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Les riches vont bien finir par devoir payer !

Posté par calebirri le 25 juillet 2012

Jusqu’à maintenant, l’incompétence et le manque de solidarité de nos dirigeants laissaient craindre le pire (avec raison) quant aux conditions de vie qui seraient imposées aux plus fragiles d’entre nous pour régler cette crise qui n’en finit pas. Mais il semblerait qu’à force de tergiversations, de pourparlers interminables et de négociations impossibles, la situation économique de tous les pays d’Europe se soit tellement dégradée qu’elle s’approche aujourd’hui d’un point de non-retour qui, une fois dépassé, redistribuera les cartes d’une manière qui peut être favorable aux peuples.

Cette nouvelle -qui pourrait paraître anxiogène au citoyen déjà en difficulté -ne devrait pourtant pas l’effrayer : car en termes d’économies drastiques, de plans de sauvetage des banques ou de casse sociale, il est un seuil de misère et de contrainte au delà duquel nos gouvernants ne peuvent aller sans provoquer les révoltes que connaissent tous les Etats qui en abusent. Et c’est justement ce seuil qui se trouve déjà presque atteint.

Cela signifie que par exemple en Grèce, le gouvernement n’est pas en mesure d’imposer à son peuple des mesures d’austérité supplémentaires sans mettre en danger la stabilité non plus économique et sociale de son peuple mais tout simplement l’ordre public. Et ce n’est pas avec les coupes drastiques dans les budgets militaires ou des fonctionnaires (dont police, justice etc…) qu’ils seront en mesure de le rétablir par la force : on le voit en Syrie comme on l’a vu précédemment ailleurs, même un gouvernement autoritaire qui réprime la contestation dans le sang ne peut indéfiniment taper sur son peuple sans qu’il ne finisse par être débarqué… Et à moins que de souhaiter cette confrontation, les dirigeants de l’Europe vont bien devoir abandonner la spoliation continuelle des plus faibles pour aller chercher de l’argent là où ils savent qu’il se trouve, chez les riches.

Quand bien même d’ailleurs ils voudraient aller jusqu’à la confrontation, la structure administrative et juridique des Etats démocratiques européens ne permet ni la censure, ni le contrôle, ni la surveillance ou la répression dont les dictatures qui ont pourtant sauté ont largement abusé. La crise va trop vite, et il est fort probable que l’empire européen que nos dirigeants désirent créer, avec contrôle d’internet et surveillance des individus, ne sera pas prêt à temps pour éviter d’avoir à se confronter ou à leurs peuples, ou à leurs propres donneurs d’ordres.

La bataille va donc changer de nature, car les peuples ont désormais un avantage certain sur les riches, celui de ne plus rien avoir à perdre : les gouvernants se verront donc contraints de demander aux riches de faire des efforts (des vrais), et les riches seront contraints, d’une manière ou d’une autre, de payer (même un peu) : soit pour sauver l’Europe, soit pour la faire exploser.

En même temps que se déroulera cette bataille s’ouvrira alors une fenêtre d’action pour les peuples qui seront alors en mesure de faire entendre leur voix. Et il se peut que même leur silence soit bénéfique : car même en ne faisant rien ils auront toujours le plaisir d’assister à une guerre fratricide entre le pouvoir financier et le pouvoir politique, qui tous deux y laisseront forcément des plumes… A nous ensuite de savoir les ramasser !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, La voie des peuples | 2 Commentaires »

Le temps de la rentabilité est révolu

Posté par calebirri le 25 juillet 2012

La rentabilité est le point central qui occupe toutes les pensées de l’homme inscrit dans le monde capitaliste. Objectif primordial à atteindre le plus rapidement possible, sa poursuite exprime un état de conscience positif qui le pousse à l’action, et qui par cette action provoque la réalisation d’un futur différent de celui qui adviendrait sans cette action. En d’autres termes, la recherche de la rentabilité est le moteur qui fait avancer le monde (qu’on le veuille ou non), et sans elle pour le motiver, l’homme semble aujourd’hui incapable d’agir.

Mais la rentabilité, qui se mesure en termes économiques par des perspectives de recettes supérieures à celle des dépenses, se mesure également en terme de temps (de perspectives) : une action peut être « rentable » pendant un temps donné, ou à partir d’un certain temps. C’est pour exprimer cette relativité de la rentabilité qu’on parle aujourd’hui de court, moyen ou long terme. Car le temps de la rentabilité peut varier, et il n’est pas rare de trouver des exemples de certaines activités rentables sur le court terme mais catastrophiques sur le moyen ou le long terme, et réciproquement.

