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Les riches ne paieront pas : ils préfèrent l’injustice, ou le chaos

Posté par calebirri le 10 août 2013

Le titre du « Le Monde week-end » daté du 10 août est : « Europe : la fragilité des banques menace la reprise ». Je n’en reviens pas ! Avec les bénéfices qu’elles se font sur le dos du particulier, les tricheries dont elles profitent et le peu d’impôts qu’elles paient, les erreurs et les mensonges dont elles sont responsables, l’argent qu’elles ont déjà reçu, les difficultés qu’elles font aux emprunteurs et les frais bancaires qu’elles appliquent à ceux qui n’en ont pas les moyens, « Le Monde » nous apprend qu’elles sont « fragiles »… Et que cette fragilité menace la reprise ! Mais quelle reprise ?

C’est quand même un peu fort ! non seulement on veut nous faire croire à la « reprise », mais en plus on nous prépare à aider les banques une nouvelle fois ? Car que veut dire ce titre si ce n’est : « la reprise est là, mais comme les banques (les pauvres petites) sont fragiles, cela menace cette reprise. Si nous aidons les banques à devenir moins fragiles (en leur donnant encore de l’argent, ou des nouveaux droits…), cela signifie donc que rien ne menacera plus la reprise ». Mais de qui se moque-t-on ?

Alors que ce sont justement les banques (et non pas leur fragilité) qui ont conduit à la crise, et que c’est bien elles qui constituent une menace non pas pour la reprise mais bien pour les plus fragiles, on voudrait nous apitoyer sur le sort de ces entreprises dont les pratiques sont sans doute parmi les plus choquantes.

Quelle pitié !

Mais derrière cela il y a une autre information qu’on peut y lire : les gouvernants européens ne lâcheront rien. Plutôt que de se confronter à une réalité qui les dépasse (la prise en compte du retournement capitaliste et l’inévitable aggravation de la crise, le mécontentement populaire ou les tensions internationales), ils continuent à ne pas vouloir (ou ne pas pouvoir, je ne sais lequel est le plus terrible) faire payer les responsables, c’est-à-dire à laisser ceux qui le doivent faire faillite, craignant (peut-être à juste titre) de voir le scénario « château de carte » se réaliser et l’Europe (avec sa prétendue puissance) s’effondrer.

C’est ici que le lien se fait avec l’international, et qu’il nous faut accepter le fait que la balle n’est déjà plus dans notre camp : il n’y aura pas -ni en Europe ni aux Etats-Unis- de « Grand Soir », pas plus que de « réelle démocratie » ou d’Assemblée Constituante. Pas plus qu’en Tunisie ou en Egypte, en Syrie ou en Libye la démocratie ne l’emportera. Pas plus qu’elle ne l’a emporté en Irak ou en Afghanistan : rien de tout cela n’arrivera. Il ne faut pas se leurrer, la situation nous dépasse, et il est sans doute déjà trop tard . Les mécanismes complexes d’une si grosse machine qu’est le monde en marche fonctionnent sans qu’on puisse les arrêter, et seule une vision globale des dynamiques des grands ensembles peut permettre de se faire une idée des événements à venir.

Car puisque les riches refusent de prendre leurs pertes, et que les politiques refusent de voir les Etats « riches » assumer leur véritable (im)puissance au sein d’un monde « retourné », la politique actuelle de planche à billets va continuer jusqu’à entraîner les autres puissances dans un tourbillon qui ne leur laissera que deux choix : la soumission, ou le conflit. Les Etats riches posent donc les règles, en accord avec les financiers (pour l’instant) et aux autres ensuite de faire leur choix. C’est d’eux, les « émergés », que viendra la véritable décision : il se peut qu’ils ne nous plaisent ni l’un ni l’autre mais c’est ainsi : nous avons laissé passer notre chance.

