La valeur de l’Homme, une erreur de calcul capitaliste

Posté par calebirri le 27 mars 2011

Le capitalisme n’a qu’un seul objet : le profit. Ce profit est le résultat d’une balance entre les recettes et les dépenses liées à une activité, qui doit pour être viable dégager une plus-value, c’est à dire être finalement positive. A la limite de la perte et du profit se trouve un point « zéro », que l’on appelle le seuil de rentabilité.

C’est la recherche de ce seuil de rentabilité qui détermine la viabilité d’un projet, ce qui signifie que le lancement d’une activité dépend d’un calcul établi en amont pour savoir si le rapport entre les investissements effectués et les gains espérés seront globalement positifs ou non. La rentabilité se trouve donc être une projection des profits futurs, une espérance, une probabilité considérée comme suffisante pour atteindre un certain niveau de profit. En d’autres termes, la rentabilité calcule la probabilité d’un profit à venir ; jamais des certitudes.

 

Dans l’élaboration de ce calcul, les dépenses nécessaires à la création de l’activité se nomment investissement, et se trouvent séparées en deux entités distinctes, le facteur capital d’une part, et le facteur travail de l’autre. Le facteur capital est aisément intégrable dans des calculs, et cela malgré de très nombreuses données. Mais c’est pour le facteur travail que les difficultés sont les plus grandes. Car ce facteur travail c’est vous, c’est moi. Les recettes, elles, sont calculées à partir d’un concept également non mathématique, le fameux « consommateur rationnel », destiné à rendre l’homme « calculable », mais qui n’existe (heureusement) pas dans la réalité.

Pour le nucléaire comme pour toute autre activité, il faut donc, avant de se lancer, examiner le seuil de rentabilité d’un tel projet, ce qui signifie intégrer aux calculs de nombreux paramètres, dans lesquels interviennent donc des éléments mathématiques (les capitaux : combien coûte la maçonnerie, le travail, les impôts, les assurances…), mais également des facteurs humains (le risque d’accident, les conséquences sanitaires et environnementales à court, moyen et long terme). En fonction du prix « calculé » (on devrait dire « imaginé » car la somme des paramètres à prendre en compte ne peut être ni exhaustive ni quantifiée), et toujours en rapport avec les hypothèses de comportements des consommateurs (la demande supposée en électricité), le capitaliste déterminera le prix qu’il doit vendre son « produit » pour estimer si l’affaire est rentable ( si le prix qu’il fixe respecte la concurrence), ou quelle rentabilité il désire pour fixer son prix de vente (dans le cas d’un monopole).

L’exemple de Fukushima nous montre bien que tous ces calculs ne servent véritablement à rien, car en réalité les éléments « mathématiques » que représentent les coûts fixes sont erronés, car ils ne prennent pas en considération la véritable mesure ni des choses, ni des êtres. Même les « choses » sont le résultat du travail humain, et la « valeur » de l’homme est une donnée incalculable, car il fait partie d’un tout, l’Humanité. Et quand bien même nous serions capables d’en rendre compte de manière acceptable, jamais de tels projets n’auraient dû voir le jour, au regard de risques encourus. Nous aurons bon nous évertuer à calculer si oui ou non le bilan du nucléaire est, dans son ensemble, positif pour l’Humanité, cela est inutile. Car bien qu’à court terme cette activité semble « rentable » à certains égards (emplois, confort, prix, pollution), sur le long terme rien n’est moins sûr : ce que va coûter la catastrophe va bien au delà de tout ce qu’on peut imaginer en termes de santé, d’environnement, et même de financier. Et tout cela sans tenir compte des incidences de la production d’une centrale nucléaire, qui sont également incalculables dans une économie mondialisée : l’exploitation des ressources pour extraire le combustible, celle des êtres humains mis en servitude et rendus malades, la pollution et les trafics, les guerres engendrés pour son contrôle et son acheminement…

Alors au bout du compte, la rentabilité n’est pas au rendez-vous. Cela devrait nous faire réfléchir sur les dangers de tels calculs, qui intègrent dans leurs critères une sorte de « valeur » attribuée à l’être humain. Et c’est bien là que repose toute l’erreur du capitalisme : en définissant l’homme selon des critères purement financiers, qui plus est à court terme, il omet l’élément essentiel du fonctionnement d’une société, l’être humain dans son individualité, dans sa complexité, dans son humanité, et la pérennité de son existence. En n’estimant pas le facteur humain comme principal objet de ses calculs, en attribuant une valeur  « monétaire » à l’être humain, il inverse les priorités « naturelles » des hommes, et finit par prendre l’homme non plus comme but mais comme moyen, et l’argent comme but alors qu’il ne devrait être qu’un moyen, au service de l’homme.

