Derrière les masques, d’autres masques…

Posté par calebirri le 27 mars 2013

Chypre est sauvée, et l’Europe avec ! Voilà en substance le message qui prévalait lundi matin encore mais qui a déjà fait long feu… en moins d’une journée !

Bon. Les riches sont sauvés, et ils pourront bientôt (et c’est sans doute ce qui se cache derrière l’incertitude quant à la date de réouverture des banques- jeudi ?) aller planquer leur argent ailleurs, or mis les quelques imprudents qui n’auront pas pris leurs précautions. Les pauvres eux, paieront donc bien in fine la facture, que ce soit par la ponction de leurs dépôts bancaires ou par l’austérité qui va suivre la future débandade bancaire ; c’est-à dire dès après l’ouverture des banques.

Il faut quand même accorder à nos gouvernants une formidable capacité de mystification, car alors que l’accord a eu lieu dans l’intimité d’une réunion non-démocratique et sans consultation du parlement, la Troïka a réussi un coup de maître : gagner du temps, permettre aux riches d’échapper à la faillite, et cela sans remettre en cause un système de plus en plus déréglé et incontrôlable, tout en parvenant à rassurer un peuple (et les autres peuples de l’Europe) alors même qu’elle les conduit à l’abattoir…

Mais et après ? Quel est le plan de bataille pour nos maîtres, ceux qui dirigent nos vies ? Combien de temps vont-ils pouvoir maintenir ce semblant d’équilibre sans que tout s’écroule de par sa propre gravité ? Car si on peut considérer qu’à l’occasion de cette « affaire chypriote » nos gouvernements ont fait « tomber le masque » en rompant le « tabou » de la garantie des dépôts bancaires (vous pouvez être sûrs qu’ils y reviendront), la réaction immédiate des peuples offusqués n’a laissé en réalité qu’entrevoir ce dont ils sont capables pour préserver ce fragile équilibre : faire payer les peuples, et plus s’il le faut…

Tout en sachant bien qu’à un moment ou un autre cela ne sera plus possible, la situation s’aggravant au fur et à mesure que les plans d’aide -et d’austérité- succèdent aux précédents…

Car comme le prouve la réaction des marchés après la (première) déclaration hasardeuse du nouveau ministre des finances de l’eurogroupe, les ennuis ne sont pas derrière nous : derrière le premier masque, on voit déjà les contours d’un nouveau masque apparaître sur le visage de cette fameuse « Troïka » : en réalité ce sont bien tous les pays de la zone euro qui vont tomber un à un, avec la « fabuleuse » manne (enfin fabuleuse sur le papier, car qu’ils y viennent tous, retirer leurs sous en même temps pour voir !) des épargnants européens : des milliers de milliards d’euros.

Sauf qu’il ne va pas être si simple de les récupérer : cette satanée « démocratie » (quand on sait ce qu’elle vaut !) empêche encore malgré tous les efforts menés en ce sens d’aller directement chercher la dîme accompagné des soldats du roi chez le serf qui se croit toujours propriétaire de ses avoirs (le naïf !).
Et pour cela il va falloir jouer fin, pas comme nos amis américains qui, toujours en avance d’un coup sur les autres, auraient déjà dans les cartons quelques propositions pour lutter contre le terrorisme, et accessoirement pour surveiller les comptes bancaires de tous leurs citoyens.

Ce qu’il apparaît donc, c’est que nos dirigeants savent bien qu’au bout de cette crise c’est tout le système qui est à remettre en cause. Trop difficile, trop long, pas assez sûr. Ils préféreront donc sans doute sacrifier jusqu’aux apparences démocratiques pour attaquer directement -et sans contrainte- les « acquis sociaux » et les libertés individuelles, afin de sauver leur position et leur niveau de vie, sans supprimer le système capitaliste : et le seul endroit où il reste de l’argent, c’est sur les comptes des citoyens. Il faut leur en interdire l’accès libre pour éviter les bankruns le jour où l’on dira « on vous prend tant », et puis ensuite supprimer l’argent liquide. Pour ce faire une puce RFID est bien suffisante, car avec toutes les informations accumulées ou « accumulables » sur tous les êtres peuplant cette planète, il sera bientôt possible de savoir de quoi a besoin un individu, sans lui permettre de « faire n’importe quoi avec son argent » : il aura un point pour du pain, un autre pour une ration de viande, et il n’ira plus boire sa paye après le travail.

