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Allez-donc vous faire voir… chez les Grecs !

Posté par calebirri le 31 décembre 2014

Ah que je me sens européen quand les Grecs résistent pour nous tous ! Et je ne suis pas le seul.

Regardez-les nos « élites » s’effaroucher de la déculottée subie par les pions de la finance que représentent le FMI et le Parlement Européen… L’Allemagne s’agite, les bourses ont peur, mais les peuples de l’Europe reprennent espoir : quoi, il serait possible de dire non ? Un peuple pourrait défier à lui seul tout un empire ?

C’est qu’il existe non pas une Europe moribonde et autoritaire, mais deux Europe ! Celle des financiers et de leurs employés d’une part, et celle des peuples de l’autre…

Imaginez donc ce qui pourrait advenir grâce aux Grecs : ils pourraient refuser la dette et l’austérité, faire baisser la misère et la violence… et entrainer les autres dans leur sillage. Peut-être même prouver à tous qu’on peut s’en sortir sans en sortir (de l’Europe !), et que notre destin ne dépend pas d’eux mais de nous.

Que va-t-il se passer maintenant si la gauche prend le pouvoir en Grèce ?

Le parti Syriza va-t-il aller au bout des choses et remettre à plat la question de la dette (et donc la question de l’Euro et de l’Europe) ? Et si la Grèce décidait de rester dans l’Europe tout en refusant la dette, ou si elle faisait défaut ? Cela impliquerait-il une renégociation des traités, ou même une réinvention de la démocratie ? Et que feront les autres ? Et la Troïka laissera-t-elle la Grèce sortir avec le risque d’entrainer les autres vers la sortie (ou l’explosion) de l’Europe, ou va-t-elle les contraindre à rester ? De quelle manière s’y prendra-t-elle ? Et si elle décidait de sortir de l’Europe, ou de l’Euro, quelles conséquences pour le pays, quelles conséquences pour l’Europe ?

Quoiqu’il en soit, il faudra bien que les masques tombent et que les dirigeants européens montrent ce qu’ils ont dans le ventre. C’est une partie serrée dont les cartes ont été redistribuées ces derniers mois. Il est attendu que « les marchés » vont tenter le bluff encore une fois, et tout tenter pour éviter à la gauche grecque sinon d’obtenir le pouvoir, au moins d’accomplir le programme qu’ils disent vouloir réaliser : nous avons déjà été déçus il n’y a pas si longtemps. Car c’est à la peur des marchés que l’on juge des intérêts du peuple : plus elle est grande et plus les citoyens reprennent espoir. Et ils en ont besoin, c’est peut-être même le dernier. Au moins pour les Grecs.

Mais laissez-moi rêver, les occasions sont si rares… Rêver que les Grecs montrent aux autres peuples que la misère et l’austérité ne sont pas une fatalité, rêver que dans un même élan fraternel tous les peuples européens se soulèvent pour soutenir les Grecs dans leur combat pour une Europe des peuples et non plus celle des banquiers, des affairistes, des politiques et des pots-de-vin. Rêver qu’après l’exemple grec on puisse crier partout que les marchés, comme les politiques, n’ont que le pouvoir qu’on leur prête, que leur dette c’est du vent… Et si l’on s’apercevait que les Grecs avaient la capacité de rebondir sans payer deux fois (une fois pour eux, une fois pour les banques), comme l’a fait (avec ses faiblesses et ses particularismes bien sûr) l’Islande avant eux, que ne serions-nous pas capables de réaliser ensuite ?

