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organiser la dépendance

Posté par calebirri le 30 septembre 2010

il n’y a pas à dire, les choses bougent vite au royaume de France. Les députés ont du travail, et on ne peut plus dire qu’ils ne méritent pas leurs émoluments ! Bon, il est vrai qu’une petite moitié ne sert à rien d’autre que de paravent démocratique, mais le reste fait du beau boulot : ils votent tout ce que leur demande le roi.

 

Mais trêve de plaisanterie, nous avons quand même changé de régime sans nous en apercevoir !

 

Et ce régime, comme tout régime autoritaire qui se respecte, doit se voir affublé d’une cour servile, du pouvoir sur la justice, sur les médias, sur l’économie, et surtout sur son peuple. Avoir le pouvoir, cela signifie avoir le contrôle sur la masse des individus, une sorte de lien invisible qu’il conviendrait d’appeler « dépendance ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit : à travers la paupérisation et le conditionnement (physique et psychologique) continus de la population, le gouvernement entraîne petit à petit ce dernier sur la voie de sa dépendance envers l’Etat, et ce par l’intermédiaire des moyens qui vont suivre.

 

Parmi les techniques employées par les têtes pensantes de notre belle monarchie, il y a bien sûr l’alliance sans cesse plus solide entre le public et le privé, c’est à dire entre l’Etat et les grands patrons. Cette alliance, appelée « partenariat économique », permet à l’Etat de se séparer tout doucement du contrôle des services publics à travers la privatisation de certaines entreprises, engrangeant ainsi monnaies sonnantes et trébuchantes, tout en gardant sur ces dernières une participation suffisante au maintien de son poids décisionnaire, et par cet intermédiaire également le contrôle et la surveillance des individus. En échange, les entreprises privées concernées par le rachat de ces services se mettent en situation quasi monopolistique, ou au moins oligopolistique. La concurrence faussée qui résulte de leur position dominante et aidés par une législation qui arrange aussi bien les intérêts de l’Etat que les ceux des autres actionnaires, cette alliance les satisfait tous deux pleinement.

Même avec les allocations familiales qui vont baisser, les remboursements de la sécurité sociale qui seront peu à peu remplacés par la hausse des assurances privées, l’allongement de la retraite qui va faire augmenter les tarifs des assurances-vie, la montée du chômage qui va faire baisser les indemnisations… l’Etat continuera de ficher, classer, radier, contraindre son peuple en l’obligeant à toujours plus de démarches administratives, toujours plus de justifications, toujours plus de surveillance.

 

De plus, par son action en faveur des puissants, le gouvernement entraîne peu à peu la population vers la misère, ce qui la pousse à rechercher le soutien et la protection de l’Etat, qui en retour en profitera pour étendre son pouvoir. L’idéal d’un régime autoritaire étant un peuple juste assez misérable pour être dépendant, et pas assez pour se révolter, il est fort probable que la crise actuelle ne soit que le moyen le plus sûr d’étendre la dépendance du peuple envers le pouvoir. Que ce soit par l’intermédiaire de la santé, des aides sociales ou des transports publics, le fait de devoir payer plus cher un service tout en devant se satisfaire d’un dégrèvement social (même faible) incitera donc les pauvres à s’appauvrir tout en réclament l’aide de l’Etat, et les riches à s’en passer.

 

Mais ce ne sont pas les riches qui font peur à l’Etat, car seuls les pauvres, mécontents de leur sort, sont susceptibles de se révolter. Par conséquent, ils ne doivent pas être libres. D’ailleurs, les exemples sont légion pour corroborer cette affirmation : alors que la loi Hadopi (aux dires mêmes de certains « hauts placés ») va « sensibiliser la population » au crime qu’elle est en train de commettre, les riches et les véritables délinquants ne paieront rien ou si peu. Alors que la justice est aussi lente pour défendre le peuple qu’à attaquer les « grands », les petits délinquants passent en comparution immédiate, et les grands payent des amendes moins grandes que les gains permis par leurs délits.

