Retour vers le futur constituant

6 octobre 2013

Non classé

C’est à force de vouloir comprendre pourquoi le monde tourne mal que l’on en vient à critiquer le capitalisme. Et c’est à force de se demander « quoi faire » pour améliorer la situation qu’on en vient à l’évidence d’une Assemblée Constituante : puisque la Constitution actuelle ne permet pas au peuple d’exercer sa souveraineté, alors il lui faut en changer. Pas pour qu’elle suive une révolution comme ce fut le cas en Tunisie ou en Egypte par exemple, mais pour qu’elle la précède : une fois qu’un peuple sait pour quoi (et pas contre quoi) il se bat, alors le risque de se faire « voler » sa révolution est fortement réduit.

Partant de ce constat, il est bon de revenir sur ce que signifie et ce qu’implique une Assemblée Constituante , et de ne pas s’arrêter là : une Assemblée Constituante OUI, mais laquelle ?

Bien entendu l’idée de mettre en place une Assemblée Constituante pour modifier nos institutions n’est pas nouvelle et de nombreuses initiatives militant en ce sens existaient déjà sur le web, dont deux principales (à mon sens) : les travaux d’André Bellon (association « pour une constituante »), et ceux d’Etienne Chouard (le plan C). Le premier milite pour une Assemblée Constituante élue au suffrage universel, tandis que le second milite pour le tirage au sort des membres de cette Assemblée. Entre les deux se divisent de nombreuses autres initiatives concernant la mise en place de cette fameuse Assemblée, qui sont pour beaucoup autant de chapelles dont chacune croit détenir la « Vérité ».

Ne parvenant pas à me décider pour l’une ou l’autre de ces solutions (j’ai l’esprit retors), j’ai donc décidé de m’y coltiner en me basant sur une réflexion simple et pragmatique : puisque personne ne semble emporter une adhésion franche et massive, il faut donc recourir à l’avis du peuple, le premier concerné par l’affaire ; et la démocratie étant pour moi le meilleur des systèmes (théoriquement en tous les cas), je décidais donc d’interroger les internautes à ce propos… m’apercevant alors que ce n’était pas la rédaction d’une nouvelle Constitution qui posait véritablement problème (chacun peut chez lui en rédiger une), mais plutôt les règles de fonctionnement de l’Assemblée Constituante qui détermineront la valeur de la Constitution rédigée : de la représentativité de cette Assemblée dépendra la nouvelle Constitution, mais avec quelle légitimité ?

Pour ce qui est de la légitimité on serait tentés de se rapprocher des travaux de monsieur Yvan Bachaud sur le « RIC » (Rassemblement pour l’Initiative Citoyenne) qui souhaite instaurer le référendum d’initiative citoyenne comme outil de cette légitimité démocratique, mais force est de constater que le RIC tel qu’il a été prévu par le gouvernement précédent empêche sa réalisation effective (voir un RIC pour une AC, http://calebirri.unblog.fr/2010/12/08/article-11-faisons-exister-le-referendum-dinitiative-populaire/http://calebirri.unblog.fr/2010/12/24/referendum-dinitiative-populaire-nous-navons-plus-dexcuses/, http://calebirri.unblog.fr/2010/12/08/article-11-faisons-exister-le-referendum-dinitiative-populaire/

Il faut donc que l’Assemblée Constituante, pour être à la fois légitime ET représentative, soit établie et mise en place de manière consensuelle au sens démocratique du terme : qu’une majorité du peuple soit d’accord sur ses règles de fonctionnement.

Le tout n’est donc pas de savoir ce que fera l’Assemblée Constituante mais de permettre sa plus totale indépendance.

J’ai donc travaillé à la rédaction d’un premier questionnaire que je voulais le plus exhaustif possible, et qui par le miracle d’internet a donné un lieu à un forum dont le nombre de membres a dépassé les 900 ; ce forum a ensuite et malheureusement périclité, en gros pour les raisons suivantes :
-un questionnaire clairement imparfait
-une mauvaise organisation du forum, avec une saturation des fils de discussion
-une absence de synthèse suivie
-noyade généralisée des internautes dans un contenu trop dense et trop complexe, abandon progressif du forum

