Selon qu’il s’agit de science ou de morale

20 novembre 2022

Non classé

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Avant sur Twitter lorsqu’on demandait la réintégration des soignants suspendus on nous répondait toujours science et transmisssion. Sauf que depuis qu’il a été reconnu que le vaccin n’avait pas été testé sur la transmission, la plupart de ceux qui reprochaient aux non-vaccinés d’être « anti-science » justifient désormais l’exclusion des soignants par des arguments absolument non-scientifiques, à savoir des considérations morales.

Pourtant, c’est bien l’argument scientifique selon lequel le vaccin protégeait contre la transmission qui, après avoir été répété et diffusé par tous les médias, a été utilisé par les politiques pour justifier à la fois la suspension des soignants et les Pass sanitaire et vaccinal, jusqu’à la décision du Conseil Constitutionnel FfNgb37WAAExNKP

Alors quand on insiste un peu, les plus courageux nous affirment encore que malgré des performances en dessous de celles espérées, les études « en vie réelle » (et donc a posteriori) montrent encore l’efficacité du vacin contre la transmission.
Mais c’est quand on demande DE COMBIEN que les ennuis arrivent : de 90% à 0% en moins en passant par 40 ou 50 et durant 3 mois max en fonction des variants, du vaccin, des dates et des durées, et sans doute aussi un peu de l’âge du capitaine.
Grosso merdo c’est à ce moment qu’on s’aperçoit à quel point la « vérité scientifique », théoriquement issue de la détermination collective d’un « consensus », est en l’occurence une notion pour le moins sujette à caution. Et aussi qu’on regrette de ne pas être un « scientifique ».

Car je me suis penché plus avant sur l’une des études qu’on m’a envoyées, et force est de constater que ce fût pour moi l’occasion de faire quelques réflexions que je voudrais partager ici :

Tout d’abord il faut de la volonté, du temps, de l’énergie, et aussi quelques compétences : jeter au visage des gens des études qu’ils ne sont pas en mesure d’appréhender en les laissant se démerder avec ça ce n’est pas vouloir convaincre mais écraser. Comme leur reprocher de n’être pas tous des scientifiques. Cela dit quand on voit l’écart dans les réponses qui m’ont été faites à la même question, il faut croire que ces études et leur interprétation n’est peut-être pas aussi claire que ce qu’ils prétendent.

Car c’est bien d’interprétation qu’il s’agit : contrairement à ce qu’on peut imaginer, et même si les études sont conduites avec les plus grandes précautions, les résultats bruts doivent être rendus compréhensibles par leur interprétation littéraire. Et c’est là que les problèmes se découvrent : la méthode contient inévitablement des biais qui ne peuvent pas tous être répertoriés ou même envisagés, ni leur nature ni leurs effets. Et comme les gens ne sont pas tous plus littéraires que scientifiques, il y a ce que le scientifique a compris, ce qu’il en a ressorti et ce que les gens comprendront de cette interprétation.
C’est que la bonne volonté d’interpréter en mots les données de tableaux complexes ne suffit pas à rendre les résultats clairs et intelligibles. Et plus le nombre de paramètres est grand, plus l’expression de cette complexité sera difficile à décrire, mais aussi à comprendre. Je vous donne un exemple.

Si je vous dis :

la probabilité pour un cas contact d’un patient indexé infecté vacciné d’être testé positif au covid est supérieure de 25% à celle d’un patient indexé infecté non-vacciné , on peut avoir l’impression que le gain vaccinal est conséquent.

Si maintenant je vous dis :

La probabilité pour un cas contact d’un patient indexé infecté vacciné d’être testé positif au covid est supérieure de 25% à la probabilité que ce cas contact a d’être positif lorsque le patient indexé infecté n’est pas vacciné, alors si cette probabilité d’être positif au Covid n’est déjà que de 50% lorsque le patient indexé infecté n’est pas vacciné cela change tout, non ? Déjà il vous faut se concentrer et relire la phrase plus d’une fois pour être sûr d’avoir bien compris. Si toutefois je me suis moi-même bien exprimé !

Si j’ajoutais dans cette phrase un degré d’incertitude sur la fiabilité des tests PCR, les variants concernés, les combinaisons et le nombre de doses des vaccins selon le patient index ou contact, son âge et ses comorbidités, son environnement de travail ou son exposition, les dates et la durée d’efficacité, alors j’affirme ici que même s’il était possible de faire un tel calcul, son interprétation intelligible ne le serait pas.

D’autant qu’il existe aussi une sorte de « problème temporel » que je n’arrive pas à éclaircir : le vaccin, dont l’efficacité sur la transmission est la plus forte avec le variant Alpha est arrivé fin décembre 2020, tandis que le variant Delta est devenu le variant principal début mai 2021. Sachant que la durée maximum de protection estimée du vaccin est de 3 mois, cela signifie que les soignants qui se sont faits vacciner début 2021 n’étaient déjà plus protégés par le vaccin mais pouvaient travailler même malades au nom de la science, tandis que les soignants pas malades mais pas vaccinés n’ont pas pu soigner des malades qui en avaient pourtant besoin.

Voici pour moi une des explications de la fracture qui s’est créée à l’occasion de la pandémie : les mensonges répétés malgré les faits visibles en début de pandémie et l’impossibilité de donner des réponses sûres et certaines ont fait que la confiance entre les scientifiques et la population a été rompue. Comment se revendiquer de la science sans être capable d’obtenir autre chose que de nous demander de croire ? Et que vaut la « vérité scientifique » obtenue suite au calcul du fameux et soi-disant infaillible rapport « bénéfices/risques » quand ceux qui contestaient le consensus scientifique ont été écartés de la discussion, pourtant le préalable à la légitimité dudit consensus ?

C’est cette absence de clarté qui empêche la confiance : de combien est le véritable bénéfice du vaccin en ce qui concerne la transmission de la maladie ? PEUT-ETRE UN PETIT PEU est la seule réponse scientifique donnée. ON N’EN SAIT RIEN aurait été la plus honnête.

Cette perte de confiance est grave et elle durera aussi longtemps que ce gouvernement refusera d’admettre ses erreurs et de les réparer. Les soignants suspendus doivent être réintégrés au nom de la science. Et indemnisés au nom de la morale. Car interdire en son nom n’est absolument pas scientifique.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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