Le hasard comme politique économique

Posté par calebirri le 30 avril 2013

J’avais commencé un « essai » statistique destiné à prouver l’inutilité (ou plutôt la malfaisance) des calculs de probabilité en économie. C’était une théorie absurde fondée sur une réalité qui l’est tout autant, à savoir qu’un événement a statistiquement toujours (et à peu près) une chance sur deux de se produire, ou presque – le presque étant un élément essentiel à la compréhension de cette théorie.

Et puis, n’étant jamais totalement satisfait de celui-ci (et aussi fatigué des incohérences mathématiques de cette théorie) je m’apprêtais à laisser tomber ma démonstration… jusqu’à ce que la « Providence » médiatique me remette sur les rails : coup sur coup, des informations soutenant ma thèse principale (à savoir que les mathématiques, les calculs de probabilité, les discours des experts, les statistiques, les analyses, etc… ne servent à rien) m’ont remis le pied à l’étrier- et les doigts sur le clavier.

Tout d’abord il y a eu une étude sur la bourse : des singes à qui l’on a demandé de miser sur des titres côtés en bourse ont fait mieux que les traders les plus avertis, et ce de manière totalement hasardeuse (ils ne lisent sans doute pas toutes les analyses).

Ensuite, une autre étude récente montre elle-aussi que le hasard fait « aussi bien » (ou aussi mal c’est selon) que l’analyste le plus chevronné : il aurait un taux de réussite moyen de -tenez-vous bien, c’est de la science- « autour de… 50 % » !

Cela signifie donc que tous les calculs qui sont faits pour, avec, autour et dans le « marché » ont en définitive autant de chances d’être justes que la pièce de tomber sur pile ou face, ou autrement dit que la probabilité qu’un événement boursier (une hausse ou une baisse d’un panier d’actions ou d’obligations) arrive est environ d’une chance sur deux, ou presque…

Voilà qui n’est guère rassurant : on paye donc (très cher souvent) des gens dont le métier est de tirer à pile ou face (je vous avais dit que c’était absurde !), et dont les paris sont considérés par tout un chacun comme « scientifiquement prouvés », le tout avec des conséquences cette fois réelles sur la vie des populations qui acceptent sans sourciller -ou presque- une telle aberration.

Mais ce n’est pas tout : car pour expliquer et justifier leurs conseils, les économistes se fondent justement sur les analyses de ces petits génies du pile ou face, analyses elles-mêmes appuyées sur le travail de grands mathématiciens comme ceux du FMI ou d’ailleurs, qu’on croyait jusqu’à il y a peu intouchables. Sauf qu’un autre événement a fait voler en éclat toutes nos incertitudes :

le FMI s’est (encore) « trompé », et reconnaît officiellement son erreur, à tel point qu’on est en droit de se demander si en définitive toute notre science économique, exclusivement fondée sur la mathématique, ne serait pas une vaste fumisterie destinée à faire accepter aux peuples des conclusions considérées comme scientifiques alors qu’elles ne sont en réalité que des « arrangements » politiques ou financiers destinés à justifier leur ignorance sur la complexité (incalculable) d’un système qui fonctionne tout seul et sans raison.

Car c’est bien sur les conseils de nos chers économistes que s’appuient tous nos politiques de tous bords pour justifier leur incompétence. Étant incapables de proposer une alternative idéologique crédible ou valable face à une crise dont ils perçoivent le caractère inextricable, s’apercevant jour après jour de l’erreur fondamentale du système (les mathématiques n’expliqueront ni ne détermineront jamais les comportements humains), ils tentent désormais de préserver comme un dogme religieux le caractère « scientifique » de l’économie afin de faire perdurer la « foi » du peuple dans ce qu’ils savent être une supercherie : La religion était l’opium du peuple, la science économique l’a remplacée. Et elle est fondée sur le hasard (moi, une chance sur deux j’appelle cela le hasard !).

