n’est pas le système capitaliste qui ne fonctionne plus, mais bien la corruption généralisée qui a jusqu’à maintenant empêché son inévitable retournement – ce qu’auraient peut-être du mal à avaler les peuples qui en ont été victimes jusqu’ici.

Car puisque les dettes ne valent que le prix qu’on veut bien leur accorder (ce qui peut être « rien »), et que les Etats ne peuvent pas faire faillite, alors c’est comme si l’argent n’existait tout simplement pas. Et en réalité ce n’est donc qu’artificiellement que la domination occidentale a pu s’exercer sur les autres pays, une domination fondée sur ce « rien ». Une domination que les populations les plus fragiles auraient donc souffert injustement, contrairement à la « logique » du système qui veut que les plus grands pays (a fortiori les moins démocratiques) prennent le dessus, au moins d’un point de vue économique.

En admettant l’hypothèse de la mystification monétaire, il devient clair que si nous sommes parvenus à maintenir jusqu’à maintenant le niveau de vie des Occidentaux à un niveau supérieur à celui des autres grandes puissances, ce n’est dû qu’aux subventions et à la toute puissance diplomatique (ou peut-être faudrait-il dire la toute puissance puissance militaire) des Etats Occidentaux.
Sauf qu’aujourd’hui, avec la crise, ce sont toutes les coutures du manteau européen qui craquent une à une, si bien qu’on commence à voir à travers : la puissance des occidentaux n’est qu’une illusion, et seule la corruption du système a permis que nous nous maintenions à ce niveau aussi longtemps.

Il ne s’agit donc pas d’un problème national ni même européen, mais d’un problème mondial. Car ni les marchés ni les gouvernements ne peuvent se permettre d’attendre que le monde entier découvre l’incroyable réalité, à savoir que « le roi est nu », et que la puissance passée des Occidentaux n’est fondée que sur du vent. Ce serait alors comme reconnaître la responsabilité des « élites » de ce monde dans la misère structurelle des autres populations, en même temps qu’un aveu de culpabilité historique sur plusieurs décennies. Cela démontrerait aussi que le « retard » des pays émergents n’est dû qu’aux mensonges des Occidentaux, et que leur pouvoir n’est que le résultat de notre exploitation commune, qui elle-même ne tient qu’à notre crédulité.

Comment pourraient-ils donc aujourd’hui laisser faire ce retournement, avec les conséquences que l’on vient d’évoquer, et qui les condamnerait à abandonner leur pouvoir et leur puissance ?

Et en même temps, comment pourraient-ils faire payer des riches qui s’apercevraient alors assez rapidement qu’ils n’ont déjà plus rien ?

Ils sont coincés. Et le résultat de tout ça, c’est qu’ils préfèrent faire le pari qu’en menaçant l’Europe d’une explosion ils réussissent à imposer l’Empire Européen et son austérité perpétuelle (la règle d’or budgétaire) sans provoquer la révolution. Mais si les citoyens prenaient conscience que les Etats ne peuvent faire faillite et que les dettes ne valent que le prix qu’on leur accorde, alors leur pari sera perdu… à moins que d’envisager la guerre ; mais dans ce domaine, les Occidentaux sont sans doute encore les plus forts.

Mais nous, les peuples, que voulons-nous ?

-conserver notre niveau de vie intact à tout prix, c’est-à-dire au détriment de celui des peuples des autres pays ?
-accepter la baisse de notre niveau de vie pour permettre aux peuples des autres pays d’améliorer le leur ?
-ou bien prendre enfin nos responsabilités pour refuser et l’un et l’autre, et inventer ensemble une troisième voie qui ne nuise à personne ?

Nous avons peu de temps devant nous, car les événements se précipitent – et nous savons désormais clairement que les élections ne sont pas le moyen approprié pour faire entendre la voix du peuple.

