Entre fait divers et fait de société, les rapaces entrent en campagne

Posté par calebirri le 20 mars 2012

« Niveau écarlate », « vigipirate », « massacre », « terrorisme », « morts », « juifs », « fusillade », voilà les mots-clés qui vont faire sensation sur internet dans les jours qui viennent… Quelle pitié ! alors que l’horreur a encore frappé ces derniers jours après les meurtres de militaires qu’on dit « maghrébins » et celui de personnes innocentes qu’on dit « juives », nos bons politiciens, comme leurs complices journalistes, se jettent tous ensemble, comme des oiseaux nécrophages, dans la bataille de récupération, d’instrumentalisation qui suit d’ordinaire les faits divers à l’approche d’échéances électorales… Ils disent ne pas vouloir d’un « nouveau Carpentras »bien sûr, mais ils ont tout de même sorti aussitôt leurs larmes les plus chaudes, plaignant les familles  et promettant des sanctions. Chacun ira bien entendu de sa proposition de loi pour lutter contre ces violences (lorsqu’il sera élu) dont on nous dit un jour qu’elles se font plus rares et un autre qu’elle se font plus nombreuses…

 

Mais en réalité, ils n’en ont rien à faire de tous ces innocents. Pas plus que de ceux qui se suicident au travail ou de ceux qui meurent de faim. Car les morts ne votent pas, n’achètent pas les journaux, tandis que les familles apeurées par la couleur « écarlate » (celle du sang) du plan vigipirate oui. Bien sûr, comme chacun de nous, ils considèrent ces actes odieux comme inacceptables, mais comme nous aussi ils ne ressentent pas la peine que les familles et les proches des familles ressentent (et c’est bien normal, la nature humaine est ainsi faite)… Mais contrairement à nous ils font semblant.

 

Ils font semblant aussi de croire que le terrorisme est de retour, que nous sommes tous en danger, que « ça peut arriver à tout le monde », alors qu’ils savent très bien d’une part que de tels actes sont spontanés, isolés et très rares, et d’une autre qu’ils sont pratiquement incontrôlables. Ce qui compte pour eux n’est pas d’éviter le fait divers (cela est impossible), mais de s’en servir pour gagner des voix. Et s’il faut pleurer, crier ou promettre n’importe quoi devant les caméras pour y arriver, ils le feront. Et s’il faut appeler un fait divers un attentat terroriste pour faire monter la pression, alors il n’y a aucune hésitation à avoir : les adeptes du « qui veut la fin veut les moyens » (parmi lesquels on compte beaucoup d’hommes politiques) iront jusqu’au bout de l’amalgame.

 

Des éditions spéciales, des témoignages de témoignages, des « suivez les infos en direct », des titres « bien sentis », des images « choc », voilà toute la compassion, tout le respect dont bénéficieront les victimes et leurs proches ; doublement victimes en réalité, car ils verront leur douleur utilisée à des fins électoralistes ou mercantiles, leurs morts maintenus artificiellement en vie pour quelques heures ou quelques jours, le temps que le « buzz » passe et que la nuée de rapaces trouve d’autres drames à se mettre sous la dent. Chacun y trouvera son compte à la fin, car d’un point de vue strictement « tactique » ce genre de malheurs est une aubaine pour nos politiques, ceux-là même qui, avec la complicité des médias, utilisent la violence et la mort pour prospérer…

 

 

Pourtant, ce sont justement eux les véritables coupables de ces horribles faits divers, car ils sont responsables des fous que la société engendre, des armes qu’elle vend, des souffrances qu’elle crée…et surtout des drames qu’elle s’apprête à produire. Car s’il est facile d’accuser la folie d’un homme seul, il sera plus difficile de l’expliquer s’il n’est pas fou…  A force de  jouer avec le feu (stigmatisation de certaines religions, de certaines communautés, misère sociale et misère tout court…) on en vient à créer les conditions qui permettent à la folie de s’installer. Reste à savoir si le tueur est « vraiment »  fou (dans le sens « irresponsable »), et en ce cas on ne peut parler ni d’attentat ni de terrorisme. Mais s’il ne l’est pas, c’est alors la société qu’il faudra bien accuser, car c’est elle qui l’a créé.