Et cela à droite comme à gauche qui, pour faire correspondre son discours social avec une réalité injuste, doit faire montre de contorsions philosophiques incroyables (elle qui à force de vouloir crédibiliser une idéologie différente s’est mise en tête de la justifier « économiquement », c’est-à-dire mathématiquement).
Mais comment pourraient-ils faire émerger l’alternative qui nous fait défaut -celle dans laquelle les mathématiques seraient considérées comme secondaires par rapport à la satisfaction des besoins humains, alors même que ce sont les mathématiques qui déterminent aujourd’hui leurs revendications ?

Regardez aujourd’hui où nous en sommes arrivés : faut il sortir de l’Europe ou pas, ou de l’Euro ? Vaut-il mieux se confronter à madame Merkel ou à son propre peuple ? La situation se rapproche-t-elle de 1789 ou de 1930 ? Et faut-il supprimer 20 000 militaires, ou mettre fin à l’obsolescence programmée, et réaliser « l’Union Sacrée » ou s’allier avec les extrêmes ? Et peut-on réformer la monnaie, ou supprimer la démocratie, et doit-on aller le fédéralisme ou le nationalisme ?

Perdus au milieu de considérations politiques majeures dont ils ne savent comment se dépêtrer et incapables de se réunir pour y réfléchir, nos politiques commencent en réalité à comprendre que la faillite du système est inévitable et que l’économie ne nous sauvera pas. Que ni l’austérité ni la relance, ni l’or ni le bancor, ni le fédéralisme ni le nationalisme ne sauveront un système totalement déconnecté de la réalité. Il est déjà trop tard, et tout est beaucoup trop compliqué : alors, faute de savoir comment repartir sur d’autres bases, nos dirigeants, nos financiers, et même les peuples qui les subissent préfèrent faire semblant de croire que ce ne sont que des erreurs de calculs ; et ils comptent et recomptent encore, avec une probabilité de se tromper -encore une fois- qui doit largement dépasser les 50 % …

En attendant le temps passe et les calculs ne seront jamais justes : car l’erreur n’est pas dans le calcul lui-même mais bien dans le fait de vouloir calculer l’incalculable. Et au lieu de nous apitoyer sur nos faibles politiques, ou même sur nos génies mathématiques, nous ferions mieux de nous préoccuper nous-mêmes de notre avenir et de celui de nos enfants. Et avant de leur apprendre à compter, nous devrions leur apprendre à réfléchir, ce ne serait peut-être pas du temps de perdu… Bon, le taux de probabilité de réalisation d’une telle politique non économiquement rentable est certes proche de zéro, mais celui de son utilité pour l’humanité avoisine pourtant les 100 %.

Dommage que la réalité ressemble parfois curieusement à l’absurde.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Assemblée Constituante : peut-on mettre tout le monde d’accord ?

Posté par calebirri le 22 avril 2013

La marche du 5 mai pour la Constituante approche, mais les réponses elles n’arrivent toujours pas : malgré tous mes efforts pour en obtenir, personne ne semble en mesure de dire aujourd’hui comment cette Assemblée Constituante fonctionnera, ni qui la formera.

Comment rassembler le peuple dans ces conditions ?

Les seuls points abordés par le programme du Front de Gauche sont l’élection de l’Assemblée Constituante à la proportionnelle intégrale sans seuil (et avec parité), mais sans savoir ni combien de personnes seront élues, par liste ou par nom, et autres questions du même genre qui restent sans réponse ; ainsi que la validation de la nouvelle Constitution au terme des travaux de cette dernière par référendum (mais dans quelles conditions, là aussi silence total). Presque comme en Tunisie, dont on connaît aujourd’hui l’échec. Pour le reste, c’est déjà anticiper sur ce qui devra se trouver dans la future Constitution ; et ça ce n’est pas le boulot des politiques ni des organisateurs de l’Assemblée Constituante mais bien celui des Constituants eux-mêmes : il serait malsain d’interférer sur leurs travaux.

Cela étant dit, il n’y a pas que le Front de Gauche qui milite pour la création d’une Assemblée Constituante. De nombreuses initiatives existent aujourd’hui ici et là, mais force est de constater que le rassemblement entre toutes celles-ci ne se fait pas : soit elles ne se connaissent pas, soit elles ne désirent pas travailler ensemble.

Pourquoi ?

