Nous vaincrons le travail, vive le chômage !

Posté par calebirri le 8 mai 2013

Qu’on le veuille ou non, notre monde est condamné au chômage. Nombreux sont ceux qui- à droite comme à gauche- s’en effraient, mais cela devrait pourtant tous nous réjouir : car cela signifie que le progrès technique n’est pas mort, ce qui permet à l’homme d’espérer atteindre encore ce qui devrait être l’un de ses objectifs prioritaires, à savoir de se séparer, à terme, de la nécessité du travail dans nos sociétés.

Seulement le monde ne fonctionne plus, ne raisonne plus en terme de société, ni d’humain, ni même de progrès ou de besoin : nous en sommes arrivés à considérer le chômage comme une calamité, car le critère de référence universel est la rentabilité ; jusqu’aux décroissants qui raisonnent en termes économiques puisqu’ils veulent faire « mieux » avec « moins » (voir décroissance théorie économique bien trop sage).

Le paradoxe de cette situation réside dans le fait que le progrès technique favorise le chômage de masse et que le capitalisme favorise lui-même ce progrès (enfin jusqu’à il y a peu) ; mais aujourd’hui c’est que l’austérité engagée pour sauver le capitalisme conduit elle-aussi au chômage de masse, cette fois pour cause de « non-rentabilité ». Car si le capitalisme a besoin du travail de l’homme pour ses profits, il a également besoin du progrès technique, car les machines seront toujours, à terme en tous cas, plus rentables que l’être humain (24/24, 7 jours sur 7). Mais ce progrès technique, qui au départ était censé libérer les hommes de la contrainte du travail, est aujourd’hui un facteur de rentabilité privé qui s’oppose à l’économie « publique », en ce sens que les gains de productivité apportés par la technologie entraînent pour l’État un surplus de budget (les aides sociales : en 2009, plus de 30% du PIB, soit plus de 600 milliards) pour éponger les licenciements dus aux moindres besoins de main d’œuvre pour effectuer une même tâche (la « fameuse » privatisation des profits, socialisation des pertes). Mais comme aujourd’hui les investissements de production baissent -et qu’ils ne sont même pas compensés par l’obsolescence programmée (comment dans ces conditions la faire disparaître puisqu’elle contribue à « sauvegarder » l’emploi ?), nous arrivons à une situation « logique » d’un point de vue civilisationnel (il y a nécessairement besoin de moins en moins de travail), mais aberrant d’un point de vue économique (que l’on fasse de l’investissement ou de l’austérité, le chômage est en constante augmentation).

Sauf que nous les citoyens, nous sommes toujours contraints de subir ce qui devrait être une libération (le chômage, que le système capitaliste a transformé en fléau) car en dehors des prestations sociales seul l’argent que nous procure le travail nous permet de vivre- nous obligeant ainsi à trouver coûte que coûte cette denrée de plus en plus rare qu’est l’emploi : le résultat évident (enfin d’un point de vue capitaliste) est que le prix du travail (les salaires) est destiné à baisser au fur et à mesure que nous serons plus nombreux à vouloir en obtenir un. Et parallèlement les Etats se voient eux dans l’obligation -tout du moins s’ils se veulent démocratiques et ainsi éviter les contestations massives (des gens qui ne travaillent pas et n’ont aucun moyen de subsistance deviennent dangereux pour l’ordre public -en plus d’avoir du temps pour réfléchir à leur condition), de pourvoir au minimum vital. Et cela leur coûte cher, de plus en plus cher. A tel point qu’ils cherchent par tous les moyens de se soustraire à cette trop lourde dépense.

C’est ainsi que les pays dits « développés » en arrivent à des absurdités à la fois économiques et politiques comme celles que nous constatons aujourd’hui : ne pouvant décemment pas se résoudre à un changement de paradigme pourtant nécessaire et plutôt que d’engager des politiques de relance (déjà que nous gardons dans l’emploi de nombreux postes rendus inutiles dans de nombreuses administrations ou services publics pour ne pas augmenter le nombre de chômeurs), nos gouvernants préfèrent se soumettre à une politique d’austérité destinée à faire baisser le « coût du travail » (les salaires) ; évitant ainsi d’avoir à faire évoluer la technique qui accentuerait le chômage de masse. Déjà qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde ! En définitive l’homme n’est un « outil » plus rentable que la machine que lorsqu’il travaille pour rien : l’esclavage est le seul idéal qui permet le plein emploi. A part peut-être la guerre ou une catastrophe naturelle de grande ampleur, une épidémie meurtrière ou que sais-je encore, la situation ne s’améliorera pas ; mais qui peut souhaiter ce genre « d’améliorations » ?

