Pour une réflexion sur le post-capitalisme

Posté par calebirri le 25 juin 2012

Voilà où nous en sommes : l’Europe est confrontée à un choix décisif qu’il faudra bien se résigner à faire. Subir le capitalisme, ou en sortir. Il est évident aujourd’hui que le retournement du capitalisme ne s’arrêtera pas là, et qu’à moins d’entrer en guerre pour sauvegarder « de force » notre position dominante dans le concert des nations ou de renoncer à la démocratie (et ses conditions de vie avantageuses) les peuples d’Europe devront se décider bientôt.

Il semble que pour le moment la peur engendrée par la perspective d’une baisse substantielle non pas du taux de profit (comme le capitalisme le prévoit « naturellement ») mais des conditions de vie des travailleurs donne encore l’illusion à une majorité de citoyens qu’en faisant des « efforts » (des sacrifices)ils seront en mesure de refaire partir la machine économique et de s’en sortir indemnes- ou presque. En espérant réussir un jour ou l’autre à « moraliser » un système qui en est intrinsèquement incapable.

Mais pour les autres, qui sont de plus en plus nombreux, cette illusion est perdue. Ils savent que le capitalisme n’est pas moral, et ne peuvent décemment espérer que telle ou telle mesure soit capable d’améliorer la situation économique. C’est que le capitalisme est un échafaudage complexe, un univers qui comme tout système complexe fait que lorsqu’on touche à un rouage ici ou là, c’est tout le système qui s’en trouvera modifié : on peut décider de supprimer l’héritage, ou d’empêcher l’épargne, de fermer les paradis fiscaux ou d’interdire les paris sur les fluctuations des prix des matières premières, mais c’est toujours créer les conditions d’un bouleversement gigantesque capable de faire basculer « l’équilibre » des pôles ; comme l’a fait la dérégulation du marché dans les années 80, cette mondialisation qui a contribué à la montée des émergents, et qui remet finalement en cause la domination de « l’occident » sur le reste du monde.

Il devient difficile alors dans cette complexité de prévoir les conséquences des mesures décidées, qui comme pour le cas du SMIC en France sont en vérité incalculables : certains annoncent qu’une augmentation de 1% détruirait 50 000 emplois. Pourtant, les mêmes vous disent également qu’avec un plus haut pouvoir d’achat, les salariés consommeront plus, ce qui est créateur d’emplois, et donc de croissance. Alors que la hausse des salaires devrait faire « logiquement » baisser la marge des vendeurs et augmenter le chiffre d’affaire des ventes en retour, d’aucuns sont encore portés à croire qu’en augmentant les salaires c’est l’économie toute entière qu’on soutient. Mais chaque augmentation du salaire, ou du prix des matières premières, est en réalité l’occasion pour les entreprises non pas de baisser leurs marges mais de licencier et de délocaliser (pour combien de temps encore d’ailleurs, puisque même les Chinois deviennent trop cher ?). Car aujourd’hui, une entreprise qui ne fait pas « suffisamment » de marge est considérée comme en danger (en Europe en tout cas), tandis qu’une entreprise qui se prépare à licencier 10 % de ses employés grimpe d’au moins 5% à la bourse.

Qui veut saboter la croissance si ce ne sont ces riches qui refusent de voir leurs marges abaissées ? On veut nous faire croire que sans les riches l’emploi disparaît, mais les pauvres, eux, consomment tout jusqu’au dernier sou, et encore plus ! Le problème ne vient donc pas des pauvres mais des riches, car l’argent qu’ils gagnent sur le dos du travail des pauvres ne retourne pas totalement dans la machine économique : le surplus (qui ne sert à rien d’autre que de fructifier en le prêtant à ces mêmes pauvres auxquels il a échappé par le « vol » de la plus-value) ne sert qu’à enrichir les riches.

Les banques se servent, les riches se servent, et les pauvres ne récupèrent que les miettes : voilà en quoi consiste le capitalisme et sa fameuse main invisible… elle nous fait les poches sans qu’on s’en aperçoive.

