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Plus qu’indigné, par les hommages rendus à Stéphane Hessel

Posté par calebirri le 27 février 2013

Stéphane Hessel est mort

La presse unanime va une fois de plus nous abreuver d’éditos larmoyants à la gloire de cet homme disparu, tandis que les politiques vont une fois de plus nous vanter les mérites d’un grand humaniste et patati et patata…

Quelle pitié ! A chaque fois c’est la même chose. Tous ces misérables détrousseurs de cadavres vont sans vergogne salir la mémoire d’un homme qui, jusqu’à la fin de sa vie, répétait à qui voulait bien l’entendre que le comportement des dirigeants de ce monde était scandaleux, et qu’il nous fallait nous indigner contre cela. Ils vont la salir en disant du bien d’un homme dont les idées et les actes vont à l’encontre des actes que ces mêmes voleurs d’âmes accomplissent tous les jours, à l’encontre des idées défendues par ceux-là mêmes qui vont faire son éloge funèbre.

Qui peut croire un seul instant que ce petit livre, « indignez-vous » -qui est parfois soupçonné d’avoir provoqué les mouvements des « indignés » un peu partout dans le monde- fait résonner chez nos politiques leur fibre humaniste ou résistante, alors que c’est justement contre eux et leurs actes qu’il faut s’indigner ? Je doute qu’à droite comme à gauche on ait goûté le succès de ce petit livre (fort raillé par ailleurs), et qu’on se réjouisse de devoir dire du bien d’un homme qui luttait contre le cirque politico-médiatique ambiant…

Mais cela sera fait, au nom précisément de valeurs opposées à celles défendues par monsieur Hessel. Quelle hypocrisie…

Cela vous indigne, n’est-ce pas ? Et bien moi ça me révolte, et c’est peut-être dans cette distinction que tient le reproche que je ferais à cet homme : s’indigner c’est bien, mais ce n’est malheureusement pas suffisant.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Il y aura bien un Nouvel Ordre Mondial, puisque le capitalisme ne survivra pas

Posté par calebirri le 23 février 2013

Quelle ironie ! A l’heure d’un retournement capitaliste que personne ne nie plus, la Chine se retrouve aujourd’hui en tête dans un sondage plébiscitant l’économie de marché et le capitalisme, tandis que la France et les Etats-Unis semblent s’en méfier de plus en plus. Seulement tout n’est pas si simple : car si ce sondage montre bien à quel point le monde évolue, il montre aussi que même en considérant que le capitalisme n’est pas un bon système, la majorité de nos congénères ne semble pas prête à en changer, faute de mieux apparemment…

Ceci étant dit, je doute que les « occidentaux » laissent les « émergents » (qui ont pour le coup émergé) leur faire les poches sans réagir. Et c’est bien cela qui me fait dire qu’on ne sauvera sans doute pas le capitalisme : les intérêts sont trop importants et contradictoires pour permettre un accord susceptible de convenir à la fois aux émergents et aux anciens riches.

Et c’est justement en voulant sauver le capitalisme que nos bons gouvernants préparent, peut-être même sans le vouloir, la venue du Nouvel Ordre Mondial… Je m’explique :

alors qu’on pourrait croire que la crise ne concerne que les pays dits « développés », on constate qu’en réalité le sauvetage du capitalisme est également une nécessité pour les émergés qui désirent eux-aussi profiter des « bienfaits » du système. Et à moins que d’avoir autre chose de « mieux » à proposer (ce qui n’est actuellement pas le cas), il vaudrait mieux pour tous que soit trouvé un accord qui satisfasse toutes les parties… Sauf que le système capitaliste interdit « par essence » la satisfaction de tous les intérêts : les « anciens » riches ne veulent pas voir leur niveau de vie baisser, et les « anciens » pauvres veulent à tout prix voir le leur augmenter.

Du coup, il apparaît qu’à moins d’un accord qui ne peut arriver, les deux « blocs » sont confrontés à une situation insolvable : les liens entre eux sont si étroits, si obscurs et si solides qu’ils ont dépassé un point de « non-retour » qui les empêche à la fois d’avancer et de reculer. Ce qui explique la discrète (de moins en moins d’ailleurs) guerre des monnaies que se livrent actuellement les pays du monde entier. Incapables de s’entendre au sein des entités qu’ils constituent (le capitalisme c’est « chacun pour soi »), comment le pourraient-ils à l’échelle de tous les pays ?