 

 

En attendant, on suppute déjà des militaires musulmans et des écoliers juifs tués par un même homme, sans paraître se rendre compte de la portée symbolique d’un tel fait (s’il est avéré) : quoi de mieux en effet pour monter les uns contre les autres ?  En sur-médiatisant ce drame, en reprenant les rumeurs et en instrumentalisant la douleur des victimes, la société s’apprête à engendrer les monstres qu’elle redoute : selon que l’on considère ce drame comme un fait divers ou comme un fait de société, les communautés touchées (de près ou de loin) par sa récupération politicienne deviendront alors un instrument de propagande  au service de la peur et de la haine entre les hommes… Imaginez que le coupable se trouve encarté au FN, et jamais Madame Le Pen ne pourra se trouver au second tour ! Imaginez qu »il se trouve à  l’UMP et il sera déclaré fou, et s’il est au PS on le dira victime du discours des deux premiers ; et si enfin c’est un « marginal » (il faudra un jour qu’on nous dise qui ils représentent), on accusera alors le laxisme du PS, etc…

 

 

Et c’est bien contre cette surmédiatisation, contre cette récupération politicienne qu’il faut lutter, car elle risque fort de provoquer les violences contre lesquelles nos hommes politiques sont censés lutter, comme le prouvent les drames qui se réalisent aujourd’hui, conséquences d’autres médiatisations précédentes qui ont porté leur immonde fruit jusqu’au cerveau fragile d’un déséquilibré qui sans doute possède chez lui… une télé.

 

 

Ces hommes qui font semblant me dégoûtent, car non seulement ils se moquent du malheur des autres, mais en plus ils l’utilisent à des fins personnelles… Mais le pire dans tout ça, c’est que leurs mensonges, leurs amalgames, leur hypocrisie sont le ferment qui permet aux médias de diffuser dans tous les foyers la peur et la haine, portant ainsi la responsabilité et des drames passés, et de ceux à venir…

 

Caleb Irri

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Le retour de l’obscurantisme peut-il sauver les riches ?

Posté par calebirri le 13 mars 2012

Pour expliquer le capitalisme, on le compare souvent à un gâteau qui représenterait la somme des richesses à se partager. Au départ d’une taille qui correspondait à la quantité de monnaie qui le constituait, il s’est agrandi au fur et à mesure des convertibilités successives, de la création monétaire, du crédit… jusqu’à devenir un gigantesque dessert « mondial », par addition de tous les gâteaux « nationaux » : c’est le résultat de la mondialisation.

 

Mais ce gâteau qui grandit sans cesse (c’est ce qu’on appelle la croissance) est à partager entre tous les acteurs qui ont contribué, de près ou de loin, à sa réalisation, selon des règles établies et acceptées sinon par tous, au moins par la majorité. Et toute la science politique se résume à savoir comment : chaque individu a-t-il le droit de prétendre à la même part, et si non comment le justifier ?

Cette question revient à aborder le problème du partage non pas d’un point de vue égalitaire ( les inégalités sont flagrantes) mais de celui de la justice. Est-il juste que certains reçoivent une part plus grande que d’autres, et par extension est-il juste que certains n’aient pas même de quoi se nourrir quand d’autres gaspillent sans vergogne ? Voilà la question qui se pose à chacun de nous, de quelque côté qu’on se trouve autour de la table, et voilà sur quoi devrait théoriquement reposer la distinction entre la droite et la (vraie) gauche (voir ici).

Pour éluder cette question certains tenteront d’évoquer le fait que le gâteau continue de grossir et que fatalement il y a plus à se partager, mais récupérer plus de miettes ne peut décemment être considéré comme une victoire : il reste des milliers d’enfants qui meurent de faim, chaque jour.

La réalité est donc plus forte que la théorie, la main invisible n’existe pas, et tout le monde ou presque, aujourd’hui, est en mesure de s’en apercevoir tout autour de lui. Comment alors justifier que ces inégalités perdurent, et même augmentent ? Le fait d’être à la tête de ceux qui coupent les parts n’est pas une raison suffisante, pas plus que celui d’être à la tête de ceux qui donnent le droit à cette charge. Il y a autre chose de plus fort, de plus puissant que la volonté de quelques uns (voir « tous des lâches » ), et cette autre chose c’est nous, le peuple. Ce peuple qui adhère et qui a fini par croire que certains hommes valent plus que d’autres, et donc que certains autres (parfois soi-même !) en valent moins.