Quand on y réfléchit bien, quelle autre alternative ? Pourquoi croyez-vous que les banques chypriotes mettent tant de temps à rouvrir ?
La confiance des peuples envers leurs gouvernants n’est-elle pas définitivement rompue ? Et combien de masques y a-t-il derrière ce nouveau masque ? Et quand Chypre aura définitivement fait faillite, qui sera le prochain ?

Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne prendrai pas le risque d’attendre de voir le « vrai » visage de l’ennemi de notre cher président : déjà qu’avec son masque il me fait peur…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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A qui appartient votre argent ?

Posté par calebirri le 22 mars 2013

A Chypre, le peuple s’est sans doute réjoui un peu trop vite du refus de son parlement d’accepter la taxe sur les dépôts bancaires pourtant exigée par la Troïka. Car en définitive le capitalisme impose qu‘il faudra bien un jour que quelqu’un paye, et les riches en sont bien incapables

Les récents développements du « cas chypriote », avec la renégociation de l’accord qu’on croyait scellé, tendent à montrer que la situation est plus complexe qu’il n’y paraît : coincé entre les apparences de la démocratie qu’il faut respecter et les exigences capitalistes (qui il faut sans cesse le répéter sont incompatibles), faire tomber le « tabou » de la garantie bancaire est un risque difficile à maîtriser.

C’est que le coup n’est pas si aisé, car le nombre des options s’amenuise à mesure que la situation empire : que peuvent faire nos bons gouvernants pour éviter, ou même seulement retarder, un crash du système capitaliste tout entier (qui sera précédé d’un krach, pour les pointilleux d’orthographe) ?

-S’ils laissent tomber les banques cypriotes, Chypre court à la faillite et l’Europe risque l’effondrement en cascade, sans compter les délicates explications avec la Russie et l’Allemagne.

-S’ils sauvent les banques ils ruinent les peuples (ce qui ne leur pose aucun problème moral), avec le risque d’une crise sociale majeure pouvant déboucher sur une panique généralisée, un bankrun qui mettrait tout l’échafaudage financier par terre, briserait le capitalisme dans le monde entier.

-S’ils sortent Chypre de l’Europe alors l’Europe aura signé son arrêt de mort, en même temps que la fin de sa relative bonne santé économique et sociale (et oui, qui remboursera les dettes des pays qui quitteront l’Europe ?) ; chaque pays prendra alors la véritable place qui lui est due selon sa « valeur » dans le monde, et le niveau de vie qui va avec.

De tous côtés donc le danger guette, et depuis maintenant plus d’une semaine le gouvernement chypriote joue la montre avec la Troïka, un peu à la manière dont la Grèce avait promis le référendum (voir poker)… Laissant le temps aux riches d’organiser le transfert de leurs avoirs dans des contrées moins hostiles pour le jour où les banques rouvriront (ce qui a déjà commencé selon certains), tandis que les pauvres sont quant à eux contraints de se battre aux guichets pour récupérer les quelques malheureux billets qui voudront bien sortir encore de leurs distributeurs.

Et c’est bien cela qui est le plus scandaleux : que les dépôts bancaires soient taxés ou pas, à vrai dire cela ne change pas grand chose car in fine ce sont toujours les pauvres qui trinquent… Mais qu’on empêche concrètement les gens de retirer librement l’argent qui est censé leur appartenir, c’est là une étape sans précédent qui vient d’être franchie. En faisant tomber le « tabou » sur la garantie des dépôts bancaires, la Troïka montre au monde et aux peuples que non seulement tout l’argent qui se trouve dans les banques ne leur appartient pas, mais surtout que tout est déjà prêt pour éviter la seule réponse possible à la séquestration de son argent : le bankrun. Ne pouvant se permettre de réaliser les deux autres solutions citées plus haut, on s’aperçoit que seule la taxation de l’épargne populaire serait pour les dirigeants européens un moyen efficace d’éviter la faillite généralisée ; tandis qu’un bankrun (lui aussi généralisé) serait pour le peuple un moyen d’éviter l’appauvrissement (toujours) généralisé.

