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Monsieur Condamin-Gerbier est un homme dangereux (mais pour qui ?)

Posté par calebirri le 17 juillet 2013

Monsieur Condamin-Gerbier est un homme dangereux : c’est pour cela qu’il est en prison, en Suisse, et ce depuis le 5 juillet 2013.

Convoqué comme témoin dans l’affaire Cahuzac, il a ensuite été auditionné à deux reprises par une commission d’enquête parlementaire sur un éventuel dysfonctionnement de l’Etat durant l’affaire Cahuzac : vous pouvez trouver ces deux auditions ici et ici.

Lors de ces deux auditions, cet homme fait mention (en plus de décrire les mécanismes « institutionnalisés » d’optimisation, de fraude ou d’évasion fiscale -si l’on veut faire des différences « légales » ) d’une liste d’hommes politiques qui possèdent ou ont possédé des comptes dissimulés à l’étranger, dont certains ministres passés ou actuels, donc de droite comme de gauche : de quoi mettre un beau bazar dans cette misérable -et corrompue- République ; et à cette occasion on remarquera la discrétion de l’UMP et du PS sur une affaire qui semble les embarrasser tous deux…

Monsieur Condamin-Gerbier dérangeait donc, et c’est ainsi qu’il se retrouve deux jours après son audition non pas protégé par les autorités françaises comme promis par les parlementaires lors de la première audition (il semble que le « détail » de sa protection consulaire en tant que ressortissant français ait en plus été « oubliée » par les autorités -cf le rapporteur de la commission d’enquête), mais tout simplement mis en cause sous divers prétextes dont celui de « viol du secret professionnel » (et comment faire autrement sous serment face à un juge : lui mentir ?). Cette mise en accusation fait suite à une courte -mais efficace- campagne de décrédibilisation à son encontre destinée justement à préparer l’opinion à son arrestation.

Pourtant, qu’un homme qui a travaillé pendant plus de vingt ans pour « le grand capital » ne soit pas un saint, voilà qui n’étonnera personne. Et qu’on ait quelques reproches à lui faire non plus. Mais cela remet-il en cause l’exactitude des faits qu’il dénonce ?
Bien sûr que ses motivations sont à éclaircir, et ses objectifs également. Mais ne doit-on pas faire une différence entre « celui qui dit » et « ce qu’il dit » ?

Enfin, toujours est-il que Pierre Condamin-Gerbier a pris des risques en dévoilant publiquement des secrets d’Etat. Pour son travail, pour sa réputation, pour sa liberté, et peut-être même pour sa vie. En expliquant comment l’Etat était évidemment au courant de l’existence du compte suisse de Jérôme Cahuzac et de ce genre de pratiques (puisque l’Etat lui-même a recours à des comptes offshore pour certaines de ses opérations secrètes), et surtout comment la question d’entraide fiscale posée à la Suisse par la France était sciemment « mal posée » pour éviter les recoupements avec d’autres personalités qui en auraient inévitablement découlés…L’Etat a donc volontairement protégé une classe politique corrompue qui risquait, à droite comme à gauche, de devoir s’expliquer publiquement sur l’existence de ces comptes.

Il fallait donc se débarrasser de ce témoin gênant… Voilà qui est fait. L’Etat Français, avec la complicité de l’Etat Suisse, est en train de faire un autre Bradley Manning, un autre Edward Snowden, un autre Julian Assange… Aujourd’hui quand un homme dérange le pouvoir en dénonçant au peuple les exactions de ce dernier, il devient un ennemi à abattre au lieu d’être remercié comme un héros. Il y a beau jeu de dénoncer la corruption, les fraudes et d’annoncer vouloir « protéger » les lanceurs d’alertes, mais dans la réalité tout est fait pour les empêcher d’exister.

Que faire face à ces pratiques ? Comment doivent réagir ceux qui « savent quelque chose » qui puisse remettre en cause des pratiques pourtant illégales (en plus d’être immorales et anti-démocratiques) ? se taire et continuer de faire comme si de rien n’était, ou tenter de s’arranger avec sa conscience en occultant les informations qui la dérangent ?

