Europe : il va bien falloir se décider…

Posté par calebirri le 31 mai 2013

Le gouvernement français a capitulé : en refusant d’encadrer les salaires des grands patrons, en voulant allonger la durée de cotisation des salariés et surtout en votant l’ANI, il a définitivement fermé la porte à la gauche pour confirmer sa soumission ( ou son allégeance ?) au monde de la finance.

Mais si cela peut vous rassurer, il n’y a pas que lui !

En Europe les paradis fiscaux n’ont rien à craindre, car elle s’apprête désormais, en plus des « recommandations » imposant l’austérité, à faire voter une loi autorisant à piocher dans tous les dépôts supérieurs à 100 000 euros (sachant pertinemment que pour les autres il n’y aura pas assez), et puis il y a surtout l’entrée en vigueur de deux règlements européens (le « two pack ») qui vont retirer une grande part de la souveraineté des Nations, laissant ainsi les citoyens dépendants de ce qui sera décidé à Bruxelles. Comment s’étonner ensuite que les extrêmes de tous bords se font de plus en plus crédibles !?

Pourtant nous connaissons la situation : nos politiques sont corrompus par la finance qui a tellement triché qu’elle a mis le système capitaliste en danger. Et à ceux qui se demandent pourquoi nos gouvernants préfèrent écouter les financiers que le peuple qui les a élus, il faut qu’ils sachent qu’en réalité ce sont les financiers qui les ont élu, pas les peuples !

Et c’est bien pour cela que l’Europe est désormais coincée. Je voudrais donc ici faire état des solutions qui restent pour mettre fin à une crise dont elle ne sortira pas, de toutes les manières, indemne. Alternatives dont les conséquences la dépassent mais dont elle détient cependant la responsabilité : car de ses choix dépend bien sûr son propre sort (et de celui des peuples qui la composent), mais aussi le sort qui sera réservé au système capitaliste et à la démocratie au sein des pays dits « développés » (et qu’on risque peut-être bientôt d’appeler « enveloppés », ou « dé-développés » – il faudra bien se résoudre à employer un terme qui convient mieux)…

Mais que le lecteur averti n’hésite pas à proposer les autres options qui ne figureraient pas ici, car l’exhaustivité est une qualité délicate à satisfaire… Je vous donne les miennes :

-faire payer les riches : au delà du fait que cette option est irréalisable (même d’un point de vue économique) et pour les raisons évoquées plus haut (l’alliance tacite du pouvoir financier et du pouvoir politique), il semble clair qu’il n’y a rien a espérer de ce côté là : pour les politiques qui nous dirigent, ce serait comme se tirer une balle dans le pied ! Cette option doit donc être à mon avis (et malheureusement) abandonnée ; il est déjà trop tard.

-faire payer les pauvres : c’est bien entendu la solution la plus crédible, étant entendu que c’est celle adoptée en ce moment partout où la crise sévit. Cette option est celle défendue par la « troïka » et suivie par ce qu’on appelle en France « L’UMPS », qui à terme vise l’unité (autour d’une sorte « d’union sacrée ») pour lutter contre la montée conjointe des extrêmes de gauche et de droite. Sauf que pour retrouver la « compétitivité » il faudra bien s’aligner sur les salaires les plus bas (et les conditions de travail qui vont avec). Cela n’ira pas sans difficulté car il faudra alors se défaire de la démocratie pour empêcher le peuple de se rebeller… une harmonisation européenne à l’intérieur d’une sorte « d’Empire Européen » serait évidemment la bienvenue…

