Détruire le capitalisme, ou le moraliser ?

Posté par calebirri le 3 novembre 2012

En Grèce, un journaliste a divulgué une liste de quelques 2 000 citoyens Grecs soupçonnés d’évasion fiscale, liste dont font apparemment partie certains ministres : il est actuellement recherché par la police. Voilà l’exemple même de la manière dont fonctionne le système, qui au lieu de féliciter ce journaliste et de punir les coupables, veut punir le journaliste pour sauver les coupables.

Voilà une affaire qui montre au grand jour les incohérences de notre système « démocratique » et qui explique pourquoi la « moralisation » du capitalisme semble impossible : la corruption du politique faisant partie intégrante de ce système, il est désormais devenu quasiment impossible de la faire disparaître sans détruire en même temps le système auquel elle est si étroitement liée.

C’est ce dernier point qu’ont toujours l’air de ne pas comprendre nos bons économistes, incapables de prendre conscience que les problèmes sociaux ne peuvent être résolus par l’économie : ils sont incompatibles. Terrifiés sans doute à l’idée qu’ils puissent s’être si longtemps « faits avoir » par un système qu’ils croyaient de bonne foi créateur de progrès (et qui l’était sans doute d’un certain point de vue), ils n’envisagent pas que l’économie puisse être la responsable des problèmes qu’elle est censée combattre. Que c’est elle qui fait les injustices, et qu’il ne faut pas compter sur elle pour les faire cesser.

Car en économie, le principe qui s’applique en théorie est la concurrence libre et non faussée. Pour vendre des produits ou des services, il faut donc être plus compétitif que son concurrent, c’est-à-dire avoir la capacité de vendre moins cher pour la même chose.

Cette compétitivité s’obtient soit en réduisant les coûts de production, soit la marge bénéficiaire (la plus-value).

Il apparaît qu’à l’heure de la mondialisation, un problème de taille a changé tous les rapports commerciaux entre les Etats : car si tous les actionnaires refusent également de voir baisser leurs marges, les coûts de production en Chine ou en France ne sont pas les mêmes : une dictature sans protection sociale ou si peu, sans retraite décente, sans avantage aucun, dispose évidemment d’une longueur d’avance pour atteindre une meilleure compétitivité.

Et puis les entrepreneurs ont déjà rogné sur tous les coûts de production, justement pour conserver leurs marges, et refusent d’aller plus loin : la seule variable d’ajustement se trouve donc être les salaires et autres charges servant la protection des plus faibles, ce qu’on appelle l’Etat social, censé contrebalancer les effets injustes du système capitaliste.

Le choc de compétitivité ne se fera donc pas sur les marges mais sur les salaires, le temps de travail ou l’âge de départ à la retraite…

Pourtant on pourrait penser qu’en taxant plus fortement les revenus du capital (en abaissant la marge donc), la compétitivité pourrait également faire un bond en avant. Mais le problème est qu’il existe les paradis fiscaux, et que ceux qui possèdent le capital menacent d’aller s’y expatrier pour préserver leur fortune. Ces « patriotes » (qui souvent sont les mêmes que ceux qui craignent que l’étranger vienne « prendre le pain des Français ») sont en réalité prêts à abandonner jusqu’à leur « chère » patrie pour qu’on ne touche pas à leurs profits.

Il faut donc supprimer les paradis fiscaux, diront les économistes les plus indépendants : que les politiques se saisissent de ce problème et agissent en conséquence pour l’intérêt général, celui du peuple qui les a élus.

Mais cela est impossible, répondront les constitutionnalistes, car chacun fait ce qu’il veut dans son pays. Et il y aura toujours un pays qui fera payer moins d’impôts que les autres.

Et puis désormais les hommes politiques ne sont plus tout à fait des citoyens comme les autres : leur propre intérêt se confond plus avec celui des riches plus qu’avec celui du peuple : plus de 13 000 euros par mois pour les députés français, plus de 10 000 euros pour les députés européens, 25 000 pour les commissaires européens, et même plus de 30 000 euros pour le président de la commission européenne… Comment voulez-vous qu’ils votent des lois à l’encontre de ce que le système capitaliste préconise en matière de rationalité, c’est-à-dire leur propre intérêt individuel ?

