Unifier la contestation

Posté par calebirri le 13 mars 2013

Il faut se rendre à l’évidence : le monde est en train de vivre une de ces périodes « charnières » dont ressortira inévitablement « quelque chose » comme ce « nouvel ordre mondial » dont j’ai déjà évoqué l’hypothèse il y a peu. Contrairement à ce qu’on serait tenté d’imaginer à la vue des événements calamiteux qui se produisent un peu partout dans ce monde, il faut se préparer non pas à des conflits majeurs entre deux civilisations (qui ne sont en réalité qu’une seule et même civilisation, celle des humains), mais bien plutôt entre deux classes sociales : les riches contre les pauvres (la « classe moyenne » étant la victime « consentante » qui se croit dans le camp des riches mais qui appartient à celui des -futurs- pauvres).

Face à ce constat, une contestation se met peu à peu en place qui trouble le jeu politique, en même temps qu’elle est elle-même troublée par ce jeu : il y a ceux qui veulent « sauver le système », et ceux qui en veulent un autre. Il y a ceux qui veulent sortir de l’Europe et ceux qui veulent y rester, ceux qui veulent prendre aux riches et ceux qui ne veulent pas, ceux qui veulent plus de protectionnisme et ceux qui veulent plus de mondialisation, plus d’Etat ou plus de dérégulation, la décroissance ou l’économie verte… Comment les citoyens pourraient-ils s’y retrouver ? Les contestataires peuvent être un peu de tout cela à la fois, et il existe presque autant de combinaisons qu’il existe de citoyens… Enfin presque. Car au delà de ces considérations, il y a une chose qui relie toutes les contestations : cette sorte « d’indignation » dont parlait Stéphane Hessel, comme un sentiment confus que les choses ne tournent pas comme elles le devraient, et qu’on pourrait certainement faire « autrement » pour améliorer le sort de nos frères humains… pour peu qu’on se rassemble.

Et c’est bien là que se situe le véritable problème : la contestation existe donc bel et bien, sauf qu’elle est à la fois si diffuse et si confuse qu’il est impossible de s’y retrouver. Nulle part n’existe un lieu capable de canaliser, de rapprocher, de présenter ou même de recenser les alternatives qui nous permettraient de lutter efficacement contre la politique menée actuellement ; laissant la place à une propagande grossière mais efficace qui sature les esprits par son unicité et sa force de frappe (ce qu’on appelle communément « la pensée unique »), et dont le but est de nous faire se tromper d’ennemi.

Pourtant nous avons tout ce qu’il nous faut : nous sommes les plus nombreux, nous avons tous les outils nécessaires , nous avons encore la liberté de le faire (pour l’instant !), et le cerveau collectif existe déjà virtuellement, car toutes les composantes de sa réalisation sont là, disséminées ici et ailleurs par delà les religions, les pays, la couleur de peau ou la culture.

Il ne nous manque donc qu’une seule chose, nous rassembler. Communiquer, partager nos volontés, débattre de nos idées, nous connaître, confronter nos projets, apprendre à nous faire confiance, enfin dépasser les barrières et les obstacles qu’on nous oppose pour avancer ensemble, enfin unis vers un même objectif…

Se rassembler, c’est bien, diront les habitués de ce genre d’appels, mais comment, et pour quoi faire ? Tous les outils sont là, mais ils sont limités et ne parviennent pas à établir la « plateforme de convergence » des luttes en un même lieu, ou pas suffisamment en tous cas : car si de nombreux « petits » groupes existent bien sur la toile, que des rapprochements sont parfois constatés, cette immense toile qu’est internet forme un réseau inextricable où l’on trouve tout ce que l’on veut…. une fois seulement qu’on sait ce que l’on cherche.

Mais qui peut se targuer de connaître l’éventail des initiatives et des projets qui fleurissent pourtant par milliers ? Qui peut faire le tri entre une « bonne » et une « mauvaise initiative, laquelle lui correspond et où les trouver, et comment les chercher ? N’y a-t-il pas des rapprochements, des « alliances » qui puissent se faire entre certains de ceux-ci ?

Il nous manque un « annuaire », une sorte de « botin » dans lequel on pourrait chercher, et trouver, les autres sites en rapport avec ceux qu’on aime déjà… mais qui fonctionne « à côté » des réseaux sociaux habituels : pas d’instantanéité ni d’éphémère, mais des éléments de réflexion permettant d’associer tous les projets entre eux, de visualiser toutes les initiatives en cours, afin de rassembler et de canaliser les énergies et connaître enfin l’état des forces de la contestation.