Il nous faut donc nous préparer à un changement de paradigme majeur, historique, tout en résistant à celui qu’on veut nous imposer. Et puis il faut attaquer le système par là où il pèche : l’argent. Car le seul argent qui existe réellement est celui que nous gagnons par notre labeur. Nous en sommes propriétaires. Nous avons le droit de le reprendre, il est à nous.

J’ai parlé il y a quelque temps de « faire chanter les marchés » . Et c’est bien de cela qu’il s’agit.

-Dans un premier temps il faut informer les peuples des heures sombres qui les attendent si nous ne faisons rien pour l’empêcher .
-ensuite, il faut convenir de la nécessité de nous réunir, de nous rassembler pour réfléchir ensemble à cette troisième voie
-organiser , préparer la sédition
-menacer d’un « bankrun » pour obtenir le Référendum d’Initiative Citoyenne, l’audit citoyen de la dette et la mise en place d’une Assemblée Constituante.
-il faut une date appropriée pour interpeller le maximum de citoyens
-un lieu de rencontre virtuel et réel (internet est le média idéal )
-les « indignés » peuvent être la base de réflexion mondiale qui fasse le lien entre toutes les contestations.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, mondialisation, politique? mensonges, révolution?, un nouveau système | 1 Commentaire »

Mais où est donc passé l’argent ?

Posté par calebirri le 25 août 2012

Mais où est donc passé l'argent ? dans argent Financial_Zoo1-300x182Après que me soit venue l’idée que les riches ne pouvaient peut-être tout simplement pas payer , j’ai commencé à me pencher sur une question simple qui découle de la constatation suivante : si les riches ne sont pas en mesure de payer pour la crise et que les pauvres non plus, qui le peut, et surtout OU DONC EST PASSE L’ARGENT ?

Cela fait donc quelques jours que je bataille pour y voir plus clair, mais le système est plus que complexe. Pourtant, des dizaines de milliards, ça ne devrait pas passer inaperçu : tous les jours des montants fabuleux sont cités partout dans les médias, il doit donc bien y avoir quelqu’un qui les récupère à la fin, non ?

Bon. Je n’ai sans doute pas encore tout saisi, mais voilà quelles sont les conclusions provisoires que j’ai tiré de mes « recherches » :

-Les Etats ont tellement emprunté pour financer leurs dettes qu’ils sont aujourd’hui au bord de la faillite.
-Les banques commerciales sont au bord de la faillite elles-aussi, car elles ont tant prêté qu’elles sont à peu près sûres aujourd’hui de ne pas pouvoir être remboursées intégralement.
-Les particuliers (pauvres) sont les premières victimes de la crise et pour la plupart leur épargne est leur seule ressource ; et au regard des milliards recherchés, elle n’expliquera pas tout. On ne peut pas compter sur eux.
-Les particuliers (riches) possèdent bien des millions ou même pour certains des milliards, mais même s’ils le voulaient ils ne pourraient pas récupérer tout leur argent. ils sont à oublier aussi.
-Les entreprises (et même les grandes) utilisent pour la plupart l’argent prêté par les banques en investissements, et ne possèdent sur leur compte que la trésorerie nécessaire pour survivre, le reste étant mis à l’abri sur des comptes inaccessibles à l’impôt, ou partagé entre les actionnaires privés. Elles ne paieront pas non plus.

Mais si personne ne possède donc « concrètement » tout cet argent, me disais-je naïvement, peut-être est-ce la BCE, qui en tant que dernier recours sert de régulateur à tout ce petit monde, possède sur ses comptes l’ensemble de la monnaie disponible, puisque c’est elle qui lui donne sa réalité physique. Et puisque l’argent circule, c’est qu’il existe non ?

Et bien au risque de vous surprendre, il est possible que non. Enfin pas totalement. Car si la BCE est la seule autorité européenne à pouvoir « battre monnaie », ses fonds « structurels » sont assez limités. Ce qui constitue l’essentiel des échanges monétaires n’est en réalité qu’une somme incalculable de titres de créances des uns, de titres de dettes des autres, des bouts de papier s’échangeant continuellement et avec une valeur qui varie au gré des événements… et de la confiance des acteurs. Et puis surtout, ce n’est pas la BCE qui crée la monnaie.