Il ne fait aucun doute que la corruption des politiques, leur proximité coupable avec les grands acteurs du « privé » et leurs constants allers et retours de l’un à l’autre, font qu’il y a de fortes chances qu’on retrouve dans certains paradis fiscaux les noms de certains hommes politiques forts connus et forts influents, ce qui aurait forcément mauvaise presse, et qui expliquerait pourquoi on préfère arrêter des journalistes faisant acte de salubrité publique.

Il faut donc maintenant que tout le monde se rende compte d’une chose : aujourd’hui nous ne pouvons plus continuer à tergiverser. Soit nous ne faisons rien et il faut nous préparer voir nos conditions de vie se détériorer sérieusement, soit nous décidons d’agir et nous acceptons de rentrer dans l’inconnu. Au bout du premier chemin (celui que nous prenons actuellement) il y a ce que nous avons toujours connu (la dictature ou la guerre pour imposer les nouvelles règles à respecter), au bout du second une page blanche à remplir.

Faut-il à tout prix tenter de moraliser un système qui ne l’est pas, ou vaut-il mieux le détruire pour inventer autre chose ? Ne vaudrait-il mieux pas cesser de penser le monde et les hommes en termes économiques? La tâche est certes ardue, voire impossible peut-être, mais celle de rendre juste un système fondé sur l’injustice ne l’est-elle pas tout autant ?

Il faut tout changer, il faut repartir de zéro, il n’y a pas d’autre alternative. Il nous faut nous mettre à réfléchir d’urgence, monter un collectif de résistance et de réflexion dignes du CNR, absolument et immédiatement. Bougez vous, vous les économistes « dissidents », les analystes, philosophes, syndicalistes, sociologues, indignés, avocats, et tous ceux qui ont encore conservé leur esprit critique, il faut vous regrouper et lutter, appeler à rejoindre la lutte et entamer une réflexion globale avec tous vos semblables des autres pays, car désormais les constatations doivent laisser la place aux propositions.

Voilà les miennes : http://calebirri.unblog.fr/2012/10/06/dabord-la-constituante-et-apres-la-revolution/. Quelles sont les vôtres ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

21 Réponses à “Détruire le capitalisme, ou le moraliser ?”

  1. Abdellatif dit :

    Pour être complet, il faut ajouter que la fameuse liste a été également communiquée par Christine Lagarde.

    Est-ce que cette dernière irait fournir une telle liste pour des évadés fiscaux français ? Le doute reste possible.

    Pour le reste je suis entièrement d’accord mais il faut toujours garder à l’esprit que ceux qui ont le plus à perdre dans une remise en question des systèmes politiques et économiques actuels, sont aussi ceux qui ont le plus de pouvoir. Il ont déjà prouver qu’ils ne se laisseront pas faire quitte à faire couleur le monde dans l’effroi.

    • calebirri dit :

      @ Abdellatif et @ Agequodagix

      Le problème n’est pas le texte lui-même (peu importe la religion) car Dieu de quelque côté qu’on justifie son existence ne peut décemment vouloir porter à la haine et à la guerre, sinon il ne serait pas Dieu n’est-ce pas ? Le problème, ce sont ceux qui se revendiquent des textes, qui les traduisent et les interprètent de manière à les utiliser pour conquérir ou conserver le pouvoir. Mais ce qui corrompt les hommes, est-ce le pouvoir parce qu’il conduit à l’argent ou l’argent parce qu’il conduit au pouvoir ?

  2. Agequodagix dit :

    Les nouveaux constituants, comme ceux qui exerceront le pouvoir conformément à la nouvelle constitution, sont susceptibles d’être corrompus par le pouvoir, comme nos législateurs et nos hommes politiques actuels.