Cependant, le bilan n’est pas négatif, loin de là :
-plus de 500 réponses au questionnaire
-des débats intéressants et apaisés
-des étapes franchies (nécessité du consensus, nécessité d’une Charte du Constituant, définition des termes, volonté d’une représentation locale qui ne s’exprime pourtant pas dans le questionnaire, la définition préalable d’un processus constituant (ou « pré-constituant »)organisation à plusieurs, votes nécessaires et synthèses)

Le questionnaire n’était pas bon. J’ai donc lancé un « concours de questionnaires » qui n’a pas eu beaucoup de succès (aucune proposition-en même temps quand je vois le temps que j’ai passé à pondre les miens, et l’énergie dépensée !), et me suis décidé, après avoir lâchement abandonné les synthèses de tous les fils de discussion, à refaire un nouveau questionnaire d’abord (lire « introduction au nouveau questionnaire »), et puis ensuite un forum qui lui correspondrait

très peu d’inscrits, aucune diffusion. un peu plus d’une centaine de réponses à ce jour pour le questionnaire. Et je refuse d’en faire un autre!

LES ENSEIGNEMENTS QUE J EN AI TIRES

Les gens sont prompts à critiquer, mais pas à proposer : dès qu’il faut s’investir il n’y a plus personne.
la démocratie à quelques uns est déjà très difficile, même techniquement : parler à plusieurs est fatigant, écrire à plusieurs infernal ; se mettre d’accord presque impossible; l’unanimité n’existe pas.
alors à plusieurs millions!

Le nombre est la seule légitimité : certains disent qu’un seuil de représentativité de 10 % de la population électorale est bas, je pense qu’il est très difficile d’obtenir un tel chiffre pour une idée pareille, et pourtant il lui faudrait presque le peuple tout entier. Mais pour ce qui est des questionnaires, mon objectif minimum est de 1000 réponses, comme les sondages nationaux, ne serait-ce que pour pouvoir en ressortir des enseignements généraux, mêmes approximatifs.

Il faudra une Charte, et sa rédaction est aussi une gageure. il faudra bien la valider, mais qui aura cette légitimité ? On s’aperçoit qu’il faudrait une Assemblée Constituante qui détermine les règles de fonctionnement de l’Assemblée Constituante qui elle même déterminera les règles de fonctionnement de…etc…

Pour ce qui est du tirage au sort ou de l’élection, c’est comme pour d’autres questions : tout est possible, 50/50 ou 60/40 et c’est là une grande difficulté c’est pour cela qu’il faudra faire valider la charte, d’une manière ou d’une autre, nationalement.

Ne pas perdre de vue que dans tous les cas la constitution sera validée par référendum national, et que ce dont il s’agit ici est de déterminer les meilleures chances de réussite de l’Assemblée Constituante : il ne s’agit pas d’élire ou de tirer au sort nos gouvernants mais nos représentants. S’ils décident ensuite de soumettre dans la constitution le tirage au sort du président et que celle-ci est validée in fine par le peuple très bien, mais la rédaction de la constitution ne doit pas être notre travail. Cela ne signifie pas pour autant que le peuple ne pourra pas intervenir, ou que des spécialistes n’auront pas la parole mais que les constituants seront indépendants.

Le rôle donné au gouvernement en place pour « financer » ou « organiser » l’assemblée constituante est à étudier très sérieusement, comme tout financement d’ailleurs.

Le rôle des communes et de ses hypothétiques représentants est également à étudier. Avec des cahiers de doléances « locaux » pourtant plébiscités.

La représentativité de l’Assemblée Constituante ne va pas non plus sans mal : aucune méthode ne semble véritablement valable, car l’unanimité est impossible (et tant mieux mais c’est un autre sujet!), et le consensus inévitable

Un bon partage des tâches essentiel, avec une organisation sérieuse et des synthèses régulières pour que les lecteurs s’y retrouvent.

La réflexion sur la mise en place d’une Assemblée Constituante suppose une sorte de « mise de côté » des relations internationales et nécessite également une réflexion approfondie

Pour réaliser ce projet nous n’avons qu’à prendre conscience de notre force, et à se mettre au travail : car nous avons déjà tout (ou presque !)