 

Et en parallèle on apprend que désormais, le préfet pourra garder enfermée une personne que les médecins considèrent guérie, et que les « français précaires » pourront perdre leur nationalité (et leurs droits!) si, par exemple, ils se battent contre la police lors des manifestations…

 

les riches amis du roi achètent des journaux, l’AFP arrive sous contrôle de l’Etat, et le service public audiovisuel a déjà été purgé. La démonétisation permet le traçage de toutes les transactions, les lois permettent toutes les écoutes, la technologie la surveillance de tous les instants, en attendant la puce RFID…tout cela sans compter l’éducation qui refait l’histoire, la philosophie qui disparaît. Et pire encore, les OGM qui vont bientôt abolir l’agriculture traditionnelle, et internet qui deviendra notre seul lien vers l’extérieur, ouvert sur les seules images que voudront bien nous laisser voir nos dirigeants, réelles ou pas….

 

Nos enfants vont devenir des idiots incapables de réfléchir, de se nourrir sans semences transgéniques et de se loger, comme les gros chats domestiques que l’on voit aujourd’hui, incapables d’un quelconque retour à leur état sauvage. Dépendants. Comme aux produits qu’on nous vend pour dormir, maigrir, avoir l’air beau ou heureux. Et tout cela s’organise là-haut, presque en plein jour… sommes-nous déjà les esclaves que nous redoutons de devenir, pour que nous ne soyons pas capables de nous prendre en main ?

 

Mais si nous sommes trop lâches pour le faire pour notre propre bien, aurions-nous le droit de l’être aussi pour nos enfants ?

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

Publié dans double coup, misère, mondialisation, politique? mensonges, progrès technique, surveillance | 1 Commentaire »

Du bon usage du remaniement ministériel

Posté par calebirri le 28 septembre 2010

j’imagine que vous vous souvenez tous de l’annonce faite il y a quelque temps par le président, au sujet du remaniement ministériel : c’était il y a six mois à peine  !

 

Depuis cette date, de nombreux commentateurs y sont allés de leurs pronostics, de nombreuses rumeurs ont gonflé puis dégonflé, et pour tout dire nous ne sommes aujourd’hui pas vraiment plus avancés. Certains diront que toute cette mascarade reflète le trouble, ou même la faiblesse du gouvernement, et d’autres qu’au contraire elle est le signe d’une continuité dans les réformes, une sorte de stabilité nécessaire.

 

Pourtant certains, notamment à « l’ouverture », sont plus que menacés. Monsieur Woerth, avec les affaires dont il est le centre, ne fera certainement pas partie du prochain remaniement, pas plus, si l’on en croit les analystes, que monsieur Fillon. Il est d’ailleurs assez amusant, à cette occasion, de voir en quoi consiste aujourd’hui le métier d’analyste politique, à savoir de faire des pronostics aussi savants que ceux des courses de chevaux (qui paraît-il d’ailleurs sont souvent truquées…).

Mais là n’est pas la question. Car la politique n’implique pas seulement les joueurs ou les jockeys, mais pèse même sur ceux qui ne jouent pas (ou plus). Et un remaniement prévu six mois à l’avance, cela peut vouloir en dire long sur ce qui se trame « là-haut ».

En effet, on peut constater que monsieur Woerth aura été installé juste à temps pour la réforme des retraites, et qu’il disparaîtra juste après celle-ci. qu’entre temps l’affaire qui le concerne aura occulté tout le débat, et qu’après avoir fait « le job » il s’en retournera dans l’ombre, bien protégé par une justice à la solde du pouvoir.

On peut aussi éclairer cette soi-disant erreur de politique par les différentes polémiques qui ont parcouru l’actualité ces derniers temps, et comprendre ainsi que le remaniement a délibérément été reculé à dessein, c’est à dire dans le but de faire taire tous les contradicteurs potentiels de sa majorité soit en leur faisant miroiter une place, soit en les menaçant de la leur faire quitter.  Si on regarde bien comment les choses se sont passées, on voit bien que rares sont ceux qui, malgré leur désaccord, se sont laissés aller à réagir trop violemment… pris entre le marteau et l’enclume, la carotte et le bâton.