Donc on arrête d’investir, et ce même si de nombreux emplois ne sont pas pourvus (les métiers les plus pénibles ou considérés comme tels, ou tout simplement déconsidérés). Que peut-on faire pour tous ces gens ? On les indemnise un moment, et puis après ? Soit ils acceptent « n’importe quoi » (et on obtient ainsi de mauvais employés), soit ils vont au secours populaire, soit ils partent grossir les rangs des « émigrés », soit ils luttent contre le système qui ne les satisfait plus. Mais quoi qu’il en soit la situation n’est pas tenable à long terme, car même si tous acceptaient les travaux pénibles il en resterait un paquet sur le carreau.

Du coup on veut se séparer de cette charge, sans pour autant laisser les miséreux sans lien, sans dépendance avec l’Etat. C’est bien pour cela qu’on préfère leur faire creuser des trous qu’ils reboucheront plutôt que de les laisser sans activité ; et même si pour cela on doit recourir à la contrainte comme au travail gratuit ou même aux camps de travail (comme c’est parait-il prévu en Grèce- je n’ai pas trouvé autre chose, du moins en Français). Car ce à quoi nous ne pensons pas assez, c’est que lorsqu’un individu sort du cadre de l’assistance ou solidarité comme on voudra, il devient un anonyme sur lequel le pouvoir étatique n’a plus d’emprise. En quelque sorte il rentre dans la clandestinité et sort de la dépendance vis à vis de l’Etat ; et cela devient un danger potentiel pour le maintien de l’ordre public -en même temps qu’une preuve de l’incapacité de l’Etat à faire correspondre son modèle politique à la réalité sociale, comme on le voit ces derniers temps en Espagne ou en Grèce avec l’augmentation du travail au noir et la généralisation du « système D ».

On est même arrivés à un tel point de saturation -il faut se rendre compte de cet incroyable non-sens – que l’on préfère enterrer des innovations (même rentables d’un point de vue économique ou social caisses automatiques, informatisation) que d’avoir à supprimer encore des postes. Ne sachant plus que faire pour stopper les déficits on va jusqu’à couper les crédits de recherche et de développement, sans se rendre compte que nous sommes tous entrainés dans une spirale infernale qui nous conduira de toutes les manières au même résultat : il faudra bien un jour régler le problème du travail et de sa nécessaire obsolescence et admettre une bonne fois pour toutes que le temps du travail est révolu. Et que si nous voulons éviter les dérives autoritaires inhérentes au capitalisme nous devrons changer de paradigme.

Car si au lieu de nous inquiéter pour les retraites ou le chômage nous nous inquiétions pour notre bien-être ou notre santé, nous comprendrions très vite qu’il nous faut tout d’abord faire des enfants (et oui plutôt que de devoir travailler plus et plus longtemps pour mourir plus jeune sans avoir d’autre emploi que ce que le gouvernement nous autorise ou nous impose, nous n’avons qu’à faire des enfants !), car eux-seuls seront les garants de nos vieux jours, en plus de la promesse qu’ils représentent pour le futur.
Si nous cessions de viser la rentabilité nous comprendrions que le futur de l’homme est de se séparer de la contrainte du travail plutôt que de la désirer, avec des durées hebdomadaires allant sans cesse se réduisant, pour avoir plus de loisirs : « notre société sera une société de loisirs ou ne sera pas », disait un professeur d’économie que j’ai connu. Il avait raison : nous sommes condamnés à travailler de moins en moins. Pourquoi ne pas en faire un objectif avouable et positif , et se réjouir que même le cynisme et le calcul des capitalistes ne suffit pas à empêcher cette inéluctabilité ? Pour mettre en conformité les aspirations humaines avec la réalité sociale d’une société avancée et positive, nous devons changer les règles du jeu (voir); de toutes les manières les riches s’ennuient, tandis que les pauvres aimeraient bien s’ennuyer un peu plus, alors… Et même si nous devons tous « travailler » (on remplacera alors ce terme par un autre) pour notre propre bien -et celui des autres- nous devrions partager ce travail entre tous et dans des conditions équivalentes pour satisfaire chacun.