Face à ces injustices et à l’impossibilité pratique, concrète, avérée, empiriquement constatée, de faire changer les comportements (à moins que de laver le cerveau des riches ou de les guillotiner- ce à quoi je suis personnellement opposé car il en renaîtra toujours dans un tel système), il va bien falloir qu’en dehors des deux options citées plus haut (la guerre ou/et la dictature) on réfléchisse à « autre chose » que le capitalisme. Et qu’on ne me parle pas des communistes staliniens ou des autres capitalismes déguisés qui n’ont rien à voir avec ce que signifie l’absence de capitalisme, ni de l’anarchie qui serait une absence de règles ou d’Etat. Le capitalisme s’est créé en même temps que la monnaie, et n’a jamais disparu depuis. Toutes les tentatives « communistes », « socialistes », « anarchistes » ou que sais-je encore n’ont jamais cessé de fonctionner à l’intérieur du capitalisme : ce n’était pas du « non-capitalisme » ; pour supprimer le capitalisme il faut supprimer l’argent.

Car le capitalisme est un genre, pas une espèce ; et tant que l’argent existera il y aura le capitalisme, et donc la chrématistique dénoncée en son temps par Aristote.

C’est bien à la fin du capitalisme qu’il faut donc désormais réfléchir et se préparer, pour ne pas rien avoir à opposer à nos dirigeants lorsqu’ils voudront nous imposer soit la fin de la démocratie pour « sauver nos conditions de vie », soit abaisser nos conditions de vie pour sauver la démocratie ». Cette question est bien sûr presque incommensurable, mais pas plus sans doute que celle qui consiste à vouloir rendre le capitalisme moral. D’autant que l’avancement des technologies est tel à présent que certaines utopies d’hier sont êut-être réalisables aujourd’hui (mais nous en reparlerons…).

Quel système pourrait remplacer celui-ci, voilà une question qui sonne comme un défi à l’imagination. Un système capable de faire fonctionner la société de manière moins injuste et moins inégalitaire, une société dans laquelle les hommes qui ont le plus le partagent réellement avec ceux qui ont le moins, sans nuire ni à la planète ni au progrès, sans créer la rareté ni permettre l’obsolescence programmée, sans devoir régulièrement recourir au mensonge ou au conditionnement…

Tout est à repenser, tout est à inventer, il suffit de prendre le monde d’aujourd’hui, et certes de regarder ce qui devient impossible lorsque l’on supprime le mot « argent » de notre vocabulaire, mais aussi ce qui redevient alors possible. C’est un défi immense, qui peut ne pas aboutir il est vrai, mais qui a le mérite de bouleverser toutes nos certitudes et de repousser les limites de notre imagination.

Et puisque le capitalisme n’a pas pu, ne peut et surtout ne pourra pas contribuer à l’intérêt général, au bien commun, un système « non-capitaliste » le pourrait-il ? Et à quoi pourrait-il ressembler ? Que se passe-t-il lorsque l’on part des besoins pour arriver au moyens de les combler, et non pas comme aujourd’hui de partir de ce qu’on a pour déterminer ce qui revient à chacun ?

Plutôt que de laisser nos chers économistes rechercher désespérément un Graal qui n’existe pas, pourquoi ne pas tenter de nous pencher ensemble sur les alternatives qui existent en dehors du capitalisme ? Les hommes vivaient en société avant que l’argent n’ait été inventé, et certaines tribus ancestrales ne connaissent même pas ce mot. Il serait bon de savoir pourquoi.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

18 Réponses à “Pour une réflexion sur le post-capitalisme”

  1. Jean-Marc dit :

    Bonsoir Caleb, passage vitesse lumière, lu, pas le temps de réagir autant que ce que j’aimerai.
    J’ai aimé pas mal de choses dans votre article.

    Vite fait :
    1. dans les année 60 et 70 de nombreuses communautés en occidennt ont expérimenté la suppression de l’argent. A ma connaissance elles ont toutes implosé. Pourquoi? Je sais qu’il y a des ouvrages là dessus, mais je ne les ai pas lus.

    2. je trouve vos remarques sur les économistes leur omnipotence et leur non science très justes, et l’intérêt à porter aux anthropologues et sociologues très pertinent. J’avais lu des chose sur le Don-Contre don intéressantes un jour.

    3. une remarque de Freud, fondamentale je crois à conserver en mémoire :
     »J’estime qu’aussi longtemps que la vertu ne trouvera pas sa récompense dès cette terre, l’éthique prêchera en vain. Il me parait, à moi aussi, indubitable qu’une réelle modification dans la relation des hommes à la possession des biens sera ici d’un plus grand secours que tout commandement éthique ; mais cette clairvoyance de la part des socialistes (remarque JM : époque Freud, et ni voir aucune volonté de ma part) est troublée par une nouvelle méconnaissance idéaliste de la nature humaine et rendue sans valeur au niveau de l’exécution ».