 

Et voilà maintenant que monsieur Fillon, l’ombre du président, entame doucement son recul stratégique, pour mieux préparer son avenir politique. On pourrait contester sa prétendue loyauté au président en lui opposant sa fébrilité à le défendre dans ces moments difficiles, mais la plupart des Français n’y verront goutte : pour l’essentiel, ils retiendront un premier ministre fidèle et taciturne, mais ce n’est pas l’essentiel.

 

L’essentiel est, pour le gouvernement, d’avoir réussi le formidable tour de force de parvenir à conserver l’unité (au moins en façade) de la majorité, et ce malgré tous les dérapages précédents, une côte de popularité déplorable, et des affaires plus que scabreuses.  Et à mon avis, ce retard délibéré de timing dans cet attendu remaniement en est la cause principale. mais si le coup est bien joué de la part du chef de l’Etat, il traduit une fois de plus (comme s’il en était encore besoin) le glissement progressif de notre démocratie vers un autoritarisme oligarchique, avec comme corollaires les lamentables prétentions de certains hommes politiques, prêts à toutes les soumissions pour conserver le peu de pouvoir qu’ils possèdent.  Qu’ils soient d’accord ou non avec les réformes qu’ils défendent importe peu, ce n’est que leur propre position qui les intéresse. Affamés de puissance, ils sont prêts à collaborer au pire, en se réfugiant derrière une loyauté qu’ils renieront dès que le vent tournera.

 

Une chose est cependant certaine, c’est qu’à l’occasion de ce remaniement, quelques masques vont tomber : cette « course à l’échalote » va finir par en agacer certains, et les déçus d’avoir couru pour rien le supporteront difficilement. Les fidèles du président seront vite reconnus, et il se peut fort bien que l’équipe gouvernementale se rassemble autour du noyau dur de la présidence. Les autres, ceux qui cherchent le pouvoir, feront comme monsieur Fillon, et vont tenter de profiter de la faiblesse du président pour tenter de tirer leur épingle du jeu. on pourra alors savoir si l’usage du remaniement aura été bénéfique au pouvoir… ou pas. En tout cas, il se pourrait bien que le gros des réformes liberticides (les plus dures) ait profité de ce long suspens pour passer en douce. Mais si le peuple n’a pas bronché jusque là, il n’y a aucune raison qu’il le fasse maintenant.

Nous nous souviendrons peut-être, plus tard, de ce moment d’histoire que nous vivons. Et nous nous rappellerons alors de ce remaniement si laborieux, qui nous a tant coûté. Et nous regretterons alors de n’avoir rien vu venir. Dommage.

Caleb Irri

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Publié dans double coup, la démocratie, politique? mensonges, sarko | 2 Commentaires »

Des Etats Généraux pour une Assemblée Constituante

Posté par calebirri le 27 septembre 2010

Les Etats Généraux ont été créés par Philippe le Bel en 1302, avec pour mission de consulter le peuple sur certaines questions d’ordre économique ou politique. Comme une sorte de referendum plébiscite, ils réunissaient les délégués des trois ordres (ou classes) présents à cette époque, en fonction de leur représentativité respective, qui étaient censés faire remonter l’avis du peuple jusqu’au roi ; avis qui n’avait d’autre pouvoir que consultatif.

 

Si on jette un oeil à la perpétuation de cette institution, on s’aperçoit qu’elle fut utilisée de manière parcimonieuse, à fréquences inégales, et assez peu à l’initiative du roi lui-même : ainsi furent ils-convoqués assez régulièrement jusqu’à Charles VI, qui ne les convoqua que 3 fois en 42ans de règne (1380-1422). ensuite et jusqu’à Louis XII et Henry III, qu’un très petit nombre de fois, et carrément aucune sous le règne de Louis XIV…

 

Leur dernière réunion fut fatale à Louis XVI et à la monarchie, en 1789. Une fois les Etats Généraux réunis en assemblée constituante légitime (c’est à dire avec le soutien du peuple) le pouvoir n’avait plus que le choix de s’y associer, ou d’aller jusqu’à la guerre civile entre partisans et opposants au pouvoir : c’est qu’il est une chose d’accepter la consultation des trois ordres, et une autre de les voir se réunir pour fonder les bases d’une autre forme de gouvernement…

