Du 11 septembre à l’Ukraine, en passant par (dessus) la démocratie

2 mars 2022

Non classé

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En 2001, les Etats-Unis ont été pour la première fois de leur histoire attaqués sur leur propre territoire, au coeur du symbole même de leur puissance jusque-là incontestée et incontestable. Ils ont alors compris la réalité du retournement opéré par le Capitalisme : ils n’étaient plus l’avenir mais le passé.

En réalité c’est à la faveur de ce choc immense que les Etats-Unis ont cru pouvoir y échapper, après avoir réussi à obtenir la soumission totale (ou quasi) de la plupart des Etats Occidentaux, à travers le « Patriot-Act ». Et c’est forts de ce soutien qu’à grands coups de fake news, de menaces et de propagande, de coups foireux et d’arrangements financiers douteux, d’opérations secrètes et de cyber-attaques déguisées que les Etats-Unis se sont permis d’user de la force brutale, et ce malgré les multiples protestations des autres Nations inquiètes.

Les attentats du 11 septembre ont donc été utilisés par le gouvernement américain comme une occasion de refuser ce retournement, car ils permettaient à leurs yeux de justifier ce qui allait suivre, à savoir l’invasion de pays certes dictatoriaux mais néanmoins souverains (Afghanistan, Irak), au mépris du droit international (« vous êtes avec nous ou contre nous » avait dit Bush), des équilibres géopolitiques en place, de la vérité des faits (les « armes de destruction massive » jamais retrouvées), et surtout de la vie de centaines de milliers d’êtres humains qui ne demandent jamais rien d’autre que de pouvoir vivre en paix

Sauf que malgré toutes ces guerres et même aidés par la servilité de leurs « alliés » ils ne sont jamais vraiment parvenus à stopper ce retournement, seulement à le ralentir. En plus, les comportements violents et impérialistes des « Occidentaux », qui pratiquent ingérence et déstabilisation, qui fomentent des révolutions ou arment des oppositions, ont fatalement laissé des traces. Il apparaît même aujourd’hui qu’en définitive les Occidentaux ont ainsi offert à leurs ennemis les arguments-mêmes de leur future perte, comme l’ont très bien compris Poutine ou les Chinois, qui répondent désormais aux Occidentaux quand ils s’opposent à leurs vélléités de conquêtes qu’ils ne font rien de plus ou de moins que de suivre « LEUR » propre exemple , comme en Afghanistan ou récemment en Lybie pour la France par exemple… Et pan sur le bec !

Il en va du même fonctionnement pour justifier de leur dictature : aujourd’hui prétendre en France se trouver être le représentant de la démocratie et des lumières à l’heure du pass sanitaire et vaccinal, de l’interdiction de manifester (Convoi de la Liberté), des répressions violentes à l’encontre des opposants politiques (Gilets jaunes, Jérôme Rodrigues, Cédric Herrou), des lois scélérates sur le renseignement, la censure sur les réseaux et l’interdiction de médias comme RTFrance ou NantesRévoltée, la France n’a clairement (et malheureusement) plus d’argument pour se dire plus démocrate que les autres « non-démocraties ». Même le Parlement n’est plus qu’une chambre d’enregistrement, surtout depuis que les décisions sont prises directement par un Conseil de Défense protégé par le secret ! Comment pouvons-nous dans ces conditions critiquer l’autoritarisme des autres ? Comment en France regretter que les Russes n’ont pas accès à d’autres médias que ceux autorisés par le gouvernement Russe et « en même temps » ne pas autoriser d’autres médias que ceux validés par le gouvernement Français ? En réalité ceux qui font le même constat que moi ne sont pas en train de défendre Poutine mais juste de regretter que la France soit dans sa gouvernance sur le même chemin, car critiquer l’autoritarisme d’un adversaire est tout de même moins aisé lorsque celui-ci peut nous opposer notre propre comportement.

Nous vivons donc propagande contre propagande. Mais nous fournissons à nos ennemis toutes les armes réthoriques dont ils ont besoin ! Et pendant ce temps Macron n’a fait comme d’habitude que SA propagande électorale, ce qui n’a sans doute pas arrangé la situation internationale -mais il s’en moque bien, et les Etats-Unis exportent désormais leur gaz de schiste vers l’Europe, sans engager un seul soldat, tandis que les Russes continuent d’avancer en Ukraine sans autre résistance que celle des pauvres Ukrainiens qui font ce qu’ils peuvent dans tout ce merdier… toujours les civils qui trinquent.

D’ailleurs même la fuite des populations vers l’Europe suffit à montrer une des incohérence et des contradictions injustes de la politique européenne : elle qui se trouve toujours plein d’excuses pour ne pas accueilllir dignement les personnes poussées à l’exil par les guerres auxquelles ils participent avec l’Otan et les Etats-Unis, elle accueille avec bienveillance et humanité les Ukrainiens fuyant les Russes. Jusqu’à l’ignoble tri entre les « migrants » noirs ou arabes et les « réfugiés » blancs et Ukrainiens, qui montre une fois de plus aux autres Nations du monde à quel point l’Occident est hypocrite… tous ne fuient-ils pas également la guerre ?

Lorsqu’on voit la situation du monde aujourd’hui on ne peut raisonnablement qu’être inquiet pour l’avenir. Mais en réalité pas plus pas moins que par le passé : car si on regarde bien la guerre n’a jamais cessé totalement nulle part, comme on peut le vérifier aisément ! Il faudra donc se résigner à ce que nos gouvernants préfèrent toujours la dictature à la démocratie, car pour se battre il ne faut quand même pas trop réfléchir.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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