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La dictature pour sortir de la crise ?

Posté par calebirri le 29 février 2012

Depuis le coup d’Etat qui a permis à la France et à l’Allemagne (et surtout à l’Allemagne) de s’emparer des commandes effectives de l’Europe on s’en doutait un peu : l’heure est aux sacrifices (enfin pour le peuple), et la situation ne va pas en s’arrangeant. Mais il est une chose à remarquer cependant, et qui va peut-être en rassurer certains, c’est que l’Europe dans sa partie institutionnelle est pour ainsi dire « sauvée ». En prenant peu à peu le contrôle de tous les budgets européens, nos dirigeants ne laisseront pas tomber l’Europe, car ils sont en réalité en train de réaliser le rêve secret de ses fondateurs, à savoir la création d’un « Empire européen ». Cette crise est l’occasion rêvée pour imposer aux dirigeants des pays les plus faibles (et à leurs peuples) une politique économique draconienne en même temps qu’un gouvernement centralisé et peut-être même autoritaire : il n’y avait paraît-il pas d’autre choix, et c’était ça ou la fin de l’Europe, et avec elle la fin de la puissance de la France et de l’Allemagne.

 

Cet Empire européen est un formidable mastodonte qui n’est pas aisé à diriger, mais qui peut faire contrepoids aux gigantesques puissances qui sont déjà présentes sur le marché, pour peu que l’Europe redevienne compétitive pour empêcher les délocalisations qui signifient à terme l’effondrement économique. Et pour s’aligner sur des pays encore peu soucieux soit de démocratie soit de protection sociale sans recourir trop au machinisme et au progrès technique qui créent du chômage (c’est à ce point que la démocratie bloque – et s’oppose au capitalisme), c’est bien une fois encore le travailleur qui servira de variable d’ajustement vers le bas (les dividendes réclamés par les actionnaires ne  sont pas fixés par l’Etat ; et puis pour être juste les gros actionnaires sont les donneurs d’ordre).

 

Et pour faire accepter aux gens de travailler plus pour gagner moins, il faut soit réussir à mystifier le peuple (le peur de la faillite, du chaos, de la crise), soit à le contraindre.

 

Car c’est bien là que nous en sommes : les propositions qui sont faites actuellement par le camp de monsieur Sarkozy sont destinées à faire baisser le coût du travail à travers une criminalisation et des chômeurs  et des étrangers, ainsi que de les mettre en concurrence pour les diviser. Avec la plus grande « flexibilité » (précarisation) du code du travail, la baisse des « charges patronales » (cotisations pour la solidarité) ou l’indemnisation des chômeurs conditionnée à l’acceptation de n’importe quel emploi, avec la remise en cause des « corps intermédiaires » (les syndicats, associations de défense des consommateurs…), le recul de l’âge de départ à la retraite ou le travail d’intérêt général pour obtenir le RSA (comme les condamnés), on s’aperçoit bien vite que ce ne sont pas sur les profits des plus riches que les économies seront faites !

Cela rappelle la nouvelle loi hongroise qui stipule qu’un sans-abri pris à fouiller dans une poubelle doit une amende tellement élevée qu’il doit effectuer des travaux d’intérêt général pour éviter la prison… Pourquoi ne les paie-t-on pas pour effectuer ces travaux alors, puisque apparemment il y a du travail pour eux ? Car ainsi ils sortent du cadre « normal » du code du travail, comme dans les prisons en France, et alors le tarif horaire est bien plus avantageux pour l’employeur…et fait concurrence aux autres salariés.

Finalement, c’est comme si les dictatures dénoncées par nos dirigeants devenaient pour eux désormais le « modèle à suivre », la parade aux « corps intermédiaires »,  aux « charges patronales » trop lourdes, à la récession économique. Ils ont compris à quel point les acquis de la démocratie sont un frein à la croissance, et veulent faire sauter ce dernier obstacle pour retrouver la « compétitivité ». Et ne pouvant décemment pas établir de régime autoritaire de manière frontale s’en s’opposer directement au peuple de manière violente, ils profitent de la crise qui leur permet de restreindre peu à peu toutes nos libertés. En enfonçant les économies les plus fragiles au prétexte de sauver l’Europe, ils contraignent leurs gouvernants à faire subir aux peuples des sacrifices scandaleux tout en prenant le contrôle de pays pourtant (officiellement encore) souverains.

