Il y aura bien un Nouvel Ordre Mondial, puisque le capitalisme ne survivra pas

Posté par calebirri le 23 février 2013

Quelle ironie ! A l’heure d’un retournement capitaliste que personne ne nie plus, la Chine se retrouve aujourd’hui en tête dans un sondage plébiscitant l’économie de marché et le capitalisme, tandis que la France et les Etats-Unis semblent s’en méfier de plus en plus. Seulement tout n’est pas si simple : car si ce sondage montre bien à quel point le monde évolue, il montre aussi que même en considérant que le capitalisme n’est pas un bon système, la majorité de nos congénères ne semble pas prête à en changer, faute de mieux apparemment…

Ceci étant dit, je doute que les « occidentaux » laissent les « émergents » (qui ont pour le coup émergé) leur faire les poches sans réagir. Et c’est bien cela qui me fait dire qu’on ne sauvera sans doute pas le capitalisme : les intérêts sont trop importants et contradictoires pour permettre un accord susceptible de convenir à la fois aux émergents et aux anciens riches.

Et c’est justement en voulant sauver le capitalisme que nos bons gouvernants préparent, peut-être même sans le vouloir, la venue du Nouvel Ordre Mondial… Je m’explique :

alors qu’on pourrait croire que la crise ne concerne que les pays dits « développés », on constate qu’en réalité le sauvetage du capitalisme est également une nécessité pour les émergés qui désirent eux-aussi profiter des « bienfaits » du système. Et à moins que d’avoir autre chose de « mieux » à proposer (ce qui n’est actuellement pas le cas), il vaudrait mieux pour tous que soit trouvé un accord qui satisfasse toutes les parties… Sauf que le système capitaliste interdit « par essence » la satisfaction de tous les intérêts : les « anciens » riches ne veulent pas voir leur niveau de vie baisser, et les « anciens » pauvres veulent à tout prix voir le leur augmenter.

Du coup, il apparaît qu’à moins d’un accord qui ne peut arriver, les deux « blocs » sont confrontés à une situation insolvable : les liens entre eux sont si étroits, si obscurs et si solides qu’ils ont dépassé un point de « non-retour » qui les empêche à la fois d’avancer et de reculer. Ce qui explique la discrète (de moins en moins d’ailleurs) guerre des monnaies que se livrent actuellement les pays du monde entier. Incapables de s’entendre au sein des entités qu’ils constituent (le capitalisme c’est « chacun pour soi »), comment le pourraient-ils à l’échelle de tous les pays ?

Ce n’est sans doute pas qu’ils ne le désirent pas, mais tout simplement que le système l’interdit : la rationalité des acteurs économiques, la concurrence libre et non faussée, tout cela ne fonctionne qu’à partir du moment où les hommes suivent la théorie , ce qui n’est pas le cas, et qui fonde l’erreur primordiale de l’économie capitaliste . Les hommes ne sont pas rationnels et n’agissent donc pas selon les règles transparentes qui seules autorisent la confiance nécessaire à son bon fonctionnement. Comme si le capitalisme portait en lui le défaut de sa qualité : théoriquement sans doute acceptable, il ne peut dans la réalité que conduire à la corruption et à la guerre. Car une fois la corruption ayant engendré les catastrophes sociales comme celle que nous connaissons aujourd’hui, faire quelque chose comme ne rien faire c’est tout pareil. L’effondrement d’un seul peut rapidement conduire à l’effondrement général : si la Chine cesse d’acheter de la dette américaine les Américains cesseront d’acheter les produits Chinois, avec des répercussions en cascade sur tous les autres Etats du monde ; c’est cela la mondialisation.

En attendant ce chaos qui ne manquera pas d’arriver, nos chers gouvernants fourbissent leurs armes, et font comme les enfants qui font la course sans se le dire vraiment : on marche tranquille à côté du copain, et puis on l’observe du coin de l’oeil, l’air de ne pas y toucher… et puis l’un deux accélère insensiblement la cadence, suivi de près par le collègue qui en remet un coup, puis très vite on se met à courir à fond, sans plus penser à regarder où en est son adversaire… Alors qu’il suffirait de se mettre d’accord pour marcher jusqu’au bout ou même pourquoi pas partager la victoire, nul ne lâchera rien jusqu’à la course finale.