Mais que cela ne nous inquiète pas : car en définitive même si nous croyons toujours vivre une époque « extra-ordinaire », nous ne faisons que répéter les mêmes réflexes d’une génération à l’autre : la crise est en réalité un état permanent, et il est presque « naturel » que sur une vie de 80 années l’Homme connaisse et la guerre et la crise économique ; ce qui me console presque puisque cela signifie que si l’Histoire se répète toujours, cela prouve également que l’homme est en réalité imperméable au conditionnement puisqu’il fait toujours les mêmes erreurs ; et que la vie finit toujours par reprendre le dessus… Alors face à cette nouvelle (à demi) réjouissante, que sont cinq ans de guerre, ou même 10, qui cela peut-il effrayer ? 10 % de votre vie ce n’est pas grand chose après tout, des économistes diraient peut-être même que c’est un bon rapport « bénéfice/risque » !
Et puis c’est du gagnant-gagnant : au pire les morts, les destructions, les productions engendrés par la guerre seront des retraites en moins, des chantiers en plus, de la productivité… De la croissance, enfin ! Et au mieux la perpétuation d’un système injuste dominé par les « Occidentaux » au détriment des pauvres des autres nations moins puissantes… mais ils doivent être habitués, n’est-ce-pas ?

Alors elle est pas belle la vie ? Juste un éternel recommencement…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

11 Réponses à “Les riches ne paieront pas : ils préfèrent l’injustice, ou le chaos”

  1. monde indien dit :

    Merci pour ton texte si bienfaisant d ‘ humanité !
    Jean Luc est en vacances en Amérique Latine , il en a bien besoin ; Yéti n ‘ écrit plus ( espérons qu ‘ il ne lui soit pas arrivé malheur , que du bon au contraire …) restent quelques indécrottables , ton texte ( un peu désabusé ? )doux -
    Je relis Pablo Néruda , je parcours inlassablement internet à la recherche de tout ce qui peut être possibilité – je trouverai !
    Tu dis dans ton titre : les riches préfèrent l ‘ injustice – hélas , je crains que leur réalité soit encore pire – que cette injustice ne soit pour eux qu ‘ une condition nécessaire et suffisante , m^me pas un but en soi , de leur ignoble épanouissement dans la dorure et la diamanterie – Je hais leur monde -
    Bon , je retourne aux pérégrinations internettiques -
    Amicalement -

  2. vladimir dit :

    L’humanité avance vers sa liberation malgré tout et contre tout, la reproduction elargie du capital n’est plus assurée :

    Jeudi 8 août 2013
    « Robert Kurz : Voyage au coeur des ténèbres du capitalisme », par Anselm Jappe

    http://sd-1.archive-host.com/membres/up/4519779941507678/Robert_Kurz_Voyage_au_coeur_des_tenebres_du_capitalisme_Anselm_Jappe.pdf

    Vers une radicalisation mondiale qui inventera le chemin de la revolution au dela des idéologies

    …..Aujourd’hui, les besoins immédiats des prolétaires leur apparaissent certes encore relatifs à leur survie en tant que prolétaires: avoir un revenu qui la permette, qu’il soit lié à un emploi ou pas. Or la situation du capital ne leur permet pas de les satisfaire, du moins pour la majorité. Pour lui, c’est moins d’emplois, plus précaires et moins payés, et plus de surnuméraires définitifs et « sans rien » (sans papiers, sans logement, sans travail, etc.), en voie de destruction.

    Ces besoins immédiats des prolétaires deviennent alors des besoins radicaux, ne pouvant être satisfaits que dans et par une opposition radicale au capital et non plus seulement en négociant pacifiquement avec lui une amélioration de leur sort (même si cela reste toujours un résultat plus ou moins provisoire d’une lutte radicale localisée, d’une bataille dans un moment particulier de la guerre de classe).

    Certes, pour le moment, la lutte des prolétaires est encore affaiblie par la puissante tradition réformiste qui pèse toujours et qui se fondait sur le fait qu’il leur était possible à certains moments (en France par exemple, le Front Populaire, la Libération, une situation de plein emploi comme dans les années 60) de s’affirmer comme une force capable d’obtenir des concessions non négligeables du capital. Elle est aussi affaiblie du fait de la segmentation que le capital a réussi à opérer dans la situation des prolétaires, sur la base de laquelle se développent des luttes elles aussi segmentées. Par exemple en France: CDI/précaires, fonctionnaires/privés, chômeurs/actifs, actifs/retraités, immigrés/autochtones, sans oublier dans le monde les grandes divisions nationalistes, la division internationale des fonctions et travaux et l’impérialisme moderne.

