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Assemblée Constituante : un questionnaire pour commencer

Posté par calebirri le 23 janvier 2011

La plupart de ceux qui s’intéressent quelque peu à « la chose publique » conviennent que les règles de fonctionnement de notre pays, comme celle de la plupart des démocraties actuelles, ne suffisent plus à garantir les droits des peuples, et doivent par conséquent être modifiées.

 

Partant de ce constat, mes réflexions m’ont conduit jusqu’ici, c’est à dire à l’absolue nécessité de transformer les règles qui régissent les comportements des citoyens en rédigeant une nouvelle Constitution, à la fois plus juste et plus libre. Cette nouvelle Constitution doit être l’aboutissement d’un processus constituant susceptible d’être accepté par tous, et proposée in fine au suffrage universel direct.

 

Mais en attendant, l’Assemblée doit être créée, les règles de son fonctionnement définies, ses objectifs déterminés. Pour atteindre la mise en place de cette Assemblée Constituante, plusieurs outils existent, et le référendum d’initiative (vraiment) populaire en est un. Malheureusement, il est certain que les résistances politiques et institutionnelles ne jouent pas en la faveur d’une telle réalisation, et que le désintérêt de la plupart de nos concitoyens est à mettre au crédit de la subtile propagande des ennemis de la démocratie.

 

Nous possédons pourtant de très bonnes initiatives qui aident à réfléchir depuis longtemps à cette nouvelle Constitution, et internet se trouve sans doute être (pour le moment du moins) le meilleur allié de cette réflexion collective, participative et citoyenne. Ce qu’il manque désormais, entre le constat de la déviance de notre démocratie et les propositions de nouvelle Constitution, c’est l’organe qui fait le lien entre eux. Il nous faut donc créer cette Assemblée Constituante de manière à ce qu’elle soit « légitime », et ce sans attendre le bon vouloir politique qui ne viendra sans doute qu’une fois le travail accompli, ni sans espérer l’intérêt immédiat d’une population déjà largement occupée par sa subsistance quotidienne…

 

J’ai proposé il y a peu une méthodologie pour la mise en place d’une telle Assemblée, afin de poser les bases d’une réflexion sur ce qu’elle peut, ou doit être dans la réalité. Bien entendu ces questions ne suscitent ni l’intérêt ni la curiosité de tous, et il me paraît donc indispensable d’aller plus loin dans les propositions.

 

J’ai donc décidé de me prendre en main, et de rédiger un questionnaire concernant la mise en place d’une Assemblée Constituante, de la manière la plus pragmatique et la plus ouverte possible. Ce questionnaire comporte 19 questions, reprenant plus ou moins la méthodologie proposée dans mon article précédent.

Il est destiné à servir de base de travail pour étudier l’opinion de tous ceux qui se sentent intéressés par le sujet, et proposé à tous ceux qui le veulent, selon des règles que je voudrais expliciter ici, afin qu’on les puisse contester en retour.

 

Tout d’abord, je dois dire que ce questionnaire est téléchargeable à la fin de l’article présent (ou sur un de mes blogs), en format Word. Il comporte donc les 19 questions, et un nombre différent de réponses possibles. Il n’en faut choisir qu’une par question, sachant qu’il est possible d’utiliser, au cas où aucune des propositions ne satisferait le lecteur, la case « autre (préciser) ».

 

L’objectif de ce questionnaire est ambitieux, car il vise à obtenir un millier de participants, qui devront y inscrire leurs nom et prénom, ainsi que leur adresse email, et aussi répondre à toutes les questions pour qu’il soit valable. Les réponses me seront communiquées en retour au travers de mon email, calebirri@hotmail.fr.

Bien sûr cette façon de procéder peut paraître injuste ou aléatoire, car en réalité seuls les plus intéressés seront amenés à se prononcer, et non représentatif car basé sur un nombre peu élevé de participants. Mais il faut bien être conscient du fait que la mise en place d’une Assemblée Constituante doit être le fait de citoyens engagés, motivés et surtout, intéressés par un sujet qui, pour nombreux, semble loin de leurs priorités, ou volontés, ou possibilités.