-sortir de l’Europe : bien que cette option fasse de plus en plus recette au sein des peuples de l’Europe, cette idée est majoritairement portée par l’extrême-droite, et ne peut pas être sérieusement envisagée (quand on pense qu’ils veulent se faire élire au parlement européen pour lutter contre l’Europe !). Il faudrait pour ce faire organiser un protectionnisme « français », ce qui est une aberration économique si on considère la capacité « d’auto-suffisance » du pays, car pour se permettre des mesures protectionnistes il faut être capable de les imposer aux autres (économiquement ou militairement), ce qui n’est évidemment pas le cas de la France. Le protectionnisme pourrait éventuellement s’engager sur des bases européennes (avec cette sorte « d’Empire européen », mais il ne semble pas que la France en serait alors le moteur… et le patriotisme tant défendu en prendrait certainement ombrage)… Cette option pourrait tout de même être celle retenue « in fine » par une alliance de la gauche et de la droite dites « modérées », car s’il est difficilement envisageable d’aligner les salaires français sur ceux du Bengladesh, au niveau européen il n’est pas impossible d’utiliser le protectionnisme comme arme économique pour sauvegarder des conditions de vie acceptables.

-refuser de payer la dette : après un audit citoyen de la dette et la confirmation de son illégitimité (pour l’essentiel), l’extrême-gauche propose de mettre les créanciers face à leur logique dans un rapport de force contraignant ; seulement cette option, qu’elle soit décidée au niveau national ou européen, reviendrait à faire « in fine » payer les riches, ce qui est désormais impossible car tout l’argent qu’ils possèdent n’existe pas (voir plus haut), le bankrun suivrait de près, et l’écroulement du capitalisme à sa suite….
Cet écroulement serait bien sûr suivi par « autre chose » qui sera soit autoritaire (Orwell ou Huxley ?, soit un nouveau système non-capitaliste (ce qui est plus difficile à mettre en place surtout que personne ne semble vouloir s’y mettre sérieusement…)

-déréguler la finance et supprimer « l’ingérence » de l’Etat : en laissant faire « réellement » le marché, sans ce qu’on appelle les « distorsions de concurrence » (subventions, niches fiscales, taxes douanières, politiques monétaires avantageuses…), il y a paradoxalement une possibilité de retour à l’équilibre des marchés : ceux qui le doivent passeront par pertes et fracas, des banques feront faillite, l’Europe éclatera peut-être sous le poids des défauts de paiement en chaîne, et puis le retour à la réalité des conditions de vie que, selon les lois capitalistes, nous « méritons ». On le voit là encore, difficile et pour les peuples et pour les dirigeants européens de s’arranger avec cette perspective.

-la guerre :Cette option n’est pas la plus plaisante, mais force est de constater qu’elle est la plus efficace ; nous avons aujourd’hui un tel regain de tensions entre les juifs, les catholiques et les musulmans qu’il ne paraît pas impossible qu’une telle option se réalise… D’autant qu’avec la misère qui augmente la peur avance, remplacée par la colère et puis la haine, presque toujours savamment distillée par un gouvernement aux abois pour fabriquer des boucs-émissaires. La guerre française au Mali est un exemple de colonisation déguisée, en ce sens qu’elle protège ses intérêts financiers, et s’apprête à exploiter durablement les ressources de ces pays qui en sont pleins.

-le bancor : cette option, proposée à Bretton Woods par Keynes (qui n’était pas qu’un affreux libéral!), fut délaissée au profit du dollar comme monnaie de référence sous la pression des Etats-Unis, alors en mesure d’imposer ses vues. Elle permettrait en théorie de créer une monnaie commune mondiale destinée à « remettre à plat » le système capitaliste, et est très bien décrite par monsieur Sarton du Jonchay. J’ai déjà émis quelques réserves au sujet de cette option, car quand bien même cette option serait valable du point de vue de l’intérêt général, il faut convenir « qu’en capitalisme » l’intérêt général n’est pas la valeur la mieux partagée : ce qui signifie que si c’est une bonne idée elle ne sera pas adoptée, et que si elle l’est (adoptée) c’est qu’elle n’est pas si bonne que ça ; sans compter qu’il faudrait pour cela parvenir à mettre tout le monde autour d’une table pour en décider, et l’ambiance actuelle ne semble pas propice aux accords unanimes.

