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De la crise à la singularité technologique, en passant par Asimov

Posté par calebirri le 12 décembre 2011

Dans le livre « Robots », de Isaac Asimov, la technologie a atteint un tel degré de développement que la gestion du « monde » se trouve alors effectuée par des « supercalculateurs » capables de coordonner les besoins et les ressources disponibles pour satisfaire les intérêts des hommes, dont les tâches se résument apparemment à surveiller le bon déroulement des opérations, ou à améliorer les performances de leurs machines. Des robots, mus par les Lois de la Robotique qui les destinent au service des hommes, remplissent tous les travaux pénibles qui fatiguent d’ordinaire les humains, et certains sont même capables de servir de « nourrice » aux enfants : le développement technologique semble avoir permis à l’homme de se libérer des contraintes du travail, ainsi que des difficultés pour assurer sa subsistance.

 

Cette oeuvre, qui compile 9 nouvelles et qui a été rédigée dans les années 1940, a de quoi faire réfléchir sur notre monde présent, car il semble que la vision du progrès technologique tel qu’on l’imaginait dans le milieu du vingtième siècle n’a pas abouti aux objectifs qu’on lui prêtait alors : aujourd’hui le progrès technique est en concurrence avec l’être humain, alors qu’il devait être son aide la plus précieuse. Et même si les robots qui peuplent le monde imaginé par Asimov sont peut-être réalisables d’un point de vue technique, ils sont impossibles à concevoir dans un monde capitaliste : que pourraient bien faire alors les hommes dans un tel environnement, à part se prélasser en attendant que le robot-cuisinier prépare le dîner, sans emploi et surtout sans salaire ? Alors que la simple mise en place de caisses automatiques dans les supermarchés jetterait des dizaines de milliers d’employés dans les affres du chômage et de la misère, comment imaginer l’arrivée sur le marché de robots aussi perfectionnés, aussi « utiles » que le sont ceux évoquées dans cet ouvrage ?

Quand bien même nos savants chercheurs trouveraient la possibilité technique de réaliser ces formidables outils, comment pourraient-ils s’intégrer dans le monde tel qu’il fonctionne aujourd’hui ? Imaginez le cauchemar pour l’économie, avec des robots capables de remplacer les hommes partout où ils ne s’épanouissent pas ? Imaginez la tête de nos dirigeants, de nos « génies » boursicoteurs ou économistes, face à la puissance de « prédiction » de supercalculateurs si perfectionnés ?

Mais nous pouvons être rassurés, ce cauchemar n’est pas pour tout de suite, et il est même loin le temps où tout le monde pourra se payer ce petit bijou : car le capitalisme veille, et ses agents  préfèrent régner sous son joug que de supporter librement le sort commun.

 

A l’heure où le monde traverse une crise idéologique historique et décisive, il est pourtant intéressant de se pencher sur ces « supercalculateurs » : munis d’une puissance de calcul inégalée, ils possèdent presque le pouvoir de prédire l’avenir, en ce sens que des milliers de milliards de paramètres entrés en équation peuvent permettre de savoir précisément si le climat se réchauffe, à cause de quoi et de combien, où et quand ; et aussi quelles répercussions auront sur lui le fait d’augmenter la TVA, de donner le droit de vote aux étrangers ou de supprimer la bourse.

 

Dans cet ouvrage,  les robots deviennent au fil du temps si perfectionnés qu’ils finissent par réaliser ce qu’on nomme la « singularité technologique » à savoir qu’ils deviennent tellement puissants qu’ils finissent par posséder eux seuls la capacité d’améliorer les performances des supercalculateurs, comme celle de décrypter leurs calculs.  Ces supercalculateurs devraient être l’objet de tous les rêves de nos gouvernants, car gouverner c’est prévoir, et les supercalculateurs permettent de tout prévoir… et donc de tout régler. Le développement de supercalculateurs permettrait de rendre impossible les famines, le gâchis, le dérèglement climatique ou les problèmes de logement… mais il ferait sans doute aussi s’effondrer le monde capitaliste qui fonctionne sur la rareté, l’opposition des intérêts particuliers et l’injustice. Et c’est bien contre cela que luttent les puissants de ce monde. Car dans notre monde, si complexe et si « interconnecté », la science n’est développée qu’à l’intérieur du « prisme » capitaliste, et le développement technologique est soumis aux mêmes lois que celles que subissent les autres développements : celles qui posent l’intérêt individuel et la rentabilité au dessus de toutes les autres considérations, de toutes les autres valeurs. Nos « supercalculateurs » actuels ne servent que les marchés boursiers, nos robots ne sont utilisés que dans l’objectif de réduire des coûts de production en réduisant la part salariale (quand délocaliser est devenu trop cher), et les technologies ne sont pas développées dans l’intérêt général mais dans le but d’en tirer des bénéfices financiers, individuels.