Que vient donc faire alors le Nouvel Ordre Mondial dans tout ça, me direz-vous ? Puisque vous semblez dire qu’il est incompatible avec le capitalisme pour cause de concurrence et que personne ne veut « lâcher le morceau », comment pourrait-il advenir ?

Et bien c’est justement là que se situe le paradoxe de la situation : tant que le capitalisme existe et que les concurrents s’affrontent pour le pouvoir que permet l’argent (et aussi l’argent que permet d’obtenir le pouvoir), le Nouvel Ordre Mondial ne peut exister. Mais comme c’est précisément cette concurrence (faussée donc par la corruption générale) qui sera à terme fatale au capitalisme, viendra inévitablement la réflexion sur ce qui suivra l’effondrement général- qu’il soit précédé, suivi ou non de conflits armés qui ne feront que déterminer la place du vainqueur : le « post-capitalisme ». Un nouveau capitalisme ne pourra pas surgir des cendres de l’ancien sans accord général préalable, « mondial ». Ce qui nous ramène à l’inéluctabilité de la réalisation d’un nouvel ordre mondial.

Mais que les plus sensibles se rassurent, car ce Nouvel Ordre Mondial peut revêtir une forme bien différente de celui qu’on nous agite généralement comme épouvantail : il y a certes l’option de la dictature à échelle mondiale, mais il y a aussi celle de la démocratie -à échelle mondiale également.

Bien sûr la première option est certainement la plus facile à concevoir compte-tenu de nos antécédents historiques ; sauf qu’aujourd’hui les nouvelles technologies permettent sans doute de faire passer notre science-fiction pour du romantisme. Une société fonctionnant sans argent mais par la contrainte, soutenue par une technologie de contrôle permanent généralisable à l’ensemble de la planète. Nos aînés l’ont rêvée tant de fois qu’elle nous est plus familière, mais elle ne doit pas occulter la deuxième option.

La démocratie mondiale, qui étonnamment dirais-je, semble beaucoup plus difficile à mettre en place. Elle n’a jamais été instaurée nulle part, car elle sous-entend l’absence de capitalisme avec lequel elle est incompatible (contrairement à la dictature, qui est disons « moins exigeante » sur les prestations à offrir pour conserver le pouvoir) : et c’est sans doute cela la plus grande leçon du 20ème siècle !

En définitive, le choix qui nous est fait n’est pas de sauver ou non le capitalisme mais de savoir quel monde nous voulons demain pour nos enfants. La « fenêtre temporelle » qui s’ouvrira après la chute du capitalisme nous autorisera à faire ce choix, pour peu que nous ayons quelque chose à opposer à la facilité d’un Nouvel Ordre Mondial autoritaire.

Caleb Irri
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Le choc des civilisations n’existe pas

Posté par calebirri le 22 janvier 2013

La mondialisation est un phénomène irrépressible, indestructible, irréversible. Elle conduit à transformer les relations entre les Etats pour en nouer de nouvelles totalement différentes de ce qu’elles ont toujours été. Et c’est bien cette mondialisation, créée par les « occidentaux » pour continuer à faire du profit -suivant ainsi la loi « des marchés », qui est responsable de la crise actuelle : car à force de dérégulations, de modifications du droit et de la complexification de la production, les pays riches ont voulu profiter (une fois encore) des pays pauvres pour forcer leur prospérité déclinante à l’intérieur de leurs frontières -sans penser que le développement induit presque « malgré eux » à l’étranger allait finir par se retourner contre eux.

Et ce qui devait arriver arriva : c’est le retournement du capitalisme au profit des « anciens » pays pauvres contre celui des « anciens » pays riches. Les « BRIC » font aujourd’hui presque jeu égal avec les occidentaux, et même si pour les autres pays le chemin est encore long les choses bougent aussi : les révolutions arabes, les mouvements en Amérique Latine, et même le retour de la droite extrême à l’est de l’Europe sont des symptômes de cette volonté populaire d’accéder eux-aussi aux « bienfaits » de ce capitalisme.