    C’est le même peuple qui vote pour les institution actuelles qui votera pour le monde nouveau issu d’une nouvelle constituante. Et ce peuple puisera dans le même fonds d’intellectuels formées aux arcanes juridiques d’un monde de plus en plus complexe.

    Et nous nous retrouverons avec la même politique qui corrompt tout, et les mêmes petits malins qui profiteront des failles que tout nouveau système fournira à profusion.

    Alors que, si nous relisons notre constitution, elle contient plein de grands principes tout à fait louables, qui ne sont pas appliqués.

    Croire que de nouveaux grands principes tout à fait louables seront cette fois-ci appliqués par ceux qui n’ont pas appliqué l’existant, c’est un appel tout à fait louable à la candeur…

    Il fut un heureux temps où la majorité d’un peuple qui n’avait rien d’autre à perdre que son extrême pauvreté et son inexistence politique, a fait la évolution en faveur de ceux qui avaient tout à gagner, la bourgeoisie.

    Cet heureux temps n’est plus !

  3. calebirri dit :

    @ Agequodagix

    Le peuple ne vote pas pour les institutions actuelles : il vote pour des hommes qui ont modifié les institutions pour qu’elles empêchent le peuple de voter pour de nouvelles institutions.

    Où est-il le référendum sur le TSCG ? Qu’a-t-on fait du résultat de celui de 2005 ? Le peuple est capable de voter mais si on lui montre que son vote ne vaut juridiquement rien (puisque les INSTITUTIONS permettent qu’on passe outre), qui faut-il blâmer ?

    En instaurant le RIC ne serait-ce que pour tout ce qui concerne les modifications de la Constitution, il ne fait aucun doute que les choses seraient bien différentes.

    • Agequodagix dit :

      La constitution actuelle nous permettrait de voter pour des hommes qui modifieraient les institutions qui « empêchent le peuple de voter pour de nouvelles institutions », et donc d’obtenir le même résultat que le RIC.

      Mais…« en instaurant le RIC ne serait-ce que pour tout ce qui concerne les modifications de la Constitution, il ne fait aucun doute que les choses seraient bien différentes ».

      Oui et non !

      Non, il n’est pas certains que si l’on ne trouve pas des hommes capables de modifier les institutions par la voie constitutionnelle, on en trouve pour modifier les institutions par une voie nouvelle, non prévue par la constitution et donc para-légale ou même révolutionnaire, où tout est à faire et à découvrir.

      La voie constitutionnelle est très efficace puisque elle a permis a des hommes élus par nous de « modifier les institutions pour qu’elles empêchent le peuple de voter pour de nouvelles institutions ».

      Il suffit d’élire des hommes suffisamment nombreux et déterminés pour inverser la tendance.

      Il est parfois plus facile de trouver des hommes de bonne volonté et compétents pour travailler dans la légalité que pour travailler dans l’inconnu.

      Mais oui, il est certain que l’opinion publique et donc les hommes politiques seront prêts à changer les choses face à des gestes forts ou des pensées nouvelles provenant de personnalités fortes.

      Mais si votre personnalité et vos idées ont le succès qu’ils méritent, vos propositions et vos idées seront immédiatement reprises et accommodées par les partis au pouvoir…

      Vous aurez changé le monde et tout sera de nouveau comme avant !

  4. cyldur dit :

    Merci cela fait plaisir de voir cette idée diffuse d’assassinat du capitalisme se cristalliser dans ces mots. Je voudrai juste ajouter que pour commencer tout cela il me semble impératif de se ré assurer au local des ressources pour juste manger comme nous les avions dans les années 60 et donc faire un retour à la terre (AMAP, jardin lasagne, culture bio….) car pour faire la révolution il faut que l’on puisse se nourrir pour continuer à réfléchir et à luter.

  5. babelouest dit :

    Une seule chose est certaine. Le capitalisme n’est pas réformable. Il faut donc le tuer définitivement, en éliminant ce qui a pu le constituer : les banques (c’est évident), et même la monnaie.

