le retournement du capitalisme

Posté par calebirri le 27 juin 2010

Ce week-end a lieu une réunion internationale d’importance, le G20. les chefs d’Etat ou de gouvernements de 20 pays vont discuter ensemble de la crise actuelle, et tâcheront d’apporter des réponses à ceux qui réclament le retour de la croissance. Bien entendu, un G8 se déroulera préalablement, la veille, afin de définir ensemble ce que les chefs des 8 plus « grands » pays décideront de proposer aux « petits ».

Il se peut que le discours de clôture soit déjà rédigé, et il est certain qu’une nouvelle fois des mesures fortes mais hypothétiques seront envisagées, tandis que des mesures moins sensationnelles seront réellement prises, et dont on ne découvrira les injustes effets que plus tard… enfin dans l’ensemble pas grand chose de nouveau.
Car il faut avouer que la situation n’est pas simple : les pays émergents, dont la future puissance ne fait plus de doute pour personne, ne seront sans doute pas d’accord pour réformer un système qui commence seulement à leur servir. Et c’est d’ailleurs de cela que toutes les tensions proviennent. A force de délocalisations, de recherches du moindre coût, d’optimisation et de rentabilité, les pays dits « développés » ont eux-mêmes créé le monstre dont ils sont aujourd’hui victimes. Ils semblent découvrir les lois du capitalisme, ainsi que les failles de celui-ci, au moment où la roue commence à tourner. Comme s’ils n’avaient pas imaginé que la mondialisation allait les engloutir, et que le libre-échange, qu’ils réclamaient pourtant, allait finir par abaisser leur compétitivité face aux autres pays. En assouplissant sans cesse les règles commerciales internationales, les anciens pays dominés pouvaient certes offrir de la main d’oeuvre et des coûts de production très bas, mais inévitablement aussi allaient engranger technologie, savoir-faire et surtout argent. Et plus le temps passerait, plus l’argent resterait là-bas. Si bien qu’aujourd’hui les pays émergents se trouvent en position d’avancer socialement, et économiquement : ceux sont eux les futurs « grands ».

Face à ce danger qu’auraient dû prévoir les armées de conseillers politiques et économiques au service de l’Etat (et payées par le peuple), la seule réaction de nos gouvernants à été dans un premier temps de sauver les banques en endettant ses peuples sur plusieurs générations, de laisser en place les responsables de la crise comme ceux qui ne l’avaient pas vu venir, et ils en viennent même aujourd’hui à exiger de la part des peuples qu’ils ont trahi un effort supplémentaire (c’est à dire de supprimer un à un tous les acquis sociaux) !  Les mesures prises pour faire repartir la croissance sont sinon injustes, au moins inefficaces, et tout semble être fait en dépit du bon sens. Les seules actions concrètes, rédigées et appliquées avec une urgence suspecte, sont la mise en place d’une législation  injuste et répressive, ainsi que l’augmentation continuelle des prix….

On devrait s’étonner (sinon être révolté) de voir à quel point les gouvernements des pays les plus en crise semblent sourds aux appels du réalisme, même économique : les peuples sont prêts à leur accorder leur aide, mais exigent un minimum d’équité, et on la leur refuse ! Les grandes entreprises, les banques, les riches ne veulent rien lâcher, et continuent comme avant, tête baissée. Mais comment ne pas s’apercevoir qu’en continuant ainsi à mépriser leurs propres peuples, ils finiront par engendrer la révolte, et qu’en proposant de changer les règles du jeu une fois qu’elles ne les servent plus, ils s’attireront les foudres de ces pays désormais puissants ?