De plus, la rentabilité comme « Première Loi » implique la destruction de toute idée libératrice par la technologie, car le développement technologique à visée humaniste va à l’encontre du capitalisme… ainsi que des inégalité inhérentes à ce système et le pouvoir exercé par un petit nombre sur un autre très grand. Trouver un seul médicament pour tout et pour tous, rendre possible l’utilisation gratuite et infinie des énergies propres et inépuisables, libérer les hommes du travail est tout simplement in-envisageable : comment les puissants de ce monde conserveraient-ils alors leurs privilèges ?

 

Les puissants de ce monde n’ont absolument aucun intérêt à concourir au bien du plus grand nombre,  pas plus que celui de rendre possible l’intervention de supercalculateurs dans la vie sociale : ils préfèrent de loin les erreurs manipulables de leurs « idéologues-économistes » à un incorruptible ordinateur capable d’intégrer tous les paramètres, toutes les données, toutes les informations, de les mettre en ordre et d’en sortir une synthèse sérieuse. Et heureusement pour eux l’homme en est bien incapable, car personne ne pourra jamais « tout savoir ».

Le problème se situe donc dans « le cadre » qui englobe la pensée humaine, son idéologie : alors que la première loi qui encadre le développement technologique est celle du capitalisme (« le profit avant tout »), celle du développement technologique décrit par Azimov est l’intérêt général, à travers les trois lois de la robotique qui sont :

  1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
  2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
  3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Dans ce monde-ci, la technologie a pour mission première de protéger et de servir les hommes, tandis que dans le notre elle n’existe que pour satisfaire des besoins particuliers. Si les actions des puissants de ce monde étaient régies par les mêmes lois que celles de « Robots », le monde actuel ressemblerait sans doute un peu plus à celui d’Asimov qu’au notre.

Car la réflexion conduite par Asimov ne s’arrête pas là, et les parallèles qu’on en peut faire avec la situation actuelle non plus : à force de développements, il devient dans le livre impossible de distinguer un humain d’un robot, et le monde des humains commence alors à craindre ceux dont ils n’a plus ni le pouvoir ni la capacité de contrôler. Les hommes craignent la tyrannie des robots, remettent en question les calculs qu’ils ne sont plus en mesure de vérifier : on interdit alors aux robots de se présenter à des élections, pour ne pas qu’ils finissent par devenir les « maîtres » de ce monde.

Si bien qu’arrive un jour où un homme se voit porté au pouvoir par le peuple qui le croit homme, alors qu’il est robot. Le monde n’a jamais aussi bien été géré, et ses opposants qui le soupçonnent veulent le confondre, afin qu’il soit démis de ses fonctions. Mais les robots sont les plus malins, en jouant sur les trois règles dont ils disposent pour remplir le rôle qui leur incombe, et préfèrent mentir dans l’intérêt général que de laisser les hommes reproduire toujours les mêmes erreurs…

Voilà une belle leçon pour nos gouvernants, et un espoir pour les peuples  : alors que la conférence de Durban n’a rien donné de plus que les autres conférences sur le climat (faute de projections invérifiables par de « simples » humains), alors que les conséquences des OGM sont incalculables et peut-être catastrophiques pour l’humanité toute entière, alors que personne n’est en mesure de connaître les véritables dangers de l’énergie nucléaire, alors qu’on ne sait si l’austérité sauvera ou empirera la situation sociale des peuples concernés par ces mesures (enfin là on a une petite idée quand même…), la « science-fiction » nous offre d’autres perspectives que celles de perdre toute notre science et tout notre savoir dans de savants mais inutiles calculs de probabilités de risques, au nom de la rentabilité et sous couvert de morale, aussi invisible que la main sur laquelle elle s’appuie.

