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la contestation comme soumission

Posté par calebirri le 24 février 2010

Grève chez Philips, chez Total, dans les aéroports, dans les écoles, pour les retraites… tout cela en ordre dispersé, et aussi pour des prunes. Alors qu’on aurait pu imaginer un rassemblement dans les luttes, que beaucoup souhaitent par ailleurs, les syndicats jouent une fois de plus le rôle du « saboteur », en empêchant par leurs volontés contradictoires de mener quoi que ce soit d’organisé, de massif, de constructif.

Le constat est affligeant : l’unité syndicale ne se fait jamais, et les intérêts propres à chaque mouvement nuisent chaque fois aux intérêts collectifs. Le cas de la grève chez Total est symbolique. Quasiment parvenus à renverser le rapport de force entre les autorités et les salariés avec la pénurie annoncée, le gouvernement à réussi, à travers la médiation entre la direction de Total et les syndicats, à retourner la situation en sa faveur ; montrant bien à quel point d’une part les syndicats « roulent » implicitement pour le gouvernement, et d’une autre que les salariés eux-mêmes se fichent bien du sort des autres, chacun prêchant pour sa paroisse. Une fois obtenues les garanties réclamées, c’est bien vite que le sort des salariés de Dunkerque a été scellé : tant pis pour eux !

Mais il ne faut pas trop tirer sur les syndicats, car ils ne sont pas les seuls responsables, pas plus d’ailleurs que les salariés eux-mêmes. On les comprend aisément. Que peuvent ils réclamer d’autre que le sursis ?
En imaginant le pays paralysé par la pénurie d’essence, avec comme exigence par exemple une augmentation de salaires de 10% ou la garantie de la pérennité de leur entreprise sur 30 ans, on aurait vite envoyé l’armée pour régler tout ça ! les exigences de syndicats sont donc bien plus raisonnables, car elles tiennent compte du contexte économique difficile, et sont contraintes à ne pas réclamer plus qu’il n’est possible. Les salariés également.

Ce qui est le plus terrible, c’est de voir qu’inconsciemment, les individus, tous bords politiques confondus, en sont réduits à ne pas exiger l’impossible, car ils savent au fond d’eux-mêmes qu’ils ont déjà perdu la bataille.
Les garanties accordées par Total ne sont que provisoires, et seront remises en cause par n’importe quel moyen (légal bien sûr, il suffit de quelques petites lignes ajoutées ici ou là, ou d’un décret bienvenu…) dès que le besoin s’en fera sentir. Tout le monde le sait bien, et pourtant on s’en contente. Philips gagne un sursis de quelques semaines, et c’est comme une victoire ! les jours de grève remboursés ? on en remercierait presque le patron et l’Etat avec !

Le rapport de forces est définitivement à l’avantage des puissants, qui ont réussi jusqu’à convaincre les faibles de leur faiblesse. Les exemples récents signifient bien la nullité de la contestation. Plus personne ne croit au pouvoir des syndicats, ni en le leur propre: la contestation telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui n’est que résultat de la soumission inconsciente au système. L’argent est encore une fois le moteur de la division entre les faibles eux-mêmes, car il suffit d’en donner un peu à l’un sans en donner à l’autre pour que les liens soient rompus. Au lieu de refuser les garanties pour exiger, par exemple, la continuité de l’activité, sous une forme ou sous une autre, à Dunkerque, ils préfèrent croire qu’ils se protègent en lâchant les autres, et en faisant semblant de croire que les garanties déjà apportées aux salariés de Dunkerque seront tenues.

Comment réaliser l’unité dans ces cas-là ? même la grève générale n’est pas envisagée, et ce malgré toutes les revendications dans presque tous les corps de métiers (à part la finance bien sûr !)… personne n’y croit plus. regardez le résultat de la grève générale en Grèce : même conscients de la force de l’unité, ni syndicats ni citoyens ne sont capables de se projeter dans un mouvement revendicatif commun : celui de vivre mieux.

