La concurrence est une (double) illusion

Posté par calebirri le 31 août 2010

le système capitaliste fonctionne selon des lois, appelées « lois du marché ». Elles régissent les échanges en fonction de l’offre et de la demande, et sont censées assurer la « libre concurrence », c’est à dire de permettre à tous les acteurs économiques de se présenter sur un marché sans entraves, et d’avoir la possibilité de développer son activité sans souffrir de la puissance des acteurs déjà présents sur ce marché.

Il est intéressant pour commencer de s’interroger sur la contradiction évidente qu’annoncent deux termes qui s’opposent en tout (mais qui n’ont pourtant pas l’air de choquer outre mesure), à savoir « LIBRE-concurrence » et « LOIS du marché ». Cette contradiction sonne comme un aveu de la pente naturelle que porte en lui le capitalisme, à savoir la concentration des richesses en un petit nombre de mains, et cela signifie que sans lois préalables, le système ne peut pas par lui-même permettre les conditions de cette « concurrence libre et non faussée ». La satisfaction de l’intérêt individuel se traduisant par la nécessité de l’accumulation, les rapports des différents acteurs sont conditionnés par leur position lors de l’échange, c’est à dire par leur force respective, déterminée par le niveau d’accumulation de chacune des parties : le plus riche se trouve alors toujours en position dominante, et possède plus de chances de remporter la partie (c’est à dire le profit, la plus-value réalisée lors de la transaction, de l’échange). La concurrence ne pouvant absolument pas être « libre » librement, c’est donc dans le soucis idéologique de satisfaire au fumeux concept de « main invisible » (comme une sorte de morale sauvée) que des lois ont été adoptées pour « réguler » le marché, un peu à la manière dont les lois du droit commun sont faites pour équilibrer le désir de liberté des hommes avec la nécessité pour eux de vivre en société.

C’est ce rôle d’équilibriste si délicat qu’ont joué durant des décennies nos politiques de tous bords, oscillant entre plus de liberté ou plus de contraintes, tentant de préserver sur le fil ce qu’on appelle le « pacte social » (qui détermine en gros une sorte de limite à partir de laquelle le peuple peut se révolter). Bien sûr, la concurrence « pure et parfaite » ne pouvait être qu’un objectif théorique, et les principes de régulation étant largement contournables (et contournés) par tout un arsenal d’exceptions, cette première illusion permit aux grandes entreprises des pays dits développés d’augmenter leurs parts sur tous les marchés internationaux, à travers une mondialisation des échanges dans laquelle elles ont acquis une position dominante. Et c’est seulement une fois cette position acquise que les monopoles ou oligopoles se sont pris à redouter ce libre échange qui les a jusque-là avantagé, car il peut menacer leur pouvoir. Car à force de dérégulations, de mondialisation, les rapports de force se sont transformés, et les Etats les plus riches se trouvent aujourd’hui en proie à des dettes colossales, à un climat social tendu, et surtout à une perte d’influence inévitable (voir retournement du capitalisme) : les pays émergents veulent aujourd’hui profiter eux-aussi du système de libre-échange, et leurs ressources en matières premières, en forces de travail, sont encore largement exploitables… ils deviennent des concurrents sérieux (on a bien vu le nombre d’entreprises rachetées par de nouveaux groupes étrangers).

Cette nouvelle situation fait peur au pouvoir politique comme au pouvoir économique, et c’est tout naturellement que leurs liens se sont à cette occasion resserrés. Cette alliance est ce qu’on appelle une relation « gagnant-gagnant », car d’un côté les grosses firmes font élire le pouvoir politique, et de l’autre l’Etat s’engage à subventionner, protéger et servir les intérêts financiers de ces gros groupes. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir le nombre d’individus travaillant successivement dans l’une ou l’autre de ces branches pour imaginer le nombre de conflits d’intérêts possibles. Et lorsque le président se déplace à l’étranger avec les grandes entreprises, il assume ainsi deux casquettes : à son poste officiel de représentant du peuple s’ajoute le rôle du VRP, car d’une part il touche une inévitable commission (peu importe sa nature), et d’une autre des contrats qui remplissent les poches de l’Etat.

