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Changer de cadre pour changer le monde

Posté par calebirri le 27 novembre 2010

Il y a la crise, les deux Corée et les affaires françaises. Il y a le problème des retraites, du chômage et de l’identité nationale. Il y a les paradis fiscaux, l’éducation, la santé. Il y a le choléra, l’obésité et le football. Il y a la justice, l’argent et le pouvoir. Quand on essaie d’y voir clair, on est perdu d’avance… ou presque. Face à tous les problèmes qui nous submergent dès qu’on en aborde un, on ne sait plus par quel bout commencer.

 

Et pourtant, dès qu’on en prend un à part, tout semble s’enchaîner : on part du problème des retraites et on touche rapidement à celui de la santé, du chômage. Par le chômage on arrive à l’identité nationale, par le football aux paradis fiscaux, par la santé à l’obésité. Avec le chômage on tombe sur l’éducation, la justice, l’argent. L’argent mène au pouvoir, aux affaires françaises, aux deux Corée. Comme ça, juste avec quelques exemples pris presque au hasard, on part d’un point complexe (les retraites), et on se retrouve à parler de la guerre, du capitalisme, des OGM, du monde entier.

C’est ça la mondialisation : une complexité infinie. Et tous les économistes, tous les sociologues, statisticiens, philosophes du monde, même avec la meilleure volonté possible, ne peuvent nécessairement pas trouver une solution à un problème défini (comme celui des retraites) sans se retrouver confrontés à un plus grand, immense, infini, celui du fonctionnement du monde dans son ensemble. Il est impossible qu’ils y parviennent car en appuyant sur un seul des leviers dont ils disposent(comme l’allongement de la durée de cotisations), ils transforment tout l’équilibre d’un système, par une sorte de ricochet dont la puissance irait croissant.

 

Ainsi fonctionne le monde d’aujourd’hui : on ne peut pas toucher à l’un des problèmes de notre système sans remettre en cause l’ensemble de ce système. Et c’est pour cela qu’il est si difficile d’envisager des réformes à l’intérieur du cadre de ce système. Pour être véritablement cohérent, ce n’est pas au niveau national qu’il faut réfléchir, ni même au niveau européen, mais au niveau mondial. Ce sont les fondations d’un nouvel ordre mondial qu’il faut creuser, et nos « élites » ne s’y sont pas trompées. Pour autant, il ne faut pas croire que « leur » vision soit la seule alternative envisageable, et qu’à partir du moment où tout est à revoir, les peuples ont aussi leur mot à dire, leurs propositions à formuler. Comme on le voit avec des initiatives comme le « bankrun« , les peuples ont le pouvoir d’intervenir sur les décisions qui seront prises, car en définitive le système ne fonctionne que grâce à leur soumission à celui-ci : sans esclaves il n’y a plus de maîtres, c’est aussi simple que cela.

 

Mais une fois cette constatation établie, les choses se compliquent rapidement. Le fait qu’une majorité soit d’accord pour juger qu’il faut changer les choses ne signifie nullement qu’une majorité le soit sur les changements à apporter. Il faut certes qu’ils soient capables de se rassembler pour exiger des changements, mais quels changements ? par quel bout commencer ? comment s’y prendre pour démarrer une réflexion globale sans se perdre dans l’infinie complexité que j’évoquais au départ de ce billet ?

 

Les Etats Généraux sont certainement le meilleur moyen d’y parvenir, mais comment établir la méthodologie capable de satisfaire à la volonté du plus grand nombre, selon une représentativité « représentative », sans « prosélytisme » politique ? lorsqu’on essaie de se pencher sur les problèmes à régler, on s’aperçoit que le capitalisme est le point central de cette réflexion, et qu’il dépend lui-même d’une conception idéologique de l’homme, de l’humanité dans son ensemble. On se retrouve, en étudiant son fonctionnement, empêtré dans les méandres de l’Histoire toute entière, et on redécouvre les anciens, Aristote, Platon, et tous les autres qui ont tenté depuis le commencement d’établir des règles justes et bonnes pour permettre la vie en société, ainsi que de rechercher à travers elle le bonheur pour chacun.