Ce n’est sans doute pas qu’ils ne le désirent pas, mais tout simplement que le système l’interdit : la rationalité des acteurs économiques, la concurrence libre et non faussée, tout cela ne fonctionne qu’à partir du moment où les hommes suivent la théorie , ce qui n’est pas le cas, et qui fonde l’erreur primordiale de l’économie capitaliste . Les hommes ne sont pas rationnels et n’agissent donc pas selon les règles transparentes qui seules autorisent la confiance nécessaire à son bon fonctionnement. Comme si le capitalisme portait en lui le défaut de sa qualité : théoriquement sans doute acceptable, il ne peut dans la réalité que conduire à la corruption et à la guerre. Car une fois la corruption ayant engendré les catastrophes sociales comme celle que nous connaissons aujourd’hui, faire quelque chose comme ne rien faire c’est tout pareil. L’effondrement d’un seul peut rapidement conduire à l’effondrement général : si la Chine cesse d’acheter de la dette américaine les Américains cesseront d’acheter les produits Chinois, avec des répercussions en cascade sur tous les autres Etats du monde ; c’est cela la mondialisation.

En attendant ce chaos qui ne manquera pas d’arriver, nos chers gouvernants fourbissent leurs armes, et font comme les enfants qui font la course sans se le dire vraiment : on marche tranquille à côté du copain, et puis on l’observe du coin de l’oeil, l’air de ne pas y toucher… et puis l’un deux accélère insensiblement la cadence, suivi de près par le collègue qui en remet un coup, puis très vite on se met à courir à fond, sans plus penser à regarder où en est son adversaire… Alors qu’il suffirait de se mettre d’accord pour marcher jusqu’au bout ou même pourquoi pas partager la victoire, nul ne lâchera rien jusqu’à la course finale.

Que vient donc faire alors le Nouvel Ordre Mondial dans tout ça, me direz-vous ? Puisque vous semblez dire qu’il est incompatible avec le capitalisme pour cause de concurrence et que personne ne veut « lâcher le morceau », comment pourrait-il advenir ?

Et bien c’est justement là que se situe le paradoxe de la situation : tant que le capitalisme existe et que les concurrents s’affrontent pour le pouvoir que permet l’argent (et aussi l’argent que permet d’obtenir le pouvoir), le Nouvel Ordre Mondial ne peut exister. Mais comme c’est précisément cette concurrence (faussée donc par la corruption générale) qui sera à terme fatale au capitalisme, viendra inévitablement la réflexion sur ce qui suivra l’effondrement général- qu’il soit précédé, suivi ou non de conflits armés qui ne feront que déterminer la place du vainqueur : le « post-capitalisme ». Un nouveau capitalisme ne pourra pas surgir des cendres de l’ancien sans accord général préalable, « mondial ». Ce qui nous ramène à l’inéluctabilité de la réalisation d’un nouvel ordre mondial.

Mais que les plus sensibles se rassurent, car ce Nouvel Ordre Mondial peut revêtir une forme bien différente de celui qu’on nous agite généralement comme épouvantail : il y a certes l’option de la dictature à échelle mondiale, mais il y a aussi celle de la démocratie -à échelle mondiale également.

Bien sûr la première option est certainement la plus facile à concevoir compte-tenu de nos antécédents historiques ; sauf qu’aujourd’hui les nouvelles technologies permettent sans doute de faire passer notre science-fiction pour du romantisme. Une société fonctionnant sans argent mais par la contrainte, soutenue par une technologie de contrôle permanent généralisable à l’ensemble de la planète. Nos aînés l’ont rêvée tant de fois qu’elle nous est plus familière, mais elle ne doit pas occulter la deuxième option.

La démocratie mondiale, qui étonnamment dirais-je, semble beaucoup plus difficile à mettre en place. Elle n’a jamais été instaurée nulle part, car elle sous-entend l’absence de capitalisme avec lequel elle est incompatible (contrairement à la dictature, qui est disons « moins exigeante » sur les prestations à offrir pour conserver le pouvoir) : et c’est sans doute cela la plus grande leçon du 20ème siècle !

En définitive, le choix qui nous est fait n’est pas de sauver ou non le capitalisme mais de savoir quel monde nous voulons demain pour nos enfants. La « fenêtre temporelle » qui s’ouvrira après la chute du capitalisme nous autorisera à faire ce choix, pour peu que nous ayons quelque chose à opposer à la facilité d’un Nouvel Ordre Mondial autoritaire.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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Le vide idéologique de la gauche mis en lumière par les trolls

Posté par calebirri le 6 février 2013

J’avais commencé un article sur les « trolls » et le « flaming« , suite à une émission dans laquelle monsieur Emmanuel Todd était accusé de « complicité » avec madame Marine Le Pen. Victime à son tour de ce qui ressemble de plus en plus à un sabotage organisé de la parole iconoclaste en matière de politique économique, je m’apprêtai à dénoncer une théorie du complot dirigé contre ceux qui luttent (ou semblent vouloir lutter) contre la pensée unique… Sauf que le problème n’est pas si simple :

car dans la période de crise que l’Europe traverse ce ne sont pas seulement deux camps qui s’affrontent mais bien plusieurs tendances dont il est difficile de définir clairement les frontières.