En même temps, il faut comprendre nos dirigeants : de quoi auraient-ils l’air s’ils avouaient que tout l’argent qui circule sur cette planète n’existait tout simplement pas ? Car c’est bien à cela que sert un bankrun : il ne satisfait personne, car tous s’aperçoivent en même temps que tout l’argent qu’ils croyaient posséder n’existe pas dans la réalité

C’est donc bien que l’Europe est à bout de souffle, et que les vrais ennuis vont bientôt commencer : en se préparant à spolier les citoyens à la source -leur épargne- l’Europe s’apprête à montrer son vrai visage. Et le bankrun ne se produira pas, car l’accès aux comptes et aux retraits d’argent liquide seront limités, suspendus ou interdits, privant ainsi les citoyens non seulement des besoins de la vie quotidienne, mais également d’un moyen de pression bien plus efficace que leur malheureux bulletin de vote : l’argent. Mais si cet argent qu’on nous oblige à gagner pour survivre ne nous appartient pas, les denrées ou objets qu’il nous permettent d’acquérir nous appartiennent-ils vraiment ?

Et surtout, que nous restera-t-il alors ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, la démocratie, politique? mensonges, révolution?, surveillance | 4 Commentaires »

C’est à Chypre que tout a commencé

Posté par calebirri le 18 mars 2013

C’était il y n’y a pas si longtemps… à Chypre. En quelques jours à peine tout s’est effondré, d’une manière si rapide et si puissante qu’on aurait pu croire à une épidémie de peste, ou à un tsunami…

Je vais vous raconter :

En quelques jours à peine tous les records atteints en quelques mois par les bourses du monde entier ont été annulés par un krach boursier massif, suite à un premier bankrun réalisé en réponse à une « taxe exceptionnelle » sur les dépôts bancaires des Cypriotes. Cette décision, prise pour une petite île d’à peine plus d’un million d’habitants, a suffit pour embraser en quelques mois le monde tout entier, pour aboutir au chaos sans précédent que nous traversons actuellement. Se sentant spoliés par la « Troïka » (c’était le nom que les dirigeants d’aujourd’hui avaient à l’époque), des milliers de cypriotes se sont rués vers les banques pour retirer leurs avoirs, ce qui n’a pas manqué de faire s’effondrer le système bancaire de l’île, avec les conséquences en cascade -logiques- qui s’ensuivirent dans les autres banques européennes. Les réunions organisées par les dirigeants européens n’ont pas suffit à calmer les esprits et l’accord de sauvetage voulu par les pays en difficulté a été refusé par l’Allemagne qui souhaitait au contraire des sanctions pour les pays ne respectant pas leurs engagements. En Italie et au Portugal des manifestations ont été organisées contre l’austérité, et on a constaté au cours de la semaine suivante des retraits massifs d’argent liquide dans les banques les plus fragiles de ces deux pays : puisque les dépôts des petits épargnants n’étaient plus garantis, nombreux sont ceux qui voulurent retrouver leurs avoirs, et chacun savait désormais que tous ne récupéreraient pas leur argent. Le cours de l’or a atteint des records en quelques heures en Italie et en France, tandis que les appels au bankrun se sont faits partout ailleurs plus nombreux.

Comme un virus se répandant à une vitesse folle, les bourses asiatiques et américaines ont elles aussi rapidement marqué le pas, et la FED a alors dû se résigner à cesser d’injecter des liquidités dans son économie. La Chine, elle, a décidé de montrer son mécontentement par des manoeuvres militaires de grande ampleur, tandis que les agences de notation ont abaissé en moins de 6 mois toutes les notes des plus riches Etats de 2 crans supplémentaires, ce qui a provoqué une sorte de « rupture de confiance », comme l’ont appelé les économistes : les taux d’intérêts se sont envolés ensuite sans jamais plus redescendre.