    Demanteler le capital ou etre broyes

    Vers la desobeissance de masse active,des USA a L’Egypte :

    ……Une chronique de Justin Raimondo du 5 août 2013 est particulièrement révélatrice à cet égard. Raimondo, libertarien et opposant farouche, du premier jour, à la militarisation totalitaire des USA, à la politique agressive et interventionniste, etc., n’a pourtant jamais montré de velléités déstructurantes pour mettre en cause l’unité des USA selon les principes des Pères Fondateurs auxquels il ne cesse de se référer. C’est une sorte d’opposant radical mais légaliste, selon d’ailleurs l’argument que c’est l’establishment qui est illégal et usurpateur… Mais, pour la première fois, il suggère une résistance qui irait bien plus loin que la critique agressive mais passive. Il suggère de se référer à certaines actions des années 1960 pour interdire à des organismes tels que la NSA de venir recruter dans les universités. Il suggère d’appuyer cette résistance sur la proclamation des droits locaux et des Etats, qui sont les seuls à représenter encore la construction originelle des USA. «This includes ordering state and local law enforcement to keep at arm’s length from the federal government’s unconstitutional (and, therefore, illegal) surveillance of Americans. Oh yes, they’ll call us « neo-Confederates » – their favorite smear word of the moment – for raising the banner of states’ rights and local control[...] Such a strategy will rescue the essential principle of federalism, which is being lost under Washington’s sustained assault, and provide a rallying cry for conservatives who oppose the Surveillance State.»
    Raimondo propose de susciter des rassemblements organisationnels pour mettre en place cette résistance active, notamment en pérennisant l’alliance qui a opéré à la Chambre de la gauche populiste-progressiste (plus que “libérale-progressiste”, comme nous l’avions désignée d’abord) et de la droite populiste libertarienne, et en mobilisant dans ce sens une association comme les Young Americans for Liberty (YAL), ce groupe constitué pour soutenir Ron Paul. On peut raisonnablement envisager que si Raimondo lance de telles suggestions, c’est qu’il a sondé à droite et à gauche pour savoir si ces suggestions avaient une chance d’être bien accueillies… (L’activisme des commentaires qu’on trouve sur le site du nouveau Ron Paul Institute témoigne certainement de l’état d’esprit de Ron Paul, ou de la famille Paul et du groupe qui l’entoure, quant aux mesures qu’il est temps de prendre contre l’agression du “centre”. La légalisme bien connu de Ron Paul et de son mouvement pourrait bien prendre la forme d’une insurrection antiSystème, perspective qui serait en train de recueillir la légitimité perdue du “centre”, – sorte de “devoir d’insurrection” antiSystème devenu action légale, comme il existe dans les brillantes pensées-Système le “devoir d’ingérence” qui fait bon marché, cette fois pour les dissoudre, des principes tels que légitimité et souveraineté, – et façon de retourner contre l’ennemi ses propres trouvailles.)
    L’idée centrale du mouvement que Raimondo préconise serait celle du boycott, – boycott des ordres et des sollicitations du gouvernement central, à commencer par les initiatives de recrutement de la NSA, suivies de beaucoup d’autres choses. Le but de Raimondo, évoquant l’exemple de l’URSS sous Gorbatchev, n’est rien moins que la “délégitimation” du gouvernement central.
    «This is what happened in the Soviet Union in the days leading up to its dissolution: people simply stopped obeying, and in such numbers that repression – outright physical coercion – was impossible. The people of the Soviet bloc simply turned their backs on their rulers, refusing to cooperate with their own oppression. The people won because the authorities, by that time, had lost all legitimacy.
    »This is the crux of the matter: the battle to defeat the NSA and its supporters in Washington is all about delegitimizing the Surveillance State. If local governments at all levels refuse to cooperate with this administration’s unilateral abolition of the Fourth Amendment, then what we have is a revolution – a peaceful one, hopefully, as Washington realizes the jig is up.»
    Dans sa chronique, Raimondo ne fait même pas allusion au montage poussif plutôt que bidon après tout de l’alerte terroriste globale. On sent qu’il l’écarte comme un événement accessoire et dérisoire, une tentative effectivement poussive pour tenter de restaurer le crédit de la NSA, comme si du crédit de la NSA dépendait la légitimité du centre washingtonien. (Cette sorte de remarque qui vient naturellement sous la plume témoigne de l’état de profonde décrépitude et de dissolution de ce pouvoir central.) Raimondo et sa logique sont au-delà de cette sorte de manœuvre, et peut-être la crise Snowden/NSA, qui pourrait bien devenir la crise centrale de l’américanisme avec la fameuse menace de dissolution de la légitimité du centre, se trouve-t-elle elle-même au-delà.
    Voilà qui semble fait et bien fait… Désormais la guerre est à ciel ouvert, elle ne se dissimule plus, la guerre entre le Système et l’insurrection antiSystème bien comprise, c’est-à-dire utilisant les méthodes du système de la communication, dont la désobéissance civique qui en fait partie, et nullement la violence agressive qui n’a aucune chance d’aboutir. De ce point de vue, le raisonnement de Raimondo, comme lui-même le suggère, est dans la pure continuité de l’attitude de la Chambre, non seulement avec son vote du 24 juillet, mais avec les développements et l’agrandissement majoritaire qui semble s’ensuivre. Ce mélange de légalisme retourné contre l’illégitimité, de résistance passive, d’activisme agressif de communication, ce sont des éléments importants de la recette pour la Résistance ayant une chance de se transformer en contre-offensive victorieuse. En même temps, cette résistance contribue et va contribuer de plus en plus à mettre en évidence les caractères monstrueux et absurdes de la NSA, de la logique qui l’a enfantée et qui la protège, de l’entièreté du Système qui cherche à la protéger. On peut dire que les enchères montent, la puissance des enjeux en place se manifeste de plus en plus. L’alerte à l’attaque terroriste contribue, à cet égard, à alimenter la poursuite de l’élargissement et du renforcement de la crise née de l’affaire Snowden et de l’attaque contre la NSA, en montrant combien la direction politique est conduite à paniquer devant les perspectives qui se dessinent. Une fois de plus s’impose en se renforçant l’hypothèse que cette crise pourrait bien constituer le biais tant attendu pour nous ouvrir la voie vers le cœur bouillonnant de la crise d’effondrement du Système.