 

Mais aujourd’hui, les choses ont beaucoup changé, et les termes de cette vie en société, du bonheur, de la conception de l’homme se sont transformés. Les dangers qui menacent notre société aujourd’hui n’ont plus rien à voir avec ceux d’autrefois, et les solutions à y apporter non plus. Il faut donc tout repenser, de la conception de l’homme à sa place au sein de la nature, de son bonheur et du « vivre ensemble ». Nous ne pouvons plus nous permettre de rester assis sur nos vieilles croyances, nos veilles conceptions obsolètes d’un monde fonctionnant comme avant. La question aujourd’hui n’est peut-être plus de savoir ce qu’il faut que nous fassions pour nous adapter à un monde qui nous échappe, mais celle de savoir de quoi nous disposons pour en reprendre le contrôle. Les outils technologiques que nous avons, les connaissances qui sont les nôtres, les ressources qui nous restent, les recherches qu’il nous faut entreprendre pour les utiliser au mieux. Il ne faut jamais oublier que ce ne sont pas les outils qui sont responsables de nos maux, mais la manière dont nous les utilisons.

Et si la science et les techniques ne permettent plus à tous de trouver un travail, il faudrait s’en réjouir au lieu de s’en lamenter. Car cela n’implique pas que la technologie est l’ennemie de l’homme, mais plutôt qu’elle offre l’occasion de réaliser les rêves de nos anciens. Aujourd’hui il n’est plus nécessaire de pratiquer certaines activités pénibles, et cela devrait nous satisfaire. Seulement pour en profiter, il faut apprendre à se séparer du cadre nous imposant le travail comme seul facteur de développement social, pour l’envisager comme une contrainte dont nous pouvons nous séparer sans nuire à notre société. Et ce cadre, c’est le capitalisme. Quand on y réfléchit deux minutes, le point commun qui relie tous les problèmes entre eux c’est l’argent, qui empêche de partager le travail justement, qui empêche de sauver notre planète en danger, qui provoque les guerres et les famines, qui monte les hommes les uns contre les autres, qui pousse à les considérer comme des chiffres plutôt que comme des êtres humains.

Et si ce cadre a permis de faire fonctionner (plus ou moins bien selon les points de vue) les sociétés jusqu’à maintenant, il ne le permet plus. Le retournement auquel nous assistons ne pourra satisfaire ni aux amis du capitalisme, ni à ses ennemis. La confrontation est au bout du chemin, et les hommes n’en veulent pas, car elle n’est plus ni nécessaire, ni inévitable. En faisant sauter ce cadre, nous serions alors capables non pas de changer l’homme mais de le faire réfléchir autrement, en ouvrant ses perspectives créatrices sur des horizons nouveaux, dans lesquels la technologie ne serait plus l’ennemie du travail, où l’homme ne serait plus l’ennemi de la Nature, susceptibles de réconcilier les besoins et les désirs de l’un sans nuire à ceux des autres.

 

Pour changer le monde, il faut le regarder autrement, et sortir de ce cadre de pensée imposé par l’Histoire : il deviendra alors ce que nous voulons qu’il devienne.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

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Bankrun 2010 : que va-t-il se passer le 7 décembre ?

Posté par calebirri le 23 novembre 2010

Si vous pensez à la sortie d’un nouveau jeu vidéo, c’est sans doute que vous regardez trop la télé, mais que vous n’avez pas retenu son titre. Mais si vous pensez à retirer votre argent de la banque, c’est qu’alors quelque chose est très certainement en train de se produire. Surtout si vous y pensez non pas pour soutenir le mouvement, mais bien parce que vous commencez à vous demander comment faire si cela se produisait vraiment.

 

Et oui, petit à petit l’idée fait son chemin… par sur mon blog bien sûr, mais ailleurs, un peu partout sur la toile. Mais il se pourrait bien que cette idée se réalise tout de même, et c’est tant mieux !

 

Mais il faut revenir sur cette affaire, qui représente parfaitement le potentiel d’internet et des réseaux sociaux, le ras-le-bol des peuples, la force du nombre, la stupidité du système… et par dessus tout sa fragilité. Car si tout se passe comme je l’avais imaginé, alors la peur seule suffira à créer la panique du système financier, qui pourrait s’avérer fatale non pas du fait des retraits massifs, mais bien plutôt d’une médiatisation qui la rendrait potentiellement « véritable ».