Parallèlement à ce qui ne semblait être que le début d’une « petite rechute économique » (c’est ce qu’on nous disait alors), le nombre de chômeurs a augmenté beaucoup plus vite que prévu dans tous les pays de la zone euro et les gouvernements, s’appuyant sur une nouvelle disposition européenne, ont décidé de faire appliquer des restrictions dans tous les domaines sociaux pour disait-on « empêcher la faillite ». Malgré l’opposition de la plupart des parlements, l’âge légal de départ à la retraite est passé à 70 ans pour tous, et les indemnisations pour les chômeurs ont été remplacées par des « bons d’assistance » faits de colis alimentaires ou de vêtements usagés : le seul moyen pour éviter de supprimer, nous promettait-on alors, la garantie sur les dépôts des petits épargnants, comme à Chypre.

Une loi européenne en préparation depuis plusieurs mois refit également son apparition, qui a interdit aux déposants de retirer plus de 100 euros d’un seul coup, ce qui a suscité l’émotion chez les commerçants et les associations de protection des usagers des banques qui parlaient déjà de mise sous tutelle forcée, quand ce n’était pas d’autoritarisme.

De grandes manifestations ont été organisées et les violences ont été de plus en plus grandes jusqu’à ce que le gouvernement s’est dit « obligé » de recourir à l’armée pour « protéger » la population, menaçant même de s’en remettre à « l’état d’urgence » au cas où ces dernières dégénèreraient… on sait désormais où cela allait nous mener : avec les nouvelles dispositions internet sur les réseaux sociaux, les lois « anti-terroristes » destinées à protéger les citoyens et autorisant désormais la police à faire supprimer n’importe quel compte qui puisse « mettre en péril » la sécurité du pays -avec des mots-clés de censure automatique comme en Chine (que n’a-t-on pas dit sur la Chine à l’époque précédente ; si on avait su !). Avec le nombre de manifestants arrêtés, de journalistes censurés ou de militants « disparus », notre monde se transformait peu à peu en nos pires cauchemars orwelliens : loin d’avoir effrayé les générations suivantes, il semble presque que ce livre 1984 ait servi de « bible » à nos gouvernants actuels tant les rapprochements que l’on peut faire entre cette fiction et la réalité sont nombreux !

Les « anonymous », la « quadrature du net », les indignés et de nombreux autres mouvements de résistance dénonçaient si clairement les dérives fascistes de l’Europe qu’ils furent purement et simplement interdits, tandis que le parti pirate se voyait menacé d’être définitivement dissous après la découverte de 2 kilos de cannabis au domicile du fondateur de ce parti, actuellement toujours en prison.

Ce n’est qu’une fois la France officiellement insolvable que l’Europe a ensuite commencé d’imploser : avec l’état d’urgence qui a précédé le « grand bankrun » organisé par les européens de tous les pays en réponse à l annonce (finalement) de la taxation des déposants décidée par l’Allemagne et la Troïka, la Grande-Bretagne s’est retirée définitivement de la communauté européenne. On vit en France le retour des soupes populaires et la délinquance augmenter tant et si bien qu’on finit par enfermer les mendiants, contraints de travailler pour sortir : des « camps » furent alors créés, dans lesquels ceux qu’on appelle les « gens du voyage » étaient les plus nombreux.

Les dispositions pour empêcher la tenue de ce « grand bankrun » n’ont pourtant pas suffit à stopper le mouvement qui a combattu de longues heures jusqu’à la tombée de la nuit. Plusieurs dizaines de morts ont été comptabilisées à travers toute l’Europe, parmi lesquels quelques militaires. Tous les retraits ont alors été interdits , puis bientôt contrôlés directement par l’Etat. Pour nous sortir de cette crise, nous avaient-ils promis…
L’Allemagne imposa alors à tous les pays européens, France comprise, une gouvernance économique allemande avec protectorats de fait, et une nouvelle loi sur la « transparence des échanges »… qui s’est avéré être un contrôle permanent de nos achats : suppression de la monnaie fiduciaire et fin du chèque, avec ce qui allait définitivement mettre le feu aux poudres : la déclaration conjointe de tous les chefs de gouvernement européens de cesser de payer leur dette ; déclaration qui allait mettre fin à la paix dans le monde. Les américains s’insurgèrent et rompirent les relations diplomatiques. Les Chinois lancèrent un ultimatum aux Américains pour qu’ils remboursent les bons du Trésor en leurs possession, les BRICs retirèrent leurs avoirs de l’Europe ainsi que des Etats-Unis. Les frontières des blocs ainsi constitués ont été fermées… jusqu’à ce que la Corée du Nord attaque celle du sud pour une violation de frontières, bien que la Corée du Sud s’en défendit, arguant que les militaires ayant commis l’attentat avaient été déguisés en soldats Sud-Coréens par les Nord-Coréens.

