Au départ je voulais faire état de mon courroux face au comportement scandaleux des sénateurs dans l’affaire Dassault, sénateurs qui n’en sont malheureusement pas à leur coup d’essai : le Sénat protège les siens.
Persuadé que Dieudonné allait évidemment pouvoir jouer son spectacle et qu’on oublierait tout ça rapidement (et tant mieux), c’est avec stupéfaction que j’apprenais hier soir la décision du Conseil d’Etat d’interdire ce spectacle…
Pourquoi avec stupéfaction , me direz-vous, je défends Dieudonné alors ?
Non je ne défends pas Dieudonné, mais c’est qu’il ne s’agit plus de lui, ni de sa quenelle de merde, mais bien de notre liberté d’expression à tous !
Car à travers cette décision , c’est une « jurisprudence Dieudonné » que le Conseil d’Etat vient de créer : interdire l’expression d’un homme « a priori » (c’est-à-dire donc avant que son expression soit condamnable), ce qui est, on le comprend vite, la négation de la liberté d’expression.
Comment cela a-t-il bien pu arriver ?
J’ai donc tapé « comment fonctionne le conseil d’Etat » sur mon ordinateur, et j’ai cliqué sur le premier lien, conseil-etat.fr : impossible d’y accéder (et ce depuis hier soir au minimum) Tiens donc !
Je me rabats donc sur wikipedia, où j’apprends que le Conseil d’Etat est un organe consultatif dont l’avis est en général suivi par le gouvernement, mais que rien ne l’y oblige, sauf dans de « rares cas prévus par la Loi », qui ne sont bien sûr pas indiqués sur le site.
De plus, les membres sont des fonctionnaires (et non pas des magistrats), qui pour les postes principaux sont apparemment directement ou indirectement choisis par le président lui-même ou le Conseil des Ministres (au moyen d’une sélection appelée « au tour extérieur » et dont on ne sait rien sur wikipedia)…
En gros, Le Conseil d’Etat est à la solde du gouvernement qui l’emploie, et le gouvernement, en le saisissant en urgence, savait très bien ce qui allait être décidé… On entend ce matin dire que le juge était seul pour statuer (la justice indépendante ?)
Maintenant, et en attendant que cette décision soit « cassée » par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (comme nous rassure maître Eolas dans son interview , que va-t-il se passer ?
-Dieudonné va devenir encore plus populaire au lieu de le rendre inaudible
-cette « jurisprudence » risque de faire des émules pour qui veut interdire de s’exprimer
-Les tensions communautaires vont être ravivées et risquent d’engendrer des violences sur lesquelles le gouvernement s’appuiera pour réprimer telle ou telle…
-Les « quenelles » vont se multiplier dans les stades de foot, les écoles, les émissions de télévision, sur internet… avec les difficultés d’interprétation juridique qui en découlent.
Ce geste d’antisémite deviendra alors le signe d’un « rassemblement » contre Manuel Valls et le gouvernement, et pendant ce temps là on ne parlera ni du chômage ni de la pollution, ni de la misère qui se développe…
En réalité, avec cette décision scandaleuse prise au nom d’un risque de trouble grave à l’ordre public, c’est un risque beaucoup plus grand encore pour ce même ordre public que le gouvernement prend le risque d’engendrer, en créant un précédent juridique très grave pour un pays dont la devise commence par le mot « Liberté ».
Caleb Irri
Http://calebirri.unblog.fr


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