La crise n’est pas économique : elle est idéologique

Posté par calebirri le 6 novembre 2011

La crise qui traverse aujourd’hui le monde dans son ensemble ne peut décemment plus être nommée « crise financière » : cela va beaucoup plus loin. C’est une crise systémique, c’est à dire une crise qui remet en cause le système tout entier, à savoir le capitalisme. Car le capitalisme n’est pas un système permanent ou universel, mais une idéologie. C’est le fait de croire que la somme des intérêts individuels favorise l’intérêt général. Ce qui est faux : les chiffres le montrent, et les faits le prouvent.

 

Ce mensonge, ou si l’on préfère cette illusion dont nous avons été victimes, est en train de laisser place à une prise de conscience populaire réaliste : on voit bien que cela ne marche pas. Et c’est pourquoi tous les économistes du monde ne pourront rien y changer. Et c’est pourquoi il est totalement vain d’espérer retrouver qui la croissance, qui l’emploi, qui la rentabilité : le capitalisme a fini par tomber le masque, et se met à montrer au grand jour les effets de son a-moralité.  J’ai déjà tenté d’expliquer ( dès avril 2010) à quel point la situation économique actuelle est inextricable, car tout le monde commence à comprendre qu’en économie, donner à l’un signifie prendre à un autre. Les citoyens ne font plus confiance à ce système, pas plus qu’à leurs agents ; et ils ont bien raison. Car en économie, les deux camps qui s’affrontent actuellement ne jouent la partie que sur un terrain capitaliste, et c’est n’est qu’à l’intérieur de ce système que s’opposent les deux visions qu’on nous propose aujourd’hui, à savoir le protectionnisme ou le libre-échange.  Tandis que le réel donne à voir les limites non pas de l’une ou de l’autre de ces deux options, mais du système lui-même.

 

De là un décalage croissant entre entre ce que veulent les peuples et ce que proposent les dirigeants : car d’une manière ou d’une autre, le capitalisme ne peut satisfaire à l’intérêt général, que ce soit dans un cadre de libre-échange (à l’intérieur duquel les BRICs et les pays « émergents » seront les vainqueurs au détriment des pays dits « développés »), ou dans celui du protectionnisme (à l’intérieur duquel les puissances « historiques » imposeront leur vision d’une nouvelle gouvernance mondiale : un Empire européen allié avec les Etats-Unis, soumis au FMI et peut-être à sa future monnaie -le bancor – capable de contrer la montée en puissance des « émergents »). Mais de quelque côté qu’on le prenne, ce système favorisera toujours les uns au détriment des autres, et c’est CELA que les peuples ne supportent plus.

La question qui se pose désormais à tous, et à laquelle le nouvel « Empire européen » ne doit pas répondre seul, est donc bien celle-là : vaut-il mieux subir le capitalisme ou en sortir ?

Avec comme corollaire la question suivante : après le capitalisme il y a quoi ?

 

Et les réponses à cette question ne sont pas d’ordre économique, mais philosophique. C’est une idéologie qu’il nous reste à construire, avec d’autres questions concernant la vie en société des êtres humains : l’argent est-il nécessaire, qu’est-ce que la démocratie, quels sont les véritables besoins des hommes, etc…?

 

Pendant ce temps nos gouvernants, perdus entre le retournement du capitalisme et leurs désirs de conserver le pouvoir, tentent par tous les moyens d’échapper à cette question cruciale pour l’avenir de l’humanité. Préférant l’injustice d’un système qu’ils connaissent à la mise en place d’une véritable réflexion collective sur les meilleurs moyens de favoriser l’intérêt général, ils s’imaginent pouvoir faire cesser la montée en puissance des Etats émergents en imposant à leurs peuples une cure d’austérité inacceptable, et en refermant les frontières autour de ce nouvel Empire qui n’aura plus rien de démocratique. Prétextant la crise et le besoin de « protection » que les peuples fragilisés désirent bien naturellement, ils profiteront de la naïveté de ces derniers pour mettre en place une sorte de « contre-retournement » qu’ils croient en mesure de sauver leur statut, à travers un retour « discret » au protectionnisme, pour croient-ils reprendre l’avantage.