 

Car pour justifier et accepter que certains hommes aient des droits supérieurs à d’autres hommes, pour justifier et accepter qu’un petit nombre d’individus possèdent l’équivalent de millions d’autres, il faut que les inégalités trouvent une explication imparable capable de satisfaire aux conceptions de la justice d’une société : si on considère qu’il est juste que les « meilleurs » reçoivent une plus grosse part (ce qui laisse nécessairement aux autres participants une moins grosse part à se diviser), il faut donc déterminer précisément ce qu’est être « meilleur », et selon quels critères la société définit ce statut (les plus riches, les plus forts, etc…)

 

Cette question aurait dû être réglée depuis la déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, mais manifestement les êtres humains ne sont pas tous considérés comme des hommes (et a fortiori comme des citoyens) puisqu’un enfant n’est ni un homme ni un citoyen, un condamné déchu de ses droits reste un homme tout en perdant le statut de citoyen. Mais qu’est-ce qu’un homme alors, et qui « mérite » cette dénomination ? faut-il en exclure les femmes et les jeunes, les enfants ? Les esclaves, les petits, les handicapés, les étrangers, les musulmans ? Si les hommes naissent libres et égaux en droit, comment justifier que la société détruise cette égalité de principe dès la sortie du ventre maternel ?

 

Quand on fait le bilan du capitalisme , il ne fait aucun doute qu’à l’arrivée les principes théoriques s’effondrent : les enfants des classes sociales « favorisées » ont toujours plus de chances de parvenir à se maintenir au sein de cette classe que ceux des classes moins favorisées, et « l’égalité des chances » résonne comme une vaste supercherie.  Rien de nouveau sous le soleil, nous répondra-t-on en évoquant le passé et la « prédestination » divine, la royauté… toujours les puissants se sont réfugiés derrière des arguments « incontestables » pour justifier le partage inégal des richesses : ce n’est pas le riche qui choisit d’être riche mais une sorte de « volonté supérieure » qui favorise comme « naturellement » certains êtres qui, nécessairement, doivent en retour récupérer plus. Comme les gros mangent plus, les meilleurs hommes doivent avoir plus. L’injustice du partage ne serait donc pas la conséquence d’un mauvais système (qu’on peut modifier) mais celle de l’injustice naturelle qui existe entre les hommes.

 

Mais ceux qui tiennent ce discours sont ceux-là mêmes qui ont tout intérêt à le faire croire : en établissant ainsi une cause supérieure indépendante de leur volonté, les bénéficiaires de l’injustice de ce partage défendent leurs privilèges en même temps que leur honneur. Etre « le fils de » pour expliquer sa réussite est moins glorieux que de se croire un don, évidemment génétique, puisqu’il se transmet de père en fils. Ils prétendent et finissent par croire qu’ils sont eux-mêmes meilleurs, et donc qu’ils méritent leur fortune, tandis que ceux qui les jalousent sont moins bons. Pour eux, il est impossible que la raison en soit sociale, car alors la légitimité de leur position leur semblerait (même à eux) intenable : en admettant qu’ils sont favorisés par des règles injustes que les puissants ont mises en place pour conserver leur position dominante, à eux et à leurs enfants, ils admettraient aussi la remise en cause de cette position.

 

Et c’est bien à cela que servait le vieux débat sur l’inné et l’acquis, sur le péché originel ou le caractère intrinsèquement bon ou mauvais de l’homme ; la génétique étant l’argument suprême (scientifique !) pour défendre les injustices…. Sauf que cette illusion est en train de s’effondrer elle-aussi, en même temps que les frontières médiatiques qui, avec l’arrivée d’internet, permettent de montrer au grand jour les mensonges censés les faire accepter.

Car en réalité la génétique n’est rien d’autre qu’un capital (et oui !) que les évènements extérieurs permettent ou non de faire fructifier. Avec l’épigénétique, on découvre que les gènes peuvent (ou non) s’exprimer, et cela dépend du contexte. Cela signifie que le social (l’acquis) prime sur le génétique (l’inné), et surtout que les injustices liées au partage des richesses ne sont pas inéluctables . Et tout le monde peut aujourd’hui s’en rendre compte pour peu qu’il en soit informé. D’ailleurs, il suffirait pour s’en convaincre de supprimer l’héritage, et on verrait alors si les meilleurs sont encore les enfants des riches…

 

Face à l’obsolescence de cet argumentaire et à la diffusion incontrôlable des clefs de lecture du système, il faut désormais que les dominants s’attachent à reconstruire un discours crédible pour justifier leur domination : la science ne suffisant plus à expliquer les inégalités, la religion fait un retour en force dans les esprits, à travers le concept fumeux de civilisation, derrière lequel on peut entrevoir les deux évènements majeurs qui vont arriver : le retour de la fermeture des frontières pour permettre la censure, et un retour vers l’obscurantisme religieux, seul capable de laisser planer le doute quand à une « prédestination » pour expliquer l’injustice du partage des richesses.