Et qu’on puisse un jour enfin crier tous ensemble « nous vaincrons le travail, vive le chômage » !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le hasard comme politique économique

Posté par calebirri le 30 avril 2013

J’avais commencé un « essai » statistique destiné à prouver l’inutilité (ou plutôt la malfaisance) des calculs de probabilité en économie. C’était une théorie absurde fondée sur une réalité qui l’est tout autant, à savoir qu’un événement a statistiquement toujours (et à peu près) une chance sur deux de se produire, ou presque – le presque étant un élément essentiel à la compréhension de cette théorie.

Et puis, n’étant jamais totalement satisfait de celui-ci (et aussi fatigué des incohérences mathématiques de cette théorie) je m’apprêtais à laisser tomber ma démonstration… jusqu’à ce que la « Providence » médiatique me remette sur les rails : coup sur coup, des informations soutenant ma thèse principale (à savoir que les mathématiques, les calculs de probabilité, les discours des experts, les statistiques, les analyses, etc… ne servent à rien) m’ont remis le pied à l’étrier- et les doigts sur le clavier.

Tout d’abord il y a eu une étude sur la bourse : des singes à qui l’on a demandé de miser sur des titres côtés en bourse ont fait mieux que les traders les plus avertis, et ce de manière totalement hasardeuse (ils ne lisent sans doute pas toutes les analyses).

Ensuite, une autre étude récente montre elle-aussi que le hasard fait « aussi bien » (ou aussi mal c’est selon) que l’analyste le plus chevronné : il aurait un taux de réussite moyen de -tenez-vous bien, c’est de la science- « autour de… 50 % » !

Cela signifie donc que tous les calculs qui sont faits pour, avec, autour et dans le « marché » ont en définitive autant de chances d’être justes que la pièce de tomber sur pile ou face, ou autrement dit que la probabilité qu’un événement boursier (une hausse ou une baisse d’un panier d’actions ou d’obligations) arrive est environ d’une chance sur deux, ou presque…

Voilà qui n’est guère rassurant : on paye donc (très cher souvent) des gens dont le métier est de tirer à pile ou face (je vous avais dit que c’était absurde !), et dont les paris sont considérés par tout un chacun comme « scientifiquement prouvés », le tout avec des conséquences cette fois réelles sur la vie des populations qui acceptent sans sourciller -ou presque- une telle aberration.

Mais ce n’est pas tout : car pour expliquer et justifier leurs conseils, les économistes se fondent justement sur les analyses de ces petits génies du pile ou face, analyses elles-mêmes appuyées sur le travail de grands mathématiciens comme ceux du FMI ou d’ailleurs, qu’on croyait jusqu’à il y a peu intouchables. Sauf qu’un autre événement a fait voler en éclat toutes nos incertitudes :

le FMI s’est (encore) « trompé », et reconnaît officiellement son erreur, à tel point qu’on est en droit de se demander si en définitive toute notre science économique, exclusivement fondée sur la mathématique, ne serait pas une vaste fumisterie destinée à faire accepter aux peuples des conclusions considérées comme scientifiques alors qu’elles ne sont en réalité que des « arrangements » politiques ou financiers destinés à justifier leur ignorance sur la complexité (incalculable) d’un système qui fonctionne tout seul et sans raison.

Car c’est bien sur les conseils de nos chers économistes que s’appuient tous nos politiques de tous bords pour justifier leur incompétence. Étant incapables de proposer une alternative idéologique crédible ou valable face à une crise dont ils perçoivent le caractère inextricable, s’apercevant jour après jour de l’erreur fondamentale du système (les mathématiques n’expliqueront ni ne détermineront jamais les comportements humains), ils tentent désormais de préserver comme un dogme religieux le caractère « scientifique » de l’économie afin de faire perdurer la « foi » du peuple dans ce qu’ils savent être une supercherie : La religion était l’opium du peuple, la science économique l’a remplacée. Et elle est fondée sur le hasard (moi, une chance sur deux j’appelle cela le hasard !).