Ainsi, l’objectif primordial d’une société, à savoir la conservation de l’espèce humaine, rentre en contradiction totale avec l’objectif du capitalisme, qui préfère le profit à l’être humain, et qui permet à de telles catastrophes de se produire.

Les choses étant ainsi posées, et puisque le capitalisme attribue une « valeur » à l’être humain, il s’agit maintenant de savoir comment elle est calculée.

Parmi les dépenses que le capitaliste doit prendre en compte dans ses calculs, certains coûts sont dits « fixes » (bien qu’ils intègrent eux aussi les coûts « variables » -l’homme- dans le cadre de leur activité spécifique), et d’autres « variables », qui correspondent aux coûts du travail en un lieu et en un moment donnés. Le coût du travail en Chine n’est pas le même qu’en France, car la législation du droit du travail, les taxes, les conditions de vie des travailleurs, etc, ne sont pas les mêmes partout et tout le temps. Le coût du travail, c’est donc la valeur que l’on vous attribue, en fonction de votre productivité (ce que vous êtes capable de produire en un temps donné). Le coût du travail est devenu, selon les lois du marché, la seule variable d’ajustement sur laquelle les capitalistes peuvent encore jouer, et qui détermine donc notre valeur, la valeur de l’être humain. Cela peut paraître effarant, mais c’est bien la triste vérité. La valeur de l’homme n’est un facteur au même titre que le kilo de MOX, que l’assurance ou les conditions de travail.

Le principe de la fixation du coût du travail réside dans la conception même de l’être humain, avec comme limite sa capacité à supporter l’exploitation de sa force de travail. En d’autres termes, cela signifie qu’il faut traiter l’être humain le moins bien possible (réduire les coûts), sans toutefois qu’il se révolte. Le travail des économistes (qui se trouve être en réalité un travail de psychologue) se résumant à pousser cette « variable » (vous et moi donc) jusqu’au maximum de ses possibilités de productivité, sans dépasser une limite au delà de laquelle ils n’est plus rentable de la contraindre, car alors la productivité de cette variable baisserait. Il ne faut donc pas croire que les loisirs et autres « conforts » sociaux ne sont seulement que le résultat des luttes sociales, mais plutôt qu’ils sont la nécessaire concession faite par des économistes estimant qu’au dessous d’un certain seuil de confort, notre productivité baisse. La valeur de l’homme n’est donc définie que par le rapport entre ce qu’il est capable de rapporter (sa productivité, l’effort qu’il est capable de fournir), et ce qu’il coûte pour travailler sans se révolter (conditions de travail, salaires…). C’est cela l’optimisation, et c’est cela que vous valez, que nous valons, selon le capitalisme : moins que le profit.

Cette manière de calculer la « valeur » de l’être humain remet donc en question toute la morale humaniste des sociétés, et permet d’annihiler la conception égalitaire de nos sociétés selon laquelle un homme en vaut un autre. En « calculant » la valeur de l’être humain, on s’aperçoit qu’il ne s’agit donc plus de le faire « valoir » plus, mais moins. L’homme se trouve sacrifié au profit de la rentabilité, ce qui finit par nuire à l’Humanité toute entière. Car en « moyenne » la vie d’un Chinois vaut moins que celle d’un Français, et à l’intérieur même de chaque société certains valent plus que d’autres. Les « liquidateurs » sacrifiés pour refroidir les réacteurs japonais valent moins que les dirigeants de Tepco, qui achètent la vie des liquidateurs avec l’argent qu’ils ont gagné sur le dos d’autres misérables travailleurs, au nom d’une rentabilité justifiée par un calcul erroné, une conception du monde injuste et inhumaine.