C’est que le sujet de l’Assemblée Constituante suscite immédiatement ‘une polémique qui semble insoluble, sur la méthode à employer pour la mettre en place : il y a d’une part les partisans de l’élection des membres de l’Assemblée Constituante (http://www.pouruneconstituante.fr/), et d’une autre ceux du tirage au sort de ses membres (http://etienne.chouard.free.fr/Europe/). Et entre ces deux visions aucun accord possible car cette question est essentielle au bon fonctionnement de la future Assemblée. De plus, cette question focalise toutes les attentions et ne permet pas d’avancer sur les autres questions, qui appellent pourtant elles-aussi des réponses claires.

Avec le forum « http://pouruneconstituante.forumgratuit.fr » et son questionnaire, j’ai voulu laisser le soin aux citoyens d’en décider, pour peu qu’ils prennent en main cette question : puisque les soutiens de l’une ou de l’autre de ces deux options ne parviennent pas à s’entendre, le peuple peut les aider à en décider pour eux. Car je crois que ce n’est qu’une fois cette question résolue que l’union pourra se faire et que nous pourrons enfin aborder les autres questions, plus sereinement… Et pourquoi pas par l’intermédiaire d’un référendum d’initiative citoyenne).

Mais à bien y réfléchir (et puisqu’on ne se précipite pas sur le forum !) il y aurait bien une autre solution pour trancher et trouver -pourquoi pas- un consensus, que je vous expose ici : admettons une Assemblée Constituante composée de 100 personnes (le chiffre c’est pour faire simple) : 50 sont élues (il faudra tout de même déterminer comment et par qui), et les autres 50 sont tirées au sort (il faudra tout de même déterminer comment et par qui). Ainsi, ceux qui ont peur de « l’amateurisme » des tirés au sort sont rassurés par le « professionnalisme » des élus, et réciproquement. Si les différents partisans de l’une ou de l’autre solution parvenaient à se mettre d’accord sur ce principe, alors nous pourrions enfin avancer ensemble sur le sujet, et passer à la suite.
Cette option pourrait être considérée comme une troisième voie acceptable, et peut-être permettre de « renvoyer » chacun à préparer des propositions concrètes sur « ses » 50%. Ensuite, nous pourrions alors tous marcher ensemble le 5 mai, que ce soit au nom de tel ou tel autre « parti », « mouvement » ou « association », tous sous la même bannière constituante. Et passer enfin au concret.

Car pour que l’idée même d’Assemblée Constituante se popularise et prenne de la consistance, il faut réunir ses partisans au delà de la seule question du tirage au sort ou de l’élection. Nous devons travailler ensemble pour offrir les meilleurs conditions possibles de sa mise en place, et nous mettre enfin au travail.

Je propose donc ici d’organiser, avec tous ceux qui militent pour la mise en place d’une Assemblée Constituante, une sorte de « réunion », de « conférence » ou de « table ronde », peu importe comme on voudra l’appeler, pour se mettre enfin d’accord non pas sur tout, mais au moins sur les moyens de régler les désaccords existants, en travaillant sur la méthode avant que de parler de la Constitution elle-même ce qui- je le répète- est de la compétence des Constituants.

J’invite également tous les internautes qui le souhaitent à me faire parvenir le nom et le lien des sites qui font la promotion de l’Assemblée Constituante afin de faire un état des lieux de la popularité de cette grande idée, en m’envoyant un mail à l’adresse calebirri[at]hotmail.fr, et en précisant si possible si ces derniers sont « pour l’élection » ou « pour le tirage au sort » des membres de l’Assemblée Constituante.

Enfin je lance sur mon blog un (nième) sondage afin de « tester » l’hypothèse d’une Assemblée Constituante à la fois élue et tirée au sort. N’hésitez pas…

Si nous voulons que les choses bougent, bougeons !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Une Assemblée Constituante oui, mais laquelle ?

Posté par calebirri le 13 avril 2013

On reparle enfin de l’Assemblée Constituante…

Monsieur Mélenchon convie les Français à se rendre dans la rue le 5 mai, afin de réclamer en grand nombre la mise en place d’une Assemblée Constituante qui devrait selon lui déboucher sur une 6ème République…

Cette Assemblée Constituante nous sommes nombreux à la vouloir, mais plus nombreux encore sont ceux qui ne savent qu’approximativement ce qu’elle représente.