La grande différence avec les temps passés, c’est qu’à l’époque des grandes grèves qui ont tant fait pour la protection sociale, les citoyens croyaient, à juste titre, en la possibilité d’améliorer leur sort de manière démocratique…et capitaliste. Ils voulaient plus d’argent pour vivre mieux, et ont réussi à l’obtenir. mais aujourd’hui, la situation est différente : on ne croit plus ni à la politique, ni à la démocratie, ni au capitalisme. Aujourd’hui on sait que même si on nous promet tout, l’avenir nous entraîne sur une pente glissante qu’on ne pourra pas remonter. Même si tous s’organisaient pour exiger plus de fonctionnaires, plus de salaire, plus de sécurité sociale, plus d’emplois, le gouvernement n’aurait pour seule réponse que le montant de la dette publique à nous opposer… alors à quoi bon ? mieux vaut, a priori, prendre ce que l’on peut maintenant, et tant pis pour les autres. Cette manière de penser est bien la conséquence de l’acceptation idéologique du capitalisme. Tous ceux qui luttent, à travers les syndicats comme les associations, et jusqu’aux salariés eux-mêmes, peuvent se dire « socialistes », ou simplement de gauche… mais en réalité, ils sont tout simplement capitalistes, et leur seul but est de continuer à participer au fonctionnement de ce système en espérant, comme tout trader ou homme d’affaires de droite, en essayant coûte que coûte de faire du profit, de gagner plus d’argent.

Voilà le véritable problème de la lutte aujourd’hui. Si hier les pauvres se battaient pour obtenir une place au sein de la machine capitaliste, maintenant ils désirent sinon en obtenir une meilleure  au sein de celle-ci, au moins préserver les quelques acquis qu’ils possèdent encore.

J’en veux pour preuve la malignité du gouvernement dans ses réformes, qui a bien compris comment fonctionnaient les « gauchistes » d’aujourd’hui : en supprimant les « privilèges » de certains fonctionnaires par exemple, ils savent que ces derniers seront stigmatisés par le reste des salariés qui, eux, ne disposent pas de ces privilèges. Le jour où une loi sera votée en ce sens, on imagine bien que les salariés du privé ne manifesteront pas aux côtés des salariés du public pour les aider à conserver ces privilèges…. perdre des journées de salaire pour ces « nantis », et puis quoi encore ? nous sommes de gauche, nous !…et ainsi de suite jusqu’à la disparition totale de tous les acquis sociaux, branche par branche… au lieu de revendiquer, eux aussi, les mêmes privilèges (ils savent que ce n’est pas possible), ils préfèreront, par un réflexe tout mathématique, laisser tomber ceux des autres.

L’unité dans la lutte, qu’elle soit syndicale ou non, ne peut être ni réalisée ni utile tant que les individus réfléchiront individuellement, et pour le moindre mal. Elle ne pourra l’être que lorsque leurs rêves capitalistes se seront définitivement écroulés, et qu’ils rêveront d’autre chose.

Elle ne pourra être réalisée que lorsque le peuple aura vraiment compris que le monde fonctionne ainsi non pas malgré eux, mais à cause d’eux. Lorsqu’il aura compris que l’ennemi du pauvre n’est pas l’autre pauvre mais celui qui l’a conduit à la pauvreté. Alors le peuple pourra s’unir contre celui qui en est responsable : le capitalisme. Il ira alors demander des comptes aux banques, aux gouvernants, à tous ceux qui organisent et protègent leur pouvoir par le biais de l’argent qu’ils prennent et qu’ils donnent en alimentant celui-ci. Sur notre dos. En attendant, il nous faut nous soumettre…ou nous remettre à rêver.

 

Caleb Irri

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Publié dans crise, le travail, politique? mensonges, révolution? | 1 Commentaire »

la normalité, ou la volonté?