Selon cette conception, la valeur de l’être humain ne dépend plus de ce qu’il est intrinsèquement (un être humain parmi des milliards d’autres), mais de ce qu’il fait. Cela signifie que tous les calculs économiques déterminant les activités humaines sont basés sur un principe « moral » qui contredit et outrepasse les lois « naturelles » imprescriptibles de l’Homme, celles de l’égalité et de la conservation de l’espèce. Avec la détermination de la valeur de l’homme les inégalités se sont tellement creusées que selon les critères de rentabilité, certains hommes en valent des millions d’autres : cela met en péril l’équilibre de l’Humanité toute entière, et rend évidemment impossible toute démocratie.

Car la démocratie implique la définition d’une majorité, chaque individu ayant le même poids dans les décisions concernant la société. L’objectif d’une société étant la conservation de l’espèce humaine, elle considère qu’en laissant souffrir 10 personnes de la faim pour en nourrir un million, le développement d’une activité est acceptable d’un point de vue global : les 10 misérables ne se révolteront pas, et la majorité se satisfera de ce calcul, acceptant ce principe majoritaire. On peut bien sûr aller plus loin dans les proportions (jusqu’à un maximum de 49, 9% de la population, le raisonnement est « théoriquement » acceptable). Mais d’un point de vue capitaliste, le principe démocratique ne tient plus : puisque quelques hommes en valent des millions d’autres, alors on peut considérer que laisser mourir de faim 90 % des hommes est acceptable, ce qui revient à un suicide programmé de l’espèce humaine.

En considérant l’homme seulement comme une variable d’ajustement mathématique, et non plus comme l’objet de toutes les attentions de la société, le capitalisme a fait une erreur de calcul impardonnable, qui va beaucoup plus loin que la raison humaine, comme on le voit aujourd’hui : car si dans la théorie le nucléaire est rentable, elle devrait servir les intérêts de la majorité de la société humaine (50, 01%). Mais en pratique, le risque incalculable que les capitalistes ont pris en fonction de conditions purement financières met en danger l’ensemble de l’humanité, prouvant ainsi à quel point la notion de profit est supérieure à celle de la valeur de l’être humain, et à quel point le système capitaliste est entré en contradiction avec les objectifs de l’humanité. En donnant une valeur différente à chaque être humain, elle sort l’humanité du principe selon lequel chaque homme en vaut un autre, et que la conservation de l’espèce est l’objectif primordial de toute société. Car aujourd’hui, selon les critères capitalistes, à peine 10% de la population sont susceptibles de laisser mourir de faim le reste des êtres humains pour que le système continue d’être rentable… mais pas viable.

Nous aurions du nous révolter depuis longtemps déjà, car la situation n’est plus supportable depuis un bon moment. L’homme n’est pas calculable, et le capitalisme est en train de tuer l’humanité. Les solutions existent pourtant, et il ne tient qu’à nous de les réaliser. Qu’attendons-nous pour leur montrer ce que nous valons vraiment ?

Caleb Irri

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Cantonales/présidentielles : les masques tombent

Posté par calebirri le 23 mars 2011

Comme prévu par les analystes de tous bords, l’abstention est, une fois de plus, la grande gagnante des élections (cantonales) du week-end dernier. Ce qui l’était moins en revanche, ce sont les scores du FN, ainsi que ceux du Parti de Gauche. Bien sûr, certains s’effraient déjà face à ces deux « outsiders », et d’autres remettent sur le tapis le problème épineux de l’abstention, c’est à dire celui de la valeur du vote blanc.

Et bien pour ma part, je me félicite de ces résultats qui, bien qu’arrivés un peu tôt sur le calendrier présidentiel, ont le mérite de conforter, une fois de plus, la sagesse populaire. En effet, il est bon de voir que le peuple n’attend pas les présidentielles pour exprimer son mécontentement. Tous ceux qui, comme moi, faisaient le procès des sondages sont remis à leur place, et c’est bien fait pour nous ! Bien entendu cela ne remet pas en cause les critiques (fondées) sur le sujet, mais bien plutôt la valeur qu’on leur accorde : qu’ils soient le miroir des opinions ou qu’ils la forment, le résultat est là : eux ne s’étaient pas trompés !