Il ne s’agit pour eux que de faire peur  aux peuples pour qu’ils acceptent, au nom de l’intérêt général, tant de sacrifices qu’il finira par abandonner toute capacité, et toute possibilité de révolter. La contrainte sera si forte et les salaires si bas que la misère et la violence permettront aux gouvernements en place  d’instaurer une véritable dictature, et accessoirement de faire repartir la croissance en Europe : les esclaves de l’Empire européen seront redevenus compétitifs. Après des siècles d’espoirs déçus (ou feins), le monde redécouvre les bénéfices d’une bonne dictature, bien plus efficace et surtout plus rentable qu’une mauvaise démocratie. Nous sortirons peut-être ainsi de la crise, mais pour entrer dans quoi ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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Le vote utile est une arnaque

Posté par calebirri le 25 février 2012

Pour définir une dictature, il existe un critère « objectif » qui n’est contesté par (presque) personne : celui du parti unique. La démocratie étant elle-même (et à tort, dirons certains) définie par le pluralisme des opinions qu’elle est censée garantir, elle permet au peuple, par le biais d’élections libres et non truquées, de se choisir des représentants ayant différentes opinions mais qui fonctionnent ensemble à travers un dialogue constructif dans l’intérêt général. Des contre-pouvoirs sont également institutionnalisés pour éviter les abus de pouvoir, qui sont de nature législative, exécutive ou  judiciaire, et auxquels s’ajoute la presse.

 

Même si la confiscation de ces quatre pouvoirs par le gouvernement actuel fait dire à certains, en référence à la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (article 16 : « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée n’a point de Constitution »), que la démocratie n’existe pas en France, ce pays dispose pourtant de nombreux partis, et la campagne électorale qui a commencé compte une multitude de candidats. Comment pourrait-on alors douter du caractère démocratique de notre pays puisque, à chaque élection présidentielle et même aux législatives, le peuple peut se choisir d’autres représentants lors de ces scrutins ?

 

Tout d’abord il convient de rappeler que le président de la République française est désormais élu pour cinq ans, tout comme les députés. La récente modification de la Constitution qui a remplacé le septennat par le quinquennat interdit de fait les cohabitations, car les élections législatives interviennent quelques semaines seulement après les élections présidentielles, ce qui accorde presque automatiquement au nouveau gouvernement la majorité à l’Assemblée Nationale, c’est-à dire quasiment les pleins pouvoirs, pour peu que le sénat ne change pas de camp.

 

Ensuite, l’élection présidentielle accorde à tous les partis la possibilité de présenter un candidat, pour peu qu’il ait les quelques qualités indispensables pour y prétendre, plus quelques 500 signatures de soutien de la part des maires de France (sur 37 000 communes) : cela laisse théoriquement de la marge pour de nombreux prétendants, mais la concomitance  et la proximité des deux scrutins (de nombreux maires sont députés et la plupart sont « encartés » dans un parti) met une pression supplémentaire sur les stratégies électorales : certains candidats affirment que les appareils de parti les empêchent d’obtenir les signatures nécessaires à leur validation.

Et puis il y a  le financement des partis, dont seuls ceux qui font plus de 5% aux élections sont remboursés de leurs frais de campagne, ce qui avec l’impossibilité de recourir à des investisseurs privés limite le nombre des petits candidats. Si on ajoute à cela les fraudes « légalisées » qui autorisent la création d’une multitude de petits partis capables de servir les finances des grands partis, le champ des possibilités se restreint encore un peu plus pour assurer le multipartisme.

 

Et enfin le mode de scrutin à deux tours, qui met les deux plus grands partis toujours en tête au deuxième tour (sauf cas exceptionnel), crée un précédent psychologique qui conduit les citoyens à laisser de côté leur « premier choix » pour se rabattre sur une sorte de « tactique » mathématique qui, par auto-réalisation, anticipe la présence des deux favoris au deuxième tour. C’est là qu’intervient la notion de « vote utile ». Partant du principe que de toutes les manières seuls les deux plus « gros » candidats arriveront à se qualifier au deuxième tour, on s’aperçoit qu’en guise de pluralisme le dialogue politique s’organise en réalité autour d’un bipartisme qui, si l’on y regarde de près, ressemble fort aux deux faces d’une même médaille, et ce à tel point que l’on emploie désormais le terme « UMPS » pour les désigner tous deux ensemble.