La première attaque nucléaire fut suivie d’une réplique plus forte encore, et cela continua durant une semaine entière, jusqu’à faire s’abattre sur la Terre entière la mort et la désolation, sous un nuage radioactif qui n’a aujourd’hui pas encore fini de nous faire souffrir… Depuis c’est le chaos, mais au moins, la guerre est terminée maintenant ; même si c’est faute de combattants ! Moi qui espérais que les générations futures ne feraient pas les mêmes erreurs que leurs aînés, je n’avais pas envisagé qu’elles pourraient tout simplement ne pas en avoir les capacités… Nous sommes presque retournés à l’âge de pierre.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Unifier la contestation

Posté par calebirri le 13 mars 2013

Il faut se rendre à l’évidence : le monde est en train de vivre une de ces périodes « charnières » dont ressortira inévitablement « quelque chose » comme ce « nouvel ordre mondial » dont j’ai déjà évoqué l’hypothèse il y a peu. Contrairement à ce qu’on serait tenté d’imaginer à la vue des événements calamiteux qui se produisent un peu partout dans ce monde, il faut se préparer non pas à des conflits majeurs entre deux civilisations (qui ne sont en réalité qu’une seule et même civilisation, celle des humains), mais bien plutôt entre deux classes sociales : les riches contre les pauvres (la « classe moyenne » étant la victime « consentante » qui se croit dans le camp des riches mais qui appartient à celui des -futurs- pauvres).

Face à ce constat, une contestation se met peu à peu en place qui trouble le jeu politique, en même temps qu’elle est elle-même troublée par ce jeu : il y a ceux qui veulent « sauver le système », et ceux qui en veulent un autre. Il y a ceux qui veulent sortir de l’Europe et ceux qui veulent y rester, ceux qui veulent prendre aux riches et ceux qui ne veulent pas, ceux qui veulent plus de protectionnisme et ceux qui veulent plus de mondialisation, plus d’Etat ou plus de dérégulation, la décroissance ou l’économie verte… Comment les citoyens pourraient-ils s’y retrouver ? Les contestataires peuvent être un peu de tout cela à la fois, et il existe presque autant de combinaisons qu’il existe de citoyens… Enfin presque. Car au delà de ces considérations, il y a une chose qui relie toutes les contestations : cette sorte « d’indignation » dont parlait Stéphane Hessel, comme un sentiment confus que les choses ne tournent pas comme elles le devraient, et qu’on pourrait certainement faire « autrement » pour améliorer le sort de nos frères humains… pour peu qu’on se rassemble.

Et c’est bien là que se situe le véritable problème : la contestation existe donc bel et bien, sauf qu’elle est à la fois si diffuse et si confuse qu’il est impossible de s’y retrouver. Nulle part n’existe un lieu capable de canaliser, de rapprocher, de présenter ou même de recenser les alternatives qui nous permettraient de lutter efficacement contre la politique menée actuellement ; laissant la place à une propagande grossière mais efficace qui sature les esprits par son unicité et sa force de frappe (ce qu’on appelle communément « la pensée unique »), et dont le but est de nous faire se tromper d’ennemi.

Pourtant nous avons tout ce qu’il nous faut : nous sommes les plus nombreux, nous avons tous les outils nécessaires , nous avons encore la liberté de le faire (pour l’instant !), et le cerveau collectif existe déjà virtuellement, car toutes les composantes de sa réalisation sont là, disséminées ici et ailleurs par delà les religions, les pays, la couleur de peau ou la culture.