Ensuite, il faudrait définir à qui cette rentabilité profite : une activité rentable est-elle une activité qui profite à celui qui la crée, à ceux qui y sont associés ou à tous ? Pas facile de répondre, pas facile de le calculer. Et si on y ajoute le facteur temps, il apparaît qu’il devient rapidement impossible de répondre à cette question.

D’autant qu’en définitive la « rentabilité » ne se fonde que sur un sentiment, la confiance. Lorsque les « météorologues de la bourse » nous indiquent quotidiennement la tendance, (la tendance et rien de plus), ils ne font rien d’autre que de nous abrutir d’indices de confiance des ménages, des entreprises ou de je-ne-sais-qui, qui eux-mêmes influent sur les comportements des investisseurs… selon des critères que seule une technique très élaborée permettrait de mettre en équation.

Tout ce qu’on sait pour le moment, c’est que si les investisseurs ont confiance, ils viseront le long terme. Si non, ils sont même capables d’aller jusqu’à parier (et de se faire de l’argent) sur la baisse de la bourse, la faillite d’un Etat ou même sur la fin du capitalisme. Et c’est de cette confiance dont dépendent les investissements qui, mis bout à bout et additionnés les uns aux autres, provoqueront le futur hypothétique auquel ils croient (même si ce futur est un enfer) ; et c’est sans doute pourquoi la crise semble s’auto-alimenter. A force de perte de confiance le crédit (qui n’est rien d’autre que la confiance que les banquiers mettent dans un investisseur qui lui aussi doit avoir confiance en l’avenir) se raréfie et entraîne une sorte de « panne » dans la machine à produire de la liquidité, ainsi qu’à plus long terme la réalisation de ce qu’on appelle l’assèchement du crédit.

Mais si la rentabilité se calcule aisément sur le court terme, plus on avance vers le long terme et plus elle est difficile à envisager. Les risques sont donc plus grand à investir sur le long que sur le court, et le seuil financier en deçà duquel il ne vaut mieux pas lancer une activité n’est aisément appréciable que sur une courte durée. C’est-à-dire qu’une activité rentable mais non utile (ou même dommageable) peut tout-à-fait être réalisée ; tandis qu’à l’inverse une activité utile mais non rentable n’a pas lieu d’être (vous pouvez prendre une minute pour prendre la mesure de tout ce dont l’homme se prive ainsi).

Maintenant, le capitalisme peut-il réfléchir à long terme ?

A cette question il est difficile de répondre. On voit bien que dans un monde où l’individualisme l’emporte sur toutes les autres considérations, le court terme doit l’emporter sur le long terme. Comme « on ne prête qu’aux riches », et que seuls les entreprises ou les individus les plus fortunés sont capables de prendre les risques d’un échec ou d’une rentabilité à long terme (car eux seuls ont la trésorerie nécessaire à couvrir ce genre de paris), on peut dire que d’une certaine manière les riches tiennent le futur de tous entre leurs mains, et que ce futur dépend de la confiance qu’ils en ont eux-mêmes. Et quand la confiance est rompue (c’est ce qui semble être le cas aujourd’hui), les riches cessent d’investir pour protéger (enfin c’est ce qu’ils croient et ce que la rationalité exige) leur avenir, en le mettant ainsi en péril.

C’est qu’il est aujourd’hui devenu quasiment impossible de savoir en lançant une activité si elle sera rentable ou non sur le long terme, et à surtout à qui elle profitera, et de quelle manière. La complexité du monde a rendu impossible ce genre de prévisions sur le long terme, et personne ne sait à l’avance si un investissement sera ou non rentable. Tout ce qu’on peut dire, c’est si il sera utile ou pas : comme on sait depuis des siècles que surproduire sur une terre pour obtenir la « maximisation » du profit engendre l’épuisement de cette terre, et qu’à long terme cette méthode n’est pas viable. Mais on le fait quand même. Car derrière la rentabilité il y a le profit, qui n’est que personnel. Si les investisseurs se sentaient non pas héritiers mais emprunteurs de la planète qui les accueille, alors le collectif l’emporterait sur l’individuel, et peut-être les choses pourraient-elles changer.