    A pus Caleb, et si vous voulez me tutoyer, cela ne m’ennuiera pas, au oontraire.

    JM

    • calebirri dit :

      Salut Jean-Marc,

      et bien va pour le tutoiement, c’est bien comme ça !

      Un monde fonctionnant sans argent est difficile à se représenter, et il existe effectivement tout un tas d’initiatives lancées ici ou là, à des époques différentes. Il serait judicieux de pouvoir établir une sorte d’abécédaire du genre pour amorcer le genre de réflexions que je propose, mais j’imagine que comme d’habitude personne ne viendra nous les apporter sur un plateau… Je remets donc ça aux « calendes grecques », avec le reste de toutes les initiatives auxquelles je voudrais participer.

      Encore que je tenterai sans doute bientôt, dès que le plan aura germé dans ma tête, une sorte d’appel au débat sur le sujet (j’ai déjà quelques pistes ;) )… Enfin on en reparlera.

      Sur la phrase de Freud, je m’inscris en faux quant à ce qui est de la nature humaine : pour moi tout part du principe que l’homme n’est ni bon ni mauvais, mais simplement influençable, plastique. C’est le système qui le rend mauvais, et non pas lui qui pervertit le système… encore un long débat en perspective…

      A bientôt

      • Lionel dit :

        Salut ! Je crois important de dire que dans un premier temps tout au moins il est nécessaire de faire disparaitre l’argent thésaurisable.
        De fait l’enrichissement non seulement devient impossible, pas besoin de mesures autoritaires, mais plus d’inflation puisque plus de spéculation…

        A propos de la gratuité :

        http://www.prosperdis.org/n_spm.php

        Sur ce blog, pas mal de vidéos et de docs audio très intéressants !

        http://www.tantquil.net/

        Tant qu’il y aura de l’argent…
        Y’en aura pas assez pour tout le monde !

        http://www.lecolibri.org/2010/04/portrait-de-pepe-diaz/

        Un bon article des Colibris.

      • Jean-Marc dit :

        Ah ça c’est certain que le débat que tu évoques peut être long :-)
        Tu t’inscris en faux par rapport la phrase Freud. Moi aussi d’ailleurs, mais en partie seulement.
        Car de mon point de vue entre les 2 radicalités opposées à ce sujet (Rousseau et Hobbes), il y a la réalité humaine.

        Ps. Je trouve le projet de suppression de l’ »argent », considéré comme vecteur d’échanges entre personnes et entités, un peu utopiste, au sens où il me semble s’affranchir de considérations pratiques.
        De plus, son absolutisme m’effraie ; toujours la recherche de la perfection dans les systèmes sociaux, quand elle émane d’une idéologie aussi pavée de belles intentions qu’elle soit, mène au totalitarisme et à l’écrasement des individualités.
        Ce qui ne veut pas dire que je ne sois pas pour un changement radical de paradigme concernant la « monnaie/argent », et je crois que ce qu’on appelle les places de marché, ou le marché, doit être soigné à grands coups d’antibiotiques et avec chirurgie pas piquée des vers! :-)

        Ciao Caleb.

  2. Agequodagix dit :

    Pourrons-nous sortir du capitalisme au moment où ceux qui le subissaient commencent à en profiter ? Est-il possible que nous changions unilatéralement les règles du jeu quand ces règles ne nous conviennent plus, et au moment où elles conviennent aux pays émergents.

    Ne faut-il pas nous faire accepter que nous utilisons une part disproportionnée des ressources mondiales et que nous pourrions penser à la frugalité, ou même à l’austérité ?

    • calebirri dit :

      La question se pose effectivement, et il pourrait sembler juste que le retournement profite enfin aux « autres »… Mais d’une part cela ne règlera pas le problème des ressources, et d’une autre je m’imagine mal comment des peuples ayant connu la liberté et l’abondance pourraient se résigner à laisser la place à d’autres… C’est là une question cruciale à laquelle nous devons tous répondre, car il est fortement probable qu’entre la guerre ou la misère nos concitoyens préfèrent la première solution.

      • Agequodagix dit :

        Entre la peste et le choléra, la guerre et la misère, n’y a-t-il pas des solutions qui mériteraient d’être explorées, notamment le thème un peu simpliste du « vivre mieux avec moins » ?

