Jusqu’où un président normal peut-il supporter la critique ?

21 juillet 2012

politique?

Dans un article du monde, on apprend que le président Français est accusé d’avoir « menti » à propos des heures supplémentaires. Le terme est fort, mais ce n’est pas la première fois qu’il est utilisé en politique ; on se souvient du « candidat » monsieur Sarkozy l’employant déjà assez régulièrement à son endroit, sans que cela ne paraisse gêner notre président « normal » plus que de raison.

On pourrait gloser un moment sur le terme et lui attribuer la qualification d’insulte, mais le sage président, comme il est prouvé depuis et avec Sénèque dans « la constance du sage », n’est pas sensible à ce genre d’attaques de citoyens qui ne peuvent atteindre à la hauteur d’un si haut personnage.

Donc pas d’insulte, ni de diffamation, ni de procès : on peut donc dire sans crainte que le président est un menteur… Non ?

Alors maintenant me vient l’idée suivante : peut-on également- et sans risque- qualifier notre président de tricheur et de voleur, de traître ou de lâche, et que se passerait-il si cela se produisait ?

Imaginons un instant qu’un citoyen ordinaire, pourquoi pas blogueur à ces heures gagnées (je n’aime pas l’expression « heures perdues »), exprime ainsi son opinion sur le chef de l’Etat… Imaginons que celui-ci fasse état de son mécontentement « sur la place publique », et le fasse sentir par ces mots suite aux revirements certes prévisibles mais néanmoins réels qui en justifieraient l’emploi. Que par exemple il dénonce le double-langage employé durant la campagne en trichant sur les termes comme croissance ou justice, qu’il dénonce comme un vol les millions de suffrages qui ont été pris sur le compte du vote utile, qu’il évoque la trahison que ressentent tous ces Français qui ont cru aux promesses de lendemains qui chantent, qu’il ose effleurer la lâcheté qu’il y a à se soumettre non pas à la volonté du peuple mais bien à celle des riches, que se passerait-il alors ?

y aurait-il alors matière à insulte, à diffamation, à procès, ou serait-ce uniquement considéré comme la libre expression d’une opinion personnelle ?

Bien sûr moi, à la place de ce blogueur, je ne me lancerais pas dans une telle aventure : j’aurais bien trop peur que ce qu’on accorde à un homme politique réputé, on le refuse au citoyen lambda. Pas que les termes employés ne soient pleinement justifiables ou justifiés, là n’est même pas la question. Pas que ce citoyen ne soit justement protégé par le texte de la Constitution non plus. Mais le fait est qu’il lui faudrait des moyens financiers suffisamment solides pour se voir défendu équitablement. Et qu’en matière d’égalité de tous les citoyens devant la Loi, le statut pénal du chef de l’Etat rend toute défense impossible.

Mais ce cas n’a bien sûr que très peu de chances de se produire : car d’une part il est très peu probable que ce genre de calomnies soient publiées -comptes tenus du caractère infondé d’un tel traitement et du peu d’échos qu’il trouverait chez les lecteurs (puisque le principe de la diffamation s’appuie sur des mensonges)- et d’une autre il est encore plus incertain que celles-ci lui parviennent aux oreilles, attendu que pour être entendues, les paroles doivent être diffusées… Qui prendrait le risque de relayer une telle ineptie ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

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