Non, je ne peux pas croire que nos gouvernants, avec leurs myriades de conseillers, de services de renseignements, de spécialistes scientifiques, n’aient pas réussi à voir ce qui allait se produire. Je n’y crois pas, car il est impossible pour nos gouvernants de travailler contre leur propre intérêt. Et leur intérêt, c’est justement de se servir de cette crise pour conserver leur position dominante au sein de l’échiquier mondial. Car s’ils laissent courir le système de manière « automatique », alors les pays « développés » d’aujourd’hui seront demain à la place des pays dits « émergents », tandis que ces derniers auront bel et bien émergé. Et s’ils comptent résoudre la crise par des mesures touchant à l’économie de certaines grandes puissances, alors ils se les mettront à dos. Et pendant ce temps-là, le peuple gronde. Ce n’est pas précisément cela qui les affecte, mais plutôt le fait que les échéances électorales finissent toujours par arriver, et le temps presse. Mais quand les mots ne suffisent pas, il y a l’argent, et lorsque l’argent lui-même ne suffit plus, alors il y a la guerre… et tout le monde sait que la guerre, cela fait repartir l’économie. Et c’est bien de cela qu’il s’agit : car plutôt que de laisser la domination changer de mains, les dominants actuels (ainsi que leurs peuples, qui refuseront d’abaisser leur niveau de vie) préfèreront se battre.

Tout ceci, paradoxalement, semble bien éloigné des considérations capitalistes, mais ce n’est pas par hasard : c’est que le capitalisme n’est que le résultat de la volonté des hommes, et plus particulièrement de ceux qui les dirigent. C’est la politique qui décide qu’il est juste que les riches exploitent les pauvres, et qui nous fait accepter que nos pays s’accaparent la majorité des ressources et les gâchent, tandis que d’autres pays, plus grands et plus pauvres, n’ont pas suffisamment à manger. C’est la politique qui se sert du capitalisme pour nous asservir, et nous abrutir avec sa propagande. C’est la politique qui décide des lois injustes, et qui décide de fabriquer des armes. L’argent n’est un problème que pour ceux qui n’en n’ont pas. Pour ceux qui en ont, il existe quelque chose de plus fort, et qui vaut plus que la vie : le pouvoir.
C’est donc à un véritable changement de paradigme que se préparent nos gouvernants actuels, pour lutter contre ce « retournement » du capitalisme. L’enjeu de ce changement est de conserver la position dominante des pays qui dirigent actuellement le monde, et c’est donc à un jeu de dupes auquel participent actuellement les dirigeants de notre belle planète. Le capitalisme n’étant plus capable de protéger le pouvoir des puissants, la politique est en passe de reprendre la main. Pendant que les économistes s’acharnent à trouver des solutions capables de faire repartir la croissance, les politiques s’acharnent, eux, à voir plus loin : ils ne veulent ni protéger le capitalisme ni le niveau de vie de leurs peuples, mais seulement leur pouvoir. Et la seule force qu’ils possèdent encore est la puissance militaire.

Ensuite, et face à ce retournement qu’on pourrait considérer comme « juste » d’un point de vue moral (et oui, chacun son tour !), nos dirigeants ont besoin d’obtenir la légitimité d’utiliser les armes. Il faut pour cela pousser les peuples à un point de rupture, c’est à dire à une tension si forte que seule une crise économique d’envergure peut permettre de créer. Cela implique la définition, la création d’un ennemi extérieur pour rassembler les haines, et d’un ennemi intérieur pour justifier la puissance de l’ennemi extérieur. Et il faut également un renforcement sécuritaire (justice, contrôle, surveillance), cette fois-ci justifié par la présence de l’ennemi intérieur. Ainsi les peuples, au lieu d’envisager ce retournement du capitalisme comme une chance de parvenir à un équilibre plus juste pour le monde, verront dans celui-ci une attaque injuste contre leur « civilisation en danger ». Forts des arguments avancés par ceux qui ne désirent que le pouvoir, ils préfèreront conserver l’injustice de ce monde (avec ses privilèges pour les vainqueurs), que de remettre en cause les dirigeants qui les ont conduit à la perpétuer.

Pourtant, ils auront perdu doublement dans cette affaire : car d’une part ils auront abandonné beaucoup de leur liberté, et d’une autre ils auront empêché les autres d’y accéder. Les seuls gagnants seront ceux qui trichent, mentent, tuent et volent : les tyrans, ceux qui nous font croire depuis toujours que l’injustice est naturelle, et que nous ne sommes que des animaux, incapables de se détacher de notre animalité pour devenir, enfin, des hommes qui partagent au lieu de se voler.