Pour être simple, l’Assemblée Constituante est un organisme composé de citoyens représentants le peuple ayant pour mandat de rédiger une Constitution, c’est-à-dire le texte supérieur qui conditionne la Loi de l’Etat concerné.

Mettre en place une Assemblée Constituante, cela signifie donc se réunir pour changer les règles qui organisent l’Etat : c’est « l’antichambre » de la révolution. Sont précisées dans la Constitution les rôles, les limites et les possibilités offertes au peuple pour désigner ceux qui le servent, et cela va des modalités de l’élection du chef de l’Etat aux rapports que le gouvernement entretient avec le Parlement, en passant par le régime politique qui l’encadre ou les situations exceptionnelles que l’Etat pourrait avoir à gérer. C’est donc un travail considérable dont dépend le sort de la Nation toute entière puisque toutes les lois qui sont adoptées doivent être conformes à ce texte fondamental.

Mais dire cela n’est pas dire grand chose : et ce n’est même qu’une fois l’idée de l’Assemblée Constituante clairement acceptée que les ennuis commencent… Car qui la met en place, et comment ? De combien de personnes sera-t-elle composée, et qui les sélectionnera ? Ces personnes seront-elles élues ou tirées au sort, par commune ou par département ? Seront-elles rémunérées, et qui financera ? Et selon quels critères d’âge, de profession ou de sexe, pendant combien de temps ? Sera-t-elle contrôlée et par qui, qui décidera de sa validation ou non, et selon quels critères ? Voilà quelques unes des nombreuses questions qui se posent immédiatement après l’évidence de l’Assemblée Constituante… Et auxquelles personne -pas même monsieur Mélenchon- ne répond actuellement.

Pourtant, cela fait un petit moment déjà que de nombreuses initiatives promouvant la mise en place d’une Assemblée Constituante se développent sur internet, auxquelles j’ai pris part ces derniers temps- notamment à travers la participation à deux forums ( http://laconstituante.forumgratuit.org et http://pouruneconstituante.forumsgratuits.fr/) et dont l’objectif est de réfléchir aux conditions de mise en place et de fonctionnement d’une Assemblée Constituante, avec deux questionnaires (premier questionnaire et deuxième questionnaire) pour demander l’avis des citoyens. Mais cela n’est pas facile : le sujet est très complexe, et la démocratie est sans doute bien plus difficile à établir que la dictature… Il faut discuter, convaincre, argumenter, et il existe sans doute autant d’avis divergents qu’il existe de citoyens. Mais sans représentativité de l’Assemblée Constituante il n’y a pas de légitimité de la Constitution, ou du moins pas plus que celle que possède l’actuelle.

Pour que le peuple soutienne un nouveau régime il faut donc qu’il y adhère, c’est-à-dire qu’il soit convaincu que celui-ci soit bénéfique à tous.

J’invite donc monsieur Mélenchon à nous convaincre en nous expliquant comment la Constituante qu’il nous fait espérer fonctionnera ; et s’il n’y parvient pas, je vous propose de venir réfléchir avec nous sur les meilleurs moyens de mettre en place cette Assemblée Constituante, afin de participer au seul changement qui entrainera tous les autres : celui de nos institutions.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Pour aller plus loin :
http://www.ric-france.fr/
http://www.pouruneconstituante.fr/
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/

PS : je lance également un appel aux internautes afin qu’ils m’envoient les liens vers tous les sites qui soutiennent ou font la promotion de l’Assemblée Constituante soit sur mon blog soit sur le forum à l’adresse suivante : http://pouruneconstituante.forumsgratuits.fr/f27-liste-des-initiatives-en-rapport-avec-la-mise-en-place-d-une-assemblee-constituante

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Offshore leaks : citoyens, ne vous réjouissez pas trop vite…

Posté par calebirri le 7 avril 2013

Il y a l’affaire Cahuzac. Et il y a l’affaire « offshore leaks ». Et puis il y a aussi l’amnistie fiscale dont les parlementaires Français (et leurs « amis ») vont sans doute profiter bientôt, unis comme un seul homme.

