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Pour lutter contre le nouvel ordre mondial, organisons un complot !

Posté par calebirri le 27 février 2011

En quelques semaines seulement, le peuple arabe semble avoir pris conscience du véritable visage de ses dirigeants, ainsi que de sa force lorsque ses actes sont guidés par la légitimité du nombre. On pourrait s’étonner de cette « peur » des régimes en place subitement dépassée, ou s’interroger sur le fait qu’après avoir tant critiqué les Musulmans, ce soit d’eux que provienne l’exemple d’une révolution populaire réussie ; mais ces considérations positives ne peuvent pas cacher le flou entretenu sur l’avenir de ces révolutions. J’ai déjà évoqué ailleurs les soupçons qui naissent à ce sujet, que confirment malheureusement les réactions de « l’Occident » face à ces évènements qui devraient pourtant susciter de sa part un soutien total et sans réserves.

Mais regardons les choses en face : les peuples se révoltent en ce moment, pour réclamer la démocratie, et surtout la fin de dictatures vieilles, pour certaines, de plus de quarante ans. On s’aperçoit à cette occasion du nombre de pays qui, depuis des décennies, souffrent de régimes souvent instaurés, et protégés par nos soi-disant « démocraties », sans que ni l’ONU, ni nos « valeurs humanistes » n’aient aidé le moins du monde ces peuples à se libérer du joug de leurs tortionnaires.

 

Cette incompréhensible passivité se montre au grand jour actuellement, et met à mal tout le système mondialisé sur lequel repose la puissance de nos propres « démocraties », c’est à dire une hypocrisie visible désormais par tous : nos richesses proviennent de l’exploitation de peuples soumis à l’autorité d’individus souvent enrichis et soutenus, voire formés par les pays occidentaux, qui ont engraissé les dictateurs de ces pays par leurs politiques commerciales agressives et une corruption structurelle les incitant à appauvrir leurs propres populations au profit de leurs seules personnes, mais aussi au prix d’une stabilité imposée de fait par ceux-là mêmes qui les critiquent aujourd’hui, (alors qu’elle leur a jusque là surtout profité). Les armes qui tirent sur les peuples désirant la liberté ont été vendues par les pays riches, les ressources pillées au peuples ont été vendues aux pays riches. L’illusion de l’enrichissement de ces pays a été entretenue par la corruption de nos propres gouvernants, corruption qui participe par ailleurs au haut niveau de vie dont nous jouissons grâce à ces mêmes injustices.

 

Pas étonnant donc qu’aujourd’hui la politique diplomatique occidentale semble dépassée, débordée par les évènements, ni que ces derniers mettent mal à l’aise nos dirigeants : laisser s’effondrer les dictatures sur lesquelles reposent la plupart des bénéfices de nos Etats, c’est ouvrir la voie à une liberté démocratique susceptible de remettre en cause leur propre domination sur leurs propres peuples. En permettant au monde entier de constater que la seule force du nombre est capable de renverser ses dirigeants les plus autoritaires, les « démocraties » occidentales craignent à présent que cette « tempête » ne devienne tsunami, emportant avec ses eaux sales les vernis crasseux qui nous empêchent de voir notre propre servitude. Car qu’on le veuille ou non, le pouvoir d’un petit nombre sur un plus grand implique de fait une notion de « secret » qui, une fois mis à jour, montrerait toute l’injustice du système dans lequel nous vivons, auquel nous participons de fait, et dont nous bénéficions implicitement.

Lorsqu’on nous évoque « un nouvel ordre mondial », il ne s’agit pas d’autre chose que cette concentration des pouvoirs en un nombre encore plus petit de mains, et c’est là que se trouve le complot. Ce complot doit s’appuyer sur une idéologie, car « ils » ne peuvent pas dire « nous agissons pour perpétuer l’injustice », mais doivent au contraire affirmer « nous nous battons pour votre liberté, pour votre sécurité ». Leur discours doit être cohérent, et le meilleur moyen pour cela est de créer le monstre qu’ils redoutent, afin de pouvoir justifier ensuite de le combattre. Ce monstre c’est l’islamisme, que l’on crée depuis le 11 septembre, et qui est le résultat d’une théorie d’opposition appelée « choc des civilisations ». Cette opposition leur est nécessaire, car le système capitaliste se doit d’entretenir une misère et une oppression sur les peuples par ses dirigeants pour maintenir la concurrence nécessaire au maintien (voire à la baisse) du niveau des salaires et des prestations sociales chez eux.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit : officiellement, l’incurie de nos hommes politiques, leur passivité face à des dictatures répressives est justifiée par ce « péril islamiste », en soutenant que ces dernières constituaient un rempart contre l’Islam. Les peuples en lutte se défendent évidemment d’en souhaiter la mise en place (de ces régimes islamistes), mais il se trouve pourtant être le prétexte évoqué par les occidentaux pour reprendre la main sur ces pays (et leurs ressources) – si toutefois ces révolutions n’ont pas été menées en sous main justement à cet effet, afin de justifier les tensions nécessaires à la reprise en main d’un continent qui est en train de leur échapper, soit en s’émancipant de leur pouvoir, soit en tombant dans d’autres mains que les leurs.