Et cela à droite comme à gauche qui, pour faire correspondre son discours social avec une réalité injuste, doit faire montre de contorsions philosophiques incroyables (elle qui à force de vouloir crédibiliser une idéologie différente s’est mise en tête de la justifier « économiquement », c’est-à-dire mathématiquement).
Mais comment pourraient-ils faire émerger l’alternative qui nous fait défaut -celle dans laquelle les mathématiques seraient considérées comme secondaires par rapport à la satisfaction des besoins humains, alors même que ce sont les mathématiques qui déterminent aujourd’hui leurs revendications ?

Regardez aujourd’hui où nous en sommes arrivés : faut il sortir de l’Europe ou pas, ou de l’Euro ? Vaut-il mieux se confronter à madame Merkel ou à son propre peuple ? La situation se rapproche-t-elle de 1789 ou de 1930 ? Et faut-il supprimer 20 000 militaires, ou mettre fin à l’obsolescence programmée, et réaliser « l’Union Sacrée » ou s’allier avec les extrêmes ? Et peut-on réformer la monnaie, ou supprimer la démocratie, et doit-on aller le fédéralisme ou le nationalisme ?

Perdus au milieu de considérations politiques majeures dont ils ne savent comment se dépêtrer et incapables de se réunir pour y réfléchir, nos politiques commencent en réalité à comprendre que la faillite du système est inévitable et que l’économie ne nous sauvera pas. Que ni l’austérité ni la relance, ni l’or ni le bancor, ni le fédéralisme ni le nationalisme ne sauveront un système totalement déconnecté de la réalité. Il est déjà trop tard, et tout est beaucoup trop compliqué : alors, faute de savoir comment repartir sur d’autres bases, nos dirigeants, nos financiers, et même les peuples qui les subissent préfèrent faire semblant de croire que ce ne sont que des erreurs de calculs ; et ils comptent et recomptent encore, avec une probabilité de se tromper -encore une fois- qui doit largement dépasser les 50 % …

En attendant le temps passe et les calculs ne seront jamais justes : car l’erreur n’est pas dans le calcul lui-même mais bien dans le fait de vouloir calculer l’incalculable. Et au lieu de nous apitoyer sur nos faibles politiques, ou même sur nos génies mathématiques, nous ferions mieux de nous préoccuper nous-mêmes de notre avenir et de celui de nos enfants. Et avant de leur apprendre à compter, nous devrions leur apprendre à réfléchir, ce ne serait peut-être pas du temps de perdu… Bon, le taux de probabilité de réalisation d’une telle politique non économiquement rentable est certes proche de zéro, mais celui de son utilité pour l’humanité avoisine pourtant les 100 %.

Dommage que la réalité ressemble parfois curieusement à l’absurde.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Offshore leaks : citoyens, ne vous réjouissez pas trop vite…

Posté par calebirri le 7 avril 2013

Il y a l’affaire Cahuzac. Et il y a l’affaire « offshore leaks ». Et puis il y a aussi l’amnistie fiscale dont les parlementaires Français (et leurs « amis ») vont sans doute profiter bientôt, unis comme un seul homme.

Car ce n’est peut-être pas pour rien que le calendrier des événements est si serré, et qui expliquerait pourquoi monsieur Cahuzac a « tout (?) balancé » juste avant les révélations du « offshoreleaks » : il savait que son nom allait sortir, car cela fait un moment déjà que les journalistes travaillent sur ces listes (12 ou 15 mois je crois). Mais si les journalistes étaient au courant et que monsieur Cahuzac l’était aussi, alors tout le gouvernement savait inévitablement.

Mais nous aussi, les citoyens, nous savons tous que nos politiques sont complices de ce genres d’activités : ce sont eux qui les légalisent, qui les protègent, et qui n’ont jamais rien fait pour les faire supprimer (contrairement à ce qui a été dit).