Car ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la masse monétaire en circulation n’est qu’une « projection » de la monnaie qui existerait si tout le monde était en mesure de rembourser ce qu’il a emprunté (ce qui est nécessairement impossible).

Et il faut rappeler que seules les banques commerciales peuvent créer de la monnaie, par le crédit. Mais en fonds propres elles ne possèdent que la somme cumulée des intérêts qu’elles gagnent en prêtant. Tout le reste n’est que de l’argent « fictif », résultat espéré en retour de la confiance que mettent (abusivement) les banques dans leurs clients.Cet argent n’existera qu’au terme du remboursement, et en fin de compte aura été utilisé, dépensé en totalité avant que d’exister vraiment, et cela sur le dos de l’emprunteur qui par son labeur permet de dégager les intérêts qui font leur gain.

La conséquence en est que si l’argent est introuvable, ce n’est donc pas parce qu’il est planqué dans des paradis fiscaux (vous n’y trouverez que peu de billets, il n’y a là-bas que des ordinateurs ultra-sécurisées), mais tout simplement parce que tout l’argent qui n’est pas dans les fonds propres des banques n’existe pas réellement, ou a déjà été utilisé. Ce ne sont que des crédits dont on anticipe fictivement le remboursement pour créer de la liquidité, mais qui s’ils ne sont pas in fine remboursés disparaitront dans le trou noir que semble être devenu la BCE.

S’il faut une preuve pour vous convaincre de ce que j’avance, il suffit de se pencher sur un exemple récent, celui de l’Equateur : endetté jusqu’au cou et sous la contrainte d’un plan de rigueur drastique, un audit de leur dette conduit pendant 14 mois les a poussé à refuser de continuer à payer. Les créanciers ont pris peur, et ont tenté de vendre leurs titres qui se sont dépréciés à une vitesse folle (je crois qu’elles ont perdu plus de 70% !). La dette perdit donc rapidement de sa valeur, et l’Equateur n’eût ensuite qu’à mandater une banque pour en racheter une partie conséquente (environ 30%), ce qui lui a permis, en quelques mois, de racheter par la suite, et pour 35% de sa valeur totale, plus de 90% de sa dette…

Résultat, une dette quasiment disparue (si on achète sa propre dette on peut se l’annuler soi-même !), et des intérêts réduits à rien : juste quelques lignes écrasées dans des ordinateurs, et voilà le travail !

Maintenant, imaginez qu’il suffirait d’un gouvernement assez courageux pour dire « on ne paie pas » pour que tout s’arrête ! Imaginez qu’il suffirait d’une panne de courant géante, d’un « delete » abusif ou d’un virus informatique pour que tout cet argent disparaisse et que les dettes soient annulées, que les cartes soient rebattues. Imaginez que la simple menace d’un « bankrun » soit capable de provoquer la panique chez ceux qui vivent non pas à crédit comme nous, mais directement sur notre dos… et alors c’est toute l’arnaque de ce système qui risquerait d’être découverte : il n’y a d’argent réel que ce que les pauvres veulent bien transpirer pour entretenir le niveau de vie des riches qui les exploitent. Et il nous suffirait de le refuser pour y échapper !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
Dessin réalisé par N. Rahal

Publié dans argent, crise, la pensée du jour, le travail, misère | 13 Commentaires »

Et si les riches ne pouvaient tout simplement pas payer ?

Posté par calebirri le 11 août 2012

Faire payer les riches, faire payer les riches… Nombreux sont ceux qui comme moi se trainent cette vieille rengaine désuète sans se lasser… Nous avons la solution, il faut faire payer les riches ! FAIRE PAYER LES RICHES VOUS ENTENDEZ ?