    http://www.dedefensa.org/article-a_couteaux_tir_s_06_08_2013.html

    …..Unifier les luttes implique que les prolétaires se découvrent un objectif commun, et se forment ainsi en classe, une force construite comme unie par son antagonisme absolu à la bourgeoisie. Objectif dont nous avons esquissé à gros traits les grandes lignes: attaquer, renverser et dissoudre la superstructure capitaliste (l’Etat, sa justice, sa police, ses médias, etc.) afin de pouvoir partager le travail contraint et les richesses produites entre tous, démultiplier le temps libre comme condition pour que les prolétaires puissent s’approprier les conditions de la production, développer l’internationalisme communiste, exercer réellement le pouvoir qui mènera le procès révolutionnaire jusqu’à son terme.

    Ce faisant, ils ne se battent plus seulement comme prolétaires voulant améliorer leur condition et reproduisant par là aussi le capital et eux-mêmes comme dominés et exploités par lui. Car dans une telle lutte, celle de toute une classe pour renverser le pouvoir d’une autre, ils commencent déjà à se transformer eux-mêmes, à devenir autres que prolétaires du fait qu’ils exercent une activité libre. Elle, et elle seule pour commencer, les affirme déjà comme devenant maîtres de leur destin, constructeurs de leur vie, cela bien sûr dans les limites, les obligations que leur imposent les conditions de cette lutte elle-même. Donc, les affirme déjà comme non prolétaires avant qu’ils ne découvrent toutes les luttes encore à mener pour y parvenir pleinement, jusqu’au bout.

    Hic Rhodus, hic salta, peut-on répéter aujourd’hui après Marx. C’est ici et maintenant que la situation du capitalisme impose ce choix aux prolétaires, qu’ils le veuillent ou non: détruire le capital ou être détruit par lui, et l’humanité avec eux. Ce n’est pas la théorie qui peut détruire, mais elle peut éclairer ce choix en en montrant les tenants et aboutissants, les causes certaines et les conséquences attendues. Surtout, et c’est là sa principale utilité, le travail théorique doit s’efforcer de montrer que ce qui constitue des causes de la crise pour le capital représente aussi des moyens de son abolition, d’une transition au communisme. Ce faisant, le travail théorique doit aussi contribuer à démasquer et combattre tous les faux amis du prolétariat, cette aile gauche de la bourgeoisie dont le personnel politique (souvent issu des couches de la petite ou moyenne bourgeoisie, et représentant aussi leurs intérêts particuliers au sein de l’intérêt général bourgeois) veut être propulsé à la tête de l’Etat, et devenir calife à la place du calife. Ces faux amis sont souvent plus pernicieux, parce que plus difficiles à démasquer que les autres ennemis. Mais il est nécessaire d’y parvenir pour que les prolétaires se forment en classe indépendante. Le processus par lequel ils y parviendront ne nous est évidemment pas connu aujourd’hui dans toutes ses déterminations. Lesquelles dépendront notamment des situations concrètes de la lutte, y compris dans ses connexions mondiales, ce qui devra faire l’objet d’analyses particulières (que l’on pense, pour ne citer qu’un exemple, au développement rapide dans de nombreux pays de la menace d’un néofascisme!).