Et enfin, enfin, pour rêver encore un peu, nous pourrions enfin dire à tous ces voleurs qui nous oppriment d’aller se faire voir, et chez les Grecs !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le terrorisme des médias, et la politique du Talion

Posté par calebirri le 29 décembre 2014

Un policier blanc tue un jeune noir. Les premiers sont innocentés, les médias en font un symbole, qui s’auto-alimente. Puis un autre policier blanc tue un autre noir, encore plus jeune, qui jouait dans un parc avec un faux pistolet. En France, un fou agresse des policiers, un autre fonce dans les gens, en représailles qui aux enfants palestiniens, qui aux islamophobes… enfin on le suppose. Les médias répercutent l’info, et l’autre soir on apprenait un autre drame, d’un autre fou qui lui aussi a foncé sur la foule…

C’est à croire que les médias servent les idées toutes prêtes à tous les fous qui le sont rendus par la vue quotidienne d’autres fous. Demain un policier ira tirer sur un musulman, et puis un musulman ira ensuite faire de même sur un juif, qui s’en prendra à un noir qui se vengera sur un policier… jusqu’à quand ? Ce phénomène de diffusion de la folie peut apparaître comme une conséquence de la « fameuse » Loi du Talion (oeil pour oeil, dent pour dent). Et avec une telle philosophie on peut décimer la moitié de la population rapidement.

Mais ce phénomène serait-il le même si les médias ne jouaient pas le rôle d’amplificateur de faits divers ? Car c’est pourtant bien de faits divers dont il s’agit. A chaque fait divers on évoque le terrorisme comme première hypothèse, ou le fait racial, alors qu’en réalité il s’avère la plupart du temps qu’il n’en est rien : Les flics tirent trop vite parce qu’ils ont peur (ils regardent eux-aussi la télé), et les fous sont conditionnés par les nouvelles qu’ils apprennent chaque jour, que ce soit les amalgames concernant les musulmans ou ceux concernant la police. La preuve en est que celui dont on disait qu’il avait crié « Allah est grand » ou un truc du genre n’était pas le meurtrier mais un témoin qui, d’après ce que j’en ai compris, a lancé cette phrase comme un autre aurait dit « A la grâce de Dieu » ou quelque chose comme ça… En réalité c’est comme ces clowns qui ont effrayé la population en quelques jours, après que les médias aient tous relayé la même info sur « ces clowns qui font peur » : ils ont disparu aussitôt qu’on n’en a plus parlé.

C’est ensuite, et toujours par l’intermédiaire des médias, que les politiques font le boulot, avec leurs « experts » et leurs « analyses », les médias avec leurs titres « choc » : doit-on craindre une vague terroriste en France ?

« Cela rend possible des vagues de meurtres à répétition. Les forces de l’ordre deviennent des cibles, on peut craindre des enlèvements », évoque un ex-conseiller au ministère de l’intérieur, avant d’ajouter plus loin : « La question est celle de l’internement préventif des individus dangereux. Sommes-nous prêts à renoncer à une partie de nos libertés individuelles pour assurer l’ordre public? Ce sera tout le débat des années à venir. » Dorénavant tout le monde va avoir peur, doit avoir peur : les policiers et les citoyens de tous les barbus qu’ils croisent, et tous les barbus (musulmans ou pas!) de tous les autres. Un peu comme cela se produit avec les roms dans les lieux publics parisiens : les gens s’accrochent à leur sac dès qu’ils aperçoivent une ou deux jeunes filles qui « ont l’air » de roms, ou la haine leur vient lorsqu’ils croisent un femme en burqa, comme si elle était prête à tout faire exploser en se baladant dans la rue.

Et du coup, cela permet de justifier l’internement préventif des individus dangereux ! imaginez ce que cela signifie. Va-t-on mettre les musulmans dans des camps, et peut-être aussi les opposants politiques, au cas où ? renoncer à une partie de nos libertés individuelles pour assurer l’ordre public, alors que quelques lignes plus haut ce même monsieur disait bien lui-même que l’islam était un prétexte et qu’il était impossible de prévoir de tels actes qui sont le fruit de déséquilibrés fragiles ?

Et on va nous parler de Zemmour, de Le Pen ou de je ne sais qui … Mais quand va-ton comprendre enfin que nos dirigeants n’attendent que ça qu’on se divise et se batte , ce qu’ils veulent c’est supprimer suffisamment de libertés pour enfin pouvoir laisser la bulle économique crever sans risquer de voir les mouvements sociaux emporter l’Etat et leurs sièges avec.

