ce n’est pas la presse qu’on assassine, c’est sa liberté

Posté par calebirri le 29 décembre 2009

Le langage n’est une arme que lorsque sa voix porte.  Derrière cette évidence c’est tout le problème, complexe, de la communication qui est en jeu. Avant même que Ponce Pilate ait envoyé Jésus se faire crucifier pour un potentiel « trouble à l’ordre public », tous les tyrans de la terre avaient déjà compris qu’une langue coupée c’est un ennemi de moins.

La communication est le seul moyen  de se comprendre mais aussi de s’informer. l’opinion publique n’est pas le reflet de la société, c’est la société qui devient le reflet de l’opinion publique. L’opinion publique est créée par l’information, au moyen de la communication.
Il ne peut y avoir d’information sans le moyen de communication. Une information libre aide la société à se libérer. Et le contraire est vrai aussi.

C’est pour cette raison que l’information ne disparaîtra jamais. Et que l’indépendance de l’information sera toujours remise en cause. C’est cette indépendance qu’il faut préserver à tout prix, car elle seule est garante de notre liberté. La presse est le seul contre-pouvoir qui inquiète réellement les tyrans, car elle est capable à la fois d’éclairer les évènements, et de conduire aux rassemblements précurseurs de changements.

Lorsqu’elle n’est pas libre, la presse devient un instrument à la solde du tyran, qui ne fait plus de l’information, mais de la propagande. La diffusion des informations est triée et sélectionnée, orientée par une idéologie dominante. De plus, elle occulte les voix dissidentes par l’absence de l’écho qu’elle devrait trouver dans les médias, et peut même rendre invisible un mouvement contestataire.

Sous le régime nazi, il ne faut pas croire que la totalité des allemands approuvaient les faits de ce régime, ni que certains n’aient  tenté de s’y opposer. A l’intérieur de la machine monstrueuse conduisant les déportations, nombreux étaient ceux au courant de l’existence et des camps, et des chambres à gaz. La peur joua sans doute un grand rôle dans le silence entourant cette existence, mais l’absence de relais diffusant cette information en a joué un aussi. Quand bien même certains criaient leur dégoût de cette barbarie, ils n’avaient pas la possibilité de le faire connaître. Et pour ceux dont la voix portait plus haut, ils étaient éliminés.

La dépendance de la presse à un pouvoir est donc une sorte de filtre éliminant facilement les petites voix, les grandes étant ensuite aisément repérables et punies. Une fois cette dépendance établie, le pouvoir possède la capacité de transformer la réalité en vérité (voir article), c’est à dire de faire l’Histoire.

C’est contre cette dépendance donc que tous les libertaires doivent être capables de se rassembler. Sans l’indépendance de la presse, il n’est aucun contre-pouvoir capable de s’opposer à la mise en place d’un régime autoritaire. Les subventions accordées à la presse par l’Etat, la requalification du statut des agences de presse, les liens entre journalistes et politiques, la propriété des grands groupes de presse, le « politiquement correct », la nouvelle législation concernant « la protection des sources », Hadopi, tout converge à la mise sous tutelle d’une presse que le système capitaliste lui-même a déjà bien avancé. Contre cette dernière les journalistes devraient s’insurger, dénoncer publiquement, utiliser ces moyens de communication dont ils disposent au service de la liberté de tous. Même formatés dans des écoles où la plupart de leurs rêves se brisent face à la réalité, les journalistes d’hier comme ceux de demain garderont en eux ce qui a déterminé le choix de ce métier : la volonté de témoigner de la réalité au plus grand nombre, afin qu’il soit le mieux informé possible de ce qu’est le monde dans sa complexité.

Le média internet est un outil formidable permettant tout à la fois de se déplacer très rapidement dans le temps et dans l’espace. jusqu’à maintenant, ce média était totalement indépendant, mais il est possible qu’il devienne rapidement un instrument de propagande aussi puissant que le fameux « télécran ». peut-être d’ailleurs certains troubles récents, certaines « affaires politico-financières » ont pu être « sorties » du fait de cet internet qui fait si peur à nos dirigeants. Avec Hadopi et ce genre de lois, les Etats tentent de se doter du filtre qui manquait à la mise sous tutelle d’internet.

Lorsque cela sera fait, ni la presse ni internet n’auront disparu : c’est la liberté qui aura reculé. Si nous voulons conserver le peu de liberté qui nous reste, il faut se battre pour l’indépendance de la presse. Car une presse totalement libre est une société complètement libre. Créons de nouvelles agences de presse sérieuses et libres, inventons de nouveaux journaux, diffusons notre volonté d’indépendance : ceux qui s’opposeront à la défense de la liberté de la presse ne pourront qu’être au moins suspects, au pire coupables.

Pour ne pas qu’un jour ce soit la faim qui nous pousse à nous rassembler sous les fenêtres de ceux qui mangent, faisons en sorte que notre rassemblement soit digne et pacifique : communiquons, et nous resterons libres

 

Caleb Irri

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