La liberté contre la paix : CHAPITRE QUATRE

Posté par calebirri le 20 mai 2015

Chapitre 4

Je l’attendais cette rencontre, ne serait-ce que pour être certain de n’avoir pas basculé dans la folie… C’était en rentrant un soir de juillet -le 16 je crois-, le soleil se couchait, j’avais enfin terminé ma journée de travail. Depuis des semaines je passais mes journées plongé dans le travail sans prendre un instant de repos. Je rentrais chez moi aussitôt après, complètement épuisé, et ma terreur reprenait. Je priais intérieurement pour ne pas penser, ne pas me retourner brusquement… Tout me paraissait différent. Les rues pour atteindre mon immeuble, la cage d’escalier si sombre, le bruit de mes voisins qui s’arrête quand je passe dans l’escalier, ma porte d’entrée qui grince systématiquement à l’ouverture comme à la fermeture… Je n’osai même pas éteindre mon téléphone que je consultai compulsivement toutes les deux minutes, et en même temps je redoutai qu’il se mette à sonner…

Le soir, assis à ma table de cuisine (qui servait aussi de salle-à-manger et de salon), j’apercevais les lumières des drones qui traversaient le ciel avec leurs projecteurs aveuglants. Moi qui n’avais jamais compris pourquoi certains occultaient leurs fenêtres à l’aide de vieux rideaux sombres, j’avais peur que ces lumières s’arrêtent au dessus de mon vasistas pour me surveiller. J’étais devenu un terroriste, un résistant, je ne savais pas trop. Mais j’avais bien quelque chose à cacher. Et cela se passait à l’intérieur de mon crâne.

Le 16 juillet donc mon portable, que je tenais désormais toujours fermé dans ma main, à l’intérieur de ma poche, se mit à vibrer comme la première fois, sans s’arrêter, et après quelques secondes une voix (je ne sais pas si c’était le même gars) se mit à résonner dans mon crâne : « ne parle pas. Dans 25 mètres, sur ta gauche, il y a un commerce de fruits et légumes. Tu vas rentrer, le plus naturellement possible, et puis te diriger dans le fond du magasin : il y a une porte, que tu franchiras sans frapper. Une femme t’attend là-bas. Fin de la communication »

Le cœur battant à exploser dans ma poitrine, je fis tout comme il dit. Je ne regardai ni à droite ni à gauche, essayant de prendre l’air le plus dégagé que je pus. Dans le magasin je filai tout droit, constatant malgré moi qu’il n’y avait personne dans celui-ci, mais la voix me parla à nouveau sans prévenir : « ne réfléchis pas, avance ». J’avais commis une erreur. Je me répétais « avance, avance, avance » en moi-même pour ne pas penser.

Il y avait effectivement une porte au fond (que je n’avais jamais remarquée), je regardai droit devant moi, j’ouvris la porte, et je rentrai.

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