Et puis il y a eu la Suède et une bombe dans une mosquée, ou la réponse « du berger à la bergère » avec la Corée du nord et le film « The interview » ; et demain ce sera quoi ? Tous les faits divers, tous les fous du monde se trouvent désormais assimilés a priori à des terroristes en puissance. Le fait d’évoquer cette piste comme première hypothèse immisce dans l’esprit de ceux qui s’informent un doute perpétuel quant à tous ces événements : un bateau en flammes en Grèce -pourquoi pas un acte de terrorisme ?, un avion qui disparaît au dessus de l’océan -pourquoi pas un acte terroriste ?… Le racisme étant le socle de violence sur lequel s’appuient les gouvernants du monde entier pour justifier le contrôle et la surveillance généralisée des citoyens (afin qu’ils n’aient pas le pouvoir de se rassembler pour lutter contre ceux qui les appauvrissent, ou qui se préparent à les appauvrir encore), il est tout à fait bénéfique aux gouvernants de laisser cette « ambiance » de peur et de haine s’installer… la Loi du Talion fera le reste. Et même si on apprend plus tard que tous ces fous n’ont pas besoin de Dieu pour l’être, qui cela intéressera-t-il? Que croyez-vous qu’on retiendra ?

Alors qu’autrefois les faits divers macabres mettaient plusieurs mois à traverser l’Atlantique ils mettent désormais moins d’une heure à parcourir la planète. Tout comme les idées révolutionnaires… et c’est bien contre cela que nos gouvernants se prémunissent… Combien de temps allons-nous encore nous faire berner ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Au sujet d’Etienne Chouard

Posté par calebirri le 13 décembre 2014

Il semblerait que les « trolls » aient fini par l’avoir ! Lui qui paraissait si sûr de lui… Au moment où on commençait (enfin!) à l’inviter sur les plateaux de télé pour évoquer un sujet qui m’est cher (la mise en place d’une Assemblée Constituante), on ne faisait en réalité que l’interroger sur ses liens avec l’extrême-droite et monsieur Soral, qui doit bien se marrer… en plus certainement de mépriser ses travaux.
C’est vrai que ces derniers temps j’avais remarqué qu’on l’attaquait systématiquement sur ses liens avec l’extrême-droite. Mais monsieur Chouard se voulait ouvert et raisonnable, assumant parfaitement qu’on pouvait discuter avec tout le monde sans en partager les idées, et soutenait justement que dans une véritable démocratie il était inconcevable d’interdire à certains citoyens le droit de s’exprimer. Et puis il est tombé dans le piège : il continuait d’expliquer, de se justifier, d’essayer de convaincre… à tel point qu’il a fini par s’embrouiller, et occulter son seul et unique message : l’Assemblée Constituante.

Aujourd’hui il semble qu’il veuille tout arrêter, et s’excuse clairement de n’avoir pas su saisir le caractère dangereux d’un type comme monsieur Soral (ici). C’est que depuis quelque temps tous ceux qui prétendaient ne pas le connaître l’invitent aujourd’hui à se justifier, non pas sur l’immense travail qu’il a fourni depuis toutes ses nombreuses années à travers « le planC », mais sur ses relations avec l’extrême-droite. N’évoquant pour ainsi dire jamais son travail, en plus de décrédibiliser son message…

Alors maintenant de deux choses l’une : Ou monsieur Chouard s’est fourvoyé en ne se rendant pas tout de suite compte de qui était Soral (c’est que l’homme est habile) et il le regrette sincèrement -ceux qui doutaient des intentions de monsieur Soral ne le peuvent plus à l’aulne de son nouveau parti. Ou alors il s’est laissé attraper par les sirènes du « complotisme » à la sauce NWO (Nouvel Ordre Mondial), et alors on ne peut que lui conseiller, à lui comme à tant d’autres, de s’offrir le plaisir de lire « Le pendule de Foucault » et « Le cimetière de Prague » de l’excellent Umberto Eco. Je me dis souvent que ces deux bouquins sont une chance offerte à ceux qui veulent comprendre comment les théories du complot surgissent et prennent corps. Car il faut dire une chose : les « conspirationnistes », ou « adeptes de la théorie du complot » ne sont pas des idiots. Ce sont pour la plupart des citoyens curieux et pragmatiques, qui recherchent la cause première des événements. Ils sont dans un moment de leur réflexion où ils ont compris que le cours de l’Histoire est manipulé par un petit nombre d’acteurs dont l’influence est primordiale, mais n’ont pas encore compris que le complot juif ou maçonnique n’étaient que des leurres destinés à les discréditer publiquement.

