Changer de cadre pour changer le monde

Posté par calebirri le 27 novembre 2010

Il y a la crise, les deux Corée et les affaires françaises. Il y a le problème des retraites, du chômage et de l’identité nationale. Il y a les paradis fiscaux, l’éducation, la santé. Il y a le choléra, l’obésité et le football. Il y a la justice, l’argent et le pouvoir. Quand on essaie d’y voir clair, on est perdu d’avance… ou presque. Face à tous les problèmes qui nous submergent dès qu’on en aborde un, on ne sait plus par quel bout commencer.

 

Et pourtant, dès qu’on en prend un à part, tout semble s’enchaîner : on part du problème des retraites et on touche rapidement à celui de la santé, du chômage. Par le chômage on arrive à l’identité nationale, par le football aux paradis fiscaux, par la santé à l’obésité. Avec le chômage on tombe sur l’éducation, la justice, l’argent. L’argent mène au pouvoir, aux affaires françaises, aux deux Corée. Comme ça, juste avec quelques exemples pris presque au hasard, on part d’un point complexe (les retraites), et on se retrouve à parler de la guerre, du capitalisme, des OGM, du monde entier.

C’est ça la mondialisation : une complexité infinie. Et tous les économistes, tous les sociologues, statisticiens, philosophes du monde, même avec la meilleure volonté possible, ne peuvent nécessairement pas trouver une solution à un problème défini (comme celui des retraites) sans se retrouver confrontés à un plus grand, immense, infini, celui du fonctionnement du monde dans son ensemble. Il est impossible qu’ils y parviennent car en appuyant sur un seul des leviers dont ils disposent(comme l’allongement de la durée de cotisations), ils transforment tout l’équilibre d’un système, par une sorte de ricochet dont la puissance irait croissant.

 

Ainsi fonctionne le monde d’aujourd’hui : on ne peut pas toucher à l’un des problèmes de notre système sans remettre en cause l’ensemble de ce système. Et c’est pour cela qu’il est si difficile d’envisager des réformes à l’intérieur du cadre de ce système. Pour être véritablement cohérent, ce n’est pas au niveau national qu’il faut réfléchir, ni même au niveau européen, mais au niveau mondial. Ce sont les fondations d’un nouvel ordre mondial qu’il faut creuser, et nos « élites » ne s’y sont pas trompées. Pour autant, il ne faut pas croire que « leur » vision soit la seule alternative envisageable, et qu’à partir du moment où tout est à revoir, les peuples ont aussi leur mot à dire, leurs propositions à formuler. Comme on le voit avec des initiatives comme le « bankrun« , les peuples ont le pouvoir d’intervenir sur les décisions qui seront prises, car en définitive le système ne fonctionne que grâce à leur soumission à celui-ci : sans esclaves il n’y a plus de maîtres, c’est aussi simple que cela.

 

Mais une fois cette constatation établie, les choses se compliquent rapidement. Le fait qu’une majorité soit d’accord pour juger qu’il faut changer les choses ne signifie nullement qu’une majorité le soit sur les changements à apporter. Il faut certes qu’ils soient capables de se rassembler pour exiger des changements, mais quels changements ? par quel bout commencer ? comment s’y prendre pour démarrer une réflexion globale sans se perdre dans l’infinie complexité que j’évoquais au départ de ce billet ?

 

Les Etats Généraux sont certainement le meilleur moyen d’y parvenir, mais comment établir la méthodologie capable de satisfaire à la volonté du plus grand nombre, selon une représentativité « représentative », sans « prosélytisme » politique ? lorsqu’on essaie de se pencher sur les problèmes à régler, on s’aperçoit que le capitalisme est le point central de cette réflexion, et qu’il dépend lui-même d’une conception idéologique de l’homme, de l’humanité dans son ensemble. On se retrouve, en étudiant son fonctionnement, empêtré dans les méandres de l’Histoire toute entière, et on redécouvre les anciens, Aristote, Platon, et tous les autres qui ont tenté depuis le commencement d’établir des règles justes et bonnes pour permettre la vie en société, ainsi que de rechercher à travers elle le bonheur pour chacun.