Il apparaît donc que face à ce retournement, les pays occidentaux sont pris à leur propre piège : enfermés dans le libéralisme, ils leur est difficile de retrouver la sacro-sainte « compétitivité » en retirant plus à ceux qui n’ont déjà presque rien, le tout sans prendre trop à des riches qui ne le sont que fictivement. Il leur faut donc trouver de nouveaux marchés pour faire repartir la croissance, ce qui implique la mise en place d’une politique expansionniste ; en concurrence désormais avec ceux qu’on appelle maintenant les « émergés ».

Pour ce faire, nos gouvernants ont besoin d’une terre à conquérir, ainsi qu’un ennemi à attaquer, si possible correspondants l’un à l’autre : et nous voilà plongés dans le fameux « choc des civilisations ». Car cette terre c’est l’Afrique et ses formidables ressources, et cet ennemi c’est l’Islam. Et comme il fallait donc trouver un exutoire au peuple pour qu’il accepte les visées expansionnistes de son « camp » (l’Europe avec les USA et quelques autres), nous voilà aujourd’hui face à la réalité : le Mali, la prise d’otages en Algérie sur une plateforme gazière, le terrorisme international ; l’uranium, Areva et les Chinois…

Englués dans cette crise qui conduit peu à peu la majorité d’entre nous à la misère, les gouvernants occidentaux, mais aussi ceux des pays émergents, se disputent donc aujourd’hui les ressources formidables détenues par l’Afrique (qui elle aussi voudrait sa part du «gâteau», mais qui s’en soucie ?) pour retrouver enfin le chemin de la croissance. Devenue le seul continent « prenable » pour les deux camps qui se disputent en réalité le pouvoir et l’argent, l’Afrique est devenue le centre d’intérêt de toutes les convoitises.

Et comme il faut toujours une excuse pour s’emparer légalement du bien d’autrui – et que la colonisation n’a plus très bonne presse- nos gouvernants lui ont préféré la vieille technique de la croisade… contre le « terrorisme international islamiste » qui paraît-il frappe aux portes de l’Europe. L’islamisation de l’Afrique, dont les récentes révolutions arabes ne voulaient pas mais qui, avec le concours (involontaire ?) des occidentaux a tout de même percé, semble une aubaine pour qui recherchait un ennemi à combattre, et cela même sans être un fondu d’analyse géostratégique, non ?

Sauf que cette histoire ne tient pas debout. Ce ne sont pas les quelques 1500 djihadistes (on apprend à cette occasion que le « péril musulman » n’est pas si massif que l’on croyait !) qui vont envahir l’Europe mais bien les entreprises européennes ou chinoises (on verra qui l’emportera) qui vont envahir l’Afrique. Le « choc des civilisations », en tant qu’opposition de valeurs religieuses (Islam contre judéo-christiannisme) ou politiques (la « civilisation » occidentale contre la « civilisation » orientale) ne tient pas,il n’existe pas. En réalité c’est juste un affrontement pour le pouvoir et la richesse, comme tous les affrontements précédents. Il n’y a pas plus de « péril musulman » qu’il n’y a de « péril jaune », car ce n’est pas ainsi que se définit la lutte.

La véritable lutte, la véritable opposition, le choc qui se fait entre tous est celui des pauvres contre les riches. Il est là le choc. Tous les riches de tous les pays exploitent les pauvres de tous les pays, quelle que soit leur religion, leur couleur de peau ou leur orientation sexuelle. c’est le choc de LA civilisation capitaliste en décadence contre la montée du désir démocratique des peuples. Et c’est de ce choc que devra sortir quelque chose de nouveau, d’inconnu : soit les pauvres se rassembleront et lutteront, ensemble pour une démocratie mondiale, soit ils ne réussiront pas à vaincre et ce sera alors l’avènement d’une dictature, elle-aussi mondiale, pour le contrôle total des populations. Nous en reparlerons bientôt.

Caleb Irri
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l’évasion fiscale comme symptôme de la schizophrénie ambiante

Posté par calebirri le 21 décembre 2012

Comme tant d’autres avant lui, Gérard Depardieu quitte la France pour aller s’installer en Belgique, là où les lois fiscales sont plus protectrices…

Ce n’est donc ni le premier ni le dernier à agir de la sorte, et nombreux sont les riches qui se laissent tenter par l’évasion fiscale, ou pour être plus poli « l’optimisation fiscale ». Rien de bien nouveau sous le soleil en définitive.