 

Ensuite, il faut bien se rendre à l’évidence, tous ne pourront  ni ne voudront participer, et mille personne est déjà une performance. Quand on sait que les sondages nationaux sont réalisés sur plus ou moins le même nombre de citoyens « représentatifs », on ne peut décemment critiquer la représentativité toute aussi subjective de ce questionnaire : au moins ici, nous serons certains que les participants répondront avec intérêt.

Je vais donc dès aujourd’hui lancer ce questionnaire, et attendre patiemment les retours, que j’espère nombreux et sérieux, car cela nous concerne tous. J’ai pour le moment décidé de m’arrêter arbitrairement à mille personnes, mais si toutefois l’initiative prenait, rien n’empêche d’aller plus loin. J’étudierai aussi les réponses que je rendrai publiques à intervalles réguliers, et si des problèmes, des suggestions ou des critiques récurrentes me sont faites en nombre, je les soumettrai à discussion.

Enfin, il sera temps, plus tard, de réfléchir à un appel à candidature pour la créer effectivement, mais nous n’en sommes pas encore là…

Ce questionnaire n’est évidemment pas parfait, et il n’est là que pour servir de base de travail, en espérant qu’elle soit la plus exhaustive possible. Constatant qu’en l’absence d’une première méthode « clés en main » les choses n’avançaient pas, je me suis lancé un peu à l’aveuglette, et il se peut que de nombreuses choses soient à modifier. Nous verrons bien.

 

En attendant, j’espère également qu’en voyant les choses avancer, le sondage sur la nécessité de la mise en place de cette Assemblée Constituante va également s’en trouver justifié, car il serait une légitimité populaire supplémentaire, presque indispensable pour convaincre et l’opinion publique, et par ricochet la classe dirigeante qui devra bien s’y ranger à la fin.

 

Je suis ouvert à toute proposition, remarque ou critique, et vous laisse maîtres de ce qui adviendra de ce projet.

 

Caleb Irri

questionnaire en ligne
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(il faut faire « clic droit » et ensuite « enregistrer la cible du lien sous »)

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l’économie contre le social : l’Europe va devoir choisir

Posté par calebirri le 19 janvier 2011

Je viens de lire l’article de Monsieur Jorion, intitulé « le sauvetage de l’euro n’a pas eu lieu« . Mais comment pourrait-il en être autrement ? A partir du moment où l’on raisonne dans le cadre du capitalisme, les règles capitalistes doivent s’appliquer. Que ce soit en temps de crise ou pas, la « Loi du marché » indique que la somme des intérêts individuels doit concourir à l’intérêt général. Point. Cela signifie donc qu’en fonction des éléments contextuels de l’économie actuelle, l’intérêt de l’Allemagne est de laisser tomber l’Europe pour ne pas sombrer avec elle.

 

La question n’est donc pas de savoir si elle fait bien ou mal d’agir ainsi, mais plutôt de savoir si son intérêt à court terme (sauver « sa peau » économique) ne va pas à l’encontre de son intérêt à plus long terme. Car en se préparant à lâcher l’Europe (et l’euro), l’Allemagne signe l’arrêt de mort de l’indépendance politique de l’Europe, ainsi que la puissance dont elle bénéficiait en tant que moteur de cette entité.

 

Et cette question, il ne fait aucun doute que l’Allemagne se l’est posée aussi, et y a répondu de manière pragmatique, politique. Car il faut rappeler que la politique n’est pas au service du social mais de l’économie. Le social n’est qu’une donnée secondaire dont le risque est calculé et, géré avec finesse par une propagande subtile, il peut même se retrouver au service du politique. Ce qui importe pour les chefs d’Etat, ce n’est pas de s’attirer le contentement du peuple à court terme, mais de conserver leur pouvoir à long terme, en satisfaisant les véritables maîtres du monde, c’est-à-dire les quelques 5% qui possèdent le pouvoir de les laisser en place.