 

Mais aujourd’hui, les choses ont beaucoup changé, et les termes de cette vie en société, du bonheur, de la conception de l’homme se sont transformés. Les dangers qui menacent notre société aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’autrefois, et les solutions à y apporter non plus. Il faut donc tout repenser, de la conception de l’homme à sa place au sein de la nature, de son bonheur et du « vivre ensemble ». Nous ne pouvons plus nous permettre de rester assis sur nos vieilles croyances, nos veilles conceptions obsolètes d’un monde fonctionnant comme avant. La question aujourd’hui n’est peut-être plus de savoir ce qu’il faut que nous fassions pour nous adapter à un monde qui nous échappe, mais celle de savoir de quoi nous disposons pour en reprendre le contrôle. Les outils technologiques que nous avons, les connaissances qui sont les nôtres, les ressources qui nous restent, les recherches qu’il nous faut entreprendre pour les utiliser au mieux. Il ne faut jamais oublier que ce ne sont pas les outils qui sont responsables de nos maux, mais la manière dont nous les utilisons.

Et si la science et les techniques ne permettent plus à tous de trouver un travail, il faudrait s’en réjouir au lieu de s’en lamenter. Car cela n’implique pas que la technologie est l’ennemie de l’homme, mais plutôt qu’elle offre l’occasion de réaliser les rêves de nos anciens. Aujourd’hui il n’est plus nécessaire de pratiquer certaines activités pénibles, et cela devrait nous satisfaire. Seulement pour en profiter, il faut apprendre à se séparer du cadre nous imposant le travail comme seul facteur de développement social, pour l’envisager comme une contrainte dont nous pouvons nous séparer sans nuire à notre société. Et ce cadre, c’est le capitalisme. Quand on y réfléchit deux minutes, le point commun qui relie tous les problèmes entre eux c’est l’argent, qui empêche de partager le travail justement, qui empêche de sauver notre planète en danger, qui provoque les guerres et les famines, qui monte les hommes les uns contre les autres, qui pousse à les considérer comme des chiffres plutôt que comme des êtres humains.

Et si ce cadre a permis de faire fonctionner (plus ou moins bien selon les points de vue) les sociétés jusqu’à maintenant, il ne le permet plus. Le retournement auquel nous assistons ne pourra satisfaire ni aux amis du capitalisme, ni à ses ennemis. La confrontation est au bout du chemin, et les hommes n’en veulent pas, car elle n’est plus ni nécessaire, ni inévitable. En faisant sauter ce cadre, nous serions alors capables non pas de changer l’homme mais de le faire réfléchir autrement, en ouvrant ses perspectives créatrices sur des horizons nouveaux, dans lesquels la technologie ne serait plus l’ennemie du travail, où l’homme ne serait plus l’ennemi de la Nature, susceptibles de réconcilier les besoins et les désirs de l’un sans nuire à ceux des autres.

 

Pour changer le monde, il faut le regarder autrement, et sortir de ce cadre de pensée imposé par l’Histoire : il deviendra alors ce que nous voulons qu’il devienne.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

2 Réponses à “Changer de cadre pour changer le monde”

  1. vladimir dit :

    Syndicat des electriciens et mecaniciens Irlandais 45 000 membres

    Communiqué de presse : campagne de désobéissance civile

    TEEU dit qu’il va profiter de la campagne de désobéissance civile pour s’opposer au Plan national d’attaque sur les travailleurs et les chômeurs

    Union des techniciens d’ingénierie et électriques a condamné le plan de relance national.

    Secrétaire général Eamon Devoy dit ce soir, « Les propositions contenues dans le plan confirment nos pires craintes de ce que le gouvernement avait en tête pour sa dernière de renflouer les banques.

