• Accueil
  • > crise
  • > Quand la politique du gouvernement prend (enfin) tout son sens

Quand la politique du gouvernement prend (enfin) tout son sens

Posté par calebirri le 8 août 2010

Les dernières statistiques concernant l’emploi sont tombées : les chiffres, de quelque côté qu’on les prennent, doivent être vraiment très mauvais, car même l’INSEE n’a pas réussi à en faire une interprétation positive. Bien sûr le gouvernement argue sur le fait que la baisse est moins forte en France qu’ailleurs (ce qui est à relativiser) et se fait presque une victoire de la montée de l’intérim par rapport à toutes les autres catégories.

 

Mais derrière cette façade, c’est toute la politique du gouvernement qui prend ainsi son sens : la création du chaos social, afin de justifier l’établissement d’un pouvoir fort et autoritaire, basé sur la répression et l’injustice sociale.

 

Les deux facteurs principaux sur lesquels est basée la politique actuelle sont la sécurité d’une part, et l’appauvrissement des plus faibles d’une autre. Si on regarde bien les réformes engagées depuis l’élection présidentielle, on s’aperçoit que les riches ont bénéficié d’une politique très avantageuse (crédits d’impôts, bouclier fiscal, défiscalisation des heures supplémentaires, casse du droit du travail, réforme des retraites…), tandis que les pauvres ont vu leurs maigres avantages fondre à vue d’oeil (précarisation des emplois, recul du crédit, hausse des tarifs du gaz et de l’électricité, licenciements massifs, suppression ou conditionnement des aides sociales…)

 

ce constat est sans doute bien éloigné des discours de façade et des promesses sociales de notre président, mais les chiffres sont cependant en totale corrélation avec la réalité des mesures entreprises par le gouvernement : bénéfices des banques en hausse, bonus et dividendes versés comme il se doit, niches fiscales et paradis fiscaux toujours en service, remboursements et dégrèvements de taxes diverses… le petit monde des riches ne se plaint pas. Tandis que les pauvres trinquent, de plus en plus précarisés : baisse de la consommation, de la confiance, augmentation des conflits sociaux, et… augmentation de la violence ??

 

Là aussi, les chiffres nous montrent, même trafiqués, qu’en réalité la violence n’augmente pas, et pour faire simple qu’elle est plutôt stable. S’il serait bon à cet instant de s’interroger sur le double langage tenu par le gouvernement qui nous annonce à la fois ses réussites en matière de sécurité et la guerre contre la délinquance (qui est paraît-il le problème prioritaire de tous les Français…), il ne faudrait pas s’arrêter là, mais regarder les faits. Puisque la violence n’augmente pas mais qu’on veut la combattre, puisqu’on fait tout pour résoudre la crise mais qu’on n’y arrive pas, c’est qu’en réalité on veut la violence et on soutient la crise.  Et à ceux qui se demandent quel peut être l’intérêt, pour un gouvernement, d’inciter à la violence et à la crise économique, on peut répondre par l’Histoire toute entière, qui a été façonnée par les guerres et les crises, et qui seules permettent aux gouvernants de continuer à exercer leur pouvoir tout en imposant des restrictions aux peuples qui ne les acceptent que contraints et forcés.

 

En effet, l’élection d’un pouvoir faible qui n’engendre ni conflits ni de bouleversements économiques est un pouvoir qui ne se perpétue pas, tandis qu’un gouvernement jouant sur les peurs et sur les faiblesses humaines a toutes les chances d’engendrer la réalisation de ces peurs et de se positionner comme seul capable de les faire disparaître… et d’être plébiscité par la suite pour résoudre ces problèmes.

Et puisque ce gouvernement s’est positionné presque exclusivement sur les politiques économiques et sécuritaires, il lui faut pour être crédible engendrer violence et crise économique. Ainsi il sera en mesure d’établir un gouvernement fort et autoritaire, pour lutter contre « les monstres » qu’il a lui-même créé. Au lieu de se faire juger sur son incompétence à régler les vrais problèmes (le changement climatique, la mondialisation, la misère et la corruption généralisée), il se met en position de n’être jugé que sur la gestion d’une situation de crise qu’il aura lui-même précipité, en se servant de celle-ci pour augmenter son pouvoir et restreindre celui du peuple. De la même manière qu’un dirigeant élu pour faire cesser le terrorisme a tout intérêt à provoquer lui-même le terrorisme qui le maintiendra en place tant qu’il sera contrôlé par ses services, le gouvernement a lui-aussi tout intérêt à provoquer les crises qu’il veut combattre pour rester en place. D’autant que les mesures destinées à apaiser le climat social sont toutes aussi connues que celles pour enrayer le terrorisme : être juste, et ne pas faire de provocations haineuses envers ceux qu’on est en devoir  d’apaiser ; c’est à dire pour la France supprimer le bouclier fiscal, remettre en route la police de proximité, relancer l’investissement en taxant les banques, relancer la production en facilitant le crédit, c’est à dire en obligeant les grandes firmes à rogner sur leurs marges….