Posté par calebirri le 23 février 2010

Je suis tombé, l’autre jour, sur une émission traitant de la taille des êtres humains, où étaient interrogés deux parents décidés à traiter leur enfant contre sa petite taille. Petite taille relative d’ailleurs, et qui apparemment n’était en rien pathologique : tout allait très bien chez ce petit. Il semblait juste un peu moqué à l’école, et avait effectivement développé un certain complexe à cet égard. A ce qu’en disaient les parents, ils s’étaient résignés à faire des injections quotidiennes (ou hebdomadaires je ne sais plus) à leur enfant, pour le bien de ce dernier, et à cause de la « méchanceté » de la société. Ainsi, le pauvre petit prenait ses injections avec plaisir, et on voyait les parents lui dire qu’avec ça il grandirait, en espérant lui ôter ainsi ce qui était devenu un handicap.

Quelle stupidité ! ce pauvre gamin, s’étant forgé un complexe par l’obsession de ses parents, se verrait sans doute dans quelques années obsédé par sa taille, et peut-être complexé par les effets des hormones de croissance.

Mais ce n’est pas tout : des parents, au nom de cette « méchanceté » de la société (et sûrement un peu aussi face à leurs propres complexes quand des amis leurs font remarquer que leur petit est plutôt « petit pour son âge »), en viennent à faire naître chez leur enfant une obsession sans résoudre le complexe. Le temps et l’énergie qu’ils dépensent à faire devenir « normal » leur enfant sont sans doute plus importants que ceux qu’ils auraient pu prendre à le décomplexer, et en même temps appuient, renforcent sans arrêt le complexe du petit en lui signifiant bien qu’il n’est pas dans cette « normalité ».

Cette histoire montre bien comment fonctionne la société aujourd’hui : pour un semblant de « normalité », elle est capable de toutes les « anormalités ». au lieu de chercher à régler le problème en l’acceptant de front, elle préfère le garder enfoui tout en s’en créant d’autres en l’enfouissant. la notion de « normalité » est une des réussites du monde capitaliste, car elle rejette la différence source de désordre. On le voit bien avec tous les problèmes actuels de burqa ou de tee-shirt pro-palestiniens : ce qui n’est pas considéré comme normal est au mieux suspect, et au pire coupable. Cette notion est bien pratique pour tout gouvernement, car elle permet de surveiller tout le monde en un seul coup d’oeil : mettez un pull rouge entouré de mille pulls noirs, vous verrez ! Ainsi il est très facile de repérer ce qui est différent. D’autant que, comme dans le cas du petit garçon de l’histoire, les parents ne désirent jamais que leur petit « se fasse remarquer ».

Le pire dans tout ça, c’est que la société agit avec le peuple comme avec les parents avec leur fils : au lieu d’accepter notre relative « anormalité », elle préfère nous faire subir tout au long de notre vie tellement de choses « anormales » que nous finissons par nous ressembler tous. Comme le petit garçon, nous finissons par nous conformer à l’idée qu’on avait de nous, et acceptons de perdre jusqu’à notre propre volonté ; cette perte de volonté propre que nous avons tous en commun, remplacée  par la volonté conditionnée : réussir en étant « normal »…

Pourtant, quand on regarde le parcours de ceux qui ont « réussi », on s’aperçoit que souvent ils n’étaient justement pas « normaux ». Que ce soit dans le « bien » ou dans « le mal », toutes les grandes figures qu’a retenues l’Histoire sont celles dont la volonté a dépassé le conditionnement acceptant leur différence. Ils ont appris à se décomplexer en s’assumant, et on refusé de se soumettre au conditionnement de leur environnement.

Il faut apprendre à nos enfants que leur différence est une chance, et aux adultes qu’ils ont abandonné leurs rêves en devenant semblables. Et il faut aussi leurs apprendre qu’ils sont tous semblables dans leurs différences, en même temps que les adultes sont tous différents malgré leur similitude…cela doit pouvoir ouvrir des perspectives !

Alors peut-être, un jour, n’aurons-nous plus besoin ni d’hormones de croissance, ni de cures de jouvence.

 

Caleb Irri

http://www.calebirri.unblog.fr

Publié dans crise, misère, philo, politique? | 1 Commentaire »

créer, c’est résister

Posté par calebirri le 22 février 2010

Einstein a dit : »Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »  Il avait raison.

