Pour que les indignés deviennent des engagés !

Posté par calebirri le 19 août 2011

S’il y a bien une chose dont nous sommes tous certains,  c’est que le monde ne tourne pas rond : les indignés se font chaque jour un peu plus nombreux, et il apparaît aujourd’hui clairement que les choses ne vont pas en s’arrangeant.

 

Mais s’il ne fait désormais aucun doute que le nombre d’indignés dépasse largement le nombre de « satisfaits », rien n’indique que la force du nombre suffise à inverser la tendance : malgré les nombreuses actions menées ici ou là en Europe, elles ne parviennent toujours pas à dépasser le stade de la contestation, sans jamais parvenir à la proposition ;  et cela malgré de fortes mobilisations. Car la crise que nous traversons n’est pas qu’une crise économique ; c’est surtout une crise idéologique. Et ce qui fait défaut aux indignés, c’est justement cette idéologie.

 

Nous ne sommes bien sûr pas tous d’accord sur ce qu’il convient de faire, car il est difficile d’imaginer un « autre monde » que celui qu’on nous impose depuis si longtemps. Et c’est sans doute une des principales raisons qui empêchent tous les indignés de se rassembler. Car pour se rassembler il faut un objectif commun, quelque chose de plus fort que nos différences et qui anime à la fois notre espérance et notre volonté.

 

Comment faire alors pour se rassembler si nous ne sommes d’accord sur rien ?

 

Et bien tout simplement en nous accordant sur le seul point commun qui lient toutes les indignations, à savoir la nécessité d’un changement des règles qui permettent les injustices qui nous indignent. En admettant nos différences sur les solutions à apporter, nous pouvons nous unir sur la nécessité du changement des règles de la Société. Ces règles, qui se basent aujourd’hui sur l’idéologie capitaliste, peuvent être mises en débat à travers un projet rassemblant toutes les sensibilités, une Assemblée Constituante.

 

En exigeant tous ensemble la mise en place d’une Assemblée Constituante, fruit d’un processus allant de la convocation d’Etats Généraux à la rédaction d’une nouvelle Constitution, les indignés de tous les pays, de toutes les tendances, de tous les partis peuvent alors s’unir sans renier ce qui fait leur spécificité. Cette revendication commune permettrait ainsi de lier les forces contestataires pour former une sorte de coalition plus forte, plus organisée que la somme de toutes les indignations prises une à une.

 

Autour de cette revendication unique, la mise en place d’une Assemblée Constituante, les indignés deviendraient alors plus qu’une force contestataire : ils seraient de fait une force de proposition. Car seul un processus constituant, démocratique et indépendant,  permettrait enfin de dégager cette idéologie qui manque à ceux qui s’opposent à l’actuelle. Unis dans un même soucis de justice et de changement, les indignés doivent s’engager à réfléchir ensemble aux nouvelles règles qui devront, au terme de ce processus, être soumises à la volonté des peuples. Notre objectif ne doit pas être de nous rassembler pour nous opposer, mais de proposer ensemble à la Société une nouvelle manière de fonctionner.

 

Cela ne se fera pas en un jour, les débats seront certainement vifs et nous ferons sans doute des erreurs : mais au moins nous aurons, nous le peuple, décidé nous-mêmes de notre destinée. Cela s’appelle la démocratie.

Indignés de tous les pays, devenez des engagés !

 http://www.convergencedesluttes.fr/petitions/index.php?petition=14

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

4 Réponses à “Pour que les indignés deviennent des engagés !”

  1. Ali dit :

    Et toujours le silence habituel sur bellaciao sur les indignés chinois et syriens et ça ne vous fait rien d’intervenir sur ce site facho-gaucho?Ca réprime,ça massacre…silence complice…Par contre les indignés de l’UE,libres de l’être,beaucoup moins réprimés,ont droit à tous les honneurs.Moi,je réaffirme que vous êtes des lâches par votre silence approbateur.Trop facile de critiquer les démocraties(et je ne m’en prive pas,croyez-le!!)mais se taire face aux criminels est monstrueux!!!

  2. Fab dit :

    Que vive la démocratie !
    La démocratie, c’est la participation active et consciente de chacun.