 

À l’aune de cette explication, les réformes engagées précédemment comme la modification constitutionnelle protégeant le chef de l’Etat, la suppression du juge d’instruction, la réforme du code du travail, celle des retraites ou la discrimination des minorités, se comprennent mieux. Se comprennent mieux aussi l’échec de Copenhague, celui des G20 successifs nous promettant la fin des paradis fiscaux ou des parachutes dorés… le but n’est pas de sortir les peuples de la crise, mais de les y enfoncer tellement profond qu’ils n’aient pas d’autres solutions que de faire confiance à leurs dirigeants, qui les entrainent peu à peu dans la misère et l’injustice, et les prépare à subir les prochaines étapes de cette politique sans se révolter contre « leurs protecteurs », mais plutôt contre ceux qu’on a désigné au préalable comme responsables de tous leurs maux : les étrangers, les Musulmans, les minorités, les pauvres.

 

Ensuite ils seront aptes à accepter les pires extrémités, c’est à dire de rogner sur leur chère liberté, et aussi leurs si chers « droits de l’homme ». Et c’est à cela que servent les sondages comme celui réalisé sur un échantillon de 1000 personnes, pendant les vacances, et après la médiatisation sans précédent de faits divers évocateurs de la propagande mise en place : nous faire croire que nous sommes tous d’accord pour dire que le problème ce n’est pas nos dirigeants, mais « l’autre ». Comme ça, quand nos « alliés » auront lancé les conquêtes qu’ils préparent depuis presque dix ans contre un ennemi qu’ils ont créé de toute pièce, la France s’en ira à ses côtés comme un seul homme, et l’Histoire ajoutera une autre page à la gloire de la guerre et de l’horreur…

 

Il n’est pas besoin d’avoir un penchant pour le « conspirationnisme »  pour s’apercevoir de cette réalité, mais simplement de regarder la vérité en face, car les choses sont claires dès qu’on veut bien s’y arrêter : la politique actuelle menée par le gouvernement s’explique beaucoup mieux de ce point de vue que de tous les autres. Et pour ceux qui n’en sont toujours pas convaincus, l’Histoire est là pour les éclairer : elle a toujours été un éternel recommencement, et il n’y a que peu de raisons pour que cela change.

 

Mais malheureusement pour nous, Elle nous a toujours montré aussi que la force de la propagande est plus grande que la vérité, et ce pour une raison bien simple : les médias ne sont pas libres lorsqu’ils sont à la solde du pouvoir… une autre des réalisations politique de notre gouvernement, qui décidément n’a rien laissé au hasard !

 

Dormez tranquilles et continuez à voter, le gouvernement s’occupe de nous…ou réveillez-vous et regardez les choses en face, elles vous sauteront alors aux yeux.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

 

 

10 Réponses à “Quand la politique du gouvernement prend (enfin) tout son sens”

  1. calebirri dit :

    bonjour,

    je suis actuellement en transfert d’opérateur internet, et je suis donc réduit pour quelques jours encore à n’avoir accès au web que sur un téléphone… ceci explique la publication de cet article non terminé (erreur de clic) que j’ai fini un peu rapidement pour ne pas le laisser dans cet état…. encore qu’il était peut-être mieux avant ?

  2. ZapPow dit :

    Je ne sais pas si l’article était mieux avant, mais il est bon, très bon même.

    Je doutais dernièrement d’une volonté délibérée de nos gouvernants d’abêtir les Français, volonté manifestée, pour mes interlocuteurs qui soutenaient cette thèse, par les différentes retouches apportées aux programmes scolaires et universitaires. Je leur accordais, pour ma part (à nos gouvernants) une volonté sincère de moderniser la France, volonté malheureusement guidée par une vision purement utilitariste, industrialiste (je crois que ce mot n’existe pas, mais il devrait), productiviste de l’éducation, dont le but serait de fournir des troupes, et des cadres, à nos prétendues élites économiques dont nos dirigeants sont, finalement, les serviteurs.

    Je commence à penser que j’avais tort de douter.

  3. LutoPick dit :

    Point de vue entièrement partagé. Qui plus est,votre analyse est bien menée, merci. Je me permets de reproduire votre article sur mon blog, (sauf si vous ne me l’autorisez pas).

  4. calebirri dit :

    @ lutopick et @ zapPow

    merci pour vos commentaires, et pour lutopick n’hésitez pas!

  5. sylvie dit :

    Tout le ressenti personnel que j’ai de cette période « charnière » est là, exposé dans votre article. C’est limpide… malheureusement !
    Ainsi que lutopick, et avec votre permission, je reprends votre article : vous faites œuvre de salubrité publique !

  6. sylfirez dit :

    Comme si qu’on était sur le sommet d’une parabole. qu’on était sur le tout début de la fase descendante. la dérivé devient négative.

