AC, il nous faut du changement !

Posté par calebirri le 20 octobre 2012

Lorsque l’on évoque le sujet de la révolution, l’image mentale qui lui correspond généralement est celle de 1789, qui fut un bouleversement violent et non préparé, presque spontané, irréfléchi.

A cette révolution je lui préfère la sédition, qui permet d’établir un processus dans lequel la révolution n’est que l’aboutissement logique de sa préparation : pour moi il faut réfléchir « avant » à ce qui sera mis en place « après ». C’est donc presque « naturellement » que j’intitulais mon papier faisant la promotion de l’Assemblée Constituante « D’ABORD la Constituante, et APRÈS la révolution« … Mais cette évidence est apparemment loin d’en être une pour tout le monde.

Pourtant, que ce soit pour 1789 ou la révolution tunisienne de 2010, l’Assemblée Constituante n’a pas répondu à toutes les espérances, et loin s’en faut- on verra bientôt ce que cela donne en Islande. Et si justement ces échecs étaient en réalité dus à l’inversion du processus ?

Car il faut bien parler d’échecs. La crise que nous traversons en est une preuve flagrante, puisque malgré les apparences la démocratie n’existe plus : les politiques ne travaillent pas « pour » le peuple mais pour eux-mêmes… Ce qui en l’occurrence signifie « contre » le peuple ; il n’y a qu’à voir l’injustice des politiques d’austérité, et surtout le résultat de celles-ci : les riches sont de plus en plus riches, quand les pauvres sont de plus en plus pauvres.

On serait tentés d’en accuser les financiers qui, par un lobbying actif et une corruption latente, influent sur les décisions de nos politiques ; mais en définitive ce sont bien les politiques qui prennent les décisions ! Cela signifie que même aux ordres des financiers, les politiques sont les véritables coupables, car ils s’y soumettent plutôt que de se soumettre à la volonté du peuple qui les a élu. Les financiers, eux, sont au moins dans leur rôle : il est « logique » (mais logique ne veut pas dire normal) que les financiers s’occupent de leurs propres intérêts, c’est la règle actuelle. Ce qui ne l’est pas, c’est le non-respect de la volonté du peuple, qui quoiqu’on en dise ne peut désirer son propre appauvrissement. Les politiques devraient être exclusivement au service du peuple, et ce n’est malheureusement pas le cas.

C’est la question des institutions qui se pose alors à nous : comment la Constitution peut-elle être bonne si elle permet de faire le contraire de ce pour quoi elle a été construite ? Et comment est-il possible que le peuple ne puisse pas faire élire un gouvernement qui le serve si la Constitution n’avait pas déjà « dévié » de son objectif principal (le gouvernement du peuple « par » le peuple et POUR le peuple) ?

A partir du moment où les Lois sont faites par des hommes dont l’intérêt premier n’est pas le service du peuple mais celui de ses ennemis, il ne peut en résulter que les incohérences auxquelles nous sommes soumis depuis trop longtemps : cumul des mandats, faiblesse scandaleuse des peines encourues en cas de corruption (quand on pense que la peine maximum pour certains délits est inférieure aux gains réalisés par cette corruption…), conflits d’intérêts latents entre le « privé » et le « public », accointances avec les médias, lenteur coupable de la justice dans les « affaires », niches fiscales, paradis fiscaux…

Que le peuple se révolte est donc juste et nécessaire mais pas suffisant : « Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » (article 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dudh/1789.asp). Il lui faut une Constitution, pour qu’il soit d’une part associé pleinement à sa création, et qu’il sache d’autre part pour quoi il se révolte. Il faut D’ABORD préparer les institutions dont nous avons besoin, et ENSUITE, une fois que nous saurons ce que nous voulons, nous pourrons alors faire la révolution.

C’est pour cette raison que l’Assemblée Constituante doit être un préalable (incontournable) à la révolution : si nous voulons qu’un gouvernement puisse un jour dire « Assez, cela suffit ! Le peuple ne paiera pas la dette car elle est illégitime », il faut bien qu’il puisse arriver au pouvoir. Et pour qu’il ait cette chance il faut que les lois qui organisent les élections soient d’abord modifiées pour permettre aux citoyens de voter ou de désigner ses représentants « POUR » et non pas « CONTRE ». Il faut aussi que le peuple puisse être certain qu’une fois élus, il n’aient aucun intérêt à tromper le peuple qui leur a donné sa confiance, et que les sanctions prévues soient exemplaires. Il faut encore que le peuple puisse lui même prendre les décisions qui le concernent directement.