Mais tous se trompent également, et tous les économistes du monde ne sauront régler le problème ainsi. Car le protectionnisme est en réalité une autre forme de conquête (par la force), et rien n’indique que les pays aujourd’hui puissants soient encore les plus forts demain.

 

Et c’est à ce point  que nous devons relier le référendum avorté en Grèce à notre réflexion : en sortant de la zone euro et en refusant de rembourser la dette, peut-être s’apercevrait-on enfin qu’un pays peut tourner sans l’Europe, et que ce ne sont pas les peuples qui ont besoin des dirigeants pour les sauver de la misère, mais nos dirigeants qui ont besoin des peuples pour sauver « leur » Europe (comme le prouve l’attachement constant du couple franco-allemand à aider la Grèce « malgré elle »), et avec elle leur domination.

 

Une chose est sûre cependant, c’est que les peuples ne gagneront ni à l’une ni à l’autre des deux options économiques. Le niveau de la dette, les cours de la bourse ou la note des agences n’intéressent pas les peuples, car il y aura toujours des maisons à construire, des champs à cultiver, des hôpitaux et des écoles, des routes et des ponts…

Les peuples, eux, n’ont besoin pas besoin des économistes et de tous leurs calculs, mais d’une nouvelle idéologie capable de les faire tous vivre décemment, sans préjuger du lieu où ils sont nés, ni de leurs ascendances sociales. Vivre sans la misère, c’est tout ce que demandent les hommes. Ce que le capitalisme est incapable de leur apporter.

 

Caleb Irri

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De la dérive du système au naufrage de l’Europe

Posté par calebirri le 2 novembre 2011

Quand je réfléchis à la crise, je finis toujours par me mettre en colère : nous savons d’où elle provient, nous savons pourquoi elle est survenue, nous savons comment la résorber… et il ne se passe toujours rien.

 

En effet cette crise provient de l’excès d’appétit des actionnaires, elle était inévitable car le système capitaliste engendre les excès, et pour la résorber il faudrait faire payer les riches. Mais faire payer les riches, n’est-ce pas supprimer la substance même du capitalisme ?

Et un capitalisme sans riches ni pauvres, c’est encore du capitalisme ? Et puis surtout, par quoi le remplacer ?

 

Face à ces questions qu’on croyait pour toujours tombées dans l’oubli, les penseurs d’aujourd’hui semblent incapables de sortir de nouvelles idéologies prometteuses d’espoir, car le système capitaliste les en empêche : les idées anti-capitalistes ne sont pas rentables.

Car ce n’est pas sur nos hommes politiques qu’il faudra compter, pas plus que sur les riches eux-mêmes. La richesse conduisant au pouvoir et le pouvoir conduisant à la richesse, il est bien évident que ceux qui profitent ensemble du système le défendent ensemble. Et à vrai dire ils n’ont pas vraiment d’autres choix. Comment pourraient-ils en effet se mettre à payer maintenant, alors que le peuple se rendrait compte aussitôt de la supercherie dont il est victime depuis si longtemps, de combien on l’exploite sur son travail et à quoi sert l’argent qu’on lui vole ? Si l’on rendait demain le capitalisme véritablement transparent, on s’apercevrait immédiatement de toute l’injustice de ce système, de toute l’inhumanité qu’il engendre, de toute la corruption qu’il provoque. En fermant les paradis fiscaux et en ouvrant les chambres de compensation, tous seraient ébahis par les sommes gigantesques qui transitent pour amasser qui le fruit de ventes d’armes ou de drogues, qui le fruit du travail des hommes ou d’une bonne négociation, qui l’argent de la prostitution ou du terrorisme.