 

Aujourd’hui, les institutions ne prévoient plus la réunion des Etats Généraux, auxquels ils ont préféré le droit de vote universel et le recours au referendum. En théorie, la démocratie se voit assurée par une représentation du peuple au parlement, avec une constitution censée défendre les abus du pouvoir et les droits de l’homme déterminés par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. En pratique bien sûr les choses sont différentes, et il apparaît actuellement que le résultat d’un referendum peut ne pas être pris en compte, ou qu’une élection au suffrage universel direct ne suffise pas à garantir la démocratie ; il faut avouer qu’une connaissance et des usages approfondis de cette forme de gouvernement ont quelque peu permis d’agrandir les failles d’une constitution qui, en définitive, aura été révisée à loisir par les maîtres d’un pouvoir qu’ils se sont peu à peu accaparé.

 

Mais la démocratie doit-elle s’assujettir aux lois qu’elle est censée pouvoir modifier quand le peuple le désire, et dans le sens qu’il souhaite ?

 

Si le suffrage universel et la constitution ne suffisent plus à garantir le respect de la volonté du peuple, il doit pouvoir faire entendre sa voix sans passer par la Loi, mais par la légitimité de sa force : le nombre. Et puisque les anciens sont parvenus à se libérer de la monarchie absolue, rien ne doit pouvoir nous empêcher de faire valoir notre légitimité en République.

 

Bien sûr les choses ont beaucoup changé depuis lors, et les trois ordres ne sont plus tout à fait au goût du jour… mais nous avons toujours des communes, trois classes sociales, et pour l’instant encore la légitimité de représentation, un individu majeur valant une voix. Seulement, contrairement à l’idée qu’on se fait habituellement des prouesses démocratiques, la représentation de ces trois classes sociales a quasiment disparu au détriment du peuple, qui au temps du tiers Etat représentait 578 députés sur 1139, et qui aujourd’hui doit représente moins de 10 pourcents du parlement. Et pourtant, si l’on divisait la France actuelle en trois classes (faibles revenus, classe moyenne et hauts revenus), il se pourrait fort bien que la classe populaire mérite d’être mieux représentée. D’autant qu’avec le basculement de la classe moyenne dans la classe à faibles revenus et les conditions d’attribution de ce statut, le nombre de députés émanants du peuple devrait être bien supérieur , car représentant bien mieux les intérêts de leur classe. Pour être plus clair, les employés et ouvriers représentent à peu près la moitié de la population, alors que moins de dix pourcents des députés proviennent de ces milieux.

 

Il est bien évident que si une représentativité proportionnelle à la réalité sociale se concrétisait dans la vie politique, nos dirigeants actuels auraient plus de mal à faire voter leurs lois.

Mais qui nous en empêche ? Légalement et légitimement, le peuple a tout pouvoir pour mettre en place de nouveaux Etats Généraux, avec participation proportionnelle des représentants des trois classes, en fonction de leur nombre dans la population. Qu’y aurait-il de plus démocratique ?

 

Il suffirait de réunir les partisans d’un tel projet autour d’une table, même virtuelle, et d’organiser, par l’intermédiaire de structures locales et indépendantes, des élections de députés issus du choix populaire et local, non pas sur un programme ni une candidature partisans, mais pour aller porter au pouvoir les doléances de son peuple qui l’a désigné pour cette tâche.

 

Des discussions pourraient être ouvertes à tous, et les grands sujets actuels de la société pourraient y être traités… ainsi que la forme de gouvernement qu’il serait souhaitable d’établir.

 

Ensuite se proclamer assemblée constituante, officiellement, afin de déterminer les termes d’une future constitution qui sera soumise au peuple tout entier, par l’intermédiaire d’un référendum dont le jugement ne pourra pas être remis en cause.

 

Le gouvernement n’aurait alors qu’à se soumettre ou se démettre, et nous verrions bien alors quelle forme il aura prise. Mais le peuple aura parlé, et surtout saura quoi lui répondre.