Car lorsqu’il devient plus rentable de jouer contre le système que de croire à sa sauvegarde et que le court terme l’emporte sur le long, alors c’est la décadence qui nous guette. Les investissements s’amenuisent, la recherche et développement périclite, l’éducation et la formation se désagrègent, le système de santé s’effondre, l’emploi se raréfie… faute de moyens, faute de rentabilité, et ce malgré les besoins gigantesques qui ne sont pas satisfaits. Tout cela au nom de cette rentabilité à laquelle même ceux qui la recherchent à tout prix ne croient plus. Peut-être parce que ce n’est plus la rentabilité qu’il nous faut aujourd’hui trouver, mais simplement la voie d’une vie meilleure pour tous.

Et cette vie meilleure, ne la pourrions-nous pas trouver en nous séparant, justement, de la rentabilité comme objectif primordial, pour le remplacer par celle de l’utilité ou de l’intérêt général ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, consommation, crise, Non classé, politique? | 7 Commentaires »

Jusqu’où un président normal peut-il supporter la critique ?

Posté par calebirri le 21 juillet 2012

Dans un article du monde, on apprend que le président Français est accusé d’avoir « menti » à propos des heures supplémentaires. Le terme est fort, mais ce n’est pas la première fois qu’il est utilisé en politique ; on se souvient du « candidat » monsieur Sarkozy l’employant déjà assez régulièrement à son endroit, sans que cela ne paraisse gêner notre président « normal » plus que de raison.

On pourrait gloser un moment sur le terme et lui attribuer la qualification d’insulte, mais le sage président, comme il est prouvé depuis et avec Sénèque dans « la constance du sage », n’est pas sensible à ce genre d’attaques de citoyens qui ne peuvent atteindre à la hauteur d’un si haut personnage.

Donc pas d’insulte, ni de diffamation, ni de procès : on peut donc dire sans crainte que le président est un menteur… Non ?

Alors maintenant me vient l’idée suivante : peut-on également- et sans risque- qualifier notre président de tricheur et de voleur, de traître ou de lâche, et que se passerait-il si cela se produisait ?

Imaginons un instant qu’un citoyen ordinaire, pourquoi pas blogueur à ces heures gagnées (je n’aime pas l’expression « heures perdues »), exprime ainsi son opinion sur le chef de l’Etat… Imaginons que celui-ci fasse état de son mécontentement « sur la place publique », et le fasse sentir par ces mots suite aux revirements certes prévisibles mais néanmoins réels qui en justifieraient l’emploi. Que par exemple il dénonce le double-langage employé durant la campagne en trichant sur les termes comme croissance ou justice, qu’il dénonce comme un vol les millions de suffrages qui ont été pris sur le compte du vote utile, qu’il évoque la trahison que ressentent tous ces Français qui ont cru aux promesses de lendemains qui chantent, qu’il ose effleurer la lâcheté qu’il y a à se soumettre non pas à la volonté du peuple mais bien à celle des riches, que se passerait-il alors ?

y aurait-il alors matière à insulte, à diffamation, à procès, ou serait-ce uniquement considéré comme la libre expression d’une opinion personnelle ?

Bien sûr moi, à la place de ce blogueur, je ne me lancerais pas dans une telle aventure : j’aurais bien trop peur que ce qu’on accorde à un homme politique réputé, on le refuse au citoyen lambda. Pas que les termes employés ne soient pleinement justifiables ou justifiés, là n’est même pas la question. Pas que ce citoyen ne soit justement protégé par le texte de la Constitution non plus. Mais le fait est qu’il lui faudrait des moyens financiers suffisamment solides pour se voir défendu équitablement. Et qu’en matière d’égalité de tous les citoyens devant la Loi, le statut pénal du chef de l’Etat rend toute défense impossible.

Mais ce cas n’a bien sûr que très peu de chances de se produire : car d’une part il est très peu probable que ce genre de calomnies soient publiées -comptes tenus du caractère infondé d’un tel traitement et du peu d’échos qu’il trouverait chez les lecteurs (puisque le principe de la diffamation s’appuie sur des mensonges)- et d’une autre il est encore plus incertain que celles-ci lui parviennent aux oreilles, attendu que pour être entendues, les paroles doivent être diffusées… Qui prendrait le risque de relayer une telle ineptie ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans politique? | Pas de Commentaire »

Ce que les économistes ne savent pas

Posté par calebirri le 16 juillet 2012

Dans mon dernier article, j’évoquais mon désir de voir les économistes nous éclairer sur ce qu’il adviendrait de l’Europe (et du monde) une fois le « plan de sauvetage » adopté par les différents gouvernements européens, en regrettant le silence généralisé sur le sujet. On pourrait penser que ce silence est la conséquence d’une incompétence elle-aussi généralisée, et répondre à la question « pourquoi ne nous disent-ils pas tout ? » par « c’est qu’ils n’en savent rien, de ce qui va se passer ensuite ! »… Mais c’est peut-être aller un peu vite en besogne. Car s’il y a bien des choses que les économistes ne savent pas, il y en a d’autres qu’ils savent bien, et qu’ils ne nous disent pas pour autant.