Il ne nous manque donc qu’une seule chose, nous rassembler. Communiquer, partager nos volontés, débattre de nos idées, nous connaître, confronter nos projets, apprendre à nous faire confiance, enfin dépasser les barrières et les obstacles qu’on nous oppose pour avancer ensemble, enfin unis vers un même objectif…

Se rassembler, c’est bien, diront les habitués de ce genre d’appels, mais comment, et pour quoi faire ? Tous les outils sont là, mais ils sont limités et ne parviennent pas à établir la « plateforme de convergence » des luttes en un même lieu, ou pas suffisamment en tous cas : car si de nombreux « petits » groupes existent bien sur la toile, que des rapprochements sont parfois constatés, cette immense toile qu’est internet forme un réseau inextricable où l’on trouve tout ce que l’on veut…. une fois seulement qu’on sait ce que l’on cherche.

Mais qui peut se targuer de connaître l’éventail des initiatives et des projets qui fleurissent pourtant par milliers ? Qui peut faire le tri entre une « bonne » et une « mauvaise initiative, laquelle lui correspond et où les trouver, et comment les chercher ? N’y a-t-il pas des rapprochements, des « alliances » qui puissent se faire entre certains de ceux-ci ?

Il nous manque un « annuaire », une sorte de « botin » dans lequel on pourrait chercher, et trouver, les autres sites en rapport avec ceux qu’on aime déjà… mais qui fonctionne « à côté » des réseaux sociaux habituels : pas d’instantanéité ni d’éphémère, mais des éléments de réflexion permettant d’associer tous les projets entre eux, de visualiser toutes les initiatives en cours, afin de rassembler et de canaliser les énergies et connaître enfin l’état des forces de la contestation.

Avec quelques amis nous sommes actuellement en train de mettre en place un site qui permettra de faire tout cela (et même un peu plus), mais comme à chaque fois dans ce cas il faut que la participation des citoyens soit au rendez-vous : je vous propose donc de me faire parvenir, à travers le « formulaire » suivant (https://docs.google.com/forms/d/17874Z2sO9fUvGDQyDVw-jAjJoAnCxLOIfmNrqxBb1bQ/viewform?pli=1), les initiatives que vous proposez ou soutenez, afin que le site démarre avec suffisamment de matière pour être attractif.

Car le moment est venu de s’atteler à prendre en main ce que nous avons trop longtemps laissé à des incapables ou à des menteurs, et de commencer enfin à poser les bases de ce que pourrait être cette « démocratie mondiale » que ses partisans devront tôt ou tard opposer à la « dictature mondiale » imposée par les puissants de ce monde.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Flexi-sécurité : le changement, dans la continuité

Posté par calebirri le 8 mars 2013

Lorsqu’on se penche un peu sur l’accord conjointement qualifié « d’historique » par le MEDEF et le gouvernement sur la « flexi-sécurité » (une sécurité flexible, je n’arrive toujours pas à m’en remettre !), on s’aperçoit qu’en réalité celui-ci aurait été impossible à obtenir sans la fameuse réforme de la « représentativité syndicale » signée le 11 janvier 2008 par quatre syndicats sur huit, soit quelques mois avant la faillite de Lehmans Brothers ou le sauvetage d’AIG- c’est-à-dire avant la propagation de la crise à l’Europe.

Cela signifie que c’est bien « avant » la crise que l’équipe de Nicolas Sarkozy posait les bases de ce qui allait advenir aujourd’hui : la régression économique et sociale due à une crise qui n’était pas encore là.

Quand on y regarde de plus près, on voit que c’est en 2007-2008 que la plupart des réformes sur lesquelles s’appuie aujourd’hui le gouvernement « socialiste » (qu’on appelle ce gouvernement « socialiste », ça aussi j’ai du mal à m’y faire…) ont été votées : une réforme de la Constitution, le traité de Lisbonne, la réforme des collectivités territoriales, l’accord européen sur le marché du travail… un peu comme si le gouvernement précédent avait ouvert la voie au présent en lui permettant d’aller plus loin dans la même direction – la crise servant d’excuse à une austérité prévue donc… avant la crise !

