En fait, ils ne veulent pas sauver le capitalisme

Posté par calebirri le 31 mai 2014

Les élections sont inutiles. La peur du FN est un leurre. Et les économistes de tous bords n’ont rien compris. En réalité, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire ici, le système capitaliste fonctionnerait même plutôt bien si les agents économiques étaient réellement rationnels ; ce que des décennies de conditionnement n’ont pas réussi à imposer aux êtres humains, et c’est tant mieux !

Depuis le temps qu’on sait comment le sauver, il faut être naïf ou aveugle pour ne pas comprendre que si nos gouvernants continuent à agir contre le bon sens le plus élémentaire (c’est-à-dire imposer la régulation), c’est qu’ils ne le désirent pas : au point où les Occidentaux en sont rendus, après des décennies de tricheries, de distorsions de concurrence et de protectionnisme « patriotique », il apparaît que le retournement -inévitable au regard des ressources, de la population et du niveau de confort des pays « riches », a déjà bien entamé son oeuvre : aujourd’hui sauver le capitalisme revient pour les « occidentaux » à la fin de leur hégémonie sur le reste du monde.

Et c’est bien ainsi qu’il faut comprendre les événements qui se jouent actuellement. Alors que les économistes se disputent sur la meilleure manière de « sauver » le capitalisme, qu’ils vilipendent telle ou telle politique économique, ils refusent de voir que sauver ce système est non seulement inutile, mais aussi et surtout considéré comme « néfaste » par la plupart des « idéologues » qui nous dirigent, car ce système est tellement corrompu qu’il ne sert plus leurs intérêts mais celui de leurs « concurrents » (ou ennemis si on anticipe un peu). Cela implique pour les pays dits « développés » -et en dehors de la réflexion collective à laquelle j’appelle sans succès (mais je ne suis pas le seul!) la mise en place d’alliances, de tensions et de guerres pour redéfinir, sans passer par le capitalisme (et oui les occidentaux ne sont plus les plus puissants en richesse), un nouvel équilibre mondial dans lequel la force brute sera le référent (et là, les occidentaux sont encore les plus forts).

Ce qui se passe en Afrique, en Europe, des printemps arabes à l’Ukraine en passant par le Mali, n’est rien d’autre qu’une politique de déstabilisation de ces régions pour s’octroyer de « nouveaux marchés » à « peu de frais » (et oui pour eux les morts ne font pas partie des « frais »). En Europe, la « Troïka » (qui n’est rien d’autre qu’un lobby « occidentaliste ») appauvrit les peuples et le prépare à la révolte qui précédera, soi-disant pour lutter contre le « nouveau fascisme », une « Union Sacrée » des partis dits « de gouvernement » qui imposeront la fin totale de la démocratie pour faire allégeance aux Etats-Unis dans le cadre d’une alliance comme le TAFTA, qui donnera aux multinationales le véritable pouvoir politique.

Les grandes alliances se formant peu à peu, les tensions vont monter jusqu’à ce qu’un des camps soit ruiné ou prêt à combattre. Les bourses s’effondreront d’un coup et le capitalisme sera détruit, remplacé par un régime autoritaire dans lequel l’argent n’aura plus d’utilité, quand chaque mouvement de chaque personne sera alors contrôlé et déterminé sans qu’il puisse faire autre chose que d’obéir.

C’est cela le monde qu’on nous prépare. Cela ne sert à rien de continuer à voter ou ne pas voter, critiquer ou suivre, nous ne sauverons pas le capitalisme car ceux qui ont encore le pouvoir ne le veulent pas. L’extrême-droite ne gouvernera pas l’Europe, et personne ne sortira de l’Europe. Les alliances seront scellées, les armes fourbies, la misère organisée, les lois votées, et la révolte préparée… les restes de la démocratie éparpillés, la liberté enterrée.

Le progrès technique a rendu possible le contrôle et la surveillance totale possibles, rendant ainsi l’utilisation de la monnaie obsolète et l’esclavage attrayant : pourquoi faudrait-il payer des hommes pour travailler alors qu’il est désormais possible de les y contraindre ? l’argent était jusqu’à aujourd’hui le lien permettant la dépendance des hommes vis-à-vis du pouvoir, mais la technologie le remplace avantageusement. Nos dirigeants n’ont plus besoin du capitalisme pour exercer leur domination, ils ont la force totale. Internet est à la fois l’arme et le rempart qui séparent la démocratie de la dictature. Et il ne fait aucun doute que la bataille pour préserver un internet libre sera notre dernière bataille. Après, nous ne pourrons plus rien faire.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

4 Réponses à “En fait, ils ne veulent pas sauver le capitalisme”

  1. betov dit :

    « Les grandes alliances se formant peu à peu, les tensions vont monter jusqu’à ce qu’un des camps soit ruiné ou prêt à combattre »

    Si j’ai bien compris les (autres) alliances actuelles, un des principaux problèmes que rencontrent, par exemple, la Russie et la Chine, serait justement de ne pas entrer dans une logique de blocs, qui permettrait aux judéo-bourricains de relancer leur industrie militaire. La CEI n’est pas le pendant de l’EU. Les états qui rejoignent ces organisations ne renoncent pas à leur souverainetés respectives. Ce sont, pour le moment, des unions d’intérêts souples et multidimensionnelles, sans véritable leader et sans autre idéologie apparente que le développement.