 

Pour ce faire ils ont compris, comme je l’avais soupçonné ailleurs,  que vouloir sauver l’Europe à la manière « sociale », c’est à dire en faisant jouer la solidarité entre Etats, n’aboutirait qu’à faire tomber les Etats Européens, un à un, dans le giron soit des Etats-Unis, soit de la Chine. Finie alors la supériorité de la France et de l’Allemagne sur le reste, finie la puissance d’une Europe qui refuse de se laisser dicter sa loi par quelques pays. Tandis qu’en menaçant de laisser couler le navire, l’Allemagne envoie un signe fort de ralliement des plus petits Etats à une cause commune, une sorte d’Europe « fédérale »,  dirigée cette fois-ci non plus par un parlement « trop » démocratique pour être efficace, mais par un pouvoir fort capable ou de s’opposer au futur « diktat » du « nouvel ordre monétaire international », ou de peser à armes égales avec les autres « grands » lors des futurs débats sur le bancor.

 

Et c’est dans le cadre de cette Europe forte et unie que le social refait surface, avec les polémiques actuelles sur le protectionnisme, les 35 heures, la fiscalité ou le problème des retraites… Eclairées sous cet angle, ces polémiques montrent bien tout l’enjeu de l’Europe : si les chefs d’Etats européens veulent conserver leur pouvoir et continuer de satisfaire à leurs donneurs d’ordre (la finance), ils doivent contraindre leurs peuple à accepter des sacrifices. Pour garder sa compétitivité économique, l’Europe doit s’aligner sur les salaires, les droits et protections sociales les plus « optimisées »… Pour garder le pouvoir politique, les « Grands » de l’Europe doivent sacrifier le social sur l’autel de l’économie, et l’on rejoint ainsi mon titre.

 

Mais prenons maintenant le jeu dans l’autre sens, et imaginons que l’on sorte du « qu’est-ce qu’on peut bien faire alors ? »

 

Et bien il va falloir se poser la question en partant non plus de l’économique, mais du social. En admettant que l’opinion publique possède encore la capacité de se libérer de la propagande habituelle (celle de l’intérêt individuel pour satisfaire l’intérêt collectif), il est encore possible non pas de faire cesser la dépendance du pouvoir politique envers le pouvoir économique, mais de contraindre le pouvoir politique à modifier les règles qui les enchaînent l’un à l’autre. Et cela n’est évidemment possible qu’en faisant passer le social avant le reste, c’est à dire changer de paradigme, et faire comprendre qu’en réalité seul l’intérêt collectif peut ensuite rejaillir et satisfaire l’intérêt individuel.

Cette logique est la seule alternative idéologique susceptible de combattre l’injustice capitaliste, mais doit pour y parvenir engager les citoyens dans une véritable participation à la « chose publique », et s’intéresser non pas au court terme, mais au long. Il existe des moyens pour cela, et la mise en place d’une Assemblée Constituante doit en faire partie. Mais pour qu’elle soit légitime, il lui faut le soutien populaire, ce qui exige son implication dans la vie politique non plus seulement pour se défausser de sa responsabilité, mais pour l’assumer.

Caleb Irri

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La Tunisie, une dictature trop voyante…sur internet ?

Posté par calebirri le 17 janvier 2011

En Tunisie, le peuple a eu raison de la dictature en quelques semaines, et ce malgré la violence exercée par le pouvoir en place. Si l’on applaudit officiellement le formidable élan de liberté pour la communauté tunisienne, celui-ci fait déjà peur à beaucoup,  et il ne faut donc pas crier victoire trop vite ; d’autant que ce qui suivra cette révolution populaire n’est pas encore certain d’être meilleur que ce qui la précédait.

 

Mais cette révolution n’est pas une victoire pour la démocratie, bien au contraire : car bien qu’elle exprime aujourd’hui l’espoir d’une génération, elle n’est en réalité que le point de référence qui servira demain à contrôler la vague de protestations qui menace nos belles démocraties. Car il ne faut pas croire, la révolte des Tunisiens n’est qu’une dictature parmi d’autres, et n’a pu aboutir que grâce à la « faiblesse » du régime en place, qui par son trop grand appétit n’a pas su revernir à temps les dorures de son illusion démocratique… ce qui n’est pas le cas partout.