        Si nous cessions de croire que nous pouvons espérer le retour de la croissance, ou au minimum le maintien de notre pouvoir d’achat, et que plus grand-chose ne justifie que nous vivions avec un multiple des ressources de la moyenne mondiale, il devrait être possible de nous convaincre de considérer les productions de notre potager, l’usage d’un vélo, la pratique de la frugalité, de l’épargne et de la simplicité, et les services aux démunis comme faisant partie des richesses que nous produisons, et qui viendraient compenser, dans un PIB nouveau, la perte de notre pouvoir d’achat ?

      • Agequodagix dit :

        « car il est fortement probable qu’entre la guerre ou la misère nos concitoyens préfèrent la première solution. »

        Quand nous employons des formules comme « il est évident que », « il est fort probable que », « les chiffres, les statistiques, nous disent que », les scientifiques s’accordent sur », « il est prouvé que », « nous savons tous que », l’argument qui suit est un postulat, c’est à dire un principe défini mais non démontré utilisé dans la démonstration d’une théorie.

        La théorie ne vaudra jamais plus que ne vaut le postulat.

        Certain des postulats suivants ne mériteraient-ils pas d’être démontrés ou remis en question ?

        1. Nous allons connaître une baisse inévitable de notre pouvoir d’achat, ou une période d’austérité, ou une perte de nos acquis sociaux, ou une baisse de notre niveau de vie.
        2. Ces baisses sont une conséquence de la crise, ou du surendettement, ou de l’inégalité de répartition des richesses, à l’intérieur d’un pays, à l’intérieur d’une union économique, à l’intérieur des pays occidentaux, à l’intérieur des pays riches, au niveau mondial.
        3. Ces conséquences sont imputables au capitalisme qui est le cadre économique dans lequel nous vivons.
        4. Ces baisses sont inacceptables et vont provoquer soit la guerre ou la révolution, soit la misère.
        5. Entre la guerre ou la misère, l’histoire de la bêtise humaine nous permet de postuler que nos concitoyens préfèrent la première solution.
        6. Le capitalisme est donc à l’agonie puisqu’il induit des conséquences inacceptables.
        7. Si nous supprimons le capitalisme et le remplaçons par un cadre économique nouveau, nous pourrons éviter les conséquences inacceptables du capitalisme.

        • calebirri dit :

          @ Agequodagix

          je trouve vos sept points tout à fait cohérents, ils résument bien ce que je pense de la situation, en gros…

          PS : j’abuse un peu trop du « il est évident que » il est vrai, mais j’essaie de me corriger : parfois j’emploie « il semble évident que », comme ça…

          • calebirri dit :

            @ Agequodagix

            Comme le dit Jean-Marc, il est intéressant de prendre les choses à contre pieds (une belle « pensée double »)…Cela m’amène à penser que les véritables débats sont là, sur la pertinence du capitalisme en tant que système globalisant. Il faudrait un lieu pour pouvoir remettre tout à plat sur le sujet, existe-t-il quelque part ?

            Pour le reste, il y a tout de même une chose qui me chiffonne dans cette deuxième vision : le « vivre mieux avec moins ». Les pays émergents, et ceux-qui sont encore plongés dans la misère peuvent-ils prétendre aux vertus spirituelles de la frugalité ? que notre suprématie économique soit à l’agonie oui, que les ressources soient consommées injustement oui, mais le problème est que même en admettant que les « anciens riches » se mettent à la décroissance, rien n’indique que les nouveaux « émergés » soient prêts à faire les efforts que nous n’avons pas réussi à faire jusqu’ici.

            Si le retournement du capitalisme nous pose la question de la surexploitation des richesses en Europe, il ne résout pas la question des ressources, ni celle des inégalités.

            Réflexion à suivre…

          • Agequodagix dit :

            Dans le bras de fer qui oppose les nouveaux champions du capitalisme avec ceux que le capitalisme met à l’agonie, le premier qui relâchera la tension pour réfléchir à un jeu moins stupide, risque de perdre la partie.

            Ceux des pays riches qui voudraient changer le jeu au moment où le jeu qui les a enrichi pourrait les appauvrir, sont-ils crédibles ?
            Si les solutions qu’ils proposent peuvent être érigées en loi universelle, et si les pays riches sont prêts à les appliquer les premiers, ces solutions méritent certainement d’être approfondies. Pourquoi pas par vous !

            Il faudra bien nous expliquer qu’une croissance autre que qualitative est probablement impossible, et qu’il va sans doute falloir tenter de vivre mieux avec moins pendant que d’autres chercheront peut-être à profiter de ces nouvelles bonnes résolution pour ne pas jouer le nouveau jeu avant d’avoir épuisé toutes les ressources du bon vieux jeu capitaliste.