Je le vois bien autour de moi : même si une transformation radicale du système semble être le désir de beaucoup, qu’il pleut des critiques fondées sur la manière dont nous sommes gouvernés, personne n’a réellement l’air de prendre la mesure de notre responsabilité collective. La tâche est certainement lourde, mais aussi sans doute moins lourde que celle dont on est en train de charger nos enfants.

J’ai déjà fait quelques « tentatives » d’appel au mouvement, au rassemblement, et à chaque fois me sont opposées (justement d’ailleurs), les difficultés majeures d’une quelconque tentative d’organisation différente. Je suis étonné de constater à quel point le désir de changement est présent, mais aussi à quel scepticisme, à quel manque de volonté il est sujet. Aussitôt une idée lancée, aussitôt elle se trouve confrontée à de tels obstacles que le découragement suit rapidement. D’ailleurs, on le constate aisément au nombre particulièrement faible (ou si peu relayées) de propositions similaires sur la toile, la simple évocation de la possibilité d’une quelconque initiative disparaissant rapidement face à notre désespoir, voire notre lassitude.

Cela veut-il dire que nous devons accepter le futur qui se profile sans rien faire ? que tout est déjà perdu, et qu’il faut se résigner à dire adieu successivement à l’éducation, à l’emploi, au retraites, aux services publics, et jusqu’à la liberté ? cela veut-il dire qu’il n’y a rien que nous ne puissions faire pour changer le sens que prend l’Histoire ?

Lorsque j’évoque des « Etats-Généraux », la mise en place d’une nouvelle constitution, on me brandit souvent le même argument, à savoir que ces idées sont bien jolies, mais que concrètement, nous n’y pouvons rien. Les forces de « ceux qui font le mal » sont trop impressionnantes pour qu’on puisse faire autre chose que de regarder « sans rien faire ».

En attendant pourtant, nos dirigeants avancent. Ils disposent d’un réseau d’influence considérable, tous gagnés à la même cause et unis pour la défendre : la perpétuation de leur domination. Cette domination s’effectue au moyen de l’argent, qui est le lien permettant à tous les acteurs de cette domination d’y trouver une place en son sein. Ils disposent d’une armée de spécialistes en tout genre (avocats, financiers, économistes, communicants…) qui pour prétendre à une place supérieure alimentent le système responsable  de l’exploitation des plus faibles.
Que ce soit pour conduire ou cacher leurs méfaits, ils s’arrogent le droit de les rendre légaux ou secrets, et manipulent les opinions. Conscients du fait que la situation économique actuelle va inévitablement engendrer des troubles sociaux, ils en sont arrivés à la conclusion qu’il valait mieux pousser leurs peuples à la révolte physique que de les laisser s’organiser contre le système qui les exploite. Parvenus à faire croire aux dominés que leur domination est « méritée » et donc « naturelle », ils ont également réussi à leur faire accepter ce système comme étant le seul capable de fonctionner.

Pourtant, nous savons tous inconsciemment que le fonctionnement de ce système repose sur nous, les dominés. Nous sommes à la fois les victimes et le bourreau, et nous regardons sans rien faire ; acteurs passifs.
Une des raisons principales de notre manque d’action réside dans l’impossibilité de se rassembler, ce qui à mon avis est dû à deux causes principales :

La première, c’est que les seuls organismes capables d’effectuer un rassemblement sont des organisations plus ou moins politisées, et que malgré toute leur bonne volonté elles fonctionnent selon les mêmes méthodes que leurs ennemis, à savoir par le biais des réseaux et de leur argent. Impossible de mener des actions communes entre tel et tel syndicat, entre tel et tel parti. Les seuls rapprochements envisagés sont électoralistes, et ne manqueront pas de sauter dès les élections terminées. D’autant qu’on imagine très bien que la mise en place d’une sorte d’union citoyenne non politisée serait vite rattrapée par tous les rapaces en manque de voix, avec leur propagande et leurs combats personnels

La deuxième, c’est que même si tous ces organismes parvenaient à se réunir, ils seraient incapables de se mettre d’accord sur la conduite commune à tenir. Car le problème majeur n’est toujours pas résolu : que proposer comme alternative ?