 

Imaginons l’impossible, et qu’on réponde un jour à  cette question : qu’a-t-on fait de votre argent ? De qui l’avez-vous reçu, à qui l’avez-vous donné, et à qui, à quoi a-t-il servi ? …

 

L’argent que vous gagnez à la sueur de votre front, ou même à la sueur d’autres fronts (c’est ça la mondialisation !), et bien cet argent va dans les poches des riches, qui eux-mêmes remplissent des poches plus grandes, et moins nombreuses ! Il transite discrètement de par le monde, fructifiant au gré des aléas législatifs, de niche fiscale en chambre de compensation, se perd dans des rétro-commissions secrètes, finance des guerres ou nourrit la misère, et finit sur un compte bancaire dans un paradis fiscal pour ne même pas faire le bonheur de celui qui le possède. Les très riches s’étant mis d’accord avec les très puissants pour que ceux qui votent les Lois pour les riches s’enrichissent sans faire de vagues, tout s’est toujours très bien passé tant que cela restait discret, et qu’ils n’étaient pas trop nombreux…

 

Mais la crise et les outils de médiatisation ont transformé la donne : la véritable nature du capitalisme apparaît peu à peu au grand jour, car les lois qui protégeaient autrefois les intérêts des dominants se retournent actuellement contre eux, tandis que l’opinion publique prend peu à peu conscience qu’on veut lui faire porter le chapeau. Ne pouvant pas se permettre de laisser s’écrouler le château de cartes sur lequel ils sont assis, les riches refusent maintenant d’admettre que le système qui les a placé ici ne les soutient plus, et s’acharnent à vouloir croire encore à leurs propres mensonges. Ils ne peuvent plus continuer comme avant, mais ne peuvent pas non plus s’arrêter là : faire payer les riches, c’est tout simplement mettre fin à leur domination. Et faire payer les pauvres c’est perdre les élections.

 

L’exemple de la Grèce en est bien la preuve : perdu entre la nécessité de respecter l’illusion démocratique pour être réélu et celle de satisfaire aux exigences des riches qui veulent faire payer le peuple, le premier ministre grec envisage aujourd’hui de se débarrasser du problème en convoquant un référendum. Entrainant la panique sur les marchés, ainsi que les autres chefs d’Etat dans leurs retranchements (jusqu’à leur faire dire publiquement l’irresponsabilité qu’il y a à solliciter l’avis du peuple sur son propre avenir !), le premier ministre grec réalise un joli coup d’échec. Mettant le peuple, les politiques et les financiers face à l’insoluble équation qui les unit dans un système autodestructeur, il leur permet de constater la réalité des faits : le capitalisme est un système injuste et nocif, qui peut détruire en un jour ce qu’il a contribué à construire en plusieurs siècles, la démocratie.

 

Caleb Irri

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De la crise de l’Euro à l’Empire Européen

Posté par calebirri le 28 octobre 2011

Ca y est, le coup d’Etat contre l’Europe a réussi. Comme je l’avais soupçonné il y a déjà quelques mois, l’Allemagne et la France sont en passe de prendre le contrôle total de l’Europe toute entière, et cela sans même prendre la peine de consulter le peuple !

 

C’est ahurissant : en l’espace de quelques mois, la crise a permis aux Etats français et allemand de mettre tous les autres Etats européens à genoux, et cela tout en leur imposant une cure d’austérité drastique. Regardez ce qui se profile à l’horizon, il suffisait d’écouter parler le président ce jeudi soir : l’Allemagne et la France vont prendre le contrôle de l’Europe pour continuer à exister sur le plan international, instaurer une « règle d’or » économique si contraignante qu’elle empêchera à l’avenir toute dépense sociale, et « harmoniser » la fiscalité européenne pour enfin gouverner d’une seule voix.

 

Ce n’est donc pas à l’avènement du fédéralisme que nous assistons, mais en réalité à la fondation d’un véritable empire !  Car la gouvernance économique unique signifie bel et bien la fin de l’indépendance des nations européennes au profit de la loi du plus riche : celui qui contrôle l’économie contrôle tout. En maîtrisant ainsi ce qui pourrait devenir la première puissance mondiale, l’Allemagne et la France pourront alors réguler ces frontières qui nuisent aujourd’hui à leurs intérêts, et imposer toutes les mesures « d’économie » qu’ils souhaitent sans passer par d’interminables compromis.