Je ne sais pas vous, mais moi je trouve que cela commence à faire beaucoup. Je ne suis pas indigné mais révolté par tant d’hypocrisie, de mensonges, de tromperies. Alors que les « plus modestes » ont des difficultés à se nourrir , nos gouvernants continuent de vouloir nous faire payer les erreurs et les mensonges de leurs prédécesseurs. Tout cela est proprement scandaleux, il faut faire quelque chose.

En regardant rapidement sur internet, je n’ai pas trouvé de site qui laisse aux « lanceurs d’alertes » un espace dédié, ou qui prévoit une défense juridique pour les protéger ; j’ai trouvé un site qui fait le point sur le sujet, mais rien qui permette aux lanceurs d’alertes de dénoncer publiquement les fourberies d’untel ou d’untel. Peut-être me trompé-je, auquel cas j’attends vos liens, mais si ce site n’existe pas, il faudrait le créer. Que ceux qui seraient motivés par une telle création n’hésitent pas à me contacter, vous trouverez l’adresse de mon blog en fin d’article.

Il faut dire qu’avec la spécialisation à outrance et la division du travail poussé à son extrême, on se retrouve un peu dans un monde orwellien ou chacun effectue une tâche précise sans jamais avoir une idée ni de la tâche sur laquelle travaille son voisin, ni de la vision globale à laquelle son travail participe. Mais si l’on considère le nombre d’individus qui disposent, à leur échelle, d’éléments plus ou moins compromettants, et que ces éléments étaient rapprochés en un même lieu d’autres éléments d’importances et de valeurs diverses -peu importe, alors on peut imaginer la force d’impact que pourrait avoir un tel site.

Cela permettrait également de solidariser les « lanceurs d’alertes », et de les protéger collectivement, avec un service juridique dédié à la protection de ces personnes. La profusion des informations serait aussi pour les lanceurs d’alertes un moyen de se « fondre » dans la masse et de prendre moins de risques à dévoiler les corruptions, exactions ou mensonges dont ils sont témoins, pendant que la diffusion généralisée de ces informations à un grand nombre de citoyens permettrait de sensibiliser l’opinion à l’état réel de notre démocratie.

Contrairement à la prudence la plus élémentaire, il faudrait que les « lanceurs d’alertes » ne soient pas anonymes mais assument leurs dires pour d’une part être crédibles dans leur engagement, et d’une autre part pour montrer aux autres qu’il n’y a pas à avoir peur. On pourrait tout à fait imaginer des « actions » brèves durant lesquelles de nombreux lanceurs d’alertes, à une date donnée, dévoilent tous en même temps leurs témoignages pour saturer les services de renseignements qui luttent désormais clairement contre l’établissement de la vérité.

Il faut que les témoins parlent, car leur silence finira par les rendre coupables. Que tous les Condamin-Gerbier qui savent et qui en ont marre de se taire fassent preuve de courage, que tous les Snowden se lèvent pour dénoncer les abus auxquels on les contraint, que tous les Assange diffusent et partagent les secrets dont ils sont en possession. Il faut que cela cesse, car autrement cela finira mal : les hommes dangereux ne sont pas ceux que l’on croit.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, la démocratie, politique? mensonges | 4 Commentaires »

Pour un cerveau collectif sur Agoravox

Posté par calebirri le 10 juillet 2013

Il y a longtemps déjà, le 9 février 2010, j’ avais écris un article concernant un programme politique sur Agoravox. Beaucoup de choses se sont passées depuis, et Agoravox a lui aussi beaucoup changé. Mais il est toujours là ; contrairement à plein d’autres sites ou blogs, indépendants ou participatifs..

Je sais les critiques (parfois fort justes) que l’ on peut faire à ce média (j’ ai eu l’ occasion récemment d’ aborder le sujet avec quelques Agoravoxiens), mais force est de constater qu’en définitive je ne connais pas d’ autre endroit où -de l’ extrême-droite à l’extrême-gauche en passant par toutes les variantes idéologiques- tous sont capables, sur le média même qu’ils critiquent, de se trouver n’ être pas représentés suffisamment ; ce qui est paradoxalement une preuve certaine de l’ ouverture d’Agoravox.