Je ne sais si c’est parce que le moment est « mal choisi » ou si c’est parce qu’il est estampillé « de gauche » (ce qui date quand même un peu), mais traiter Gérard Depardieu de « minable » parce qu’il agit ainsi (comme les autres donc) n’a pas de sens : si les lois l’y autorisent, comment espérer que l’optimisation fiscale ne soit pas préférée à un « patriotisme » qui n’a aucune raison d’être privilégié par rapport aux règles « supra-nationales » qui instaurent que l’intérêt individuel prime sur toutes les autres considérations ?

Ce qui aurait été minable, c’est justement qu’un individu riche ne profite pas des possibilités offertes par un Etat complice pour lui permettre de conserver « le plus possible » de son argent, selon les règles établies et acceptées par ceux-là même qui critiquent aujourd’hui des comportements qu’ils ont eux-mêmes légalisé (et dont ils profitent parfois) : la maximisation du profit.

Car il ne faut pas oublier une chose : nous vivons à l’intérieur du cadre capitalisme, et ce sont donc les règles capitalistes qui s’appliquent : payer ses impôts en France alors qu’on a les moyens de n’en pas payer du tout (ou moins), c ‘est presque une faute de gestion. C’est perdre de l’argent « bêtement », et mettre de la morale là où rien ne l’exige.

Alors que tous les économistes du monde s’échinent depuis des décennies à nous expliquer que la somme des intérêts individuels contribue à la satisfaction de l’intérêt général (la fameuse « main invisible »), on voudrait aujourd’hui nous faire croire que le « patriotisme » doit l’emporter sur la rationalisation de l’individu ?

Mais c’est le patriotisme qui va à l’encontre du système, pas le comportement des exilés fiscaux, qui sont eux tout-à-fait rationnels ! Comment reprocher à un homme de ne penser qu’à lui, alors même que c’est le premier principe du système que le monde entier défend absolument ?

A travers cet exemple symbolique mais néanmoins banal, c’est la contradiction inhérente au capitalisme qui se trouve ainsi mise en lumière : la rationalité c’est l’égoïsme, l’individualisme, tandis que c’est la solidarité qui est du point de vue capitaliste totalement irrationnelle. Et en même temps que nous acceptons ce principe théorique, nous faisons constamment référence au devoir de solidarité (des autres) pour lutter contre l’égoïsme que nous méjugeons d’un point de vue moral.

Il serait temps que nos hommes politiques (et nous avec) cessent leur hypocrisie : le capitalisme fonctionne selon des règles qui sont instituées internationalement d’abord, nationalement ensuite, et seuls les gouvernements ont le pouvoir de changer ces règles (et nous celui de changer nos gouvernants). L’optimisation n’étant pas illégale, les gouvernants n’ont qu’à faire voter de nouvelles lois pour la rendre illégale. Changeons nos gouvernants pour qu’ils modifient les lois, supprimons les paradis fiscaux ou rendons-les inaccessibles, et le problème sera réglé…

Il serait temps aussi que nous comprenions que ce ne sont pas les hommes qui sont à blâmer mais le système qui les conduit à cette schizophrénie entre leur propre morale et les contraintes établies par le système de « maximisation du profit ». Car comment savoir à partir de quand cessons-nous d’être égoïstes pour devenir irrationnels… au point de devenir altruiste ? Tout dépend le point de vue qu’on adopte, moral ou capitaliste !

C’est donc aux hommes politiques de faire cesser cette schizophrénie, car ce sont eux qui ont le pouvoir de faire la Loi ; et qu’ils n’aillent pas ensuite critiquer ceux qui la suivent…

Et pour nous, qui sommes si prompts à dénoncer l’égoïsme des autres, n’oublions jamais de nous poser cette question : « et moi, si j’étais à sa place, qu’est-ce que je ferais ? »

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Détruire le capitalisme, ou le moraliser ?