 

 

Le président français l’a bien dit ce soir : décrivant sommairement le « retournement du capitalisme« , il convient que l’appétit et la puissance des émergents menace désormais les « vieilles puissances » incapables d’autant de compétitivité. Face à cette réalité, l’Europe n’avait que le choix de se dissoudre ou de s’unir, et ce n’est qu’en menaçant de laisser tomber les plus fragiles que le couple franco-allemand a réussi la prise de commandement de cette « nouvelle Europe ». La politique économique et sociale de cet Empire sera fondée sur l’austérité, avec montée du protectionnisme aux frontières de l’Europe, baisse générale des salaires et des conditions de travail, augmentation de l’âge de départ en retraites et suppression en masse des services publics. Pour retrouver cette compétitivité chère aux capitalistes, il semblerait qu’une nouvelle fois nos dirigeants politiques se soient en réalité soumis au diktat des marchés, dont on ne sait vraiment s’ils sont leurs alliés ou leurs ennemis.

 

Car il est possible que les financiers se trouvent bien à l’origine de cet accord : au sein d’un gouvernement stable et « épuré » de ses dettes par une bonne cure d’austérité, ils ne renoncent ainsi qu’à une petite partie des sommes prêtées tout en retrouvant de l’intérêt à investir en Europe.En échange de leurs futurs « investissements », ils auraient reçu l’assurance d’être sauvés par l’Empire Européen quoiqu’il advienne. Les banques ne paieront pas.

 

Restent maintenant de nombreuses questions qui ne manqueront pas de revenir sur la table, comme celle des alliances (La Chine hier, la Russie demain, ou peut-être les BRICs) ou celle de la direction du nouveau pouvoir (l’Allemagne conjointement avec la France ou l’Allemagne seule ?), mais aussi celle de savoir si cette stratégie sera payante…et pour qui.
Mais pour ce qui est de la question du nouveau régime qui sera mis en place, nous avons déjà une réponse : celui-ci ne sera pas démocratique.

 

Caleb Irri

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Tous des lâches !

Posté par calebirri le 22 octobre 2011

Pendant que les banquiers ordonnent et que les politiques mentent, que les analystes réfléchissent et que les journalistes commentent… le peuple se tait, et écoute.

 

Pourtant il y en a eu des manifestations ces derniers jours, et il y en aura encore dans les jours qui viennent. Trop éparpillées, trop désunies, trop peu suivies, elles semblent même parfois inutiles…

Car en attendant le temps passe, et nos gouvernants prennent des décisions de la plus haute importance sans même nous consulter, sans même que le peuple demande à être consulté. Bientôt l’Europe aura changé de régime sans qu’on s’en aperçoive, on aura une fois encore sauvé les banques sur le dos de nos futures misères, et personne ne semble plus en mesure de bouger le moindre petit doigt…. Mais qu’attendons-nous pour réagir ?

 

Sur le net, dans la rue, au boulot, tout le monde n’attend qu’une seule chose pourtant, c’est qu’un mouvement unitaire et citoyen, un mouvement fort et indépendant se mette à l’oeuvre pour réclamer une véritable démocratie. Planqués derrière la toile, des millions d’internautes rejoignent de multiples groupes plus ou moins militants pour y trouver une solution, une réponse, une piste même… Désespérément ils attendent qu’un Frédéric Lordon ou qu’un Paul Jorion  leur indique une voie à suivre, fiévreusement ils consultent les cours de la bourse pour savoir s’il va enfin se passer quelque chose, mais rien, toujours rien…

Mais c’est que lorsque la crise approche de trop près, ces mêmes internautes s’inquiètent alors de leur compte en banques, et de leurs petites économies : sont-elles bien protégées, et sur quoi faut-il miser alors…. sur l’or ? Des lâches oui, tous des lâches! Vous comme moi, eux comme nous, tous assis confortablement sur nos petits derrières de riches nous attendons que le pire arrive pour être sûrs qu’il aurait fallu se bouger pour éviter qu’il se produise…

« Moi, je me lancerai quand je serai sûr d’être avec les gagnants », voilà en substance ce que chacun pense sans oser le dire. Tout le monde veut y aller, mais tout le monde attend que d’autres commencent, pour ne pas « prendre de risque ».

Mais comment croyez-vous qu’on gagne quoi que ce soit en agissant ainsi ? Les indignés espagnols ont fini par se lasser, les Tunisiens et les Egyptiens risquent de se faire voler leur révolution, et les indignés de Wall Street se dissolvent dans un silence médiatique assassin.