 

En définitive, la seule opposition qu’on peut trouver entre l’UMP et le PS n’est pas une différence idéologique (tous deux sont des libéraux) mais une différence d’intensité (le PS est moins « à droite » que l’UMP). Et la confusion qui règne chez les électeurs réside non pas dans les programmes des candidats (lorsque monsieur Sarkozy aura un programme, on s’apercevra qu’il est assez semblable à celui de monsieur Hollande), mais dans l’inconscient collectif qui se fait abuser par l’appellation historique du parti (anciennement) à tendance socialiste.

 

Pour le reste, les deux grands partis qui exercent ENSEMBLE le pouvoir depuis plus de trente ans défendent ENSEMBLE les mêmes intérêts, ceux de la classe sociale qui les nourrit, à savoir les 1% capables d’imposer leur volonté et qui leur permettent de continuer à toucher leurs émoluments sans trop de peine, pour peu qu’ils fassent ce qu’on leur demande : c’est un peu « arrangez-vous comme vous voulez entre vous, tant que vous votez ce qu’on vous dit de voter, personne ne viendra vous embêter ».

Après ça qu’on vienne encore me dire qu’il faut aller voter, ou pire encore qu’il faut voter « utile »… Mais c’est quoi le vote utile, et utile pour qui d’ailleurs ? A tous ceux qui se donnent une bonne conscience de citoyen en se soumettant au « non-choix » de l’UMPS  je voudrais leur dire qu’ils se trompent, car la démocratie n’existe déjà plus : le pouvoir n’appartient pas au peuple mais à un seul et même parti unique divisé en deux, qui s’arrangent entre eux pour s’arroger des privilèges éhontés, et qui font semblant de se battre pour donner le change à ceux qui croient remplir leur devoir en allant voter pour l’un ou l’autre des deux candidats d’un même parti. Comme cette histoire qu’on raconte à propos de la guerre de sécession durant laquelle un des frères Rothschild finançait le nord pendant qu’un autre finançait le sud : le résultat était que l’argent, comme chez nous les bulletins de vote, allait dans les mêmes poches.  Le vote utile n’est qu’un leurre offert en pâture aux citoyens pour les empêcher de choisir tout en leur donnant l’illusion de le faire.

Le vote utile est le mépris du citoyen, en même temps que la preuve flagrante du caractère anti-démocratique de notre système électoral. Il n’y a pas d’alternance possible, pas de renouveau idéologique envisageable, pas de pluralisme réel, pas d’opinions divergentes audibles. Le bipartisme c’est le parti unique ; et le vote utile une arnaque.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

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Le MIRAC prend de l’ampleur

Posté par calebirri le 21 février 2012

Initié par la rumeur improbable d’une candidature de monsieur Mermet à l’élection présidentielle  sous les couleurs du « MIRAC » (Mouvement Indépendant pour une Réelle Alternative Citoyenne), le mouvement de soutien à cette alternative citoyenne prend de l’ampleur : déjà des centaines de soutiens affluent sur le site http://lemirac.unblog.fr, et ce à tel point que les AMG (Auditeurs Modestes et Géniaux) de « Là-bas si j’y suis » ont décidé, suite à une réunion (en urgence ?) des ministres de l’altergouvernement le 17 février, de créer une association pour reprendre le flambeau.