 

Quand je dis que je me félicite de ces résultats, vous aurez compris j’espère, que l’ironie n’est pas loin du désespoir… Mais comme toujours « à quelque chose malheur est bon », et il me fallait bien trouver une raison suffisante pour ne pas porter ombrage à ma bonne humeur légendaire! Alors voilà : bien que savamment orchestrée, cette montée du FN ne devait pas intervenir sitôt dans le calendrier, et on ne l’attendait pas aux cantonales. Mais « les urnes ont parlé », et les protagonistes de la montée du Front National doivent donc se découvrir un peu avant l’heure… Ce qui nous laisse le temps de compter les moutons, et surtout de nous préparer à faire « front »… lors des présidentielles.

 

Car c’est à partir de maintenant que les masques tombent, et la configuration inédite qui s’est réalisée lors du premier tour de ces cantonales ne laisse plus le choix à l’UMP, qui a semble-t-il commis une erreur stratégique majeure, celle de son positionnement « concret » vis à vis du Front National, arrivé dans les débats un peu trop tôt pour l’effet souhaité.

Alors que la gauche a rapidement pris son parti, le parti présidentiel s’est à cette occasion largement fourvoyé, en préconisant pour certains le « ni FN, ni PS », pour d’autres le vote blanc ou l’abstention, et pour d’autres encore le « front républicain ». Le débat fait donc rage au sein de la majorité, et il n’y a qu’à regarder qui fait quoi pour obtenir une idée assez précise des véritables orientations de chacun.

 

Il ne faut pas se leurrer, la politique menée par la majorité actuelle, clairement positionnée à droite, se trouve contrainte pour continuer d’exister d’aller toujours plus à droite, jusqu’à adopter certaines postures qui la rapprochent du FN, avec lequel elle sera sans doute forcée de composer une fois la présidentielle engagée. On peut toujours estimer les deux partis comme indépendants l’un de l’autre, mais les thèmes de campagne choisis par le gouvernement pour éviter la débâcle seront inévitablement débordés sur leur droite, à laquelle ils devront s’allier pour espérer gagner.

Mais à l’UMP, tous ne semblent pas se rassembler autour de cette possibilité, et l’équipe resserrée du président devra sans doute aussi faire les comptes : tous ne le suivront pas dans la radicalisation qui se prépare.

Enfin ! Le plus réjouissant dans tout ça, c’est sans doute la valeur du débat politique actuel, qui montre au grand jour à quel point nos hommes politiques se préoccupent du sort du peuple. D’un point de vue idéologique, la droite comme la gauche fuient désormais la bataille, et préfèrent la stratégie aux idées. C’est qu’il devient de plus en plus délicat de parler de politique sans qu’il soit possible de faire le rapprochement entre les idées du PS et celles de l’UMP d’une part, et celui entre les idées de l’UMP et de celles du FN de l’autre… d’autant qu’ils n’ont d’autre choix, car leurs explications, à l’aune des évènements actuels, ne tiennent plus que par un fil de plus en plus ténu : celui de notre prétendue naïveté.

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré », disait Einstein.

Et bien changeons, et agissons, car les solutions existent : elles passent par la création d’une Assemblée Constituante

 

Caleb Irri

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Le monde est en danger : mais qui sont les coupables ?

Posté par calebirri le 16 mars 2011

En écoutant les informations, je me surprends à aujourd’hui à dépasser la compassion, pour rentrer dans la colère. Le monde ne tourne pas rond, et cela ne date pourtant pas d’hier. Cependant, de nombreux hommes ont, et cela depuis son commencement, émis des critiques et des propositions, pour tenter de nous faire comprendre que l’Humanité ne suivait pas la bonne voie : ils ont été au mieux martyrisés, et au pire oubliés. Et si la mémoire de quelques uns nous est encore conservée aujourd’hui, ce n’est que pour mieux trahir leurs pensées, pervertir leurs messages ou instrumentaliser leurs combats.