 

On le voit en France, les débats actuels sur l’Islam et la laïcité sont relancés, et la peur du FN réveillée par l’UMP justifient l’extrémisme de l’un pour lutter contre celui de l’autre. Car le « danger » islamiste est le seul moyen de créer les conditions d’une opposition entre deux mondes, opposition seule capable de monter les uns contre les autres, et de justifier les politiques sécuritaires mettant nos propres populations sous surveillance, afin de maintenir l’injustice économique et sociale que les pauvres subissent toujours plus face aux riches d’une part, et surtout conserver la nécessité d’un pouvoir autoritaire qui tomberait de lui-même si leurs esclaves s’apercevaient qu’ils peuvent très bien fonctionner sans leurs maitres d’autre part.

 

L’idéologie du « choc des civilisations » est donc indispensable pour justifier les invasions irakiennes, le soutien d’Israël, les tensions face à l’Iran, les coupes budgétaires et la remise en cause des droits à la sécurité sociale ou au travail. Cette idéologie est nécessaire à l’ingérence des pays riches qui peuvent ainsi s’immiscer dans la vie politique locale des pays pauvres et influencer directement les échanges en pesant de toute leur influence militaire, financière et politique. Elle permet de s’accaparer les ressources de ces pays, et d’en contrôler tous les rouages en imposant les mesures qui les enrichit eux, au mépris de la protection sociale et du développement des peuples.

 

C’est ce « choc des civilisations » qui crée les conditions d’une crise dont les fautes seront rejetées in fine sur « l’ennemi musulman », bouc-émissaire servant de paravent aux véritables instigateurs de la misère des peuples, nos propres dirigeants élus « démocratiquement »… selon les désidératas de quelques riches financiers prêts à tout pour ne pas qu’on s’aperçoive de leurs méfaits, de leurs traitrises… et de leur enrichissement. Que le complot pour un nouvel ordre mondial soit volontaire ou pas importe peu, car il est indispensable qu’il existe : ce n’est pas la vérité qui fait la réalité, mais la croyance en la réalité qui devient vérité. A force de mentir à leurs peuples, les gouvernants préfèrent cacher leurs mensonges derrière d’autres mensonges, et détourner l’attention des peuples qui souffrent vers un autre responsable qu’eux-mêmes, qui cachent et détruisent tous leurs méfaits dans des chambres de compensation, qu’on appelle à juste titre « les trous noirs de la finance« .

Ce n’est donc pas seulement contre les dictateurs actuels qu’il s’agit de lutter, mais bien contre ce « nouvel ordre mondial » qu’on nous prépare à accepter, pour contrebalancer le « retournement capitaliste » que j’ai déjà décris ailleurs et qui menace la position dominante des pays riches. Et pour ce faire, quoi de mieux que d’organiser nous-mêmes un « contre-complot », à rebours de ce que nous connaissions jusqu’ici ?

Un complot destiné à lutter non pas contre les pauvres, mais cette fois-ci contre ce petit nombre qui tire sa force d’une puissance économique construite sur l’exploitation du plus grand nombre, et dans un secret qui, une fois « éventé », ne permettrait plus de protéger leurs vils desseins, leurs viles actions ? La légitimité des peuples n’est fondée que par le nombre, et ce n’est qu’en nous unissant que nous serons capables d’exiger les changements auxquels nous avons droit. Il faut nous organiser pour dénoncer partout les mensonges, utiliser les outils dont nous disposons pour les diffuser, les dénoncer, et les rendre visibles par tous. Nous devons être capables de créer un complot au grand jour, afin que les secrets disparaissent. Un complot qui ne cacherait ni ses volontés ni ses actions, un complot qui ne pourrait pas s’éteindre une fois deux ou trois têtes « coupées » car légitimé par des millions de sites « miroir » (l’esprit de tous les citoyens désireux de changements), trop nombreux pour être anéantis. N’ayons plus peur de dire ce que nous voulons, car les peuples sont souverains et légitimes, au nom des droits de l’homme, et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ce complot existe déjà, et il se nomme « Assemblée Constituante ». Il n’a besoin ni du gouvernement ni de son argent pour fonctionner, et constitue le seul rempart contre le vol des révolutions par d’autres que le peuple. Il doit s’accomplir au grand jour, car plus il sera visible, et moins il sera attaquable, jusqu’à devenir indispensable. Je vous invite donc une nouvelle fois à venir rejoindre ce complot, le seul qui permette à tous de devenir conspirateur, et surtout le principal bénéficiaire de sa réussite…