Car ce n’est peut-être pas pour rien que le calendrier des événements est si serré, et qui expliquerait pourquoi monsieur Cahuzac a « tout (?) balancé » juste avant les révélations du « offshoreleaks » : il savait que son nom allait sortir, car cela fait un moment déjà que les journalistes travaillent sur ces listes (12 ou 15 mois je crois). Mais si les journalistes étaient au courant et que monsieur Cahuzac l’était aussi, alors tout le gouvernement savait inévitablement.

Mais nous aussi, les citoyens, nous savons tous que nos politiques sont complices de ce genres d’activités : ce sont eux qui les légalisent, qui les protègent, et qui n’ont jamais rien fait pour les faire supprimer (contrairement à ce qui a été dit).

Aujourd’hui on voit fleurir des articles stupéfaits nous « apprenant » comment fonctionne le système : très bien, mais nous savons cela depuis un bon moment déjà : l’évasion fiscale a été décrite à de nombreuses reprises, par de nombreuses enquêtes qui ont donné lieu à de nombreux ouvrages, des rapports, des scandales… et puis alors ?
Denis Robert nous a déjà tout expliqué par le menu : les paradis fiscaux existent pour blanchir l’argent sale (trafics d’armes, de drogue, d’êtres humains, corruption, jeux, prostitution…), et les chambres de compensation comme Clearstream sont le lieu par lequel TOUTES les transactions du monde transitent : on sait d’où vient l’argent, par où il passe et où il va, et de quelle poche à quelle poche l’argent transite.

Il suffirait donc d’ouvrir les lignes de compte de ces chambres de compensation pour que les masques tombent « définitivement ». Ce que personne dans aucun gouvernement du monde n’a évidemment intérêt à faire : car cela ouvrirait la voie à l’explosion du système en même temps qu’une révolution sociale sans précédent.

Que reste-t-il donc aux peuples pour faire émerger la vérité ?

Le chaos engendré par un bankrun ? Mais même ce moyen de pression lui a été retiré officiellement à l’occasion de la crise chypriote (tiens, un paradis fiscal !)…

La justice alors, dont on apprend qu’elle est entravée (et dénoncée !) par ceux-là mêmes qui sont censés lui apporter des informations ?

Et les journalistes ? peut-on compter sur les promesses d’un offshoreleaks dont on apprend que finalement ils ne sortira rien ? Car je doute que la dizaine de noms promise par le monde, ainsi que la frilosité étonnante des « rebelles » des autres pays nous expliquent comment 50 milliards d’euros s’échappent de France chaque année, et 1000 milliards au niveau de l’Europe ; chiffres incroyables d’ailleurs, juste ce qu’il manquait à nos budgets après qu’on a ponctionné cette somme sur les ménages européens… Et personne ne veut faire de rapprochements ?

Mais au fait, sommes-nous vraiment certains de vouloir savoir ?

Sommes-nous prêts à comprendre que les sacrifices qu’on exige des peuples sont les conséquences de l’accaparement des richesses par quelques uns, que cela constitue un vol, que tous ceux qui organisent, soutiennent et profitent de l’évasion fiscale sont des criminels qu’il faut punir, que tout cela est aberrant et proprement scandaleux, inacceptable ?

Mais posez-vous quand même cette question : à votre avis pourquoi les journalistes ne publient-ils pas les noms qu’ils possèdent, et qu’est-ce qui les en empêche ? Pourquoi les politiques veulent-ils une amnistie fiscale pour leurs collègues et amis ? pourquoi aussi assiste-t-on à cette diabolisation soudaine des paradis fiscaux, juste après la crise chypriote et juste avant l’effondrement total du système ?

Et bien je vais vous le dire moi, ce qui se trame : nos riches ont compris à Chypre qu’ils ne reverront pas tout leur argent, et que les paradis fiscaux sont ceux qui s’effondreront les premiers. Et ils cherchent donc par tous les moyens protéger non pas les petits épargnants mais bien… leur pognon. Et c’est à cela que sert le « Offshoreleaks » : loin d’être un avertissement à l’encontre des voleurs, il est en réalité un signal envoyé à tous les tricheurs, les menteurs et les escrocs qui sont encore une fois en train de nous rouler dans la farine… Les riches de tous les pays savent aujourd’hui qu’il faut au plus vite rapatrier leurs avoirs dans des pays plus « sûrs » avant que le bateau coule par là ou il penche… d’où la proposition de loi sur l’amnistie fiscale !