J’ai déjà exprimé mon opinion sur ce qu’il faut conclure de ces théories du complot qui ne conduisent qu’à des impasses idéologiques et qu’au lieu de rechercher pourquoi nos représentants sont corrompus, il vaudrait mieux rechercher comment supprimer les corrupteurs, ceux qui corrompent. Car c’est le capitalisme le seul responsable de nos maux. Nous sommes tous capitalistes, c’est-à-dire potentiellement corrupteurs ou corrompus. Et puisque « l’amour de l’argent » est une caractéristique si bien partagée entre tous les hommes, il est aisé de jeter l’opprobre sur les uns ou les autres sous ce motif, mais à travers une communauté, en général minoritaire. C’est que l’Histoire est remplie d’une succession de complots fomentés par toutes les communautés (réussis ou échoués mais bien réels) ; comme les attentats du 11 septembre sont le résultat d’un complot -juif, américain ou islamiste c’est selon-, mais c’est bel et bien un complot.

En recherchant des causes idéologiques on en arrive toujours à des non-sens. Et ceux qui comme monsieur Chouard veulent se défendre des amalgames finissent toujours par se noyer dans des incohérences qui occultent leur véritable message (je connais bien le problème). Celui qui critique l’islamophobie est considéré comme un soutien des terroristes, et s’il juge le gouvernement israélien dangereux on le traite d’antisémite. S’il dénigre l’Europe ou la corruption, s’il ne soutient pas la politique étrangère de la France il est soupçonné d’être anti-européen, et par extension porté vers l’extrême-droite. S’il ne veut pas avaler toutes les couleuvres qu’on lui propose à propos de l’Ukraine on en fait un soutien russe. En réalité tout ce qui conteste le bipartisme actuel est invariablement accusé d’être un traître ou un agent-double. Il suffit de n’appartenir « à aucun camp » pour que cela en devienne suspect. L’extrême-gauche étant engluée dans ses contradictions et ne représentant plus un « danger électoral » à court terme, la plupart des contestataires déçus par la gauche (« extrême » ou pas) et dégoûtés du système actuel sont taxés de liens avec le FN, car ainsi le pouvoir (aidé par les médias) les regroupe tous ensemble dans une « force politique fictive » destinée à servir d’épouvantail lors des prochaines élections : celui qui se retrouvera au second tour contre le FN aura gagné les élections, puisqu’un « sursaut républicain » aura « sauvé » la France. Alors qu’en réalité c’est juste que ceux qui ont été assimilés à tort (mais intentionnellement) dans « le camp » de l’extrême-droite auront voté comme ils craignaient de devoir le faire, pour le PS ou l’UMP. Ainsi tous ceux qui s’opposent à ces deux partis sont systématiquement accusés d’être des soutiens du FN, volontaires ou « idiots utiles » comme disent les trolls, pour peu qu’ils n’aient pas clairement fait allégeance aux partis d’extrême-gauche. Il se pourrait d’ailleurs tout-à-fait qu’en définitive, d’un point de vue « tactique politicienne », les trolls arrangent plus les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis si longtemps que le FN qui ne peut arriver au pouvoir que par un terrible concours de circonstances.