Et ce silence, dont nos gouvernants sont complices puisqu’ils travaillent exclusivement pour le compte de la finance, peut tout aussi bien apparaître comme la volonté de cacher délibérément aux peuples les conséquences de ce qui se trame derrière leurs dos, qui s’ils le découvraient finirait sans doute de les mettre en colère pour de bon.

Car il faut bien que certains sachent. A l’heure où les techniques d’analyses du comportement des foules sont proches de la perfection, où les statistiques et la mathématique sont relayées par des « super-calculateurs » d’une puissance inégalée, à l’heure des sondages en rafales ou de la propagande outrancière, de celle du conditionnement implacable et de la formidable rapidité des communications, il est impossible que les armées d’analystes en tout genre qui pullulent dans des cabinets plus ou moins obscurs n’aient pas une vague idée des conséquences des mesures qu’ils imposent à tous.

Un peu comme dans le cycle de « Fondation » d’Isaac Asimov, notre civilisation est aujourd’hui pratiquement capable de réaliser des prédictions qui n’ont rien à envier à la « psycho-histoire » du professeur Seldon, et il serait presque insultant pour nous de ne pas croire qu’un petit groupe d’experts (a fortiori un grand), plus ou moins secrètement (a fortiori pas secrètement du tout : voir le « NIC« ), sait déjà que le système capitaliste non seulement ne sera pas sauvé, mais qu’en plus il ne doit pas l’être.

Comment pourrait-il en être autrement, puisque cette capacité d’analyse est accessible à tous ?

Il suffit pour s’en faire une idée d’imaginer l’Europe au lendemain de l’adoption du « plan de sauvetage » européen : baisse des salaires et des conditions de vie, restrictions sur les libertés, révoltes, répression, peur, haine, violence, famine, révolution, répression, dictature… Ou quelque chose dans le genre, les mécanismes qui conduisent à la dictature étant connus et théorisés de long temps.

Car la compétitivité ne reviendra pas d’elle-même, et ni les peuples concernés ni les Etats qui les abritent ne souhaitent pour demain devenir les « Chinois » des Brésiliens. Le capitalisme s’étant déjà retourné, la seule solution d’avenir qui reste à ce qu’on appelait encore il y a peu les « grandes puissances » se trouve naturellement de « sortir » du capitalisme plutôt que de le subir; la dictature étant évidemment le régime sinon le plus adapté, au moins le mieux connu.

Seulement, comme pour le « Plan Seldon » du visionnaire Asimov, le « plan » des économistes et de leurs alliés objectifs possède des failles, et il y a certaines choses qu’il leur est impossible de prévoir :

tout d’abord, il faut préciser que les conditions de réussite du « plan » sont d’une part le secret (pour ne pas nuire aux « prévisions »), et d’une autre la non-réalisation d’une inconnue majeure, à savoir l’action d’individus isolés (ou petits groupes d’individus) quasiment incontrôlables et in-intégrables dans des comportements de masse, qui pourraient tout chambouler.

Ensuite, il faut évoquer les manquements à la première condition, car nous sommes de plus en plus nombreux à voir clair dans le jeu de ceux qui ne veulent pas tout nous dire. Que les politiques sont corrompus par la finance (comme pour l’affaire du Libor qui montre au grand jour les accointances entre le monde politique et le monde financier -d’ailleurs l’entretien de Diamond avec ses « amis » du parlement anglais le montre clairement -ainsi que la tranquille assurance de Bercy lorsqu’elle signifie gentiment qu’aucune des banques impliquées dans ce qui devrait faire la une de tous les journaux ne sera inquiétée) et que les riches ne rembourseront pas ce qu’ils ont volé ne fait désormais plus de doute pour de très nombreuses personnes. Nombreux donc sont ceux qui ne font plus confiance ni aux politiques ni aux financiers, et qui ne croient plus aux vertus d’un système qui montre chaque jour son injustice, comme nous le prouve le « cas » récent de Peugeot. L’arrogance de ces « experts » -qui va jusqu’à installer directement ses « pions » à la tête de grands Etats « démocratiques » !- pourrait donc leur nuire à terme, car la connaissance du « plan » par un trop grand nombre d’individus risque d’avoir une influence sur le comportement des masses (une révolution pacifique ?)

