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tentative de coup d’état contre l’Europe

Posté par calebirri le 30 octobre 2010

La réforme des retraites à peine votée, voilà que la crise ressurgit, que l’affaire Bettencourt fait à nouveau parler d’elle, que Ben Laden se manifeste à nouveau… de quoi satisfaire l’appétit des médias jusqu’à noël, pour la trêve de l’amour et du partage hypocrites.

 

On oubliera alors le conflit d’intérêt majeur entre les deux frères Sarkozy à propos de la privatisation de la retraite, on aura nettoyé les soupçons (et les ordinateurs) des quelques « résistants-fouineurs » indésirables dans les médias, on préparera des mesures sécuritaires contre les méchants terroristes (et en même temps contre les vilains manifestants trop engagés), et ainsi on ne verra peut-être pas passer le coup d’état qui se prépare en Europe, c’est à dire la réforme arbitraire de la Constitution européenne, chapeautée par les quelques puissances nationales encore debout.

Finalement, elle n’a que des bons côtés cette fameuse crise, capable de faire gober les pires injustices jusqu’aux confins de l’Europe ! rendez-vous compte, avec ce « petit amendement » que veulent faire passer ceux dont les finances pourraient être à terme englouties par la « solidarité » européenne, il se pourrait bien qu’en réalité l’Allemagne et la France soient en mesure de prendre le contrôle explicite de l’Europe : n’est-il pas proposé en effet de supprimer le droit de vote aux pays qui ne respectent pas la stabilité de leurs finances ?

 

Regardez bien, et réfléchissez : la France, l’Allemagne, et tous les autres à leur suite, tentent désespérément d’assainir leurs finances, et cela au prix de mesures draconiennes imposées aux peuples, pour ne pas avoir à payer les pots cassés une fois l’effondrement de l’économie engagé. Ainsi, lorsque logiquement les plus faibles plongeront avant les plus forts, les Etats dont les finances tiennent encore debout seront capables d’imposer à leurs désormais « vassaux » à peu près n’importe quoi, sans avoir en retour à leur apporter une quelconque aide de quelque ordre que ce soit. Non seulement les plus endettés devraient payer des amendes (mais ça on est habitués, c’est pareil à la banque), mais en plus, en leur supprimant le droit de vote, ils se verraient supprimer le seul droit qu’ils n’aient jamais possédé, celui de s’opposer aux grandes campagnes de lobbying financées par les grands argentiers de la planète.

 

Cela n’annonce rien qui vaille en matière économique, et prouve encore, s’il en était besoin, que la crise est loin d’être terminée. Mais cela prouve aussi que cette crise ne déplaît pas à certains, qui pensent qu’une fois ces « petites modifications apportées », l’Europe sera (enfin) capable de porter d’une seule voix, notamment lors du prochain G20 présidé par la France, un pays qui, concernant la liberté de la presse, se situe derrière la Papouasie-Nouvelle Guinée.

 

Même si, à l »heure où j’écris ces lignes, le danger semble être momentanément éloigné, le fait d’avoir mis cette proposition sur la table va pousser à de âpres discussions, car les plus rapides à sacrifier leurs services publics voudront se garder une place « au chaud », et surtout ne pas avoir à payer pour les plus mauvais élèves. Les tractations qui en résulteront pourraient très vite anéantir l’illusion d’union des 27 membre, et déboucher sur une crise politique dont les conséquences seraient décisives : en effet, derrière cette mise au pas de l’Europe derrière les quelques « puissances » responsables de ce »coup d’état » se profile un problème plus vaste, plus profond, à savoir la réforme du système monétaire international, un des points les plus importants à l’ordre du jour du prochain G20.

 

A cette occasion il sera sans doute question de l’impossible équation sino-américaine à propos du dollar, et donc de la dette publique. Et par extension de la place que l’Europe veut tenir dans cette partie. En contrôlant l’Europe, les quelques pays qui dirigeront cette entité se mettent de facto dans le camp des Etats-Unis, avec pour soutien implicite la Russie, sans doute plus à même de s’allier avec l’Occident qu’avec les Chinois. on nous reparlera du « bancor« , sans savoir vraiment à qui il profite, mais certains que ce ne sera pas à nous…

 

Peu à peu, le jeu se dévoile aux yeux de tous, mais personne ne semble vouloir regarder les choses en face : l’avenir du monde se joue en ce moment, et il se joue contre le peuple. Combien de temps faudra-t-il attendre encore ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

 

Publié dans crise, mondialisation, politique? mensonges, relations internationales, sarko | 3 Commentaires »

Et si le problème se situait à votre gauche ?