Désormais, les puissances financières doivent arrêter de se cacher derrière leur petit doigt, et sortir de cette notion contraignante de concurrence libre-et non faussée : là où autrefois la corruption et les failles juridiques devaient permettre l’accumulation malgré les lois en vigueur, on doit se préparer aujourd’hui à réformer la justice, modifier le code du travail, redéfinir l’aide sociale, contrôler l’immigration, afin d’assumer pleinement l’injustice du système capitaliste, et surtout de conserver une position dominante, conjointement avec l’Etat qui prépare les règles et le positionnement futur sur de nouveaux marchés (comme la guerre). D’ailleurs, il serait intéressant de jeter un coup d’oeil sur les actions détenues ensemble par ces deux pouvoirs (politique et financier), car on y trouverait sans doute un intérêt particulier porté sur les technologies utilisables en matière de renseignement, de transport ou d’armement…

Cette volonté de supprimer la notion de « libre concurrence » a d’ailleurs été appliquée au traité européen, dans lequel elle ne figure plus comme objectif (voir article). Jouant sur la contradiction originelle de cette notion, c’est jusqu’aux opposants des capitalistes qui se sont faits berner, et même quelques grands chefs d’entreprise… mais il ne faut pas s’y tromper, les lobbies industriels et financiers sont bien trop puissants pour ne pas avoir eux-mêmes exigé cette disparition du texte, qui leur sert plus qu’elle ne leur nuit.

Car en réalité, et même si la « libre » concurrence n’a jamais véritablement existé, en supprimant la notion de «concurrence  libre et non faussée », on permet ainsi aux entreprises déjà très puissantes de se protéger derrière les règles d’une concurrence qui se trouve par définition être « non-libre et faussée » (c’est à dire clairement déloyale). Après s’être rassasié de profits durant toute leur croissance, les entreprises parvenues au stade quasi monopolistique veulent pouvoir pleinement profiter des règles d’un capitalisme non libre, c’est à dire en réalité plus pur, moins moral et moins juste. A la mondialisation ils préfèrent désormais le protectionnisme, des droits de douane ou une politique monétaire avantageuse. Au lieu de profiter des paradis fiscaux pour se protéger des impôts, ils préfèrent le bouclier fiscal. Ils voudraient voir les rétro-commissions illégales devenir légales, l’abus de position dominante financé par le contribuable, les « fusions-acquisitions » décidées et institutionnalisées par l’Etat, l’entente sur les prix déterminée par la rentabilité, les brevets protégés par le secret-défense…en bref éteindre tous les contre-feux qu’ils avaient eux-mêmes allumés pour nuire au développement de leurs concurrents, désirant aujourd’hui pérenniser à tout prix leur domination, c’est à dire leurs profits mis en péril par l’émergence d’entreprises étrangères.

En définitive, nous allons passer d’une libre concurrence déjà biaisée (il n’y a qu’à voir comment les brevets sont utilisés pour s’accorder un monopole à court ou moyen terme – et ce même au détriment de millions de médicaments génériques capables de soigner des millions de malades), à une concurrence « faussée », qui sera encore plus injuste mais plus assumée.

Mais en même temps que faire d’autre, puisqu’ici tout le monde a l’air de croire qu’il faut des lois contraignantes pour garantir la liberté !….

 

Caleb Irri

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Comment convaincre un convaincu (du contraire) ?

Posté par calebirri le 24 août 2010

je discutais, il y a peu, du sujet à la mode du moment (pas l’affaire Woerth, elle est déjà passée aux oubliettes), le « problème des roms ». Au cours de cette conversation, dans laquelle je tâchais de défendre mon point de vue, je me trouvai abasourdi par l’incompréhension mutuelle à laquelle nous étions tous deux confrontés : alors que mon contradicteur me passait par le menu les exactions commises par certains individus de cette communauté, j’essayais en vain de lui faire comprendre que celles-ci n’étaient absolument pas représentatives de la communauté dans son ensemble, et qu’on trouvait des délinquants dans toutes les couches de la société, dans toutes les communautés.

 

Mon contradicteur, qui se trouve être une personne intelligente et sensible, embraya alors sur les différences culturelles qui nous séparaient de cette communauté, qui selon lui ne respectait ni les lois françaises, ni les animaux, ni les êtres humains n’appartenant pas à leur communauté. Ne désirant ni s’insérer, ni travailler, ni respecter la loi, ils exigeaient de la part du gouvernement français des terrains, de l’électricité et de l’eau, tout cela gratuitement, sans compter les dégradations qui s’ensuivaient inévitablement à leur départ, départ de plus monnayé par la contribution publique, avec une somme qu’ils s’empresseraient de dépenser là-bas avant de revenir presque aussitôt sur le territoire français.