 

Caleb Irri

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La religion au service du pouvoir

Posté par calebirri le 21 juin 2010

Quand j’évoque le sujet de la gratuité, la discussion finit toujours par aborder un thème sensible, la méchanceté naturelle de l’homme, incapable de se motiver pour autre chose que pour lui-même. L’homme serait intrinsèquement vil, et il est impossible de le motiver à quoi que ce soit sans la carotte et le bâton, qui sont symbolisés dans certaines sociétés par la récompense ou la punition divine, dans d’autres par la récompense en nature ou le châtiment corporels, et dans les dernières par  la richesse ou la pauvreté.

Ces trois manières de penser peuvent se juxtaposer, s’interpénétrer, mais ont toutes en commun le fait d’appartenir à un système de jugement des actes humains à caractère divin, que la justice des hommes soit ou non consciemment considérée comme telle, ou que celle du matérialisme le soit également, au travers du dieu « argent »

Mais que l’on soit d’accord ou non avec cette interprétation, il ne fait cependant aucun doute que quel que soit le système utilisé pour faire vivre les hommes en société, un système de « récompense/punition » semble devoir être mis en place, afin donc de corriger les errements naturels de l’homme.

Ce résultat est sans doute celui qu’ont contribué à construire tous les dictateurs de tous temps, car un tel moyen de pression justifiait à la fois leur pouvoir, mais aussi l’apparente injustice dont étaient victimes les hommes. Si un homme venait à « rater sa vie » (peu importent les critères choisis selon les époques ou les lieux), il y avait toujours une raison à cela, bien sûr indépendante de la volonté du gouvernement en place : il n’avait pas suivi les préceptes de la religion, ou ceux de la Loi, ou encore ceux du libre-échange. C’était de sa faute. Son libre-arbitre censé l’éclairer n’avait pas réussi à vaincre ses bas instincts, et ni Dieu, ni le gouvernement, ni le système n’en étaient responsables, malgré toute leur omnipotence et leur omniscience.  Ne pouvant accepter d’être faillibles, la faute ne pouvaient en revenir qu’au diable, ou à la méchanceté intrinsèque de l’être humain.

Mais ce qui est étrange avec les religions, c’est qu’elles semblent toujours finir par servir ceux qui suivent le moins leurs préceptes : l’église prône l’abstinence et la pauvreté, et gagne des fortunes  tout en outrageant la chasteté, les dictateurs prônent l’ordre et la paix, et font la guerre en mettant partout le désordre, les capitalistes favorisent le libre échange, la transparence  et la justice, et ce sont les pires canailles ne respectant aucun des principes édictés que l’on trouve aujourd’hui à la tête de fortunes immenses. Ce serait à se demander si, finalement, Dieu, ou le Marché, le « Tout-puissant », posséde vraiment les qualités dont on l’accable… à moins que ce ne soient que ses interprètes qui, par un subtil renversement de paradigme, sont parvenus à faire entrer l’échec des préceptes dans les préceptes originels : les sept péchés capitaux, par exemple, sont des faiblesses humaines naturelles, voire des plaisirs sains… le nombre incalculable de lois promulguées, transformées, abolies puis remises à jour, soutenues par une seule « nul n’est censé ignorer la loi » implique forcément l’impossibilité d’y parvenir, tout comme le fait de prôner la liberté d’entreprendre sans l’autoriser dans les faits, faute de crédit accordé à celui qui n’a pas déjà entrepris…. l’échec de l’application des préceptes religieux est en réalité inscrit dans ces préceptes, et ce n’est sans doute pas par hasard…. à moins bien sûr que de vouloir confondre le dieu et le diable, le président et le dictateur, le capitaliste et l’esclavagiste…

Après ce constat, la question est celle-là : à quoi servent donc les religions, puisqu’elles établissent des règles qui aboutissent par faire « réussir » les seuls qui les enfreignent ? les pauvres survivant dans la misère espèrent soit un paradis hypothétique pour supporter leur souffrance, soit un coup médiatique pour les sortir de l’anonymat, ou se retrouvent en prison pour avoir tenté d’échapper à la misère avec une combine d’amateur….tandis que les tricheurs, voleurs et menteurs de grande envergure finissent pas vivre somptueusement, ne jamais se faire rattraper par la justice, et se moquent de l’enfer comme du paradis…
C’est comme si les religions avaient été inventées non pas pour apaiser les souffrances des hommes, mais pour les lui donner. Qu’elles soient physiques ou morales, ces souffrances servent un pouvoir qui les exploite, et qui lui offre comme consolation l’un ou l’autre des espoirs qui ne viendront sans doute jamais.
Je ne suis pas le seul à penser ainsi, et on sait trop bien combien de guerres ont été menées, combien d’esclaves ont péri, combien de souffrances ont été supportées par les hommes au nom des religions, quelles qu’elles soient.