 

Au lieu de calculer combien de marge, quels risques, quels taux, quelle note, combien vaut l’homme ou combien vaut un litre d’air, on pourrait calculer ce qu’il nous faut, ce qu’on a, qui a besoin de quoi, sans craindre la faillite : il faut lire Fondation, la « grande » oeuvre d’Asimov, qui montre bien à quel point les possibilités de développement de l’humanité sont gigantesques, infinies presque. Quand on voit combien d’exoplanètes on découvre, quand on étudie des rats qui ne vieillissent pas, que nous sommes capables de reproduire n’importe quelle cellule et même des cellules qui n’existaient pas, il est impossible d’accepter qu’aujourd’hui nous ne soyons pas en mesure de nourrir et de loger tout le monde. Ce n’est pas un problème de capacité créatrice, ni réalisatrice, ce n’est pas un problème de ressources mais un problème de partage de celles-ci, de création délibérée de rareté, d’obsolescence, de monopoles, enfin de rentabilité qui empêche la technologie de servir véritablement les hommes. Sans la recherche de rentabilité comme première loi, alors tout est possible, sans devoir se contraindre ni à la décroissance ni au chaos.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

7 Réponses à “De la crise à la singularité technologique, en passant par Asimov”

  1. Nadine Bompart dit :

    « (les robots) préfèrent mentir dans l’intérêt général que de laisser les hommes reproduire toujours les mêmes erreurs… »
    Et c’est là que le bât blesse!!! Ils ont bien raison ces robots de ne pas faire confiance aux humains…
    Même si l’idée de voir ma vie contrôlée et régie par un robot me fait un peu flipper, c’est l’idée de base d’Asimov que je retiens: les hommes, dans leur généralité, sont incapables de vouloir, de concevoir le bonheur de tous! Bref, les hommes sont incapables d’être « humain » au sens philosophique du terme…
    Et ça, c’est pas demain la veille que ça changera….

  2. calebirri dit :

    @ Nadine Bompart

    Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites de « l’idée de base » d’Asimov : ce sont bien les hommes qui ont créé les robots, et ce sont eux aussi qui leur ont inculqué les lois de la robotique. Au départ pour leur propre confort, pour le bonheur de tous…

    On peut discuter sur le bonheur qu’il y aurait à vivre dans un monde « sans problème », mais sans remettre en cause la « volonté » d’améliorer le sort de l’humain en le libérant des contraintes que nous subissons actuellement.

    Pour moi, ce n’est pas l’humain qui est incapable d’humanité, mais le système capitaliste qui l’entraîne à perdre son humanité.

  3. Eddie dit :

    Les asiatiques, et surtout les japonais, investissent beaucoup dans les robots. Cela devrait leur permettre de faire fonctionner une usine avec moins de vingt personnes. D’où masse salariale négligeable et surtout projet d’implantation des nouvelles usines directement dans les pays consommateurs, près des clients, car le transport devient très coûteux. Mais à terme, quand tout le monde ferait la même chose, cela devrait finir très mal. Car les pays consommateurs verraient très peu d’embauche et leurs populations paupérisées, et les pays asiatiques se désindustrialiseraient, d’où chômage en hausse et troubles sociaux.

  4. Nadine Bompart dit :

    « Au départ pour leur propre confort, pour le bonheur de tous… »
    Dans les livres, peut-être, dans la « vraie vie » je serai plus proche d’Eddie, c’est pour faire des économies!!!
    Que les robots nous « volent » des emplois, c’est indéniable. Mais des emplois de m…! La solution serait peut-être que l’on arrête de mettre « le plein emploi » comme solution à tout et pour tous, et que l’on redéfinisse la société par rapport à autre chose que l’éternel labeur…

  5. letiti04 dit :

    Pour ce que dit Eddie, il faut se rapprocher des travaux réalisés par le groupe Krisis (Anselm Jappe pour la france) et il me remet en mémoire une des émissions sur la série réalisée sur le Japon par Daniel Mermet. Pour entendre, aller sur le site http://www.la-bas.org.