Nous allons donc assister ces prochains jours ou semaines, à des transferts massifs d’argent sortant des paradis fiscaux, précipitant ainsi la chute de tous les paradis fiscaux en difficulté… On légiférera alors pour « punir » les mauvais élèves, et puis le monde s’apercevra qu’il n’y a plus rien là-bas… Les peuples paieront une fois de plus la facture.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Affaire Cahuzac : l’étonnant aveu

Posté par calebirri le 2 avril 2013

Un ministre du budget chargé (entre autres) de lutter contre l’évasion fiscale et qui possède lui-même un compte à l’étranger, voilà qui est pour le moins cocasse ; mais est-ce si étonnant ?

Un ministre de la République qui ment devant le président, face à la « représentation nationale », et à la France entière, « droit dans les yeux », est-ce si étonnant ?

Un journal qui sort une affaire comme celle-là et qui se fait traiter de tous les noms par une classe politique qui ne se sent peut-être pas toujours à l’aise dans certaines enquêtes, est-ce si étonnant ?

Et bien non, tout cela n’est pas si étonnant après tout : nos hommes politiques sont pour la plupart riches (si les hommes politiques étaient moins riches, ils ne voteraient pas des lois qui protègent les riches!), contre la liberté de la presse lorsqu’elle les concerne (surtout si c’est vrai !), et surtout capables de mentir à la France toute entière bien droit dans les yeux (en même temps si les hommes politiques étaient honnêtes ils ne seraient jamais élus : qui ne peut mentir tout en regardant son interlocuteur droit dans les yeux ne peut pas faire de politique).

La seule chose qui est vraiment étonnante dans tout ça, c’est l’aveu de l’ancien ministre. L’aveu d’un homme (brisé ? – le problème avec les menteurs c’est qu’on ne sait jamais quand ils sont sincères). Mais que ce soit le remord ou des preuves incontestables, c’est un aveu tout de même. Qui peut me dire quel est le dernier homme politique a avoir eu le courage d’avouer ? Ils ne sont pas si nombreux ; en tous les cas pas autant que les soupçons.

En faisant cet aveu monsieur Cahuzac savait bien que désormais il serait seul, lâché par tous, et bien obligé de se confronter à sa conscience. Mais je ne le félicite pas ; je le plains.

Car demain, et ça commence déjà, tous nos politiques joueront ensemble la vierge effarouchée, personne ne savait, personne d’autre n’agit ainsi, c’est un scandale et tout ce qui va avec, la République irréprochable et tout et tout… Comme s’il n’y avait que ça à reprocher à cette République !

Mais lui au moins, il a retrouvé sa liberté, en même temps que sa dignité : il a avoué.

Reste une seule question maintenant : à qui le tour ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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L’économie des besoins contre le besoin d’économie

Posté par calebirri le 1 avril 2013

Il y a deux manières de voir le monde : l’une est fondée sur la rationalisation des moyens, l’autre sur la satisfaction des besoins.

La première correspond à celle que nous connaissons depuis des décennies : c’est la théorie selon laquelle le capitalisme forme un gâteau dont la taille est censée grossir indéfiniment pour pouvoir partager ce dernier en un nombre de parts de plus en plus important. La règle impose une concurrence théoriquement libre et non faussée (chacun pour soi fait avec ce qu’il peut contre tous les autres), mais la réalité conduit par l’accumulation à la création de monopoles qui faussent la règle, ou qui permettent même dans certains cas de la modifier à leur avantage (ils sont devenus les « plus forts » -puisque plus riches). Il apparaît donc que les plus forts, même s’ils sont les moins nombreux, prennent les plus grosses parts, pendant qu’ils laissent les pauvres (les plus nombreux) se battre entre eux pour obtenir les restes.