Aujourd’hui on voit fleurir des articles stupéfaits nous « apprenant » comment fonctionne le système : très bien, mais nous savons cela depuis un bon moment déjà : l’évasion fiscale a été décrite à de nombreuses reprises, par de nombreuses enquêtes qui ont donné lieu à de nombreux ouvrages, des rapports, des scandales… et puis alors ?
Denis Robert nous a déjà tout expliqué par le menu : les paradis fiscaux existent pour blanchir l’argent sale (trafics d’armes, de drogue, d’êtres humains, corruption, jeux, prostitution…), et les chambres de compensation comme Clearstream sont le lieu par lequel TOUTES les transactions du monde transitent : on sait d’où vient l’argent, par où il passe et où il va, et de quelle poche à quelle poche l’argent transite.

Il suffirait donc d’ouvrir les lignes de compte de ces chambres de compensation pour que les masques tombent « définitivement ». Ce que personne dans aucun gouvernement du monde n’a évidemment intérêt à faire : car cela ouvrirait la voie à l’explosion du système en même temps qu’une révolution sociale sans précédent.

Que reste-t-il donc aux peuples pour faire émerger la vérité ?

Le chaos engendré par un bankrun ? Mais même ce moyen de pression lui a été retiré officiellement à l’occasion de la crise chypriote (tiens, un paradis fiscal !)…

La justice alors, dont on apprend qu’elle est entravée (et dénoncée !) par ceux-là mêmes qui sont censés lui apporter des informations ?

Et les journalistes ? peut-on compter sur les promesses d’un offshoreleaks dont on apprend que finalement ils ne sortira rien ? Car je doute que la dizaine de noms promise par le monde, ainsi que la frilosité étonnante des « rebelles » des autres pays nous expliquent comment 50 milliards d’euros s’échappent de France chaque année, et 1000 milliards au niveau de l’Europe ; chiffres incroyables d’ailleurs, juste ce qu’il manquait à nos budgets après qu’on a ponctionné cette somme sur les ménages européens… Et personne ne veut faire de rapprochements ?

Mais au fait, sommes-nous vraiment certains de vouloir savoir ?

Sommes-nous prêts à comprendre que les sacrifices qu’on exige des peuples sont les conséquences de l’accaparement des richesses par quelques uns, que cela constitue un vol, que tous ceux qui organisent, soutiennent et profitent de l’évasion fiscale sont des criminels qu’il faut punir, que tout cela est aberrant et proprement scandaleux, inacceptable ?

Mais posez-vous quand même cette question : à votre avis pourquoi les journalistes ne publient-ils pas les noms qu’ils possèdent, et qu’est-ce qui les en empêche ? Pourquoi les politiques veulent-ils une amnistie fiscale pour leurs collègues et amis ? pourquoi aussi assiste-t-on à cette diabolisation soudaine des paradis fiscaux, juste après la crise chypriote et juste avant l’effondrement total du système ?

Et bien je vais vous le dire moi, ce qui se trame : nos riches ont compris à Chypre qu’ils ne reverront pas tout leur argent, et que les paradis fiscaux sont ceux qui s’effondreront les premiers. Et ils cherchent donc par tous les moyens protéger non pas les petits épargnants mais bien… leur pognon. Et c’est à cela que sert le « Offshoreleaks » : loin d’être un avertissement à l’encontre des voleurs, il est en réalité un signal envoyé à tous les tricheurs, les menteurs et les escrocs qui sont encore une fois en train de nous rouler dans la farine… Les riches de tous les pays savent aujourd’hui qu’il faut au plus vite rapatrier leurs avoirs dans des pays plus « sûrs » avant que le bateau coule par là ou il penche… d’où la proposition de loi sur l’amnistie fiscale !

Nous allons donc assister ces prochains jours ou semaines, à des transferts massifs d’argent sortant des paradis fiscaux, précipitant ainsi la chute de tous les paradis fiscaux en difficulté… On légiférera alors pour « punir » les mauvais élèves, et puis le monde s’apercevra qu’il n’y a plus rien là-bas… Les peuples paieront une fois de plus la facture.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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L’économie des besoins contre le besoin d’économie

Posté par calebirri le 1 avril 2013

Il y a deux manières de voir le monde : l’une est fondée sur la rationalisation des moyens, l’autre sur la satisfaction des besoins.