Et c’est bien le rôle d’une Assemblée Constituante que de déterminer tout cela. Comme dirait « l’autre », « il n’y a pas d’alternative » ! Si nous voulons un jour que les choses changent, il faudra bien en passer par là : réfléchir ensemble à quoi ressembleront nos institutions une fois que la révolution aura mis dehors tous les corrompus qui se partagent depuis trop longtemps les bancs de notre parlement.

Pourquoi ne pas nous y mettre dès maintenant ? Une fois que nous saurons ce que nous voulons, la révolution ne sera plus qu’une formalité !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr
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4 Réponses à “AC, il nous faut du changement !”

  1. Koikilensoi dit :

    Entièrement d’accord avec cet écrit. Mais qui va prendre la place de ceux qui y réfléchissent, qui pour s’organiser et établir cette constituante?
    100 fois oui, c’est le bon ordre des choses, car une constituante réalisée dans l’urgence face à un vide, il ne peut pas en résulter grand chose de bon. Comme il est mentionné ici, les exemples vont en ce sens.
    L’idée est lancée, qui pour le faire? Pour s’organiser? Qui? Quels moyens?

    • calebirri dit :

      @ Koikilensoi

      C’est justement l’objectif de ce forum : préparer la mise en place de l’Assemblée Constituante, savoir qui, comment, combien, pendant combien de temps…

      C’est à nous, citoyens, de nous bouger pour le faire, pour la rendre réalisable dans les meilleures conditions possibles… Si nous voulons la « vraie » démocratie, cela signifie qu’à un moment ou à un autre les citoyens eux-mêmes devront « mouiller la chemise », et délaisser pour quelque temps leurs habitudes quotidiennes pour participer à ce qui les regarde directement : leur propre société.

  2. Agequodagix dit :

    Notre système économique et financier est corrompu et puissant.

    Ce système corrompt notre système politique représentatif en le dominant.

    Le peuple élit ses représentants qui s’insèrent ensuite dans un système corrompu.

    Ces représentants votent alors les lois constitutionnelles, les lois nationales et les règlements qui conviennent au système politique, économique et financier corrompu, et pas aux véritables intérêts du peuple.

    Une nouvelle assemblée populaire constituante composé de membres non corrompus aurait pour mission d’établir les règles politiques, économiques, et financières qui permettra au peuple d’être gouverné dans son intérêt.

    Une révolution remplacerait alors l’ancienne constitution par la nouvelle.

    Quelle différence ya-t-il entre cette nouvelle assemblée populaire constituante parallèle et un nouveau parti populaire parallèle non corrompu avec pour mission d’établir une nouvelle constitution conforme au programme de ce nouveau parti ?

    Pour réussir une révolution constitutionnelle comme pour prendre le pouvoir constitutionnel légalement, ne faut-il pas le soutien d’environ les deux-tiers des citoyens susceptibles de voter ou de faire la révolution, même si seule une partie ira dans la rue pour faire la révolution ou se battre, ou ira aux urnes pour voter ou se faire élire ?

    Pourquoi préférer la voie révolutionnaire ?

    • calebirri dit :

      @ Agequodagix

      La différence est que pour que ce « parti parallèle » ait une chance de parvenir au pouvoir, il faudrait qu’il se soumette aux règles en vigueur, règles qui l’empêcheront d’accéder au pouvoir « vierge » de corruption : il serait confronté aux besoins de financement, au jeu des alliances et des 500 signatures, des petites amitiés ou des petites combines habituelles… Il arriverait corrompu au pouvoir ou n’y arriverait pas.

      Tandis que si nous parvenons à obtenir un texte clair qui fasse consensus, alors ni les politiques ni les citoyens ne pourront plus se cacher derrière les apparences démocratiques du système électoral classique. Et c’est justement pour déterminer à partir de quel seuil de votants, ou quel pourcentage de « oui » au référendum final que le forum a été créé. Que les citoyens sachent qu’ils sont libres de se donner les règles qu’ils désirent, et qu’ils en fassent usage.

      Ensuite, et c’est plus personnel, je crois à la voie révolutionnaire parce que même en instituant de nouvelles règles de fonctionnement « nationalement », même moins injustes, cela ne suffira pas. Il faudra bien envisager un jour le remplacement de ce système par un autre, et nous aurons besoin de sociétés déjà prêtes pour poser les bases d’une autre « civilisation ». Car si on montre que de bons politiques au pouvoir sont capables de lutter contre l’individualisme des financiers, alors le monde sera capable de remplacer l’intérêt particulier par l’intérêt général….

      Je vais un peu loin et un peu vite, j’y reviendrai une autre fois plus longuement.

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