Gouvernements et marchés : et si on les faisait chanter ?

Posté par calebirri le 3 juillet 2012

Puisque la Grèce a capitulé et que monsieur Hollande trahit déjà ses promesses, les peuples de l’Europe doivent désormais se considérer comme seuls pour stopper la machine infernale qui se prépare à broyer les restes de nos déjà piètres conditions d’existence. La tâche ne sera pas aisée et les possibilités d’actions sont limitées, mais nous sommes et resterons quoiqu’il advienne les maîtres de notre destinée- si toutefois nous voulons bien nous donner la peine de nous en rendre compte.

Maintenant, il s’agit de recenser les options qui nous restent, et ne pas se tromper sur la manière de les utiliser.

-la grève générale : Le problème de la grève générale est qu’elle nuit assez rapidement à ceux-là mêmes qui la conduisent, et qu’elle est très mal perçue par ceux qui ne la suivent pas. De plus, le service minimum a considérablement amoindri la force de la grève. Pour fonctionner, elle doit donc être massive, et massivement soutenue, c’est-à-dire très bien organisée.

-les manifestations : les événements récents nous ont montré que même massives elles ne sont d’aucune utilité, et que la durée ou la répétition de celles-ci servent en réalité à permettre un durcissement du conflit qui débouche à terme sur de la répression.

-l’Assemblée Constituante : elle est pour moi le moyen de lutte le plus cohérent en même temps que le plus pacifique, mais prend du temps et demande une implication constante de la part des citoyens. Elle doit s’organiser sur le long terme et parallèlement à d’autres formes de lutte, et surtout n’être pas contrôlée par un pouvoir qui lui retirerait toute sa légitimité.

-Le référendum d’initiative (vraiment) citoyenne : entre réalité théorique et utopie réalisable, le RIC est un outil formidable qui n’a malheureusement aucune chance d’être mis en place par le gouvernement actuel, car il le mettrait en défaut à coup sûr. Pour qu’il soit légitime, il doit être organisé sur toute l’Europe, ce qui implique une organisation très lourde et une solidarité sans faille entre toutes les composantes nationales de ce genre de projets.

-le coup d’Etat : il est bien évident qu’un coup d’Etat ne peut qu’être vecteur de violences et de divisions, et l’illégitimité d’un tel acte est évidente. Il n’est pas besoin d’aller plus loin pour écarter cette option dont personne ne sortirait gagnant.

-la négociation syndicale : il faut être clair là-dessus aussi, il n’y a pas plus à attendre de ce côté-là que de celui du gouvernement, étant donné que c’est le même côté…

-le boycott : le boycott est une forme de lutte commerciale qui peut avoir des effets importants sur le long terme, mais ils sont assez imprécis lorsqu’il s’agit d’un refus global des grandes firmes qui imposent leurs prix à toute la chaîne de production, car elles détiennent à quelques unes pratiquement l’ensemble de la production, ce qui fait qu’à moins de se priver de presque tout, il favorisera inévitablement l’une ou l’autre de ces grandes firmes

-le bankrun : nous avons un peu trop vite oublié la terreur qu’a provoquée cette rumeur lorsqu’elle est venue jusqu’aux oreilles des gouvernements alors en place. Elle n’était pas feinte, car la réalisation d’une telle option remettrait en cause tout l’échafaudage construit par ceux qui organisent le sauvetage des riches. Mais dangereuse, sachant que nous n’avons absolument aucune idée des conséquences d’une telle action.

-le lobbyisme : là aussi un travail de longue haleine, mais qui risque de faire plus de mal que de bien. Jouer le jeu du lobbyisme c’est entrer dans un processus jamais très éloigné de la corruption, et dans lequel la loi capitaliste s’applique pleinement. On peut y perdre non seulement son âme, mais aussi son objectif.

-l’émigration : la situation de l’Europe et ses perspectives économiques étant chaque jour revues à la baisse, il peut être temps de cesser de stigmatiser les immigrés pour penser nous-mêmes à l’émigration, vers les pays « qui montent » en allant chercher les meilleures conditions de travail là où elles s’améliorent, sachant bien qu’à un moment donné elles se rejoindront avant de se séparer à nouveau, dans l’autre sens.

-la soumission : reste cette option ultime, attendre 5 ans en rongeant son frein, et puis espérer encore que le futur gouvernement ne fasse pas pire que le précédent… Rien de bien certain.

J’oublie certainement certaines options, que peut-être certains commentateurs avertis me rappelleront, mais vous aurez compris qu’à mes yeux la plupart des options sont inutilisables ou inefficaces, et qu’il ne reste donc que celles qui concernent le RIC et l’Assemblée Constituante pour le long terme, et le bankrun ou la grève générale pour ce qui est du court terme. Les deux premières étant l’objectif à atteindre, les deux secondes pourraient être le moyen d’y parvenir. Car en menaçant d’un bankrun assez large pour effrayer les banquiers, en organisant « autrement » la grève générale, nous pourrions ainsi atteindre la mise en place des réformes structurelles indispensables à la sauvegarde de la démocratie en même temps que les conditions d’application réelle de la volonté des peuples.