 

Car il faut savoir qu’en arrivant au pouvoir, la plupart des dirigeants se trouvent confrontés à un système capitaliste tout puissant, qui corrompt peu à peu ses élites quelles qu’elles soient, jusqu’à les rendre complices d’actes délictueux susceptibles de les embarrasser : pour obtenir des contrats créateurs d’emplois ou des subsides internationales, ils doivent s’acquitter de commissions occultes, fermer les yeux sur certaines pratiques, abaisser le coût du travail et la protection sociale, tandis qu’au passage ils empochent également ce qu’on appelle les « rétro-commissions », ou « pots de vin ». Pris dans cet engrenage, ils se doivent de cacher leurs méfaits aux regards du peuple, et au besoin faire voter des lois protégeant leur personne d’hypothétiques poursuites judiciaires.

Ces lois, cumulées avec celles imposées par les différents lobbies de la finance ou du commerce, finissent inévitablement par rendre impopulaire le chef de l’Etat, qui se trouve au bout du compte coincé dans ses propres malversations : ayant appauvri son peuple tout en s’étant enrichi personnellement, englué dans des affaires de corruption illégales et uniquement protégé par son statut, il ne peut décemment plus lâcher le pouvoir sans rien risquer. Perdu pour perdu, il commence à vouloir tricher aux élections, s’arroger les pleins pouvoirs ou augmenter la durée de son mandat.

 

Dans le cas de la Tunisie, la misère du peuple et le mépris des dirigeants ont fini par se voir, et atteindre un seuil critique au delà duquel un rapport de force est engagé : le gouvernement au pouvoir n’avait alors plus que le choix de partir, ou bien de se résigner au bain de sang. Le pouvoir ayant opté pour la seconde proposition, il ne lui restait plus qu’à gagner la bataille de l’image, et c’est ici qu’il a échoué.

 

Car c’était sans compter internet, avec lequel les choses ne sont plus aussi simples qu’autrefois : si les médias traditionnels continuent de reproduire les communiqués officiels, les « journalistes-citoyens » (c’est à dire n’importe qui) peuvent mettre ceux-ci en contradiction avec la réalité par la profusion de leurs témoignages. Il suffit d’un téléphone portable et d’une connexion internet, et les informations se transmettent, se répercutent, se développent.

C’est d’ailleurs à ce genre d’occasions qu’on comprend mieux l’intérêt que représente internet pour la contestation sociale, et surtout le danger qu’il fait courir aux dirigeants des autres « démocraties » du genre. Prompts à saluer la victoire du peuple une fois l’opinion publique informée, ils n’ont de cesse que de se prémunir en retour contre les dangers que représentent pour eux internet et les réseaux sociaux. Prompts à proposer l’aide sécuritaire au dirigeant démocrate d’hier, ils refusent aujourd’hui l’asile à un dictateur… nous démontrant ainsi leur volatilité, ainsi que leur volonté de ne pas écorner leur image. Prêts à user de la force pour lutter contre la contestation, ils se préparent aussi à l’empêcher de se diffuser, pour qu’on ne la voit ni grandir ni s’organiser.

 

Nous sommes donc désormais prévenus : on ne délogera pas les dirigeants corrompus de nos contrées occidentales aussi facilement qu’en Tunisie, et sans doute les mesures « sécuritaires » seront bientôt renforcées. L’appauvrissement généralisé des peuples, face à l’enrichissement scandaleux d’une petite minorité, commence à se voir partout ailleurs, et conduira bientôt à des émeutes violentes susceptibles de déboucher sur des mouvements de plus grande importance. Nos gouvernants le savent, et s’y préparent depuis déjà quelque temps.
Et il se pourrait qu’en ces occasions, et même si les masques tombent,  la réponse des gouvernants soit à la mesure de leur corruption : plus elle sera grande, plus ils frapperont forts… mais moins cela se verra.