Car ici tout le monde où presque y est en réalité représenté, pour peu qu’il le désire et que ce qu’il ait à dire soit audible, j’ entends du point de vue argumentation et correction orthographique- ce qui n’ est pas toujours le cas j’ en conviens. Mais à force de pratiquer on sait bien qui on lit ou pas, quels commentateurs seront systématiquement agressifs ou «négatifs» (au sens du vote) et pour tout dire personnellement cela fait longtemps que je n’ ai pas à me plaindre d’ insultes, de trolls ou de ce genre d’éléments perturbateurs…

Cette constatation, liée aux précédents éléments critiques cités plus haut, me conduit à dire qu’Agoravox est bel et bien une agora, c’est-à-dire une place publique de discussion, ouverte à tous ceux qui le souhaitent : il y a de tout ici, qui veut y rentre, qui veut en sort c’est au choix ; commenter ou publier, modérer ou pas, critiquer ou partager…

Sans autre violence que celle des mots (ce qui n’est pas négligeable), tout le monde peut dire ce qu’il a à dire : la démocratie ce n’est pas mettre tout le monde d’accord, c’est permettre à tous de ne pas l’être (d’accord).

Cette mise au point effectuée (et bien que quelques « esprits forts » ne manqueront pas de me tomber dessus), je voudrais donc profiter de la liberté qu’on nous offre ici pour faire une proposition :

utilisons cet espace pour tenter la mise en place d’une grande réflexion collective à propos des sujet qui touchent, de près ou de loin, tous les citoyens de tous bords politiques confondus, à travers la création d’une sorte de « cerveau collectif » dont le « centre névralgique » serait Agoravox.

Considérant que la situation économique et sociale de la France (mais pas seulement) est désormais fortement dégradée et face au vide idéologique porté par la classe politique dans son ensemble (cela au moins devrait mettre d’accord la plupart d’entre vous), il devient indispensable de mettre tout le monde autour d’une table (même virtuelle) afin d’étudier ensemble la manière de faire correspondre nos institutions avec notre volonté commune : pas facile a priori, mais puisqu’il existe un lieu où toutes les composantes idéologiques se croisent et s’entrechoquent…

Mais si le lieu est indispensable, la structure n’est pas non plus à négliger : et là aussi, Agoravox possède de nombreux atouts. Suffisamment développée et représentative des divers courants qui traversent notre société, elle peut permettre de lancer un nouveau mode de réflexion collective par l’intermédiaire des « cafés citoyens » ou des « enquêtes participatives ».

Je ne sais pas ce qu’en pense la rédaction d’Agoravox (à qui j’ai déjà plusieurs fois proposé de se lancer dans ce genre « d’aventures », jusqu’à présent sans réponse), mais je voudrais savoir ce que vous en pensez vous, les « Agoravoxiens » : en plus du site comme il fonctionne, une possibilité de s’engager dans une réflexion à plusieurs pour confronter les différents points de vue, avec des mots et sans insultes, sur différents sujets qui font polémique : l’âge de départ à la retraite, les paradis fiscaux, sortir de l’Europe ou non, l’Assemblée Constituante… Ça vous tente ?

Il faudrait bien sûr creuser la proposition, si elle vous intéresse bien sûr, et si Agoravox est d’accord pour cela. Mais il ne fait aucun doute que si vous êtes nombreux à montrer votre curiosité ou votre engagement, ils accepteront. Imaginez une discussion intelligente, suivie et construite sur le long terme, argumentée, étayée, cela ne pourrait qu’être positif pour tous -y compris au niveau de la fréquentation du site lui-même.

Pour ce qui est de la « gestion » d’une telle initiative, les Agoravoxiens pourraient se porter volontaires auprès du formulaire de contact qui pour modérer, qui pour gérer la partie technique, ou donner des conseils et avis, à la suite de cet article ou toujours à travers le formulaire de contact. Si vous les participants voulez vous engager pour faire de ce site quelque chose de plus grand que ce qu’il est, que vous voulez montrer que vous êtes suffisamment mesurés et « raisonnables » pour tenter ensemble quelque chose de nouveau, je vous invite à le faire savoir à la rédaction d’Agoravox… Nous avons besoin, en plus du devoir que cela représente, de poser dès aujourd’hui les bases d’une idéologie nouvelle, qui soient le fruit d’une réflexion qui traverse un maximum de représentations idéologiques.