 

Je tentai alors de lui expliquer que cette communauté, malgré ses différences culturelles, se devait d’être accueillie par la population française au nom de « valeurs humanistes », et que le système actuel avait les moyens et la place nécessaire pour les recevoir décemment, au même titre qu’elle autorise de nombreuses associations à profiter de terrains, de locaux municipaux…

J’essayai de lui faire voir comme les différences culturelles sont dures à estomper (et le fallait-il ?), et combien il était difficile pour des populations itinérantes de s’adapter à la culture de tous les différents pays qu’elles traversent. N’ayant pour ainsi dire presque aucune chance d’être régularisés, il n’était pas étonnant qu’ils vivent quelque peu en marge. Que si certains en venaient à voler, c’était plus par nécessité que par vice, et s’ils abandonnaient parfois les lieux utilisés dans un état délabré, c’était sans doute car ils n’en étaient que les éphémères utilisateurs, un peu à la manière des toilettes publiques : elles sont sales quand on arrive, et encore plus quand on en sort. On n’y touche le moins possible…

 

Et puis, face à ses dénégations contre lesquelles j’épuisais mes forces, j’évoquais mon argument ultime : quelle solution existe-t-il d’autre à part l’intégration? Les mettre dans des camps et les exterminer, tous, pour payer les crimes de quelques uns ? Et si on faisait ça à toutes les communautés où il existe des délinquants, n’allait-on pas finir, à force d’amalgames, par vouloir supprimer tout le monde ?

 

Bien sûr, mes arguments ne portaient pas, et ils n’avaient aucune chance de porter. On ne convainc pas un convaincu du contraire aussi facilement : mon contradicteur me répondit qu’ils n’avaient qu’à respecter la Loi, et qu’il serait ravi de voir punis tous ceux qui ne la respectent pas, que les lois n’étaient pas assez contraignantes, et qu’il fallait aller encore plus loin. Alors ce ne sont pas les roms qui étaient en cause, mais bien les délinquants, n’est-ce pas ? Peut-être bien, mais au lieu de les retirer de sa liste, ce dernier était plutôt prêt à l’allonger….

 

Alors je m’embarquai sur la responsabilité de la société, qui entrainait inévitablement à la course à l’argent, et donc à tous les moyens pour en acquérir ; à la notion culturelle du bien et du mal qui différait selon les populations ; au double jeu du gouvernement qui d’un côté donnait de l’argent aux roms pour qu’ils s’en aillent tout en sachant très bien qu’ils reviendraient, ajoutant à la défiance du peuple en crise une jalousie sur l’injustice des sommes qu’eux-mêmes ne reçoivent pas.

 

Bien sûr toute cette discussion était interminable, et si embrouillée qu’elle ne pouvait mener nulle part. Mon contradicteur ne me convaincrait pas, et je ne le convaincrai pas non plus. Dialogue de sourd ultime qui trouve ses bases dans l’incompréhension originelle qui sépare les deux sortes d’hommes qui existent : ceux qui croient que l’homme est naturellement bon et que le système le pervertit, et ceux qui croient que l’homme est naturellement mauvais et que le système doit le recadrer. Une vaste discussion impossible à résoudre autrement que par des détours interminables entre histoire, philosophie, sociologie, politique…

 

Comment, en effet, sortir d’une discussion comme celle-là en disant « ah oui, j’ai compris! », comme une fulgurance, une illumination ? Ce serait remettre en cause toute sa vie, toutes ses croyances, toutes ses amitiés, tout son être en définitive.Alors qu’il est si simple de rester persuadé de son opinion sans même penser qu’il est possible de changer….

Mais il existe pourtant bien une relation évidente et incontestable entre la misère et la violence ! Et quand la misère augmente, la violence aussi. Comme le démontrait déjà le Raphaël de « L’Utopie » (de Thomas More) à propos de la pendaison des voleurs (au 16ème siècle!), la délinquance est le résultat de la politique du pouvoir en place, qui préfère satisfaire son profit plutôt que celui de son peuple, appauvri et délaissé par ceux qui en ont la charge : « en effet, vous laissez donner le plus mauvais pli et gâter peu à peu les caractères depuis la petite enfance, et vous punissez des adultes pour des crimes dont ils portent dès leurs premières années la promesse assurée. Que faites-vous d’autre, je vous le demande, que de fabriquer vous-mêmes les voleurs que vous pendez ensuite ? »

 

Un peu plus tard, je rencontrai un autre ami, à qui je confiais mon désespoir, mon indignation devant tant d’incompréhension : comment mon contradicteur pouvait-il à ce point être victime d’une propagande si grossière et si voyante ? Ne voyait-il pas que l’on était en train d’abuser de ses sentiments, en lui mettant chaque jour en pleine lumière des faits divers sordides (mais heureusement rares), en lui indiquant un ennemi capable de l’entraîner vers la haine des autres, ne connaissait-il pas tous les malheurs que ces techniques de conditionnement avaient déjà engendré, ne comprenait-il pas le jeu des puissants qui veulent détourner l’attention de leurs échecs en désignant d’autres coupables ?