Caleb Irri

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Les solutions existent : elles passent par la création d’une Assemblée Constituante

Posté par calebirri le 23 février 2011

Nul n’en doute plus à présent, les évènements que vivent actuellement les populations de certains pays sont historiques, et c’est avec l’espoir de grands changements que les opposants à l’autoritarisme se rendent en masse réclamer leurs droits, le plus souvent au péril de leurs vies. Mais derrière l’espoir suscité par cet hypothétique renouveau, les soulèvements populaires qui parcourent notre planète vont devoir se confronter au plus grand défi qui soit : celui de refonder les bases d’une alternative crédible, et ce avant la reprise du pouvoir par l’une des « élites » habituelles, toujours en embuscade.

C’est qu’il n’est pas simple de changer de régime en un instant. Et d’ailleurs, c’est sans doute l’une des premières raisons expliquant la plupart des échecs des révolutions précédentes. Car pour qu’une révolution ait une chance d’aboutir à l’objectif qu’elle s’est fixée, elle doit avoir déjà préparé ce qui suivra, et être capable de le rendre effectif le plus rapidement possible. Que ce soit dans le sens d’une nouvelle dictature ou dans celui d’une démocratie, les institutions nouvelles doivent être prêtes à fonctionner, ce qui implique un grand travail de réflexion préalable. Pour l’instauration d’une véritable démocratie, il ne suffit pas d’un complot réunissant quelques « initiés » dans un endroit glauque, mais plutôt d’une visibilité extrême rassemblant au grand jour un maximum de conspirateurs. Cette réunion, on la nomme « Assemblée Constituante », car elle est destinée à écrire une nouvelle Constitution, Constitution qui établira les règles de fonctionnement du nouveau régime.

Avant d’en arriver là, la future Assemblée Constituante devra donc être formée, ce qui nécessite une réflexion approfondie sur son mode de fonctionnement, ainsi qu’une légitimité populaire assez large pour rassembler les idées, débattre, s’organiser de la manière la plus démocratique possible. Pour se faire, des nombreuses initiatives existent et ne demandent qu’à se développer, et il suffirait seulement qu’on y croit pour qu’elles se mettent à se concrétiser.

Au départ il y donc un questionnaire. Pour ceux qui n’ont pas suivi cette initiative, vous en trouverez l’explication ici. Ce questionnaire est important, car il représente la première étape du processus constituant. Une fois le nombre de réponses requis atteint, il sera alors possible de dégager de ces réponses (ou parfois des questions, ou propositions) quelques grandes lignes directrices, en même temps que quelques sujets de débats et de réflexions sur certains points qui ne font pas consensus. De ces interprétations et discussions devrait ressortir un texte, sorte de « charte » à respecter par les futurs candidats au poste de « Constituant ».

C’est ici qu’intervient une autre initiative, qui complète et prend le relais du questionnaire, afin de rassembler en un même lieu tous les participants à ce processus : un forum, intitulé « groupe de travail sur une Assemblée Constituante« . Sur ce forum peuvent déjà être débattus les problèmes posés par le questionnaire, débats qui pourraient donc aboutir à la rédaction de la « charte » évoquée plus haut. Un consensus obtenu (à une date fixée, car il faut bien avancer), il serait alors possible de lancer une consultation validant ce texte, pour lancer ensuite un appel à candidatures.

Une fois cet appel à candidatures lancé et une date de clôture définie (une date ou un nombre donc, suivant les réponses au questionnaire), il s’agira alors d’organiser les élections (on verra donc sous quelle forme), et de choisir une date pour le début des travaux de l’Assemblée (une grande réunion par exemple). Je rappelle à cette occasion que la rédaction d’une Constitution n’est pas une mince affaire, car elle déterminera l’équilibre des pouvoirs à venir, les liens entre un éventuel parlement et le gouvernement, les prérogatives de la justice, les modalités d’élections, etc, le tout sans autoriser les faiblesses qui ont permis les abus que nous connaissons aujourd’hui.

