Ils veulent nous faire payer deux fois !

Posté par calebirri le 1 août 2012

Pendant que nos dirigeants nous effraient avec la menace d’une explosion de l’Europe (qui n’arrivera pas), les perspectives continuent de s’assombrir et les « plans de sauvetage » s’accumulent sans donner le moindre résultat. Chaque jour les sacrifices exigés des pauvres pour soutenir l’économie augmentent, alors même que la situation se détériore à mesure qu’ils sont successivement acceptés et validés.

Parallèlement, le nombre de « soupçons » concernant l’intégrité des grandes institutions financières (et de leurs dirigeants) se multiplient, du Libor Gate en passant par la HSBC et jusqu’à Mario Draghi (celui qui avait travaillé pour Goldman Sachs et que l’on soupçonne d’avoir contribué à maquiller les comptes de la Grèce), sans oublier le scandale des paradis fiscaux en France ou à l’échelle internationale, ni quelques autres « affaires » qui allongent une liste malheureusement non exhaustive…

Cela va donc bientôt faire 5 ans que la crise perdure, et personne ne semble encore vouloir faire le lien entre ces deux éléments qui pourtant font sens si l’on veut bien se donner la peine d’y réfléchir une minute. Et si les sacrifices que l’on exige du peuple pour sauver un système corrompu n’étaient justement que la conséquence de cette corruption ? Alors que les institutions financières ont créé par leurs pratiques criminelles la situation qui nous a appauvri jusqu’à aujourd’hui, ils exigent en plus ce soient ceux qui en ont déjà pâti une fois qui payent une seconde fois – non pas pour nous sauver « nous »- mais pour se sauver « eux » !

Car ce qu’on nous demande aujourd’hui n’est rien d’autre que de payer une seconde fois. La première enveloppe d’aide aux banques a été forcément été détournée de son objectif affiché, puisque le crédit ne s’est pas détendu, que la croissance n’est pas revenue, que les investissements et l’emploi non plus. La seule chose que nous pouvons constater, c’est que les entreprises du CAC40 ont en 2011 accumulé plus de 70 milliards de bénéfices

Et il n’y a personne dans les rues pour exiger des explications, pas un procès de la part de ces citoyens bernés deux fois, pas une manifestation unitaire ni même une misérable pétition ! Tout le monde semble aujourd’hui s’être résigné à l’inutilité de ces actions, et tout le monde sait bien que tous ces tricheurs sont protégées par la Loi des hommes de paille que sont les dirigeants de nos Etats – grâce à des sommes formidables ; et avec l’argent qu’ils ont volé à leurs victimes.

Rendez-vous compte, non seulement on nous vole une partie des fruits de notre labeur, et en plus on voudrait nous demander d’en donner davantage ; et avec le sourire s’il-vous-plaît.

Mais en acceptant les sacrifices nous ne sauvons pas notre bonheur présent, nous ne faisons que saboter notre bonheur futur. C’est une erreur grave, et sans doute historique.

Et le jour où la BCE aura injecté de l’argent pour les banques, il ne faudra pas croire que l’Europe est sauvée, et nous avec. Au lieu de sauter de joie nous ferions mieux alors de nous inquiéter, car l’argent sera bien pris dans les poches de quelqu’un : le peuple.

Tandis qu’en mettant en prison tous ces tricheurs et tous ces menteurs qui décident pour nous (et contre nous), en rendant transparents les comptes ou en supprimant les paradis fiscaux, nous trouverions aisément l’argent qui nous manque pour conserver notre niveau de vie intact -et peut-être même plus.
N’y a-t-il donc rien d’autre à faire qu’attendre ? Et pourquoi pas, après tout ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

5 Réponses à “Ils veulent nous faire payer deux fois !”

  1. Agequodagix dit :

    Encore une belle analyse, complexe et fouillée signée Calebirri !

    Une seule observation, mon ami ! Dans le monde, il est très-rare qu’on s’en sorte avec un dilemme : il y a autant de nuances entre les manières d’agir qu’il y a de gradations du plus riche au plus démuni.

    Ne trouve donc pas mauvais qu’en admettant ton argument tout entier, je tâche aussi de m’esquiver entre les alternatives.

