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Mondialisation contre mondialisation : et pourquoi pas une « Internationale des indignés » ?

Posté par calebirri le 5 décembre 2011

Il y a quelques jours, une nouvelle initiative a été lancée sur le blog de Paul Jorion, intitulée « l’utopie réaliste« . En moins de 1500 mots et jusqu’au 31 décembre 2011, toutes les contributions qui imagineront les bases d’une nouvelle société seront récoltées, et j’imagine sélectionnées ultérieurement (je ne sais sous quelle forme).

 

Bien tenté d’apporter ma petite pierre à l’édifice, je me préparai donc à engager ma contribution, et commençai à faire la liste des mesures me semblant essentielles :

 

- transparence absolue des comptes de l’Etat et de ses représentants, avec  abrogation du « secret-défense » et du secret d’Etat, fin de l’immunité présidentielle et interdiction des conflits d’intérêts.

-fin des paradis fiscaux et contrôle strict des chambres de compensation.

- programmes de recherche pour éradiquer la pollution, favoriser l’émergence des énergies réellement renouvelables (c’est-à-dire inépuisables), re-localisation de la production agricole.

-programmes de relance pour plus d’éducation, plus de santé, plus d’emplois, plus de social : chaque besoin devant trouver une solution.

- réforme fiscale plafonnant les revenus, taxant les riches et aidant les pauvres, interdiction des paris sur les fluctuations des prix et de la spéculation sur les matière premières, fermeture de la bourse.

- etc…

 

Cela avait de quoi faire rêver n’est-ce pas  ? Pour ce qui est de l’utopie nous y sommes… Mais cette utopie est tout bonnement non pas irréalisable mais irréaliste.
Car en s’opposant à la logique de marché imposée par le capitalisme, une nation qui s’engagerait dans la voie de la justice sociale se retrouverait rapidement isolée sur le plan international, puis exclue de cette « mondialisation » qui effraie tant aujourd’hui, et à laquelle il n’est pourtant plus aujourd’hui possible d’échapper. Les taux d’emprunts de la France flamberaient, empêchant toute dépense et asphyxiant aussitôt l’économie : un Etat seul ne peut pas s’opposer aux règles qui régissent les échanges mondiaux, et encore moins les changer.

 

Cela prouve une fois de plus que la démocratie au niveau « national » n’a désormais plus aucun sens. Et cela signifie aussi que dans la mondialisation, il faut que tous soient d’accord pour changer les règles, ou au moins que les plus forts parviennent à l’imposer aux plus faibles. Aujourd’hui la démocratie doit être mondiale, ou ne pas être. Mais « mondialement ».

 

Et c’est bien de cela dont nos dirigeants ont déjà pris conscience : les règles du capitalisme international ne leur permettant pas, à terme, de perpétuer leur domination sur le reste du monde, ils tentent actuellement d’imposer aux peuples la mise en place d’une « Alliance » assez forte pour transformer radicalement les règles de fonctionnement de nos sociétés. En quelque sorte, ils font le même travail que celui proposé par monsieur Leclerc chez monsieur Jorion, mais à l’envers ; sauf qu’ils ont un coup d’avance.

 

Pourtant, il suffirait de presque rien pour que les peuples dépassent le mur de la mondialisation financière : il leur faudrait juste, en retour, créer une « mondialisation de la contestation » pour résister à celle de la finance. Une sorte « d’Internationale des Indignés », capable de se rassembler et d’agir partout en même temps, sous un mot d’ordre commun, avec un discours unique, à travers une nécessaire organisation de leurs structures locales. Car ce n’est qu’en unissant, en agrégeant, en organisant, en unifiant tous ces petits mouvements indépendants, encore « purs » de « science politique », que les peuples trouveront l’espoir d’une « autre » société. En s’appuyant sur les outils dont nous disposons aujourd’hui, nous avons l’opportunité de fédérer, et aussi d’internationaliser un vaste mouvement démocratique.

 

Car il faut se rappeler que l’internet est encore libre : que ce soit par l’intermédiaire des réseaux sociaux, des forums, des blogs, des pétitions ou de la vidéo en ligne, les peuples indignés ont le pouvoir de se rassembler, de communiquer, d’échanger et de débattre d’un bout à l’autre de la planète. Les peuples ont aujourd’hui plus que jamais la possibilité (et le devoir ?) de mettre en place, au niveau international, toute l’infrastructure nécessaire à cette « Internationale des Indignés », seule capable de répondre aux enjeux de la mondialisation financière. Ils peuvent engager eux-mêmes les consultations, les débats et les réflexions sur ce que pourrait être une nouvelle société. Ils peuvent organiser eux-mêmes le fonctionnement de leurs futures Assemblées Constituantes, partager leurs réussites et leurs échecs locaux, échanger leurs méthodes. Ils peuvent coordonner leurs actions, leurs mouvements de grèves ou leurs manifestations. Ils peuvent établir eux-mêmes les règles auxquelles ils désirent se soumettre, car ils seront alors, véritablement, les 99%

Car la révolution ne se décrète pas : elle se prépare. Comme le disait déjà Marx en son temps la révolution, pour fonctionner, doit être mondiale. Elle doit se produire partout en même temps, pour ne pas se trouver enfermée ni contrainte par le reste du monde.  Pour qu’elle se réalise, il faut qu’elle soit considérée comme juste par tous, et que toutes les règles de fonctionnement du nouveau régime mis en place soient définies et acceptées en amont.