 

Caleb Irri

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Si j’étais Nicolas Sarkozy

Posté par calebirri le 10 janvier 2011

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je dormirais mal. Je me lèverais très tôt, et toute la journée je me verrais obligé de sourire à des gens qui m’énervent, ou pire à des gens qui m’indiffèrent. J’aurais un tas de rendez-vous plus ou moins importants auxquels je serais obligé d’aller, je serais contraint de prendre des décisions engageant des millions de personnes autour de moi. Le soir, je serais épuisé, et cela me rendrait sans doute agressif ou impatient.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je me sentirais mal dans ma peau. Après avoir été porté aux nues par un peuple infidèle et volatile, je me saurais détesté par plus de 70 % de la population française, et tout cela sans compter les étrangers. Je me verrais critiqué dans tous les journaux, attaqué sur toutes les radios, moqué dans tous les bars de France. Tous mes travers, tous mes tics, toutes mes faiblesses seraient montrées au grand jour, et cela me ferait devenir froid et renfermé.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, je me croirais dupé. Elu pour être le premier citoyen de France, on me dirait sali dans des combines scabreuses pour gagner moins qu’un patron du CAC40, alors que mon honneur et ma dignité seraient trainés dans la boue. J’aurais pris des décisions difficiles influant sur le cours de l’Histoire, et l’Histoire ne retiendrait de moi que quelques invectives lancées à des individus inexistants. Je deviendrais aigri et prétentieux.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, j’aurais l’impression de me promener toujours tout nu. Mes amours, mes joggings, mes vacances, mes sms, tout le monde ne parlerait que de cela. Que cela soit vrai ou faux importerait peu, mais nuirait considérablement à ma vie personnelle… devenue quasi-inexistante. Je ne pourrais rien faire comme tout le monde, et tout le monde me le reprocherait. Je m’endurcirais, et me contiendrais.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, j’aurais peur tout le temps. Peur de me promener dehors, de prendre l’avion régulièrement, de me retrouver au milieu d’individus hostiles et incontrôlables. Je finirais par croire aux rumeurs que j’entretiendrais pourtant moi-même, et craindrais l’attentat terroriste par dessus tout. Je ferais attention à tous ceux qui m’entourent, et ne me confierais à personne. Je deviendrais tyrannique et terrorisé.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, j’aurais une vie trépidante qui ne me donnerait que des soucis, et dont les avantages évidents ne suffiraient pas à m’offrir le semblant d’un début de bonheur personnel. Les conséquences de mes actes quotidiens, loin d’être inutiles, auraient même le pouvoir d’être nuisibles à une majorité d’individus, sans que j’en puisse reprendre le contrôle.

 

Si j’étais Nicolas Sarkozy, en 2012, je ne me représenterais pas.

 

Caleb Irri

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Assemblée Constituante : une proposition méthodologique

Posté par calebirri le 9 janvier 2011

Créer une Assemblée Constituante est le rêve inavouable de millions de citoyens désireux de voir changées les règles du jeu qu’on nous impose un peu partout dans le monde. Bien conscients que les contre-pouvoirs prévus pour lutter contre les dérives autoritaires ont échoué, certains que la Constitution ne suffit plus à garantir leurs légitimes revendications de justice et de sécurité, sentant dans leur chair que leurs droits ne sont plus respectés, ils ont compris que le capitalisme avait dévoyé les principes fondateurs de la démocratie, et rendu obsolète la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.

 

Aujourd’hui, ce sont presque tous les articles de cet admirable texte qui sont piétinés, détruits, anéantis. Ce texte, censé servir de base à la rédaction de toutes les Constitutions dites “éclairées”, a été peu à peu vidé de son sens au travers des âges, jusqu’à ce que la Constitution parvienne à laisser faire le contraire de ce pourquoi elle a été rédigée. Il nous faut désormais en faire une autre, capable de ne pas tomber dans les mêmes excès que ceux que nous subissons aujourd’hui. Car si le texte fondateur paraît plein de bonnes intentions, la réalité que nous offre sa pratique constitutionnelle laisse plus qu’à désirer.