Mais quittes à rêver d’unir autour d’une table tous nos bons dirigeants, il reste une option à laquelle trop peu d’entre nous croient encore : l’union des peuples pour se mettre eux-mêmes autour d’une table pour discuter entre eux du « post-capitalisme » , de la suppression de l’argent, et des nouvelles règles qui nous conviennent mieux, le tout autour d’une sorte de « cerveau collectif » pour penser le futur.
Et bien sûr foutre dehors tous ceux qui nous exploitent et dont le seul objectif est de rendre obsolète cette dernière solution !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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En France, nous n’avons plus de Constitution

Posté par calebirri le 19 mai 2013

Le Parlement (Assemblée Nationale plus Sénateurs) est une émanation de la démocratie censée représenter la souveraineté du peule, en même temps qu’il est un contre-pouvoir capable de lutter contre le pouvoir exécutif. Il détient le pouvoir législatif (celui de voter les lois) et doit fonctionner de manière indépendante : ce qui signifie qu’il doit se mettre au service du peuple au lieu d’être au service de l’Etat (qui est n’est autre que le pouvoir exécutif, le gouvernement). Or depuis la modification constitutionnelle qui a permis le passage du septennat au quinquennat, le Parlement se transforme peu à peu en une simple « chambre d’enregistrement » du pouvoir exécutif : la majorité à l’Assemblée Nationale est de fait acquise au président élu, et permet en pratique à celui-ci de contraindre le parlement à voter les lois proposées non pas en conscience mais suivant les directives imposées d’en haut, au nom de la majorité.

Sauf qu’en théorie le Parlement doit pouvoir s’opposer au gouvernement : sinon quel intérêt y a-t-il à élire nos députés ?

Forts de ce constat, nous pouvons donc affirmer que la République actuelle n’a pas de Constitution, comme le précise l’article 16 de la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen qui sert de fondement à nos institutions : »Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » En l’absence de cette séparation -et en la présence d’un défaut de garantie des droits (la propriété des fonds d’épargne sont de par la politique économique menée menacés par la faiblesse des fonds propres autorisés par le gouvernement aux établissements bancaires), il nous faut admettre l’évidence : nous ne respectons plus nos textes fondateurs.

Le Parlement pourrait (et devrait) donc s’opposer à cette mort de la démocratie, et demander la destitution du président (il faut une majorité de deux tiers de l’Assemblée Nationale puis des deux tiers du Sénat pour réunir la Haute Cour autorisée à statuer)
: car il est clair désormais que le chef de l’Etat manque à ses devoirs et se trouve manifestement en contradiction avec son mandat (il applique le programme de Sarkozy !)

Pour comprendre l’immobilisme du Parlement, je rappelle à titre informatif que les députés, comme les sénateurs, gagnent plus de 13 000 euros chacun (en tout, sénateurs plus députés réunis, cela revient à 150 millions d’euros par an, le tout sans compter la réserve parlementaire ni les retraités), ce qui pourrait constituer un début d’explication, mais pas une excuse… A ce prix là, les parlementaires devraient au moins faire leur boulot correctement (certains diraient même que c’est leur devoir !).

Mais comment dans de telles conditions financières ne pas abandonner le service du peuple au profit de celui de l’Etat (lui-même au service de l’ennemi du peuple, la finance) ?

Au lieu d’être un contre-pouvoir, on s’aperçoit qu’en réalité le pouvoir législatif que représente le parlement est devenu l’esclave du pouvoir exécutif, et que cela implique sinon la fin de la République, au moins son agonie.

Que cela signifie-t-il ?

Et bien tout simplement que si le gouvernement français ne respecte plus la Constitution, et que le parlement est soumis au gouvernement, le pouvoir Français devient illégitime, même au regard de la Loi. Et puis surtout, que nous ne sommes plus tenus de respecter un gouvernement qui lui-même ne respecte pas ses propres principes.

Pourtant, si les parlementaires étaient moins lâches et moins cupides, ils auraient le pouvoir de s’y opposer. Malheureusement ils ne le font pas : ils préfèrent voter des lois dites « d’habilitation » pour se défaire de leur pouvoir législatif (d’une durée qui va sans cesse croissant) au profit de ces « ordonnances » quasi « royales » (elles-aussi en constante augmentation).