 

Non, il ne pouvait pas comprendre. Il n’a pas, n’a plus la volonté de comprendre. Cela lui ferait trop mal, et remettrait trop de choses en cause sur sa vision du monde. Il risquerait de voir que le pouvoir se moque de nous depuis trop longtemps, et que le seul moyen qu’il a trouvé pour le conserver sans risque est de diviser des hommes appauvris, afin qu’ils se battent entre eux, au lieu de se battre contre ceux qui les ont rendu misérables ; ce que Thomas More avait compris il y a bien longtemps déjà : « quant à croire que la misère du peuple soit une garantie de sûreté et de paix, l’expérience prouve assez que c’est la plus grande des erreurs. Où y a-t-il plus de bagarres que parmi les mendiants ? Qui est le plus empressé à bouleverser l’état des choses existant, sinon celui qui est mécontent de son lot ? Qui s’élance plus témérairement dans la voie de la révolution que celui qui n’a rien à perdre et qui espère gagner au changement ? Un roi qui serait méprisé et haï de son peuple au point de ne pouvoir tenir ses sujets en respect que par des rigueurs, des extorsions, des confiscations, un roi qui les réduirait à mendier, mieux vaudrait pour lui abdiquer tout d’un coup que d’user de procédés qui lui gardent peut-être la couronne, mais qui lui enlèvent sa grandeur, car la dignité royale consiste à régner sur des gens prospères et heureux, non sur des mendiants. »

 

Enfin, mon ami finit tout de même par mettre un terme à mes réflexions, et les éclaira d’un jour nouveau, en exprimant simplement la vérité des choses : on ne convainc pas un convaincu par des mots, ni par des raisonnements. Mais par la réalité. Pour comprendre l’inconnu, l’autre, il faut le découvrir, le côtoyer…le connaître. Alors il ne sera plus un inconnu, et ne fera donc plus peur.

 

Caleb Irri

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nouvelles règles du jeu : ma réponse à François Leclerc

Posté par calebirri le 23 août 2010

 

monsieur,

 

c’est avec un très grand plaisir que j’ai lu votre dernier article, dans lequel vous réussissez à sortir de l’analyse pour passer à la proposition. En effet, j’imagine que votre position n’était plus vraiment tenable, et il était évident qu’à force d’étudier les incohérences du « règlement » de cette crise vous tomberiez sur votre vérité, que vous avez enfin proposé à la lecture publique… je vous en remercie.

 

Je voudrais vous faire part de mon avis sur ces propositions, qui bien qu’insignifiant, compte beaucoup pour moi!

 

Tout d’abord, je dois dire que je suis totalement abasourdi par votre point numéro1, qui inscrit le partage au dessus de la propriété… c’est un idéal qui m’est cher. Cependant, je ne trouve pas forcément de contradiction entre la propriété et le partage, au moins dans un cadre précis : celui de l’opulence. En effet, l’opulence peut permettre à ces deux notions d’exister conjointement : l’opulence permet le partage comme règle générale, tandis que les différences naturelles qui existent entre les hommes lui font désirer la propriété ; mais l’opulence permet de la valoriser autrement que par un moyen d’échange. Dans ce cadre ce qui est de valeur pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre, et en réalité sans correspondance financière la valeur n’est que ressentie : comme le doudou d’un enfant, pourtant identique à des milliers d’autres, qui ne se confondra jamais avec les autres milliers.

 

Au sujet de votre deuxième point, je suis là aussi tout à fait d’accord avec votre vision du travail. Compte tenu des avancées techniques existantes, et à venir, il est fortement plausible qu’en divisant mieux nous soyons en capacité de travailler moins, moins longtemps et mieux. La technologie pourrait nous permettre de nous séparer de certaines tâches pénibles, mais il faut à mon avis pour cela faire une chose que vous ne semblez pas prêt à accepter : se séparer de l’argent. D’une part parce qu’en de nombreux cas l’avancée technique est conditionnée par la rentabilité (on connaît la technologie mais l’appliquer ferait trop de dégâts sur l’emploi), et d’une autre que la concurrence économique corrélée à la nécessité de sauvegarder l’emploi pousse à la délocalisation, la baisse des salaires, l’exploitation. La « bolsa familia » est peut-être une bonne technique dans le cadre du capitalisme, mais elle nuit au caractère volontaire de la conception du travail, qui ne doit pas être contraint mais désiré. Le paternalisme est infantilisant, alors que l’éducation doit élever, libérer, rendre indépendant.

