Grèce : l’Europe tombe le masque

4 janvier 2015

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Je vous l’avais bien dit qu’il fallait que les masques tombent : l’Allemagne fait savoir aujourd’hui qu’il n’y a pas d’alternative au remboursement des dettes, quelle que soit l’issue du scrutin en Grèce. Tout en se contredisant magistralement dans les faits, puisqu’il est dit qu’elle envisagerait dans ce cas la sortie de la Grèce de la zone euro… c’est comme ceux qui vous disent qu’on ne peut pas déroger à une loi en vous opposant les sanctions que vous risquez si vous ne vous y soumettez pas ; ce qui prouve bien que vous « pouvez » le faire, vous devez juste savoir quelles en seront les conséquences.

Que cela signifie-t-il en définitive ?

Cela signifie qu’il y a bien des alternatives puisque la sortie de la zone euro serait la « sanction » au non-remboursement de la dette, sachant que l’Allemagne se découvre en montrant que c’est bien elle qui établit les lois régissant supérieurement un Etat théoriquement souverain ; ce qui constitue une ingérence directe dans les affaires intérieures d’un pays souverain puisqu’avec une telle menace elle refuse aux Grecs le droit d’élire librement le gouvernement qu’ils désirent installer au pouvoir. Tout ceci est proprement inacceptable et devrait être condamné unanimement.

Mais que tout le monde soit rassuré : tout ceci n’est qu’un grand bluff, car si le parti Syriza remporte les élections et fait ce qu’il dit vouloir faire, alors l’Allemagne sera mise face à son impuissance devant le monde entier : on imagine mal l’Allemagne envahir la Grèce pour aller se servir directement sur le dos d’un peuple alors pris en otage, qui sonnerait comme un diktat assez malvenu… Et puis surtout elle n’a aucun intérêt à voir la Grèce ou quelconque autre pays sortir de la zone euro (c’est sur l’euro qu’est fondée sa puissance !).

Maintenant, il faut essayer de comprendre pourquoi l’Allemagne se découvre autant : est-elle si engagée dans la dette de la Grèce qu’elle craindrait qu’à l’occasion d’un changement de gouvernance en Grèce de perdre sa mise, ou essaye-t-elle tout simplement d’empêcher l’Europe des peuples se rendre compte qu’il est tout-à-fait possible de refuser une dette illégitime… sans rien risquer du tout, comme l’a fait l’équateur en son temps ? Car une fois un gouvernement élu démocratiquement au sein de la zone euro refusant la dette illégitime, il n’arrivera rien d’autre que le refus par les autres pays de leur propre dette… sans aucune autre sanction possible que la fin de l’hégémonie de l’Europe des marchés sur celle des peuples.

Il apparaît qu’en France, comme dans de nombreux autres pays européens, le problème est le même : le Collectif pour un audit citoyen de la dette conclue dans un pré-rapport que 59% de la dette sont illégitimes… Si on ajoute la part illégitime de celle des autres pays, combien de centaines de milliards sont-ils illégitimement réclamés aux peuples ?

Le problème n’est donc pas l’Europe mais bien sa manière de fonctionner. Si on refuse de se laisser berner par cet « il n’y a pas d’alternative », pas besoin du TAFTA, ni de la loi Macron, ni du pacte de responsabilité ni de tous ces moyens déguisés pour déréguler le marché du travail…

Allez-les Grecs, résistez, car l’Europe des peuples compte sur vous !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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