Tout d’abord il faut revenir au positionnement idéologique de chacun des protagonistes :

-L’UMP désire clairement le sauvetage de l’Europe par l’instauration de l’austérité générale, avec baisse de la protection sociale, baisse des salaires et hausse des taxes sur les ménages, etc…
-Le PS est tiraillé entre son électorat qui veut taxer les riches et son pragmatisme économique qui conduit à l’austérité mal affirmée, mais désire lui-aussi le sauvetage de l’Europe à tout prix.
- Tous ceux qui luttent à la fois contre le PS et l’UMP sont donc « naturellement » accusés par ceux-ci de faire cause commune à travers leurs virulentes critiques contre la politique économique menée par l’un ou l’autre de ces deux partis ; et c’est peut-être là que commence le « confusionnisme » dont se servent les trolls et les « flameurs ».

Le confusionnisme, si j’ai bien compris le sens de cette accusation, serait de défendre à travers un discours apparemment d’extrême-gauche les positions de l’extrême droite, ce qui serait susceptible de faire naître la confusion entre ces deux entités opposées. A ce confusionnisme (qui lui-même fait suite à l’accusation de « complotisme » ou de « conspirationnisme » que subissent tous ceux qui remettent en cause la version officielle du « onze septembre ») s’ajoute désormais une autre qualification : le « rouge-brunisme », dont les acteurs (les « rouges-bruns ») seraient en quelque sorte des agents infiltrés à l’extrême-gauche pour insinuer le confusionnisme…

Mais qu’importe : c’est en voulant rechercher à qui peut bien profiter ce « complot » qu’on se perd, car hors mis le mépris commun de « l’UMPS » par les deux extrêmes, il est difficile de leur trouver des points communs ; en politique, les ennemis de nos ennemis ne sont pas toujours nos amis !

En y réfléchissant un peu (quand même !), il y a le point épineux de la politique de la France dans la crise et par rapport à l’Europe. Sur ce sujet c’est effectivement la confusion qui s’impose, car les analyses de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche semblent converger au premier abord : il y a un problème avec l’Europe. Mais seulement sur le diagnostic, car sur les solutions leurs avis divergent fortement… enfin en apparence aussi. Et c’est sans doute là que le bât blesse. Et aussi que les « trolls » nous disent peut-être quelque chose qu’ils ressentent disons… confusément. Car même si l’extrême-gauche désire une « autre » Europe plus solidaire quand l’extrême-droite veut « moins » d’Europe, les solutions induites par ces deux choix se fondent en réalité sur un seul et même modèle, le capitalisme.

Et c’est là que se trouvent coincés nos chers économistes alternatifs « de gauche » : ils se cognent de plein fouet à l’idéologie capitaliste, qui en temps de crise conduit inévitablement au protectionnisme puis au nationalisme -qu’il soit européen ou non. Car comment faire autrement ? A partir du moment où l’on s’accorde sur le fait que le capitalisme ne sauvera pas tout le monde sans vouloir changer de modèle, il faut bien choisir : et que ce soit à droite comme à gauche (extrême ou pas), un consensus se dégage pour dire qu’il vaut mieux sauver ses fesses (ou celles de son pays) plutôt que celles du voisin… Sauf que si cette conception sied à la droite comme à la gauche « classiques », elle rentre pour ce qui est de l’extrême gauche en contradiction totale avec ‘l’internationalisme » qui fonde son idéologie.

C’est à cette absence d’alternative idéologique d’une « vraie » gauche (comment en effet protéger les Français des licenciements boursiers tout en désirant le développement des autres nations qui font justement concurrence à ces même Français, le tout à l’intérieur du cadre capitaliste ?) que s’attaquent les trolls bien avisés pour mettre en lumière le flou de leurs propositions : si l’on se place d’un point de vue économique, les positions de l’extrême-droite et de l’extrême gauche aboutissent au même point, par des chemins différents. Le cadre réflexif dans lequel se fondent toutes les propositions politiques est absolument capitaliste, et les solutions employées pour sortir de la crise sont donc exclusivement économiques : comment pourraient-elles aboutir à une solution sociale, alors même que le capitalisme lutte contre le social ?

A partir du moment où même les partis de gauche continuent à croire aux vertus du capitalisme, les trolls et autres flameurs continueront eux-aussi à faire converger deux conceptions opposées qui se mélangent et se rejoignent dans le capitalisme. Cela devrait nous inciter à la réflexion : une alternative « post-capitaliste » ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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