 

Je voudrais cependant attirer l’attention sur « l’après-7 décembre », au cas où une telle initiative marcherait : exiger une banque citoyenne, comme le font les deux auteurs du « manifeste » en question, est à mon avis la plus grosse des erreurs : une banque ne peut pas être citoyenne. Elle peut être moins pire, mais pas « bonne ». Il ne faut pas se tromper de combat. C’est le capitalisme dans son ensemble qu’il faut combattre, car les banques ne sont que les fruits naturels de ce système. Ce qu’il faut donc exiger n’est pas la fin des « méchants » capitalistes, mais la fin du capitalisme tout court. Et nous n’en sommes pas encore là.

 

Car il faut bien se rendre compte des conséquences induites par un tel mouvement : mettre en péril un système financier déjà fragile est une action importante qu’il ne faut pas prendre à la légère. La paralysie créée par ce mouvement n’a pas vocation à fragiliser encore plus les plus faibles, d’autant qu’on ne sait pas encore comment réagiront et les autorités bancaires, et les autorités de l’Etat.  Quand j’évoquais « la peur des banques », il ne s’agissait pas de créer le chaos, mais plutôt d’exercer une sorte de chantage destiné à faire prendre conscience et au peuple de la force qu’ils représentent quand ils sont unis, et aux gouvernants que leur pouvoir et leur argent ne provient que de nous, les « petits ».

 

Voilà pourquoi le 7 décembre il ne faut pas gâcher notre « coup d’avance », celui dont je parlais dans « une grève générale pas comme les autres« . Ce mouvement ne doit pas être une fin en soi, mais plutôt le début de « quelque chose ». Il ne doit pas « saboter » un système que nous ne savons pas par quoi remplacer, mais servir au retour de l’imposition de la volonté du peuple, pour qu’on lui trouve une alternative.
Quand nous serons face à notre guichet de banque le 7 décembre, il ne faut pas croire que les banques vont se laisser « détrousser » comme cela, sans réagir : ils peuvent fermer les guichets, sécuriser les entrées, interdire les retraits, pénaliser les découverts… et une fois l’argent retiré, que fera-t-on le mois suivant ? il est un peu trop tôt pour crier victoire et se laisser déborder par ce doux rêve d’un monde où les banques font faillite, car elles nous entraineront avec elles…

 

Alors que bien organisée, cette action peut tout à fait être beaucoup plus productive : imaginez que le 7 décembre ne soit qu’une mise en garde, un ballon d’essai destiné à prendre le contrôle des évènements. Tous allons retirer nos espèces au guichet, mais pas seulement. Il faut prévenir que cette action n’est pas un coup d’épée dans l’eau, mais un avertissement lancé non pas seulement aux banques, mais au gouvernement lui-même. Il faut qu’il sache que nous savons désormais par quel moyen l’attaquer, et que nous pouvons à tout moment reproduire la chose….

 

Il n’y aura qu’à regarder les cours de la bourse ce 7 décembre. Que les centaines de milliers de personnes qui chaque jour subissent les flux et reflux du CAC40 à la télé ou à la radio se réjouissent ce jour-là, pour constater les fruits de leur victoire. Qu’ils comprennent que le jeu du système n’est pas mathématique mais psychologique : nous pouvons leur faire peur, et cette peur peut suffire à les faire tomber.  Et si toutefois ce mouvement se produisait réellement, alors les cours chuteront. Inévitablement. Et cela sera le signe qui permettra d’une part de montrer à tous les peuples des autres nations qu’il est possible de se révolter, et d’une autre que nous pouvons changer les choses nous-mêmes, sans attendre des miracles qui n’arriveront pas.