La première correspond à celle que nous connaissons depuis des décennies : c’est la théorie selon laquelle le capitalisme forme un gâteau dont la taille est censée grossir indéfiniment pour pouvoir partager ce dernier en un nombre de parts de plus en plus important. La règle impose une concurrence théoriquement libre et non faussée (chacun pour soi fait avec ce qu’il peut contre tous les autres), mais la réalité conduit par l’accumulation à la création de monopoles qui faussent la règle, ou qui permettent même dans certains cas de la modifier à leur avantage (ils sont devenus les « plus forts » -puisque plus riches). Il apparaît donc que les plus forts, même s’ils sont les moins nombreux, prennent les plus grosses parts, pendant qu’ils laissent les pauvres (les plus nombreux) se battre entre eux pour obtenir les restes.

Cette situation engendre deux conséquences : le gâteau peut bien grossir en valeur ou en volume (artificiellement ou pas), mais le partage de ce surplus est toujours inéquitable puisque si, pour une croissance de 10%, le pourcent le plus riche en prend 9 pour n’en laisser qu’un aux 99% restants, la différence ne sera pas énorme pour les pauvres. On organise ainsi une sorte de « rareté » structurelle, sur laquelle repose l’injustice la plus flagrante de ce système.

Une fois cette rareté constatée, on imagine bien la deuxième conséquence : des conflits, à plus ou moins grande échelle, entre tous ceux qui doivent se battre pour survivre à l’intérieur de ce système.

Cette injustice est idéologique et part du principe selon lequel nous ne serions (par déformation eugéniste de la théorie darwinienne) pas plus que des animaux, contraints et soumis aux mêmes contraintes évolutionnistes d’adaptation au milieu (financier en l’occurrence) : on s’adapte aux conditions d’un marché pour conformer la satisfaction de nos besoins à la valeur de notre porte-monnaie. Ces conditions étant de fait inégalitaires et injustes, il se trouve que les plus nombreux doivent s’adapter à une vie misérable et s’en satisfaire pour décider « rationnellement » s’il vaut mieux choisir entre fromage ou dessert.

Mais nous devrions déjà nous estimer heureux : les riches pourraient tout nous prendre, comme ils l’ont signifié durant la crise chypriote, et ils nous laissent pourtant leurs restes… Pourquoi selon vous : parce que vous leur faites pitié ? Non bien sûr, mais parce que sans votre travail ils ne feraient pas de profit. C’est la contrepartie de la démocratie, ou plutôt de ce qu’elle était. En dictature, vous auriez encore moins. Et c’est bien pour ça qu’ils voudraient bien nous forcer à l’accepter.

La seconde est celle que nous pourrions avoir si nous fondions notre système non pas sur les richesses présentes pour combler les besoins, mais si nous partions de nos besoins pour trouver les moyens de les satisfaire. Cette manière de voir peut paraître évidente mais c’est en réalité une véritable révolution idéologique. Si on regarde la situation actuelle, on s’aperçoit que le système fondé sur le besoin d’économie fonctionne de manière incohérente : les besoins n’ont jamais été si grands (dans presque tous les domaines), et l’absence de moyens contraint pourtant au chômage et à la guerre. Comment avons nous pu laisser faire cela ? Alors que nous gâchons près de la moitié de ce que nous produisons, alors que les technologies à obsolescence programmée ne permettent pas la baisse des prix pour les anciennes versions retirées du marché, alors que le chômage est si grand et qu’on manque de tant de logements, d’hôpitaux, de professeurs ou de bouchers, on continue de licencier et de polluer, de laisser faire des métiers pénibles ou dangereux…

Mais que se passerait-il si on inversait les choses en passant du besoin d’économie à l’économie des besoins, c’est-à-dire de faire passer la raison économique après la satisfaction de ces besoins ?

Nous avons besoin de plus d’infirmières ? Formons-les, payons-les, elles dépenseront leur salaire, auront besoin d’un logement, fonderont une famille (et oui pour régler le problème des retraites quoi de mieux que de faire des enfants ?). Nous voulons cesser de polluer la planète ? Développons les énergies propres, gratuites et infinies, trouvons d’abord les moyens de satisfaire les besoins et regardons seulement ensuite combien cela coûte et combien cela rapporte. Qu’on ne vienne pas me parler de la finitude des ressources ou de l’espace de cette planète, j’ai déjà répondu à cet argument ailleurs : le gâteau est potentiellement infini (comme l’univers lui-même), et il ne tient qu’à nous de suivre la bonne recette.