Mais si l’écriture d’une nouvelle Constitution doit servir de base au futur régime qui nous gouvernera, il ne faut pas négliger la réflexion sur les principes qu’elle doit incarner, c’est à dire la reprise (ou la refonte) d’une « nouvelle » déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, capable d’intégrer les véritables enjeux et problématiques de notre temps. J’avais déjà tenté d’imaginer à quoi elle pourrait ressembler (ici), mais la création d’une sorte de « wikio » sur le sujet pourrait permettre d’engager une réflexion plus globale, plus universelle, plus participative sur les valeurs que la future Constitution devra défendre. Il ne faut pas oublier que les lois seront votées selon les règles définies par la Constitution, et les principes selon lesquels elle a été rédigée en sont donc l’essence même. Cette réflexion peut s’engager dès maintenant et devra être soumise à l’attention de l’Assemblée Constituante, parallèlement, conjointement et en accord avec ses travaux.

 

Lorsque les travaux de l’Assemblée seront engagés, il serait bon également d’étudier les « modèles » de Constitution dont nous disposons, ainsi que les travaux en cours actuellement, comme ceux du PlanC  de monsieur Chouard, avec sa « wikiconstitution » et son forum spécialement dédiés

Il faudra aussi trouver le moyen de faire la « navette » entre les citoyens et l’assemblée, afin que les deux parties soient informées des actions des uns et des autres, ce qui peut s’exercer au moyen des cahiers de doléances faisant remonter les revendications « locales », et d’une sorte de « bulletin d’information » sur les travaux en cours, participatifs, et consultables par tous.

Lorsque l’Assemblée sera élue et les débats engagés, il ne nous restera plus qu’à mettre en place les votations (toujours sur internet ?), et choisir une date pour le référendum qui clôturera les travaux de l’Assemblée Constituante.

Après cela, nous pourrons enfin, avec calme mais avec la force d’une légitimité accordée par un peuple souverain, exiger le départ de ceux qui l’ont usurpé pendant tant d’années… et commencer à rêver- pourquoi pas ?- d’offrir aux peuples une nouvelle voie, celles qu’ils décident de tracer les uns avec les autres, et plus les uns contre les autres.

Mais en attendant, il faut nous engager, et cela commence peut-être par un simple questionnaire, comme creusant le premier sillon d’un champ immense dont la qualité de la récolte dépendra :les solutions existent, il ne nous reste plus qu’à les réaliser.

 

Caleb Irri

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le capitalisme, un retour à l’état de nature ?

Posté par calebirri le 20 février 2011

Dans son « traité du gouvernement civil », Locke commence par faire la distinction entre l’état de nature des hommes et leur état civil, qui par la création d’une société vise à se sortir du premier pour tomber dans le second.

Là où « la loi du Talion » exige naturellement une certaine forme de barbarie (ou d’animalité), les hommes (devenant par cet acte « citoyens ») délèguent volontairement leur pouvoir à des représentants censés l’éviter, afin d’échapper à l’état de guerre précédant l’esclavage. Alors qu’à son époque la démographie et l’abondance des ressources disponibles permettait une propriété ne nuisant pas à celle des autres (d’où une certaine forme de liberté), Locke pensait que l’homme avait la capacité de se séparer de l’état de nature pour entrer dans l’état civil, c’est à dire d’éviter la loi du plus fort pour se soumettre à la justice des lois humaines,sans toutefois rogner sur la nature de l’homme, c’est à dire sa liberté.

 

Malheureusement, il semblerait qu’à l’heure actuelle les choses aient bien changé, car l’opulence et la liberté qui permettaient d’atteindre au gouvernement civil sans renier ce qui fait la nature de l’homme (sa propension à vouloir conserver sa propre existence d’abord, et l’espèce humaine ensuite) a disparu sans lui laisser ni la justice de la société, ni la liberté de sa nature : la société aujourd’hui, c’est le capitalisme. Avec ses guerres, ses famines, ses esclaves.

En effet, l’homme ne désire plus seulement contenter ses besoins par l’appropriation raisonnable des ressources (comme la lionne qui ne tue que ce qui peut la nourrir, elle et les siens), mais se trouve contraint, à l’heure de la rareté et de la société de consommation, d’en vouloir toujours plus, pour ne pas avoir à souffrir d’un manque futur. Les techniques de récoltes, de production, ont aboli la possibilité d’offrir à chacun de quoi remplir ses besoins propres, et du même coup la possibilité d’une propriété juste et raisonnable qui devrait pouvoir être assurée, naturellement, par l’abondance des ressources en accord avec les besoins vitaux des hommes.