 

Caleb Irri

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Publié dans la démocratie, politique?, révolution?, un nouveau système | 3 Commentaires »

le bancor et le nouvel ordre mondial

Posté par calebirri le 24 septembre 2010

C’est à n’y rien comprendre : d’une part on voit que les pays s’enfoncent un à un dans la crise, et ce malgré tous les plans de sauvetage mis en route, et d’une autre on entend que les bénéfices des grandes multinationales ne font qu’augmenter… comment est-ce possible ?

 

Je veux bien ne pas être un spécialiste, mais il y a tout de même quelque chose d’étonnant dans tout ça. Bien que les Etats se sont mis d’accord pour que les banques se rechargent en fonds propres (ce qui exprime leur relative fragilité),  les prévisions de croissance se font chaque jour plus positives ; et malgré tout cela, les chiffres de l’emploi baissent, et les impôts augmentent…

Et au milieu de toute cette pagaille une idée fait son chemin à petits pas, pour le moment discrètement, parmi les milieux « autorisés » : le bancor.

Ce bancor est la seconde possibilité qui se vit proposée après la deuxième guerre mondiale, pour établir la parité des monnaies entre elles ; par un certain monsieur Keynes. Vous pouvez trouver quelques informations sur cet « ovni » économique ici ou , mais à vrai dire on n’en sait que peu à ce sujet.

 

Toujours est-il qu’il est étrange que cette idée resurgisse à ce moment précis de l’Histoire, c’est à dire au moment précis où l’économie des pays dominants s’écroule, et où leur pouvoir vacille.

Qui saurait, aujourd’hui, dire si le bancor est une solution d’avenir pour la planète, ou bien s’il faudrait s’y opposer ?

Face à cette question, il existe deux réponses  : l’une est capitaliste, et permettrait en théorie « d’améliorer le système » ; et l’autre est « communiste », en ce sens qu’elle sera commune à tous, comme le sera le fameux nouvel ordre mondial.

Pour la première, le bancor permettrait, comme je l’indiquais dans un précédent article, de supprimer les dettes des Etats riches en difficulté, par l’intégration dans un plus vaste « panier de monnaies » dans lequel seraient présentes les monnaies chinoises, brésiliennes, indiennes, enfin tout ce qui compte aujourd’hui au niveau de la puissance financière internationale. Comme un compromis entre l’annulation des dettes de certains pays émergents et de celles des Etats riches, avec intégration  à un pouvoir financier « mondialisé », tous seraient d’accord pour voir leur puissance sauvée pour les uns, reconnue pour les autres ; et mettrait un terme à l’insoluble problème du dollar entre la Chine et les Etats-Unis.

Bien sûr, à ce stade de la réflexion on ne pourrait qu’applaudir à l’idée de voir cette politique monétaire se réaliser, mais c’est sans compter les conséquences d’une telle révolution dans le capitalisme. Car il ne faudra plus désormais voir le monde divisé en deux entités nord/sud comme on a eu l’habitude de le faire ces dernières décennies, mais comme il est vraiment aujourd’hui : divisé entre les riches et les pauvres, peu importe le pays auquel ils appartiennent.

Il ne faut cependant pas se leurrer, et  toute proposition qui sera faite en ce sens par les économistes et idéologues des pays riches, et acceptée sans broncher par les pays émergents ne pourra être que nuisible aux intérêts de leurs peuples respectifs : c’est la loi capitaliste.

 

Pour la seconde, on peut envisager qu’à travers ce bancor (qui constituerait une véritable révolution financière) soit à même de faire tomber le capitalisme, pour le remplacer par… le communisme. car si on considère cette transformation radicale sous l’angle de la domination commune des riches sur les pauvres, ce fameux bancor pourrait très bien n’être qu’une sorte de mise en place de « bons » émis par une seule et même grande entité (le FMI par exemple), et tous transiteraient par l’intermédiaire d’une seule et même chambre de compensation… dirigée par qui ? Par une entité politique bien sûr, elle aussi supra-nationale, une nouvelle gouvernance mondiale. Comme il a déjà été dit, cela éviterait le recours aux paradis fiscaux, et permettrait d’équilibrer les échanges sans être ni pénalisé ni aidé par le poids de la balance entre exportations et importations. Cela signifie que tous les échanges devraient donc être « tracés » à travers la chambre de compensation, avec pour conséquence de rendre inutile subventions protectionnistes et autres subtilités juridiques nuisant au libre échange. L’argent lui-même ne finirait-il pas d’ailleurs par devenir inutile ?