Posté par calebirri le 24 octobre 2010

Durant les manifestations de ces dernières semaines, quelques voix se sont élevées pour réclamer la tenue d’un référendum sur la réforme des retraites. J’aurais bien voulu applaudir à cette idée, et puis je me suis aussitôt ravisé : cette idée ne tenait pas debout.

Et oui, un referendum ne serait d’aucune utilité, car tous savons très bien qu’à la question « voulez-vous faire cesser la réforme des retraites ? », une grande majorité répondrait « oui », massivement. Le gouvernement serait contraint d’y opposer une fin de non recevoir (comme pour le traité européen), ou d’abdiquer ses rêves pour la nation.

Maintenant, si on posait la question au peuple d’une autre manière, par exemple « quelle réforme préférez-vous  ? », il ne fait aucun doute que la réforme UMP l’emporterait largement….faute de combattants.

 

Car il faut bien l’avouer, les propositions de la gauche sur ce sujet sont plus que divisées : elles sont inexistantes. Ce n’est pas que personne n’ait d’idée à ce sujet, mais ces voix-là ne sont pas audibles… parce qu’elles remettent trop de chose en question. Si on accepte le système économique tel qu’il fonctionne actuellement, alors la réforme proposée par le gouvernement est à peu près la seule solution envisageable. Par contre, et pour sortir de cette logique, il faut tout simplement remettre en cause le système dans son ensemble. Pas au sein du pays, ni même de l’Europe, mais du monde entier. C’est ainsi, la mondialisation ayant fait son oeuvre, l’unique alternative à la régression sociale dont sont victimes les pays « riches » est la refonte totale du système global dont nous subissons la Loi, celle du marché.

 

On l’imagine aisément, cette alternative est par trop radicale, et ne peut décemment être suivie sérieusement par un quelconque leader charismatique d’envergure, dont l’objectif est, en plus, de satisfaire à la logique électoraliste fonctionnant justement selon les lois qu’il devrait dénoncer pour se faire élire. La gauche est donc coincée, car à moins que de s’unir dans cette radicalité présentée plus haut, elle n’a rien d’autre à proposer que ce que propose déjà la droite. Elle doit devenir « anti-capitaliste » ou se soumettre à un pouvoir plus cohérent dans ses actions, et qui correspondent à une idéologie.

 

C’est ce manque d’engagement de la classe politique de gauche qui a permis l’émergence de ce pouvoir fort actuellement en place : en acceptant le quinquennat, en votant la réforme de la constitution, en jouant le jeu du système politicien sans comprendre ce qui était en train de se passer. De même que les divisions de la gauche ont permis à Hitler de parvenir au pouvoir malgré une popularité mitigée, la gauche française d’aujourd’hui permet la radicalisation du pouvoir en place, faute d’avoir une idéologie à lui opposer.

 

Le véritable adversaire de ce régime n’est pas la gauche, mais le peuple. Et le véritable adversaire du peuple n’est pas le régime, mais l’absence de la gauche. Même certains politiques de droite ont déjà mis en garde sur ce point, en indiquant que l’absence d’une véritable opposition au parlement nuisait au débat démocratique. Mais le fait est qu’il n’existe pourtant pas qu’une seule idéologie. Sauf qu’elle n’est portée par aucun parti, aucun mouvement de masse, aucun rassemblement susceptible d’atteindre un poids populaire d’importance, d’emmener les foules plus loin.

 

D’ailleurs, le futur échec de la mobilisation actuelle en est l’unique conséquence : le pouvoir a fait tout ce qu’il pouvait pour énerver les foules et provoquer des troubles, mais rien n’y a fait : les dirigeants, qu’ils soient politiques ou syndicaux, se sont heurtés seuls à l’inévitable écueil de ce mouvement, que l’on peut résumer ainsi : « et si on gagnait, que ferions-nous ensuite ? ». Les manifestants, après tant de sacrifices, leurs demandant eux aussi : « et alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

 

Pas de réponse. Rien .

 

Le point central qui conforte le pouvoir se trouve ici, dans ce « rien » à opposer à ses volontés. Tous focalisés sur les prochaines échéances électorales, tous frileux à l’idée de devoir remettre en cause un système qui leur a permis d’exister, tous soumis aux mêmes logiques établies de longue date par la domination de la finance sur le social.