 

On voit donc qu’il est devenu difficile d’échapper alors à notre nature prédatrice, et de la même manière que trop de lions dans un trop petit espace en viennent soit à mourir de faim soit à se battre entre eux, les hommes doivent aujourd’hui se battre pour obtenir une part de ce qui est devenu trop peu pour tous. L’état de guerre et l’esclavage sont redevenus inévitables, réduisant ainsi à néant toutes les promesses d’une société censée nous faire sortir de notre condition animale, et ce à l’intérieur même de ce qu’on serait pourtant porté à considérer comme le summum de la civilisation, à savoir le capitalisme.

 

Il n’y a pour s’en faire l’idée qu’à écouter les discours actuels : persuadés que le monde est devenu trop petit pour nous tous, la concurrence et l’individualisme sont devenus les seuls moyens de conservation de l’homme moderne, en le rapprochant sans cesse de l’état de nature « animal » dont le capitalisme devait nous faire (définitivement) sortir. Il n’est pas rare d’entendre employés les mêmes termes pour l’homme et pour l’animal, comme si nous étions semblables, et que toutes les tentatives pour faire de la condition humaine « un peu plus » que sa naturelle animalité étaient vaines, et ce bien que nous nous targuions d’avoir su maîtriser les forces de la nature elle-même, jusqu’à devenir les propres démiurges de ce monde.

 

Qu’en est-il exactement ? Le capitalisme nous a-t-il sorti de notre animalité de nature pour nous offrir le gouvernement civil, ou est-il seulement une reproduction de celle-ci à un niveau « supérieur » (c’est à dire qu’au lieu de nous chasser les uns les autres nous nous battons à coups de « guerre économique ») ? Car en réalité la loi du plus fort n’a pas disparu avec le capitalisme ; elle a juste pris une autre forme, un peu plus subtile mais toute aussi injuste : c’est la loi du plus riche.

A ceci près que l’état de guerre « naturel » ( qui pouvait être évité par celui qui le refusait, en s’installant ailleurs par exemple) devient aujourd’hui permanent, et que la force déployée par le plus fort est hypothétiquement infinie, car celui qui s’est accaparé ressources et technologies dispose d’une puissance inégalée et toujours susceptible d’augmenter. L’abondance dont disposaient les anciens n’existant plus, le capitalisme, qui a été considéré comme le moyen le plus sûr, le plus juste pour partager les richesses de ce monde, ne fait en réalité qu’inscrire un droit « naturel » plus proche de l’animalité la plus barbare que de l’innocence du règne animal.

 

Car l’homme et l’animal sont pourtant bien différents, et ce pour la simple et bonne raison qu’en terme d’innocence, l’homme est le moins bien loti. Ses conceptions du bien et du mal ne l’engagent pas à tuer pour se nourrir, mais à tuer « de peur » d’être tué. A accaparer « de peur » de ne plus rien pouvoir posséder. Le capitalisme, c’est comme mettre trois lionnes dans une cage, avec un bébé gazelle dedans : après s’être copieusement étripées de peur de voir leur part leur échapper, la plus forte se retrouvera rapidement en possession du bébé gazelle, et également de deux cadavres sur le dos. Un véritable gâchis.

Le capitalisme a donc rendu l’homme à son état de nature, mais dans un cadre de rareté qui empêche la société de fonctionner, et le rend « naturellement » hostile aux autres. Ainsi, plutôt que de croire ce système le plus capable de gérer la rareté, ne pourrait-on pas considérer au contraire que c’est justement ce système qui engendre la rareté, afin de remettre l’homme en dehors d’une société qui lui permette de vivre en harmonie, sans chefs, sans guerre et sans famine ?

 

Il pourrait apparaître alors que les ressources de notre planète sont suffisantes pour tous, et que c’est justement la peur du manque qui crée la rareté. Les considérations financières de rentabilité, de productivité poussent à la surconsommation, à la surproduction, et on assiste aujourd’hui à des scandaleux gâchis d’une part, et d’autres non moins scandaleuses famines d’autre part. Il suffirait en réalité de faire cesser les règles du fonctionnement capitaliste pour que, presque « du jour au lendemain », les hommes puissent à nouveau faire société, ensemble, et ressortir de leur animalité actuelle pour redevenir des hommes, avec ce qu’ils ont de différent par rapport à l’animal : une conscience, une histoire, une conception du bien et du mal… et un objectif commun : continuer de faire vivre la formidable aventure de l’être humain, sans qui l’univers n’existerait pas. Ensemble, les uns avec les autres et pas les uns contre les autres.