    Le capitalisme, c’est la soumission volontaire de tous. Soumission à un tyran – Déité, Pharaon, Roi, Échange monétisé, etc. – précisément pour éviter d’avoir à prendre conscience : a-démocratique donc.

    La crise est donc de civilisation : « Je ne pense pas (« pas l’temps ! ») donc je ne peux participer à la construction de la démocratie » : c’est la sclérose.

    Le travail – l’activité principale de l’homme – est contraint par la société à l’échange monétisé (après l’avoir été au Roi, odieux, etc.). Le temps de vie sur une poussière d’étoile est contraint. C’est d’une tristesse à faire pleurer un être humain. Une abeille ou une fourmi pas sûr, mais l’humain oui. En théorie.

    Car il existe une autre théorie, économique, qui s’appuie sur la conviction que c’est la société qui fait l’homme : l’homme qui pleure d’être contraint y est défaillant, l’activité (effrénée) économique doit se poursuivre et continuer à faire adhérer à tout prix le plus grand nombre : je refuse d’y adhérer, on ne me répond pas, on m’exclut, on refuse ma « participation active et consciente », on veut contraindre mon activité et ma conscience à l’économique. Où est la démocratie là-dedans !?

    Même sur le plan économique (puisqu’on m’impose la lutte et les armes) leur théorie ne tient pas :

    La monnaie impose sa propre production, il faut nourrir la reine. On crée des emplois rémunérés uniquement pour que le plus grand nombre consomme et produise : la monnaie est créée avant la demande d’échange monétisé. C’est fini, le ver est dans le fruit : la monnaie est excédentaire, il faut éliminer l’excédent : par la guerre, la construction pharaonique, versaillaise, la lourdeur des ministères, la finance, etc.

    La théorie économique refuse la simplicité pour survivre. Elle refuse d’imaginer un autre vivre-ensemble. Elle est tyrannique : a-démocratique.

    Quelle crise ?

  3. Sandrine dit :

    Bonjour Caleb,
    je suis visiteur de passage sur Agora Vox, et j’apprécie vos articles;
    je suis également lecteur de Médiapart, et tout autant indigné que beaucoup de gens;
    et non , Ali, tous les Européens ne sont pas des lâches, et certains, bien conscients de leur liberté de parole par rapport à d’autres peuples, massacrés et tués, ont décidé d’en user, comme les indignés;
    un appel européen contre la dictature financière, travail collectif de lecteurs,est en ligne sur Médiapart ici: http://blogs.mediapart.fr/blog/les-invites-de-mediapart/180811/appel-europeen-contre-la-dictature-financiere
    L’accès est gratuit, même si le journal est payant(pas de pub et des journalistes indépendants qui peuvent mener leurs enquêtes d’investigation)
    le site de MD se fait le relai de cette pétition, solidaire des indignés, et la relaie à d’autres médias européens; en version anglaise également; il existe déjà une version italienne, d’autres sont en cours… 10 000 signatures en quelques jours… et des versions papiers à distribuer;
    nous devons croire à la potentialité du nombre, féderer les mouvements, oublier les querelles de chapelles, et s’unir pour dire haut et fort que nous voulons une Europe des citoyens solidaire, et non pas financière.
    Tiens, j’apprends que ce dimanche, 1 million de personnes s’est rassemblé à Santiago, au Chili, pour une Éducation gratuite et de qualité; pas vu dans les J.T , (?)

    Ah, et quelques milliardaires sont disposés à nous faire une aumône ponctuelle;
    c’est bon signe, ça commence à flipper dans les châteaux!

  4. Zeca dit :

    Bonjour Caleb,

    J’apprécie très régulièrement l’ensemble de vos analyses et vous remercie pour celles-ci.
    Ce dernier billet nous place donc au pied du mur, presque oserais-je dire au coin du feu.
    Cet été indien me conforte donc autant que votre message, le tempo va bien crescendo et l’anti monte lait commence enfin à tinter. Soyons prêts, attendant l’élément déclencheur de cette troisième guerre mondiale qui pourrait être selon des scénarios probables hexagonaux, un gazole à 3 euros, une règle d’or mobilisatrice de foules, un enième scandale politico-financier.
    Ou la masse universelle des indignés, unis, déterminés cette fois à ne plus rentrer.
    On vit vraiment une époque formidable.

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