On connaît assez les intérêts divergents des pays riches avec les émergents, et il se pourrait que ce bancor, qui sera peut-être imposé par les seconds aux premiers (à moins que ce ne soit le contraire ?), finisse par mettre tout le monde d’accord, en tenant compte non plus des intérêts nationaux, mais de ceux individuels et particuliers : en définitive le monde des riches contre celui des pauvres.

En définitive, que la première ou la deuxième solution soit retenue importe peu, la seule chose certaine étant qu’elle nuira aux plus fragiles, comme il en a toujours été : les riches n’ont aucun intérêt à se défaire du pouvoir qu’ils possèdent, et ils ne peuvent qu’avoir la volonté de les augmenter. Toute proposition semblant aller conte ce principe est un mensonge, et il faudra bien y repenser le jour venu : le bancor est de la poudre aux yeux, qui cache le fonds du problème sans le régler. C’est encore du capitalisme, ou pire.

Maintenant, imaginons qu’on veuille à tout prix établir cette nouvelle donne économique, et éclairons cette volonté par l’actualité : la crise augmente, car les multinationales se gavent tant qu’elles le peuvent aujourd’hui, en précipitant le système financier dans un gouffre tel que la seule solution sera…. de changer le système, avec l’apparition, par exemple, de ce fameux bancor… on oublie tout, et on recommence, en pire bien sûr : c’est sans doute ça le nouvel ordre mondial.

 

Caleb Irri

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Publié dans argent, crise, double coup, mondialisation, politique? mensonges, révolution?, relations internationales | 5 Commentaires »

Allez les gars, il faut cogner plus fort !

Posté par calebirri le 18 septembre 2010

Puisque de toutes les manières, rien ne bougera ni dans ce pays ni dans un autre, alors autant y aller un bon coup, et ne pas se priver : frappez encore s’il vous plaît, nous n’en avons pas assez.

Regardez, vous voyez bien que cela ne suffit pas. Avec tout ce que vous nous avez retiré en si peu de temps, avec votre soi-disant crise, votre soi-disant pollution, votre soi-disant terrorisme et votre soi-disant problème démographique, nous sommes encore là, prêts à travailler plus et plus longtemps, à accepter le fichage et le contrôle, à donner encore plus d’argent à nos banques, et même à stopper l’eau quand nous nous lavons les dents… vous voulez qu’on se fâche, qu’on se révolte, qu’on se batte ? Mais ne rêvez pas, il nous en faut plus que ça ! Que nous importent vos tricheries, vos mensonges, vos réformes… nous sommes prêts à tout supporter, nous sommes résistants. Pas résistants comme pendant la guerre, non, ça c’était quand il y avait encore des hommes, quand nous luttions pour des idées, pour une certaine conception de l’homme et de sa véritable valeur…

 

Mais aujourd’hui, nous ne sommes déjà plus des hommes. Après nous avoir vendu tous vos produits, vos médicaments, nous avons bu votre propagande, digéré votre éducation, accepté votre puissance, adoré votre pouvoir, désiré votre argent. Nous pouvons désormais presque tout supporter sans nous rebeller : nous sommes devenus ce que vous avez fait de nous… des esclaves consentants, pas difficiles à convaincre, pas difficiles à embrigader.