Posté par calebirri le 3 novembre 2012

En Grèce, un journaliste a divulgué une liste de quelques 2 000 citoyens Grecs soupçonnés d’évasion fiscale, liste dont font apparemment partie certains ministres : il est actuellement recherché par la police. Voilà l’exemple même de la manière dont fonctionne le système, qui au lieu de féliciter ce journaliste et de punir les coupables, veut punir le journaliste pour sauver les coupables.

Voilà une affaire qui montre au grand jour les incohérences de notre système « démocratique » et qui explique pourquoi la « moralisation » du capitalisme semble impossible : la corruption du politique faisant partie intégrante de ce système, il est désormais devenu quasiment impossible de la faire disparaître sans détruire en même temps le système auquel elle est si étroitement liée.

C’est ce dernier point qu’ont toujours l’air de ne pas comprendre nos bons économistes, incapables de prendre conscience que les problèmes sociaux ne peuvent être résolus par l’économie : ils sont incompatibles. Terrifiés sans doute à l’idée qu’ils puissent s’être si longtemps « faits avoir » par un système qu’ils croyaient de bonne foi créateur de progrès (et qui l’était sans doute d’un certain point de vue), ils n’envisagent pas que l’économie puisse être la responsable des problèmes qu’elle est censée combattre. Que c’est elle qui fait les injustices, et qu’il ne faut pas compter sur elle pour les faire cesser.

Car en économie, le principe qui s’applique en théorie est la concurrence libre et non faussée. Pour vendre des produits ou des services, il faut donc être plus compétitif que son concurrent, c’est-à-dire avoir la capacité de vendre moins cher pour la même chose.

Cette compétitivité s’obtient soit en réduisant les coûts de production, soit la marge bénéficiaire (la plus-value).

Il apparaît qu’à l’heure de la mondialisation, un problème de taille a changé tous les rapports commerciaux entre les Etats : car si tous les actionnaires refusent également de voir baisser leurs marges, les coûts de production en Chine ou en France ne sont pas les mêmes : une dictature sans protection sociale ou si peu, sans retraite décente, sans avantage aucun, dispose évidemment d’une longueur d’avance pour atteindre une meilleure compétitivité.

Et puis les entrepreneurs ont déjà rogné sur tous les coûts de production, justement pour conserver leurs marges, et refusent d’aller plus loin : la seule variable d’ajustement se trouve donc être les salaires et autres charges servant la protection des plus faibles, ce qu’on appelle l’Etat social, censé contrebalancer les effets injustes du système capitaliste.

Le choc de compétitivité ne se fera donc pas sur les marges mais sur les salaires, le temps de travail ou l’âge de départ à la retraite…

Pourtant on pourrait penser qu’en taxant plus fortement les revenus du capital (en abaissant la marge donc), la compétitivité pourrait également faire un bond en avant. Mais le problème est qu’il existe les paradis fiscaux, et que ceux qui possèdent le capital menacent d’aller s’y expatrier pour préserver leur fortune. Ces « patriotes » (qui souvent sont les mêmes que ceux qui craignent que l’étranger vienne « prendre le pain des Français ») sont en réalité prêts à abandonner jusqu’à leur « chère » patrie pour qu’on ne touche pas à leurs profits.

Il faut donc supprimer les paradis fiscaux, diront les économistes les plus indépendants : que les politiques se saisissent de ce problème et agissent en conséquence pour l’intérêt général, celui du peuple qui les a élus.

Mais cela est impossible, répondront les constitutionnalistes, car chacun fait ce qu’il veut dans son pays. Et il y aura toujours un pays qui fera payer moins d’impôts que les autres.

Et puis désormais les hommes politiques ne sont plus tout à fait des citoyens comme les autres : leur propre intérêt se confond plus avec celui des riches plus qu’avec celui du peuple : plus de 13 000 euros par mois pour les députés français, plus de 10 000 euros pour les députés européens, 25 000 pour les commissaires européens, et même plus de 30 000 euros pour le président de la commission européenne… Comment voulez-vous qu’ils votent des lois à l’encontre de ce que le système capitaliste préconise en matière de rationalité, c’est-à-dire leur propre intérêt individuel ?

Il ne fait aucun doute que la corruption des politiques, leur proximité coupable avec les grands acteurs du « privé » et leurs constants allers et retours de l’un à l’autre, font qu’il y a de fortes chances qu’on retrouve dans certains paradis fiscaux les noms de certains hommes politiques forts connus et forts influents, ce qui aurait forcément mauvaise presse, et qui expliquerait pourquoi on préfère arrêter des journalistes faisant acte de salubrité publique.