 

Ce sera alors le moment de faire marcher le chantage dans le sens inverse de d’habitude, et d’exiger du gouvernement ou sa démission, ou de sa soumission aux désirs du peuple. Nous pourrons alors demander l’arrêt des réformes injustes qui nous oppressent de plus en plus, ainsi que la mise en place de comités de réflexion destinés à nous proposer d’autres solutions. Nous pourrons faire valoir nos droits à une véritable démocratie, et réclamer la tenue des Etats généraux, de la création d’une assemblée constituante, pour une nouvelle constitution plus juste et plus humaine. En cas de refus, il sera possible de remettre en route un nouvel appel, avec encore plus de poids.

 

Alors le peuple aura retrouvé sa liberté, et sa dignité : il aura repris sa destinée en marche, et pourra éclairer le chemin des autres, tous ceux qui comme nous, ne veulent plus supporter les injustices du monde comme il va. Le 7 décembre ne doit pas être une fin, mais un commencement.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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La présidence au coeur du système

Posté par calebirri le 21 novembre 2010

Affaire Clearstream, affaire Karachi, affaire Woerth, affaire de l’Epad, les retraites, le juge d’instruction, les vols d’ordinateurs, le bouclier fiscal, l’immigration, le traité européen, la nomination des chefs du service public, la DCRI, l’identité nationale.. les casseroles qui trainent derrière le gouvernement tintent toutes dans la même gamme, celle du mensonge et de l’injustice. Et conduisent toutes, par un fil d’Ariane de plus en plus gros, vers une seule et même personne au centre de tout : le président de la république. Peu à peu se dessine en trame de fond une formidable machine qui fonctionne dans l’ombre depuis longtemps déjà, à laquelle participent de nombreuses personnalités politiques de premier plan, et que l’on retrouve aujourd’hui encore à des postes importants.

 

Bien sûr, pour l’instant toutes ces affaires ne sont qu’à l’état de suppositions, mais leur nombre et leurs liens sont déjà suffisants pour constituer une sorte de « faisceau de présomptions ». De plus, à voir de quelle manière les enquêtes sont entravées, empêchées, dénoncées par ceux-là même qu’elles visent ajoutent à la suspicion : on voudrait cacher quelque chose qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Que nous faut-il de plus pour réclamer la vérité sur un système qui se protège lui-même des reproches qu’on lui adresse ?

 

En effet, si l’on tire un peu sur le fil, ce n’est pas seulement la présidence qui est attaquée, mais belle et bien la classe politique dans son ensemble, et depuis un bon nombre d’années déjà . Si on poussait les investigations jusqu’à leur terme, les Français s’apercevraient certainement que les hommes pour qui ils votent sont des « vendus », et que c’est le système démocratique dans son ensemble qui se trouve corrompu.

 

Mais comment faire, puisqu’apparemment la séparation des pouvoirs, une des bases qui fondent une démocratie saine, a disparu ou est sur le point de le faire ? les enquêtes n’iront pas plus loin que ce que le gouvernement l’autorise, surtout si les « collaborateurs » du président sont aussi inattaquables que le président lui-même.

 

Heureusement il y a les journalistes. Quelques journalistes en fait, avec l’aide de quelques magistrats dont l’habit évoque encore quelques valeurs, mais qui sont les cibles permanentes des ennemis de la vérité. Mais comment peuvent-ils faire éclater la vérité s’ils sont censurés, volés, interdits de faire leur métier d’investigation, en n’ayant pas accès aux documents qu’ils demandent, en se voyant retirer une partie d’une affaire, ou ostracisés quand ils font leur travail ?

 

Vous rendez-vous compte de ce que ces affaires pourraient signifier ? Un président élu par le financement d’un campagne illégale, qui a participé à financer celle de monsieur Balladur à travers des versements illicites de rétro-commissions sur des ventes d’armes à un pays que tous considèrent comme un berceau du terrorisme, le Pakistan. Avec ce genre de personnages à la tête de l’Etat, on comprendrait mieux les invectives qui ont couru lors de l’affaire Clearstraem à l’époque, et on pourrait rapidement soupçonner les quelques noms affichés sur les listings d’avoir été réels, pour servir de manière occulte les campagnes qu’ils finançaient, à travers des comptes dans des paradis fiscaux, à l’abri de tout enquêteur un peu trop soupçonneux.