Ensuite, il serait bon de s’interroger sur la nécessité des religions… car croire en Dieu ne peut-il pas se faire sans règles ? l’homme a-t-il besoin de se cacher derrière des concepts inatteignables  pour justifier ses exactions ? l’injustice ne peut-elle pas s’assumer au grand jour comme aux temps de l’esclavage ? Non, bien sûr, car ces règles sont dictées par les hommes, et seuls les hommes ont le pouvoir de les changer, ou de les abolir.
Mais si les religions, au lieu de sortir l’homme de sa méchanceté intrinsèque, le rendait méchant pour des raisons économiques et sociales, afin de protéger ceux qui détiennent le pouvoir ? et surtout, et si cela était volontaire et consciemment élaboré par de fins psychologues avides de pouvoir ?

Car le bien et le mal sont des concepts relatifs inventés, définis et décrits par les hommes. Si Dieu existe et qu’il est vraiment tout puissant, alors soit il ne juge pas les actes humains, ni ne les punit, soit il n’autorise pas le mal.
Et si l’homme est mauvais, alors les religions actuelles ne fonctionnent pas, et ne sauraient y arriver. Il faut soit changer nos conceptions, soit accepter et assumer nos contradictions.

Après toute cette digression, comment maintenant envisager un monde où le don serait la règle, sans recourir à la religion ? c’est bien là tout le problème. Car pour inciter les gens à donner sans échanger, à partager sans garder, à travailler sans contrainte, à vivre sans peur, à penser à autrui, il faudrait tout d’abord pouvoir balayer d’un seul coup près de 3000 ans d’Histoire et de religions, pour pouvoir instaurer une nouvelle manière non seulement de concevoir le divin, mais aussi et surtout de voir l’homme d’une façon radicalement opposée à celle qu’on nous inflige depuis toujours. Il faudrait que les hommes prennent conscience de leurs forces et de leurs faiblesses, et prennent la véritable mesure de leur humanité : un amas de contradictions insolubles, une complexité chaotique formant un tout relativement homogène, une création insensée de la nature, à la fois capable d’amour et de haine, de violence et de douceur, une harmonie des contraires. l’Homme n’est ni bon ni mauvais de manière innée, mais son but est de parvenir d’une part à s’améliorer, et d’une autre à transmettre son amour des autres , sa confiance en l’avenir, par le biais de la filiation.

En fin de compte, le pire est qu’on constate que cet homme est bien celui qu’évoquent toutes les religions,  mais par un étrange subterfuge, qui n’a rien de divin, les hommes détenant le pouvoir de nous éclairer sur les messages délivrés font aujourd’hui comme hier, et quelle que soit l’église : ils préfèrent nous indiquer les comportements à suivre plutôt que de nous apprendre à lire, et à comprendre par nous-mêmes pourquoi il faut les suivre. Ainsi, ils y déversent à la place leurs propagandes, et rendent les hommes serviles au lieu de les libérer.

Mais le jour où les hommes auront compris que qu’ils ne sont pas les victimes des Dieux mais celles des hommes, alors ils brûleront tous leurs veaux d’or pour recouvrer leur liberté. Quand ils auront pris conscience qu’en changeant les règles les souffrances peuvent disparaître, alors ils retourneront à leur véritable essence. Car lorsqu’ils auront cessé de croire à leur méchanceté naturelle, ils seront déjà meilleurs. Et la religion sera alors de nouveau au service des hommes.

Caleb Irri

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Vive la grève générale !