C’est avant tout cette question à laquelle il faut répondre, avant même de créer le rassemblement nécessaire à son application. Le salut ne viendra pas d’un quelconque « messie » nous promettant le paradis, mais de nous tous qui avons en nous le pouvoir d’être notre propre « dieu », et de prendre notre destinée en main.

Comme disait Churchill, « Tout le monde savait que c’était impossible à faire. Puis un jour quelqu’un est arrivé qui ne le savait pas, et il l’a fait. ».

Il faut apprendre à refuser notre conditionnement, et arrêter de croire en cette impossibilité. Pour cela, j’invite tous les citoyens intéressés par la création d’états généraux citoyens, avec comme but d’imaginer une nouvelle forme de société, une nouvelle constitution, à me le faire savoir sur mon blog, en suivant ce lien
Que ceux qui le désirent passent le message, et que ceux dont les capacités techniques permettraient de mettre en place une structure internet valide me contactent également.

J’ai bien conscience de l’image quelque peu naïve que mon intervention peut donner, mais il faudra bien un jour qu’on s’y mette… alors pourquoi pas maintenant ?

 

créons, et nous pourrons résister

 

Caleb Irri

http://www.calebirri.unblog.fr

Publié dans la démocratie, politique?, révolution?, un nouveau système | 1 Commentaire »

Puisqu’ils ne veulent pas nous écouter…

Posté par calebirri le 20 février 2010

Considérant que la majorité des peuples est aujourd’hui au courant qu’on la roule dans la farine, conscients du fait que des solutions, même provisoires, sont proposées mais jamais appliquées, entendu que les gouvernements quels qu’ils soient sont sourds à tous les appels de ces peuples qui se trouvent malgré eux embarqués dans la misère et peut-être bientôt engagés dans des guerres qu’ils ne veulent pas faire, visiblement instrumentalisés par le double-langage tenu par les dirigeants de cette planète, il faudra bien qu’un jour les peuples se rendent à cette évidence : il va falloir s’organiser sans eux.

Nous disposons encore d’outils formidables tels internet et d’autres moyens de communication instantanés, et il se peut que d’ici peu ces fenêtres ouvertes sur la liberté se referment brutalement. Il ne faut pas rêver, nos gouvernements ont définitivement cessé de se préoccuper de l’intérêt collectif pour satisfaire leurs propres intérêts. Face à la crise qui s’aggrave et dont même nos enfants paieront le prix, il faut désormais se rendre à l’évidence, nous ne pouvons rien attendre de quelque parti que ce soit.

Alors, avant qu’il ne soit trop tard, il faut absolument que tous les citoyens de bonne volonté se mettent à agir eux-mêmes et pour eux-mêmes, en défaisant petit à petit les liens qui nous enserrent depuis si longtemps, et de plus en plus fort.

Regardez bien ce qui se trame, et réfléchissez bien à ce qui va arriver si nous ne faisons rien : des dettes publiques si lourdes qu’elles risquent de se faire effondrer l’économie, des impôts qui vont nécessairement augmenter, des retraites qui ne se dérouleront qu’à l’hospice, enfin des tensions sociales si fortes que la guerre et l’autoritarisme seront bientôt les seules solutions pour les évacuer. Les libertés individuelles  se font chaque jour un peu plus attaquer, et même notre planète pourrait finir par nous lâcher.
Mais que voulons-nous pour l’avenir ? sommes-nous prêts à accepter la répétition de l’Histoire sans jamais la prendre en main, la modifier ? que croyons-nous ? que toutes les catastrophes qui se préparent vont se résoudre « par la grâce de Dieu » ? il faudra bien un jour que nous fassions cesser tout cela.

Même s’il paraît impossible de s’opposer au système tel qu’il fonctionne, ou d’en proposer un autre qui fonctionne mieux, nous sommes certains qu’à ne rien faire c’est le pire qui se produira.