    Peut etre meme somme nous sur une fonction exponentiel négative. Nous dérivons aussi vite que nous régressons.
    A la base l’humanité était uranium, il vivait en quasi harmonie avec la nature et emmettait toujours un petit peu d’energie. Un jour on décida de se séparer de la nature, il y eu donc fission. cette fission commenca en angleterre et se déchargea sur l’ensemble du globe, chacun quitta sa terre pour trouver une autre terre, chaque noyau de village vivant en auto subsitance ne le fut plus totalment, tout le monde se mit a dépendre de tout le monde dans cette explosion d’industrie et de capitalisme.
    Notre richesse correspondait à notre taux de croissance Nous sommes arrivés exponentiellement sur ce sommet technologique et mondialisé, tout le monde dépend de tout le monde sur la terre par le biais du capital et de la mondialisation. Nous avons liberer dans l’atmosphere une quantité énorme d’energie. Chaques moyen fut bon, on a transformer la force de l’eau en energie, on a transmutter le pétrole en énergie, ont a transmutter l’energie solaire en électricité ont a transformer la radioactivité en énergie. L’energie a été extraite de tout les coins de la terre et disséminé dans l’athmosphere. Malheureusement les lois de l’univers, et de la nature n’ont jamais réussi a suivre ce genre de courbe dans le long terme.
    Inconsciemment nous sommes devenu un nouvel élément: le plutonium.
    Le capitalisme dans le monde correspond à la radioactivité d’un morceau de plutonium sortant d’une centrale nucléaire, le peuple correspond a la roche. Le capitalisme avec l’energie libéré va diminuer de maniére exponentiel puis va diminuer de moins en moins rapidement. Le capitalisme va rester accroché à l’humain jusqu’au temps infini car l’humain a toujours eu une tendance radioactive.

  7. sylfirez dit :

    Mais de maniére plus localisé, à l’echelle d’individu je ne sais plus quoi penser. A la base j’était un fervent démocrate, partisant de la pensée du « chacun peut gouverner » Mais une réalité m’est venue à l’esprit: L’européen actuel vit dans un confort extremement grand, il est donc satisfait de sa condition, il n’as plus besoin de réflechir pour manger ou pour dormir, pourquoi voudrait il changer de type de systeme si il vit heureux.

    Dans notre cas notre comfort est le fruit de siécle et de siécle de colonisation et d’exploitation de l’homme par l’homme dans d’autre pays.
    Hors les européens en générale ne se rende pas compte qu’en utilisant sa voiture ou qu’en mengeant une plaquette de chocolat ou un pot de nutella, ou qu’en se chauffant à l’electricité nucléaire, on fait mourrir des vingtaine de personne en afrique ou en amérique. Par le biais du commerce et de l’industrialisation.
    Les européens vivant dans le comfort et étant inconscient ou pas sur de ces réalité voudront toujours continuer a vivre dans ce doux confort du XXi em siecle. La démocratie en europe est comme meme forte dans le sens ou le chef de l’etat represente la mentalité d’une grande partie de la population.
    La démocratie a tué Socrate , Aristote l’un des plus grands philosophe de notre temps ne croyait pas à la démocratie. Il considérait que c’etait le pire systeme et qu’il n’engendrait que la tyranie des démagogues.
    Si la démocratie c’est le pouvoir de la mentalité embiante, alors il ne manque plus qu’un chef vienne diffuser des propos démagogue pour donner raison au philosophe du Vem siecle avant J-C.

  8. calebirri dit :

    @ Sylfirez

    votre comparaison intéressante, mais je ne suis pas d’accord sur un point : il y a radioactif et radioactif. il y a une quantité naturelle existant dans la nature, inoffensive et sans doute même bienfaitrice (puisqu’elle est là). mais il y a des concentrations mortelles qui sont diffusées en trop grande quantité et en un trop petit laps de temps…

    d’autant que cette diffusion est le fruit d’un accaparement d’un petit nombre qui a cru que l’uranium lui appartenait, en même temps qu’il a cru que l’eau, l’électricité, le pétrole leur appartenait. ce qui est faux.

    au niveau individuel, Aristote le disait déjà, en effet, que la démocratie était une constitution déviée qui conduisait à l’oligarchie. maintenant, le vrai problème est de savoir par quoi il faut la remplacer.

  9. RedGuff dit :

    Bonjour.
    « Il y a une quantité [de radiation] naturelle existant dans la nature, inoffensive et sans doute même bienfaitrice (puisqu’elle est là). »
    C’est doublement faux : la radioactivité est néfaste dès les petites doses, (le danger est exponentiel avec l’exposition) ; de plus, ce qui existe n’a pas été « créé » pour notre bien, mais existe par hasard.

  10. calebirri dit :

    @ redguff

    bonjour,

    peut-être la radioactivité est-elle néfaste à l’homme en tant qu’individu, mais qu’en savez-vous au niveau de la planète ? elle doit bien servir à quelque chose au niveau de son fonctionnement…
    et donc à nous par extension

    ensuite, étant de nature assez positive, je considère le hasard comme forcément bon, mais j’aurais pu aussi bien le considérer comme mauvais… de la même manière que je pourrais considérer l’homme comme étant le fruit d’un mauvais hasard : mais ce n’est pas ma conception du monde…

    cordialement

Laisser un commentaire

 

"Un homme qui crie n'est pa... |
ENDYMION |
le bien être de candresse e... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mareil Autrement
| Etudiants du lycée Bertran ...
| Bienvenue sur le blog du RC...