Je ne sais pas si cette manière de voir serait rentable d’un point de vue capitaliste (je suis sûr qu’avec de savants calculs on pourrait prouver que oui et non- allez-y n’hésitez pas à vous lancer !), mais je suis certain que d’un point de vue sociétal personne n’y perdrait. Et puis si ce sont les calculs qui dérangent, n’en faisons pas : la société toute entière ne s’en portera pas plus mal.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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A qui appartient votre argent ?

Posté par calebirri le 22 mars 2013

A Chypre, le peuple s’est sans doute réjoui un peu trop vite du refus de son parlement d’accepter la taxe sur les dépôts bancaires pourtant exigée par la Troïka. Car en définitive le capitalisme impose qu‘il faudra bien un jour que quelqu’un paye, et les riches en sont bien incapables

Les récents développements du « cas chypriote », avec la renégociation de l’accord qu’on croyait scellé, tendent à montrer que la situation est plus complexe qu’il n’y paraît : coincé entre les apparences de la démocratie qu’il faut respecter et les exigences capitalistes (qui il faut sans cesse le répéter sont incompatibles), faire tomber le « tabou » de la garantie bancaire est un risque difficile à maîtriser.

C’est que le coup n’est pas si aisé, car le nombre des options s’amenuise à mesure que la situation empire : que peuvent faire nos bons gouvernants pour éviter, ou même seulement retarder, un crash du système capitaliste tout entier (qui sera précédé d’un krach, pour les pointilleux d’orthographe) ?

-S’ils laissent tomber les banques cypriotes, Chypre court à la faillite et l’Europe risque l’effondrement en cascade, sans compter les délicates explications avec la Russie et l’Allemagne.

-S’ils sauvent les banques ils ruinent les peuples (ce qui ne leur pose aucun problème moral), avec le risque d’une crise sociale majeure pouvant déboucher sur une panique généralisée, un bankrun qui mettrait tout l’échafaudage financier par terre, briserait le capitalisme dans le monde entier.

-S’ils sortent Chypre de l’Europe alors l’Europe aura signé son arrêt de mort, en même temps que la fin de sa relative bonne santé économique et sociale (et oui, qui remboursera les dettes des pays qui quitteront l’Europe ?) ; chaque pays prendra alors la véritable place qui lui est due selon sa « valeur » dans le monde, et le niveau de vie qui va avec.

De tous côtés donc le danger guette, et depuis maintenant plus d’une semaine le gouvernement chypriote joue la montre avec la Troïka, un peu à la manière dont la Grèce avait promis le référendum (voir poker)… Laissant le temps aux riches d’organiser le transfert de leurs avoirs dans des contrées moins hostiles pour le jour où les banques rouvriront (ce qui a déjà commencé selon certains), tandis que les pauvres sont quant à eux contraints de se battre aux guichets pour récupérer les quelques malheureux billets qui voudront bien sortir encore de leurs distributeurs.

Et c’est bien cela qui est le plus scandaleux : que les dépôts bancaires soient taxés ou pas, à vrai dire cela ne change pas grand chose car in fine ce sont toujours les pauvres qui trinquent… Mais qu’on empêche concrètement les gens de retirer librement l’argent qui est censé leur appartenir, c’est là une étape sans précédent qui vient d’être franchie. En faisant tomber le « tabou » sur la garantie des dépôts bancaires, la Troïka montre au monde et aux peuples que non seulement tout l’argent qui se trouve dans les banques ne leur appartient pas, mais surtout que tout est déjà prêt pour éviter la seule réponse possible à la séquestration de son argent : le bankrun. Ne pouvant se permettre de réaliser les deux autres solutions citées plus haut, on s’aperçoit que seule la taxation de l’épargne populaire serait pour les dirigeants européens un moyen efficace d’éviter la faillite généralisée ; tandis qu’un bankrun (lui aussi généralisé) serait pour le peuple un moyen d’éviter l’appauvrissement (toujours) généralisé.