Je ne crois pas que monsieur Chouard soit raciste ; ni antisémite. Qu’il n’empêche pas les autres d’y être est différent. On lui reproche, comme on me l’a reproché, de laisser des paroles provocantes publiées ; mais comment un homme qui se veut ouvert au dialogue pourrait-il censurer qui que ce soit ? Je me suis déjà défendu de préférer expliquer que censurer -censurer est la chose la moins constructive qui soit- mais le fait est que je me suis aperçu que pour les trolls le message est beaucoup moins important que le fait de mettre la pagaille dans les discussions qui suivent habituellement les articles. Ce qu’ils veulent c’est qu’on cesse de parler des « vrais sujets » comme l’Assemblée Constituante (une idée qui fait peur à tous les partis politiques désirant rester ou accéder au pouvoir), et qu’on perde notre temps ou notre patience à se justifier. Etienne Chouard n’est pas non plus d’extrême-droite. Il a juste été déçu par ce qu’il croyait être la gauche. Il s’est rendu compte qu’au final ce qu’on appelle « l’UMPS » est peut-être plus dangereux que le FN. Dire cela a été interprété volontairement comme un soutien tacite du FN alors qu’en réalité cela signifie pour lui (si je l’ai bien compris) qu’un tel parti ne saurait être en mesure de gouverner, car son discours est encore trop effrayant pour accéder au pouvoir. Il a dit qu’il était « nationaliste » ? Mais combien d’entre vous diraient qu’ils ne le sont pas ? Nous sommes si peu nombreux à être « internationalistes » ! Et c’est bien ce qui me sépare de gens comme Etienne Chouard : je ne désire pas la fin de l’Europe mais supprimer les frontières, et je refuse de reconnaître les traditions religieuses comme le ciment d’une quelconque nation (avec toutes les guerres que ce prétexte a engendré !). Mais monsieur Chouard est un homme honnête, qui dit ce qu’il pense. Et qui cherche une porte de sortie. Ne refusant de discuter avec personne, serait-ce le diable lui-même.

Maintenant il faut arrêter d’avoir peur, arrêter d’écouter ce qu’on nous dit de penser et penser par nous-mêmes. Lire ce qu’Etienne Chouard écrit, et cesser de donner du poids à des rumeurs qui n’ont, comme nos hommes politique, que le pouvoir qu’on veut bien leur donner. Comprendre et revenir à l’essentiel : l’Assemblée Constituante. Il la désire tirée au sort, d’autres la veulent élue. Pour ma part, je souhaiterais que le peuple se détermine sur cette question, et j’ai même proposé de « couper la poire en deux » : la moitié d’élus, la moitié tirée au sort. Cette question est primordiale pour avancer sur ce projet. Bien plus que de savoir pour qui vote un homme qui passe sa vie à expliquer qu’il voudrait changer les institutions pour y intégrer… le tirage au sort !!

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Il y a trop d’étrangers dans le monde

Posté par calebirri le 5 décembre 2014

Quand on y réfléchit, le racisme est fondé sur une idée simple : il n’y en a pas assez pour tout le monde. De l’extrême-gauche à l’extrême-droite c’est au moins un point sur lequel tout le monde semble d’accord : la planète étant un espace fini et ses ressources étant de fait limitées par cette espace, l’augmentation continue de la population mondiale conduira à des catastrophes humanitaires majeures si on ne fait rien pour la maîtriser. Cet argument était déjà celui de Malthus en son temps, alors qu’il croyait impossible de nourrir et de satisfaire aux besoins du milliard d’individus composant la population mondiale de son époque.. Je rappelle que nous sommes aujourd’hui plus de 7 milliards, et que nous produisons actuellement plus qu’il n’en faudrait, si toutefois on ne préférait pas jeter plutôt que de donner, ou même partager..

Mais le fait est que cette croyance est une croyance acquise par des siècles de conditionnement capitaliste. Croire qu’il n’y a pas assez pour tout le monde est le meilleur moyen de justifier des guerres et des famines qui n’ont d’autre raison d’être que de satisfaire les intérêts capitalistes. Car que signifie cette croyance à part de vouloir en conclure qu’il faut donc « naturellement » choisir entre ceux qui « ont des droits » et ceux qui n’en ont pas ? Et comment déterminer ce choix ? Selon les lois capitalistes bien sûr, qu’on veut nous faire avaler comme représentant le mérite. Alors qu’en réalité il n’y a aucune justification rationnelle qui permette de dire que mon enfant a le droit de manger à sa faim « plus » que l’enfant de tout autre être humain sur cette terre.