 

Que reste-t-il aujourd’hui ? un monde où l’on affame des populations entières à grands coups de spéculation, où l’on tue ceux qui manifestent pour un peu plus de liberté, où la rentabilité prime sur toutes les autres considérations. Aujourd’hui ce monde est en péril, et personne ne semble plus en mesure de contrôler quoi que ce soit. Je posais l’autre jour la question de savoir si à la décadence de notre civilisation allait s’ajouter sa destruction, mais aujourd’hui je voudrais évoquer la question des responsables, et des coupables. Car il est maintenant certain que les choses ne changeront pas, et ce malgré le cataclysme sans précédent qui est en train de se produire au Japon ; cataclysme qui aura sans aucun doute des répercussions sur le monde tout entier, pour demain et pour toujours.

 

Alors puisque nous en sommes là, posons la question franchement : qui sont les responsables de la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui l’humanité ?

Et bien il y en a de deux types :

les premiers responsables sont les gouvernants eux-mêmes, qui nous mentent et nous trompent depuis si longtemps qu’ils se trouvent eux-mêmes empêtrés dans leurs mensonges et leurs tromperies.

Les seconds sont les peuples, nous, qui nous laissons depuis trop longtemps abrutir par une propagande savamment orchestrée, une éducation qui s’apparente à du conditionnement, une soumission totale à un système qui certes nous contraint, mais que nous continuons à promouvoir malgré tout.

 

Pour être plus précis, nous sommes responsables de croire aux mensonges qu’on nous sert, et nos gouvernants sont responsables de nous conditionner à les croire. Nous sommes coupables de ne rien faire pour en sortir, et nos gouvernants sont coupables de nous empêcher de le faire.

 

Au delà de ce constat, vient ensuite la question du système qui nous pousse à ces comportements, le Capitalisme. Nous savons tous comment le capitalisme fonctionne, et nous savons tous qu’il est un système dangereux pour les hommes. Certains se cachent encore derrière de belles paroles pour expliquer qu’il est le moins pire, ou que nous n’avons rien à proposer pour mettre autre chose à sa place… Mais s’il était le pire ?

 

Un système fondé sur l’inégalité et l’individualisme, la recherche de l’intérêt privé, la cupidité, l’injustice, la concurrence, la corruption, la spéculation, comment pourrait-il être bon ? Un système qui enrichit un petit nombre au détriment d’un grand, qui pervertit toutes les valeurs d’amitié, de fraternité, d’entraide et d’amour, qui permet d’affamer un milliard d’êtres humains, qui engendre misères, maladies, guerres, violences et catastrophes sanitaires dans le seul but de faire grimper les cours de la bourse, comment pourrait-il être bon ?

 

C’est par trop absurde ! Mais nous, que faisons-nous d’autre que de laisser aller, luttant les uns contre les autres pour un appartement plus grand, moins cher, un travail plus facile, mieux payé, ou un travail tout court ? que faisons-nous d’autre que de rechercher le bonheur dans les lignes obscures d’une courbe de croissance, que d’accepter de nous faire diriger par des types dont la place, pour la plupart, devrait être dans une cellule de prison, mais qui y échappent toujours ?

Nous calculons, voilà ce que nous faisons! Nous calculons notre temps, nous calculons notre argent, la courbe du soleil et le nombre de nos amis sur facebook. Et puis nous cherchons des formules, pour gagner plus, à coups de sondages obscurs, de statistiques indéchiffrables, de probabilités inconcevables, de rapports bénéfice-risque incalculables. Des OGM incontrôlables envahissent la planète, des médicaments s’avèrent être des poisons, nos objets sont constitués de matières détruisant l’environnement, nos loisirs entrainent l’exploitation d’hommes, de femmes et même d’enfants à des milliers de kilomètres de chez nous, et nos énergies sont ingérables.