Cette situation engendre deux conséquences : le gâteau peut bien grossir en valeur ou en volume (artificiellement ou pas), mais le partage de ce surplus est toujours inéquitable puisque si, pour une croissance de 10%, le pourcent le plus riche en prend 9 pour n’en laisser qu’un aux 99% restants, la différence ne sera pas énorme pour les pauvres. On organise ainsi une sorte de « rareté » structurelle, sur laquelle repose l’injustice la plus flagrante de ce système.

Une fois cette rareté constatée, on imagine bien la deuxième conséquence : des conflits, à plus ou moins grande échelle, entre tous ceux qui doivent se battre pour survivre à l’intérieur de ce système.

Cette injustice est idéologique et part du principe selon lequel nous ne serions (par déformation eugéniste de la théorie darwinienne) pas plus que des animaux, contraints et soumis aux mêmes contraintes évolutionnistes d’adaptation au milieu (financier en l’occurrence) : on s’adapte aux conditions d’un marché pour conformer la satisfaction de nos besoins à la valeur de notre porte-monnaie. Ces conditions étant de fait inégalitaires et injustes, il se trouve que les plus nombreux doivent s’adapter à une vie misérable et s’en satisfaire pour décider « rationnellement » s’il vaut mieux choisir entre fromage ou dessert.

Mais nous devrions déjà nous estimer heureux : les riches pourraient tout nous prendre, comme ils l’ont signifié durant la crise chypriote, et ils nous laissent pourtant leurs restes… Pourquoi selon vous : parce que vous leur faites pitié ? Non bien sûr, mais parce que sans votre travail ils ne feraient pas de profit. C’est la contrepartie de la démocratie, ou plutôt de ce qu’elle était. En dictature, vous auriez encore moins. Et c’est bien pour ça qu’ils voudraient bien nous forcer à l’accepter.

La seconde est celle que nous pourrions avoir si nous fondions notre système non pas sur les richesses présentes pour combler les besoins, mais si nous partions de nos besoins pour trouver les moyens de les satisfaire. Cette manière de voir peut paraître évidente mais c’est en réalité une véritable révolution idéologique. Si on regarde la situation actuelle, on s’aperçoit que le système fondé sur le besoin d’économie fonctionne de manière incohérente : les besoins n’ont jamais été si grands (dans presque tous les domaines), et l’absence de moyens contraint pourtant au chômage et à la guerre. Comment avons nous pu laisser faire cela ? Alors que nous gâchons près de la moitié de ce que nous produisons, alors que les technologies à obsolescence programmée ne permettent pas la baisse des prix pour les anciennes versions retirées du marché, alors que le chômage est si grand et qu’on manque de tant de logements, d’hôpitaux, de professeurs ou de bouchers, on continue de licencier et de polluer, de laisser faire des métiers pénibles ou dangereux…

Mais que se passerait-il si on inversait les choses en passant du besoin d’économie à l’économie des besoins, c’est-à-dire de faire passer la raison économique après la satisfaction de ces besoins ?

Nous avons besoin de plus d’infirmières ? Formons-les, payons-les, elles dépenseront leur salaire, auront besoin d’un logement, fonderont une famille (et oui pour régler le problème des retraites quoi de mieux que de faire des enfants ?). Nous voulons cesser de polluer la planète ? Développons les énergies propres, gratuites et infinies, trouvons d’abord les moyens de satisfaire les besoins et regardons seulement ensuite combien cela coûte et combien cela rapporte. Qu’on ne vienne pas me parler de la finitude des ressources ou de l’espace de cette planète, j’ai déjà répondu à cet argument ailleurs : le gâteau est potentiellement infini (comme l’univers lui-même), et il ne tient qu’à nous de suivre la bonne recette.

Je ne sais pas si cette manière de voir serait rentable d’un point de vue capitaliste (je suis sûr qu’avec de savants calculs on pourrait prouver que oui et non- allez-y n’hésitez pas à vous lancer !), mais je suis certain que d’un point de vue sociétal personne n’y perdrait. Et puis si ce sont les calculs qui dérangent, n’en faisons pas : la société toute entière ne s’en portera pas plus mal.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, La voie des peuples, misère, un nouveau système | 4 Commentaires »

 

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