J’ai déjà évoqué à plusieurs reprises ces difficultés, et je n’ai, comme tout le monde, pas de réponse à donner, ni de solution « clés en mains » à proposer. Mais lorsque je vois, tous les jours, sur internet et dans « le monde réel », la gigantesque masse d’êtres humains désireux de faire quelque chose, de « changer le monde », il serait temps de s’y mettre sérieusement.

Après réflexion, il semblerait que la mise en place d’Etats-Généraux soit le meilleur des départs. Comme il paraît, les Etats-Généraux ont été le prélude à la révolution française, car le peuple tout entier s’est mis ensemble autour de la table pour discuter du monde qu’ils désiraient créer. Ces Etats-Généraux étaient le fruit des consultations menées dans chaque lieu d’habitation, qui remontaient en un même lieu par l’intermédiaire de cahiers de doléances. Les citoyens y exprimaient et leurs désirs, et leurs remontrances. Il est possible aujourd’hui de mettre en place de tels cahiers, à une échelle mondiale et sans autre moyen que notre temps. Il est possible de centraliser tout cela en un même site, et de dégager les grandes orientations qui pourraient faire l’objet de discussions, de débats. Pas besoin de l’Etat, pas besoin de partis, pas besoin de subventions. Tout peut se faire sans l’aval des autorités, et sans leur contrôle.

Il faut juste relayer cet appel, le traduire, l’améliorer, et profiter de tous les réseaux humains dont nous disposons : dans chaque endroit de chaque pays peuvent s’organiser réunions et discussions, et transfert des idées vers de simples sites web repérables géographiquement. Toutes ces données peuvent ensuite être centralisées en un « méga site » répertoriant les doléances, et même calculant la répétition des doléances pour en faire ressortir les grandes lignes. après cela, une autre étape pourra démarrer.

Le seule question qu’il faut se poser maintenant est de savoir ce que nous désirons pour nos enfants. Si chacun se met à penser non plus pour lui-même mais pour l’avenir de ceux qui grandiront sur la planète telle qu’on la leur léguera, nous pouvons tous nous retrouver, sans autre religion que celle de l’amélioration du sort de l’espèce humaine. Pas besoin ni de croire au paradis, ni à l’enfer, ni même au néant, mais simplement aux générations qui nous survivront. Que voulons-nous leur léguer ?

Et si nous n’arrivons pas toujours à nous mettre d’accord sur ce que nous voulons, nous pouvons y réussir sur ce que nous ne voulons pas : qu’on nous prive de notre liberté, elle qui définit notre humanité.

 

Caleb Irri

Publié dans démocratie sur agoravox, la démocratie, révolution?, un nouveau système | 1 Commentaire »

le respect, ça se mérite !

Posté par calebirri le 17 février 2010

Lorsque j’étais petit, mes parents répondaient parfois à mes insolences par cette phrase « tu nous dois le respect », phrase à laquelle je répondais effrontément par « le respect,  ça se mérite ! » ; je ne savais pas encore à quel point j’avais raison. Après un article sur « les droits et les devoirs  », j’ai été assez frappé de constater à quel point les êtres humains confondent le sens des mots. Si certains ont très bien compris le sens de ce précédent papier, d’autres voix se sont élevées contre celui-ci, argumentant sur l’évidente moralité du devoir citoyen de rendre à la société d’une autre manière la jouissance des droits qu’elle nous accorde. Ces contradicteurs d’apparence font à mon avis une erreur, car ils perçoivent le devoir comme étant précédant au droit, alors qu’en réalité la jouissance des droits permet simplement la naissance, en retour, d’un devoir moral librement consenti et absolument personnel.

Ce devoir (qui ne peut être que moral) dépend de ce libre consentement. Il n’est pas tout à fait pareil de dire « tu dois payer tes impôts pour faire fonctionner le service public » que de dire « tu as le droit de voter librement pour quelqu’un à qui tu confies l’autorisation de déterminer la part d’impôts que tu t’engages à verser pour la contribution publique ». il n’y a qu’à regarder l’article 14 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Avoir le droit n’est pas être obligé. Ces deux notions (obligation contrainte et devoir moral) sont très différentes, et sont malheureusement confondues.