 

Ce retour « contraint » à l’état de nature ne doit donc pas être vu comme le résultat d’une évolution sociétale, mais d’une régression, et il faudrait considérer le capitalisme non plus comme le moyen de nous sortir de cette nature, mais bien plutôt comme le moyen de nous y faire retourner. Et il deviendrait alors nécessaire aux hommes de reprendre leur destinée en main, car en retournant à l’état de nature ils finiront par perdre ce qui fait leur spécificité, c’est à dire qu’ils redeviendront une espèce animale indifférente des autres espèces, dont l’existence (ou non) importe peu.

Tandis qu’en luttant à nouveau pour créer une nouvelle société capable de leur assurer subsistance, liberté et justice, ils redeviendront des Hommes. Car si le capitalisme a bien été conçu par et pour la société, il ne remplit pas son office, et doit donc être détruit par la société, afin qu’elle reprenne un sens.

Recommençons à tracer une nouvelle voie pour les peuples, nous en avons sinon le droit, au moins le devoir…

 

Caleb Irri

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De Denis Robert au G20, en passant par notre prétendue naïveté

Posté par calebirri le 18 février 2011

Il y a quelques jours, on apprenait la fantastique victoire de Denis Robert face à Clearstream, sans bien sûr que cette nouvelle ne fasse la une dans nos journaux télévisés traditionnels…Enfin rien d’étonnant. Et puis aujourd’hui, monsieur Christian Noyer, président de la banque de France, explique dans « lemonde.fr » à l’occasion du G20 (qui se tient ces vendredi et samedi) qu’une taxe sur les transactions financières n’est pas envisageable actuellement, car tous se précipiteraient alors illico vers les paradis fiscaux.

 

Comment ne pas faire la relation entre ces deux évènements, qui expliquent pourquoi les émeutes de la faim et la misère augmentent en proportion de l’augmentation des bénéfices bancaires?  Et comment ne pas faire le lien entre les révolutions du Proche et du Moyen-Orient et les débats actuels sur l’Islam en Europe ?

 

Car Denis Robert l’avait pourtant bien expliqué : si nous voulons faire cesser tout cela, il n’y a qu’à regarder à l’intérieur de ces chambres de compensation, pour que les paradis fiscaux tombent d’eux-mêmes, ou réciproquement. Nous y trouverions à la fois les trafics de drogues, d’armes et d’êtres humains, nous y verrions transiter les commissions occultes et les milliards volés par les dictateurs, nous stopperions d’un seul coup l’augmentation de la misère, les injustices sociales, et aussi les guerres.

 

Mais tout ceci n’arrivera pas. Car ce n’est pas la révolution ni même l’anarchie qui s’ensuivraient, mais un tel chaos que c’est le monde entier qui se verrait transformé. Et tout cela sans compter que c’est ceux-là mêmes qui ont le pouvoir de changer les choses qui ont le moins d’intérêts à ce changement : on s’apercevrait alors de la corruption de la plupart de nos « élites »

Et puis surtout, comment croire qu’il en puisse être autrement, à partir du moment où nous acceptons sans rien faire un système injuste qui ne peut créer que de l’injustice ? Tout est pourtant si clair et si logique….Alors que des voix s’élèvent pour proposer une régulation plus forte, des taxes et des garanties sur la finance, que notre président affirme lutter contre les paradis fiscaux, pour l’investissement ou pour l’emploi, il faut nous attendre en réalité à voir se fermer encore un peu plus le robinet du crédit, et augmenter l’enrichissement d’un petit nombre contre celui d’un (beaucoup) plus grand.

Mais cet état de fait est aussi de notre responsabilité. Nous savons tous qu’en nous soumettant au système actuel nous participons à la misère du plus grand nombre, et nous savons également qu’en le remettant en cause nous risquons de modifier les éléments de notre propre confort. En supprimant les paradis fiscaux ou en contrôlant les chambres de compensation, ce n’est pas seulement les banques et leur pouvoir que nous attaquons, mais le système capitaliste dans son ensemble, ainsi que l’injustice dont nous bénéficions avec elles.

 

Et puisque nous savons, nous avons le devoir de nous positionner. Soit nous décidons de réagir en préparant la suite, pour pouvoir un jour sortir de l’injustice structurelle de ce système, soit nous acceptons celle-ci, avec ses conséquences. Il faudra bien un jour cesser de faire les naïfs, et assumer notre choix.