 

Et vous voudriez que l’on se mette à chanter l’internationale, à retrouver des rêves, des espoirs, des colères et des valeurs ? Mais nous allons dans la rue chaque fois qu’on nous le dit! Nous rêvons d’être comme vous, d’être vous : de l’argent, des femmes, des belles voitures, du cynisme à n’en plus savoir que faire, et plus aucune sensibilité, ni humanité, et encore moins de honte…

 

C’est qu’aussi vous n’êtes jamais contents ! après nous avoir inculqué, injecté, inoculé votre capitalisme jusque dans nos âmes, vous vous apercevez aujourd’hui que cela ne vous suffit plus, car d’autres, aussi malins que vous, en ont compris le fonctionnement…et vous font de l’ombre. La mondialisation finit par vous faire peur, et vous avez raison. Regardez les autres pays, ceux qui grimpent, les modèles de développement actuels : des dictatures à peine déguisées, la torture autorisée, la protection sociale inexistante, les émeutes de la faim, ils vont jusqu’au bout des choses, eux au moins.

 

A votre décharge, c’est vrai que le passé historique de nos démocraties ne nous a pas habitué à autant de franchise : nous, nous préférons nous laisser spolier sans un mot, dignement, en bons français. c’est ça le vrai chic.

Alors pour faire aussi bien qu’eux, vous essayez d’aller aussi loin que possible, mais rien n’y fait ; le bon peuple servile (nous) ne bouge pas, ne bronche pas. Qu’on aide les banques, qu’on stigmatise les étrangers, qu’on retire nos droits, qu’on insulte nos valeurs, qu’on vole notre temps et notre énergie ni fait rien ou si peu : toujours pas de révolution en vue…

Car c’est bien cela que vous voulez, non ? Qu’on se révolte, qu’on se batte, qu’on s’étripe les uns les autres, et puis qu’on vous appelle au secours ensuite, pour que vous veniez remettre de l’ordre, de la discipline, tout en étendant votre domination sur nos vies… les émeutes de la faim, c’est sans doute cela qu’il vous faut, ou qu’il nous faut pour enfin nous décider à agir… car en fait de domination, il semble que votre victoire soit déjà si totale que nous sommes incapables de la remettre en cause… chacun tenant trop à son petit privilège misérable, à son petit « régime spécial », à ses congés payés, ses tickets resto ou son APL, il voit déjà l’autre comme son ennemi, mais jamais son maître comme le responsable de sa situation…

Alors allez-y, frappez plus fort, n’hésitez pas, car c’est votre seule chance de parvenir à vos fins : expulsez, torturez, stigmatisez, baissez les salaires, les droits, les libertés, une à une, et continuez à espérer. Si votre salut ne vient pas de votre propre peuple, peut-être viendra-t-il de celui des autres dirigeants, avec une bonne petite guerre de religion, ou un bel attentat bien réussi, avec des morts innocents et beaucoup de blessés… continuez à croire en votre combat, mais cessez de croire en notre volonté, car visiblement elle a déjà disparue depuis longtemps, et grâce à vous. Vous pensez bien que sinon, cela fait longtemps qu’on vous aurait déjà mis à la porte !

 

Caleb Irri

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qu’a-t-on fait de la démocratie ?

Posté par calebirri le 15 septembre 2010

En 2007, monsieur Sarkozy a été élu à la majorité, au deuxième tour d’une élection qu’on a appelé démocratique. En réalité, il n’a été élu que par 53% des votants, ce qui pose déjà la question de la représentativité, mais admettons ce calcul : cela ne fait guère qu’un vote sur deux, ce qui n’est pas non plus un plébiscite.

 

Il faut ajouter à cela que le chef de l’Etat a été élu selon un programme injuste et trompeur, usant dans celui-ci de toutes les subtilités offertes par le double langage et la double-pensée, et qu’il s’apprête malgré tout à réaliser : les riches sont de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres.

 

Il serait sain de s’interroger sur la validité d’une telle élection qui, à en croire les faits qui ont suivi, est loin de satisfaire une population qui ne le soutient plus, pour autant qu’on puisse appeler le résultat d’un conditionnement outrancier un soutien. Et si on ajoute à cela les soupçons actuels quant au financement de la propagande (pardon, de la campagne), on serait en droit de réclamer quelques éclaircissements.