 

En réalité la crise est l’excuse sur laquelle s’appuient les puissants pour le rester en imposant LEUR modèle de civilisation, et le choc des civilisations sera la croisade capable de détourner l’attention des peuples vers d’autres responsables des injustices dont ils sont victimes. Et pendant qu’on s’évertue à remettre en place les conditions de cet obscurantisme à travers des débats indignes des valeurs que défendent en théorie nos institutions, les riches continuent de s’enrichir, et les pauvres de s’appauvrir. Combien de temps encore les peuples laisseront-ils l’injustice de ce système perdurer ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans argent, crise, déclaration universelle des droits de l'homme et du ci, la démocratie, mondialisation, politique? | 1 Commentaire »

Un MIRAC pour de vrai

Posté par calebirri le 3 mars 2012

Ce qui semblait n’être au départ qu’un canular mal ficelé est en train de devenir, et ce malgré le silence assourdissant des médias « traditionnels » qui refusent encore de l’admettre, une réalité. Mais la rumeur est plus forte que le silence qu’on lui oppose, étant comme chacun sait auto-réalisatrice, car le MIRAC (Mouvement Indépendant pour une Réelle Alternative Citoyenne) s’apprête à naître officiellement  -ce qui pousse déjà certains de ses partisans à se réjouir et à se rassembler aux cris de  « le MIRAC va se produire », ou encore « il va y avoir un MIRAC ». Partout dans ce qu’on nomme les « repaires de là-bas », dans plus de 150 lieux en France, seront paraît-il organisées des réunions pour populariser le mouvement, tandis qu’en « haut lieu » on commence à s’inquiéter…

 

En effet, après le formidable succès du petit livre des 18 ministres de l’alter gouvernement relayé par l’émission « Là-bas si j’y suis », les AMG et de nombreux citoyens se sont décidés, comme ils disent, à « réaliser l’utopie ». Après la réunion, le 17 février, des ministres de ce gouvernement fantoche, il a été décidé de mettre en place, dans un premier temps, une association nommée « Le MIRAC », destinée à populariser les idées défendues dans ce livre. Cette association devrait voir le jour dès ce lundi 5 mars et s’appuyer bientôt sur un site internet un peu plus sérieux que le blog de votre serviteur…

 

Une conférence de presse devrait aussi être donnée le 31 mars, mais l’information n’est pas encore confirmée… Le dépôt des signatures étant prévu pour le 16 du même mois, on peut s’étonner d’une communication si tardive, peut-être pour surprendre  le public avec une annonce de candidature fracassante à une dizaine de jours de l’entrée officielle en campagne électorale…

 

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle ressemble fort à une entrée en campagne officieuse, dont certains s’étonnent déjà qu’elle ne soit pas plus médiatisée. Bien sûr le caractère fictionnel et utopique de cet « ovni » politique peut faire rire ou faire peur, mais il n’en demeure pas moins que c’est le peuple qui décide, et si l’on en croit les soutiens qui se forment autour du MIRAC, sa notoriété devrait faire porter ses idées plus loin qu’on ne les empêche de se diffuser aujourd’hui. Un militant lance d’ailleurs un cri d’appel à tous ceux qui veulent une « réelle alternative citoyenne » afin qu’ils se mobilisent, c’est-à-dire pour qu’ils diffusent le plus largement possible une sorte de tract intitulé  « appel d’un militant fictif pour une réelle alternative » que vous trouverez en suivant le lien. « Il faut faire vite, et se mobiliser car, nous confie-t-il, le temps presse et le nombre de signatures doit être atteint dans les 15 jours… Seule une mobilisation massive des citoyens peut permettre, par tous les moyens techniques qui sont à leur disposition, de créer les conditions d’une véritable alternative citoyenne. Il faut poursuit-il, diffuser, sans distinction de supports , le message selon lequel la récession, l’injustice, la misère ne sont pas une fatalité mais bien un mode de gouvernement, une volonté politique. Si vous ne voulez plus subir l’oppression, il faut y aller maintenant ! Réalisons l’utopie ! ».

 

Pour ce qui est du candidat la question n’est vraisemblablement pas encore réglée, mais tout porte à croire que même sur ce thème l’alter gouvernement fasse preuve d’inventivité : il se dit en coulisse qu’il n’est absolument pas nécessaire d’en avoir un, ce qui n’est peut-être pas une mauvaise idée après tout.

 

Enfin nous verrons bien, mais pour ceux qui voudraient en savoir plus, des liens audio et vidéos sont disponibles à l’adresse « http://lemirac.unblog.fr« .

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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Le référendum peut-il nuire au peuple ?