    • calebirri dit :

      @ babelouest

      … et trouver par quoi le remplacer, pour que le jour de la révolution, nous ne laissions pas les vautours prendre le pouvoir sans leur opposer nos propres propositions…

      • Agequodagix dit :

        Relisons les Constitutions de nos Etats. Elles ont été rédigées « in tempore non suspecto » par des hommes intègres et intelligents, animés d’idées généreuses et révolutionnaires. Le principe de la République « est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

        Et chez nous, toutes les institutions permettant ce gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ont été mises en place de façon très élaborée, avec des séparations des pouvoirs et des contre-pouvoirs, qui sont actuellement ce qui se fait de mieux dans le monde pour tenter de garantir les libertés individuelles et collectives, et l’Etat de Droit.

        Il s’est néanmoins trouvé suffisamment de peuple assez bête pour voter pour des représentants qui ne représentaient pas leurs idées, et qui ont détourné les institutions pour représenter les idées et les intérêts du capitalisme.

        Et il se trouve encore toujours assez de peuple assez bête pour voter toujours pour les mêmes représentants qui ne représentent pas leurs idées et qui détournent les institutions pour représenter les idées et les intérêts du capitalisme.

        Et nous devrions espérer que ce même peuple, qui pourrait sans problème fondamental élire des représentants qui représentent leurs idées et qui ne détourneraient pas les institutions pour représenter les idées et les intérêts du capitalisme, irait tout à coup faire confiance à des révolutionnaires qui promettent de tout changer pour un monde meilleur, alors qu’ils sont incapables de voter pour des gens intègres et intelligents qui feraient fonctionner des institutions existantes qui ont été conçues pour réaliser les propositions du peuple, par le peuple et pour le peuple.

        Si nous ne trouvons pas suffisamment de gens intègres et intelligents prêts à représenter les vraies idées et intérêts du peuple, dans un système consacré au peuple pour le peuple et par le peuple, sans que ces idées et intérêts ne soient détournés par le capitalisme pour le capitalisme, nous ne trouverons pas suffisamment de gens intègres et intelligents pour faire une révolution du peuple, par le peuple pour le peuple sans qu’elle soit détournée par « les vautours qui prendront le pouvoir. »

        • calebirri dit :

          @ Agequodagix

          Comme vous en conviendrez sûrement, les peuples ne sont pas « bêtes » naturellement mais abrutis par un conditionnement savamment orchestré . En éduquant de nouveau le peuple à la citoyenneté, ou en leur montrant la véritable nature du système corrompu, ou en laissant la colère du peuple se renforcer par une misère grandissante, il est possible que le peuple prenne conscience de l’insalubrité de ces institutions perverties. Mais si tout cela ne marche pas et que les hommes sont insensibles à la raison, ne faut-il pas quand même tenter le coup ?

          • Agequodagix dit :

            Si les hommes sont insensibles à « votre » raison, il faudrait néanmoins faire la révolution ? Est-ce bien cela que vous voulez dire ?

            Comment faire la révolution sans l’adhésion d’une majorité du peuple, sans retomber une fois de plus dans un totalitarisme révolutionnaire éclairé, avec les conséquences peu brillantes que nous avons connues dans l’histoire récente ?

          • calebirri dit :

            non, ce que je veux dire c’est qu’il faut essayer de faire appel à la raison des gens même si il apparaît que cela n’a pas beaucoup de chances de marcher. Ne pas désespérer. Ne rien lâcher

      • Agequodagix dit :

        Il fut un heureux temps où la majorité d’un peuple qui n’avait rien d’autre à perdre que son extrême pauvreté et son inexistence politique, a fait la révolution en faveur de ceux qui avaient tout à gagner, la bourgeoisie.

        Cet heureux temps n’est plus !

        Où allons-nous trouver nos troupes pour faire la révolution? Plus personne n’est prêt à perdre ce qui lui reste de pension, de salaire, ou d’allocations de toute nature, même si cela se réduit progressivement, pour faire la révolution.