  6. CLOVIS SIMARD (@CLOVISSIMARD) dit :

    Blog(fermaton.over-blog.com), No-11. – THÉORÈME STE-FOY. – La survie de l’Humanité.

  7. monde indien dit :

    Je n ‘ ai pas lu ni Isaac , ni Aldous , juste Georges que j ‘ ai déjà un peu oublié –
    ça fait longtemps – mais je réponds à ton excellent texte sur la carotte et la
    trique –
    / tenants et aboutissants du capitalisme ? / perversions de l ‘ idée de
    démocratie ( en début d ‘ élaboration ) / luttes en cours . . .
    Je ne suis pas sûr que le désir d ‘ émancipation ( de  » bien-être « ) , que le
    plaisir de pouvoir , de domination , suffisent à prévoir ce que pourraient être
    une sortie du capitalisme ou une éventuelle transformation du libéralisme -
    J ‘ émets une hypothèse : que la frénésie hallucinée du consumérisme qu ‘on
    observe chez les très riches comme chez les classes moyennes a une autre
    motivation que celle du plaisir et du bien être – La nature et la quantité des
    biens accumulés ne semble avoir aucun sens – Ce sont des objets totalement
    inutiles – Ouvres-boîtes à GPS , balais de chiottes informatisés , voitures aussi
    grosses que des yachts de croisières . . qui attendent leur tour d ‘ être
    revendus , aterrir aux compagnons d ‘ Emaüs ou à la décharge – Pour le moins
    servent ils à planter un décor qui se doit d ‘ exprimer l ‘ abondance – La  » déco  »
    qui semble n ‘ être pas le moindre des passe-temps de ces braves gens ,
    essayant tant bien que mal d ‘ accorder ces bric-à-brac dans des sortes d ‘
    esthétiques anesthésiques , se doit surtout de montrer la richesse : utilisation
    de matériaux  » précieux  » , environnements douillets choisis pour des gens
    délicats , donc riches , objets rares . . etc – La course à la richesse devient le
    pilier central de ce qu ‘ on ose encore appeler  » culture  » – Les artistes se
    doivent d ‘ être adulés afin que , ayant des revenus conséquents , ils véhiculent
    au mieux cette merveilleuse image / peu importe leurs créations , le plus
    souvent creuses / de richesse dispensatrice de bonheur – L ‘ amour lui-m^me
    semble ne pas abroger à cette loi , qui doit se pratiquer en tenue de soirée ,
    dans un restaurant des 1000 et unes nuits , dans la suite somptueuse d ‘ un
    hotel de luxe , avec une jeune personne à la peau parfaitement lisse et parée
    comme un sapin de Noël . . .
    On voit assez facilement le côté invraisemblable – On en comprend moins bien
    le côté bien réel , qui ne peut m^me pas faire changer de cap ce suicide
    écologique , et suicide social -
    Il y a dans cette quête merveilleuse d ‘ une infinie  » richesse  » , une hiérarchie ,
    pyramide vertigineuse qui tient , tant qu ‘ on veut bien y croire – Mais peu
    importe qu ‘ on soit en haut , au milieu ou tout en bas , du moment qu ‘ on y
    croit – Bien sûr , l ‘ image de cet ordre insensé est bien entretenu , les postes
    de propagation de la-dite image soigneusement tenus , toutes autres images
    un peu désordres écartées avec vigileance , mais après tout , on pourrait bien s
    ‘ en écarter – Mais non – C ‘ est donc qu ‘ il s ‘ agit bien là de la merveilleuse
    réalité à laquelle nous aspirons tous -
    Tous ?
    Non , car quelques irréductibles gaulois , quelques mystérieux indiens , ont
    autre chose en tête – en tête et certainement d ‘ autres valeurs , d ‘ autres
    façons de vivre – L ‘ embêtant c ‘ est que les frénétiques congénères agittés du
    dollard et de l ‘ euro occupent dangereusement le terrain et sont en train de
    pourrir non moins dangereusement , les sous-sols !