Epaulés par les repaires qui essaiment aujourd’hui la France, on dit que les citoyens désireux de réaliser l’utopie font déjà le pied de grue devant leur mairie pour obtenir les parrainages nécessaires à la validation de la candidature, et on ne doute pas qu’ils y parviennent…

 

Bien sûr, toujours pas un mot dans les médias, mais on croit savoir que le MIRAC et son « altergouvernement » font peur à tous : monsieur Copé aurait déclaré « y a pas de mirac’ », tandis que d’autres rumeurs indiquaient le possible désistement de monsieur Mélenchon. L’UMP, d’accord avec le FN, auraient déclaré être contraints de s’allier contre le péril stalinien que représentait le MIRAC, et certains auraient même menacé, au PS, d’exclure du parti les maires accordant leurs signatures au MIRAC…

 

Quoiqu’il en soit, il faut tout de même rester vigilants face à cette initiative qui sonne comme un canular dont les ficelles sont un peu grosses : des ministres non professionnels au service non pas de l’Etat mais du peuple, des hommes et des femmes investis dans la recherche de l’intérêt général, des programmes qui font passer la justice sociale avant la rentabilité, si ce n’est pas de la science fiction !

 

Reste maintenant la question du candidat : Daniel Mermet président, voilà qui risquerait de faire s’en étouffer plus d’un, et peut-être même monsieur Mermet le premier. Car en réalité rien n’indique qu’il ait une quelconque intention de se présenter, ou même qu’il ait été tenu au courant de cette entreprise, et cela même s’il fait l’unanimité au sein des soutiens du MIRAC. Il faudra donc sans doute aux partisans de ce parti envisager dès à présent  la possibilité qu’il ne se porte pas candidat, et réfléchir à une autre personnalité susceptible de rassembler, et de porter la voix de ces millions de citoyens pleins d’espoir…

 

Mais canular ou pas, cette rumeur concernant la candidature d’une personnalité médiatique pose une question, celle de la présentation volontaire au sein d’une démocratie : alors qu’un candidat qui se croit suffisamment compétent pour assumer cette charge ne l’est sûrement pas (compétent), un candidat porté par le peuple mais qui ne s’en croit pas capable peut-il l’être plus ?

 

En attendant d’avoir des réponses, il ne nous reste plus qu’à constater les effets auto-réalisateurs de la rumeur, et pourquoi pas la propager nous-mêmes…. juste pour voir !

 

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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Daniel Mermet candidat à l’élection présidentielle !

Posté par calebirri le 18 février 2012

La nouvelle est tombée il y a quelques jours, sans que bien sûr elle soit largement relayée (ni confirmée) dans les médias soumis au pouvoir en place : monsieur Daniel Mermet, célèbre agitateur des consciences (« les oreilles jamais loin du front » !) et animateur de l’émission « Là-bas si j’y suis », pourrait bel et bien annoncer sa candidature à la présidentielle de 2012 sous les couleurs du « MIRAC » (Mouvement Indépendant pour une Réelle Alternative Citoyenne), un nouveau parti dont le programme est révélé dans un petit opus intitulé « Alter Gouvernement » ( voir ici  et écouter l’émission ici)…

 

Ce parti se propose d’en finir avec le libéralisme et d’instaurer enfin une véritable démocratie en France. Bien sûr les résistances se forment déjà, à gauche comme  droite, pour empêcher le probable candidat d’obtenir les 500 signatures nécessaires à la validation de sa candidature, mais le formidable réseau des « repaires de là-bas »  laissent à penser que les intimidations ne suffiront pas à endiguer la vague d’enthousiasme qui a suivi la diffusion de la rumeur à propos de la candidature de monsieur Mermet.

 

En effet, un comité de soutien sur facebook s’est déjà créé et recueille déjà plusieurs milliers de sympathisants prêts à servir la promotion de cet « alter gouvernement », et il paraît même qu’un grand meeting de soutien sera organisé courant mars pour recueillir les soutiens et les ralliements à cette formidable aventure qui commence.

 

Un des principaux atouts de cette campagne est que l’équipe qui gouvernera demain la France est déjà connue à l’avance, et que les membres du futur « alter gouvernement » ne sont pas des politiciens (cor) rompus au métier : des hommes et des femmes dont nous pouvons tous constater l’engagement citoyen depuis de longues années, des êtres humains désirant favoriser non pas leurs propres intérêts mais celui de ceux pour qui ils travaillent, le peuple, permettent de faire se lever en France un vent d’espoir, à tel point que les journalistes annoncent déjà le « French spring » (le printemps français) qui engendrera un tsunami de liberté dans les pays qui comme nous, veulent enfin établir les conditions d’une véritable justice sociale, d’une véritable démocratie. Vous pouvez déjà soutenir la candidature de monsieur Mermet, et par son intermédiaire le MIRAC, en vous rendant sur le site  « http://lemirac.unblog.fr« , pour que l’utopie devienne enfin réalité.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

PS : bien évidemment, monsieur Mermet n’est lui-même pas au courant de cette initiative, mais quoi de mieux pour la France qu’un candidat qui ne se présente pas ?!!