Pourtant, toutes les technologies de relais de l’information qui sont nécessaires au regroupement de tous les indignés existent et sont encore quasiment libres, et nous n’avons d’autre choix que de nous révolter maintenant, ou plus tard ; mais c’est maintenant que la bataille sera la moins difficile, car d’importantes échéances électorales ont lieu en 2012.

En lançant « Un RIC pour une AC« , je savais pertinemment que cette initiative ne ferait pas exploser les serveurs du blog, mais je sais aussi que c’est à ce genre d’actions qu’il faudra se résoudre, si toutefois nous désirons faire entendre notre voix de manière pacifique : les changements démocratiques auxquels nous prétendons passent inévitablement par l’instauration de nouvelles règles de fonctionnement des nos sociétés, et impliquent donc la mise en place d’Assemblées Constituantes capables de respecter la volonté des peuples.

 

Mais qui désire vraiment le changement ? Si toutefois le mouvement des indignés venait à prendre du poids, ne serions nous pas nous-mêmes effrayés par tant de pouvoirs ? Ne préférons-nous pas une bonne conscience payée à peu de frais, en espérant tout simplement que les choses redeviennent « comme avant » ?

 

Quand je vois le nombre de personnes, le nombre d’associations, de sites ou de mouvements auxquels j’ai proposé mon projet, auxquels plein de citoyens proposent plein de projets sans que rien ne bouge vraiment, je finis par croire que soit personne ne veut réellement que ça change, soit que que nous sommes vraiment tous… des lâches.

 

Caleb Irri

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Ce qui manque aux indignés

Posté par calebirri le 19 octobre 2011

Ce samedi 15 octobre s’est déroulée la « journée planétaire des indignés« . Sans appel ni de la part des syndicats ni de celle des partis politiques, elle fut organisée dans plus de 85 pays, et plus de 1000 villes à travers le monde, réunissant tout de même au total plusieurs centaines de milliers de personnes réclamant une « véritable démocratie ». Cette mobilisation, assez unique en son genre, ne peut pourtant pas être considérée comme une victoire, car elle n’a malheureusement pas atteint ses objectifs : les 99 % d’indignés que doit compter le monde n’étaient pas encore au rendez-vous, et loin s’en faut.

Pour comprendre les raisons de ce « demi-échec » (ou cette demi-victoire, c’est comme on voudra), il faut admettre que ce mouvement comporte des lacunes, et ce tant au niveau de ses revendications que de ses structures.

 

Mais tout d’abord, il faut avouer que le mouvement des « indignés » souffre d’un manque certain de médiatisation : bien que relayée sur internet et quelque peu médiatisé dans les journaux « papier » ou à la radio, la télévision n’en a pour sa part quasiment pas fait état dans ses journaux…

Ce défaut de médiatisation peut s’expliquer de deux manières : soit ce mouvement est délibérément occulté par les médias « au service du pouvoir » pour ne pas qu’il prenne de l’ampleur, soit il n’est tout simplement pas assez « crédible » pour faire peur au gouvernement ou intéresser les médias « populaires » (la télévision).

 

Car qu’on le veuille ou non , la médiatisation semble être le facteur essentiel de réussite (ou d’échec) de ce genre de mouvements, et ce malgré l’apparente contradiction de ce système (une fois la médiatisation obtenue, le mouvement s’amplifiera de lui-même,  mais pour arriver à cette médiatisation le mouvement devra tout d’abord être déjà assez large…) (voir http://calebirri.unblog.fr/2010/10/05/le-nombre-et-la-force-pour-une-internationale-du-web/).

Pour tenter de choisir entre ces deux alternatives, il convient de se rappeler le fameux « bankrun » (voir http://calebirri.unblog.fr/2010/12/04/bankrun-2010-ou-le-symbole-du-dysfonctionnement-capitaliste/) qui avait fait réagir jusqu’à madame Lagarde, et qui tendrait à prouver que les médias sont moins soumis au contrôle des politiques qu’à celui des financiers : en effet, si le mouvement venait à être plus crédible, peut-être serait-il alors plus largement médiatisé.