 

Nous nous sommes tous faits bernés par l’illusion d’une corrélation entre croissance économique et progrès social, et ce n’est que grâce à cette crise que nous en apprenons l’artifice : la propagande médiatique ne suffit plus à nous tromper. Pour lutter efficacement, il n’y a qu’une seule alternative : changer ensemble un système injuste qui ne nous conduira qu’à l’oppression et la misère.

 

il nous faut pour cela reconstruire la gauche autour d’une idéologie qui lui manque, véritablement socialiste, bien qu’elle existe déjà dans l’ombre des rassemblements populaires. les Alain Badiou, les Frédéric Lordon, les Bernard Friot, et même les Paul Jorion et autres Eva Joly doivent se réunir non pas pour définir le futur chef d’une coalition politicienne, mais pour proposer au peuple une autre alternative à ce que propose la droite. Nous avons besoin d’une opposition, il nous faut un programme de gauche. un vrai.

 

Caleb Irri

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Après la répétition générale, préparons le Grand Soir

Posté par calebirri le 23 octobre 2010

Comme nous le pressentions tous, le formidable mouvement de « convergence des luttes » qui s’est effectué presque spontanément durant ces dernières semaines arrive probablement à sa fin. Le gouvernement aura réussi son coup, et fait passer sa réforme aux forceps, en négligeant totalement la voix de son peuple. Nombreux sont ceux qui y verront un échec, et se désespéreront qu’une mobilisation d’une telle ampleur finisse ainsi : des jours de salaire perdus, des espoirs déçus, et puis aussi le symbole de la toute puissance du pouvoir, qui semble désormais invincible.

 

Mais ne nous laissons pas abuser : le gouvernement n’a pas gagné, car il a aujourd’hui ôté son masque, et découvert ses véritables intentions. Même si la bataille des retraites est perdue, celle pour la liberté n’est pas encore terminée. Et d’ailleurs, c’est aussi la victoire du peuple.

Car le peuple ne s’est pas laissé embarquer dans la violence désirée par le pouvoir, et n’a pas cédé aux provocations de ce dernier. Il est resté digne tout au long de ce mouvement, et pour tout dire bien plus uni qu’on ne l’aurait pu prédire. il a su déjouer les attaques d’un gouvernement presque débordé, en se défendant sur la légalité de ses actions, en dénonçant les provocations policières et les supercheries concernant les casseurs, en sachant éviter le bain de sang, en soutenant majoritairement ce mouvement jusque dans les sondages et le ravitaillement, en informant sur les possibilités d’actions possibles de part et d’autre du mouvement.

 

Bien sûr tout ceci n’est pas suffisant, et pour le moment c’est bien le gouvernement qui mène la danse. mais pour le moment seulement. Car ce mouvement n’est pas une lutte contre la réforme des retraites, et va bien au delà de cette simple revendication. C’est le gouvernement dans son ensemble qui se trouve actuellement remis en cause, et particulièrement le premier cercle formé autour du président. Face à l’injustice flagrante de ses réformes, face à son mépris incessant vis à vis du peuple, tous savons aujourd’hui qu’il ne reculera devant aucun moyen pour parvenir à ses fins, c’est à dire la mise en place d’un régime autoritaire n’ayant plus de « démocratique » que le nom. Et cela, c’est déjà prendre un coup d’avance. Nous savons désormais que, de gré ou de force, par le fonctionnement de la machine institutionnelle ou par le conditionnement à la révolte civile, le gouvernement en place souhaite remettre en cause toutes les avancées sociales chèrement acquises.

 

Il nous faut donc maintenant prendre ces éléments en compte, et comprendre que les divisions qui ont opposé les partisans et les détracteurs de la grève ne sont pas dues à une grande différence de vues (regardez les sondages), mais bien plutôt à la « bonne gestion » de la crise par l’Etat prompt à diviser le peuple sur cette question. Au lieu d’écouter le discours simpliste établissant l’injustice des revendications de certaines catégories de grévistes considérés comme privilégiés, demandons-nous plutôt pourquoi nos revendications ne seraient-elles pas justement d’accéder aux mêmes ? que croyez-vous ? c’est justement parce que les métiers du transport commercial ont un rôle économique si déterminant que leurs syndicats ont réussi à arracher les avancées sociales qu’ils possèdent encore aujourd’hui ! Le gouvernement sait bien que quand les raffineries, ou les ports, ou les transporteurs (de biens de consommation ou d’énergie) se mettent en grève, ce sont des millions qui s’envolent. Ils ont préféré accorder plus à ces catégories pour qu’ils ne se mettent pas en grève, tout simplement.