 

références : * Altergouvernement. 18 ministres-citoyens pour une réelle alternative. Editions Le Muscadier. 286 pages. 14 euros

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Et si monsieur Guéant n’était pas que raciste ?

Posté par calebirri le 11 février 2012

En écoutant les paroles du ministre de l’intérieur j’ai tout d’abord été, comme (presque) tout le monde, scandalisé par de tels propos. Pas tant par le fait qu’il ait ce genre d’idées non, ça chacun s’en doutait, mais plutôt par celui qu’il ose les exprimer si ouvertement. Cela dit quelque chose d’important sur notre époque, et si j’osais sur notre « civilisation ».

 

Car derrière ces considérations politiciennes se cache un problème plus grave, que j’ai déjà évoqué ailleurs : celui de la décadence de cette civilisation. Car si effectivement peut-être toutes les civilisations ne se valent-elles pas, peut-être aussi les « meilleures » ne sont pas celles que l’on croit. Si on se penche un peu sur l’histoire de la « civilisation occidentale », (il faut l’envisager comme l’entend monsieur Guéant), on s’aperçoit aisément qu’elle s’est largement construite sur des « valeurs » (cette notion chère à notre président qui les énonce bien à propos quelques jours après cette polémique et quelques jours avant sa déclaration de candidature) différentes des autres civilisations, à savoir l’impérialisme et ces fameuses racines  « judéo-chrétiennes ». Ces « valeurs » sont en quelque sorte le socle d’une idéologie supérieure qui justifie ses actions de cette manière, afin qu’on ne se doute pas que ce qui se cache derrière est en réalité l’individualisme et le profit, c’est-à-dire le capitalisme.

C’est en effet très tôt dans l’Histoire que l’argent a commencé à pervertir les régimes occidentaux, à travers une cupidité qui a conduit à tous les massacres, toutes les guerres, tous les mensonges possibles. Pour ne pas avouer que ce qui anime depuis toujours nos gouvernants est l’argent, ces derniers ont préféré s’inventer une « mission civilisatrice » qui les conduisait d’une part à devoir considérer les autres civilisations comme inférieures, et qui leur permettait d’une autre de les coloniser « au nom de Dieu »,  plutôt que d’assumer leur simple volonté de profit. L’esclavagisme, la colonisation, toute la prospérité, toute la puissance, toutes les améliorations en termes de niveau de vie, de santé, d’éducation, de technologie, de confort, tout ce qui fait la prétendue supériorité de notre civilisation s’est en réalité construit sur le dos des « civilisations » les plus faibles ou les moins belliqueuses sous prétexte de cette « mission civilisatrice » qui a aboutit d’un côté au Nazisme, et de l’autre au Stalinisme…

 

Mais en réalité nos gouvernants, comme sans doute monsieur Guéant lui-même, ne croient guère en leurs propres théories : les noirs ne leur font pas plus peur que les musulmans, et l’idéologie dont ils usent pour justifier leurs politiques injustes n’est destinée qu’à la propagande qu’ils servent au peuple conditionné par des siècles d’exploitation. Car aujourd’hui comme hier, lorsqu’il s’agit de faire du profit sur le dos d’autres « civilisations » (même « inférieures ») la couleur de leur peau ou leur religion importe peu. Lorsqu’il s’agit de se battre le lendemain avec l’ami d’hier, lorsqu’il s’agissait hier de faire venir de la main d’oeuvre étrangère pour reconstruire la France ou de faire produire aujourd’hui à l’étranger nos voitures low cost, les « valeurs » de notre civilisation fluctuent au gré du profit qu’on compte tirer de l’exploitation des autres. Quand il s’agissait hier d’envoyer les tirailleurs sénégalais se battre pour nous,  de vendre des armes à la Libye ou d’accepter le pétrole iranien (pour peu qu’il ne soit pas trop cher), d’investir en Chine pour profiter des tarifs d’une main d’oeuvre corvéable à merci, alors toutes les différences de civilisations ne comptent plus. Seul le profit compte, ce qui s’explique aisément quand monsieur Sarkozy signe des contrats en Chine et qu’il oublie de parler du respect des droits de l’homme, des « valeurs » de notre si belle civilisation. Quand l’usine Renault s’installe au Maroc, ses dirigeants disent qu’elle aide au développement des pays émergents, mais oublie de dire qu’elle s’installe sur une zone franchisée …