Ces considérations une fois établies, il convient tout de même de s’interroger sur ce manque de « crédibilité » : les revendications portées par les indignés sont sans doute audibles par une population ayant soif de changements dans les politiques économiques et sociales conduites en Europe ou aux Etats-Unis, mais elles ne peuvent permettre à tous de s’engager derrière le flou qu’elles entretiennent. En réclamant des changements pour une « véritable » démocratie, les indignés ne font que contester sans proposer : parvenus à prendre conscience de l’injustice engendrée par le système capitaliste, ils n’ont en réalité aucune idée précise des moyens de la réduire. Et établir un diagnostic n’est pas guérir le malade.

 

Si on se réfère aux revendications émises, le changement de politique ne peut constituer ni une base suffisante pour unir et fédérer les mécontentements, ni véritablement inquiéter un pouvoir qui se bat déjà pour conserver la main. Il leur faudrait donc tout d’abord se mettre d’accord, ensemble, sur les réponses que les indignés voudraient voir adoptées par les gouvernements contestés pour aller les réclamer publiquement : car plus de justice, plus d’emplois, plus de partage des richesses ou plus de démocratie, cela ne signifie rien de bien concret pour développer la mobilisation.

 

Ensuite, la structure même de ces mouvements ne saurait être suffisante pour appuyer ces faibles revendications. Peu structurées (ça se construit peu à peu il est vrai) et mal organisées, les mobilisations avec occupation de places publiques sur un temps long sont à peu près improductives d’un point de vue stratégique, car elles permettent au gouvernement non seulement de satisfaire l’illusion démocratique (que les indignés dénoncent par ailleurs), mais aussi de s’autoriser à terme le recours à la force en cas de « trouble à l’ordre public ». On l’a vu à l’occasion de cette journée du 15 octobre, la mise en exergue des violences de casseurs isolés est utilisée à la fois pour décrédibiliser le mouvement et pour l’affaiblir : une fois le mouvement installé en nombre sur une surface limitée, il devient alors facile pour un gouvernement de le pousser à la faute en lui opposant une pression policière constante, jusqu’à pouvoir ensuite revendiquer l’expulsion par la force, avec dispersion sur des places plus petites et moins visibles où le mouvement périclitera sans doute, à l’abri des regards journalistiques lassés par la durée du mouvement.

 

Ce mouvement, on le voit bien, ne dispose donc pas encore des qualités nécessaires au développement de ses mobilisations, car il souffre d’une part d’un manque de médiatisation du à sa crédibilité, ainsi que d’un manque d’organisation de ses structures d’une autre part…

Et c’est bien pour pallier à ces manques que « Un RIC pour une AC » a été lancé ! En proposant à la fois une revendication claire et fédératrice, la mise en place d’une Assemblée Constituante, et l’organisation d’un mouvement unitaire fondé non pas sur la manifestation mais sur l’engagement « ponctuel » (en un lieu, en une fois), le « RIC pour une AC » se propose de préparer en amont une « révolution démocratique » qui doit s’effectuer autour d’une sorte de  « Référendum d’Initiative Citoyenne » auto-réalisateur…

 

Une fois les objectifs de ce mouvement clairement définis, une fois le rassemblement effectué autour de ces objectifs clairs et concrets, la médiatisation de ce dernier ne tardera pas : en un seul jour et en une fois nous pourrons réclamer tout, car en réalité le pouvoir nous appartient déjà… de le prendre ou pas.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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Le 20 novembre, faites la révolution… sans manifestation !

Posté par calebirri le 3 octobre 2011

AVIS A LA POPULATION

 

La situation actuelle ne peut plus durer. Nos gouvernants se moquent de nous, et foulent aux deux pieds toutes les valeurs sur lesquelles notre démocratie est censée avoir été bâtie : liberté, égalité, fraternité sont des idéaux qui n’ont plus court ici, et ailleurs non plus. Les droits de l’homme ne sont plus respectés nulle part, la misère touche plus d’une personne sur six et nos comportements consuméristes détruisent une planète qui risque un jour de ne plus pouvoir nous accueillir, nous et les générations qui nous suivront.