 

Alors la prochaine fois, il faudra être prêts. Nous sommes suffisamment nombreux pour faire respecter la volonté du peuple et rétablir la démocratie. La voix du peuple doit être entendue, quand bien même elle serait dans son tort.  Hier nous avons eu tort d’élire ce président, et aujourd’hui nous aurions tort de le laisser faire. nous en avons (pour l’instant) encore les moyens.
Il nous faut préparer notre « Grand Soir » sans tarder, et ne pas céder à la tentation de la violence, qui serait leur plus grande victoire, car ainsi ils trouveraient la légitimité qu’il leur manque pour établir leur dictature. Cela demande du temps, et de la réflexion… mais aussi de l’action. Il nous faut désormais convaincre les autres, et pour cela leur proposer une alternative qui leur convient. Et quand nous serons unis, police, justice, privé et public, misérables et nantis, comme un seul homme nous iront réclamer nos droits sans crainte, et sans nécessité de recourir à la violence.

 

Caleb Irri

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quand la notion d’intérêt général se contredit

Posté par calebirri le 23 octobre 2010

Pour les uns, la grève est le seul moyen légal d’établir un rapport de force

Pour les autres, elle divise le peuple et sape l’économie.

 

Dans les deux cas, les « pour » et les « contre » s’affrontent à coups d’arguments stériles, se justifiant tous deux par l’intérêt général, c’est à dire une notion très floue qui n’a en réalité que peu de rapport avec l’âge de la retraite, et bien plus avec la somme des intérêts individuels. Cette question n’est pas résolue par l’âge de son départ de la vie active, mais bien plutôt avec ce que l’on fait avant cette date. Ce qui est un tout autre débat, et le coeur inconscient du mouvement qui oppose ceux qui se satisfont de leur sort avec ceux qui ne s’en accommodent pas.

En effet, les opposants à la grève critiquent un mouvement qui leur nuit dans leur quotidien, invoquant pour justifier leur mécontentement les pertes économiques entrainées par le blocage, et les pertes d’emplois qu’il pourrait occasionner. Pour appuyer leur raisonnement, ils regrettent également les violences urbaines, susceptibles de nuire à l’unité nationale et d’attiser les divisions.

En même temps, les grévistes justifient leurs actions  par la défense des intérêts de tous, et estiment avoir assez donné pour le système économique. Les pertes d’emplois sont le fruit du trop grand appétit des actionnaires, et les violences sont la conséquence de la surdité du gouvernement face aux revendications du peuple : l’identité nationale c’est la France qui se mobilise

 

On pourrait s’étonner de trouver le même argumentaire des deux côtés du même concept, mais c’est sans compter sur la double nature de l’homme, capable de toutes les contradictions sans se départir de son sérieux. Pourtant ici, se peut-il que l’un ait complètement tort quand l’autre n’a pas totalement raison ?

Si on ajoute à cela une autre contradiction qu’offre un tel sujet, on peut rapidement sombrer dans le désespoir, car tout se complique encore :

Ceux qui réclament contre la grève au nom de l’intérêt général sont ceux-là mêmes qui d’habitude ne jurent que par l’individualisme, tandis que ceux qui la réclament sont ceux-là même qui, en général, se disent vouloir respecter les désirs de tous. Les uns veulent qu’on force les gens à ne plus manifester, tandis que les autres voudraient forcer les autres à ne plus aller travailler. C’est à y perdre la raison. Le gouvernement, après avoir longuement évoqué la négociation sur le sujet des retraites, dit vouloir faire une réforme juste. Les masses françaises opposées à la politique de ce gouvernement, après avoir dit non, exigent une négociation

D’un côté on veut rendre pénalement responsable un enfant de treize ans, et de l’autre on veut l’empêcher de manifester quand il en a seize. D’un côté on veut faire cesser la violence de certains jeunes, et de l’autre on veut faire respecter l’ordre à coups de matraque. D’un côté on se réfère à la constitution pour défendre le droit de grève, de l’autre on s’y réfère aussi pour justifier le passage en force d’une loi qui déplaît. D’un côté on veut un référendum qui suspendrait la réforme sans avoir rien à proposer en retour, de l’autre on le refuse comme on l’a exigé pour l’Europe, sans être en mesure d’en tenir compte….