 

On comprendrait mieux aussi l’acharnement de la présidence à défaire les juges d’instruction, à modifier la Constitution, à ne pas fermer la porte aux paradis fiscaux. Voilà la clé de l’alliance entre le politique et le financier : englués dans des manoeuvres obscures pour des contrats juteux, les corrompus sont obligés d’une part de dénoncer les excès d’un système capitaliste auquel ils ont largement participé, et d’une autre d’en profiter encore pour éviter que ne soient rendus publics leurs agissements. Ils sont coincés. Par où croyez-vous que les « rétro-commissions transitaient ? Comme l’avait dit monsieur Denis Robert qui s’est fait « détruire » par le système, tout transite par les chambres de compensation : il suffit d’ouvrir ses lignes de compte pour connaître l’origine de toutes les corruptions, et les rendre impossibles.

 

Mais revoilà aussi la crise, qui y trouve son explication : ne pouvant se permettre de mettre à mal le système qui les a financé de près ou de loin, mais ne pouvant pas non plus continuer de faire comme si ce système n’était pas responsable de la crise économique que nous traversons, les alliés du moment ne peuvent que se mettre d’accord pour la seule alternative qui leur reste : taper sur le peuple socialement, économiquement, légalement. Car ceci ne s’est pas produit qu’en France, ni qu’avec l’équipe en place actuellement : c’est partout sensiblement la même chose, et il suffirait qu’une barrière tombe pour que le château s’écroule.

 

Que faire alors ? réclamer la démission du président français aurait à peu près autant de chance de réussite que de demander celle de Berlusconi en Italie, c’est à dire aucune. Elire une nouvelle classe politique dont on sait les accointances avec le pouvoir actuel (ce sont les mêmes personnes qui se connaissent depuis plus de vingt ou trente ans) ne servirait de rien, sans compter qu’à un niveau ou un autre ils doivent en être aussi.

 

Et puis il y a nous, le peuple : ajouter une crise politique à la crise économique ne réglerait sans doute rien, au contraire… mais ne rien faire serait encore pire. Nous sommes aujourd’hui à un tournant historique. Les dénonciateurs de ce scandale institutionnel seront vite considérés comme des ennemis de la démocratie, et internet est bel et bien le seul danger qui effraie encore les corrompus : comme on le voit avec « wikileaks » actuellement, les « résistants » du net ont du soucis à se faire, et les lois Acta, Hadopi, et autres Loppsi sont destinées à les faire disparaître. Il n’y a pas d’autres alternatives pour le pouvoir.

Face aux géants qui menacent leur domination, le protectionnisme, le nationalisme, l’oppression et la répression seront leurs seules armes, et ce sont les peuples qui en feront les frais. Comme à chaque fois dans l’Histoire des hommes, nous aurons compris trop tard ce qui nous attendait. Nous le regretterons sûrement. Ce n’est pas les hommes qu’il nous faut changer, mais le système qui crée ces hommes.

Caleb Irri

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s’enfoncer dans la crise et être candidat à la présidentielle, un pari risqué ?

Posté par calebirri le 20 novembre 2010

La nouvelle ne fait désormais plus aucun doute : la crise n’est pas terminée, et loin s’en faut. comme on le constate avec le cas de l’Irlande, les ennuis des pays riches vont s’approfondir, jusqu’à ce que leurs dirigeants répondent à l’alternative établie par monsieur Leclerc : choisir entre l’insolvabilité de l’Etat, ou celle des banques. Mais comment choisir, c’est bien là tout le problème, que refuse de voir cet excellent analyste : que l’un ou l’autre plonge revient au même, car l’Etat c’est la banque, et réciproquement.