    On observe aussi l’engluement à la chinoise du dollar pour lequel les nouveaux développés préféreraient manifestement un atterrissage en douceur à un effondrement brutal… qui ne leur permettrait pas de prendre toutes les dispositions voulues.

    En gros, les bourricains sont ruinés et leur monnaie invalidée. Leur armée dépassée ne sera probablement plus jamais en état de combattre que pour des clowneries CIA-esques du genre Boko-Haram. Entre les chinois qui apportent des milliards en développement et les bourricains qui apportent le terrorisme, la mort, la destruction et le pillage, le choix devrait s’imposer, quelque soit la puissance du système de propagande.

    « L’extrême-droite ne gouvernera pas l’Europe »

    L’utra-droite israélienne gouverne actuellement toute l’Europe. Schématiquement, son nom est Rothschild. Si, par « extrême-droite », tu veux dire « nationaliste »… il est certain que la diabolisation fera son travail. D’autre part, pour autant qu’on puisse le savoir, il semble bien que ce soit les bourricains qui pilotent sur le plan formel.

    « personne ne sortira de l’Europe »

    Tu es d’un pessimisme noir, camarade. :)) Et pourquoi pas une jolie auto-destruction du bouzin ?

    • calebirri dit :

      @ betov

      En ce qui concerne la Chine et la Russie, des accords commerciaux comme celui sur le gaz (voir http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/05/21/gaz-mega-accord-entre-la-chine-et-la-russie_4422950_3244.html) est un signe important de leur rapprochement. Et le problème insoluble de l’interdépendance de la Chine et des EU par rapport au dollar pourrait être réglé avec quelque chose comme le bancor ou un truc du genre…

      Mais les américains sont encore les plus forts militairement, et c’est peut-être pour éviter leur débordement sur ce plan que les événements peuvent se précipiter.

      pour ce qui est de l’ultra-droite israélienne, je suis plutôt d’accord avec « un passant » !

      @ un passant

      Effectivement rien n’est gravé dans le marbre ; cependant on peut craindre qu’une fois la dictature installée il devienne très difficile de s’en sortir sans passer par des années de guerres, de misères et d’horreurs. Comme le disait « je-ne-sais-plus-qui » à propos des nazis, il est fort possible qu’une telle dictature possédant les outils technologiques actuels de surveillance et de contrôle aurait perduré bien au delà de 1945… rien n’est figé, mais les choses bougent lentement.

      @ monde indien

      A vrai dire je suis de plus en plus pessimiste sur le fait qu’on ne fera jamais taire la voix de la liberté : comme je l’ai dit plus haut, une fois la dictature orwellienne installée, il sera très long et très difficile d’en sortir.

  2. un passant dit :

    « Après nous ne pourrons plus rien faire. »

    « Après », il est toujours possible de « faire ». Il n’est gravé nulle part dans le marbre que l’individualisme et le renoncement sont installés pour l’éternité.
    Et l’ultra droite en Israël ne pilote que ce que les dirigeants américains veulent bien lui laisser piloter.

    Bref, rien n’est figé, ni en bien, ni en mal, jamais.

  3. mondeindien dit :

    Bigre !
    Tout ceci est un peu effrayant ! –
    A vrai dire je vois un peu les choses dans ce sens -
    Big Brother pointe son nez , ce monstre !
    ( ce traître de Jacques Attali l ‘ avouait de lui-m^me et piteusement il y a 2 ans ) -
    D ‘ abord , n ‘ oublions pas qu ‘ aucune dictature , si terribles soient-elles , ne fera JAMAIS taire aucune voix de la liberté et de l ‘ amour -
    ( si d ‘ aventure nous nous décourageons , relisons les grands auteurs révolutionnaires d ‘ Amérique Latine – Pablo Neruda – Le chanteur Uruguayien Daniel Viglietti , … et tous les autre frères et soeurs … ) -
    Et puis n ‘ oublions pas qu ‘ ici aussi , m^me en Europe , il y a 1000 bonnes volontés , 1000 frères et soeurs , qui sont comme nous , et dans le fond nous savons bien que nous voulons , et aurons la m^me chose -
    Comment tout cela surviendra-t-il ?
    Les violences sont si grandes qu ‘ on a du mal à l ‘ imaginer !
    Pourtant ,
    des Mai 68 ont surgit , on ne savait d ‘ où ,
    des révolutions de 1789 ,
    des communes ,
    des révolutions russes ou chinoises ,
    d ‘ autres -
    Nous sommes les +forts , fortes -
    Sachons-le -
    Disons-nous le -
    ( ici le soleil se lève sur la mer et la plage du sud , magnifiques d ‘ amour – Alleluiah ! !

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