Face à toutes ces contradictions, il serait temps de se poser la question véritable : « c’est quoi l’intérêt général ? » c’est celui qui correspond à mes propres intérêts, ou celui qui va contre mais que j’estime juste de défendre malgré qu’il me nuit, parce qu’il sert aux autres ? il est difficile de répondre honnêtement à cette question, et c’est bien là tout le problème. Et l’intérêt général d’une nation se trouve-t-il nécessairement favoriser l’intérêt général « global », c’est à dire mondial, celui de l’humanité ?et là, c’est tout le système capitaliste qu’il faut (ou pas, selon le point de vue) remettre en cause. Le système global qui régit notre planète favorise-t-il, au niveau du nombre, l’intérêt général de l’humanité ?  quand on sait qu’un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim, quand on sait que 80% des ressources sont possédés par 20% des gens ?

 

Que faut-il donc faire ? une dictature mettant tout le monde d’accord de gré ou de force, ou une démocratie acceptant les contradictions inhérentes au système qui les favorise ?

Il faut être cohérent à la fin, et cesser de voir les choses à travers la réforme des retraites, au niveau national. Si la dictature est le meilleur moyen de faire fonctionner le capitalisme, une fois atteint ce but c’est le capitalisme qui ne sert plus à rien. Ce n’est donc pas la dictature qu’il faut rechercher, ni la démocratie qu’il faut défendre du capitalisme, mais le capitalisme qu’il faut renverser, pour éviter la dictature et l’illusion démocratique. et peu à peu, c’est bien c’est bien ce qui se passe actuellement : de l’inconscient collectif émerge une conscience citoyenne qui veut se faire entendre, et qui se rend compte des errements de ce monde qui contredit sa volonté d’intérêt général. Ce n’est pas à travers la recherche de la somme des intérêts privés qu’elle sera satisfaite, mais par la recherche du bien commun que les intérêts de chacun seront respectés.

Nous ne sommes qu’à l’aube d’un nouveau monde, et il n’y a qu’à nous de le penser autrement pour qu’il se transforme.

Caleb Irri

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Publié dans double coup, la démocratie, mondialisation, philo, politique? | 1 Commentaire »

la France qui résiste avec ses pieds doit avancer avec ses têtes

Posté par calebirri le 19 octobre 2010

Cela commence à devenir intéressant : de partout le crépi se décolle, et la façade apparaît peu à peu aux yeux de tous… et elle est pleine de fissures !

 

Que va faire le gouvernement ? pour l’instant, il semblerait qu’il campe sur ses positions, voulant ainsi démontrer sa volonté inébranlable, et faire cesser les actions. Mais même le vote en urgence de la loi ne suffit plus, et la pénurie de pétrole, avec ce que cela implique, pointe à l’horizon.  va-t-il user de la force publique, et se mettre à dos encore plus de monde, ou bien va-t-il essayer de faire quelques avancées supplémentaires et inutiles ?

 

Du côté des manifestants, on s’achemine peu à peu vers une radicalisation, et le fil est tendu, et il suffirait d’un rien pour que les syndicats reviennent à la table des négociations… histoire de sortir la tête haute, les poches pleines, et le pantalon vide. Une bonne manière pour le gouvernement de s’échapper par la petite porte, sans la claquer trop fort…

 

Il est tout de même difficile de croire que le gouvernement puisse céder, car ce serait toute la crédibilité du gouvernement qui se trouverait alors remise en cause, et le président ne peut pas décemment agir ainsi. Même en imaginant le pire, et que les confrontations dégénèrent en affrontements, il n’est pas encore temps pour le gouvernement d’instaurer l’état d’urgence et de justifier le recours à la force publique… mais peut-être s’y prépare-t-il.

 

En attendant, la résistance s’organise. Si les transporteurs routiers se joignent à la partie, il est possible qu’en très peu de temps le pays soit bloqué, et le gouvernement acculé dans ses derniers retranchements.  Toute la question est bien sûr de savoir s’il va céder ou se radicaliser lui aussi, selon la relation physique des forces contraires, action-réaction.