 

Alors bien sûr il est aisé de se laisser aller à l’idée qu’en ré-écrivant une autre Constitution, nous pourrions régler à la fois les deux plus grands problèmes de notre monde actuel : la corruption financière de nos politiques et la misère d’un très (trop) grand nombre de personnes.  A travers une alliance naturelle et logique pour la conservation du pouvoir en un très petit nombre de mains, les riches et les puissants sont liés jusqu’à ne faire plus qu’un, si bien qu’ils organisent eux-mêmes les conditions de leur puissance : car en achetant les politiques, les puissants obtiennent le pouvoir de changer les lois, lois qui permettent de contrôler l’opinion à travers la possession de médias, qui permettent de subventionner la finance, de réduire les droits des travailleurs, de protéger les tricheurs, de mettre à l’abri les voleurs et les menteurs,  afin qu’ils deviennent toujours plus riches et plus puissants…

 

Comment faire alors pour mettre fin à ce cycle infernal ? Mettre la tête de nos gouvernants au bout de piques ? J’entends souvent ce genre de folie du désespoir. Et puis après, on installe une autre dictature ou on continue à s’étriper ?

D’autre part on sait bien que nos dirigeants ne nous laisseront pas l’occasion de changer de Constitution : pour peu qu’elle soit bien faite, elle ferait perdre aux plus puissants leur puissance, aux plus riches leur richesse, aux menteurs et aux voleurs tomber leur masque. Comment se sortir de ces deux alternatives inutiles ?

et bien créons-là nous-mêmes, cette Assemblée Constituante ! Puisqu’elle est censée remettre le citoyen au coeur de la démocratie en redonnant au peuple son véritable pouvoir, il faudra bien enfin que le citoyen se préoccupe de la chose publique. Puisque nous savons la classe politico-financière corrompue, qu’avons-nous besoin d’elle pour que le peuple décide ce qui lui semble être bon pour lui-même ?

 

Il n’est besoin que de méthode, et la chose est peut-être plus simple qu’il n’y paraît : en réalité c’est à des questions simples qu’il s’agit de répondre, comme je vous le soumets ci-dessous .

 

Afin de mettre en place cette Assemblée Constituante, il convient de définir :

I / Le rôle des Constituants

1_ L’âge des postulants(16, 18, 20, 30 ans ?)

2_ Les postulants (n’importe qui ?)

3_ Les modalités d’élection (élus ou tirés au sort ?)

4_ Le statut social des postulants (rémunérés, défrayés ou bénévoles ? Inéligibles par la suite ou pas ?)

II / La formation de l’Assemblée Constituante

1_ Le nombre de volontaires acceptés (1000, 10000 ou tous ?)

2_ Le nombre de Constituants participants (10, 100 ou 1000 ?)

3_ Le mode de formation de cette Assemblée ( à une date prévue ou une fois le nombre de candidats établi ?)

III / Le fonctionnement de l’Assemblée Constituante

1_ Déterminer la durée du processus constituant (6 mois, 1 an ou 2 ?)

2_ Définir les modalités de réunion de l’Assemblée (toutes les semaines ou tous les mois ? Sur internet ou en un lieu fixe ?)

3_ Définir l’organisation du travail de l’Assemblée (des groupes travaillant par sujet, ou par département, ou par région ? A partir des doléances du peuple ou des propositions de l’Assemblée, ou les deux à la fois ?)

4_ Etablir le cahier des charges à remplir par l’Assemblée (reprendre le squelette de l’actuelle Constitution ou en créer un nouveau ? Se baser sur la déclaration des droits de l’homme ou en rédiger une autre ?)

IV / Le contrôle des travaux de l’Assemblée par le peuple

1_ Les moyens de participation du peuple au projet constituant (par le biais d’un site internet, de référendums, de publications ?)

2_ Le droit de veto du peuple sur l’avancement des travaux de l’Assemblée (des votations à intervalles réguliers, des groupes de réflexion consultés, des spécialistes confrontés ?)

3_ Les modalités de validation du projet de l’Assemblée par le peuple (par référendum à la majorité plus une voix, ou aux deux tiers ? Proposé à l’adoption sujet par sujet ? à la fin du processus constituant, ou à plusieurs reprises durant le processus ?)

4_ La procédure en cas de rejet des travaux de l’Assemblée (faut-il tout recommencer, ou faire d’autres propositions ? Réélire de nouveaux Constituants, attendre de nouvelles doléances ?)

