De la post-vérité à la post-démocratie

26 mai 2020

Non classé

Nous y voilà. De fragile qu’elle était déjà, ce qui restait de démocratie dans notre pays dit « développé » s’est définitivement éteint avec la pandémie du coronavirus : désormais, en plus de ce que vous dites et de ce que vous faites, ce que vous pensez pourra être retenu contre vous.

La frontière ultime, l’espace intime de notre esprit, notre âme elle-même n’est plus en liberté : la censure est de retour.

Il est temps de le reconnaître, en France notre Constitution est bafouée, la séparation des pouvoirs n’est plus assurée, la presse n’est pas libre et la police fait désormais sa loi, directement dirigée par un gouvernement autoritaire et sans contrôle réel de la part de la représentation nationale, qui décidément ne sert même plus à faire semblant qu’on respecte les institutions. La cinquième République est morte, et elle a été remplacée par un régime autoritaire et technocratique qu’on pourrait qualifier de « post-démocratie » : nous n’avons pas encore complètement basculé dans la dictature, mais nous ne sommes définitivement plus en démocratie.

La post-démocratie pourrait être une définition d’un régime fondé sur le concept de « post-vérité », utilisé pour justifier toutes les mesures liberticides ou injustes prises par ce gouvernement : ce qui importe ce ne sont pas les faits mais l’utilisation qu’on en fait.

Si on prend le débat sur la chloroquine par exemple, le problème n’est pas pour le gouvernement de savoir si ça marche ou pas mais s’il a décidé que ça devait marcher ou pas. En fonction de son objectif (ou d’intérêts financiers ?) il appuiera les études qui vont dans le sens qui lui plaisent, et rejettera les autres comme mal conduites ou mal faites. Pour dire que la pandémie se termine on ne prendra donc plus en compte le nombre de morts s’il n’est pas bon mais celui des personnes en réanimation, s’il est meilleur. On sélectionnera les infos, les chiffres et les mots qui soutiennent la thèse appuyée par le gouvernement, on utilisera la puissance des médias publics et privés (les deux sont aux ordres), et on fera tout pour museler ou détruire médiatiquement, au besoin en sortant la loi Avia ou une autre, et cela deviendra une vérité officielle.
Après la pandémie on verra des gouvernements qui vous diront, chiffres et courbes à l’appui, que l’hydrochloroquine fonctionne, tandis que d’autres vous diront, chiffres et courbes à l’appui, que l’hydrochloroquine ne fonctionne pas.

En réalité nous ne saurons jamais avec une totale certitude si la chloroquine est un bon médicament contre le covid ou pas, comme cela se passe avec le glyphosate depuis des décennies (même si on s’en doute), et comme il a fallu également des décennies pour qu’on s’accorde mondialement pour dire que le tabac est dangereux à coup sûr (même si il s’est dit que la nicotine pouvait protéger du covid- vous voyez ?)

Ne pouvant avoir de certitudes les citoyens en sont réduits à développer des croyances, des convictions. Et on ne défend pas ses convictions avec de la science mais avec des émotions, comme le définit dans son application concrète le concept de « post-vérité ».

La société de contrôle devient alors une nécessité pour les gouvernants : pour que la vérité choisie ne soit pas contredite, il lui faut un effet majoritaire, ce qu’ils appellent le bon sens (c’est pratique il suffit de rajouter « bon » au sens qu’on a donné et imposer l’idée que c’en est vraiment), les contradicteurs étant des fous, des ignorants ou des criminels.

« S’il y a un espoir, il est chez les prolétaires » disait Winston Smith dans 1984. C’est que dans le bouquin « seuls les animaux et les prolétaires sont libres ». La technologie actuelle a apporté le télécran jusque chez les prolétaires, comment pourraient-ils se révolter ?

Ce covid aura été un véritable révélateur de la personnalité des gens. Et des entités abstraites sensées nous « gouverner ». On s’est étripés pour un médecin, on a consenti à des contraintes sociales contradictoires hallucinantes, et après l’auto-entreprise nous avons été jusqu’à nous autoriser nous-mêmes à sortir de chez nous !
Nous avons aussi appris que gouverner ce n’est pas « prévoir » mais bien « profiter ». En plus du fait que le phénomène de « double-pensée » (autrement appelé dissonance cognitive) est une pratique bien plus répandue et intégrée qu’on voulait bien le croire, à tous les étages de la pyramide sociale. En même temps jusqu’à ce qu’on apprenne la victoire certaine des alliés, il y avait quand même vachement plus de collabos que de résistants.

Nous avons quand même collectivement supporté tous les reculs et toutes les aberrations de ce gouvernement sans broncher, et aujourd’hui il apparaît même qu’il est plus dangereux pour soi et sa réputation (voire son casier judiciaire) de critiquer les violences policières que de les commettre.

Il ne s’agit plus aujourd’hui de dénoncer la dictature qui s’installe mais de lutter contre. Il faut entrer en résistance. Et le moindre geste, la moindre parole, la moindre action compte. Nous saurons nous reconnaître

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Une réponse à “De la post-vérité à la post-démocratie”

  1. Pascal Dit :

    Bonjour Calebirri

    Outre les habituels compliments je m’autorise 2 remarques :

    1/ ce qui est en jeu et fait scandale dans l’affaire de la « chloroquine c pas son efficacité : c bien évidemment l’atteinte inédite et scandaleuse portée à la liberté de (se) soigner des médecins hors hôpital et de leurs patients.

    2/ face à la mafia qui exerce le pouvoir seule la (re)conquête de sa SOUVERAINETE par le peuple pourra mettre un terme à cette dérive totalitaire. Et pour y parvenir il faut penser RASSEMBLEMENT par-dela les propositions politiques classiques qui sont surtout très clivages donc absolument contre-productive.
    Ce rassemblement doit s’en visage sur une base populiste assumée, revendiquée face à la mafia. Les populistes doivent revendiquer le leadership moral face aux imposteurs. Et se doter d’une feuille de route élaborée en commun en vue de notre LIBÉRATION.

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