 

Pour le troisième point, pourquoi ne pas aller plus loin ? À partir du moment où est accepté le partage des ressources, il peut être considéré que le capitalisme n’a plus de raison d’être. Chacun se trouvant en droit de réclamer le minimum vital, on se trouverait vite en position d’affamer les besoins de dividendes de nos affameurs, et de faire ainsi cesser la course au profits, course qui accapare et détruit ces ressources. En agissant ainsi, en supprimant l’argent, nous supprimerons aussi la surexploitation, la surproduction et la surconsommation : notre lot minimum se trouvera donc à terme augmenté car notre planète mieux protégée.

 

C’est au quatrième point que votre raisonnement se trouve en contradiction avec votre volonté : il n’est pas possible de tenir compte des besoins de la société dans le cadre du capitalisme, car c’est lui qui les crée. D’ailleurs, vous employez vous-mêmes ici le terme « échange » et non plus celui de « partage ». s’il faut faire correspondre les besoins avec les ressources, ce n’est pas par l’échange qu’il est possible de le faire, car cela implique une valeur fixée pour l’effectuer : et donc une loi de marché, la concurrence, le bénéfice, la rareté, l’obsolescence des produits, enfin l’injustice actuelle.

 

Pour finir, votre dernier point exprime votre volonté de démocratie, qui ne peut effectivement s’atteindre par « l’auto-organisation », c’est à dire le contraire du régime actuel qui organise pour nous ce qu’il croit (ou veut nous faire croire) bon de faire. Cette sorte de démocratie que vous semblez appeler de vos vœux est aujourd’hui possible, car les techniques actuelles permettent de toucher tous les individus de cette planète en un instant, et de leur indiquer à la fois les besoins dans leur globalité, et les ressources disponibles. Ce n’est plus de pouvoir qu’il s’agit donc, mais effectivement d’organisation. Mais le fait que ces potentialités ne soient pas mises en oeuvre est, là aussi, le résultat du capitalisme : le jour où les technologies seront accessibles à tous, où les ressources seront partagées au lieu d’être échangées, où la valeur ne sera plus extrinsèque mais intrinsèque, nous n’aurons plus besoin d’un pouvoir pour nous exploiter, mais nous saurons bien nous organiser nous-mêmes.

 

Caleb Irri

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par dessus la constitution

Posté par calebirri le 22 août 2010

La constitution est le texte fondateur d’un régime, qui explique au peuple les droits et les devoirs auxquels il est assujetti, et qui doit servir de base à toutes les lois qui seront promulguées sous sa référence supérieure. C’est un texte assez élaboré, mais qui se veut pourtant simple et aisément compréhensible. Comme je l’ai écrit ailleurs, le temps a transformé sa substance pour permettre les déviances que l’on connaît actuellement, et ce texte peut aujourd’hui vouloir dire le contraire de ce qu’il était censé défendre à l’origine… origine qui se trouve dans un texte antérieur et supérieur, j’ai nommé « la déclaration des droits de l’homme et du citoyen ».

 

ce texte est un des joyaux de l’histoire de l’humanité, et sert de référence, plus de 200 ans après sa rédaction, à toutes les institutions se voulant démocrates, c’est à dire émanant du peuple.

Ce texte est court, consultable à loisir, et se trouve donc être à l’origine de constitutions établies dans de nombreux pays.

 

Quand j’évoque la possibilité de réécrire une nouvelle constitution, je suis confondu devant l’ampleur de la tâche, qui nécessiterait la participation de nombreuses compétences, de nombreuses bonnes volontés, de nombreuses heures de travail acharné… et puis je retombe alors sur cette constatation : même avec une constitution valable comme le semble l’être celle de la France, les choses arrivent à mal tourner, et elle permet trop de déviances pour être juste et infaillible.

 

Alors je retourne en arrière, et retombe sur le texte d’origine, cette fameuse déclaration des droits de l’homme : puisque la constitution qui en découle n’est pas bonne, alors peut-être vaudrait-il mieux changer, transformer, modifier, inventer un autre texte, une nouvelle fondation sur laquelle viendraient se fixer de nouvelles constitutions, plus aptes à rendre possible ce que chacun d’entre nous désire obtenir de la société : le bonheur.

 

Il pourrait être organisé, ici ou ailleurs, une sorte de « forum » participatif, dans lequel des individus, ou des groupes d’individus, proposeraient la rédaction de nouvelles « déclaration des droits de l’homme et du citoyen », plus en accord avec notre temps, avec nos désirs. Les proposer aux votes de tous et tenter de réfléchir à ce qui, aujourd’hui, serait pour nous la base d’une société plus juste et plus libre, plus apte à fonder une nouvelle constitution. Et en changeant le texte primordial, fondateur, nous changeons tout ce qui s’ensuit.