Et c’est justement pour éviter la trop grande diffusion de ce « plan » qu’internet est un des enjeux majeurs du futur, comme semblent déjà l’anticiper les dirigeants effrayés par son pouvoir contestataire grandissant, avec ACTA refusé un jour pour être remplacé le lendemain par le CETA , ou par une circulaire du même acabit (aux Etats-Unis cette fois).

Maintenant, que va-t-il réellement se passer ? Le futur et ses malheurs étant à la portée de notre entendement, serons-nous capables de l’empêcher ? Et si non, comment se déroulera la transition ? sera-t-elle violente ou non ? Et quelle sera la réaction des autres puissances ? Quelle résistance sera organisée, et dans quel état se trouvera alors la planète ? Voilà ce que ne savent pas nos chers économistes, et voilà tout ce qu’il nous reste comme marge de manoeuvre.

En attendant de savoir, il reste encore une petite différence entre le réel et le livre « Fondation » : la mise en pratique effective de la psycho-histoire revient à un robot humanoïde capable de télépathie (dans le livre « les Robots« ), ce qui n’a pas dû lui nuire pour ses prévisions, mais ce qui nous laisse un dernier espoir qu’ils se soient trompés… car jusqu’aux dernières nouvelles, les économistes ne possèdent pas encore ce genre de qualité. Et heureusement !

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, fiction, misère, mondialisation, politique? mensonges | 4 Commentaires »

Ce que les économistes ne nous disent pas

Posté par calebirri le 7 juillet 2012

Alors que la crise bat son plein et que les mesures imposées par les marchés seront à coup sûr entérinées d’ici à peu par des gouvernements serviles, la bataille fait rage pour savoir si elle seront suffisantes pour redonner aux différents acteurs économiques la confiance qui leur fait défaut, tout en réduisant le taux d’endettement des pays les plus fragiles, et cela sans (trop) nuire à la croissance.

Nombreux sont ceux qui naturellement s’opposent, parmi les peuples, aux différents mécanismes proposés par les dirigeants européens, tandis que tous les analystes politiques ou économiques semblent se faire à cette idée comme étant la seule option valable, du moins à court terme. Mais personne ne semble en mesure de proposer d’autres alternatives capables de faire coïncider les deux éléments contradictoires que sont l’effacement de la dette et le retour à la croissance, et encore moins de nous laisser entrevoir d’autres perspectives que l’austérité générale ou la mort de la démocratie. Car si on fait le tour du petit monde médiatico-économico-politique qui sévit sur la toile, il apparaît qu’en dehors des critiques ou des descriptions (parfois fort justes) de la situation il manque une sorte de « force » susceptible de voir plus loin que la simple critique des événements, sur le long terme. On connaît tous le vieil adage qui dit « gouverner c’est prévoir », mais force est de constater qu’à part prévoir l’adoption des mesures concernant le « paquet » européen, nul ne s’aventure pour nous dire ce qui se passera une fois ce plan de sauvetage adopté par l’Europe.

Et pourtant ne serait-il pas important de savoir ce qui se passera « après » l’adoption du mécanisme de stabilité et de croissance (MES), de la création du fonds de secours européen (FESF), et à terme du fédéralisme européen ?
Que se passera-t-il une fois les conditions de travail dégradées, les salaires baissés, les droits sociaux anéantis, et l’harmonisation fiscale et bancaire réalisées ? On nous parle aujourd’hui de sacrifices pour retrouver la compétitivité, mais si les peuples doivent y consentir, qui peut aujourd’hui leur dire ce qui se passera à moyen ou à long terme ?

Les banques referont-elles crédit ? Les salaires vont ils ré-augmenter ? Les conditions de travail vont-elles s’améliorer ? Le chômage va-t-il baisser ? Et les investissements reprendre, ou les impôts être réduits ?

Et combien de temps va-t-il durer, ce « temps des sacrifices », et puis surtout quels sacrifices et pour qui ?