 

En effet, la banque centrale européenne sera bien, à un moment ou à un autre, victime de la maladie évoquée par son papier : une crise du crédit frappant l’Europe, car pas crédible pour un euro. Les pays les plus forts vont devoir payer pour les plus faibles, et c’est bien éviter cela qu’a été tenté le coup d’Etat que j’évoquais l’autre jour. Car en réalité les choses vont se passer ainsi : l’Irlande sera aidée, ses banques renflouées ou nationalisées, son peuple mis à la diète. L’Euro, et donc l’Europe, va en supporter les conséquences élargies, ce qui prélude à de grandes manoeuvres diplomatiques pour dans un premier temps menacer de faire sortir les mauvais payeurs (les plus faibles économiquement). L’Europe ne peut pas se permettre de plonger, et fera tout pour s’en tirer. Je ne sais pas encore de quelle manière, mais il est certain que dans un deuxième temps, et pour faire cesser l’hémorragie, l’objectif soit de  faire accepter de la part des plus risqués leur mise sous tutelle des plus forts, c’est à dire Allemagne-France-Angleterre, et peut-être Italie. Avec pour corollaire tout un tas de mesures anti-sociales.

 

Pendant que les grandes manoeuvres se préparent, on pourrait légitimement se demander ce qui pousse nos prétendants au trône de France à vouloir se précipiter dans une bataille qui semble perdue d’avance : quel intérêt « politique » peut-il y avoir à se jeter dans une bataille pour un pouvoir qui n’héritera en 2012 que d’un champ de ruines sociales et économiques ? nos candidats potentiels se croient-ils réellement meilleurs que les autres, ou espèrent-ils seulement se faire une place à l’ombre des avantages que procure la situation ?

 

Quand on y réfléchit, le futur président des Français ne se prépare ni plus ni moins qu’à aller au « casse-pipe ». Comment peuvent-ils être si nombreux à vouloir le poste ?

Et pourtant, depuis le remaniement c’est bien du chacun pour soi! Comme si la place était enviable, c’est jusque dans la majorité présidentielle que les coups bas se trament. Il n’y a qu’à voir comment l’équipe du président s’est resserrée, pour ne garder que le noyau dur de ses partisans. Tout le monde y va de sa petite phrase, de son petit sourire, de sa petite réunion. Le parti socialiste envisage d’avancer les primaires, Strauss-khan et Sarkozy déjeunent ensemble, le Centre se rebiffe, les Verts font alliance, Fillon et Villepin attaquent… N’y voyez-vous pas quelque chose qui cloche ?

 

Mais les choses devraient bien finir par se décanter un peu, car le temps fait son oeuvre. Les différentes affaires, qui mènent toutes au même personnage, arrivent à point pour accélérer le processus. En attaquant le président, les masques vont tomber, ce qui dévoilera un peu mieux le jeu de chacun. Face à la réalité et ses rebondissements, les liens qui unissent les pouvoirs politique et financier vont apparaître, ce qui provoquera des réactions populaires sans doute impulsives : s’apercevant que leurs gouvernants les conduisent dans une impasse, il se peut que le maintien de l’ordre devienne une priorité du futur gouvernement. Pris en tenailles entre la situation économique extérieure et la situation sociale intérieure, il se peut très bien que l’Europe ne devienne qu’une sorte d’Etat Fédéral sous tutelle de quelques uns… bien obligés d’en arriver là : la banque c’est l’Etat, l’Etat c’est la banque !
Et celui qui contrôlera ce gouvernement sera inévitablement, aux vues des évènements qui se profilent, un homme important pour le futur. Le pari est risqué, mais pas si bête… Ceci-pouvant expliquer cela…

 

Caleb Irri

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De Malthus aux décroissants, en passant par le capitalisme

Posté par calebirri le 13 novembre 2010

nous sommes en 2010, et une pénurie de riz menace notre planète. une pénurie de riz, l’aliment de base pour trois milliards d’êtres humains ! Malgré la surproduction et les OGM, malgré la pollution due à la production intensive, malgré les connaissances et les technologies actuelles, malgré l’ONU et toutes les instances gouvernementales existantes, malgré toutes les promesses de la « main invisible », on s’aperçoit aujourd’hui que le monde n’est même pas capable de nourrir sa population. Envoyer des gens dans l’espace, trouver des milliers de milliards pour sauver les banques, organiser des mondiaux de foot dans les pays pauvres, faire des guerres interminables, le monde sait faire.  Mais nourrir ses habitants non.