            Mais si le nouveau jeu est meilleurs que l’ancien, nous ferons des émules, puis une majorité, puis un monde nouveau.

            Mais y aura-t-il jamais une majorité pour changer le jeu ? Ou une catastrophe pour nous y contraindre ? Que faire de ceux qui ne joueraient pas le nouveau jeu, parce que l’ancien leur convient encore ? Comment faire éventuellement évoluer le jeu existant vers un jeu moins cruel ? Par quoi commencer pour ne pas trop perdre ?

            Le nouveau manifeste contre la rigueur répond-il en partie à ces questions ?

          • Jean-Marc dit :

            Il n’y a pas qu’un seul bras de fer en cours, il y en a des dizaines et les bras s’entrecroisent sur la table du monde à tel point que croire pouvoir séparer de manière « pratique et simpliste » un bras de fer des autres est une vue de l’esprit.

            Mais il me semble que rapprocher le manifeste de ces économistes de ceci sorti hier en fin de journée
            http://www.20minutes.fr/politique/962501-train-vie-effectifs-depenses-baisse-austerite-selon-ayrault
            ou
            http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/06/29/matignon-fixe-a-ses-ministeres-de-severes-objectifs-d-economies_1726714_823448.html
            permet de cerner quelque chose d’important concernant quelques aspects concrets et « opéralisables » de ces multiples bras de fer.

          • Agequodagix dit :

            Agequodagix dit :
            28 juin, 2012 à 15:49
            Or « il me semble évident que » les sept point précédents sont incohérents et que postuler tout le contraire est vrai, en gros…
            1. Nous allons maintenir notre pouvoir d’achat en y incluant des éléments de qualité de vie qui ridiculiseront nos habitudes de consommation actuelle.
            2. La crise est le révélateur bienvenu d’habitudes mauvaises et le catalyseur d’un changement vers de bonnes nouvelles habitudes.
            3. Les autres conséquences de la crise ne sont pas imputables au capitalisme qui n’est que le cadre économique dans lequel nous vivons, et qui peut intégrer les nouveaux éléments de notre bien-être.
            4. Entre la peste et le choléra, la guerre et la misère, il y a une infinité de solutions qui méritent d’être explorées, notamment celles qui tournent autour du thème un peu désuet du « vivre mieux avec moins »
            5. Entre la guerre ou la misère, à part l’histoire de la bêtise humaine, rien de rationnel ne nous permet de postuler que nos concitoyens préfèrent la première solution et ne trouveront pas d’autre solutions.
            6. Le capitalisme n’est donc pas à l’agonie . Ce qui est à l’agonie, c’est notre suprématie économique ,ou notre façon de consommer une part disproportionnée des ressources matérielles de la planète .
            7. Supprimer le capitalisme et le remplacer par un cadre économique nouveau est une perte de temps et d’énergie et une façon intelligente de reporter aux calendes ce qui peut être fait hic et nunc. Il faudra longtemps, ou des évènements dramatiques que certains utopistes sadiques espèrent, pour changer un système économique enraciné dans des éléments aussi fondamentaux de la nature humaine que sont la cupidité et la peur.

  3. Yanick Toutain dit :

    Bonjour
    Découvranr votre article sur le blog stalino-fasciste Daziboueb qui a effacé tous mes commentaires et les 11 articles que j’avais posés, je vous réponds rapidement (je prends le risque de me faire AUSSI censurer ici)
    Votre texte est intéressant
    MAIS
    Vous écrivez :
    « Car le capitalisme est un genre, pas une espèce ; et tant que l’argent existera il y aura le capitalisme, et donc la chrématistique dénoncée en son temps par Aristote. »

    Aristote est un âne qui n’a rien compris au matérialisme et qui léchait les bottes des puissants.
    L’argent ne sécrète le capitalisme (exemple les Chevaliers à Rome étudiés par Nicolet) que dans la mesure où le prêt à intérêt est autorisé.
    Nous nous battons pour l’ABOLITION DEFINIIVE DE LA RIBA, du crédit, des banques et DONC du capitalisme.
    Il s’écoule beaucoup de temps pour que des bons énergie-ressources viennent remplacer l’argent.