        La révolution remettra tout à plat et nous mettra devant les dures réalités : nous sommes nombreux, mais mondialement minoritaires, nous avons peu de matières premières et peu d’énergies locales, nous avons délocalisé nos usines polluantes et nos emplois pénibles et peu productifs, nous importons plus que nous n’exportons, et couvrons le solde en nous endettant, nous n’avons plus de force militaire pour garder nos acquis à tout prix, et plus rien donc ne justifie que nous consommions plus de trois fois la moyenne de ce que consomme un habitant de la planète, sauf les derniers acquis de notre industrialisation, de plus en plus concurrencés par les pays émergents.

        • calebirri dit :

          En effet, la France n’est plus à la place qu’elle devrait avoir en réalité, et il apparaît qu’une révolution « dans le cadre » du capitalisme aboutirait à ce que vous annoncez. Sauf que c’est justement pour éviter cela que le fédéralisme européen est le moyen trouvé par nos dirigeants pour ne pas mettre en péril le statut de leur pays, avec le niveau de vie de ses habitants ; quittes à se séparer de la souveraineté des Etats, et même à ce qui nous reste de démocratie…

          mais une révolution dans « un autre cadre », que permettrait-elle, voilà la question qui vient après

          • Agequodagix dit :

            « La France n’est plus à la place qu’elle devrait avoir en réalité ». Au nom de quelle réalité la France devrait-elle avoir une place meilleure que celle de la moyenne mondiale ?

            Le fédéralisme européen n’est-il pas annoncé avec de nouvelles structures démocratiques ?

          • calebirri dit :

            Au nom de la faiblesse de ses ressources, de celle de son industrie, de sa faible population, elle ne peut à elle-seule continuer à vouloir rivaliser avec le Brésil, la Chine ou l’Inde. Le fédéralisme européen oui, mais justement je voudrais bien savoir où sont les structures démocratiques prévues

      • Agequodagix dit :

        De la monnaie-globule circule continuellement dans notre grand corps social, au rythme des battements d’un cœur capitaliste qui injecte un tout petit peu de cette monnaie jusque dans les moindres cellules du corps, pour les maintenir en vie ou les faire fonctionner, sans oublier le centre de décision et de coordination de ce grands corps, qui, bien que ne pesant qu’un à deux pourcent du poids du corps social, consomme plus de vingt pourcent de sa monnaie.

        Mais voilà, ce cœur va mal. Il est trop gras, il bat trop vite, il produit des actifs toxiques, des CDO et CDS, la pression monétaire est trop forte, les voies de transfert sont bouchées par des plaques d’athérome, produits dérivés du gras, et il y a un risque de blocage et de mort du grand corps social s’il n’est plus irrigué par la bienfaisante monnaie.

        Tout ça parce que le corps social mange trop, ce qui favorise les cellules graisseuses qui avaient pour fonction d’accumuler le gras pour les périodes de disette, au détriment des cellules musculaires qui s’atrophient alors qu’elles devraient se renforcer pour supporter tout ce gras…

        Certains proposent de dorloter ce cœur malade en espérant qu’il guérisse et de mettre le corps social à la diète.

        D’autres proposent de revoir l’hygiène alimentaire et sportive du patient.

        Les chirurgiens proposent des liposucions, un anneau gastrique, des pontages coronariens, un stimulateur cardiaque, et en dernier recours, une transplantation cardiaque provenant d’un de ces nombreux cœurs sains de jeunes gens qui vivent dans des environnements peu sûrs. Ils prescrivent aussi, bien sûr, des hypotenseurs, des anti-cholestérolémiants, des inhibiteurs de l’enzyme de conversion…

        Comme le corps social ne veut mourir à aucun prix, il est toujours possible de l’immobiliser en institution et de remplacer le cœur par un cœur artificiel…

        Mais Caleb Irri propose de supprimer ce cœur malade et sa monnaie, parce que si on supprime ce qui va mal, le reste ne peut qu’aller mieux !