 

Je propose donc, pour commencer, en guise d’exemple, le petit jeu auquel je me suis soumis rapidement, à partir du texte originel : les changements que j’y ai apportés sont en gras.

J’en tenterai un plus abouti lorsque j’aurai plus de temps pour mettre cela en forme, mais en attendant, n’hésitez pas : on peut tout recommencer, cela ne dépend que des limites de notre imagination!
 

 

Les Représentants du Peuple humain, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’argent est la seule cause des malheurs publics et que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les effets de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits ; afin que les actes des citoyens, rassemblés en une seule humanité et libérés de l’argent qui corrompt, s’accomplissent selon leur véritable nature, le partage ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au bonheur de tous. En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen.

Article premier

Les hommes naissent et demeurent fragiles et différents. Il ne peut donc exister aucune distinction sociale.

Article II

Le but de tous est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

Article III

Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans genre humain. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

Article IV

La liberté consiste à vouloir faire tout ce qui est bon pour autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par l’amour des autres qui seul satisfait le sien propre.

Article V

La Loi n’est valable que tant qu’elle est juste et infaillible. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas. Cependant, elle autorise tout ce qui est fait dans le respect de l’article IV

Article VI

La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement à sa formation. Elle doit être différente pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant différents et uniques à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur volonté, et sans autre restriction que celle du bien commun.

Article VII

Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu : il doit être entendu, écouté et compris, puis pardonné. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres contraires à l’intérêt général doivent être convaincus de leur erreur ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit écouter, car sinon il se rend coupable par lâcheté.

Article VIII

La Loi ne doit établir que des peines strictement éducatives et non obligatoires, et nul ne peut être puni physiquement, en vertu du principe que la peine justifie le crime.

Article IX

Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il s’en est jugé lui-même ainsi. Les victimes ou leurs proches, qui voudraient réparation, peuvent le faire à condition d’un accord commun des deux parties.

Article X

Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, surtout religieuses et philosophiques.

Article XI

La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, tant qu’il le désire. Il se met en situation d’être moqué ou suivi.

Article XII

La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen ne nécessite pas de force publique, mais du travail et de l’éducation. L’éducation doit donc être instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

Article XIII

Pour l’entretien de l’éducation et de la société dans sa vie commune, une contribution commune est indispensable. Elle doit être répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs volontés ou possibilités, et uniquement en nature.

Article XIV

Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes, la nécessité de partage de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer le don et les efforts à fournir.

Article XV

La Société a le devoir d’établir au mieux les besoins et les ressources, afin d’organiser le partage nécessaire à la bonne qualité de vie matérielle souhaitée par les citoyens.

Article XVI

Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni l’absence de pouvoir établie, n’a point de Constitution.

Article XVII

La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, même s’il n’offre rien à la Société. Le minimum doit pouvoir lui être offert comme symbole de la bonne volonté de la Société, au nom du droit à la vie et à la différence, comme une leçon éducative lui étant ainsi proposée.

 

 

Caleb Irri

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guerre internet

Posté par calebirri le 21 août 2010

il y a eu Hadopi, et il y aura ACTA. Mais la guerre pour le contrôle d’internet ne fait que commencer. Cela fait plusieurs semaines que de petites informations, assez anodines au premier abord, s’accumulent dans mon esprit pour parvenir à cette évidence. Cela pourrait paraître sonner pour beaucoup comme une mauvaise nouvelle, mais mon optimisme inébranlable me fait trouver cette évidence assez positive…Moi qui croyait que la bataille était déjà perdue, je m’aperçois qu’elle ne fait que débuter, et qu’il est donc possible de se battre encore.

 

Regardez les formidables mobilisations qui se sont faites au grand jour pour lutter contre Hadopi, contre ACTA, et imaginez toutes celles qui se font discrètement, et dont on n’entend que quelques échos résonnant ici où là : d’un côté la censure avance, mais de l’autre les résistants inventent, imaginent, conçoivent peu à peu tous les maillons d’une chaîne capable, si elle aboutissait, de se passer à terme des circuits financiers (qui rendent dépendants), circuits qui sont utilisés par les gouvernements pour contrôler toutes les communications. Car s’il est un dernier bastion à conquérir pour toute dictature désirant s’installer, internet est le dernier où se trouve encore autorisée la libre expression. Les gouvernements de tous bords l’ont bien compris, et ce n’est pas pour rien que les meilleurs techniciens sont employés à la traque sur internet, et que l’on emploie des Hackers à grands renforts de gros salaires pour se les mettre de leur côté.