Bon, très bien : demain monsieur Hollande, avec l’aide de tout son gouvernement SOCIALISTE, décide de refuser l’austérité pour le peuple et propose donc, en accord avec sa campagne électorale, de refuser le pacte de stabilité et ses accompagnements fédéralistes -et ce malgré l’avis des « sages » qui considèrent la « règle d’or » comme compatible avec la Constitution (et oui, la souveraineté nous l’avons déjà perdue lors du traité de Maastricht). Le changement c’est maintenant, nous allons faire payer les riches.

Bien sûr cela n’arrivera pas. Personne ne peut y croire, car personne ne semble en mesure d’envisager les conséquences d’une telle révolution idéologique : il y a ce que les économistes savent et ne nous disent pas, il y a ce qu’ils ne savent pas… Mais il y a aussi ce qu’ils ne veulent pas qu’on sache. Car qui pourrait dire se qui se passerait si une telle hypothèse venait à se réaliser ?

Cela fait plus d’une semaine que je me perds en conjectures pour expliquer, avec et sans complot, pourquoi les riches ne veulent pas payer, pourquoi les dirigeants ne veulent pas faire payer les riches, et en quoi il serait bon pour tout le monde qu’ils payent enfin…
Mais rien ne tenait vraiment la route. Les conséquences économiques officiellement avancées de mesures destinées à taxer plus fortement les riches sont le risque de fuite des capitaux (et des « cerveaux ») hors de la France puis de l’Europe ; mais cela dépend en réalité d’une volonté politique : il n’y a rien qui, théoriquement du moins, rende impossible l’hypothèse d’une taxation des riches (la Loi peut facilement en empêcher les conséquences négatives, pour peu que les sanctions encourues soient lourdes et appliquées). Et puis il y a eu cette « révélation » qui m’a soudain traversé l’esprit, et qui à l’heur de satisfaire en tous points à « l’analyse » globale que je fais de la situation dans mes précédents billets : et si les riches, tout simplement, ne pouvaient pas payer ?

Ce n’est pas que leur compte en banque ne soit pas suffisamment pourvu, ou qu’ils n’aient pas de revenus si hauts qu’ils ne soient pas en capacité de supporter une plus grosse taxation, non… Ce n’est pas non plus qu’ils soient si puissants qu’ils puissent empêcher ou contourner la Loi si elle punissait réellement leurs « optimisations », fiscales ou autres … Mais tout simplement que si les riches payaient REELLEMENT ce qu’ils doivent (sans défiscalisation, sans paradis fiscaux, sans abattements divers et variés ou petits arrangements entre amis, sans travail non déclaré, sans fraude, etc….), alors c’est le système tout entier qui montrerait son vrai visage : celui de la corruption générale de ce qu’on appelle « les élites » (et qu’on devrait appeler des « ploutocrates »). Car à bien y réfléchir de l’argent REEL les riches n’en ont pas vraiment -ou si peu : tout dématérialisé, fictif, informatique, virtuel, inaccessible enfin. Si un milliardaire voulait demain retirer 10 milliards de son compte en banque, qui pourrait les lui fournir en liquide, ou même en or ?

Et si la France -ou même l’Europe toute entière- se décidait à faire payer les riches, ce n’est pas à une fuite de capitaux que nous aurions à faire face, mais bien plutôt à la prise de conscience du manque inexplicable de ces capitaux. On s’apercevrait alors rapidement que les caisses des banques sont vides, et que toutes les richesses des riches ne sont que du vent. Car le jour où les riches voudront retirer leurs avoirs pour les mettre « en sécurité », ils n’auront alors déjà presque plus rien : l’argent aura disparu, comme volatilisé.