 

Cette constatation n’étonnerait sans doute pas les contemporains de Malthus, mais fait résonner d’une manière étrange les notions de progrès, ou de civilisation. En effet, il parait incroyable que cette vieille loi obsolète soit en passe de redevenir réalité tant les avancées techniques et sociales nous promettaient le contraire ! c’était sans compter sur la réalité, qui nous apprend qu’à force de surexploiter nos ressources à des fins mercantiles elles finissent par se tarir et mettre l’humanité en péril. Il faut quand même s’imaginer qu’à l’heure où nous parlons le nombre d’êtres humains peuplant cette planète augmente sans cesse, et que nous avons pourtant toujours réussi, en dépit de Malthus, à rendre possible la vie sur terre pour un nombre de personnes inimaginable pour l’époque. Et que même aujourd’hui, si le système ne nous contraignait pas à l’égoïsme et au gâchis, nous y arriverions sans doute aussi.

 

Alors comment se fait-il qu’aujourd’hui nous soyons encore à nous poser cette question, à avoir à résoudre le paradoxe entre l’augmentation de la population et la production ?

 

il semble que cet état de fait soit largement imputable au système capitaliste, qui  a incité à la surexploitation des ressources, et surtout à la mondialisation de ce système, qui par exemple permet à quelques richissimes individus de créer artificiellement la rareté de certains produits en en achetant de très grosses quantités, stockées le temps que leur prix monte, et au plus fort de la crise leur permet une plus-value conséquente. A force de rechercher non pas la production mais la productivité, il semble que la Nature soit arrivée à un point de saturation, qui met en danger notre vie future, et dont le responsable est le système tout entier.

 

aujourd’hui les deux alternatives qu’ont nous propose sont d’un côté le « Nouvel Ordre Mondial« , destiné à réduire puis à contrôler le nombre de naissances (de gré ou de force), et de l’autre la décroissance, destinée elle à faire baisser la consommation jusqu’à pouvoir nourrir plus de monde. Il existe cependant une troisième voie, qui n’est bien sûr pas simple à mettre en place, mais qui a le mérite de n’avoir pour corollaire ni le conditionnement ni la privation : c’est l’opulence, doublée d’une véritable démocratie où l’on apprend aux enfants à être libres et responsables, avec pour système supérieur la gratuité absolue.

 

Ce monde est peut-être impossible à créer, mais la seule manière de le savoir est d’essayer. Nous avons toutes les ressources techniques, physiques, mentales pour le réaliser, il ne nous manque que la volonté. Celle de comprendre que ce n’est pas le monde qui est trop petit pour tous, mais nous qui ne l’utilisons pas comme il le faudrait.

 

Caleb Irri

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Travailler plus pour gagner rien, ou comment rétablir l’esclavage

Posté par calebirri le 10 novembre 2010

Après les stages à rallonge et les formations non rémunérées, après le service civique obligatoire et la réforme des retraites, l’Angleterre fait mieux que la France pour offrir un autre futur à nos enfants : l’esclavagisme. Il n’y a malheureusement pas d’autre terme envisageable, car le fait d’obliger des gens à travailler sans négocier ni même recevoir de salaire correspond à sa définition.

Bien loin de pouvoir retrouver du travail à ceux qui l’ont perdu, les gouvernements d’aujourd’hui ne cherchent plus désormais à cacher l’affreuse réalité qu’ils ont créé, mais tout simplement à en tirer partie. Comment ? Et bien en imposant aux misérables victimes du système qu’ils sont en train de démolir un chantage encore plus abject que les « avancées » déjà scandaleuses concernant les droits et les devoirs du citoyen. Car c’est bien d’un chantage qu’il s’agit : la possibilité de faire travailler des gens sans emploi à toutes sortes de tâches dont personne ne veut contre de maigres allocations revient à leur mettre le couteau sous la gorge : c’est « tu marches ou tu crèves », et pour « l’Etat providence » tu repasseras.