 

Pour le moment, on peut effectivement dire que tout est fait pour envenimer la situation, et comme attendu les syndicats se laissent déborder peu à peu.  Au fur et à mesure que la situation se tend, on sait que le statu quo n’est plus possible, chaque camp s’étant engagé trop loin pour reculer sans y perdre. celui qui lâchera maintenant aura perdu beaucoup plus qu’il ne le croit.

c’est pour cela que face à la pénurie de carburant, et sous la menace de celle des denrées alimentaires, face aux pertes financières accompagnant chaque acteur mobilisé, il faut dès à présent prendre des mesures. Bien sûr l’idéal aurait été de pouvoir préparer en amont un tel mouvement, mais c’est déjà parti. Si  nous nous arrêtons maintenant pour nous avouer vaincus, tout ce qui précède n’aura servi à rien, et laissera des cicatrices profondes dans le coeur des gens. Même pour le gouvernement qui, s’il veut vraiment instaurer le régime que je crois, doit en ce moment même être en train de réfléchir au meilleur moyen de profiter des évènements actuels, et de précipiter un peu son calendrier- à moins qu’il soit vraiment en avance, ce dont je doute.

 

Sur le web, à la radio, dans les assemblées et jusqu’aux discussions de comptoir, nombreux sont ceux qui, au delà du rassemblement général qui s’est créé spontanément (et face aux fins de non-recevoir du pouvoir), demandent expressément de l’aide de la part des citoyens engagés par ailleurs, financière et logistique. En plus du soutien populaire dont bénéficie ce mouvement, il lui faut les moyens « physiques » de tenir le coup. Il lui faut les moyens juridiques de se défendre légalement, il lui faut des moyens médiatiques de relais de ses appels et de ses besoins.

 

C’est donc maintenant que ceux qui ne sont pas encore « vraiment » rentrés dans la bataille se rangent aux côtés de ceux qui luttent pour nous tous. Les agriculteurs, les électriciens, les opérateurs internet, que tous sachent maintenant faire la différence entre leurs alliés et leurs adversaires… et que la solidarité prenne enfin tout son sens.

 

Il faut que les informaticiens créent un site communautaire doublé d’un paiement « paypal »pour des dons de soutien à la grève, ou un compte sur lequel pourraient être versés des fonds, que les journalistes solidaires participent à la médiatisation des actions, ou des exactions policières dans les rues. Il faut que les agriculteurs offrent leurs surplus intransportables directement aux militants, que les gars du carburant fournissent à ceux qui luttent, que les avocats défendent les « exemples » pris par la police… Que tout cela se mette en place. Si ce n’est pas pour gagner demain, que ce soit au moins pour demain, la prochaine fois. que nous soyons prêts.

 

Et surtout, penser à l’avenir. Remettre en cause le gouvernement est une chose, proposer une alternative pour le remplacer en est une autre. Il ne faut pas croire que les représentants de l’opposition (celle qui vote toutes les lois scélérates les unes après les autres et qui se conservent leurs privilèges entre eux) vont faire leur travail, ni que les syndicats sont capables d’autre chose que de servir de tampons. Il faut travailler dès maintenant, vraiment, à autre chose.

 

j’ai déjà lancé des appels à l’aide pour ce faire, tenté de réfléchir aux moyens dont nous disposons pour lutter autrement, rassemblés. Il nous faut absolument des têtes pour préparer le futur de nos enfants qui sont sous notre responsabilité, afin qu’ils ne subissent pas les conséquences de notre incapacité à leur offrir « autre chose ». Car après les grèves et les manifestations, il faudra bien continuer à avancer. Résistons avec les pieds, et avançons avec les têtes.

 

Caleb Irri

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De l’individuel au collectif : engageons-nous !

Posté par calebirri le 17 octobre 2010

notre société, nous ne le savons que trop bien, est basée sur l’individualisme, seul capable (pour les libéraux, mais comme ce sont eux qui ont le pouvoir…) de satisfaire l’intérêt général, ou collectif.

Cette illusion, savamment orchestrée depuis maintenant quelques siècles, théorisée, « scientifiquement prouvée » comme on dit, s’est répandue dans toutes les couches de la société, des plus hautes jusqu’aux plus basses.