Voilà ce que nous voudrions bien savoir, et voilà justement ce qu’on ne nous dit pas.

La seule chose que nous soyons en état de constater aujourd’hui, c’est que monsieur Hollande n’est pas de gauche, que l’affaire du Libor n’est pas un cas unique, que les riches continuent de s’enrichir, que l’Europe n’explosera pas et surtout que tous les hommes de pouvoir sont des menteurs, en plus d’être corrompus. Comment dans ce cas se sentir rassurés ?

Alors maintenant j’en appelle à tous les économistes et autres statisticiens chevronnés qui parlent si haut pour dénoncer les excès des « banksters » ou les illusions des utopistes : rassemblez-vous et réfléchissez bien, calculez et anticipez, faites autant de probabilités, de calculs de risques que vous le désirez, lisez les bilans des entreprises et relisez vos théories rationalisées, prenez les marges d’erreur qui vous conviennent et dites nous ce qui se passera après l’adoption du plan. Faites-nous savoir en quoi la baisse des salaires et le fameux « retour à la compétitivité » nous sera bénéfique à long terme, et comment nous nous relèverons après-demain plus forts que nous le sommes aujourd’hui. Ce que nous voudrions savoir, c’est ce que dit la théorie sur laquelle s’appuient les agences de notation, les analystes et autres météorologues de l’apocalypse… Que tous les savants prédicateurs qui s’expriment quotidiennement sur les « grands » médias nous décrivent leur plan par le menu, qu’ils aillent vraiment jusqu’au fond des choses et qu’ils nous fassent parvenir leurs résultats, qu’on voit de quoi il retourne.

Il faut de l’austérité, il faut baisser les salaires, licencier du personnel, réformer le code du travail pour sauver l’Europe d’accord, nous vous avons bien entendu… Mais et après ? Et après ?

Et puis quand bien même, si l’Europe parvenait à faire « repartir la croissance » au prix des sacrifices aujourd’hui exigés, que se passerait-il au niveau mondial ? Ceux qui voyaient leur situation s’améliorer, ceux qui espéraient gagner des parts de marchés à l’international, vont-ils devoir s’asseoir à nouveau sur leurs espoirs ?

Je mets au défi tous les économistes de la planète de nous prouver comment les mesures qu’ils soutiennent aujourd’hui favoriseront demain les conditions d’existence de plus d’êtres humains qu’hier. J’affirme par avance que cela est impossible, pour la simple et bonne raison que tout cela est incalculable, et que nous le savons tous. Vous pourrez prendre la chose de quelque côté qui vous convienne, le capitalisme favorisera toujours les uns au détriment des autres, et ce n’est certainement pas en se fourrant la tête dans le sable que nous trouverons le moyen de sortir de cette aberration.

La décadence d’une civilisation commence le jour où les hommes cessent de prévoir l’avenir pour tenter de sauvegarder un présent qui leur échappe. Car si au lieu de se pencher sur les moyens de sauvegarder un système qui a fait preuve de son inadaptation nos « penseurs » se mettaient à imaginer celui qui doit le remplacer, alors l’espoir pourrait renaître aussi rapidement qu’il a disparu.

Caleb Irri
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Publié dans crise, double coup, misère, mondialisation, politique? mensonges, progrès technique | 21 Commentaires »

Gouvernements et marchés : et si on les faisait chanter ?

Posté par calebirri le 3 juillet 2012

Puisque la Grèce a capitulé et que monsieur Hollande trahit déjà ses promesses, les peuples de l’Europe doivent désormais se considérer comme seuls pour stopper la machine infernale qui se prépare à broyer les restes de nos déjà piètres conditions d’existence. La tâche ne sera pas aisée et les possibilités d’actions sont limitées, mais nous sommes et resterons quoiqu’il advienne les maîtres de notre destinée- si toutefois nous voulons bien nous donner la peine de nous en rendre compte.

Maintenant, il s’agit de recenser les options qui nous restent, et ne pas se tromper sur la manière de les utiliser.

-la grève générale : Le problème de la grève générale est qu’elle nuit assez rapidement à ceux-là mêmes qui la conduisent, et qu’elle est très mal perçue par ceux qui ne la suivent pas. De plus, le service minimum a considérablement amoindri la force de la grève. Pour fonctionner, elle doit donc être massive, et massivement soutenue, c’est-à-dire très bien organisée.