On finit par se dire, la larme à l’oeil et la main fermée sur son portefeuille, qu’on ne peut tout de même pas « accueillir toute la misère du monde », et on tente ainsi d’obtenir, la conscience plus ou moins tranquille, la plus grosse part possible pour soi-même et pour les siens, au détriment « des autres », qu’on finit toujours par appeler « les étrangers »…

Or il apparaît, à l’heure de la mondialisation, que chacun de nous est l’étranger d’un autre, et qu’il faille bien admettre qu’en capitalisme un étranger est un ennemi potentiel, puisque potentiellement responsable du rapetissement de notre part à nous, de part son existence même…

Quelles sont alors les options ? Interdire aux femmes pauvres d’avoir des enfants ? la décroissance ? Tuer les vieux et les malades ? Ou faire la guerre ?

Faire la guerre bien sûr ! … mais à qui ? Aux étrangers évidemment, puisqu’ils sont étrangers ! S’il y avait moins d’étrangers, il y en aurait plus pour nous, non ? Puisqu’il n’y a pas de place pour tout le monde, pousse-toi de là que j’my mette ! La mort est moins pénible à supporter lorsque ce sont des inconnus, surtout s’ils sont des ennemis. Et comme on nous a dit que les étrangers étaient nos ennemis…

En réalité tout ceci est proprement scandaleux. Je suis pourtant aussi étranger à l’autre qu’il l’est à moi. Aussi incohérent que d’affirmer qu’il y a trop d’étrangers dans le monde ; ou dans son quartier. Mais comme ceux qui ont la richesse sont en même temps ceux qui se sont accaparés le plus de « droits » -et qu’ils sentent bien au fond d’eux que cela est injuste- ils préfèrent se réfugier derrière le paravent capitaliste du soi-disant mérite et asséner à tous ceux qui leur en font la remarque que de toutes façons il n’y en a pas pour tout le monde. Mais ces hommes et ces femmes c’est nous, ceux qu’on appelle « les occidentaux », et nous sommes collectivement responsables de cette idéologie qui conduit toujours au pire ; la misère des autres n’est pas une fatalité due aux limites de notre planète mais bien à notre racisme qui considère que ceux qu’on nomme « les étrangers » ont moins de droits que nous – quand en réalité ils ont seulement moins de pouvoir.

Pourtant il est aussi stupide de croire qu’il y a trop d’étrangers « quelque part » que partout dans le monde. La rareté n’est pas la conséquence de la finitude de la terre et de ses ressources mais celle d’un système qui la crée pour pouvoir perpétuer les injustices malgré le progrès technique. La décroissance verra certainement le jour et elle ne sera ni « choisie » ni « volontaire » mais tout simplement subie. Tandis que les riches -que nous sommes- continueront de faire semblant de croire que partager ne sert à rien (puisqu’il n’y a pas assez pour tout le monde), ils continueront à s’accaparer les ressources et la richesse au détriment de pauvres de plus en plus nombreux. La conséquence de ce comportement est le racisme et la violence qu’il crée, et dont bénéficient en retour ceux qui ont réussi à obtenir suffisamment de pouvoir et d’argent pour soumettre les plus nombreux à leur domination.

Pourtant, je l’ai déjà dit et je le maintiens : il y a bien assez pour tout le monde, et il y en aura toujours plus pour toujours plus de monde : il suffit de supprimer le capitalisme, et de considérer la planète non pas comme notre tombeau mais comme notre berceau. Alors qu’on se rend compte peu à peu que de l’eau se trouve ou se trouvait sur des corps célestes « étrangers », que de nombreuses planètes de l’univers sont susceptibles d’accueillir la vie (ou sa possibilité), il devient coupable de nier l’immensité des ressources potentielles et la capacité de progrès de l’humanité … L’univers est infini, et ses ressources aussi. Qui a lu « Fondation » d’Asimov ne verra plus jamais les choses de la même manière. Avec tout ce que cela implique au niveau des ressources et de cette foutue surpopulation.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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