Posté par calebirri le 2 mars 2012

Comme je l’ai dit dans mon précédent billet, l’Europe est en train de se doter d’un arsenal législatif qui ouvre grand les portes à une baisse des acquis démocratiques par la mise en place d’une dictature destinée à retrouver compétitivité et croissance, et donc à la généralisation de l’asservissement des peuples européens. Comme je l’ai dit aussi, ce passage ne peut se faire par la violence brutale, et doit donc passer par l’acceptation de ce changement de régime par le peuple. Cette acceptation résultera de la peur de la faillite et du chômage en même temps que du conditionnement par une propagande destinée à diviser et opposer les différents corps de métiers. Ces différents facteurs faciliteront la désignation de coupables, de boucs-émissaires susceptibles de stigmatiser certaines communautés, ou certaines catégories sociales, pour in fine faire accepter aux peuples des réformes qui vont contre son propre intérêt.

Mais les élections qui approchent et le passage « à gauche » du Sénat freinant quelque peu l’application de certaines de ces mesures (malgré sa scandaleuse soumission au MES), le président-candidat doit donc pour faire avancer ses pions renoncer à les faire passer en force et cela encore pour au moins deux ans (le temps que d’autres sénatoriales aient lieu) : c’est tout ce que permettent encore les vestiges qui servaient de remparts à notre démocratie -et qu’il aimerait sans doute bien voir définitivement détruits. Jamais à cours d’idées, le président candidat à la traine dans les sondages mise donc maintenant sur l’arme ultime que représente pour le peuple le référendum.

Cette arme que je qualifie d’ultime est en théorie l’arme du peuple, car elle doit en principe permettre à celui-ci d’exprimer sa volonté directement, et de la faire respecter. Il pourrait paraître d’ailleurs étonnant que tous nos candidats, ceux-là mêmes qui (avec le soutien des élus de leurs partis respectifs) n’ont pourtant pas hésité à passer par dessus à de nombreuses reprises, que ce soit lors du traité de Lisbonne refusé par le peuple mais validé par le parlement, que ce soit pour refuser la votation sur la poste ou pour laisser inachevé le référendum dit d’initiative populaire pourtant inscrit dans la Constitution, que ce soit pour valider les plans d’aide aux banques ou voter le MES…, redécouvrent les vertus du référendum à l’approche des élections présidentielles ; mais c’est que la situation actuelle leur permet de promettre tout et n’importe quoi : comme on dit, les promesses n’engagent que ceux qui y croient.  Et puis le référendum quand on y pense, est-ce vraiment la voix du peuple ?

 

Comment croire une seule seconde que l’avis du peuple importe réellement à ceux-là mêmes qui le méprisent depuis si longtemps ? Ceux qui le proposent savent pertinemment soit qu’ils ne seront pas élus, soit qu’ils n’en tiendront pas compte : car celui qui sera élu sera aussi celui qui l’organisera, et qui validera et la question posée, et les résultats de celui-ci. En réalité le référendum, comme on l’a déjà constaté en France et comme le prouve celui organisé en Syrie, n’est pas un gage de démocratie. Tout dépend de qui l’organise, et de comment.

 

De plus, force est de constater qu’il est assez facile d’en détourner les résultats : le référendum ne vaut pas loi, car derrière il y a la rédaction, le passage devant le parlement, les amendements, le journal officiel et les décrets d’application, c’est-à-dire la possibilité de transformer et de retarder à loisir l’application de la volonté du peuple… quand on sait qu’en droit une virgule peut tout changer ! Sans compter que si seuls les votes exprimés servent à valider le référendum, un très petit nombre de votants peut très bien parler pour tout le monde.

Et puis il y a la question posée : dans la technique utilisée par monsieur Sarkozy, il tente à la fois de justifier les échecs de son mandat par le « blocage » qu’il attribue aux fameux « corps intermédiaires » tout en essayant de s’en débarrasser par l’intermédiaire du référendum. Il fait le pari de la peur, de celle de la faillite, de celle du chômage et de la misère, de la stigmatisation et de la division, pour obtenir à l’aide de questions orientées l’assentiment d’un peuple conditionné par cette peur d’une crise savamment entretenue par une politique injuste.

 

On imagine déjà les dégâts occasionnés par des référendums organisés après l’utilisation de faits divers instrumentalisés dans l’opinion publique, à des fins toutes autres que celles énoncées lors du scrutin… comment autrement croire un seul instant que, en France comme en Syrie, le peuple puisse se tirer volontairement une balle dans le pied ?

 

D’autant que les décisions, on nous le rabâche assez, sont prises à Bruxelles… Comment un référendum s’opposerait-il aux directives européennes, alors même que tout est mis en place pour instaurer un gouvernement « supra national » ?

 

Alors que s’ils voulaient vraiment engager et leur responsabilité et la démocratie, pourquoi ne pas proposer tout simplement la mise en place d’une Assemblée Constituante ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

 

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