 

Le profit, et le culte du profit. Voilà sur quoi se fonde la prétendue supériorité de notre civilisation. Le mensonge et la violence sont les deux moyens qu’a toujours utilisé notre civilisation pour maintenir son hégémonie sur les autres, sans aucune considération envers celles que nous avons empêché de développer leurs propres valeurs, imposant de force à ceux qui résistent notre conception de la civilisation. Nous avons tout saccagé, tout volé, tout détruit. Et maintenant que ceux qui ont mis tant de temps à se défaire de notre oppression sont en passe de profiter enfin des bienfaits du système capitaliste, alors les les profiteurs du système nous ressortent le vieux discours sur la valeur des civilisations, pour justifier demain les maux qu’ils s’apprêtent à faire subir encore une fois aux plus fragiles…

 

Et cela, monsieur Guéant le sait mieux que tous. Il n’est sans doute ni si raciste ni si « islamophobe » qu’il voudrait bien lui-même nous le faire croire, mais il est fin propagandiste, et prépare aujourd’hui le terrain idéologique sur lequel se développera la campagne de Nicolas Sarkozy, qui sert mieux que personne les intérêts de la « caste » qui veut conserver, de force s’il le faut, la position dominante qu’il occupe injustement. Toujours les mêmes causes, le profit et l’individualisme, et toujours les mêmes effets, la misère et l’oppression des plus faibles : le racisme n’est que la construction idéologique qui permet aux puissants de conduire le peuple à la haine et au mépris des autres, et de se servir de cette diversion pour cacher leurs véritables intentions, la confiscation du pouvoir pour eux-mêmes.

 

Caleb Irri

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Sarko au pays des Soviets

Posté par calebirri le 5 février 2012

Après avoir vu les images du président entouré de tous ces ouvriers, après avoir entendu ces paroles de soutien de leur part envers le « presque-déjà-futur » candidat, j’ai appris cette étrange nouvelle : certains seraient en réalité des figurants…. Quelle pitié !

Cela m’a immédiatement remis en tête un album d’Hergé, « Tintin au pays des Soviets ». Vous savez, celui où Tintin va visiter l’URSS pour constater la production sensationnelle des travailleurs russes, et qui derrière l’apparente façade de prospérité, de joie au travail, de « soutien au régime », découvre la piteuse réalité : les usines sont des décors, les travailleurs sont des acteurs, et tout est faux, tout est mascarade, poudre aux yeux. Voilà tout ce à quoi est aujourd’hui réduit le président de la République française, en 2012.

Réduit à devoir appeler les copains pour sauver 90 emplois quand près d’un million ont été détruits en à peine 5 ans, réduit à accoler l’adjectif « social » à une augmentation des impôts qu’il avait pourtant promis de ne pas toucher, réduit à aller serrer des mains à des « cons qui se lèvent tôt », réduit enfin à devoir se présenter à une élection qui si elle ne le ridiculise pas plus encore, le fera toucher des sommets dans le palmarès des dirigeants les plus néfastes de l’Histoire de France, voilà ce qui reste donc du chef de l’Etat 5 ans après. C’est qu’il n’a peut-être lui-même pas envie d’y retourner, comme pourraient le faire penser certains de ses commentaires. Mais a-t-il vraiment le choix ?

Certes on pourrait comprendre, à la manière dont tous les juges d’instruction « gênants » sont systématiquement écartés, à la tournure que prend l’affaire « Woerth-Bettencourt » qui suggère l’illégalité du financement de sa campagne de 2007, à celle que prend l’affaire « Karachi« , que le président veuille profiter encore un peu de son statut « d’intouchable » (il est  inattaquable tant qu’il reste au pouvoir), mais ce serait filer trop loin la métaphore avec mon album de Tintin : nous sommes encore en démocratie, non ?