Mais que nos corrompus de tous bords ne se réjouissent pas trop vite : vu le prix qu’ils coûtent et au regard du travail qu’ils fournissent, il se peut qu’ils fassent bientôt partie des prochains cortèges luttant contre les licenciements économiques !

Que faire maintenant ?

Et bien la solution est simple : puisque notre société n’a pas de Constitution, il nous en faudra bien en rédiger une ! et comme ni le gouvernement ni le parlement ne veulent écouter la voix du peuple, le peuple doit se choisir une autre voie ! Il faut refaire une nouvelle Constitution nous-mêmes, et cesser de nous occuper de ces « bons-à-rien ». Se regrouper, se rassembler, et réfléchir ensemble au meilleur moyen d’éviter que nos futures institutions permettent ce genre de dérives…

Cela va prendre du temps, mais cela est indispensable. Autant nous y mettre maintenant, non ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Ils sont où les indignés ?

Posté par calebirri le 15 mai 2013

En Espagne, les « indignados » se sont réunis il y a peu pour « fêter » (ou commémorer c’est selon) les 2 ans de ce mouvement ; avec paraît-il quelque peine à rassembler : c’est que ce mouvement semble s’être dissout dans la crise, et avec lui l’espoir qu’il portait.

Les indignés comme en Grèce, en France ou ailleurs nous disent avoir fait évoluer le mouvement de manière plus locale, plus concrète ou que sais-je encore, comme pour s’excuser de ne plus rassembler les foules. Mais la réalité est sans doute bien plus dure : les indignés sont tous simplement rentrés chez eux.

C’est que la loi capitaliste s’applique même en temps de crise : tant qu’on peut donner on donne, et quand on ne peut plus cela devient chacun pour soi. Pris que nous sommes dans le tourbillon de cette crise qui s’aggrave de jour en jour, les hommes ont tendance à se diviser en petits groupes, puis à s’isoler dans une sorte de repli sur soi et les siens, comme s’ils étaient ainsi mieux protégés des « dangers » extérieurs.

Diviser pour mieux régner, voilà une règle qu’ont appris sur le tard ces indignés incapables de se donner des objectifs communs et une ligne directrice… une règle que connaissent bien nos gouvernants : opposer le public et le privé, les jeunes et les vieux, les étrangers et les nationaux, c’est énerver les liens sociaux et diviser le peuple, lui retirer l’espoir et le contraindre à l’abandon de la lutte. Et en voulant éviter la « politisation » de leur mouvement, en refusant de se choisir des « chefs » ou même de rechercher une méthode de construction d’un discours commun, le caractère hautement démocratique de ce mouvement s’est englué dans ce qui se trouve être le principal défaut de la « vraie » démocratie : l’immobilisme, l’absence de cap, le manque de cohésion, et à terme la division, le foutoir, la débandade ; ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle ne soit pas à rechercher…

Deux ans ! Il s’est passé deux ans pour qu’un mouvement qui frôlait l’internationalisme s’effrite et périclite partout dans le monde. Sans doute un peu faute d’expérience face aux experts de la manipulation des esprits qui nous gouvernent et qui ont poussé au « pourrissement » du mouvement, mais aussi et surtout faute d’avoir su donner corps à sa réflexion. Pourtant, c’est un espoir formidable qu’avaient entretenu ces mouvements, du printemps arabe jusqu’au printemps érable, et des millions de citoyens croyaient alors qu’il allait enfin « se passer quelque chose », que les indignés allaient « changer les monde »… Et puis le temps a passé, le travail de sape des forces de l’ordre, la lassitude des indignés comme celle des téléspectateurs avides de nouveauté, tant et si bien que chacun est rentré chez soi pour tenter de continuer à vivre plus ou moins correctement.