Posté par calebirri le 18 juin 2010

S’il y a bien une chose que tout le monde est bien en mesure de comprendre, c’est que le climat social est en train de se détériorer à grande vitesse, et que nos gouvernants, l’opposition, les syndicats et les associations de tous bords et de tous poils sont incapables de faire ou de vouloir autre chose qu’attendre…

Complices des méfaits du gouvernement par leur inaction chronique, par leur inaptitude volontaire à combattre et à rassembler, chaque mouvement, chaque représentant de corps de métier semble incapable de voir plus loin que la défense de sa propre chapelle, et c’est encore en rangs dispersés que vont défiler les différentes victimes de la politique actuelle…. car le gouvernement, lui,  est bien conscient que la division, que la succession des mesures qu’il prend doit être assez espacé et assez flou pour ne pas permettre le rassemblement nécessaire à un mouvement de grande envergure, pour que tous ceux qui sont pourtant victimes -ensemble- de ces mesures soient incapables de comprendre leur intérêt commun à dire « non » tous unis. En faisant des promesses à l’un mais pas à l’autre, puis en inversant les promesses dans l’autre sens, tous espèrent sauver soit leur retraite, soit leur emploi, soit leur pouvoir d’achat…

Mais petit à petit, c’est nous tous qui allons perdre quelque chose, et ce de manière quasiment certaine. Noyés dans la croyance que seules les grandes forces présentes médiatiquement, ou politiquement, sont capables de nous indiquer la marche à suivre, tous les citoyens mécontents attendent désespérément un signe, un mot de la part de leurs « supérieurs » pour agir. Signes et mots qui ne viendront ni ensemble, ni de manière claire, et ce pour une bonne raison : tous ceux qui sont à la tête d’une quelconque force d’opposition sont corrompus non pas seulement par le gouvernement et ses fausses promesses, mais aussi et surtout par leur propre soumission au système capitaliste. Ils ne veulent pas prendre le risque de perdre le peu de pouvoir qu’ils leur reste, et veulent continuer de bénéficier des avantages dont ils disposent dans le système actuel. De la même manière qu’un employé ne va pas se plaindre seul auprès de son employeur de peur de perdre son emploi, alors même que tous les autres employés seraient prêts à le faire si tous y allaient ensemble, tous ceux qui ont le pouvoir de faire bouger les choses ont peur de se retrouver sur la touche au moment où ils s’engageront réellement dans une action contestataire.

La conclusion de tout cela est qu’il ne faut rien attendre de la part de ces derniers, qui sont de façon certaine incapables de satisfaire aux exigences des peuples.
Mais de l’autre côté, les citoyens sont eux aussi coupables de leur propre sort, car ils sont eux aussi dans la croyance que leur propres actions ne sont d’aucune utilité face à un pouvoir trop grand… Ceci est le résultat d’une part de l’illusion créée volontairement par un pouvoir qui n’a en réalité que celui qu’on veut bien lui prêter, et d’une autre part de la force que  sa propagande réussit à lui donner. Si les individus prenaient conscience de leurs capacités à faire bouger les choses, alors demain pourraient se retrouver dans la rue, tous ensemble, les victimes de la politique actuelle, sous un seul mot d’ordre unitaire,  sans bannière politique ni syndicale ou associative : « non, nous ne voulons plus de cette politique ».  Et il existe un nombre incalculable de gens (et ce serait même le parti majoritaire en France) qui seraient ravis de s’émanciper des carcans habituels de politique et de chapelles idéologiques en tous genres pour crier leur déception de ce monde hypocrite, égoïste et partisan.

Alors maintenant, quand on connait les moyens de rassemblement actuels proposés par les réseaux sociaux, les blogs et autres canaux de diffusion, quand on voit à quel point des « apéros géants” et autres futilités sont organisés à la vitesse de l’éclair sur internet, il ne fait aucun doute qu’une grève générale unitaire, massive et sans rattrapage idéologique d’aucune sorte puisse être organisée rapidement.

Il suffit de choisir une date, un lieu, et que tous ceux qui souhaitent cette grève, qui ne peut venir que de nous, citoyens déçus mais volontaires, se passent l’info et rassemblent autour d’eux. La semaine prochaine, le mois prochain, nous pouvons tous cesser d’attendre et agir de concert, unis dans ce qui nous rassemble tous : l’opposition à toute cette politique injuste qui, quelque soit son bord, nous oppresse et nous condamne à vivre demain moins bien qu’hier.