    Lors de notre conférence délégués week-end dernier a voté massivement pour une campagne de désobéissance civile si le gouvernement n’a pas déclenché des élections et je peux dire maintenant que nous sommes prêts à mener une campagne similaire pour s’opposer à ce plan si elle est mise en œuvre.

    Sur un intérêt particulier pour nos membres est la proposition de« révision d’éliminer les anomalies dans les contrats d’emploi inscrits (REA) et de l’emploi ordonnances sur la réglementation (ERO) dans les trois mois.

    On ne sait pas ce qu’on entend, mais, compte tenu de la forme passée, il semble être un langage codé pour couper les salaires de centaines de milliers de travailleurs dans des secteurs comme la construction, de l’électricité et le tourisme, tout comme le salaire minimum national est tirée vers le bas.

    La hausse des frais proposés pour les étudiants, les taux de TVA plus élevés, des CAFE et coupes inévitables dans les services publics ont un impact sur les familles à revenu faible et moyen.

    En revanche il n’y a pas augmentation des taxes sur le capital, ne prévoit pas de pénaliser les exilés fiscaux et pas de taux plus élevés CAFE pour les hauts revenus.

    Si rien d’autre aujourd’hui que le gouvernement a rédigé une brochure de 140 pages de recrutement pour mars prochain samedi par le Congrès irlandais des syndicats recherche d’une voie plus équitable,

    http://www.teeu.ie/news/showtest.asp?id=391

    site aussi en Russe et Polonais

    24th November TEEU says it will use civil disobedience campaign to oppose National Plan attack on workers and unemployed

  2. Eddie dit :

    L’effondrement de l’occident semble s’accélérer en ce moment. Les responsables directs sont les oligarchies principalement anglo-saxonnes et leurs incommensurables cupidité et égoïsme. La crise mondiale actuelle est entièrement de leur faute. De plus, elles ont confisqué la démocratie en faisant élire des pantins à eux dans tous les pays d’Europe. Leur but étant de s’enrichir toujours plus en ordonnant les votes de lois servant uniquement leurs intérêts, et qui aboutissent au racket , à la détresse et à la misère des peuples. Un exemple parmi tant d’autres : l’impôt Bilderberg. C’est actuellement l’article 123 du Traité de Lisbonne, anciennement article 104 du Traité de Maastricht, et naguère article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 (loi Pompidou / Giscard) pour La France. C’est l’obligation pour tous les Etats européens , avec la complicité de tous les élus européens corrompus, d’emprunter de l’argent seulement aux banques privées (appartement toutes à l’oligarchie mondiale), avec des intérêts exorbitants, au lieu d’emprunter à leurs banques nationales sans aucun intérêt. Au bout de quelques années, à cause des intérêts, les dettes des Etats deviennent gigantesques. Le remboursement annuel seulement des intérêts des dettes est suicidaire pour de nombreux pays. Pour La France, le remboursement annuel est d’environ 45 milliard d’€uros, ce qui correspond à peu près aux intérêts annuels de la dette. Donc le paiement annuel est à vie.
    Prenons les conséquences de cet impôt Bilderberg sur le peuple français, et que l’on peut généraliser à tous les peuples européens soumis également à cet impôt à cause de leurs élus vendus. Actuellement, La France compte des millions de personnes en situation de misère absolue, ne pouvant même plus se nourrir, ni se loger. Sans vouloir tomber dans l’assistanat, en cette période d’effondrement tangible de la société, par la faute de nos politiciens serviles envers l’oligarchie mondiale, 45 milliards d’€uros permettraient à 3,75 millions de personnes de recevoir 1000 €uros par mois pendant 1 an, soit douze mille €uros par an (45 000 000 000€ / 12 000€ = 3 75 000 000). Cela devrait permettre d’atténuer nettement la misère, la souffrance, le désarroi de bon nombre de nos concitoyens. Et dans les autres pays européens. Puisse l’effondrement total faire ensuite renaître une vraie démocratie populaire et l’équité pour tous.

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