Nous sommes responsables, car les solutions existent, et nous les connaissons : supprimer réellement les paradis fiscaux, ouvrir les lignes de compte chez Clearstream et les autres chambres de compensation internationale, pour remettre tout à plat.

 

Si comme je l’espère la majorité des citoyens de ce monde veut faire cesser tout cela, et s’engager sur une autre voie, il faudra d’abord qu’il se batte pour reconquérir le pouvoir, non pas seulement en faisant une révolution qui sera bien vite reprise en main par de nouveaux dictateurs corrompus, mais en préparant l’exercice de la souveraineté du peuple, à travers un projet concret, réfléchi en amont et démocratiquement choisi, comme à travers la création d’une Assemblée Constituante. Cette Assemblée doit fonctionner selon des règles définies et acceptées par le peuple, et un questionnaire en ligne est disponible à cet effet, ainsi qu‘un forum permettant à tous de se réunir pour réfléchir, ensemble, à l’avenir que nous comptons offrir à nos enfants.

 

Caleb Irri

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A propos du questionnaire sur l’Assemblée Constituante

Posté par calebirri le 13 février 2011

Bonjour,

 

Malheureusement, et comme cela était prévisible, le questionnaire sur la mise en place d’une Assemblée Constituante n’a pas rassemblé les « foules » que je souhaitais, et je le regrette. Après quelques tentatives d’explications introspectives, je me suis interrogé sur la manière de rendre attractif un tel projet, et surtout de faire en sorte qu’il ne soit pas trop rébarbatif à remplir.

 

Ne voulant pas admettre que le questionnaire lui-même serait la cause du désintérêt général, j’ai préféré rester positif et réfléchir aux moyens d’en améliorer la diffusion. J’ai bien sûr tout fait pour le proposer à des personnalités dont je pensais les opinions accessibles à mes arguments démocratiques, mais le silence y a répondu de manière éloquente : c’est à croire qu’il est impossible de mettre tout le monde d’accord, ne serait-ce que sur la méthodologie à employer pour y parvenir.

 

Nous sommes pourtant nombreux sur le net à réclamer à la fois la mise en place d’une telle Assemblée et l’union des forces désirant un véritable changement des institutions de ce pays. Je n’ai bien sûr pas de remède miracle, et je ne souhaite pas non plus faire un « porte à porte » virtuel pour les convaincre tous de se rassembler.

 

Alors pour l’instant, je me suis contenté de lancer le questionnaire original (avec ses imperfections) en ligne sur internet, à l’adresse qui suit : questionnaire sur l’Assemblée Constituante
J’espère qu’il sera plus agréable à utiliser, et qu’il se développera mieux que par téléchargement.

Je vous invite une nouvelle fois à le diffuser le plus largement possible, car une information qui n’est pas relayée se meurt.

Si par un heureux hasard les réponses recommençaient à venir, il me sera possible, avec un peu de patience, de débattre des questions qui ne font pas consensus à travers un forum qui sera destiné à éclaircir les avis.

 

En attendant, je vous remercie de votre attention

 

Caleb Irri

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Tunisie, Egypte : la diplomatie française expliquée en l’air

Posté par calebirri le 9 février 2011

J’aime quand les choses se déroulent ainsi, et que tout devient plus clair.

Au début il y eut la révolte des Tunisiens. Un silence gêné suivit les premières manifestations et les premiers morts, et puis il eut la fameuse « bourde » de madame Alliot-Marie, ministre des affaires étrangères, qui proposa l’aide sécuritaire de la France au régime de Ben Ali. On arrêta in extremis des cargaisons de grenades lacrymogènes à destination de la Tunisie, et on avoua la faute à demi-mot : le gouvernement n’avait pas pris la mesure de la situation des Tunisiens. Il s’avérait qu’en effet (après vérification ?) le régime de Ben Ali était bel et bien une dictature, dont les membres ont volé et affamé leur peuple depuis plus de vingt ans…

Et bien aujourd’hui, ceux qui se demandaient comment un tel aveuglement était possible ont leur réponse : vue à travers les hublots d’un jet, on voit beaucoup moins bien.

Plus sérieusement, la polémique enfle depuis quelques jours à propos des voyages de la ministre, effectués à bord d’un jet privé appartenant à un homme qui, s’il n’était pas proche de monsieur Ben Ali, ne devait pas se trouver non plus bien proche des préoccupations populaires des Tunisiens. Malgré les ratés de la communication gouvernementale à ce sujet et les nombreux appels à la démission de la ministre, cette dernière reçut pourtant le soutien du président et du premier ministre, et jura qu’on ne l’y prendrait plus.