 

Mais qu’attendons-nous ? Est-il si difficile de comprendre, alors que nous sommes, nous les peuples, les premières victimes de notre lâcheté, qu’il faut cesser de croire que les choses ont une chance de s’arranger en continuant de servir un système qui n’a fait que de nous conduire là où nous en sommes aujourd’hui ? Arrêtons de rêver, de regarder, de calculer, de perdre notre temps. Ne nous laissons pas abattre par un fatalisme qui n’est qu’une lâcheté de plus pour ne rien faire. Le monde ne deviendra que ce que nous en faisons. Si le capitalisme est un mauvais système, que ne le remplaçons-nous pas ? Au lieu de perdre notre temps et notre énergie à tenter de le rendre acceptable, ne serait-il pas plus simple, en définitive, d’en changer ? Même si la tâche est ardue, est-il vraiment plus facile de vouloir « moraliser » un système dont le principe fondateur est, justement, l’absence de morale ?

 

Combien de temps encore la Terre pourra-t-elle supporter les coups qu’on lui porte sans nous les rendre, et combien de temps faudra-t-il encore supporter ce système qui nous conduit à notre perte ? Nous sentons tous, et plus particulièrement ces derniers temps, que des changements sont inévitables. Nos dirigeants le sentent aussi, mais sont, eux, beaucoup trop engagés pour faire marche arrière : ils finiront par nous entraîner dans la dictature, seul moyen pour eux d’obliger les peuples à effectuer des changements radicaux de comportements, pour sauver à la fois leur pouvoir et la planète. Et si nous voulons éviter cela, c’est maintenant qu’il faut réagir. Le capitalisme, de toutes les manières, est condamné, juste en sursis. Mais nous avons encore le choix…au moins pour le moment. Prenons-nous en mains, et réfléchissons ensemble aux moyens d’établir d’autres alternatives : http://laconstituante.forumgratuit.fr/

Caleb Irri

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Entre décadence et destruction, notre civilisation va devoir choisir

Posté par calebirri le 13 mars 2011

La plus grande erreur des civilisations qui nous ont précédé fut de se croire, à l’apogée de chacune d’elles, au sommet de la perfection, persuadées qu’elles étaient de leur infaillibilité. C’est pourtant cette période que l’Histoire considèrera toujours (a posteriori) comme le début de leur décadence ; période dans laquelle il semblerait que notre civilisation soit rentrée.

 

A l’instant où j’écris ces lignes, les images d’une explosion dans une centrale nucléaire au Japon illustrent parfaitement l’état de ce monde incapable, malgré toutes les technologies disponibles et les sécurités exigées, de faire face à la puissance de la Nature, cette même Nature qu’il se glorifie pourtant de savoir maîtriser. Nous fabriquons des OGM, nous travaillons à la fusion nucléaire, nous étudions l’ADN et produisons des coeurs artificiels, et nous marcherons bientôt sur Mars, c’est certain ; mais nous sommes toujours incapables de donner à manger à tous les êtres humains qui peuplent cette planète.

 

Bien sûr nous ne sommes pas en mesure de contrôler le climat, et aucune civilisation ne peut empêcher les catastrophes naturelles, nous rétorquera-t-on. Mais dans ce cas, ne peut-on, ne doit-on pas faire oeuvre d’humilité, et éviter que ne soient rendues possibles les terribles conséquences de ces catastrophes ?

 

Car si nous ne sommes pas encore capables d’éviter les catastrophes naturelles, nous sommes bien capables de les empirer, et il serait bon de se demander quelle force nous pousse à nous croire supérieurs aux forces qui nous dépassent en définitive. Et surtout comment nous rendons nous-mêmes possibles les conséquences de ces catastrophes, en construisant près des côtes, en utilisant une énergie que nous maîtrisons mal, en préférant cacher la réalité des dégâts plutôt que de les assumer. Comment accepter de prendre le risque d’une catastrophe nucléaire sans savoir comment s’en protéger ? Un territoire comme le Japon, soumis à une activité sismique continuelle, doit-il se résoudre à continuer d’utiliser cette énergie, alors même qu’en cas de catastrophe c’est le Japon tout entier, et même au-delà la planète elle-même, qui se trouvent menacés ?