Je vous accorde que cela n’arrangerait sans doute pas notre situation commune, mais au moins peut-être comprendrions-nous enfin la gigantesque mystification dont nous sommes victimes : cela fait des siècles que les peuples contribuent par leur exploitation à remplir… des puits sans fond !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, mondialisation, politique? mensonges | 20 Commentaires »

Le temps de la rentabilité est révolu

Posté par calebirri le 25 juillet 2012

La rentabilité est le point central qui occupe toutes les pensées de l’homme inscrit dans le monde capitaliste. Objectif primordial à atteindre le plus rapidement possible, sa poursuite exprime un état de conscience positif qui le pousse à l’action, et qui par cette action provoque la réalisation d’un futur différent de celui qui adviendrait sans cette action. En d’autres termes, la recherche de la rentabilité est le moteur qui fait avancer le monde (qu’on le veuille ou non), et sans elle pour le motiver, l’homme semble aujourd’hui incapable d’agir.

Mais la rentabilité, qui se mesure en termes économiques par des perspectives de recettes supérieures à celle des dépenses, se mesure également en terme de temps (de perspectives) : une action peut être « rentable » pendant un temps donné, ou à partir d’un certain temps. C’est pour exprimer cette relativité de la rentabilité qu’on parle aujourd’hui de court, moyen ou long terme. Car le temps de la rentabilité peut varier, et il n’est pas rare de trouver des exemples de certaines activités rentables sur le court terme mais catastrophiques sur le moyen ou le long terme, et réciproquement.

Ensuite, il faudrait définir à qui cette rentabilité profite : une activité rentable est-elle une activité qui profite à celui qui la crée, à ceux qui y sont associés ou à tous ? Pas facile de répondre, pas facile de le calculer. Et si on y ajoute le facteur temps, il apparaît qu’il devient rapidement impossible de répondre à cette question.

D’autant qu’en définitive la « rentabilité » ne se fonde que sur un sentiment, la confiance. Lorsque les « météorologues de la bourse » nous indiquent quotidiennement la tendance, (la tendance et rien de plus), ils ne font rien d’autre que de nous abrutir d’indices de confiance des ménages, des entreprises ou de je-ne-sais-qui, qui eux-mêmes influent sur les comportements des investisseurs… selon des critères que seule une technique très élaborée permettrait de mettre en équation.

Tout ce qu’on sait pour le moment, c’est que si les investisseurs ont confiance, ils viseront le long terme. Si non, ils sont même capables d’aller jusqu’à parier (et de se faire de l’argent) sur la baisse de la bourse, la faillite d’un Etat ou même sur la fin du capitalisme. Et c’est de cette confiance dont dépendent les investissements qui, mis bout à bout et additionnés les uns aux autres, provoqueront le futur hypothétique auquel ils croient (même si ce futur est un enfer) ; et c’est sans doute pourquoi la crise semble s’auto-alimenter. A force de perte de confiance le crédit (qui n’est rien d’autre que la confiance que les banquiers mettent dans un investisseur qui lui aussi doit avoir confiance en l’avenir) se raréfie et entraîne une sorte de « panne » dans la machine à produire de la liquidité, ainsi qu’à plus long terme la réalisation de ce qu’on appelle l’assèchement du crédit.

Mais si la rentabilité se calcule aisément sur le court terme, plus on avance vers le long terme et plus elle est difficile à envisager. Les risques sont donc plus grand à investir sur le long que sur le court, et le seuil financier en deçà duquel il ne vaut mieux pas lancer une activité n’est aisément appréciable que sur une courte durée. C’est-à-dire qu’une activité rentable mais non utile (ou même dommageable) peut tout-à-fait être réalisée ; tandis qu’à l’inverse une activité utile mais non rentable n’a pas lieu d’être (vous pouvez prendre une minute pour prendre la mesure de tout ce dont l’homme se prive ainsi).

Maintenant, le capitalisme peut-il réfléchir à long terme ?

A cette question il est difficile de répondre. On voit bien que dans un monde où l’individualisme l’emporte sur toutes les autres considérations, le court terme doit l’emporter sur le long terme. Comme « on ne prête qu’aux riches », et que seuls les entreprises ou les individus les plus fortunés sont capables de prendre les risques d’un échec ou d’une rentabilité à long terme (car eux seuls ont la trésorerie nécessaire à couvrir ce genre de paris), on peut dire que d’une certaine manière les riches tiennent le futur de tous entre leurs mains, et que ce futur dépend de la confiance qu’ils en ont eux-mêmes. Et quand la confiance est rompue (c’est ce qui semble être le cas aujourd’hui), les riches cessent d’investir pour protéger (enfin c’est ce qu’ils croient et ce que la rationalité exige) leur avenir, en le mettant ainsi en péril.