 

De nombreux analystes jugèrent que la faute méritait tout de même démission, et qu’en d’autres Etats elle serait déjà effective. Mais qu’à cela ne tienne : le pays des droits de l’homme n’a pas de leçons à recevoir de quiconque, et madame Alliot-Marie restera en place, en dépit de l’incompréhension générale.

 

Or aujourd’hui nous apprenons les véritables raisons du maintien de la ministre à son poste, et surtout celles du soutien  que lui a apporté le gouvernement : monsieur Fillon, le premier ministre, a lui-même bénéficié durant les vacances de noël des largesses du gouvernement égyptien, en passant ses vacances aux frais du régime si contesté aujourd’hui, celui-là même qui tente encore d’étouffer la contestation populaire par tous les moyens possibles.

 

Imaginez-donc la situation ! Que se passerait-il si madame Alliot-Marie avait du démissioner ? Monsieur Fillon devrait-il en faire de même ? Cela deviendrait bien vite une affaire d’Etat!

 

Car avec ce nouvel élément mis en lumière, c’est tout le tableau qui s’éclaire, et on comprend mieux la frilosité du gouvernement Français à réclamer le départ du « président » Egyptien… ainsi que son volontaire soutien apporté à la ministre française. Des vacances tous frais payés à un premier ministre par le dirigeant d’un pays qui, ces dernières semaines, a démontré à la face du monde toute sa monstruosité, cela fait mauvais genre pour notre belle démocratie. D’autant que, dans le cas de madame Alliot-Marie comme dans celui du premier ministre, cela signifie que leurs petits écarts ont en réalité été financés par… l’argent volé respectivement aux peuples Tunisien et Egyptien !

Nous avons ici réunis tous les éléments expliquant la réaction française face aux évènements historiques qui se déroulent en Tunisie et en Egypte, éléments et réaction qui devraient nous faire réfléchir à l’état de notre propre démocratie. Se trouve aujourd’hui établie une connivence certaine doublée d’une hypocrisie totale, car tous savons que le gouvernement ne pouvait ignorer la corruption de ces deux régimes (rien que le fait d’être élu plus de vingt ans de suite aurait du leur sembler louche…. ), et qu’il continuait malgré cela à profiter des largesses de ces deux régimes autoritaires.

 

Pour conclure sur la conduite à tenir maintenant, je voudrais reprendre les paroles du premier ministre lui-même qui hier, dans un beau discours (du 7 février 2011) à l’adresse de la justice (oui, de la justice, quelle ironie!), parlait de fautes et de responsabilité : je le lui retourne donc à son adresse, en n’y apportant que quelques corrections minimes, effectuées entre [ ]

 

« Les magistrats [ministres] jugent [agissent] au nom du peuple français. L’autorité judiciaire [le gouvernement] tire sa légitimité de ce principe.
Et bien, c’est au nom de ce principe que tous les acteurs de la chaîne pénale [gouvernementale] doivent la transparence à la société toute entière ! C’est au nom de ce principe que l’exécutif se doit de respecter et de garantir le fonctionnement de la Justice ! C’est aussi et enfin au nom de ce principe que nous devons collectivement refuser l’idée de la fatalité !
La fatalité ne peut être une excuse collective. Nous tous, nous devons rendre des comptes aux Français.
Quand un drame horrible survient [comme la répression vilolente de l'expression démocratique], rien n’est pire qu’un système qui se referme sur ses certitudes.

Si des fautes sont relevées par ces inspections, dont nous connaîtrons bientôt les conclusions, elles seront sanctionnées. C’est légitime.

Chacun doit assumer la responsabilité des conséquences des décisions qu’il prend.
Ce devoir de responsabilité est la contrepartie des hautes missions dévolues aux magistrats [ministres], aux personnels de l’administration pénitentiaire, aux personnels de la police et de la gendarmerie [à l'administration française]. Dois-je préciser que leur statut prévoit des procédures et des garanties s’ils sont mis en cause dans l’exercice de leurs fonctions. La Constitution elle-même prévoit que le Conseil supérieur de la magistrature puisse être saisi par les citoyens qui reprochent une faute aux magistrats [en fait pour les minsitres il me semble que seule une cour spéciale puisse le faire].

Si les inspections en cours révélaient des dysfonctionnements collectifs ou des insuffisances dans l’organisation de la chaîne pénale [gouvernementale], nous avons le devoir de prendre des mesures de correction, pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise. »

 

Maintenant, il faut le prendre au mot.

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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