-les manifestations : les événements récents nous ont montré que même massives elles ne sont d’aucune utilité, et que la durée ou la répétition de celles-ci servent en réalité à permettre un durcissement du conflit qui débouche à terme sur de la répression.

-l’Assemblée Constituante : elle est pour moi le moyen de lutte le plus cohérent en même temps que le plus pacifique, mais prend du temps et demande une implication constante de la part des citoyens. Elle doit s’organiser sur le long terme et parallèlement à d’autres formes de lutte, et surtout n’être pas contrôlée par un pouvoir qui lui retirerait toute sa légitimité.

-Le référendum d’initiative (vraiment) citoyenne : entre réalité théorique et utopie réalisable, le RIC est un outil formidable qui n’a malheureusement aucune chance d’être mis en place par le gouvernement actuel, car il le mettrait en défaut à coup sûr. Pour qu’il soit légitime, il doit être organisé sur toute l’Europe, ce qui implique une organisation très lourde et une solidarité sans faille entre toutes les composantes nationales de ce genre de projets.

-le coup d’Etat : il est bien évident qu’un coup d’Etat ne peut qu’être vecteur de violences et de divisions, et l’illégitimité d’un tel acte est évidente. Il n’est pas besoin d’aller plus loin pour écarter cette option dont personne ne sortirait gagnant.

-la négociation syndicale : il faut être clair là-dessus aussi, il n’y a pas plus à attendre de ce côté-là que de celui du gouvernement, étant donné que c’est le même côté…

-le boycott : le boycott est une forme de lutte commerciale qui peut avoir des effets importants sur le long terme, mais ils sont assez imprécis lorsqu’il s’agit d’un refus global des grandes firmes qui imposent leurs prix à toute la chaîne de production, car elles détiennent à quelques unes pratiquement l’ensemble de la production, ce qui fait qu’à moins de se priver de presque tout, il favorisera inévitablement l’une ou l’autre de ces grandes firmes

-le bankrun : nous avons un peu trop vite oublié la terreur qu’a provoquée cette rumeur lorsqu’elle est venue jusqu’aux oreilles des gouvernements alors en place. Elle n’était pas feinte, car la réalisation d’une telle option remettrait en cause tout l’échafaudage construit par ceux qui organisent le sauvetage des riches. Mais dangereuse, sachant que nous n’avons absolument aucune idée des conséquences d’une telle action.

-le lobbyisme : là aussi un travail de longue haleine, mais qui risque de faire plus de mal que de bien. Jouer le jeu du lobbyisme c’est entrer dans un processus jamais très éloigné de la corruption, et dans lequel la loi capitaliste s’applique pleinement. On peut y perdre non seulement son âme, mais aussi son objectif.

-l’émigration : la situation de l’Europe et ses perspectives économiques étant chaque jour revues à la baisse, il peut être temps de cesser de stigmatiser les immigrés pour penser nous-mêmes à l’émigration, vers les pays « qui montent » en allant chercher les meilleures conditions de travail là où elles s’améliorent, sachant bien qu’à un moment donné elles se rejoindront avant de se séparer à nouveau, dans l’autre sens.

-la soumission : reste cette option ultime, attendre 5 ans en rongeant son frein, et puis espérer encore que le futur gouvernement ne fasse pas pire que le précédent… Rien de bien certain.

J’oublie certainement certaines options, que peut-être certains commentateurs avertis me rappelleront, mais vous aurez compris qu’à mes yeux la plupart des options sont inutilisables ou inefficaces, et qu’il ne reste donc que celles qui concernent le RIC et l’Assemblée Constituante pour le long terme, et le bankrun ou la grève générale pour ce qui est du court terme. Les deux premières étant l’objectif à atteindre, les deux secondes pourraient être le moyen d’y parvenir. Car en menaçant d’un bankrun assez large pour effrayer les banquiers, en organisant « autrement » la grève générale, nous pourrions ainsi atteindre la mise en place des réformes structurelles indispensables à la sauvegarde de la démocratie en même temps que les conditions d’application réelle de la volonté des peuples.

Puisqu’ils ne veulent pas nous écouter ni tenir leurs promesses, rappelons-leur qu’il ne doivent leur puissance qu’à notre volonté. Que la rumeur fasse son chemin, et que d’autres choisissent et la date et le lieu pour se retrouver. Et retrouvons-nous.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

Publié dans Assemblée Constituante, crise, la démocratie, La voie des peuples, politique? mensonges | 8 Commentaires »

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