 

Cette guerre de l’information, dont le but est de rendre internet semblable à une avenue remplie de caméras et de mouchards, montre bien la confiance que les Etats entretiennent entre eux, à tel point que les opérateurs nationaux espèrent pouvoir fermer leurs réseaux sur l’international sous des prétextes de sécurité fallacieux. En même temps que les Etats se referment sur eux-mêmes en fermant leurs frontières, ils tentent évidemment aussi de refermer les frontières virtuelles, qui sont susceptibles de nuire au nationalisme qui se met en place dans de nombreux pays.

 

À partir du moment ou un gouvernement désire changer de régime, il doit pouvoir fermer son territoire pour éviter les témoignages désobligeants, pour empêcher les rassemblements solidaires, pour stopper l’arrivée d’idées libertaires, bloquer les communications, contrôler l’information. Il veut avoir la possibilité de surveiller, de contrôler, d’interdire l’utilisation de ces nouvelles technologies, comme en profitant par exemple des failles de sécurité trouvées sur les appareils (comme sur le iphone).

 

C’est dans le but de fermer ces frontières que les législations les plus contraignantes vont être votées, car les technologies sont sans cesse améliorées, et des failles toujours trouvées. Alors que des petits malins trouvent le moyen de transformer leur ipod en iphone, d’autres aujourd’hui parviennent à se débarrasser des traceurs géographiques que sont aussi les serveurs, puisque basés sur un territoire. C’est un espoir inestimable que ces gens devraient susciter, et nous devrions les soutenir avec beaucoup plus de force. Car s’ils arrivent à se libérer des contraintes législatives et techniques, s’ils arrivent à se libérer de l’argent (open source), alors il seront en mesure de laisser une fenêtre entrouverte sur le monde, même dans les moments les plus sombres et les plus lourds qui nous attendent. S’il devenait possible à tout un chacun de se libérer des fournisseurs d’accès (en créant leurs propres réseaux, leurs propres relais), de leur opérateur et de l’hégémonie des grandes firmes, alors les dictateurs de tous poils auraient du soucis à se faire.

 

C’est pour cela qu’il faut que les internautes souhaitant rester libres se rassemblent au sein d’une sorte « d’internationale du web », afin de protéger tous ensemble le seul lieu de liberté d’expression qui nous reste. Sauvegardons notre histoire sur nos propres archives, créons les possibilités de pouvoir résister, communiquer, imaginons ce qu’il nous reste comme chemin à parcourir, et allons-y : internautes de tous les pays, unissez-vous!

 

Caleb Irri

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logique et raison

Posté par calebirri le 17 août 2010

la logique est un système de pensée basé sur le raisonnement, dans le but de satisfaire à une argumentation. Les limites de ce système sont évidemment dépendantes de celles de la raison, et donc par extension de celles du contexte philosophique, culturel, religieux, moral, politique, juridique, historique, géographique, scientifique, enfin tout ce qui concoure à la formation de cette raison. Je ne vais pas m’attarder ici sur la définition de la raison, qui on l’aura compris possède presque autant de définitions qu’il y a d’individus, et défendre mon point de vue ne serait pas raisonnable…

 

Mais il n’en demeure pas moins que la raison est pour chacun un concept positif, et ce malgré la multitude de sens qu’elle peut avoir, c’est à dire même au cas où elle signifie pour certains le contraire de la raison, ou son absence. Cela signifie donc que les hommes sont tous, d’instinct si j’osais, d’une manière ou d’une autre doués de raison, et donc susceptibles d’atteindre aux mystères de la logique.

 

Par exemple, il peut être logique pour certains d’expulser les roms des camps illégalement occupés, car leur raison les incite à respecter les lois, qui interdisent de violer la propriété. Mais pour d’autres, il semble tout aussi logique de les laisser s’installer sur des places données ou prêtées par l’administration, ou de faire modifier les lois pour qu’ils puissent s’installer dans certains lieux prévus à cet effet. Les deux propositions étant toutes aussi raisonnables, et logiques.

Par contre, et même s’il est tout à fait logique (du point de vue juridique)de vouloir expulser les roms installés illégalement, cela est-il pour autant raisonnable, sachant que d’un pays à l’autre ces « gens du voyage » se déplacent « de par le fait », et ne veulent ni ne peuvent prétendre à aucune installation nulle part ?