Il faut donc maintenant que tout le monde se rende compte d’une chose : aujourd’hui nous ne pouvons plus continuer à tergiverser. Soit nous ne faisons rien et il faut nous préparer voir nos conditions de vie se détériorer sérieusement, soit nous décidons d’agir et nous acceptons de rentrer dans l’inconnu. Au bout du premier chemin (celui que nous prenons actuellement) il y a ce que nous avons toujours connu (la dictature ou la guerre pour imposer les nouvelles règles à respecter), au bout du second une page blanche à remplir.

Faut-il à tout prix tenter de moraliser un système qui ne l’est pas, ou vaut-il mieux le détruire pour inventer autre chose ? Ne vaudrait-il mieux pas cesser de penser le monde et les hommes en termes économiques? La tâche est certes ardue, voire impossible peut-être, mais celle de rendre juste un système fondé sur l’injustice ne l’est-elle pas tout autant ?

Il faut tout changer, il faut repartir de zéro, il n’y a pas d’autre alternative. Il nous faut nous mettre à réfléchir d’urgence, monter un collectif de résistance et de réflexion dignes du CNR, absolument et immédiatement. Bougez vous, vous les économistes « dissidents », les analystes, philosophes, syndicalistes, sociologues, indignés, avocats, et tous ceux qui ont encore conservé leur esprit critique, il faut vous regrouper et lutter, appeler à rejoindre la lutte et entamer une réflexion globale avec tous vos semblables des autres pays, car désormais les constatations doivent laisser la place aux propositions.

Voilà les miennes : http://calebirri.unblog.fr/2012/10/06/dabord-la-constituante-et-apres-la-revolution/. Quelles sont les vôtres ?

Caleb Irri
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L’épouvantail capitaliste de la surpopulation

Posté par calebirri le 24 octobre 2012

« De toutes les façons, il n’y aura pas assez pour tout le monde… » Voilà ce qu’on entend de plus en plus souvent pour exprimer le futur de notre humanité. Face aux dangers que représente la « surpopulation », la finitude de la Terre et de ses ressources est l’argument ultime pour justifier l’injustifiable. Car derrière ces mots se cache une réalité indicible : « si des gens meurent de faim, c’est normal (les plus prudents rectifieront par logique) »… puisque les ressources ne sont pas infinies, et l’espace disponible non plus!

La population augmentant à un rythme qui s’accélère, nous en sommes réduits à imaginer le pire pour continuer à justifier un système qui utilise des arguments fallacieux plutôt que de le remettre en cause… et surtout à accepter l’inacceptable ; car s’il n’y en a pas pour tout le monde qui fait, et comment fait-on la sélection ? Par la guerre ? Par la famine ? Par l’argent ? Par la surveillance et le contrôle ?

Je m’inscris en faux avec cette vision, et je la réfute catégoriquement. Ce ne sont ni les ressources qui manquent ni la nature qui crée la rareté mais le système capitaliste. Fondé sur le principe que le rare est cher, ce système, que l’on cherche pourtant à sauver à tout prix, est le seul et unique responsable de la surexploitation des ressources, de la pollution des airs, des mers et des sols, du réchauffement climatique et de tous les autres maux qui nous accablent. Il n’y a pas d’écologie possible avec le capitalisme, et c’est pure propagande que de vouloir nous faire croire à l’inéluctabilité de la famine et de la guerre pour nous faire accepter des sacrifices inutiles. Et tant pis pour Malthus, qui était un imposteur : j’en veux pour preuve les 1,5 milliards d’êtres humains qui ne mangent pas à leur faim, aujourd’hui en 2012, alors que les ressources disponibles sont encore bien suffisantes.