        • calebirri dit :

          Si je dois « filer la métaphore », je dirais que le capitalisme est plus qu’une maladie, car il n’est pas « humain ». Il est plutôt comme un parasite qui empêche le corps de vivre correctement, qui corrompt jusqu’à ses moindres cellules pour en faire des esclaves au nom de sa propre existence. En supprimant le capitalisme on ne supprime pas le coeur mais on sauve le corps.

          • Agequodagix dit :

            Le capitalisme est-il un parasite du corps social, ou un symbiote ? Est-ce une maladie, affectant toutes ses cellules ou seulement les organes spécifiques à l’économie du système ? Est-il un dysfonctionnement permanent ou temporaire, ou, certains le pensent, le mode de fonctionnement normal du système économique, depuis toujours, depuis les premières cités, depuis l’antiquité, depuis l’ère industrielle, depuis la mondialisation ? Peut-t-on l’extirper du corps qu’il infecte ou parasite sans tuer ou affecter ce corps ? Peut-on guérir de cette maladie ou est-elle incurable ? Cette maladie est-elle très invalidante ? Le corps social irait-il beaucoup mieux sans capitalisme ? Y a-t-il une alternative viable ? Y a-t-il une certitude suffisante que l’alternative n’est pas pire que le mal ? Si c’est une maladie ou un parasitisme chronique et incurable, ne vaut-il pas mieux chercher à soigner puisqu’il ne peut guérir ?

            « Un parasite qui empêche le corps de vivre correctement, qui corrompt jusqu’à ses moindres cellules pour en faire des esclaves au nom de sa propre existence » devrait être éliminé, mais sans tuer le corps.

            « Tout est à repenser, tout est à inventer, il suffit de prendre le monde d’aujourd’hui, et certes de regarder ce qui devient impossible lorsque l’on supprime le mot « argent » de notre vocabulaire, mais aussi ce qui redevient alors possible. C’est un défi immense, qui peut ne pas aboutir il est vrai, mais qui a le mérite de bouleverser toutes nos certitudes et de repousser les limites de notre imagination. »

            Supprimer l’argent qui sont les globules rouges du système, apportant les ressources à tout l’organisme, sans le remplacer par une autre sorte de globule qui devrait en avoir les mêmes caractéristiques, ce qui ne changerait sans doute pas grand-chose, devrait tuer le patient.

          • calebirri dit :

            Le problème de votre métaphore est qu’elle part du principe que le capitalisme est un « être » doué de vie, alors qu’il n’en est pas un. C’est un système pratique qui a ses limites et il a existé certaines sociétés qui ont duré des siècles sans jamais connaitre le capitalisme, sans avoir de mot ni de concept représentant l’argent. On a longtemps cru qu’il servait l’homme mais aujourd’hui on s’aperçoit qu’il lui nuit : il faut donc trouver des solutions. Certains pensent qu’elles sont d’ordre économique, à l’intérieur du cadre, d’autres qu’elles sont « non-économiques », à l’extérieur du cadre. Le problème est sans doute aussi insoluble d’un côté que de l’autre, mais cela ne doit pas nous empêcher d’y travailler : supprimer le capitalisme sans tuer le corps social, voilà un beau défi !

          • Agequodagix dit :

            C’est le corps social qui est un être doué d’une vie qui vaille la peine d’être vécue, pas le parasite capitaliste ni la maladie argentique qui ne sont pas des « êtres » indépendants de leur victime.

            Mais un système à ce point intégré à un corps social depuis que l’homme a quitté la structure tribale pour vivre dans des cités ou des territoires de plus en plus vastes et centralisés politiquement, n’en fait-il néanmoins pas partie ? Le capitalisme et son argent n’est pas une pure construction de l’esprit. N’est-ce pas un moyen de faire circuler des ressources presque incontournable dès que les rapports humains se déshumanisent parce que, au-delà d’une centaine de personnes, la taille des communauté dans laquelle les hommes vivent les empêche de connaître tous les membres de leur communauté ?

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