    « Ou bien tu as quelques espérances de mettre en prison tous ces tricheurs et tous ces menteurs qui décident pour nous (et contre nous), en rendant transparents les comptes ou en supprimant les paradis fiscaux, et de trouver ainsi aisément l’argent qui nous manque pour conserver notre niveau de vie intact -et peut-être même plus, me dis-tu, ou bien tu n’en as pas. Dans le premier cas, cherche à le réaliser, essaye d’obtenir l’accomplissement de tes vœux ; dans le second cas, arme-toi de courage, et tâche de subir courageusement ce que t’imposent ceux qui décident pour toi après que tu les aies élus. …. »

    Mon cher, cela est bien dit et… vite dit.

    • calebirri dit :

      @ Agequodagix

      Vous avez raison sur les nuances… je suis parfois un peu trop manichéen, mais accordez-moi qu’il est difficile de s’attarder sur chacune d’elles, d’autant qu’en matière de corruption il y a ceux qui sont coupables et ceux qui ne le sont pas.

      Mais pour mes espérances, à vrai dire elles sont nulles, mais cela ne signifie pas pour autant que j’aie l’intention de subir-même courageusement-ceux que je n’ai (personnellement) pas élus. C’est d’ailleurs tout le sens de ma démarche concernant la mise en place d’une Assemblée Constituante : elle doit pour mois se faire sans et en dehors du consentement du régime en place, « à côté ». Ainsi le dilemme serait réglé !

  2. Freddi dit :

    Des noms SVP!
    Une vraie liste noire de ces vampires avec leurs méfaits que l’on ferait circuler sur la web.
    De cette manière, une vraie incarnation de cette mafia internationale pourrait donner du sens à la théorie.
    Mais là il faudrait beaucoup de courage pour s’attaquer véritablement aux responsables de ce système mortifère .

    • calebirri dit :

      @ Freddi

      Les noms, nous les connaissons déjà. Les listes doivent même exister quelque part, sur des sites plus ou moins sérieux ou crédibles, mais au fond à quoi sert-il de les savoir, voilà bien tout le problème. La suspicion concernant le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy ne l’a pas empêché de finir son quinquennat, l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris n’a pas conduit monsieur Chirac devant la justice, et pour les autres c’est pareil…

      Un homme comme Denis Robert s’est attaqué au coeur du système avec Clearstream, il a été trainé dans la boue jusqu’à ce qu’il abandonne la partie, et bien qu’il l’ai « gagnée » d’un point de vue juridique, cela n’a rien changé non plus…

      Quelle est la solution, je n’en sais rien… mais il doit bien y en avoir une

  3. Esope dit :

    Vous êtes trop indulgent, ce n’est pas deux fois, c’est trois fois (au moins). Pour sortir les banques de la crise des subprimes, les citoyens ont été endettés en 2008 et maintenant ils le sont de nouveau pour sortir les banques de la crise de la dette. Par ailleurs, ils sont déjà mis à contribution depuis longtemps pour faire grossir des patrimoines dont vous soulignez par ailleurs le côté virtuel, car ils ne se composent pour l’essentiel que d’écritures comptables. Ils sont aussi mis à contribution pour entretenir des pratiques politiques dont les résultats objectifs ne sont vraiment pas très convaincants (ce n’est que mon opinion mais je suis prêt à la partager).
    Le côté inextricable de la situation vient de ce que ce système socioéconomique en place ne peut fonctionner que comme cela. S’il s’effondre complètement, il faudra repartir au point de son départ, c’est à dire revenir à une économie reposant sur des structures d’avant la révolution industrielle et incapables de faire vivre physiologiquement 7 milliards d’individus, d’autant plus que nous avons perdu les compétences correspondantes et qu’il faudrait une génération pour les faire renaître.
    L’indignation est justifiée et quelques mesures spectaculaires seraient les bienvenues pour se défouler mais ne résoudraient pas le fond du problème qui est la dépendance à une industrie financière omniprésente et qui repose sur le crédit. La seule solution, s’il en est une, ne peut passer que par une restructuration progressive du système économique pour mettre la finance au service de l’économie réelle et non l’inverse, afin d’orienter ce système vers une restauration de la dignité humaine, dans des termes réalistes compte tenu des limitations des humains et de la planète.

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