Depuis le mouvement continue ici ou là, avec quelques réflexions intéressantes, quelques alliances plus ou moins politisées, et surtout beaucoup d’initiatives locales plus pragmatiques mais bien éloignées de la révolution des esprits tant attendue… et puis la crise continue : il faut bien vivre ! Le capitalisme est le plus fort, il détruit jusqu’à la solidarité.

Et on le sent partout, jusque sur internet. Les sites « alternatifs » ferment les uns après les autres, « l’aquoibonnite » (à quoi bon continuer) étant sans doute la première cause de ces « décès ». Face à la vanité des actions et réflexions menées pour « éclairer » ou rassembler sans même l’espoir d’aboutir à un début de commencement de solution (nous savons tous pourquoi ça va mal mais personne ne sait comment faire pour que ça aille mieux), nombreux sont ceux qui jettent l’éponge…

la solidarité, et même l’espoir, s’effacent devant la réalité… on en vient à croire aux vertus de la décroissance en prévoyant de saboter nous-mêmes les conditions de confort dont nos fameux gouvernants veulent déjà nous priver…comment faire pour les réanimer ? Comment non pas faire comprendre mais faire « sentir » à tous les indignés qui s’ignorent qu’au lieu de nous renfermer pour se protéger nous devrions nous ouvrir pour résister ensemble ? Et surtout ne rien lâcher sur nos conditions de vie : le véritable socialiste n’est pas le misérabiliste qui souhaite la fin des « ferrari » mais bien celui qui veut le meilleur pour tous. Ce ne sont pas les conditions de vie des « riches » qui doivent s’abaisser au niveau de celles des « pauvres » mais celles des pauvres qui doivent s’élever au niveau de celles des riches. Il ne doit pas y avoir que le capitalisme qui désire le progrès (car ce n’est que lorsque nous pourrons « tout » avoir que nous n’en aurons plus besoin).

Que nous manque-t-il pour alors pour reprendre courage ?

Je vous soumets ici une proposition de méthode qui vaut ce qu’elle vaut :

-Tout d’abord il faut un site commun, et internationaliste
-ensuite et par l’intermédiaire de ce site (avec twitter et page facebook), organiser une grande manifestation internationale dans les capitales concernées, à l’issue de laquelle seront tirées au sort -et parmi les volontaires – deux portes-parole pour chaque ville (un délégué et un suppléant), censés servir de lien entre tous les pays.
-sera alors organisée une « rencontre » entre tous ces « portes-parole » (internet le permet aisément) afin d’y discuter des statuts (comment il fonctionne, avec une sorte de « charte » à la clé), statuts qui seront portés aux votes de ceux qui le désirent (toujours via le site internet)
-il faudra aussi déterminer des objectifs communs après un travail de réflexion et de débats, puis les faire voter au plus grand nombre, qui pourront alors être considérés comme « militants »
-et enfin créer des antennes locales susceptibles de devenir des relais d’action et de réflexion en même temps que d’émettre des propositions ou des projets.

A vos agendas donc, il ne reste qu’à poser les dates (ou presque !)…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans la démocratie, La voie des peuples, politique?, révolution? | 3 Commentaires »

Nous vaincrons le travail, vive le chômage !

Posté par calebirri le 8 mai 2013

Qu’on le veuille ou non, notre monde est condamné au chômage. Nombreux sont ceux qui- à droite comme à gauche- s’en effraient, mais cela devrait pourtant tous nous réjouir : car cela signifie que le progrès technique n’est pas mort, ce qui permet à l’homme d’espérer atteindre encore ce qui devrait être l’un de ses objectifs prioritaires, à savoir de se séparer, à terme, de la nécessité du travail dans nos sociétés.

Seulement le monde ne fonctionne plus, ne raisonne plus en terme de société, ni d’humain, ni même de progrès ou de besoin : nous en sommes arrivés à considérer le chômage comme une calamité, car le critère de référence universel est la rentabilité ; jusqu’aux décroissants qui raisonnent en termes économiques puisqu’ils veulent faire « mieux » avec « moins » (voir décroissance théorie économique bien trop sage).