    A m ‘ étonner jour après jour de l ‘ acharnement que mettent tous ces
    frénétiques du consumérisme ( appelons les choses par leur nom ) à faire taire
    les irréductibles gaulois et mystérieux indiens , à maintenir dans un état de
    misère monstrueuse tant de gens plus pauvres que moi , que je pleure de voir
    chercher à manger dans les poubelles , je n ‘ ai pas pu m ‘ empêcher de sentir
    qu ‘ il y a là quelque chose qui fait partie de cette m^me pyramide : le besoin ,
    peut-être m^me le plaisir , d ‘ asservir l ‘ autre , et sans doute en ce qui
    concerne le haut de la pyramide , d’ asservir le plus grand nombre -
    Sans doute l ‘ espoir d ‘ acceder un jour à ce pouvoir magique , et la jouissance
    d ‘ en user déjà sur de plus petits que soit suffisent-ils -
    Cette très violente relation sociale me fait immenquablement penser aux
    comportements de bon nombre de mammifères où l ‘ on voit toute l ‘
    organisation de leur groupe se constituer autour de mâles ( et femelles , ne l ‘
    oublions pas )  » dominants –
    C ‘ est l ‘ hypothèse que j ‘ avance – Que l ‘ organisation pyramidale de bon
    nombre de sociétés humaines répond au m^me type de cheminement de la
    sexualité rencontré chez de nombreux mammifères : il s ‘ agit d ‘ y parader
    autant que d ‘ asservir – Il n ‘ est que de voir l ‘ importance de la sexualité dans
    cette culture consumériste – Chaque nouvel objet fabriqué , chaque nouvelle
    étape dans la conquête des pouvoirs , chaque image de moment de bonheur ,
    semble le lieu d ‘ une extase orgasmique -
    Je ne veux pas nier que le sexe est une des merveilleuses chose de l ‘ existence
    - Je m ‘ étonne que la place du sentiment ait à ce point régressé dans nos
    cultures – Du sexe oui , mais de l ‘ amour cela semble beaucoup plus difficile –
    Tout au plus quelque film lui accordera-t-il un peu de place pour sauver un
    couple de sexagénaires désemparés , un divorcé au bord du suicide , un
    psychotique sauvé par l ‘ amour . . . et on se dira que tout va bien –
    Certes l ‘ évolution culturelle de ces dernières décennies , la création de la
    pilule , la remise en cause des schémas traditionnels de la famille et du couple ,
    l ‘ expansion de l ‘ athéisme , pourraient faire penser que l ‘ amour a reçu un
    coup dans l ‘ aile – Oui , sans doute – Mais le temps a tout de m^me passé
    depuis la Loi Weill , et il ne se passe toujours rien -
    Où sont les merveilleuses chansons d ‘ amour que l ‘ on pourrait entendre dans
    nos pays , que l ‘ on entend encore dans d ‘ autres ( pour peu qu ‘ on
    comprenne la langue du pays où on se trouve ) ? ?
    C ‘ est que l ‘ amour , outre d ‘ être un merveilleux moment de relation , a un
    côté subversif que ne peut sans doute pas tolérer l ‘ image des chefs – Que
    Mélenchon ait osé prononcer ce mot pendant sa campagne , il a aussitôt été
    traité de rêveur –
    Non , nos rêves ne sont pas des rêves , ni nos utopies des utopies , mais bel et
    bien des désirs –
    Non , peut-être bien que Rousseau s ‘ est trompé et que tous les hommes ne
    sont pas bons par nature – Du moins , pas pour tous les autres –
    La carotte et le bâton fonctionnent bien – Et la carotte est le bâton , et le bâton
    est la carotte –
    Voilà , c ‘ était juste une hypothèse –
    Quelques irréductibles gaulois , quelques mystérieux indiens savent encore le
    bonheur du sexe et de l ‘ amour , le bonheur de s ‘ asseoir sous les étoiles et
    contempler l ‘ univers , le bonheur de l ‘ amitié et du partage d ‘ être en vie -
    Bien à vous toutes et tous -

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