En même temps, il faut comprendre nos dirigeants : de quoi auraient-ils l’air s’ils avouaient que tout l’argent qui circule sur cette planète n’existait tout simplement pas ? Car c’est bien à cela que sert un bankrun : il ne satisfait personne, car tous s’aperçoivent en même temps que tout l’argent qu’ils croyaient posséder n’existe pas dans la réalité

C’est donc bien que l’Europe est à bout de souffle, et que les vrais ennuis vont bientôt commencer : en se préparant à spolier les citoyens à la source -leur épargne- l’Europe s’apprête à montrer son vrai visage. Et le bankrun ne se produira pas, car l’accès aux comptes et aux retraits d’argent liquide seront limités, suspendus ou interdits, privant ainsi les citoyens non seulement des besoins de la vie quotidienne, mais également d’un moyen de pression bien plus efficace que leur malheureux bulletin de vote : l’argent. Mais si cet argent qu’on nous oblige à gagner pour survivre ne nous appartient pas, les denrées ou objets qu’il nous permettent d’acquérir nous appartiennent-ils vraiment ?

Et surtout, que nous restera-t-il alors ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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C’est tant pis pour nous, mais c’est bien fait pour vous !

Posté par calebirri le 3 mars 2013

A ceux qui se plaignent qu’on leur refourgue du cheval à la place du boeuf ou qu’on se livre à des « cochoncetés » pour vendre des livres comme à ceux qui refusent qu’on ferme leurs usines ou que l’on délocalise je voudrais dire une chose : c’est bien fait pour vous !

Qu’espériez-vous à la fin ?

A partir du moment où la rentabilité et le profit sont devenues les valeurs primordiales pour l’ensemble de la planète (pour les riches comme pour les pauvres), il faut bien comprendre que toutes les autres valeurs deviennent alors aussitôt secondaires : que ce soit l’alimentaire, la santé, le travail, l’écologie ou même l’amour et l’éducation, tous nos actes se conforment de fait à cette seule priorité.

Pas de morale dans tout cela, ni de social : la seule chose qui compte est bel et bien de « faire du fric ». Comment laisserions-nous mourir de faim, autrement, tant et tant d’hommes, de femmes et d’enfants, alors même qu’au niveau mondial nous gâchons plus de la moitié de ce que nous produisons ?

Car ce monde nous ne l’avons pas forcément choisi, mais nous l’avons accepté : pourquoi ensuite se plaindre des conséquences qu’il engendre si c’est pour ne rien y changer ?

On peut faire autant de lois, de révolutions ou de guerres que l’on veut, rien ne changera si les lois, les révolutions ou les guerres sont en réalité contraintes par la seule rentabilité économique. Vous pourrez remplacer tous les hommes politiques par d’autres hommes, tous les grands patrons par d’autres patrons, et même tous les pauvres par d’autres pauvres, mais en faisant cela vous ne changerez rien du tout. Tout le monde le sait au fond de soi, car l’Histoire est un perpétuel recommencement : nous avons changé les hommes (par renouvellement « naturel » ou non), nous avons changé les lois, fait des guerres et des révolutions, sans jamais changer de système de valeurs… Et qu’est-ce qui a changé en définitive ? rien !

Pourtant, vous ne voulez plus être contraint à perdre votre vie à la gagner ? Vous ne voulez plus de l’obsolescence programmée, ni de la compétitivité ? Vous voulez que tout le monde mange à sa faim quelque soit sa religion ou sa couleur de peau ? Vous voulez pouvoir manger sain, habiter un logement salubre et confortable, vous déplacer en toute sécurité et profiter de votre temps libre comme bon vous semble, changer de métier s’il vous lasse ou arrêter de travailler quand vous êtes fatigué ? Mais ce monde n’est pas fait pour vous alors ! Pourquoi ne changez-vous donc pas les règles de ce jeu puisqu’il ne vous convient pas ? Qui vous en empêche ? N’êtes-vous pas les plus nombreux ?

Si vous parvenez à m’apporter une réponse acceptable je veux bien manger mon chapeau, avec tout ce qu’il vous plaira de me faire subir, mais si non je répète encore une fois ce que j’ai dis plus haut : c’est bien fait pour vous !

Même si c’est tant pis pour nous…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, misère, politique? mensonges, révolution? | 11 Commentaires »

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