 

Bien sûr, ceci n’est pas vrai. Au niveau du seul intérêt « global » de l’humanité, c’est à dire du monde entier, le capitalisme ne satisfait pas l’intérêt général, et loin s’en faut. La seule réalité tangible pour chacun, c’est effectivement qu’il faut penser d’abord à soi, et qu’il n’y a pas vraiment le choix. Mais c’est faute de savoir se rassembler, pas faute de ne pas être nombreux à penser qu’il le faut.

 

En cette période trouble de mouvements sociaux, on voit bien à quel point cette notion d’individu et de collectif est au centre de toutes les batailles. Tous les mécontents veulent, souhaitent se rassembler autour de nouveaux projets communs, favorisant le collectif avant l’individuel, mais il n’y a rien à se mettre sous la dent : les partis de gauche, même à l’extrême, sont prompts à critiquer l’individualisme, mais personne n’est en mesure de faire une contre proposition. Apparemment, et cela devrait choquer tout le monde, ce ne serait pas aux partis politiques d’appeler à la grève générale, mais aux syndicats…. qui eux, n’appellent pas non plus à cette action. Pourquoi ?

 

Bien sûr pour la raison suivante, à savoir qu’en réalité ils sont eux-mêmes victimes de l’illusion que j’évoquais plus haut, à savoir qu’ils font passer leur individualité avant le collectif. L’un veut être le candidat de la gauche, l’autre garder sa place dominante au sein de son syndicat, un autre au sein de l’entreprise… sans se griller dans une action qui, si elle ne marchait pas, leur ferait perdre ce qu’ils ont déjà.

 

En définitive, tous sont plus ou moins d’accord sur le fait qu’il faudrait faire quelque chose ensemble, unis et rassemblés, mais personne ne veut s’y lancer si par ailleurs les autres ne se lancent pas aussi. Et cette peur est la même pour chacun. Le coup du retrait des liquidités bancaires par exemple, pourrait fonctionner si tous le faisaient en même temps. Mais personne ne croit réellement que les autres vont le faire. Alors à quoi bon se lancer tout seul dans une bataille où seuls ceux qui s’y lanceront sont sûrs de perdre ?

 

C’est l’échec assuré, un point c’est tout.

 

Maintenant, s’il existait ce « lieu » dont je parlais, où tous pourraient dire « j’en suis », et que chacun puisse se sentir soutenu par les « j’en suis » déjà inscrits, prêts à agir, l’effet de masse « boule de neige » pourrait être rapidement conséquent. Si en ce lieu des dizaines de milliers de personnes disaient, par avance, qu’ils vont agir à la date prévue. Les frileux se verraient portés par le nombre, et se réchaufferaient à leur contact.

Le jour dit, soutenus par le nombre, les plus frileux pourraient alors se lancer dans la bataille avec les autres, tous ensemble et unis, sans peur de se retrouver tous seuls devant leur banque.

 

Je vais donc tenter le truc, avec les moyens du bord … c’est à dire lancer un sondage sur ce blog, dont chaque vote exprimera la volonté du participant de suivre -ou pas- le mouvement.

 

Concrètement, je vais poser la question : « êtes-vous prêts à retirer tout le liquide possible que vous possédez à la banque, jusqu’à hauteur de votre découvert, le 7 décembre ? » : « oui », « non », ou « à une autre date ». le 5 décembre se conclurait le sondage, et les comptes seraient à faire : si le nombre de votants est inférieur à un certain nombre, il faudra remettre ça. Mais si un nombre important venait à y répondre favorablement, il faudrait, par l’intermédiaire des twitters, facebook et tous les autres moyens dont nous disposons, rassembler autour de nous le plus grand nombre possible, avec comme base argumentative le résultat du sondage effectué.

 

Pour que ce dernier ait une valeur, il faut bien entendu miser sur l’honnêteté des votants, et ne voter qu’une seule fois. J’imagine que cela est possible techniquement., mais apparemment l’hébergeur du blog sur lequel je suis ne permet pas de s’inscrire autrement qu’en créant auparavant leur propre blog. Ce qui n’est pas concevable.

 

Il faudra donc compter sur la bonne volonté de chacun, au moins pour l’instant… comme disait Coluche « ce n’est qu’un combat, continuons le début ! »

 

PS : ce sondage sera s’arrêtera le 5 décembre au soir, en espérant que le message soit relayé d’ici là… on ne sait jamais, et comme je le dis souvent,  méfions -nous, nous ne sommes jamais à l’abri d’une bonne surprise !…

 

Caleb Irri

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