 

Car une fois au pouvoir, le président et son équipe se sont acharnés à retirer au peuple son pain, à la justice son indépendance, aux médias leurs libertés, aux étrangers leurs droits… en moins de trois ans, le gouvernement a réussi le formidable tour de force de saboter toutes les valeurs qui ont forgé la France, et ce en utilisant jusqu’à leurs noms! Malgré une côte de popularité qui devrait pousser le premier individu ainsi désavoué à la démission, le gouvernement persiste dans son entêtement, sans doute poussé par une vision à plus long terme de la politique qu’il mène.

 

En « renforçant les pouvoirs » d’un parlement déjà affaibli, il en a fait une chambre d’enregistrement de ses volontés, à tel point que chaque proposition de Loi est d’avance adoptée, et cela malgré les grèves, les manifestations, l’opposition syndicale et politique, associative, et bien d’autres preuves du mécontentement du peuple (suicides, désintérêt pour la politique…).

 

En « améliorant » la Constitution, il s’est ainsi protégé de toute attaque judiciaire, et de toute destitution éventuelle. D’ailleurs, il est difficile de ne pas voir dans l’application de cette modification la prescience de ses actions futures et des « affaires » qui l’entourent, à savoir l’affaire Bettencourt, Karachi, Clearstream et j’en passe…

 

En supprimant les juges d’instruction, il met la justice sous sa dépendance, et en votant le bouclier fiscal il favorise les riches. En sauvant les banques il endette l’Etat (et donc le peuple),  et en stigmatisant les étrangers il défie l’Histoire ; en jetant l’anathème sur certaines religions il méprise la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

 

Même à droite certains ne sont pas d’accord, et même à gauche on commence à trouver que cela fait beaucoup.

 

Mais que nous faut-il de plus ? Pourquoi personne ne demande-t-il, n’exige-t-il pas la démission de ce gouvernement?

 

Ne sommes-nous déjà plus en démocratie, puisque la parole du peuple ne vaut plus rien ? Le pouvoir ne l’écoute plus, et ne veut même plus l’entendre. Aujourd’hui, tous les pouvoirs (et contre-pouvoirs) tombent un à un dans la même escarcelle. Il faut bien se rendre compte que si demain le président voulait se faire voter les pleins pouvoirs, le parlement démocrate et représentant le peuple ne s’y opposerait pas, car les « règles démocratiques » seraient respectées, comme elles le sont pour le vote de l’assemblée sur les retraites : biaisées par le mode de scrutin d’un côté, et par le contrôle strict de la majorité sur ses membres de l’autre.

 

Mais est-il besoin d’aller jusque-là, quand on s’arrête un instant sur les pouvoirs dont dispose déjà ce gouvernement, qui agit en toute impunité ?

Quand on pense qu’il défie les règlements européens (qui ne sont pourtant pas les plus humanistes) au sujet des roms, qu’il bafoue les lois sur la protection des sources, qu’il entrave les enquêtes le mettant en cause, qu’il refuse les votes qui ne lui conviennent pas, qu’il musèle les détracteurs de son propre camp, qu’il fait fi des mouvements populaires, qu’il ment sur les chiffres du chômage, qu’il couvre les bavures et incite à la haine raciale ou qu’il fait licencier ses opposants, on ne peut qu’être révolté à l’idée qu’un tel gouvernement soit toujours en place.

 

il faut se réveiller maintenant, et regarder les choses objectivement. il faut passer au dessus des clivages gauche/droite, car les mécontents sont plus nombreux que les satisfaits. et la démocratie, c’est ça : lorsque le pouvoir va trop loin, le peuple possède le droit de le démettre. Et lorsque ce droit n’est pas respecté, il a le devoir de prendre les mesures qui s’imposent, c’est à dire de faire entendre sa voix, ainsi que d’exiger du pouvoir sa soumission à la volonté du peuple.

Exigeons donc, ou organisons  nous-mêmes un référendum sur la volonté qu’a le peuple français de voir rester ce gouvernement au pouvoir, et attendons le résultat, comme lors du référendum sur la privatisation de la Poste. Faisons vérifier les votes par des juristes ou huissiers, et attendons…

Nous saurons bien, alors, ce qu’on a fait de la démocratie.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

 

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