    Evidemment, ce n’est pas la première fois que des marxistes affirment que le capital en est arrivé à un stade de sénilité tel que son accumulation en est compromise au point qu’il n’y a plus de choix qu’entre « socialisme ou barbarie » selon la formule de Rosa Luxemburg. Et le capital a jusqu’ici montré, notamment après la grande crise des années 30 et la deuxième guerre mondiale, qu’il pouvait encore transformer suffisamment les rapports de production et étendre son aire de valorisation pour reprendre son accumulation à une plus vaste échelle. Mais ce n’est pas aussi sans avoir réalisé un aspect de la prédiction, c’est-à-dire sans avoir développé la barbarie jusqu’au niveau des exterminations de masse et des guerres « totales », où la destruction nucléaire du monde devenait pour la première fois une perspective. Et s’il s’est jusqu’ici rétabli, cela ne veut pas dire qu’il puisse encore le faire. Au contraire, sa crise actuelle manifeste (c’est du moins ce que cet ouvrage – bien trop bref sans doute – a tenté de montrer) qu’un tel rétablissement n’est aujourd’hui plus possible, que la sénilité du capital est sans rémission, définitive, et que seule restera la barbarie, qu’on voit déjà tellement à l’œuvre aujourd’hui alors que la crise n’en est encore qu’à ses débuts. A moins que la lutte révolutionnaire ne triomphe.

    Détruire le capital ou être détruit par lui. Car il ne faut pas confondre le fait qui vient d’être exposé dans cet ouvrage, que le capital crée lui-même les conditions de sa disparition, avec l’illusion qu’il disparaîtrait de lui-même, se dissoudrait complètement jusqu’au bout sans un procès de luttes révolutionnaires. Ce que le capital détruit dans sa crise qui manifeste le mûrissement des conditions de sa dissolution, ce sont aussi ces conditions elles-mêmes: des moyens de production, des richesses accumulées, des prolétaires et des hommes par millions. C’est en détruisant les conditions existantes du développement humain que le capital s’efforce de sortir de sa crise, quitte à pousser ce mouvement jusqu’à détruire les conditions de la vie elle-même. C’est cela son « autodestruction », son « autodissolution », sa « solution finale ». C’est en détruisant le capital, c’est-à-dire les rapports capitalistes de propriété, de production, que les prolétaires assureront l’avenir de l’humanité toute entière. C’est bien pourquoi la lutte de classe est toujours le moteur de l’histoire, et aujourd’hui la révolution prolétarienne le seul avenir positif de l’humanité.

    Tom Thomas

    Août 2010

    http://www.demystification.fr/les-livres-de-tom-thomas-2/demanteler-le-capital-ou-etre-broyes/

  3. babelouest dit :

    Bonjour Caleb, et ses amis !
    J’ai découvert un blog intéressant, en ce qu’il met en nouvelles jour par jour celles d’il y a exactement cent ans. Et il y a cent ans, notre monde tout entier était à la veille d’une grande tuerie qui laissa notre pays exsangue (et en particulier ses campagnes). Un exemple ? Le monument aux morts de mon village natal comporte trente noms, alors qu’il n’y a plus guère que 400 habitants.

    Oui, le Capital, il faut le détruire, et bien entendu pas question de compter sur « les élus » pour y remédier (même Mélenchon rechigne à annoncer dans son programme les vraies solutions, celles qui fâchent les banquiers). Ou c’est lui qui nous détruira, à petit feu – ou pas. Déjà un pays comme le Japon peut commencer à creuser sa tombe, merci Fukushima.

    La lutte des classes n’a jamais été aussi exacerbée, excepté que ce sont les moins nombreux, actuellement, qui ont l’initiative. C’est normal, le Capital pratique une fuite en avant tellement ridicule, que c’en serait risible si ce n’était aussi dramatique pour ceux qui en subissent le contrecoup. Seule leur dispersion artistement provoquée empêche la prise de conscience salvatrice, d’autant que les têtes des syndicats ne sont plus que des machines à consensus mou, même et peut-être surtout celle qui autrefois avait la vedette de la lutte.