 

Nous n’avons pas besoin d’eux, et nous pouvons commencer dès maintenant. Il nous suffit de nous remettre à penser, et de prendre quelques minutes pour répondre à ces quelques questions, en fonction de ce que nous croyons être le plus juste pour tous, indépendamment de notre condition personnelle. Nous pouvons en débattre, et nous laisser un peu de temps pour cela. Ensuite il faudra agir, et choisir une méthodologie qui fait consensus. Une fois un nombre conséquent de citoyens prêts à s’engager dans la chose publique, il sera aisé de dégager un panel de volontaires suffisamment large pour qu’il puisse en ressortir une base militante et agissante assez solide pour mener à bien ce projet.

 

Je vous invite donc une fois de plus à venir « signer » l’appel de « la voie des peuples », et à ne pas négliger l’influence qu’aurait le soutien des parlementaires sur l’opinion : si nous arrivons à les convaincre de la justesse du projet, alors ils en convaincront d’autres.

 

En attendant, il nous reste à développer les outils nous permettant d’engager le processus constituant, et je vais m’atteler d’ici peu à la mise en place d’un questionnaire permettant de faire réagir les volontaires à cette proposition méthodologique. Les idées, propositions ou critiques sont évidemment les bienvenues…

 

Caleb Irri

 

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Quand le peuple a perdu jusqu’à la confiance en lui-même…

Posté par calebirri le 3 janvier 2011

Cela fait maintenant presque trois semaines que j’ai lancé un nouveau blog, « la voie des peuples », censé attirer et rassembler les voix citoyennes autour d’un projet simple, à savoir l’obtention d’un référendum concernant la mise en place d’une nouvelle Assemblée Constituante, destinée à créer une nouvelle Constitution.

 

Je savais dès l’origine les difficultés d’aboutir à un tel projet, et à vrai dire je ne m’étonne pas du peu d’émules que mon blog à suscités jusqu’ici : la diffusion d’un blog dépend de sa visibilité sur le net, et la visibilité dépend elle-même de la diffusion du blog. Cela peut paraître insoluble en théorie, mais la pratique ne s’en contente heureusement jamais !
Cependant il y a une chose dont je n’avais pas pris la mesure, à savoir les réactions à ce projet qui, loin de susciter l’approbation que j’attendais naïvement, attire au contraire les moqueries, le mépris ou l’indifférence. Ce n’est pas je crois l’idée en elle-même qui déplaît, mais plutôt le scepticisme et le défaitisme ambiants qui, dans la grande majorité des cas, l’emporte sur le réalisme supposé de l’action proposée : en effet, l’idée d’appeler presque 5 millions de personnes à se prononcer sur un blog rend compte du problème de comportement des masses, qui se trouve être théorisé en psychologie des foules par une relation mathématique complexe et contradictoire, à savoir qu’il existe un seuil, invisible, de retournement de l’opinion. En dessous d’un certain nombre (élevé) de participants à une action, un mouvement s’appuyant sur les masses n’a aucune chance de se développer ; mais s’il dépasse un certain seuil critique, alors tous ceux qui n’osaient pas se joindre au mouvement de peur de se voir minoritaires s’y rassemblent, sans qu’il n’y ait d’autre logique comportementale que celle du nombre, qui naturellement appelle la force.

 

C’est comme avec l’histoire du Bankrun, qui récemment a réussi à donner un bel exemple des possibilités offertes par internet, et par là même du seuil de retournement de l’opinion : au départ simple engagement citoyen lancé en forme de défi, le site ayant répercuté et transformé l’idée de Cantona en appel à l’action concrète s’est développé en à peine un mois et, dans les quelques jours précédant la date prévue, a réussi à engranger plus de 300 000 visites en très peu de temps. Le phénomène de « buzz » a fonctionné de la même manière que tous les autres mouvements : au départ méprisé et moqué, ce projet fut médiatisé en même temps que sa crédibilité augmentait, et sa crédibilité augmentait de par sa médiatisation : plus il y avait de visites, plus il y avait de visites.