Car en réalité le problème ne vient pas de la finitude de la Terre mais bien de l’étroitesse de notre esprit. Et ce n’est qu’en dépassant nos propres limites intellectuelles et imaginatives que nous pourrons ouvrir de plus larges perspectives à notre civilisation : le soleil, le vent, et même l’eau (quoi qu’on en dise il y en a toujours autant- c’est le cycle immuable de la nature- c’est juste qu’elle coûte plus cher à traiter et à distribuer) sont des ressources énergétiques sinon inépuisables, au moins disponibles pour encore quelques milliards d’années. Et puis l’espace ne manque pas non plus : si nous regardons la Terre dans ses trois dimensions il y a la surface des Océans, sous la terre et dans les océans, dans le ciel et dans l’espace ; nous augmentons ainsi nos possibilités de développement de manière incalculable… Et puis si la Terre est finie, l’Univers lui ne l’est pas : le nombre des exoplanètes que nous découvrons augmente chaque jour, et la distance qui nous sépare d’elles se rétrécie en même temps.

Que de perspectives s’ouvrent alors à notre esprit si l’on regarde les choses autrement ! Comme nous pourrions nous passer des OGM à semences non-reproductives qui rendent la famine « rentable », comme nous pourrions éviter les pollutions dues à des énergies fossiles en développant ces autres énergies inépuisables mais non rentables qui nous sont offertes par la Nature, comme il serait moins difficile en définitive de construire une société non fondée sur les ressources mais sur les besoins, non fondée sur la rentabilité mais sur l’utilité… plutôt que de sans cesse vouloir sauver un système qui nous conduit à notre propre perte !

En se détachant de notre conditionnement, nous pouvons élargir nos perspectives jusqu’à rendre possible l’impensable, l’inimaginable : nourrir enfin correctement tous les habitants présents et futurs de notre planète, et ce pendant un bon moment encore.

En établissant un nouveau système non plus basé sur la rentabilité et l’intérêt individuel mais sur le partage et l’utile nous pourrions nous détacher de l’obsolescence programmée, de la surproduction et de la surconsommation. Nous pourrions développer enfin les technologies qui nous permettraient d’entrevoir l’augmentation démographique non plus comme une catastrophe mais comme une chance, celle d’offrir à nos enfants un avenir détaché des contraintes qui nous oppressent aujourd’hui, avec leurs corollaires habituels que sont famines, guerres, surveillance et contrôle sans cesse accrus des corps et des esprits.

En établissant un nouveau système non plus basé sur le travail comme objectif ultime de réalisation personnelle mais comme un simple moyen de satisfaire nos désirs nous pourrions alors sortir de la concurrence acharnée qui nous maintient depuis trop longtemps dans notre animalité, pour ne plus perdre sa vie à la gagner. Car nous ne sommes pas que des animaux, et nous seuls avons la capacité de n’être pas uniquement soumis ni à la raison ni à notre instinct. Nous sommes « incalculables« , et capables de tout. Nous avons conscience du temps et donc de nos descendants, car nous avons l’amour et la passion.

En établissant un nouveau système non plus basé sur les ressources mais sur les besoins à satisfaire, nous aurions suffisamment de travail pour réaliser tous les défis (techniques, technologiques, philosophiques) qui nous attendent si nous voulons être en capacité d’accueillir tous les « suivants » dans de bonnes conditions, et continuer cette formidable aventure qu’est l’humanité. Imaginez donc que l’homme disparaisse : la Terre sera toujours là, l’Univers aussi. Mais qui saura qu’ils existent, et que nous avons existé ?

En réalité tout ne dépend que de nous, et de la société que nous désirons construire ; et ce n’est qu’en détruisant la société capitaliste que nous pourrons échapper à l’apocalypse auquel ses partisans veulent nous conduire.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Prospectives sur l’avenir : ce qui suivra le TSCG

Posté par calebirri le 3 octobre 2012

Aujourd’hui, à l’heure des cours de la bourse, un journaliste constatait une baisse des cours et analysait celle-ci comme la conséquence de l’absence de demande d’aide officielle de la part de l’Espagne. Les investisseurs seraient « déçus ». Réfléchissons un instant sur ce que cela signifie d’un point de vue économique (pour que la bourse remonte il faudrait donc que l’Espagne s’enfonce un peu plus encore dans la crise!), et regardons ensuite comment ce point de vue éclaire d’un jour nouveau le tableau européen qu’on veut nous imposer : ce n’est pas à la fin de la crise que travaille en réalité l’Europe mais à la formation d’un véritable Empire Européen -comme je l’avais déjà décrit ailleurs.