    « Debout, les damnés de la Terre…. » décidément ce cri du cœur n’a malheureusement pas pris une ride.

    • monde indien dit :

      … Le monde était à la veille d ‘ une grande tuerie – C ‘ est effectivement ce qui arriva – J ‘ ai aussi ce sentiment que c ‘ est bien ce qui pourrait bien arriver , tant la situation est terrible !
      D ‘ acc. aussi que Mélenchon n ‘ annonce pas les vraies solutions – en a-t-il d ‘ ailleurs conscience ?
      Et effectivement encore , Fukushima semble bien nous concocter des jours à venir assez monstrueux -
      Enfin , je ne crois hélas pas qu ‘ ils soient les moins nombreux , mais que les moins nombreux sont bien nous qui rejettons ce type de société -
      Ca n ‘ est pas du pessimisme (@ cording) mais du réalisme – Tellement optimiste que j ‘ ajoute que je me sens moins que jamais  » damné de la terre « , plus que jamais révolté -
      Comment faire ? Trouver les solutions pour cette minorité qui veut cet autre monde – Continuer de creuser – Les solutions sont imminentes -
      Fraternellement -

  4. cording dit :

    Je ne partage pas votre pessimisme foncier à propos de la démocratie. En effet je pense que rien n’est donné d’avance, c’est toujours le fruit d’un long combat toujours à recommencer. En France cela a pris plus d’un siècle entre 1789 et l’établissement d’un régime démocratique de façon durable avec la IIIè République. De nos jours la rupture avec l’ordre néolibéral dont l’UE est partie prenante ne sera pas sans douleur, ni drames. Elle n’interviendra que lorsque les opposants au système se seront mis d’accord sur une plateforme commune et auront trouvé un fédérateur pour les mener à la victoire politique. Même s’ils contrôlent tout les partisans du désordre établi peuvent être vaincus comme ce fût le cas le 29 mai 2005. C’est la désunion de l’opposition qui permet le maintien du statu quo.

  5. cording dit :

    De plus le débat public évolue: les médias évoquent de plus en plus la mort de l’euro tout en réfutant cette hypothèse ou en la présentant de façon catastrophiste pour faire peur aux citoyens même s’ils restent complices, les chiens de garde de l’oligarchie néolibérale dans sa variante de droite et de gauche (UMP et PS). L’évolution et l’écho des analystes d’Emmanuel Todd et Jacques Sapir ainsi que le débat sur « Marianne » entre Todd et Lordon qui montre le rapprochement de 2 intellectuels de gauche opposés au système mais pas forcément de la même façon.

  6. karluss dit :

    diable, il est grand temps d’accomplir le voeu nietzschéen, face à l’éternel retour du même, choisissons la voie du surhomme.

  7. babelouest dit :

    Larluss, plutôt que le surhomme, recherchons chacun à nous affiner, à nous surpasser, comme dans le concept originel du Jihad. Ne soyons pas surhommes, mais pleinement humains.

  8. monde indien dit :

    Le rêve de « surhomme » (ou surfemme), ou comme le terme « indien » désignait les « vrais » humains , ont quelque chose d ‘ assez mégalo – Néanmoins ils indiquent que les « autres » nous semblent plutôt monstrueux – du moins que nous pensons être incompatibles avec eux -
    Quand Fukushima ( re- ) aura achevé de polluer tous les océans , qu ‘ on ne pourra plus manger de poisson , alors peut-être s ‘ apercevra-t-on de cela , et que l ‘ argent ne se mange pas (cf Sitting-Bull), qu ‘ il suffit d ‘ être humain , humaines , pour être heureux …

  9. hafidi jacqueline dit :

    « Midas, le roi Midas a des oreilles d’âne »

    Bonne métaphore du capitalisme en marche vers son annihilation (et la nôtre avec lui), celle du roi Midas qui voulait que tout ce qu’il touchait se transforme en or, voeu accordé par les dieux, et tous les aliments devenaient de l’or !

  10. BAILLERGEAU dit :

    La messe est dite et chacun repart vers ses petites occupations. Les jours où je ne veux pas y croire, j’imagine qu’une part significative des « gens ordinaires » conscients de la situation parviendront à croiser la minorité des « très puissants » qui, pour des raisons diverses avouables ou pas, décide de lâcher du lest. L’Histoire a-t-elle connu cela ? Je le crois.

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