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

voir aussi : http://calebirri.unblog.fr/2013/10/06/retour-vers-le-futur-constituant/

2 Réponses à “Retour vers le futur constituant”

  1. Blob Dit :

    de toute façon c’est mettre la charrue avant les boeufs. parce que personne ne s’intéresse à la question.
    c’est pour çà que vous avez peu de contributeurs ensuite pour aller plus loin, parce que le réservoir de départ est faible.
    Chouard prend aussi le problème un peu à l’envers en disant qu’en montrant qu’on peut le faire on va convaincre les gens plus facilement. d’accord, mais en délaissant un peu la promotion de base, il a moins de gens motivés pour montrer que çà marche du coup çà marche moins bien.
    C’est inutile parce qu’il y a un vrai problème de départ, on arrive déjà pas à convaincre un minimum de gens sans prouver que c’est possible. Personne ne s’engage déjà à faire connaitre l’idée dans l’opinion. çà ne sert à rien d’aller plus loin et d’établir un exemple des futures règles de la constituante ou d’écrire la constitution en groupe restreint.

    Il y a quelque chose que les gens n’ont pas encore saisi. il semblerait que la cause des causes soit à rechercher encore plus loin. c’est à chercher en nous, çà fait un peu peur d’ailleurs puisque çà valide certaines thèses qui disent que le peuple a besoin d’une élite pour le gouverner.
    çà a à voir avec ce que pouvait dire la boétie par exemple sur la servitude volontaire. mais je n’y connais rien.
    c’est la parabole du colibri, de la grenouille, des idées simples qui semblent pourtant échapper à tous, sur l’inaction passivité paresse indifférence résignation division docilité obéissance etc…
    Il faudrait insister plus lourdement sur ce sujet quand on présente l’idée de l’assemblée constituante.

    « Dans la conclusion de le-message.org
    Chacun peut et doit comprendre la cause du problème, c’est pourquoi vous devez à votre tour faire passer Le Message, le faire comprendre, débattre, et surtout convaincre autour de vous d’en faire autant pour que le virus de la démocratie se propage.
    En se rassemblant tous derrière cette revendication unique, chacun dit je veux pouvoir faire entendre ma voix.
    Vous êtes désormais responsable de sa diffusion. »
    Les gens ne semblent pas avoir compris çà ou c’est contre-nature à l’homme.

    « Le pouvoir jaillit parmi les hommes quand ils agissent ensemble. »
    « La vraie démocratie ne viendra pas de la prise de pouvoir par quelques uns, mais du pouvoir que tous auront de s’opposer aux abus de pouvoir. »
    « Pour triompher, le mal n’a besoin que de l’inaction des gens de bien. »
    « Le monde est dangereux à vivre! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »
    « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
    « Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne disent rien, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit. »
    « Je pense depuis longtemps que si un jour les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction, et moins encore, bien entendu, l’indignation qu’éveille la cruauté, ni même les représailles et la vengeance qu’elle s’attire… mais la docilité, l’absence de responsabilité de l’homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public. Les horreurs auxquelles nous avons assisté, les horreurs encore plus abominables auxquelles nous allons maintenant assister, ne signalent pas que les rebelles, les insubordonnés, les réfractaires sont de plus en plus nombreux dans le monde, mais plutôt qu’il y a de plus en plus d’hommes obéissants et dociles. »

    Le vrai fond du problème il est dans ces citations, est ce que ceux sont des choses que l’ont peut changer ? Sinon nous sommes impuissants, nous pouvons juste nous battre contre des moulins à vent.
    Notre seule satisfaction sera de respecter nos convictions.

    Répondre

  2. Blob Dit :

    Il faut reprendre du début. c’est une énorme erreur d’avoir envoyé les convaincus sur les réflexions rédactions de l’assemblée constituante.
    Au lieu de mobiliser les gens convaincus sur ces travaux, il fallait les envoyer sensibiliser les autres à la question parce que nous ne sommes pas suffisamment nombreux. c’était prématuré, çà a coupé l’élan.
    Maintenant ils évoluent en vase clos, comme ces gens qui vivent coupés de la société de consommation dans des communautés autonomes. Selon moi c’est même fait exprès. Pas besoin d’éliminer, d’enfermer, ces gens s’auto-excluent, et leurs idées ne peuvent pas contaminer la société.

    Ils ont feté les 55ans de la constitution, y a t il eu réaction et profiter de l’événement pour dénoncer la constitution et promouvoir le ric pour une ac ? J’ai posté quelques commentaires, d’ailleurs il n’y en avait pas beaucoup, tout le monde s’en fout, mais nous ? pourquoi j’étais le seul, c’est normal ?
    Comme je dis souvent, çà sert à rien de vouloir faire plus quand on n’est pas capable de faire le minimum.

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