Les dictateurs eux, sont à la tête d’appareils politiques qui votent sans réfléchir les lois qu’on leur propose, qui favorisent une petite caste de personnes qui les soutient dans les coups durs, empêchent les autres partis de se présenter  à des élections, contrôlent les médias et font taire leurs opposants, nomment eux-mêmes les chefs de la police et restreignent les droits des citoyens… rien de comparable avec ce qui se passe en France, vous pouvez le constater par vous-mêmes.

Après, il est bien normal qu’embarrassé par des soupçons de corruption, le président se protège des « complots » qui sont montés contre lui : si les manifestations qui lui sont hostiles sont interdites lors de ses déplacements publics, c’est pour la sécurité de l’Etat. Si la police enquête sur les conversations téléphoniques des journalistes c’est pour la transparence, et si le gouvernement décide de rendre le travail obligatoire pour les « assistés » à qui l’Etat fournit une formation, c’est pour le bien commun.
Et puis quoi, c’est la crise après tout ! Ce n’est quand même pas la même chose qu’une dictature, la crise, c’est plutôt l’état d’urgence, l’union nationale, il faut que tout le monde fasse des efforts ! Pas les députés ni les sénateurs, pas l’Etat dont le train de vie augmente sans arrêt, non, ils sont déjà si endettés, et ils ont tant de responsabilités…

On est en démocratie on vous dit, vous ne trouverez pas dans les garages de l’Elysée des liasses de billets, des lingots d’or ou des des voitures de collection comme en Libye ou en Egypte, ici nous sommes civilisés ; tout au plus trouverez-vous un avion présidentiel en assez bon état, quelques cartes de fidélité chez tel ou tel patron du CAC 40, mais rien de bien répréhensible… Ce sont les dictateurs qui craignent qu’on découvre leurs malversations et qui cachent les richesses qu’ils ont volé au peuple, pas de ça chez nous ! La transparence de l’Etat, c’est le maître mot ici. Bien sûr le secret-défense oblige à quelques petits arrangements, mais dans l’ensemble la démocratie fonctionne. Ce n’est pas comme si le candidat d’un parti politique représentant près de 20% de la population ne pouvait pas se présenter aux élections, ce n’est pas comme si les manifestants et les opposants étaient fichés avec leur ADN ou qu’on exigeait des grévistes qu’ils donnent à la fois leur nom et leur prénom avant d’aller manifester, qu’on impose au peuple des décisions sans les consulter ou qu’on profite de l’argent de l’etat pour financer sa campagne

On l’a bien vu lors du printemps arabe, ou même tout au long de l’histoire : la plupart des dictateurs ne s’accrochent au pouvoir que lorsqu’ils ont quelque chose à se reprocher,  ce qui les entraîne naturellement à restreindre toute contestation, à tricher, mentir pour se maintenir, à inventer dans une course folle d’autres mensonges de plus en plus gros pour protéger les précédents, à trouver des stratagèmes légaux pour camoufler la vérité… Rien à voir avec la « patrie des droits de l’homme », n’est-ce pas ? Imaginons un instant qu’on accuse le président d’être mêlé de près ou de loin à des activités illégales, et que le peuple soit mis au courant de ces dernières… croyez-vous « franchement » qu’il empêcherait à tout prix la vérité d’éclater ? Croyez-vous « franchement » qu’il se représenterait à des élections qu’il serait sûr de perdre ?

Non bien sûr, car il faut ici rappeler que les dictateurs ne se présentent qu’à des élections qu’ils sont certains de pouvoir remporter, et tout porte à croire qu’en l’occurrence monsieur Sarkozy est loin de pouvoir prétendre sérieusement à sa réélection. S’il se présente, ce n’est pas pour lui, il serait bien mieux loti dans le privé, et s’il se présente ce n’est que pour le bien de son peuple, comme le prouve son bilan : « Sarko aux pays des Soviets » c’est de la science-fiction, et il faudrait certainement faire enfermer ceux qui osent de telles comparaisons, non ?

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

 

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