En réalité la construction européenne n’a jamais été destinée à rassembler les peuples autour d’un projet commun de société, mais simplement à maintenir l’illusion de sa puissance économique auprès des autres grandes puissances de ce monde. Cela fait déjà plusieurs décennies que le retournement du capitalisme a commencé, et ce n’est que par la corruption généralisée des élites qui gouvernent l’Europe qu’Elle a pu se maintenir au niveau des « véritables » grandes puissances. Ce n’est que par la dette, une dette illégitime qu’il lui est désormais impossible de rembourser qu’elle a pu se payer le niveau de vie que nous avons réussi à conserver jusqu’à maintenant.

Aujourd’hui on nous parle du « TSCG », du « MES », de solidarité européenne et de sacrifices inévitables pour retrouver la « compétitivité » (qui nous alignerait sur les niveaux de salaire et de protection sociale des Chinois). Mais l’austérité n’est pas l’objectif visé, en fait elle n’est que le moyen pour parvenir à cet objectif, qui est d’obtenir « légalement » de la part du peuple la formation de facto d’un Empire européen capable de rivaliser à forces égales avec les autres grandes nations du monde, celles qu’on devrait déjà appeler les « émergés » ; tout en dépossédant le peuple de la démocratie comme mode de gouvernance.

Ainsi, ceux qui nous gouvernent aujourd’hui « au nom du peuple » nous imposent par ce traité la création d’un régime non-démocratique au nom de la sauvegarde d’un système qui nous appauvrit, sans que la population ne puisse réagir autrement que par la violence (puisque les solutions « démocratiques » comme le référendum, les grèves et les manifestations n’ont plus de poids). Et ce n’est que « justifié » par cette violence délibérément organisée qu’un pouvoir autoritaire pourra ensuite se mettre légitimement en place et la répression se légaliser.

Car le traité ne réglera pas le problème de la dette, pas plus qu’il ne réduira les profits du monde de la finance. L’essentiel de ce traité n’est pas « l’austérité perpétuelle » (de fait déjà imposée par les marchés), mais bien plutôt la création de facto d’une entité de gouvernance économique européenne non-élue et non-indépendante, qui se sert de la crise pour asservir les peuples sans avoir à leur rendre des comptes une fois tous les quatre ou cinq ans : la stabilité donne confiance aux investisseurs, car les marchés aiment la stabilité politique.

Ce n’est qu’une fois les traités signés et la démocratie enterrée que l’Empire Européen entrera vraiment en action, ce qui lui permettra de discuter à armes égales du sujet qui deviendra alors brûlant dans le monde entier : celui de la monnaie. On nous reparlera alors de la paix, de la solidarité, de la croissance et du bonheur, et surtout du bancor. Ce Bancor que ceux qui se croient de gauche considèrent comme LA solution (car le bancor permettrait actuellement aux pays endettés d’annuler dans les changes une bonne partie de cet « argent qui n’existe pas » ; solution dont les « émergents/émergés » ne veulent pour le moment pas entendre parler), alors qu’il n’est en réalité qu’un autre moyen d’oppression des peuples.

En attendant, la crise entretenue par nos austères dirigeants affaiblira peu à peu les pays émergents qui eux-mêmes seront alors contraints de se résigner (par la force s’il le faut) à accepter cette nouvelle monnaie qui signifiera la fin d’un monde et le commencement d’un autre dans lequel ce ne sont plus les « pays du nord » qui s’affronteront avec « les pays du sud », mais l’application mondialisée d’un régime dans lequel les riches commandent aux pauvres, les forts imposent aux faibles, les maîtres disposent des esclaves.

Le seul point positif dans tout cela, c’est qu’à force de pousser chaque jour un peu plus les peuples à cette révolte qui signera la fin officielle de la démocratie s’ouvrira une sorte de « fenêtre temporelle », à travers laquelle pourront s’engouffrer d’autres courants que celui de la dictature et de l’oppression, comme celui de la révolution citoyenne et de la prise de conscience populaire. Il faudra alors être là, et il faudra être prêts.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, double coup, la démocratie, mondialisation, relations internationales | 5 Commentaires »

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