Le paradoxe de cette situation réside dans le fait que le progrès technique favorise le chômage de masse et que le capitalisme favorise lui-même ce progrès (enfin jusqu’à il y a peu) ; mais aujourd’hui c’est que l’austérité engagée pour sauver le capitalisme conduit elle-aussi au chômage de masse, cette fois pour cause de « non-rentabilité ». Car si le capitalisme a besoin du travail de l’homme pour ses profits, il a également besoin du progrès technique, car les machines seront toujours, à terme en tous cas, plus rentables que l’être humain (24/24, 7 jours sur 7). Mais ce progrès technique, qui au départ était censé libérer les hommes de la contrainte du travail, est aujourd’hui un facteur de rentabilité privé qui s’oppose à l’économie « publique », en ce sens que les gains de productivité apportés par la technologie entraînent pour l’État un surplus de budget (les aides sociales : en 2009, plus de 30% du PIB, soit plus de 600 milliards) pour éponger les licenciements dus aux moindres besoins de main d’œuvre pour effectuer une même tâche (la « fameuse » privatisation des profits, socialisation des pertes). Mais comme aujourd’hui les investissements de production baissent -et qu’ils ne sont même pas compensés par l’obsolescence programmée (comment dans ces conditions la faire disparaître puisqu’elle contribue à « sauvegarder » l’emploi ?), nous arrivons à une situation « logique » d’un point de vue civilisationnel (il y a nécessairement besoin de moins en moins de travail), mais aberrant d’un point de vue économique (que l’on fasse de l’investissement ou de l’austérité, le chômage est en constante augmentation).

Sauf que nous les citoyens, nous sommes toujours contraints de subir ce qui devrait être une libération (le chômage, que le système capitaliste a transformé en fléau) car en dehors des prestations sociales seul l’argent que nous procure le travail nous permet de vivre- nous obligeant ainsi à trouver coûte que coûte cette denrée de plus en plus rare qu’est l’emploi : le résultat évident (enfin d’un point de vue capitaliste) est que le prix du travail (les salaires) est destiné à baisser au fur et à mesure que nous serons plus nombreux à vouloir en obtenir un. Et parallèlement les Etats se voient eux dans l’obligation -tout du moins s’ils se veulent démocratiques et ainsi éviter les contestations massives (des gens qui ne travaillent pas et n’ont aucun moyen de subsistance deviennent dangereux pour l’ordre public -en plus d’avoir du temps pour réfléchir à leur condition), de pourvoir au minimum vital. Et cela leur coûte cher, de plus en plus cher. A tel point qu’ils cherchent par tous les moyens de se soustraire à cette trop lourde dépense.

C’est ainsi que les pays dits « développés » en arrivent à des absurdités à la fois économiques et politiques comme celles que nous constatons aujourd’hui : ne pouvant décemment pas se résoudre à un changement de paradigme pourtant nécessaire et plutôt que d’engager des politiques de relance (déjà que nous gardons dans l’emploi de nombreux postes rendus inutiles dans de nombreuses administrations ou services publics pour ne pas augmenter le nombre de chômeurs), nos gouvernants préfèrent se soumettre à une politique d’austérité destinée à faire baisser le « coût du travail » (les salaires) ; évitant ainsi d’avoir à faire évoluer la technique qui accentuerait le chômage de masse. Déjà qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde ! En définitive l’homme n’est un « outil » plus rentable que la machine que lorsqu’il travaille pour rien : l’esclavage est le seul idéal qui permet le plein emploi. A part peut-être la guerre ou une catastrophe naturelle de grande ampleur, une épidémie meurtrière ou que sais-je encore, la situation ne s’améliorera pas ; mais qui peut souhaiter ce genre « d’améliorations » ?