Les devoirs impliquent inévitablement le rapport à l’individu, et à ce qu’il décide par lui-même de réaliser…ou pas. C’est une démarche éminemment personnelle : celui qui ne se sent pas devoir ne doit à personne, indépendamment de la morale commune. Les devoirs sont comme les promesses : elles n’engagent que ceux qui les font. Et on connaît qui les tient !

Pour revenir au respect, c’est à vrai dire cette notion de devoir qui ne me plaisait pas dans la phrase prononcée par mes parents. Inutile de dire qu’ils méritaient mon respect, ni que je les respectais déjà en réalité. Mais je n’acceptais pas que l’on m’oblige à le faire. C’était en quelque sorte un devoir dont je ne voulais pas m’acquitter. Et pour cause. C’est parce que le respect ne peut que se donner, et jamais s’exiger. Un respect exigé n’est que de la crainte. J’estimais donc mes parents dignes de respect, mais considérais inconsciemment que celui-ci ne pouvait m’être imposé de fait. Et je ne les craignais pas.
Il est donc beaucoup plus difficile d’obtenir le respect que la crainte, car il prend le risque de disparaître à tout instant. Il en est de même pour les devoirs : les véritables devoirs sont ceux qu’on ne peut contraindre à rendre, et ceux qui croient que le « devoir » est une obligation sont les mêmes que ceux qui confondent la crainte et le respect.

Ils désirent le respect mais obtiennent la crainte, ou rêvent de devoirs rendus par la force.

C’est cette transformation du sens des mots qui est à l’origine de l’incompréhension de bien des hommes entre-eux : ils emploient le même mot pour exprimer des choses différentes, et s’épuisent à s’expliquer, alors qu’ils devraient d’abord s’entendre sur le sens des mots qu’ils utilisent. Si les politiques en profitent et en jouent, la déformation est tout d’abord culturelle car elle nous touche tous dans la vie de tous les jours.

Qu’il y ait nécessité d’une contribution citoyenne pour obtenir des services publiques est certain, mais qu’on ne confonde pas avec une obligation : il n’y a qu’à regarder les évadés fiscaux, qui visiblement ne sentent pas ce devoir.
Qu’un professeur exige le respect de la part de ses élèves, et il en obtiendra au mieux des moqueries, au pire de la crainte.
Que les administrations rendent un service public n’est pas le résultat du devoir de chaque fonctionnaire, mais celui du contrat qu’ils ont signé avec leur employeur.

Finalement, on devrait dire que l’Etat a des obligations (et non pas des devoirs) envers le peuple, c’est à dire qu’il craignent l’exercice des droits des citoyens. Mais si les citoyens veulent se faire respecter, il faut tout d’abord qu’ils en soient dignes, en choisissant leurs dirigeants selon leur libre consentement, « éclairé », et non par l’imposition d’une quelconque obligation (qu’on veut appeler « devoir citoyen ») du vote entre deux candidats qui ne méritent pas, dans ces conditions, qu’on les respecte.

 

Caleb Irri

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Les devoirs contre les droits : la nouvelle arme du gouvernement

Posté par calebirri le 15 février 2010

Dans sa lutte acharnée contre les libertés, il est de mise désormais pour le pouvoir d’accoler à chaque droit de l’homme un devoir lui correspondant, comme un revers de médaille. A force de répéter cette « contre-vérité » (comme quoi le devoir est un complément du droit) qui n’est rien de moins qu’un mensonge, nos artisans du double langage finissent par nous faire entrer cette idée dans la tête ; tant et si bien que c’est à croire à la fin que ces deux termes sont opposés et complémentaires comme le sont le yin et le yang.

Pourtant, si on regarde bien ces deux notions, elles ne font pas que se tourner le dos, elles s’anéantissent l’une l’autre : car plus il y a de devoirs, et moins il y a de droits. elles sont séparées dans la réalité, par le fait que l’essence de l’homme est de jouir de ses droits, et  que les devoirs sont l’apanage de l’Etat, dont le rôle devrait être de poursuivre sans relâche la défense des droits et des libertés des citoyens.