Il faut cesser d’attendre de la part de ceux-là mêmes qui nous ont conduit là où nous en sommes une quelconque aide, et montrer à tous que non seulement nous en avons assez de leur hypocrisie, et qu’en plus nous pouvons très bien nous passer d’eux…

 

Passez-donc ce message, choisissez une date, et faites tourner…. le parti des mécontents est le plus grand parti de France, et nous voulons reprendre le pouvoir, celui de décider par nous-même.

A bonne entendeur,

 

Caleb Irri

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Un mois pour rien ?

Posté par calebirri le 17 juin 2010

Cela fait maintenant un peu plus d’un mois que je suis parti. Un mois sans écrire un seul article, suivant de loin en loin l’actualité, au gré de mon accession au web, seul véritable lien entre « ailleurs » et ici. Là ou j’étais, l’actualité internationale n’était traitée que très succinctement, juste suffisamment pou m’apercevoir que les préoccupations de l’Europe sont très éloignées de celles du pays dans lequel je me trouvais : pour tout dire, là-bas la crise financière, on s’en contrefiche…

J’ai tout de même réussi à me connecter par-ci par-là, aux blogs et sites que je consulte habituellement. J’y ai constaté d’abord que la situation économique et sociale ne s’arrangeait pas (loin de là), mais aussi et surtout que les analyses et commentaires (qu’ils soient politiques, journalistiques ou « citoyens ») continuaient à se complaire dans une critique quotidienne, répétitive, à la fois lassante, inutile et passive…
C’est comme si, en définitive, le monde tel qu’il tourne satisfaisait très bien tout le monde : ceux qui ne sont pas touchés par la crise ne s’en préoccupent pas, et pour les autres en parler suffit amplement, ça fait tourner la machine, et peut-être même cela met du beurre dans les épinards…

Pendant ce temps-là, on sabote les retraites, on laisse le chômage augmenter, les riches continuent de s’enrichir et les pauvres de s’appauvrir… Les scandales, les petites polémiques font vendre les journaux, permettent des discussions enflammées sur les plateaux-télés, donnent du contenu aux brèves de comptoirs, en gros font vendre de la pub, des consommations et… occupent le fameux « temps de cerveau disponible ».

Mais finalement, que s’est-il concrètement passé depuis un mois ? Rien ? Rien à part la continuation des politiques commencées bien avant la crise, celles qui ne font que l’aggraver sans que personne ne se lève pour les faire cesser… Et pour cause, tant que tout ce qui compte dans ce pays, tous ceux qui ont une visibilité médiatique ne comprennent pas, ou font semblant de ne pas comprendre le but de tout ceci, il n’y aura évidemment aucun changement possible, de quelque sorte que ce soit.

Toutes les mesures restrictives concernant les retraites, les salaires et les emplois sont en train d’être mises en place sous couvert de cette crise, et l’idée d’une nouvelle gouvernance européenne, ainsi que celle d’une nouvelle monnaie font petit à petit leur chemin, dans les journaux d’abord, et ensuite dans les esprits….D’opposition réelle à toute cette formidable machinerie il n’y en a point. Rien que des mots. Toujours et seulement la critique, sans proposition ni véritable dénonciation de ce qui se profile à l’horizon. Personne, ni syndicats, ni partis politiques, ni grandes figures indépendantes ne bougent, ni même ne semblent disposés à lever le petit doigt pour défendre la cause des faibles.

Alors voilà ou nous en sommes, un mois après mon dernier article : au même point ou à peu près. L’ennemi avance ses pions doucement, et celui qui se dit son ennemi les fait avancer un peu plus. Peu importe qu’ailleurs le monde tourne d’une autre manière, car tôt ou tard même les nations dont la puissance semble hermétique aux changements de ceux qui dominent effectivement le monde finiront par se faire rattraper.