Puisqu’ils ne veulent pas nous écouter ni tenir leurs promesses, rappelons-leur qu’il ne doivent leur puissance qu’à notre volonté. Que la rumeur fasse son chemin, et que d’autres choisissent et la date et le lieu pour se retrouver. Et retrouvons-nous.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

8 Réponses à “Gouvernements et marchés : et si on les faisait chanter ?”

  1. MIM dit :

    Il vous en manque une d’option : cesser de payer vos impôts… Fermer le robinet. Finito et que la bête crève.

  2. Nadine Bompart dit :

    Il te manque surtout la prise en compte d’une réalité: celle de la « France patrimoniale », majoritaire dans notre pays. Et pas que dans celui-là!!!!
    L’Europe est une terre de vieux, ne compte pas sur eux pour renverser l’ordre établi par leur soin!

  3. Jean-Marc dit :

    Un point de vue :

    Il est vital pour la Société de cesser de placer les économistes et l’économie au centre des choses et des discours.
    Il faut RELATIVISER l’importance de ces « expertises » concernant ce qui n’est après tout qu’une science bien bien molle.

  4. Depositaire dit :

    Bien entendu, les options telles que décrites dans cet article, sont difficiles à mettre en place. Une assemblée constituante ? Pourquoi pas. Mais composée de qui ? Et surtout, sur quel paradigme ? Si c’est pour constituer une sorte de nouveau gouvernement qui conservera la même doctrine politico/économique, à savoir : démocratie représentative par le biais de partis politiques et d’élections qui mettent en place un parlement composé de politiciens profesionnels et d’un président de la république, idem ; d’un système économique basée sur l’économie de marché selon la doctrine de l’école de Chicago fondée par Milton Friedman, autant dire, ce n’est pas la peine de vous fatiguer, ça ne marchera pas !

    Il faut changer complétement de mode de gouvernance et de système économique, donc de paradigme dans nos sociétés occidentales. Pas facile ! Il faut repenser complétement ce système, mettre l’humain et son épanouissement sur tous les plans au centre, rejeter totalement la système de l’argent dette qui ne repose que sur du vide, et qui tôt ou tard va s’éffondrer totalement en entrainant le monde entier dans une catastrophe sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

    Puisque nous disposons de ce formidable outil qu’est Internet, commençons par créer un réseau de bénévoles qui réfléchissent, qui débattent ensemble, qui proposent des solutions pour créer ce nouveau paradigme. Rien n’empêche, d’ailleurs, là où c’est possible, de se rencontrer physiquement, de créer des groupes de travail, de rencontres, de réflexion, sur tous les grands sujets : L’éducation/enseignement, l’économie et la finance, l’agriculture de qualité axée sur le bio et non sur le productivisme, l’industrie au service des hommes et de la société et non pour le profit de quelques uns, les sciences, aussi au service de l’humain, tout particulièrement la médecine et la production de médicaments, le culturel qui élève l’esprit au lieu de le pervertir ou l’abêtir, ce qui n’est pas mieux, les médias, pour la diffusion de l’information vraie et non au service d’une oligarchie hégémonique, le politique, pour la gestion véritable de la société, voire le religieux et le spirituel, comme vecteurs de l’épanouissement de l’être humain, et non comme instrument d’asservissement des consciences. Liste non limitative. mais déjà nous avons là une large palette de sujets de réflexion sur laquelle travailler.

    Dans un premier temps, il serait bien de faire une sorte « d’état des lieux » afin de déterminer les problèmes de fond de nos sociétés, ainsi que les éléments positifs qu’ils seraient bon de conserver ou d’amplifier, dans quelque domaine que ce soit.
    Cette démarche ne devrait pas prendre beaucoup de temps, car tout cela est bien documenté sur Internet. Il suffit surtout de centraliser toutes les informations.

    Dans un deuxième temps, voire en parallèle, réfléchir ensemble sur tous ces thèmes et examiner les possibilités à court, moyen et long terme de leurs applications.

    Il est bien entendu évident qu’il ne s’agit nullement de faire la « révolution », en cassant tout et se dire que l’on va reconstruire après. C’est une illusion. la violence n’engendre que la violence et les excès en touts genres. Les choses doivent être mûrement réfléchies, des expériences peuvent se mettre en place localement, tout en développant l’information pour nos concitoyens.

    Ceci peut paraître utopique, un rêve, car confronté à la réalité du quotidien de plus en plus dur, il peut sembler que ce soit impossible à mettre en place. Mais examinons un peu l’histoire. Combien de sociétés ont complétement changées alors qu’elles étaient aux prises d’un système tyrannique qui semblait invincible et qui pourtant a fini dans les poubelles de l’histoire ! De toute façon, nous n’avons plus le choix. Il ne reste qu’un eseule alternative à l’humanité : Ou elle revient vers la solidarité, la fraternité universelle, l’épanouissement de chacun, l’unité, ou elle va droit vers une catastrophe, voire une serie de catastrophes qui risquent d’annéantir toute vie sur Terre ! Que ce soit par une guerre nucléaire mondiale, une ou plusieurs catastrophes écologiques majeures, (nucléaire, chimique, ogm, etc.) Les psychopathes qui dirigent ou veulent diriger le monde nous y amènent tout droit, pensant qu’eux s’en sortiront. Grave illusion.