Ce qui est le plus terrible dans tout ça, c’est qu’en sachant que l’accord « historique » signé par les syndicats est injuste et malfaisant, qu’il n’a pu l’être que « grâce » au « coup de main » apporté par la mandature précédente, que le patronat se félicite de ce dernier et qu’il n’est donc aucunement légitime (si l’on considère que ce dont le peuple ne veut pas est illégitime), les syndicats sont présents le lendemain d’une manifestation s’opposant à cet accord pour signer un accord scélérat obtenu sous la contrainte de l’application de ce futur accord ! En clair, les syndicats se sont empressés de signer un mauvais accord par peur d’être contraints demain d’en signer un pire, ou de ne même pas avoir la chance de négocier celui-ci.

Enfin ce n’est peut-être pas le pire : le pire c’est peut-être que tout le monde s’en félicite : le gouvernement, les syndicats, les patrons et puis surtout les employés…

En même temps, comment ne pas leur pardonner ? Si c’est ça ou se battre avec la police comme pour les Goodyear…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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C’est tant pis pour nous, mais c’est bien fait pour vous !

Posté par calebirri le 3 mars 2013

A ceux qui se plaignent qu’on leur refourgue du cheval à la place du boeuf ou qu’on se livre à des « cochoncetés » pour vendre des livres comme à ceux qui refusent qu’on ferme leurs usines ou que l’on délocalise je voudrais dire une chose : c’est bien fait pour vous !

Qu’espériez-vous à la fin ?

A partir du moment où la rentabilité et le profit sont devenues les valeurs primordiales pour l’ensemble de la planète (pour les riches comme pour les pauvres), il faut bien comprendre que toutes les autres valeurs deviennent alors aussitôt secondaires : que ce soit l’alimentaire, la santé, le travail, l’écologie ou même l’amour et l’éducation, tous nos actes se conforment de fait à cette seule priorité.

Pas de morale dans tout cela, ni de social : la seule chose qui compte est bel et bien de « faire du fric ». Comment laisserions-nous mourir de faim, autrement, tant et tant d’hommes, de femmes et d’enfants, alors même qu’au niveau mondial nous gâchons plus de la moitié de ce que nous produisons ?

Car ce monde nous ne l’avons pas forcément choisi, mais nous l’avons accepté : pourquoi ensuite se plaindre des conséquences qu’il engendre si c’est pour ne rien y changer ?

On peut faire autant de lois, de révolutions ou de guerres que l’on veut, rien ne changera si les lois, les révolutions ou les guerres sont en réalité contraintes par la seule rentabilité économique. Vous pourrez remplacer tous les hommes politiques par d’autres hommes, tous les grands patrons par d’autres patrons, et même tous les pauvres par d’autres pauvres, mais en faisant cela vous ne changerez rien du tout. Tout le monde le sait au fond de soi, car l’Histoire est un perpétuel recommencement : nous avons changé les hommes (par renouvellement « naturel » ou non), nous avons changé les lois, fait des guerres et des révolutions, sans jamais changer de système de valeurs… Et qu’est-ce qui a changé en définitive ? rien !

Pourtant, vous ne voulez plus être contraint à perdre votre vie à la gagner ? Vous ne voulez plus de l’obsolescence programmée, ni de la compétitivité ? Vous voulez que tout le monde mange à sa faim quelque soit sa religion ou sa couleur de peau ? Vous voulez pouvoir manger sain, habiter un logement salubre et confortable, vous déplacer en toute sécurité et profiter de votre temps libre comme bon vous semble, changer de métier s’il vous lasse ou arrêter de travailler quand vous êtes fatigué ? Mais ce monde n’est pas fait pour vous alors ! Pourquoi ne changez-vous donc pas les règles de ce jeu puisqu’il ne vous convient pas ? Qui vous en empêche ? N’êtes-vous pas les plus nombreux ?

Si vous parvenez à m’apporter une réponse acceptable je veux bien manger mon chapeau, avec tout ce qu’il vous plaira de me faire subir, mais si non je répète encore une fois ce que j’ai dis plus haut : c’est bien fait pour vous !

Même si c’est tant pis pour nous…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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