 

Mais s’il est vrai que je n’ai pas écris d’article durant le mois passé, j’ai beaucoup lu, et beaucoup réfléchi… beaucoup appris. Ce temps de recul sur les évènements, de même que la constatation que j’exprime actuellement, sont loin de m’avoir rangé à l’idée qu’il est impossible de changer les choses, au contraire. Le monde est entièrement à reconstruire, et même si des pans entiers de l’humanité, c’est à dire des centaines de millions de gens, ne sont pas conscients et de leur pouvoir, et  de la nécessité de ces changements, ce n’est pas une raison pour ne pas les vouloir, ni les tenter. Chaque grande époque historique a ses révolutions, et chaque révolution influence le monde de manière irrémédiable. La conscience de l’histoire de l’humanité ne se limite pas à notre pauvre imagination résonnant en siècles, ni en kilomètres carrés, ni en milliards d’habitants,mais en millénaires, en milliers de mondes possibles, en milliards de milliards d’habitants. Et tout ceci ne dépend que de nous, ainsi que de notre capacité à évoluer.

 

les rêves qu’entretenaient nos aînés, qu’ils aient échoués ou partiellement réussi, ont transformé à la fois le monde et la manière de l’envisager. Plus que jamais de nouvelles idées, de nouveaux mouvements doivent être repensés, et mis en place. Les états généraux dont j’ai déjà évoqués la constitution sont un des moyens de réfléchir le monde, et partout se trouvent des gens prêts à participer à une autre aventure. Nous ne rêvons pas d’un monde parfait, mais simplement d’un monde meilleur. Nous ne désirons pas revenir en arrière, mais aller plus loin. Nous ne voulons pas nous laisser diriger sans rien dire, mais décider nous-mêmes.

Les armes économiques sont des armes capitalistes, et c’est le capitalisme qu’il faut vaincre. La violence est l’arme des puissants, et ce sont les puissants qu’il faut vaincre. J’ai bien étudié le mouvement « Zeigeist » dont on me parle régulièrement en réponse à mes propos, et j’ai lu un livre intéressant sur la manière d’entrevoir le futur, « Fondation », d’Isaac Asimov. J’ai lu un ouvrage d’Aldous Huxley, l’auteur du « meilleur des mondes », écrit en 1929 et dans lequel il décrit ses craintes concernant l’avenir, presque toutes réalisées. Je me suis délecté à lire « le roman de monsieur Molière », de Boulgakov, exprimant l’influence d’une personne sur les siècles suivants, ainsi que les réflexions de Dostoievki sur l’existence du mal en chacun de nous, notre lâcheté et notre égoïsme. J’ai lu aussi « la solitude du vainqueur », de Paulo Coelho, constatant la futilité de nos rêves actuels, et la perte de sens concernant nos vies…

Tous ces hommes ont réfléchi le monde à leur manière, et ont en commun de rechercher non pas la vérité sur le monde, mais un sens à donner à l’existence humaine. Tous se ressemblent car, à des époques et en des lieux très différents, avec des cultures, des religions et des opinions très divergentes, ils sont des êtres humains croyant en l’homme, d’une manière ou d’une autre. Et d’une certaine manière, ces gens ont « changé » le monde, en ce sens qu’ils ont changé tous ceux qui les ont lu. Ils n’ont pas attendu que le monde se fasse malgré eux, mais ont tentés de le changer, avec leur coeur, par leur seule existence…et y sont parvenus, puisqu’on les connaît aujourd’hui.

Car en définitive c’est bien le coeur qui compte plus que l’économie, et le monde ne pourra changer que lorsque les hommes auront réappris à écouter leur coeur. Pour cela il faut qu’ils sachent qu’ils en ont un, et qu’il ne peut être ni acheté ni vendu, mais seulement partagé. Des projets comme « Zeigeist » ne sont envisageables qu’à cette condition, et même s’ils sont loin d’être parfaits, ils ont le mérite d’avoir été pensés avec le coeur. De mon côté, les états généraux dont je souhaite la mise en place seront sans doute longs à réunir, mais ils ne seront pas vains : car s’il est bien une chose certaine en ce monde, c’est que le « rien » n’existe pas.

 

Agissons, car nous sommes vivants, et c’est notre seule force.

 

Caleb Irri

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