C’est qu’il est aujourd’hui devenu quasiment impossible de savoir en lançant une activité si elle sera rentable ou non sur le long terme, et à surtout à qui elle profitera, et de quelle manière. La complexité du monde a rendu impossible ce genre de prévisions sur le long terme, et personne ne sait à l’avance si un investissement sera ou non rentable. Tout ce qu’on peut dire, c’est si il sera utile ou pas : comme on sait depuis des siècles que surproduire sur une terre pour obtenir la « maximisation » du profit engendre l’épuisement de cette terre, et qu’à long terme cette méthode n’est pas viable. Mais on le fait quand même. Car derrière la rentabilité il y a le profit, qui n’est que personnel. Si les investisseurs se sentaient non pas héritiers mais emprunteurs de la planète qui les accueille, alors le collectif l’emporterait sur l’individuel, et peut-être les choses pourraient-elles changer.

Car lorsqu’il devient plus rentable de jouer contre le système que de croire à sa sauvegarde et que le court terme l’emporte sur le long, alors c’est la décadence qui nous guette. Les investissements s’amenuisent, la recherche et développement périclite, l’éducation et la formation se désagrègent, le système de santé s’effondre, l’emploi se raréfie… faute de moyens, faute de rentabilité, et ce malgré les besoins gigantesques qui ne sont pas satisfaits. Tout cela au nom de cette rentabilité à laquelle même ceux qui la recherchent à tout prix ne croient plus. Peut-être parce que ce n’est plus la rentabilité qu’il nous faut aujourd’hui trouver, mais simplement la voie d’une vie meilleure pour tous.

Et cette vie meilleure, ne la pourrions-nous pas trouver en nous séparant, justement, de la rentabilité comme objectif primordial, pour le remplacer par celle de l’utilité ou de l’intérêt général ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, consommation, crise, Non classé, politique? | 7 Commentaires »

Et si c’étaient les riches qu’il fallait convaincre ?

Posté par calebirri le 2 juillet 2012

Cela fait des siècles que les hommes cherchent les causes des malheurs qui les oppressent, et seulement deux hypothèses ont résisté pour expliquer pourquoi les inégalités n’ont jamais cessé entre les hommes : l’une consiste à croire que les hommes ne naissent pas égaux et qu’il en existe « naturellement » de « meilleurs » que d’autres. L’autre à croire que c’est le système (capitaliste donc puisqu’il est « universellement adopté« ) qui crée ces inégalités, et ce malgré les postulats défendus par la théorie économique qui évoquent la croyance en une « main invisible ». Mais la science et la philosophie ayant rejeté l’inégalité génétique et montré clairement les raisons sociales et historiques de ces inégalités, nous sommes aujourd’hui directement confrontés, à la lumière de la crise qui nous frappe de plein fouet, à l’injustice du système qui englobe toute notre vie en société : le capitalisme.

Car d’où qu’on parte pour expliquer les inégalités, le responsable de tous nos maux semble justement être ce capitalisme, incapable de réaliser dans la pratique ses promesses théoriques : les riches sont de plus en plus riches, tandis que les pauvres sont de plus en plus… nombreux.

Que faire pour remédier à cela : faut-il tout prendre aux riches ?