 

Peu à peu se forge dans l’esprit des hommes, et pire encore dans celui des enfants, l’idée que le citoyen doit quelque chose à l’Etat, qui n’est plus désormais son protecteur mais son maître. Il doit le respecter, lui obéir, travailler sans relâche et sans se rebeller, pour espérer un jour avoir le droit de faire partie de « l’élite », c’est à dire du petit nombre d’individus qui dirige les masses. Cela doit passer par l’abnégation de ses volontés, le renoncement à sa liberté, la soumission aux ordres. Derrière cette lente évolution vers le « travail forcé » se cache non pas la réussite du capitalisme, mais en réalité quelque chose de bien plus grave encore, son échec. En effet, entretenir l’idée que l’Etat n’est pas là pour pourvoir aux besoins des nécessiteux, que le citoyen n’est pas le propriétaire de l’Etat est bien le symbole que le capitalisme ne permet pas d’atteindre les objectifs qu’il était censé atteindre : permettre le plein emploi,  faire des hommes libres, rendre la société meilleure.

 

On a longtemps cru que les pays en voie de développement étaient victimes de leurs systèmes trop autoritaires, et qu’ils finiraient un jour, en adoptant le capitalisme, par évoluer « naturellement » vers la richesse, l’éducation, la démocratie…. mais aujourd’hui, et malgré tous les efforts entrepris par les pays riches pour éviter cela, les pays pauvres ont réellement fini par évoluer, s’enrichir et s’ouvrir à la « civilisation capitaliste »… au détriment des pays riches ! Ils prennent des parts de marchés, « volent » le travail des autres en disposant d’une main d’oeuvre moins chère, et finissent par mettre en danger « l’équilibre du monde », c’est à dire l’hégémonie de l’Occident. Le capitalisme est bien capable d’enrichir une société, mais toujours au détriment d’une autre. Impossible autrement.

 

N’étant donc plus en mesure d’offrir du travail à tout le monde à l’intérieur de leurs propres nations, ces Etats préfèrent donc dans un premier temps faire cesser l’immigration pour conserver le maximum de revenus à l’intérieur de leur pays, puis dans un second faire baisser le coup du travail, jusqu’à en arriver là où nous en sommes aujourd’hui : imposer le travail à ceux qui n’en trouvent pas, en échange du minimum vital, et du contrôle incessant de la part de l’Etat qui le nourrit. Ce qui, si l’on regarde les choses autrement, revient à infirmer la croyance que j’évoquais plus haut : ce n’est peut-être pas parce que les Etats en voie de développement étaient autoritaires que la croissance ne venait pas, mais peut-être plutôt parce que la croissance ne venait pas qu’ils restaient autoritaires. Et aux vues de l’exploitation des pays pauvres par les pays riches tout au long de l’histoire, on pourrait très bien penser qu’elle est la seule responsable de la lenteur du développement de certains… ainsi que de ce qui nous attend si les choses continuent ainsi.

 

Disposer d’une main d’oeuvre servile et nombreuse, corvéable à merci, maintenue dans des cadres comportementaux définis dès le plus jeune âge, affamée, pistée, conditionnée, voilà tout ce qu’il reste à nos dirigeants pour conserver l’illusion de leurs certitudes. La dictature et l’esclavage, pour éviter d’avoir à remettre en question tous leurs méfaits, tous leurs mensonges, et ceux de tous leurs prédécesseurs avant eux. Plutôt que de se rendre à l’évidence de l’échec historique de toutes leurs croyances, de tous leurs rêves de société rendue meilleur et plus juste par le capitalisme, ils préfèrent sacrifier le futur de nos enfants, et des leurs aussi. Ils ne veulent pas voir que leur pouvoir est inutile, alors ils le rendent nuisible. Pour rester en place, pour continuer de donner un sens à leur misérable existence fondée sur du vent.

 

Après des siècles de luttes, de guerres et de misères nous avons enfin l’incroyable opportunité technologique de nous affranchir de la misère, de la maladie et de la pénibilité du travail. Nous sommes désormais capables de produire propre, en grande quantité et pour tous, de vivre enfin libérés des contraintes afférentes au système qui nous oppressait, mais qui nécessitait le sacrifice de nos libertés. Aujourd’hui, nous n’avons plus besoin du capitalisme pour vivre car nous savons qu’il nous nuit plus qu’il nous sert. Et nous n’avons donc plus besoin de présidents, de rois ou de dictateurs… et c’est justement de cela qu’ils ne veulent pas.

 

Caleb Irri

 

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, le travail, misère, politique? mensonges | 11 Commentaires »

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