 

Aujourd’hui il faut se rendre à l’évidence, jouer à l’apprenti sorcier est une erreur qui peut être lourde de conséquences : au delà des inévitables victimes liées au Tsunami, le bilan de cette catastrophe pourrait bien se voir démultiplié par l’effet de notre propre prétention, celle de croire que nous pouvons maîtriser nos propres réalisations. Le bilan humain aurait-il été le même sans les constructions solides de Tokyo, ou sans la relative fragilité d’une centrale nucléaire ? Et en Haïti, le bilan aurait-il été si lourd si des précautions avaient été prises il y a déjà bien longtemps, alors qu’on savait déjà les risques que cette partie du monde comportait ?

 

Non, cela va plus loin que la simple « fatalité ». C’est le fonctionnement d’un système tout entier qui se trouve remis en cause par notre inconscience collective, comme dans la légende pourtant évocatrice et prédictive du mythe de l’Atlantide : en se croyant supérieur à la nature, en se proclamant démiurge omnipotent, l’Homme a abandonné depuis trop longtemps l’humilité à laquelle aurait dû le contraindre l’Histoire des civilisations passées. Et tout cela au nom de quoi ?

 

Au nom de la rentabilité à tout prix, de l’individualisme forcené, du « veau d’or » que nous adorons depuis trop longtemps et qui nous pousse à vendre des médicaments dangereux, à utiliser une énergie qui nous dépasse, à concevoir un monde rentable avant d’être humaniste, ou juste viable. Nous sommes actuellement parvenus à un point de civilisation où tout est rendu possible : le meilleur comme le pire. Nous avons le choix entre continuer à nous autodétruire, ou bien de conserver ce qui est bon , et de retirer ce qui ne l’est pas . Ce choix doit être conscient et universel, et nous l’avons encore.  Faut-il donc continuer à utiliser l’énergie nucléaire partout, et surtout faut-il aller plus loin, vers cette « fusion » dont on ne connaît même pas la puissance ? Faut-il continuer à produire des OGM dont les conséquences sont indéchiffrables ? Faut-il encore considérer le pétrole comme une énergie « positive » ? Et cela même si c’est rentable ? Il nous faut cesser de croire que nous sommes arrivés au faîte de la civilisation, car désormais la puissance technologique à laquelle nous sommes parvenus ne s’accompagne pas de sa maîtrise, et nous sommes capables de détruire nous-mêmes l’espèce humaine, ce qui est bien plus grave que de conduire à la simple décadence d’une civilisation.

 

Nous sommes arrivés aujourd’hui à un point de civilisation auquel il faut s’arrêter et réfléchir, afin de prendre en compte la réalité, à savoir que le monde tel qu’il fonctionne n’est ni abouti, ni immuable. Peut-être faut-il aujourd’hui cesser de croire que le capitalisme et la démocratie se développent conjointement, et regarder enfin le monde non pas seulement tel qu’il est, mais tel qu’il pourrait être. Et pour ce faire, il faudra bien un jour imaginer se séparer du capitalisme, ce qui nécessite de se détacher des croyances qu’une propagande bien menée a établi pour nous empêcher de constater nos faiblesses. Pour revenir à la démocratie, la vraie, celle qui ne se laisse pas déborder par la corruption, la vénalité ou la recherche du pouvoir.

 

Et si le choc des civilisations est le seul moyen « capitaliste » de parvenir à rétablir l’illusion du progrès, c’est pour mieux cacher la chute qui suit. En réalité seule l’union des civilisations nous permettra de rétablir la démocratie. C’est à nous de nous prendre en main, car demain nous n’aurons peut-être plus la possibilité de revenir sur nos erreurs.

Nous qui croyons, comme nos ainés avant nous, que le monde ne peut plus être modifié, qu’il ne peut plus être autrement qu’il est, un tel événement devrait nous rendre la raison : le monde a déjà basculé de nombreuses fois avant nous, et nous avons du à de nombreuses reprises recommencer tout de zéro, ou presque. Sommes-nous donc obligés de recommencer toujours les mêmes erreurs ?

 

Engageons-nous pour que la décadence de notre civilisation ne se transforme pas en destruction, et arrêtons-nous un moment pour réfléchir aux possibilités qui nous sont pourtant offertes, ensemble, pour nous-mêmes mais aussi pour les autres, ceux qui nous suivront sur cette Terre. Les solutions existent : à nous de les rendre réelles.

 

Caleb Irri

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