 

Imaginez après que la révolution se produise partout et en même temps, de manière coordonnée et réfléchie, pacifique car soutenue par tous les 99% ; et alors tout devient enfin à la fois réalisable… et réaliste.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

7 Réponses à “Mondialisation contre mondialisation : et pourquoi pas une « Internationale des indignés » ?”

  1. Nadine Bompart dit :

    Excuse-moi Caleb, mais je ne suis pas d’accord avec toi en ce qui concerne le « irréaliste ».
    « Les taux d’emprunts de la France flamberaient, empêchant toute dépense et asphyxiant aussitôt l’économie : un Etat seul ne peut pas s’opposer aux règles qui régissent les échanges mondiaux, et encore moins les changer. »
    Quels taux d’emprunts si la BCF réactive sa planche à billets, si l’on taxe à proportion tous les citoyens et toutes les entreprises de ce pays, si on rapatrie tous les avoirs planqués dans les paradis fiscaux et si l’on refuse de « rembourser » des intérêts bancaires indûs ??? Si, un État seul peut s’opposer et changer les règles de l’ultra-libéralisme qui étouffe le monde et assassine lentement des millions de personnes. Il suffit de dire « NON »!
    Regarde ce qu’ils ont fait et qu’ils continuent de faire en Amérique Latine! En très peu de temps, presque tout le continent s’y est mis!!! Bien sûr, tout n’est pas parfait, loin de là, mais au moins ils essayent, ils se battent, et ils ont de belles victoires!!!
    Nous sommes la Nation des Droits de l’Homme, nous devons montrer l’exemple à cette vieille Europe si malade de sa technocratie et de sa « démocratie » liberticide.
    Imaginons par exemple que le Front de Gauche gagne les élections. Crois-tu vraiment que nos voisins ne vont pas bouger ??? Les peuples vont se lever, un par un ou tous ensemble, et foutre dehors tous ces vieux cons qui ne pensent qu’à leur petit confort personnel en maintenant leurs peuples sous le joug de la rigueur et autres billevesées marchandes et financières…
    Nous nous sommes toujours voulu « la Lumière qui éclaire l’Europe ». Dont acte!!!

  2. Eddie dit :

    La révolution partout et en même temps se ferait tout naturellement suite au chaos mondial qui serait induit par le proche effondrement économique mondial. L’élément déclencheur commun aux révolutions serait encore et toujours la famine généralisée. Actuellement les 99% se décomposent en seulement 1% d’éveillés et 98% d’endormis lobotomisés. Seule la faim pourrait les réveiller.

  3. Julien T dit :

    Je partage cet avis Eddie

    je constate avec peine que l’Homme n’est pacapable d’anticipation
    Il est réactif

  4. Julien T dit :

    pardon

    Il réagit à la nécessité.

  5. peheme dit :

    @nadine bompart
    Heu, de belles victoires en Amsud ? Chavez charrie des valises d’argent du pétrole pour acheter les uns et les autres et le pays est dans un état de déliquescence s’aggravant jour après jour. Au Perou, le président indien, élu par les paysans indiens, prend les mêmes décisions que l’équipe précédente, pour le sacro saint progrès qui sortirait les masses de la misère. Et tant pis pour ceux qui aiment la misère d’une vie simple et sobre.

    Révolution, oui, mais pas en accordant une prime à la bêtise. Se souvenir qu’ un « pauvre » à la place d’un « riche » devient aussi abruti que lui. Ou encore, que le Pouvoir absolu corrompt absolument. Tous les exemples sont visibles en Am sud et centrale.
    Il n’y a pas un seul exemple de société heureuse au monde actuellement, qui ne soit basée sur l’exploitation des uns ou des autres : ça laisse à penser.
    De même, ça fait rire de voir des territoires français délaissés par ces révolutionnaires de salon vivant en ville à proximité de tous les services et en voulant toujours plus : pourquoi le territoire de la France est-il aussi vide ? Il peut accueillir des expériences intéressantes, comme en Ariège..
    Rien ne changera qui partirait d’un comité ou d’un café du commerce : ceux qui veulent le changement, commencent par changer eux mêmes. En se coupant des jugements arbitraires, des yakas et des vrais cons. La révolution a commencé et tant pis pour ceux qui se la jouent en pensant Potemkine : ils seront balayés aussi sûrement que les autres par la force des évènements.

  6. calebirri dit :

    @ Nadine Bompart

    le problème de votre analyse est qu’il est impossible que le Front de Gauche l’emporte, et que même s’il l’emportait, son gouvernement serait contraint de faire « comme les autres », sûrement avec quelques différences je vous l’accorde ; mais dans l’ensemble je rejoins le commentaire de Peheme : nos dirigeants ne dirigent plus rien, et ils n’ont plus le choix.

    @ Eddie

    On ne peut ni attendre ni espérer qu’on en arrive à ces extrémités pour bouger ! quand le peuple a faim, il est déjà trop tard…

  7. Eddie dit :

    @ calebirri

    « Quand le peuple a faim, il est déjà trop tard » : malheureusement, il me semble que nous sommes déjà à ce stade, et depuis quelque temps! En occident, et ailleurs, chaque pays compte une quantité de plus en plus importante de gens très pauvres, comptant parfois même sur les poubelles pour apaiser leur faim.
    L’unique préoccupation des politiciens est de rassurer les marchés, quel qu’en soit le prix à payer pour les populations.
    L’Europe est devenue une dictature, donc c’est pas facile de faire évoluer les choses pour le bien des peuples. De plus tous les médias qui comptent appartiennent à l’oligarchie financière, qui « possède » également tous les hommes politiques, qui eux contrôlent les forces de l’ordre carriéristes, qui écraseraient par la violente toute révolte populaire. Donc l’effondrement financier mondial, suivi de près par un chaos mondial, devrait permettre de mettre les compteurs à zéro. Car depuis trois ans, c’est la lente agonie des peuples rackettés, volés, paupérisés, méprisés, ignorés…

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