Alors que le peuple lui-même ne semble pas le désirer vraiment, incapable qu’il est d’unir ses forces pour résister aux forces gigantesques et incontrôlables de la puissance financière qui est comme douée d’une vie propre, je me demande parfois si le salut des pauvres ne réside pas dans la capacité des riches à résoudre eux-mêmes un problème qui les concerne finalement autant que nous. Car être riche ne signifie pas nécessairement se désintéresser des autres ni vouloir leur misère ou leur oppression. Etre riche, c’est aussi être le jouet d’un système qui impose une règle simple : si ce n’est pas toi qui prend, l’autre prendra à ta place.
Même très riches et complètement déconnectés des réalités, personne (ou très peu) ne croit réellement qu’il est juste et bon que certains êtres meurent de faim tandis qu’eux-mêmes se gavent ; et pour laisser faire il leur faut bien croire ou que ce n’est pas de leur faute, ou qu’ils n’y peuvent rien ; mais pas que c’est bien fait pour eux.

Mais il faut bien se rendre à l’évidence, et accepter les faits tels qu’ils se présentent aujourd’hui clairement à tous : les riches sont bel et bien responsables de cette situation, car ils entretiennent par leurs comportements individuels un système qu’ils savent injuste, et ils doivent savoir qu’ils y peuvent quelque chose. Puisque nous participons tous de près ou de loin à l’exploitation outrancière des ressources de la planète, puisque dans une économie mondialisée ceux qui ont le plus sont nécessairement responsables du manque de ceux qui ont le moins, il faut accepter de regarder la réalité en face : la misère et les violences qu’elle entraîne, l’exploitation des êtres qui s’épuisent à remplir les poches de ceux qui les exploitent est, directement ou indirectement, imputable à ceux-là mêmes qui bénéficient le plus des injustices de ce système.

Car qui peut croire encore qu’un homme en vaut plus qu’un autre, ou en vaut 1000 fois plus (puisqu’on juge la valeur d’un homme à son salaire) ? Qui peut accepter sans vergogne qu’une petite partie de la population du monde empêche la plus grande de se nourrir, de se loger, de se vêtir ou de vivre décemment sans se demander et pourquoi, et ce qu’il peut faire pour changer cela ?

Et si les pauvres participent également à l’entretien de ce système par leur inaction, les riches sont d’autant plus responsables de cette situation qu’ils sont plus riches. Ce n’est pas de leur faute bien sûr, et jusqu’à il n’y a pas si longtemps l’illusion d’une « croissance » pouvait suffire à apaiser les consciences de ceux qui avaient tout. Mais aujourd’hui les riches comme les pauvres savent. L’Etat-Providence initialement institué pour contrebalancer les effets d’un capitalisme dérégulé ne fonctionne pas, pas plus que toutes les institutions censées protéger les plus faibles de la voracité des plus forts. Ils savent que le capitalisme ne peut pas conduire à l’intérêt général car autrement il n’aurait aucune raison d’exister. Et il doivent comprendre eux-aussi qu’ils se sont trompés, que nous nous sommes tous trompés, car en voulant satisfaire nos propres intérêts nous ne faisons qu’entretenir les inégalités.

Maintenant, et plutôt que de demander aux peuples déjà meurtris de faire encore un effort pour venir prendre aux riches ce qui leur a été volé, pourquoi n’expliquerait-on pas aux riches pourquoi ils doivent donner aux pauvres, et pas qu’un peu ? sont-ils si aveugles ou si stupides qu’ils ne puissent comprendre qu’ils sont eux-aussi responsables du bien commun ?

Pas besoin pour eux de faire la charité ni même de favoriser la solidarité sociale, mais simplement de changer leurs habitudes, en cessant de parier implicitement sur la peur du lendemain, et en dépensant tout leur argent afin qu’il retourne dans le circuit économique en entretenant ainsi la croissance tant désirée, les emplois et les investissements nécessaires aux progrès de la société. En refusant d’économiser, en vivant et en faisant vivre ceux à qui manque l’argent lorsqu’il dort dans des dépôts criminels détruisant les perspectives de millions d’êtres humains. Ils y gagneraient autant en humanité que ce qu’ils perdraient en gardant tout pour eux. Car il ne faut pas oublier une chose, très simplement dite par Saint-Exupéry : « nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, consommation, crise, le travail, misère, mondialisation | 4 Commentaires »

123456...15
 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...