    « Quel système pourrait remplacer celui-ci, voilà une question qui sonne comme un défi à l’imagination. Un système capable de faire fonctionner la société de manière moins injuste et moins inégalitaire, une société dans laquelle les hommes qui ont le plus le partagent réellement avec ceux qui ont le moins, sans nuire ni à la planète ni au progrès, sans créer la rareté ni permettre l’obsolescence programmée, sans devoir régulièrement recourir au mensonge ou au conditionnement… »

    Il n’agit pas d’être « MOINS INEGALITAIRES » en préservant certains privilèges.
    Il s’agit d’être égalitariste en se partageant 1000 euros par mois par Terrien(+ 500 pour les moins de 14 ans)
    Plus 300 euros par mois pour l’investissement démocratique (sans banque ni bureaucrates Besancenot-Mélenchon)

    Salutations égalitaristes

    • calebirri dit :

      @ Yanick Toutain

      Je ne comprends pas cette manie qu’ont certains internautes de toujours vouloir étiqueter les sites selon des caractéristiques qui n’ont aucun lieu d’être : Ca veut dire quoi stalino-fasciste ?

      L’important est-il ce qui est écrit dans le texte ou bien l’endroit sur lequel on peut le lire ? Si c’est l’endroit, alors autant ne pas lire… Et si c’est l’écrit, alors peu importe l’endroit. Je suis parfois publié sur différents supports qui sans doute se détestent cordialement, et alors ? D’autant qu’il m’est impossible, et vous m’en excuserez sans doute, de repérer dans la « transpiration » qui se dégage d’un site les caractéristiques que vous dénoncez : je ne sais pas ce que veut dire « stalino-fasciste ». Cela veut-il dire qu’ils militent pour une dictature qui enfermerait ses opposants dans des camps de travail, ou qu’ils désirent le meurtre de telle ou telle communauté, ou qu’ils cherchent à établir une sorte de ségrégation raciale, ou quoi ?

      Pour le reste, Aristote n’était sans doute pas un âne, mais l’usure n’est-elle pas inéluctable du moment où l’argent existe ? Et l’argent n’existe que pour être accumulé : il ne se mange pas, il ne se boit pas, il n’est d’aucune utilité… Sauf justement s’il est désiré pour lui-même.

      Pour moi justement, le capitalisme est intrinsèquement inégalitaire. Donner 1000 euros à chacun c’est comme en donner 10 000 ou des tickets de rationnement, le système ne fonctionnerait pas. Il y aurait toujours des petits malins qui tricheraient (en prêtant justement), et puis tout redeviendrait comme avant.

  4. Lionel dit :

    Les objecteurs de croissance se passent le mot, partout il est question d’envisager un « après » et la pensée se fait jour qu’inéluctablement la seule démocratie véritable en passe par l’abolition des richesses monétaires.
    Toute personne non suspecte de décroissance droitiste ( c’est très à la mode ces temps-ci… ) en conviendra une fois passée la crise des questions débiles du genre  » mais alors si tout est gratuit, il n’y a plus besoin de rien faire ?!?! )…
    Comme parfois aussi des gens que j’aime tiennent ce genre de propos, je ne qualifierai pas, pourtant j’en ai envie !!!
    Si l’on veut se donner la peine d’une authentique réflexion, que proposer de plus ambitieux ?
    Et nous voulons le vrai, le meilleur, une véritable utopie, de celles qui font naitre les penseurs !
    Merci Caleb !

  5. Jean-Marc dit :

    Excellent ce Agequodagix.
    Les 2 points 7…! :)

    Relativement intéressant puisque le problème d’ensemble est bien plus vaste que de savoir si il faut opter pour une politique keynesienne ou non, mais évènement à ne pas négliger à mon avis :
    http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/06/28/rebrousse-poil-des-economistes-lancent-un-manifeste-contre-la-rigueur-233417
    —–
    Deux économistes de renom, qui en ont assez de voir les hommes politiques vanter sans relâche la rigueur budgétaire, ont décidé de pousser un coup de gueule. Publié dans le Financial Times [lien payant] et titré « Manifeste pour le retour à la raison économique », ce texte fait l’objet d’une pétition que tous les économistes sont invités à signer. La liste des signataires, des universitaires de nombreux pays, s’allonge depuis très rapidement depuis jeudi.

    Les deux signataires du texte sont :

    * le prix Nobel américain de l’économie Paul Krugman, professeur à Princeton et chroniqueur au New York Times ;
    * Richard Layard, économiste anglais, fondateur du Centre for economic performance à la London School of Economics.

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