Donc on arrête d’investir, et ce même si de nombreux emplois ne sont pas pourvus (les métiers les plus pénibles ou considérés comme tels, ou tout simplement déconsidérés). Que peut-on faire pour tous ces gens ? On les indemnise un moment, et puis après ? Soit ils acceptent « n’importe quoi » (et on obtient ainsi de mauvais employés), soit ils vont au secours populaire, soit ils partent grossir les rangs des « émigrés », soit ils luttent contre le système qui ne les satisfait plus. Mais quoi qu’il en soit la situation n’est pas tenable à long terme, car même si tous acceptaient les travaux pénibles il en resterait un paquet sur le carreau.

Du coup on veut se séparer de cette charge, sans pour autant laisser les miséreux sans lien, sans dépendance avec l’Etat. C’est bien pour cela qu’on préfère leur faire creuser des trous qu’ils reboucheront plutôt que de les laisser sans activité ; et même si pour cela on doit recourir à la contrainte comme au travail gratuit ou même aux camps de travail (comme c’est parait-il prévu en Grèce- je n’ai pas trouvé autre chose, du moins en Français). Car ce à quoi nous ne pensons pas assez, c’est que lorsqu’un individu sort du cadre de l’assistance ou solidarité comme on voudra, il devient un anonyme sur lequel le pouvoir étatique n’a plus d’emprise. En quelque sorte il rentre dans la clandestinité et sort de la dépendance vis à vis de l’Etat ; et cela devient un danger potentiel pour le maintien de l’ordre public -en même temps qu’une preuve de l’incapacité de l’Etat à faire correspondre son modèle politique à la réalité sociale, comme on le voit ces derniers temps en Espagne ou en Grèce avec l’augmentation du travail au noir et la généralisation du « système D ».

On est même arrivés à un tel point de saturation -il faut se rendre compte de cet incroyable non-sens – que l’on préfère enterrer des innovations (même rentables d’un point de vue économique ou social caisses automatiques, informatisation) que d’avoir à supprimer encore des postes. Ne sachant plus que faire pour stopper les déficits on va jusqu’à couper les crédits de recherche et de développement, sans se rendre compte que nous sommes tous entrainés dans une spirale infernale qui nous conduira de toutes les manières au même résultat : il faudra bien un jour régler le problème du travail et de sa nécessaire obsolescence et admettre une bonne fois pour toutes que le temps du travail est révolu. Et que si nous voulons éviter les dérives autoritaires inhérentes au capitalisme nous devrons changer de paradigme.

Car si au lieu de nous inquiéter pour les retraites ou le chômage nous nous inquiétions pour notre bien-être ou notre santé, nous comprendrions très vite qu’il nous faut tout d’abord faire des enfants (et oui plutôt que de devoir travailler plus et plus longtemps pour mourir plus jeune sans avoir d’autre emploi que ce que le gouvernement nous autorise ou nous impose, nous n’avons qu’à faire des enfants !), car eux-seuls seront les garants de nos vieux jours, en plus de la promesse qu’ils représentent pour le futur.
Si nous cessions de viser la rentabilité nous comprendrions que le futur de l’homme est de se séparer de la contrainte du travail plutôt que de la désirer, avec des durées hebdomadaires allant sans cesse se réduisant, pour avoir plus de loisirs : « notre société sera une société de loisirs ou ne sera pas », disait un professeur d’économie que j’ai connu. Il avait raison : nous sommes condamnés à travailler de moins en moins. Pourquoi ne pas en faire un objectif avouable et positif , et se réjouir que même le cynisme et le calcul des capitalistes ne suffit pas à empêcher cette inéluctabilité ? Pour mettre en conformité les aspirations humaines avec la réalité sociale d’une société avancée et positive, nous devons changer les règles du jeu (voir); de toutes les manières les riches s’ennuient, tandis que les pauvres aimeraient bien s’ennuyer un peu plus, alors… Et même si nous devons tous « travailler » (on remplacera alors ce terme par un autre) pour notre propre bien -et celui des autres- nous devrions partager ce travail entre tous et dans des conditions équivalentes pour satisfaire chacun.

Et qu’on puisse un jour enfin crier tous ensemble « nous vaincrons le travail, vive le chômage » !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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