 

Cela doit cesser. La crise est devenue le moyen de nous asservir encore un peu plus, tandis que peu à peu se révèlent au grand jour les véritables visages de ceux qui nous gouvernent : corruption, mensonges, trahison, cupidité, voilà ce qui se trouve derrière les masques qui tombent peu à peu.
Face à cette grande dépression qui ne saurait manquer de nous atteindre de plein fouet, face aux sacrifices énormes qu’on se prépare “d’en haut” à nous imposer, toutes nos grèves et nos manifestations ne sauraient suffire à faire bouger le gouvernement : nous sommes trop désunis pour être considérés comme une force.

 

Je propose donc à tous de se rassembler autour d’une seule et même revendication, la seule qui puisse faire sens en ces temps troubles d’incertitude, et qui a le mérite de prendre en compte toutes les aspirations des citoyens désireux de changement, à savoir la mise en place d’une Assemblée Constituante. Cette Assemblée Constituante verra le jour d’une manière ou d’une autre, mais nous pouvons accélérer les choses en utilisant les outils déjà disponibles, et le RIC (Référendum d’Initiative Citoyenne) est sans doute le plus adapté. Par une campagne unie et nationale, par la pression du peuple sur ses élus, par un lieu de rassemblement de toutes les initiatives destinées à promouvoir la réalisation de ce projet, nous avons le pouvoir de faire plus que de nous faire entendre : celui d’imposer notre volonté, en reprenant de fait une souveraineté usurpée.

 

Et puisque ni les manifestations, ni les pétitions ne fonctionnent, puisque les syndicats sont incapables de jouer leur rôle, puisque les médias sont aux ordres et puisque le pouvoir méprise toute forme de contestation, alors il est temps de nous organiser nous-mêmes, afin de montrer à tous la véritable puissance d’un peuple uni, et de faire enfin respecter sa volonté.

Pour obtenir un Référendum d’Initiative Citoyenne à propos de la mise en place d’une Assemblée Constituante, il est nécessaire d’avoir plus de 4,5 millions de citoyens soutenant une initiative d’un cinquième du parlement, à savoir plus de 185 parlementaires. Nous avons le pouvoir de reprendre la main, en exigeant de la part des parlementaires un engagement clair et signé, ainsi qu’en soutenant en masse cette initiative. Seul le nombre peut faire la différence, et de ce nombre dépendra le sort de notre nation.

 

Je vous propose donc à tous, le dimanche 20 novembre 2011, de vous rendre le plus nombreux possibles devant la mairie de votre préfecture respective, afin de déposer un bulletin d’engagement et de soutien au mouvement “Un RIC pour une AC” à des bénévoles sur place ce jour et de retourner chez vous ensuite, sans perdre ni votre temps ni votre énergie, ni votre salaire ni votre patience… Pour ce qui est des parlementaires, ils seront tous contactés par des bénévoles et devront également se soumettre à la volonté du peuple.

 

Toutes les explications sur ce projet et tous les textes à télécharger sont à retrouver à la même adresse, sur un blog spécialement créé à cet effet, http://unricpouruneac.unblog.fr. Comme vous l’imaginez, il sera très difficile d’obtenir un tel nombre de participants, mais cela ne dépend que de vous : en diffusant, en reproduisant, en propageant ce message le plus loin et le plus largement possible, nous avons le pouvoir de reprendre en main notre destinée, en une seule et même journée, tous rassemblés autour d’une seule et même revendication commune, celle d’un changement des règles d’un jeu qui ne nous convient plus.

 

Une fois cette journée du 20 novembre terminée, si elle réussit, le peuple se rendra alors compte de sa véritable puissance, et aura alors pleinement retrouvé sa souveraineté : en agissant ainsi, nous montrerons à nos politiques, de manière démocratique et pacifique, et tout cela sans nuire aux intérêts de quiconque, que le peuple est le seul véritable maître chez lui.
Pas besoin ni de déclaration de manifestation, ni de préavis de grève, ce mouvement n’est ni l’un ni l’autre. Votre engagement se limitera à un déplacement en préfecture à cette date, la force du nombre fera le reste… Juste une révolution… sans manifestation !

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Le 20 novembre, faites la révolution... sans manifestation ! dans Assemblée Constituante doc Bulletin d’engagement et de soutien au mouvement “Un RIC pour une AC”

 

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