Or un citoyen totalement libre ne devrait avoir que des droits.
Car le droit est une liberté dont on choisit de bénéficier ou non, et le devoir est une contrainte qui suppose un échange, voire une dépendance. A partir du moment où l’Etat se croit capable d’indiquer aux citoyens non plus leurs droits mais leurs devoirs, à partir du moment où l’Etat se donne des droits sans s’acquitter de ses devoirs, c’est évidemment que le régime a changé sinon de nom, au moins de nature.

 

pour ma part, je n’ai pas le souvenir d’une révolution établissant de « déclaration des croits et devoirs de l’homme », et je m’étonne que personne ne s’interroge sur un fait troublant mais néanmoins réel : la seule déclaration des droits de l’homme que je connaisse est pourtant bel et bien la base sur laquelle est censée être fondée notre constitution. Si l’on songe aujourd’hui à remettre ces droits en cause, il faudra bientôt changer ou de régime, ou de gouvernement…

Les seuls devoirs que peut accepter l’homme sont ceux qu’il s’impose à lui-même, en toute liberté. A lui de les remplir ou pas, il en est seul responsable, car il en est libre.

Mais en accolant ainsi les devoirs au droits, on voudrait nous faire croire qu’ils sont les deux faces d’un même concept, alors qu’en réalité l’un exclut l’autre. La finesse de nos gouvernants est particulièrement subtile, car en établissant le devoir comme un pendant du droit, ils créent non pas un équilibre, mais la notion de condition. A la condition de remplir ses devoirs, le citoyen peut ensuite bénéficier de droits (qui ne sont donc plus des droits dans leur véritable sens)

Prenons un exemple révélateur, celui de l’aide sociale.

Tout individu avait, jusqu’à présent, le droit de bénéficier d’un revenu minimum lui permettant de vivre plus ou moins décemment. Mais au fur et à mesure que les finances de l’Etat s’enfoncèrent dans le rouge, ce droit fut restreint par des devoirs (contrat d’insertion, recherche effective d’emploi…). Avec les lois récentes, les devoirs du sans-emploi s’agrandissent au détriment de ses droits, avec la notion « d’offre raisonnable », qui permet à l’Etat de faire sortir du cadre tout citoyen qui en refuse plus de trois. Cela signifie que le droit aux indemnités  disparaît peu ou prou, remplacé par la condition de recherche « effective » d’emploi. finies donc les années sabbatiques !

Mais là ou le gouvernement est vraiment fort, c’est dans sa conduite des évènements. Après avoir établi le devoir de recherche, et d’acceptation, d’une certaine adéquation entre ses aptitudes et le marché du travail, il prépare la deuxième étape en se servant de ces fameux devoirs :  celui de suivre une formation pour bénéficier des minimums sociaux. Ainsi, le droit de ne pas travailler sera définitivement supprimé, et en même temps que lui le simple droit de vouloir choisir son travail. Car si la formation se basera dans un premier temps sur les aspirations et les diplômes du « chercheur de travail », une loi suivante imposera sans doute le devoir de la « formation raisonnable », c’est à dire celle qui s’impose selon les besoins du marché.

Pour le reste des actions gouvernementales, il n’est qu’à étendre ce concept de devoirs à tous les services publics pour bien saisir où l’on veut nous conduire : la disparition progressive de nos droits au profit de devoirs, librement consentis par le peuple qui se dessaisi peu à peu de sa liberté, victime du double-langage habilement tenu par nos dirigeants.

En continuant de détruire l’éducation comme ils s’y attèlent aujourd’hui, il semble même que d’ici à une ou deux générations le mot « droit » ne sera plus que juridique, et le terme « liberté » aura perdu tout son sens. Nos enfants n’aurons plus que le devoir de se taire, nos dirigeants ayant réussi par leur politique à les abrutir de telle façon qu’ils accepteront sans rechigner la mise en place d’une nouvelle constitution, basée cette fois-ci sur la « déclaration universelle des devoirs de l’homme et du citoyen ».

 

Caleb Irri

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