Et est-il logique, dans le cas où on leur proposerait raisonnablement de s’installer dans un lieu fixe (c’est à dire en payant eau et électricité, impôts locaux et taxes diverses), de continuer à les appeler « gens du voyage »? est-il logique d’exiger d’eux des papiers en règle pour régulariser leur situation, régularisation qui passe par la recherche d’un emploi stable et d’un lieu d’habitation fixe, deux conditions qui ne sont possibles à satisfaire qu’une fois régularisés ?

 

Face à ces contradictions, la logique et la raison vacillent, mais cela est tout à fait normal : ces apparents paradoxes sont aisément explicables, car ils sont le résultat de la complexité humaine, complexité qui oppose deux logiques, deux raisons opposées et toutes deux unies dans l’homme : selon que l’on réfléchit en terme d’intérêt individuel ou en terme d’intérêt collectif, deux raisonnements sont également acceptables, en ce sens qu’ils sont tous deux aussi logiques.

 

Ainsi il est logique que les pauvres meurent de faim d’un point certain point de vue, car la raison explique que la rareté pousse à la concurrence, et que seuls les meilleurs réussiront à survivre, comme une sorte de sélection naturelle. D’un autre point de vue, on peut considérer qu’il est illogique que les pauvres meurent de faim, car ils n’ont rien fait pour le mériter. Victimes de leur contexte mais frères d’humanité, ils devraient se voir offrir la possibilité de vivre décemment, au nom des principes d’entraide et de partage qui fondent la différence fondamentale entre le règne de la nature et la condition humaine. Cela signifie que si nous nous plaçons du point de vue de l’intérêt collectif, notre raison nous pousse à vouloir de la justice ; mais du point de vue de l’intérêt individuel, notre raison nous indique qu’il faut des plus faibles pour qu’il y ait des plus forts.

 

Malheureusement, et depuis l’apparition du capitalisme, certains économistes ont voulu réconcilier nos deux natures en s’emparant d’un des plus gros mensonges de l’Histoire, la fameuse « main invisible » d’Adam Smith, qui théoriquement affirme que la somme des intérêts individuels concoure à l’intérêt général. Comme si devenir égoïstes et individualiste était le moyen le plus sûr de faire un partage juste, comme si la morale se réconciliait enfin avec l’amoral, nos gouvernants se sont emparés de cette supercherie pour nous donner une raison supérieure aux contradictions humaines : celle de la logique financière, l’argent. Le culte de l’argent, le conditionnement à la société de consommation, la propagande éhontée servie sur les bienfaits d’un individualisme qui servirait l’intérêt collectif ont si bien servi leurs défenseurs qu’aujourd’hui il devient difficile de penser, de raisonner autrement que selon les critères de cette raison supérieure, de cette logique implacable qu’est le capitalisme.

 

Mais si l’Afrique est pauvre, c’est parce qu’elle n’est pas rentrée dans l’histoire, ou parce qu’on a tout fait pour l’en empêcher? Si les attentats sont chaque jour plus nombreux en Afghanistan et en Irak, s’arrêteraient-ils si à la place on aidait financièrement ces pays au lieu de piller leurs ressources ?

Et si au lieu de les aider financièrement, on les aidait à ne plus avoir besoin de notre argent ?

 

Nous sommes tous tellement conditionnés par notre manière de penser que nous nous sommes enfermés dans une logique qui n’est acceptable que parce qu’elle fonctionne dans le cadre d’une raison supérieure inculquée, et qui est pour le moins sujette à caution : les résultats sont visibles au présent. Mais si nous sortons de ce cadre et partons du point de vue inverse, c’est à dire que l’intérêt général doit permettre la satisfaction de l’intérêt individuel, alors les possibilités d’accorder sa raison avec la logique nous sont offertes : il n’est pas logique que des enfants meurent de faim quand quelques hommes se croyant raisonnables les affament, même logiquement. Il n’est pas logique que des communautés entières soient stigmatisées pour leur couleur de peau, leur sexualité ou leur mode de vie. Il n’est pas logique que sous des prétextes fatalistes on se soumette au système capitaliste qui nous exploite. Il n’est pas logique qu’on laisse, depuis des siècles, des hommes avides de pouvoir et d’argent nous diriger, surtout lorsqu’ils nous prennent notre argent et exercent leur pouvoir contre nous.

 

En supprimant le conditionnement qui nous force à une logique individualiste, tout devient alors possible : il devient logique de nourrir tout le monde sans distinction, de respecter notre planète, nos cultures et nos différences, il devient logique de partager les connaissances, les ressources,les techniques et les technologies. Il devient alors illogique de vouloir se battre pour être le plus riche, ou le plus fort. Illogique aussi d’accepter de choisir la couleur des chaînes, alors que nous pourrions nous en passer.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr

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