Avec quelques amis nous sommes actuellement en train de mettre en place un site qui permettra de faire tout cela (et même un peu plus), mais comme à chaque fois dans ce cas il faut que la participation des citoyens soit au rendez-vous : je vous propose donc de me faire parvenir, à travers le « formulaire » suivant (https://docs.google.com/forms/d/17874Z2sO9fUvGDQyDVw-jAjJoAnCxLOIfmNrqxBb1bQ/viewform?pli=1), les initiatives que vous proposez ou soutenez, afin que le site démarre avec suffisamment de matière pour être attractif.

Car le moment est venu de s’atteler à prendre en main ce que nous avons trop longtemps laissé à des incapables ou à des menteurs, et de commencer enfin à poser les bases de ce que pourrait être cette « démocratie mondiale » que ses partisans devront tôt ou tard opposer à la « dictature mondiale » imposée par les puissants de ce monde.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

4 Réponses à “Unifier la contestation”

  1. Sombre Hermano dit :

    Bonjour

    Votre billet m’a aussitôt rappelé que vous aviez proposé la formation d’une assemblée constituante en avril 2012. Ayant relu cette information, j’ai trouvé un questionnaire en ligne que je me suis empressé de remplir. Pouvez-vous nous dire quelles étaient les tendances qui se dégageaient de l’enquête ? Et combien de personnes y avaient participé ?
    Sinon votre nouvelle proposition demanderait à être plus développée. Quels genres d’initiatives attendez-vous ? Quant aux propositions qui seront faites, comment pourront-elles être exploitées ou relayées ? Savez-vous qu’il existe une plate-forme de veille informationnelle qui s’appelle SeenThis. Mieux qu’un réseau social, car toutes les discussions y sont publics et mieux que les sites de micro-bloggage car on peut s’y exprimer davantage qu’en 140 caractères. Je trouve que cette plate-forme constitue un excellent moyen pour échanger des infos, réagir (intelligemment, pas de trollage) aux propos tenus et partager des idées entre tous ceux qui y sont inscrits. Je vous mets en lien mon espace personnel pour que vous vous rendiez mieux compte.
    http://seenthis.net/people/sombre

    • calebirri dit :

      @ Sombre Hermano

      Bonjour, et merci pour votre bonne mémoire !

      Au sujet du questionnaire : alors que le premier (février 2011) avait obtenu plus de 500 réponses, le second n’en a récolté que 80 (la votre comprise). je peux vous donner accès aux résultats complets si vous le souhaitez, mais pour résumer la majorité souhaite élire entre 100 et 500 constituants, tirés au sort parmi une population volontaire agée de plus de 18 ans. L’Assemblée Constituante doit écire une nouvelle Constitution en 1 an,et se réunir au plus tôt. La majorité simple semble être le mode de validation des travaux de l’Assemblée Constituante préféré, et les citoyens veulent avoir accès aux travaux de l’Assemblée. Ils ne semblent pas vouloir de « représentants ».

      Pour la nouvelle proposition, ce sont des initiatives comme le RIC (Référendum d’initiative citoyenne), ou l’audit de la dette, ou la scission des banques, le bankrun, enfin tous les projets qui ont une volonté de « changer les choses ». des « rapprochements » ou des « alliances » pourraient être établies (ou au moins des contacts entre projets similaires ou complémentaires), les membres de ce « collectif » pourront voter pour des projets ou des actions (comme des manifs ou des happenings), soutenir tel projet qui lui semble proche Et aussi servir de « base de données » de l’état de la contestation, avec une sorte de « fiche informative » pour que chacun puisse accéder aux projets qui lui convient, faire des liens avec d’autres, propose des actions qui peuvent lui plaire, le tout par catégorie ou par ordre alphabétique, par notoriété…

      Il devrait y avoir aussi, dans un second temps, la possibilité de basculer vers un site de débats en fonction des intérêts ou des controverses suscités par tel ou tel projet

      En gros et en travaux, voilà à peu près ce qui se trouvera dans ce site. Si vous voulez en savoir plus nous pourrons en discuter plus avant !

      Pour ce qui est de seenthis, j’ai déjà vu ce nom mais je ne sais pas comment ça marche ; j’irai y jeter un coup d’oeil.

  2. Sombre Hermano dit :

    Il me semble que la première lutte à organiser serait le bankrun, au vu des évènements incroyables qui se déroulent à Chypre. D’ailleurs, d’autres y ont déjà pensé. Unifions nos imaginations.
    http://yetiblog.org/index.php?post/Bank-run-%C3%A0-Chypre

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