    Mais ne nous faisons pas d’illusion : restons passifs, nous contentant de ci, de là, de dénoncer les excès de cette société sans rien faire pour changer les choses, à commencer par notre conscience endormie qui mérite de se réveiller, et il sera trop tard pour se plaindre et dire : « Ah si on avait su…! » Et bien maintenant vous savez. Alors au travail !
    D’ailleurs, il existe tellement de sites Internet, d’informations sur tout ce qu’il se passe qu’il est impossible pour celui ou celle qui veut vraiment s’informer de ne pas connaître l’information.

    Je reviendrai de temps en temps sur ce site afin de voir s’il y a des réactions ou non. De toute façon, progressivement, je vais lancer cette idée sur tous les sites de médias alternatifs ou cela est possible pour relancer cette idée. On verra bien ce qui en ressortira. Mais au moins, on ne pourra pas me reprocher de rester passif.

  5. spectre900 dit :

    C’est clair qu’il faut agir, personnellement j’ai trouvé un moyen efficace, économique et écologique pour luter contre le système.

    JE CONSOMME MOINS.

    J’en suis venu a constater que avant, ils n’avaient pas tout ce que nous offre notre société de consommation.

    J’en suis venu a constater que cette société nous propose bien plus de chose qu’un salaire descent peut nous permettre.
    (ne parlons même pas du revenu moyen…)

    J’ai put constater que les bases de cette société étaient illogiques, destructrices et mauvaise pour l’Homme
    (nous Européens, nous avons eut la chance de nous retrouver du bon côté de la barrière, mais que peuvent voire des jeunes Chinois ou Africains?

    Alors j’ai décidé d’être intelligent, je vais chercher à consommer intelligemment, local , sans gaspillage quelconque.
    Je cherche a comprendre le fond des choses et essaye d’améliorer la chose si c’est possible.

    Ce qui est cassé, je le répare (souvent en mieux d’ailleurs).

    Ce qui m’est superflus, je m’en passe.
    D’ailleurs a force, je me passe de beaucoup de choses.
    Et c’est une très bonne chose à mon avis.
    Il faut comprendre que nous faisons parti d’un ensemble, la société de consommation dans laquelle on vis tends à nous faire croire que tout ce qu’elle produit est produit sans aucune conséquence néfaste.
    Désolé ce n’est pas le cas.
    Du teeshirt en coton que vous portez à la nouriture que vous ingérez en passant par les multiples gadgets achetés.
    Il y a un coté néfaste à leur production.

    Je ne sait plu qui disait un truc du genre « Si tu veux changer le monde, commence d’abord par te changer toi. »
    Il y a des choses que nous considérons nécessaire et qui nous sont superflus mais en plus dangereux.

    Personnellement, je pense que le font du problème peut être résumé en une phrase: « Nous sommes trop sur terre »

    Notre population a doublé en 40 ans.
    Et non seulement nous somme trop, mais nous consommons trop.

    De façon générale, nous avons fait le tour, il n’y a plu de terres arables disponibles.
    (D’ailleurs au passage, a votre avis, pourquoi ils discriminent autant le Tabac et l’alcool?
    On va en arriver au point où étant donné que la demande augmente d’années en années, toutes les productions ne pourront assouvir la demande. Alors il faudra faire des choix.)

    Voila…
    Personnellement j’ai trouvé ce moyen pour (tenter de) faire avancer les choses…

    Pour revenir sur le commentaire précédent, je suis assez partisan de l’idée.
    Il faut faire avancer les choses c’est certain.Connais tu des forum ou on peut discuter sans que la politique soit mise au milieu?

  6. monde indien dit :

    Je comprends ton envie de les faire chanter – commencer par çà – essayer de se passer le + possible d ‘ eux – qui sait , ça peut peut-être faire des petits – commencer par se changer soi ? je doute hélas que ça fasse changer le monde – moi j ‘ ai rien à changer , je m ‘ aime – quelques personnes aussi – ma femme dont je suis amoureux – mes enfants – quques rares amis – je sais qu ‘ il y a quques personnes bien dans ce monde – il suffit de les rencontrer – Tolstoï disait : si tu veux être heureux , alors soies-le ! ! – ( pas toujours facile dans ce monde de brutes et de cons ! ) – et Léonard de Vinci disait : certains pensent que le temps passe trop vite , d ‘ autres fois qu ‘ il passe trop lentement, mais en fait le temps passe exactement à la bonne vitesse ! ! – LovE

  7. Roland dit :

    que pensez-vous du projet de grêve générale européenne prévue pour le 14 novembre ?

    • calebirri dit :

      @ Roland

      Je suis évidemment favorable à toute lutte contre l’austérité généralisée, surtout si elle se conduit au niveau européen ! Par contre, je ne suis pas pour une sortie de l’Europe, mais pour une AUTRE Europe !

      Comment d’ailleurs soutenir à la fois l’union des peuples dans une grève générale et vouloir la fin de cette Europe qui se lève enfin ?

      à bientôt

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