 

Avec « la voie des peuples », le problème de sa diffusion est similaire, et les critiques qui en sont faites s’éteindraient d’elles-mêmes si le mouvement s’inversait : car les réticences d’aujourd’hui sont « l’opinion générale », alors qu’elles s’annihileraient d’elles-mêmes si « l’opinion générale » s’inversait. Ceux qui imaginent qu’un tel projet est voué à l’échec parce qu’il ne sera pas diffusé ne vont pas le diffuser, et ceux qui pensent que les gouvernants ne seront pas sensibles à la force du nombre ne créeront pas la force de ce nombre. Ceux qui croient impossible de vaincre les résistances d’une démocratie truquée l’affaiblissent encore, et ceux qui ne font pas confiance en la raison populaire ne lui donnent aucune chance de la voir se développer.

 

Car en réalité, l’ensemble des critiques qui me sont adressées sont les mêmes que celles adressées aux autres propositions, et proviennent en général de personnes dont les opinions sont « proches » de celles critiquées. Cela tourne autour des « yaka faut kon », des « ça n’intéresse personne », ou encore des « ça ne marchera jamais » et « ils sont trop forts ». Mais le fait est que ces critiques sont en réalité le symptôme de la même maladie, c’est à dire le manque de confiance accordée au peuple. Le problème semble devoir se poser ainsi : le peuple est trop stupide pour voter correctement, car il est conditionné à devenir stupide et servile depuis son enfance. Par conséquent, le faire participer à la « chose publique » revient à se soumettre aux volontés gouvernementales qui entretiennent l’incapacité de jugement de leur population. Il ne sert donc à rien de l’écouter, car il finira par voter comme en Suisse !

 

Pour ces critiques, une révolution populaire ne serait valable qu’au cas où la population serait déjà « éduquée », « déconditionnée » (ou conditionnée autrement ?) pour voter « bien ». Ce qui est impossible sans révolution préalable de l’éducation. On tourne en rond, on se mord la queue.

 

Mais cette manière de penser est bel et bien le seul frein à tout changement, et fait en plus le jeu de ceux qui veulent nous faire croire que rien ne peut changer. En effet comment espérer un quelconque changement si personne ne commence ? Comment croire en la démocratie sans croire en la capacité du peuple à se libérer de ses chaînes par lui-même ?

 

Il faut bien voir pourtant que les mensonges et les duperies de nos gouvernants sont chaque jour un peu plus perceptibles, et que le « pouvoir d’achat » est une donnée fiable qu’on ne saurait indéfiniment truquer : au bout d’un moment, nous finissons bien par nous apercevoir que le compte n’y est pas.

Et quand nous voyons que trois millions de personnes sont capables de se rendre dans la rue, alors que personne n’y croyait vraiment, alors pourquoi le double ne se rendrait-il pas sur internet ? Vous pensez que tout cela ne sert à rien ? Mais que se serait-il passé si le mouvement de grève avait perduré, ou que le nombre de participants ait été plus grand ? Que se serait-il passé si tous avaient retiré leur argent de la banque au même moment ?

Personne bien sûr ne le sait, mais tout le monde en revanche devrait savoir ceci : c’est le défaitisme de ceux qui n’y croient pas qui engendre l’échec, et non pas l’échec qui engendre le défaitisme.

 

Sans la confiance du peuple en lui-même, rien ne sera effectivement possible. Je ne sais pas comment la lui rendre autrement qu’en la testant nous-mêmes, individuellement confiant en la collectivité, et peut-être qu’à force d’auto-persuasion la limite numéraire que j’évoquais plus haut pourra être dépassée. Si par exemple ceux dont la volonté est plus grande que la peur, ou l’optimisme plus grand que le fatalisme, ne transmettaient le message ne serait-ce qu’à dix personnes de leur entourage qui en feraient de même, alors nous pourrions aller plus loin que les stupides messages promettant un bonheur « magique » ou une « bonne santé » surnaturelle. Car si la peur engendre le mal, la confiance peut l’anéantir. Ne faisons pas l’erreur de nous laisser aller à la peur, et sachons reprendre confiance. Nous avons jusqu’en 2012 pour cela.

 

Caleb Irri

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Publié dans la démocratie, La voie des peuples, misère, révolution?, un nouveau système | 6 Commentaires »

 

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