En tous les cas, et puisqu’on me permet de le faire, j’ouvre ici le débat sur ce qu’il serait possible de faire d’une telle proposition sur Agoravox, en accord avec ceux qui le font vivre au quotidien : nous les 76 247 rédacteurs inscrits, nous les 2 377 714 commentaires déposés depuis 2005…

A vos claviers !

PS : le lien vers l’ article sur AgoraVox : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pour-un-cerveau-collectif-sur-138511

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans démocratie sur agoravox, la démocratie | 7 Commentaires »

Doit-on tricher pour réussir ?

Posté par calebirri le 2 juillet 2013

Dans « La solidarité contre l’individualisme ou le paradoxe éducationnel« , je dénonçais la dichotomie qui existe entre l’individualisme prôné par le système capitaliste et les valeurs enseignées à l’enfant durant son processus éducationnel : il en ressortait que les plus « adaptés » au monde d’aujourd’hui étaient de fait les plus égoïstes, les plus radins, les plus « agressifs ».

Mais cela ne suffit plus, car aujourd’hui on s’aperçoit -à travers les innombrables « affaires » qui occupent les « grands » de ce monde- qu’en réalité le gouffre est encore plus grand que je ne le craignais : non seulement les valeurs enseignées à l’enfant ne suffisent plus à la « réussite » de ces derniers, mais en plus on apprend qu’il faut tout simplement tricher et mentir, voler ou contraindre par la force pour avoir une chance de ressembler à ceux qui « réussissent ». Comme les gangsters de films sont devenus des modèles pour de nombreux spectateurs, les escrocs modernes sont aujourd’hui des exemples pour bon nombre de nos chères petites têtes blondes (et vides).

Car désormais les vrais héros sont des escrocs (pas les petites racailles de cages d’escaliers non, mais bien ceux qui s’exilent à l’étranger pour éviter l’impôt national ou délocalisent au Bangladesh, ceux qui vous pillent vos « données personnelles » pour les revendre à prix d’or, ceux qui demandent à l’Etat 7 milliards comme ils en demanderaient le double ou la moitié, ou même ceux qui deviennent président en mentant « les yeux dans les yeux » de ceux qui les élisent…) qui ne sont jamais pris, ni ne vont jamais ne prison (ou pas longtemps, et pas dans les mêmes conditions que le petit vendeur de cannabis).

Ceux-là réussissent, tandis que ceux qui suivent les règles voient leurs moindres écarts sanctionnés. Etre individualiste ne suffit plus, il faut être un « requin », un « sniper », c’est-à-dire jouer au plus fin avec les règles, faire la guerre « préventive » à son concurrent, ou même outrepasser les règles si l’on est suffisamment protégé - »too big too fail » comme on dit…

Et puis la Loi elle-même (en même temps elle est faite par ceux à qui elle profite) permet quelques aberrations, comme celle dont bénéficie Apple par exemple, qui ne paye pas d’impôts ou si peu grâce à une « faille » juridique (identifiée mais non réglée), ou le fait de risquer une peine financière maximale dérisoire au rapport des sommes gagnées illégalement…

Faut-il tricher pour réussir, voilà la question qui dorénavant se pose à nos jeunes ; et qui explique le désarroi, la schizophrénie dans laquelle ils sont plongés : d’un côté ils ont ingurgité des valeurs obsolètes pendant un bon paquet d’années (amour du prochain, respect des différences, partage, entraide…), et puis de l’autre ils se rendent compte qu’elles ne valent rien « en capitalisme ». Il faut penser à soi d’abord, et merde pour les autres ! Mais même cela ne fonctionne pas : il y a toujours plus pourri que soi ! Les vrais « winners » ce sont ces types qui planquent leur pognon « offshore » ou applaudissent à l’annonce de licenciements massifs ; et peu importe de savoir comment ils l’ont gagné, sur la sueur ou le sang de qui il a été ponctionné.

il y a ceux qui refusent bien sûr, et ceux qui l’acceptent. Les premiers n’arriveront à rien et les seconds, ceux qui vont « au bout des choses », ont eux-seuls une chance de « réussir » : ce sont les nouvelles règles implicites du système. Mais ces règles ont un inconvénient : si tout le monde se met à les suivre, il risque d’y avoir un problème… Ne pourrait-on pas plutôt, un jour, redéfinir ce qu’est une vie réussie ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans double coup, misère | 2 Commentaires »

 

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